Disclaimer : Yay ! Voici le second chapitre ! Haut les cœurs ! Et j'ai écris deux pages de plus ! Bon, si certaines personnes n'ont pas compris pourquoi aucune baguette magique n'a réagi, je me ferais une joie de l'expliquer. Si vous avez des remarques, n'hésitez pas à m'en faire part, ça fait toujours plaisir de savoir que mon travail est lu. Ou si vous avez juste aimé, dites-le aussi, c'est cool :). Enjoy votre lecture !
— Vite, vite ! Je vais être en retard !
— Toutes mes excuses, souffla celui qui l'accompagnait. Vous courez trop vite pour moi !
Il reçut un regard navré en retour.
— C'est moi qui m'excuse. J'ai tellement envie d'étudier dans une école pareille que j'en perds mes manières.
Elle lui prit la valise des mains et monta dans le fabuleux train rouge qui ne cessait d'attirer ses coups d'œil depuis son arrivée.
— Encore merci pour tout ce que vous avez fait pour moi ! Je ne vous remercierai jamais assez !
Le petit bonhomme agita son haut de forme en souriant en signe d'au revoir et regarda le train démarrer dans un grand sifflement. Wouh ! Plus jamais. Plus jamais il ne s'occuperait d'un adolescent. JAMAIS.
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Encore une fois, une chèvre avec la tête de son meilleur ami de 6ème interpellait Percy.
— Hey ! T'as des cannettes de fer blanc ? J'ai trop la dalle !
— Hein ? répondait Percy.
Les images étaient floues et passaient devant ses yeux à une vitesse ahurissante. Un instant il regardait les étoiles briller avec une tristesse infinie et la seconde d'après il contemplait des gens qu'il ne connaissait ni d'Eve ni d'Adam, empli d'un sentiment d'intense bien-être.
Une voix venue du coeur d'un trou si sombre qu'il n'en voyait pas le fond le terrorisa au plus profond de ses entrailles. Des images lui revinrent en mémoire… une bataille sans merci régnant sur un Manhattan détruit, des visages qu'il appréciait tombant les uns après les autres… Une jeune fille magnifique aux longs cheveux noirs le fixait désolée, la vie désertant peu à peu ses plus bleus que le ciel. Soudainement, une voix à la fois familière et inconnue lui murmura à l'oreille « Tu n'aurais pas dû revenir vivant, Percy… »… Des souvenirs, se surprit-il à penser.
Une angoisse le saisit à la gorge tandis que son corps le brûlait comme du poison. Il chercha désespérément son souffle et commençait à s'étouffer lorsque la voix de sa mère lui chuchota doucement « Réveille-toi mon ange… C'est juste un rêve… Juste un rêve ».
Percy hoqueta bruyamment en revenant à la réalité. Depuis quatre ans qu'il avait ces cauchemars, aucun médicament qu'il avait pu prendre n'avait fait effet. Au contraire ! Ses cauchemars empiraient chaque année, et celui-ci détenait à présent la palme d'or du pire de tous.
Un sentiment de chagrin et de rage mêlés subsistait dans son cœur alors même qu'il était pourtant certain de ne connaître aucune des personnes qu'il avait vues mourir. La fille au regard sans vie lui revint brièvement à l'esprit et il cligna des yeux pour chasser son image.
Son cœur battait la chamade. Il s'obligea à respirer plus calmement et constata avec plaisir que son souffle ralentissait même s'il réalisa par la même occasion qu'il dégoulinait de sueur. Oh, et il y avait cette fille blonde qui l'observait avec insistance. Elle le fixa de ses yeux gris orageux et déclara simplement :
— Tu baves en dormant.
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Percy lui renvoya un regard surpris, voire choqué, avant de ricaner :
— C'est marrant, mais je m'attendais quand même à un peu plus de compassion.
La fille le fixa encore quelques instants avant de lui offrir un magnifique sourire.
— Je m'apprêtais à te réveiller. Désolée. Je m'appelle Annabeth, et toi ?
