Update :
Réponse à la guest review : Merci beaucoup d'avoir pris le temps de mettre un message, ça me fait très plaisir, j'espère que la suite te plairas :)


Shura avait attendu toute la soirée, et personne ne vint jusqu'à l'horloge.

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Il était inquiet.

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Très inquiet.

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Et ne savait pas pourquoi il devait s'inquiéter. Si Aiolia c'était fait tabasser et était laisser pour mort quelques parts entre deux maisons au fin fond d'une ruelle perdue ? Ou s'il ne viendrait définitivement plus le voir..? Peut-être aussi était-il parti en mission ? Si seulement c'était ça. Mais il savait bien quelles étaient les missions. Il en avait une le lendemain, et de ce fait, avait vu le panneau, Aiolia n'était noté nulle part...

Alors… Il ne restait que deux options. Soit il était mort, soit il ne voulait plus le voir. Et aucune des deux ne convenait à Shura.

Il retourna chez lui à plus de trois heures du matin, rongé par l'inquiétude… Il lui avait pourtant dit à demain ? Non ?

Shura essaya de se calmer, et de dormir, mais il n'y arrivait pas. Le lendemain à la première heure il se leva et alla descendre tout le sanctuaire.

Quelque part, il fut rassuré, et quelque part, il fut anéanti.

Aiolia était chez lui. Et dormait certainement encore.

Il allait bien, mais, pour la première fois de sa vie, très égoïstement, Shura aurait sûrement préféré qu'il se fasse tabasser et qu'il ne soit pas venu pour ça.

L'adrénaline parcourut ses veines brusquement et il remonta toutes les maisons et partit comme une furie préparer ses affaires pour la mission. Aiolia ne voulait plus le voir !? Très bien ! Alors, pourquoi se casser le cul à s'inquiéter pour lui ?!

Pensa très précisément Shura. Son sac sur l'épaule, il attendit à la sortie du sanctuaire avec l'ordre de mission, un peu avant midi, étant en avance, et pressé de partir.

Quand son compagnon de route arriva, pas très content d'avoir quitté sa méditation pour ça, il salua Shura, qui était plus sur les nerfs que frais et dispo.

- Salut Shaka. bon, on y va ?!

- Oui oui. Pas la peine de s'énerver, je suis à l'heure.

- Ouais. Désolé. Faut qu'on se bouge quand même.

Shaka s'abstenu de tout commentaire. De toute évidence, Shura n'était pas de bonne humeur, et ne souhaiterait pas en discuter. Et à vrai dire, la vierge commençait à en avoir marre d'être le psy du sanctuaire, alors surtout, ne poser aucune question.

Ils partirent rapidement. Deux jours de missions et une nuit seulement, mais ça s'annonçait être plutôt long. Bien que l'objectif ait été atteint rapidement et que face à leur adversaire Shura laissa l'honneur à Shaka d'affronter leur cible, et que Shaka lui renvoya la pareille. C'est en boudant que Shura fit son affaire rapidement et revint avec la tête d'un Minotaure géant.

- Bon. Voilà, c'est fait.

- Tu avais raison, pas besoin de deux chevaliers d'ors pour ça.

- À croire que le pope ne me fait pas confiance parfois.

- Non. Je pense surtout qu'il voulait que je parte un peu en mission pour lui et que je prouve mon allégeance. Comme je ne sors pas beaucoup et que mes adeptes suivent plus mes ordres que les siens... Il voulait se rassurer.

- Ouais peut-être. Ca n'empêche que j'aurais pu trouver ça vexant.

- Vois-le différemment. Il te fait suffisamment confiance pour me servir de tuteur, en quelques sortes.

- La confiance du Pope, ça me fait une belle jambe.

Shaka soupira.

- Qu'est-ce que tu veux? Un coup tu te plains qu'il ne te fasse pas confiance et le coup d'après tu t'en fiches ? Je connais plein de citations pour les indécis comme toi.

- J'men fou de tes trucs bouddhistes.

- Un vrai plaisir les missions avec toi.

- La prochaine fois, t'iras buter le Minotaure tout seul alors. Puisque tu le prends comme ça.

Shaka ne répondit rien. Bien qu'il aurait pu le remettre à sa place très facilement, mais il n'en voyait pas l'intérêt, les conversations stériles avec un abruti n'étaient pas si passionnantes.

Le capricorne reprit la route inverse et commença à marcher.

