Shura s'éveilla, lentement. Souvent il faisait des rêves, si immersif qu'il en oubliait la réalité, et quand il revenait à elle, ses rêves aussi étaient oubliés. C'est dans ce genre de moment. Entre le sommeil et l'éveil, que Shura ne pensait plus à rien. Perdu entre ces deux dimensions, parfois si différentes.
Ce matin-là fut comme ceux-ci. Il ouvrit les yeux, dans une pièce qu'il ne reconnaissait pas. Devant lui, un jeune homme blond, endormi profondément avec le sourire et qui l'étreignait avec amour. Derrière, un mur, en pierre blanche, suivit d'une armoire, sur le mur était accroché plusieurs choses. Un dessin, certainement réaliser par un enfant avec des craies grasses, représentant un personnage blond bouclé qui tenait la main d'un autre personnage bien plus grand, et aux cheveux marrons, toujours bouclés, un peu plus à gauche, trônait une photo, un portrait, scotché au mur, d'un jeune homme souriant avec un bandeau rouge. Et, encore plus à gauche, un autre dessin... Certainement réalisé par un enfant, mais plus récent. Le premier dessin, Shura estimait un enfant d'environs 5 ou 6 ans à la réalisation. Là, peut-être 9 ou 10 ans. Ou simplement quelqu'un qui dessine très mal et très peu.
Shura reconnecta de plus en plus à la réalité, ce dessin. Était un homme roux, aux cheveux plaqués en arrière. Avec des bras démesurément musclés, comparez au reste de son corps.
C'était... Censé être lui ?
Aiolia avait tenté, tant bien que mal, avec ses faibles compétences en dessin, de lui tirer le portrait, alors qu'il ne l'avait jamais vu. Ne se fiant qu'à son touché et à la vague description que Shura lui avait faite un jour. D'où les épaules et les bras musclés, car Aiolia adorait se blottir dedans et les caresser.
Le Capricorne sourit. Son plus grand attribut, il avait toujours pensé que c'était ses bras. Mais pas pour la même raison. Il se souvenait, il avait une épée à l'intérieur, son Excalibur, mais Aiolia adorait ses bras aussi, mais parce qu'ils étaient doux et rassurants envers lui.
Par Athéna, s'il savait qu'il pouvait le tuer à chaque câlin, il ne serait plus jamais en confiance avec lui...
Shura percuta enfin, s'il voyait les dessins, et l'adorable visage du lion, c'est parce qu'il y avait de la lumière, s'il y avait de la lumière... Aiolia pourrait voir son visage et comprendre son identité dès son réveil. Le cœur de Shura battu soudain très vite, il devait faire quelque chose, maintenant !
Aiolia le serrait fort, mais il essaya de se défaire de la prise doucement.
Lentement, sans le réveiller.
Une fois chose faite, il se leva, se souvenant de sa tenue... plus que légère. C'est en caleçon qu'il alla jusqu'à la fenêtre et qu'il entendit Aiolia gémir, et se tourner dans les draps. Sûrement l'absence de Shura, le froid et la lumière qui le gênait maintenant qu'il était parti.
Il ferma les stores, en essayant de ne pas faire trop de bruit.
- Tu es réveillé ?
- Oui. Parti fermer les volets. La lumière entrait.
- Tu as bien fait, même si, égoïstement, j'aurais aimé me réveiller un tout petit poil plus tôt.
Aiolia souriait, la lumière passait encore un peu, ses stores, même fermer laisser entrer très finement la lumière en petites rangées de points. Même s'il ne voyait pas son inconnu, cela laissait à la lumière le loisir de découper doucement le corps de son si précieux amoureux, et de pouvoir en admirer quelques éléments. Son ventre, plat, musclé. Son torse, sec, portant les marques d'un entraînement acharné et répété. Ses cuisses, longues, fines, gardant la jolie courbe des belles jambes.
- Tu es beau.
- Tu me vois ?
- Un peu, je discerne la forme de ton corps. J'aime beaucoup.
- N'use pas de flatterie, et ferme les yeux. Pas envie que tu me reconnaisse.
- Je sais. Mais j'ai du mal à résister.
- Essaie quand même.
- Je t'aime.
Shura s'arrêta alors qu'il allait revenir dans le lit, il soupira, en souriant et s'assit sur le bord du lit. Il caressa la joue et les cheveux du Lion doucement, alors qu'il se tournait dans le lit.
