C'était pourtant une journée que personne n'avait vue venir, où tout avait bien commencé.

Shura avait correctement fini sa nuit, avait remis ses idées en place, et avait aussi remis son maître-chanteur à sa place. Un bon début de journée quoi.

Aiolia lui, avait dormit comme un loir dans les bras de son amoureux, même s'il était parti tôt, il savait qu'il avait été là toute la nuit. Et ça lui avait franchement manqué, tellement heureux, il alla même s'entraîner aux arènes sans y être obligé, n'ayant plus peur d'être embêté. Une journée dynamique.

Deathmask lui aussi, avait commencer sa journée plutôt bien, café, canapé, télé, et puis un garde le fit quérir au temple du Pope pour sa patrouille de la veille désertée. Il se fit sévèrement tirer les oreilles, tapé sur les doigts et alla voir Shura. S'étant plus ou moins fait blackbouler, il alla chercher des petits cons pour accomplir sa vengeance, sans que personne ne sache que ça venait du cancer, une journée normale pour lui en somme.


- J'en ai marre, regardez le frimer tous seul contre sa cible, en train de se pavaner maintenant que le petit à grandit... Ça me fou la haine sérieusement.

- Ouais, moi aussi ça me gave, la dernière fois à l'entraînement, il t'a bien bolossé en plus.

- La ferme, il avait son cosmos, c'était de la triche.

Soudain une voix parvint de derrière les gradins.

- C'est clair que c'est la honte. D'un autre côté, si tu l'avais niqué sans cosmos, ça aurait été la honte pour lui surtout. In hin !

Les six amis se retournèrent, qui leurs parlaient ? Le chevalier du cancer, assis volontairement mal et négligé sur les grosses marches leurs annonça.

- Vous n'aimeriez pas prendre votre revanche ? Le frapper comme avant, quand le monde marchait droit et que les frères de traîtres étaient mis à leurs places ?

- Si bien sûr. Mais ça devient chiant de se battre contre lui à force.

Dis un autre des jeunes gens. Le cancer ajouta.

- Et si je vous filais un peu de cosmos pour ce soir, ça vous dirait ? Ça seras pas grand-chose, mais de quoi prendre le dessus et l'immobilier un peu ? Ça vous défouleras, je me sens d'âme charitable aujourd'hui.

Bien que l'offre soit tentante, les jeunes garçons n'osaient pas trop. De peur de se prendre une raclé lionnesque.

- On a la haine contre lui c'est sûre, mais bon. Ça vaut pas le coup.

- Quoi ?! Y'a pas même pas un homophobe parmi vous ?

- Quoi ?

- Ben ouais, le petit là, il est gay, il suce des queues et tout, ça vous écœure pas ? C'est tout neuf comme nouvelle, j'habite à côté de chez lui, je sais ce que je dis.

- Non, vraiment ?

Les amis se regardèrent chacuns tour à tour. Puis, le chef de la petite bande se tourna, et réclama.

- Passe ton cosmos le goldé.

- Faites-en mauvais usage d'accord ? Demanda t-il avec un sourire.

- Promis.

Il distribua un petit peu à chacuns, qui découvrirent d'une nouvelle manière la cosmos-énergie, autrement qu'en se la prenant en plein visage, mais en la sentant parcourir et enveloppée leurs corps, même si c'était celle du cancer et que sa mauvaise réputation le précédait, le cosmos d'un Gold Saint était pur, et puissant. La sensation était géniale.

Jamais ils n'avaient connu ça. C'était la première fois que de simples gardes goûtaient au Cosmos. Ils n'avaient pas pu être chevalier, car cette chose mystérieuse leurs faisaient défauts, pour la première fois, ils pouvaient l'utiliser.


Trois d'entre eux ne virent pas finalement quand le soir arriva, deux ne voulant pas vraiment voir un autre garçon dans cet état et avait sûrement un peu peur, et le troisième, avait compris qu'avec ce cosmos il pourrait accéder à une vie meilleure et repartit s'entraîner pour essayer de puiser dans une force qu'il pensait peut-être enfouis en lui. Même si les intentions du cancer étaient mauvaises, il avait finalement fait un peu de bien sans le vouloir... Mais ce bien était-il réellement suffisant pour contrebalancer ce qui allait arriver ?

Aiolia se passait de l'eau sur le visage bien tranquillement, ils reconnaissaient la façon de faire des jeunes qu'il avait matés il y a peu. Il fut presque content de les voir revenir à la charge, sûre de lui, il savait que ce serait une occasion pour lui de faire ses preuves et impressionner son inconnu, et d'être digne de son amour. En gagnant, à la loyale, sans cosmos. Aussi, quand la bataille commença, il y alla avec le sourire, ce qui ne fit qu'enrager un peu plus ses adversaires.