- Shura, il va falloir monter le camp, on ne se déplace pas dans la forêt des mythes la nuit.

- J'ai envie de rentrer.

- Moi aussi. Alors j'aimerais bien qu'on ne se fasse pas tuer cette nuit. Ne te gêne pas si tu veux y aller tout seul, moi je m'arrête ici.

Face à la résolution de Shaka, Shura n'avait plus vraiment d'autre choix que de rester, il ne pouvait pas le laisser tout seul, enfin, si, il pouvait, mais c'était contraire aux ordres du Pope et il n'arriverait pas à le faire changer d'avis.

Le camp étant installé, et le repas en train de chauffer, Shura se posa sur son tronc d'arbre et se frotta les yeux. La fatigue tombant, les nerfs lâchant. Shaka observa la scène sans rien dire, se fichant pas mal de ce qui arrivait à Shura. Mais ça serait mieux qu'il soit de meilleure humeur et dorme un peu pour ne pas qu'il soit insupportable le lendemain. Mais Dieu sait qu'il ne voulait pas lui parler… Et que s'il ne posait pas de question, Shura garderait son problème pour lui.

- Bon aller. Qu'est-ce qui ne va pas ?

- Ça te regarde pas.

- Je viens de passer une journée à subir tes nerfs, j'ai quand même le droit de savoir.

- …

Shura réfléchit longtemps.

- Tu ne dis rien à personne ? Promis ?

- Promis.

- Jure-le sur Athéna.

- Je le jure.

Dit Shaka en soupirant. Le capricorne prit une grande inspiration et se lança.

- Je vois quelqu'un. Je lui ai menti, ça me ronge, et récemment, je l'ai repoussé, et depuis je ne l'ai pas revu. Je crois qu'on me fait la gueule. Ou que c'est finit.

Shaka leva un sourcil.

- Attends, tu es infecte avec tout le monde pour un souci de cœur ? C'est sérieux ?

Il n'en croyait pas ses yeux, il avait quel âge pour se laisser atteindre par un truc comme ça ? Et se défouler sur les autres ?! Franchement ?

- Oh ça va la vierge hein ? Tu veux que j'en parle, voilà, mais si c'est pour me juger c'est pas la peine.

- C'est étonnant de ta part, et de celle d'un chevalier d'or surtout.

- Ouais je sais, je suis l'assassin sans cœur que rien n'atteint jamais… Et patati et patata… Toi t'es peut-être pas un assassin, mais rien ne t'atteint.

- C'est faux, bien sûr que certaines choses m'atteignent, mais je le gère différemment de vous tous.

Shura se calma un peu, voyant que même Shaka mettait de la bonne volonté pour lui. Alors il en mit aussi un peu.

- Je sais pas quoi faire. Je m'inquiète d'un rien. Je ne peux pas en parler à mes amis, ce ne sont pas des gens bien. Je suis perdu. Et j'ai l'impression d'avoir tout gâché.

- Pourquoi tu ne vas pas voir cette personne, pour lui expliquer que tu regrettes de l'avoir repoussé ?

- Mais je ne regrette pas de l'avoir fait. C'était la seule chose à faire.

- Pourquoi ?

Shura semblait embêter. Puis cracha le morceau.

- C'est Aiolia que je vois, il ne sait pas à quoi je ressemble, pense que je suis roux et chevalier d'argent ! Il ne sait pas qui je suis, si je lui dis, tout est foutu. Je voulais l'aider à avancer, à se remettre un peu sur pied, ne plus se laisser faire, j'ai un peu joué le rôle du grand frère pour lui. Et récemment, il a eu des sentiments pour moi. Sauf que… Je peux pas faire ça avec lui, je suis pas là pour être son copain, je suis là pour remplacer sa famille.

- C'est compliqué apparemment. Répondit Shaka assez étonné.

- Très.

- Pourquoi tu ne fais pas ce qu'il te demande ? Parce que tu te vois comme étant sa famille ? Mais si lui ne te voit pas comme ça, alors tu n'es pas de sa famille. Ça va dans les deux sens.

- Oui, tu as raison, et prendre conscience de ça c'est étrange. Moi je me voyait vraiment comme quelqu'un de paternel avec lui.

- Alors pourquoi tu n'essayes pas ? Tu as dit qu'il avait des sentiments pour toi. Mais toi ? Tu en as pour lui ?