Shura aussi admira un peu le torse de son ami. Il avait tant grandi en quelques temps. Il a poussé d'un coup. Comme certains champignons. Pensa t-il sans vraiment de rapport.
- Toi aussi, tu es beau. Dis Shura, descendant sa caresse dans son cou.
Aiolia sourit, et demanda avec douceur.
- Dis, tu veux bien m'embrasser, comme hier ?
- D'accord.
Shura se pencha, et Aiolia passa ses bras autour du cou de son inconnu. Calmement, ils échangèrent en long et doux baiser. Le chevalier du Lion était si heureux qu'il avait envie d'en pleurer.
Longtemps il avait voulu que son inconnu l'aime, et qu'ils puissent découvrir l'amour, et enfin, c'était le cas, il pouvait y goûté. Et c'était magique.
Il avait ce qu'on appelle souvent, les papillons dans le ventre. Quant à Shura, mis à part sa culpabilité et sa voix dans sa tête qui lui disait qu'il faisait n'importe quoi, adorait ça aussi. Il avait sauvé le Lion, en avait fait un jeune homme sûr de lui, et aujourd'hui, il était en quelque sorte récompensé. Il l'aimait, plus que tout, il le sentait. Et pour quelqu'un comme Shura, qui bien qu'apprécier pour les actes d'héroïsme qu'il avait fait, n'avait jamais eu la sensation d'être aimé pour lui même.
Et par lui même, Shura ne se décrivait pas comme chevalier, mais comme personne. Son « Lui » a priori était mauvais, mais, depuis qu'il avait réussi à être gentil avec Aiolia, c'était comme s'il avait enfin laissé son vrai lui-même s'exprimer.
Leurs lèvres se séparèrent, et Shura se pencha plus pour qu'Aiolia se repose sur le lit à nouveau.
- Ça t'a plus ?
- Énormément.
- C'est drôle, j'aurais pensé que tu réclamerais encore.
- J'essaie de ne pas être capricieux.
- C'est bien. Mais tu sais, s'il y a un endroit où tu peux être toi même, c'est dans mes bras.
- Je veux devenir meilleurs c'est tout. Mais si toi tu re-veux un baiser, tu peux le dire aussi.
- Oui, j'en revoudrais bien, plusieurs... Mais je suis l'adulte responsable ici, c'est à moi de me retenir, sinon tu vas passer à la casserole plus vite que tu n'imagines.
- Bizarrement, ça me dérange pas. J'ai confiance en toi. Bien que je ne connaisse pas ton nom ni ton visage. Je sais que si on en vient là un jour, tout sera parfait, parce que ça sera avec toi, avec mon inconnu. Rien que nous deux.
- Tu es adorable. Mais pas tout de suite, c'est trop tôt pour toi. Même si tu te sens prêt, prends du recul. Je veux pas que ça soit une mauvaise expérience, tu en as eu assez des comme ça.
- Hm... Je vais essayer. Tes conseils sont toujours bons.
- Je sais.
Shura sourit, Aiolia aussi, puis le plus vieux se remit dans le lit, et l'embrassa encore et encore, et ce, jusqu'à midi, où Aiolia du partir et où Shura fit de même, dans l'autre sens, donner son rapport au Pope.
- Tu as été, semble-t-il, bien zélé hier soir Shura.
- Oui. Votre grandeur, navré si cela vous déplaît, mais comme expliquer dans mon rapport, ils ont refusé d'être arrêter et emmener.
- Tu aurais pu te faire accompagner par d'autres chevaliers. D'autant plus que je vois les accusations que tu leurs portaient, mais... aucune preuve n'est là, et tu n'as pas fait ouvrir d'enquête.
- Simplement, car j'ai eu le témoignage chez la victime et son corps en était la preuve à de maintes reprises.
- Pourquoi ne pas avoir agi plus tôt dans ce cas ?
- Jamais la victime n'avait voulu me donner les noms. Jusqu'à hier. Et la victime souhaitait rester anonyme.
- Je vois... Mais croire cette personne comme cela, sans preuve.
- Je n'ai pas été idiot, votre sainteté. J'ai posé des questions aux interpellés, et cela a confirmé ce que m'avait confié la victime.
Le pope soupira derrière son masque.
- Si votre grandeur veut me punir pour mon manque de rigueur, je suis disposé à subir la punition.
- Non, cela ira Shura. De tous les chevaliers tu es le seul en qui j'ai une parfaite confiance en la justice. Si tu l'as fait, c'est que c'était nécessaire. Parfois être trop zélé a du bon. Et je t'en remercie. Cela dit, agir sur un coup de tête comme cela semblait l'être, et un élan de folie meurtrière, cela me fait un peu peur de la part d'un de mes chevaliers d'ors.