Tout allait pourtant bien seulement... Soudain, l'un deux attrapa Aiolia part la nuque, voulant contrer, il se retourna, mais, il ne savait pourquoi, l'autre jeune homme avait bien plus de force que prévu, et ne lâcha pas. Le lion avait failli se briser la nuque en forçant trop fort, et fut bien obligé de rester sage le temps qu' un autre acolyte ne vienne l'immobiliser à son tour.

À partir de ce moment, Aiolia ne comprenait plus ce qui se passait. Il avait pourtant gagné haut la main la dernière fois. Et ils étaient six la dernière fois.

S'attendant à se prendre des coups dans le visage il fronça les sourcils prêts à encaisser, mais cette fois-ci, on coupa la fermeture de son pantalon, qui finit très vite sur ses chevilles. Il essaya tant bien que mal de se dégager, mais plus que l'adrénaline du combat, c'était la peur et la honte qui parcourraient ses veines.

Quand ils lui prirent son t-shirt, il voulait vraiment partir, l'autre l'espèce de chef de meute, disait des choses qu'il ne comprenait pas. Sur sa prétendue sexualité. Des choses obscènes, sales. Des choses qu'ils ne voulaient pas entendre et qui n'étaient pas vraies. C'est lorsqu'il se retrouva nu que ses jambes commencèrent à trembler. L'autre lui attrapa le menton, et il avait fermement décidé de ne pas ouvrir la bouche. Jamais. JAMAIS.

Il ne voulait pas. C'était sale, et si jamais cette chose le touchait, jamais plus son Inconnu n'allait avoir envie de l'embrasser ou de le toucher. C'était son rêve qui se jouait, sa pureté, la seule chose qu'il pensait pouvoir plaire à son Inconnu. C'était son amour qu'il perdrait s'il ouvrait la bouche. Et ça, plutôt mourir.

La honte, il l'avait déjà eu dans sa vie, le traumatisme des coups, étrangement, il pensait pouvoir le supporter. C'était l'angoisse de ce qui arriverait après qui le terrifiait.

Peu importe avec quelle force ils lui tiraient les cheveux, il ne céderait pas. Même s'il entrait de force, il mordrait jusqu'à couper cette chose et la lui recracher dessus.

Mais il y eut une phrase, qui changea tout.


Quand Aiolia rejoignit l'horloge, torse nu, et son pantalon tenant dans sa main pour qu'il ferme encore, il n'arriva même pas à appeler son ami tant il n'arrivait pas à calmer ses pleurs. Après avoir complètement bouché l'entrée à renfort de matelas pour ne pas que quelqu'un monte, il se prostra dans un coin, et continua sa crise de larmes.

Shura arriva un peu plus tard, d'humeur un peu plus guillerette, et assez fier d'avoir envoyé chier son maître-chanteur, pressé de l'annoncer fièrement à Aiolia. Mais à peine avait-il mis les pieds sur le bâtiment qu'il entendit des plaintes, des pleurs, des cris. Le Capricorne se cru le tout premier jour, et cette fois-ci il prit peur, plus jamais Aiolia n'avait pleuré de la sorte depuis leur rencontre, même la première fois ça, n'était pas aussi fort, aussi déséspéré. Il sauta presque dans la trappe tant il était pressé de le secourir.

Mais il devina bien vite que la situation était catastrophique, au-delà de ce qu'il avait pu imaginer, car quand il posa la main sur le genou d'Aiolia il se dégagea avec violence.

- Aiolia, ça ne va pas ?

- …

Les pleurs continuèrent sans qu'aucun mot ne puisse sortir de la bouche du lion.

- Évidemment que ça ne va pas sinon tu ne pleurerais pas comme ça... Je peux te toucher ? Je ne te ferais pas de mal, je te promets.

Il réessaya et toucha le bras du lion, qui le dégagea aussitôt en gémissant.

- Aiolia c'est moi. C'est moi ! Je ne te ferais aucun mal, dis moi ce qui ne va pas ? Ou juste, arrête de pleurer, s'il te plaît.