- … Je… Enfin…

Shura essaya de nuancer.

- Oui, mais pas les mêmes que lui. De toute évidence.

Shaka le regarda, il avait l'air fatigué, et complètement perdu.

- Alors… Ne sors pas avec lui. C'est aussi simple. Dis-lui que tu veux rester son ami.

- Je lui ai dit, et il n'est pas revenu me voir.

- S'il t'aime vraiment, il reviendra. Sois-en sûre. Surtout qu'il doit être assez dépendant de toi.

- J'en suis pas si sûre. Je suis son seul ami, il a fait beaucoup de chemin, il pourrait en avoir d'autres facilement maintenant, et il ne serait plus du tout dépendant de moi.

- Tu en es à culpabiliser de l'avoir aidé ? De toute façon Shura à quoi tu t'attends ? Tu ne lui as même pas dit qui tu étais. Il est évident qu'un jour votre relation prendra fin. Plus tu alimentes le secret, plus il t'explosera au visage. Et retarder l'inévitable ne changera pas grand-chose.

- Mais on était heureux ensemble.

- Mais lui ne l'est peut-être plus. Il pensait que vous étiez amoureux, et là, il tombe de haut, tu ne veux être qu'un vague soutien pour lui. Tu l'aimes, mais de manière platonique, tu n'as aucun désir pour lui. Juste de l'affection. Si justement il t'aime, c'est normal que ça lui fasse mal et qu'il veuille prendre du recul. Tout comme ça te fait mal qu'il ne te voit pas comme étant de sa famille, à plus petite échelle.

- Mais… J'ai jamais voulu lui faire du mal. Au contraire… Il faut que je sois gentil avec lui.

- Et pourquoi ? Parce que tu as tué son frère ?


- Et pourquoi ? Parce que tu as tué son frère ?

Shura le regardait, entre " comment oses-tu ?" et le "Et si tu avais raison ?".

- Shura, que tu aies tué Aiolos ou pas. Il serait mort. Quoi qu'il arrive, supporter la culpabilité de l'avoir fait, c'est à toi que ça revient de le faire. Mais tu ne dois pas te servir d'Aiolia pour te soulager. On pense que c'est Aiolia qui est dépendant de votre relation, mais moi maintenant je dirais que c'est plutôt toi qui es accro. En faisant ça, tu te soulages, tu penses réparer ce que tu as fait. Qu'être gentil avec le garçon que tu as rendu orphelin te pardonneras. Mais tu ne pourras jamais y arriver. C'est impardonnable. Tu as pris la vie. Et tu n'avais sûrement pas d'autre choix.

Les mots de Shaka étaient violents. Au point que Shura, qui essayait pourtant de se retenir depuis le début de la conversation craqua, et se mit à pleurer. Silencieusement, avec dignité, mais il pleurait.

- Qu...qu'est-ce que je dois faire ?

- Temps que tu ne te pardonneras pas à toi même, Aiolia ne pourra pas le faire. Tu peux l'aimer sincèrement si tu en es capable. Mais cesse de l'aider pour toi. C'est égoïste de lui faire croire que tu es quelque chose pour lui, si c'est toi qui te serres de lui.

- Je n'ai jamais voulu me servir de lui ! Jamais tu m'entends !?

- Oui. Au début sûrement. Mais, au fil du temps, tu as commencé à avoir besoin de lui, plus que lui n'a besoin de toi. Ça explique pourquoi tu souffres autant qu'il ne soit plus là. Et que tu ais peur.

Shaka prit son assiette et commença à manger.

- Mais tu as raison sur un point. Tu n'es pas insensible, tu l'es même peut-être plus que la moyenne. D'un autre côté, la moyenne ne tue pas ses amis en règle générale. Alors mes impressions sont sûrement faussées.

Il donna son assiette à Shura, et continua de parler un peu tout seul alors que Shura pleurait.

- C'est super bon, je sais pas comment tu as fait ton riz, mais j'aime beaucoup.

Le Capricorne ne dit rien et ne mangea pas pleurant bêtement en silence dans son assiette. Un tourbillon d'émotion dans son ventre l'empêchant de manger quoi que ce soit, et un tourbillon dans sa tête l'empêchant de cesser de pleurer.


Voilà ! J'ai eu beaucoup de mal à écrire celui là, ceux qui me connaissent un peu savent pourquoi :')

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A bientôt !