- Pardonnez-moi encore.
- Si tu devais le refaire dans les mêmes conditions, tu le ferais ?
- En toute franchise, je pense que oui. Mais je prendrais sûrement plus de précautions que ce qu'il s'est passé hier.
- Bien Shura. Bien. Tu peux disposer, merci pour ton rapport concis et précis.
- C'est normal, votre grandeur.
- Passe une bonne journée Shura.
- Bonne journée à vous.
Shura se releva, et partit. Ce fut difficile, il n'avait pas pensé au fait que le Pope l'interroge ou trouve ses actions étranges. Mais heureusement, il semblait être dans un bon jour, et il s'en sortait sans soucis. De plus, Aiolia était en sécurité, et ça, ça valait bien toutes les punitions du Pope du monde.
Mais le chevalier d'or du Capricorne n'était pas tranquille pour autant, et eu le même réflexe que beaucoup de gens dans ce sanctuaire, quand ils avaient un problème, ils allaient voir « LE » Shaka.
Il posa les pieds dans le temple de la vierge, après être rentré chez lui pour se changer et poser son armure. Puis il se posa près du lotus ou priaient, avec la vierge, nombres d'adeptes.
Il ne s'en doutait pas, mais sa simple présence et ses mauvaises ondes troublaient la méditation de toute la salle.
- Shura, demanda Shaka, même si je te demande de t'en aller, tu ne partiras pas ? N'est-ce pas.
- Nope.
- Bien... À tous et à toute, la séance de méditation touche à sa fin, on reprendra à treize heures.
Les jeunes adeptes quittèrent la pièce, allant se balader non loin du temple. Shura prit place devant Shaka, et s'assit en tailleur.
- Faut qu'on cause.
- Es-tu au courant que si tu veux parler à quelqu'un, il y a des professionnels qualifié en ville ?
- Shaka, j'ai merdé grave.
- Je prends ça pour un non.
- J'ai failli tout foutre en l'air... Aiolia a eu des gros soucis, j'ai pété un câble et je les aie tué. J'ai menti en disant que j'avais pas eu le choix, mais c'était faux. J'ai tellement ragé, c'était incontrôlable... Le pire, c'est que j'avais l'air calme... L'autre m'a supplié et j'ai pas résisté... Je l'ai fait quand même, comme si, quelques part... j'étais programmé pour tuer... C'était horrible... Et j'étais tellement à côté de mes pompes, qu'après je suis allé voir Aiolia chez lui, j'y suis rester, et ce matin, boom ! La lumière, j'aurais pu tout foutre en l'air parce que j'ai pas réfléchis... Tu te rends compte... Et pire... J'ai fait pile ce que je ne voulais pas faire. Et en plus on a été découvert par Deathmask, il m'a fait chanter, mais ça va.
- Attends attends attends ! Tu parles trop vite ! Explique-moi calmement.
- Ils l'ont violé.
Shaka fit immédiatement la grimace.
- J'étais pas content, alors... J'ai été un peu violent avec les agresseurs...
- Déjà tu as revu Aiolia alors que je t'avais conseiller de ne plus le faire... Bravo... Dis ironiquement la vierge.
- Oui... Je sais... Mais... J'étais paumé, j'avais peur pour lui. Et au final il s'en sortait dix fois mieux que moi.
- D'accord... Donc, tu as tué ceux qui lui ont fait du mal. C'est plutôt chevaleresque.
- Non, c'était minable de ma part. J'étais tellement flipper pour Aiolia, que j'ai choisi la facilité. Les tuer c'est simple, on en parle plus. Mettre en garde, avoir du tact, j'aurais pu. Celui qui m'a supplié de l'épargner par exemple... Je suis sûre que même sans le tuer, il n'aurait jamais plus recommencé.
- Oui, certes. Mais c'est fait, c'est fait. Par rapport à la loi, il aurait dû mourir. Toi qui places les lois au-dessus de tout, pourquoi ça te tracasse tant ?
- Je sais pas... Ça me rappelle que je peux être cruel moi aussi.
- Tous les humains ont leurs parts de cruauté. Tu n'es pas un dieu Shura, tu es humain. C'est tout.
- Non... Aiolia lui, il n'est pas comme ça.
- Jamais il n'a souhaité faire du mal ? Ou en a fait part erreur ?