Shura était désemparé, et tout comme Aiolia un peu plus tôt, il se sentait impuissant. Avec calme, au bout de plusieurs minutes, Shura mit les bouts de ses doigts sur ceux du lion, sans être repoussé, lentement, de minutes en minutes, il progressa jusqu'à lui tenir la main, et la lui caresser du pouce. Il continua de parler d'une voix calme et douce pour le rassurer, puis, à un moment, sans qu'il comprenne pourquoi, le lion se blottit contre lui brutalment. Évidemment, il l'accueillit à bras ouverts et le serra fort contre lui, remarquant la non-présence d'un t-shirt. Il caressa son dos, tout froid, et remarqua aussi que le pantalon avait glisser, certainement sous ses fesses, mais il ne se précipita pas pour vérifier, par politesse et surtout, ce n'était pas le moment de palper ses fesses.

- Aiolia... Parle-moi, dis-moi ce qui ne va pas...

- .. Je ...l'ai fait.

- Fais quoi ?

- La bouche, j'ai ouvert la bouche...

- Tu as ouvert la bouche ? Comment ça ? Tu as dit quoi ?

- Non... J'ai ouvert la bouche...

- Je ne comprends pas Aiolia.

Le lion ne parla plus à nouveau et ce fut à Shura de deviner tout seul comme un grand. Il remarqua le pantalon arraché, et le boxer pas remis correctement.

- Quelqu'un t'a fait des misères ?

Il hocha la tête.

- Des misères qui font mal ? Où ..?

Aiolia n'hocha la tête qu'à la phrase inachevée de Shura.

- Ils t'ont fait quoi à la bouche ?

Il ne répondit pas, préférant mourir de honte que d'avouer cela. Shura caressa ses cheveux et le serra plus fort. Shura passa son pouce sur les lèvres du lion, il n'y trouva pas de blessures, et en conclu enfin quelque chose. Quelque chose qui ne lui plu pas du tout. Car si il n'était pas blesser physiquement, c'était pire encore que ce qu'il avait imaginer...

- Ce n'est pas bien ce qu'ils ont fait, tu en es conscient ?

Il hocha à nouveau la tête.

- Ce n'est pas de ta faute non plus, hein ?

Il n'hocha pas la tête, alors Shura le prit par les épaules et le regarda en face, bien que dans le noir ils ne voyaient rien.

- Ce n'est en aucun cas ta faute. Aiolia, enfin. Jamais ta faute.

- l'a dit... Que si j'ouvrait pas la bouche, il me prendrait autre chose !

Shura réalisa alors. Que même si ce n'était pas le pire, c'était quand même un viol, et que... Il y avait de fortes chances que ça soit quelque part la faute à Deathmask. Alors il risqua LA question.

- Aiolia. Je vais te demander quelques choses de très important. Il faut absolument que tu me répondes.

Le plus jeune prit peur, peur que son inconnu lui pose une question indiscrète, sale, sur ce qu'il c'était passé et qu'il ne veuille plus de lui.

- Qui t'a fait ça ? Je veux les noms. Ou leurs visages. Je veux pouvoir les identifier. Tu m'entends ? C'est important.

Il fut si rassuré de ne pas se faire rejeter, qu'il obéit, et donna les trois noms.

Shura aussi fut rassuré, rassuré, car le nom de son "ami" Deathmask n'apparaissait pas. Et que ce n'était donc pas sa faute, sinon, il s'en serait voulu, énormément, et n'aurait rien pu faire contre ça.

- Aiolia. Je pars d'ici peu pour faire un truc assez bref en ville, j'en ai pas pour longtemps, mais je vais faire un détour. Tu devrais rentrer chez toi.

- Non ! Restes ! Reste ici ! Avec moi ! Je ne veux plus sortir !

- Je dois y aller, ça ne sera pas long et je ferais mon détour rapidement. C'est promis, je ferais vite.

- Je veux rester en sécurité, avec toi.

- Non Aiolia. Écoute-moi. Cette fois encore, fais-moi confiance. Rentre chez toi, prend une douche, gargarise-toi, lave-toi partout où tu te sens sale, fais-toi vomir s'il faut. Mais nettoie tout. Ensuite, éteins toutes tes lumières.

- Éteindre mes lumières ?

- Oui, fais en sorte qu'aucune lumière n'entre. Dès que la nuit tombe, je viendrais te rejoindre. Chez toi. Au sanctuaire.

- Mais... comment tu veux venir ? Seuls les chevaliers d'ors ont le droit d'entrer ou ceux qui ont une autorisation spéciale à voir le pope.

- Ne t'inquiète pas, je vais gérer. Je vais venir. Pour toi. Et on passera la nuit tous les deux.

- J'ai peur... Qu'ils me retrouvent.

- Ne t'inquiète pas, ça aussi je m'en charge, je vais aller les voir et les mater s'il le faut.

- Je suis chevalier d'or, comment pourrais-tu luter contre eux ?