- Non il a ...
Shura se souvint alors de ce qu'avait dit Aiolia à son propos. De ce qu'il avait souhaité à l'assassin de son frère. Et ça lui mina le moral encore plus.
- Tu vois Shura. J'avais raison. Personne n'est parfait.
- Pas même toi ?
- Je vise la perfection, mais je suis humain aussi.
- On vise tous la perfection, enfin, en grande majorité, je pense.
- La suite de ton histoire ? Je n'ai pas la journée, désolé.
- Oui oui... Après, j'ai été chez Aiolia, le soir, il n'y avait aucune lumière, alors, on pouvait. Mais ce matin, quand j'ai vu le soleil sur son visage, j'ai compris l'immensité de ma bêtise. Et quand je l'ai embrassé la première fois aussi.
- Embrasser ? Vous avez sauté le pas ?
- Non, enfin, oui... Il était si bouleversé après son agression, je ne savais pas quoi faire pour le calmer et le rassurer. Même mon baiser m'a paru inutile sur le moment. Mais lui... Ça l'a bien plus qu'aider... Et après avoir fait ça, en quoi c'était grave s'il y en avait d'autres ?
Shura semblait pourtant ravi de ses baisers avec le Lion, mais il ne se sentait pas à l'aise d'empiler les mensonges et d'enfreindre ses propres règles.
- Shaka ?
- Oui ?
- Tu ne dis rien.
- Que veux-tu que je te dise ?
- Je sais pas, aide-moi, conseille-moi, fais-moi voir la vérité si je la vois pas.
- Je ne suis pas la porte de la vérité et on ne m'ouvre pas sur commande.
- Je fais quoi moi ?
- Si tu es venue chercher ma bénédiction pour le dépuceler, c'est raté Shura.
- Pas du tout. Bon si un peu, mais pas que... lui il veut...
- Et toi ?
- Je veux aussi, mais...
- Mais quoi ?
- C'est pas trop l'idée que je me faisais de ma relation avec lui... Et j'ai l'impression que si on franchit ce cap, je l'aurais trahi.
- Pourquoi ? Parce que tu ne lui as pas dit que tu étais le meurtrier du traître ?
- Oui.
Que ces mots faisaient mal " meurtrier du traître" ça sonnait encore pire qu'assassin.
- Avoue-le-lui, et faite votre coït après ?
- Je ne peux pas. On s'est croisé l'autre jour, face à face, et il m'a raconté après à quel point il me détestait.
- Shura. Tu es dans un dilemme, il faut que tu choisisses. Mais que crois-tu ? Qui de la haine ou de l'amour est le sentiment le plus fort chez lui ? Si tu confrontes le deux, lequel sortira vainqueur ? Je le connais peu, mais on connais son frère. Ça seras l'amour.
- Je ne peux pas prendre ce risque...
- Cela arrivera un jour. Tu ne penses pas que ce soit mieux qu'il l'apprenne de ta bouche plutôt qu'il tombe sur la vérité un jour, par hasard ? En trouvant un de tes cheveux sur ses vêtements ? En te voyant un matin dans son lit ? Quand tu feras la boulette de trop et qu'il comprendra ?
- ...
- Ça ne sert à rien de venir me voir si tu n'apprécies aucune de mes réponses.
- Si. Si... Je prends conscience que je suis bien ridicule, et que la situation est de toute manière vouée à l'échec.
Shura se leva.
- Merci quand même pour tes conseils Shaka.
- Shura ! À mon avis. Aiolia est plutôt quelqu'un qui est tourné vers l'espoir et l'amour, et que la haine est la rancune, mais ça n'engage que moi. Quand tu as le choix, tu choisis toujours la vérité. Pourquoi là ce serait différent ?
- Parce qu'il m'aime. Et que je l'aime.
- Ça n'est pas justement pour ça que tu devrais être honnête ?
- Je ne crois pas.
Shura parti rejoindre les arènes laissant Shaka seul avant le retour de ses adeptes.
- Alors tout implosera Shura.
Voilà ! Personellement je me souviens avoir bien aimer écrire celui là ! Principalement car faire des interactions avec Shura autrement qu'avec Aiolia c'est amusant parfois. Puis j'aime bien les scènes mignonne comme au début :)
Bonne Saint Valentin !
Comme d'hab :
Review pour m'encourager et/ou m'aider à m'améliorer.
Follow pour la suite de l'histoire.
Follow me pour d'autres histoires niaises et drama !
A bientôt !