- Crois-moi. Ils auront peur. Et ne recommencerons jamais. Je ne suis peut-être pas d'un haut rang, mais je suis redoutable, et sans trop de vantardise, je pense être capable de battre certains golds saints.

- Très présomptueux pour un chevalier d'argent. J'ai peur pour toi.

- N'ai pas peur. Je suis fort. Et je ferais ce qu'il faut pour t'aider. Il est plus que temps que j'agisse moi même, plutôt que de te donner des conseils, c'était insuffisant. Je regrette, et je me sens coupable. Si j'avais agis plus tôt...

- Vraiment, je m'inquiète, ils étaient plus fort que d'habitude...

- J'en fais mon affaire. Pas de panique.

Il serra plus fort Aiolia, Shura était confiant, mais extrêmement en colère et n'avais qu'une envie: agir, et venger son lion.

Le Capricorne sourit, un peu triste, depuis quelques minutes durant la discutions, il avait essayer de se lever pour s'en aller et faire son petit compte rendu de son ancienne patrouille en ville et disputer les jeunes gens qui s'en étaient prit à son ami. Mais à chaque mouvement pour s'échapper, il se faisait un peu plus happer par Aiolia.

-Tu sais qu'il va falloir que je parte hein ?

-Oui, mais je veux pas.

-Tu crois que j'ai envie moi ?

Shura se leva, un peu en traître par rapport à Aiolia qui s'accrochait.

- Tu vas mettre ça.

Le Capricorne commença à retirer son t-shirt, qu'Aiolia sentit tomber sur lui doucement.

- C'est quoi ? Ton t-shirt ? Il est tout chaud.

- Ouais, je te passe mon pantalon, le tien ne ferme plus.

- Mais toi tu vas mettre quoi ?

- J'ai toujours un pantalon dans la box de mon armure et je peux mettre l'armure directement sur mon torse.

- Et dire que ça fait des mois que j'aimerais te toucher torse nu et que ma seule occasion; je n'ai pas du tout le cœur à ça...

- Ne t'inquiète pas. Il y en aura d'autres.

- Je veux que tu restes.

- Et si je t'offrais quelque chose si tu me laissais partir ?

- Tu veux m'offrir quoi ?

- Un baiser.

Le cœur d'Aiolia rata un battement, vraiment ? Il le lui proposait pour de vrai ?

- T'inquiète pas, un gentil, je ne vais pas être un monstre comme les petits cons qui t'ont maltraité.

- Ils ne m'ont pas fait quelque chose de ce genre...

- D'accord, tant mieux. Comme ça, ça m'est réservé rien qu'à moi.

- Il faut que j'attende que tu viennes me voir et que je me sois lavé la bouche ?

- Non.

Shura sourit, se pencha, ayant remis pantalon et ayant même enfiler la partie centrale de son armure. Doucement, de sa main il chercha le menton du lion, et l'embrassa sur la bouche. Un simple baiser, gentil, presque amical en somme. Mais bel et bien un baiser de l'homme qu'il aimait. Ça valait, tellement plus pour Aiolia.

Le Capricorne lui, avait eu plus de mal, il s'en fichait pas mal de ce qui avait touché les lèvres du lion auparavant. Il venait surtout d'enfreindre une promesse qu'il s'était faite tout seul. Celle de ne pas faire ce genre de choses avec son petit Aiolia. Mais... Si ça pouvait apporter à son amour un petit peu de réconfort après cette chaotique journée, et qu'il en garde au moins quelque chose de positif... Il savait bien que c'était un grain de sable ridicule après le nouvel océan de traumatismes qu'il avait subi. Mais sa première mission. C'était de faire en sorte que ça ne recommence jamais. Alors il s'en alla.


J'ai eu si peur en écrivant ce chapitre !
J'avoue que les scènes d'agressions me mettent mal à l'aise, j'ai peur d'en faire trop, ou pas assez pour que ça soit explicite. J'ai peur aussi de banalisé quelque chose, mais j'en ait parler longtemps avec une amie, qui pense qu'on peux aborder le viol dans un texte sans tomber dans cette banalisation qui me fait si peur et que je ne trouve pas correcte. A la condition que :
ça ne soit pas vu comme quelque chose de positif ou de romantique, donc j'ai finalement été rassurée.

Pour m'encourager ou m'aider à m'améliorer ( ou bien me rassurée sur ce chapitre qui me fait stresser ! ) il y a les reviews !
Pour suivre l'histoire : Ya le follow story
Et si vous voulez d'autres histoires niaises Il faut cocher le petit
follow me !

Au prochain chapitre !