Mouais. Elle n'avait pas l'air trop désolée.
— Percy. Percy Jackson.
Il percuta soudain quelque chose.
— Tu n'as pas d'accent anglais… Tu es américaine ?
— Exact, fit-elle en fronçant les sourcils. C'est ma première année dans cette école malgré mes seize ans. Comme toi, je suppose ?
— Euh… Ouais. Je savais pas qu'il y avait quelqu'un d'autre dans le même cas que moi.
— Le cas des désespérés, sourit Annabeth.
Percy fit la moue, amusé.
— Ça colle plutôt bien.
— Alors ? Qu'est-ce qui a amené le pauvre Percy Jackson à accepter l'offre de l'école de Sorcellerie ?
L'adolescent s'assombrit brusquement et ne répondit pas.
— Pardonne-moi, murmura Annabeth en sentant le changement d'humeur. Ça ne me regarde pas après tout.
Le silence s'installa et il n'y tint plus.
— Et toi ? Comment es-tu arrivée là ? Enfin, si je peux me permettre…
La jeune fille le regarda de ses yeux gris.
— J'ai fugué. Ma belle-mère rêve de m'éjecter de chez moi depuis qu'elle s'est mariée à mon père. Alors j'ai fugué il y a un an et je suis revenue seulement pour leur dire que j'avais besoin d'argent pour l'avion.
Elle haussa les épaules et tripota une chevalière qui pendait à son cou.
— Mon père m'a donné les sous sans hésiter. Je suppose qu'au moins il a été rassuré en voyant que je n'étais pas crevée dans un caniveau.
Son ton avait viré à l'amer. Percy eut de la compassion pour elle. Certes, ça n'atteignait pas le niveau de merdes qu'il avait subies, mais lui ne s'était jamais senti mal au point de vouloir se barrer de chez lui. Il lui fit un petit sourire en coin.
— J'en suis sûr.
Elle ne lui retourna pas son sourire, probablement perdue dans ses pensées. Elle avait les yeux tournés vers la fenêtre du train quand elle le regarda à nouveau.
— Tu veux en parler ?
— De quoi ?
— Tes cauchemars.
Percy soupira, fatigué.
— Qu'est-ce qui te fait dire que j'en ai d'autres ?
— Tu as des cernes monstrueux sous les yeux. Ça n'a pas l'air de dater d'hier.
Il se retint de lui balancer qu'il avait plusieurs raisons pour avoir des cernes pareils.
— Alors ?
C'est qu'elle est têtue !
— Ça doit faire quatre ans. A part une ou deux personnes, je ne connais aucun des mecs qui y apparaissent.
Annabeth sembla réfléchir.
— Et ceux que tu reconnais ? Qui sont-ils ?
— L'un est mon meilleur ami de 6ème, Grover. Ce qui est perturbant, c'est que dans mes rêves il apparaît toujours en train de galoper avec des jambes de chèvre – littéralement – alors qu'en réalité il a des béquilles. En plus, il mange des cannettes en fer blanc.
La jeune fille lui jeta un drôle de regard mais ne fit aucun commentaire.
— Et l'autre ?
— C'est mon prof de latin, de 6ème également.
— Et il fait quoi, celui-là ? Il danse la country au clair de lune avec des pattes de canard ?
— Non.
— Bon, alors…
— Avec des pattes de cheval.
Annabeth ouvrit la bouche. La referma. Fronça les sourcils.
— Bon sang, Percy, on t'a déjà dit que le LSD c'était pas sain ?!
Percy rit. Pour la première fois depuis longtemps.
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Ils interrompirent leur discussion quand la porte du compartiment s'ouvrit brusquement sur un petit garçon échevelé. Cheveux châtains, grands yeux marrons et de très légères rondeurs d'enfants encore présentes sur ses joues lui donnaient un air sympathique, voire adorable. Il semblait à bout de souffle.
— Oh ! Dieu merci, enfin une place de libre ! Enfin, bien sûr si vous voulez que je parte, je ne voudrais pas vous déranger, mais c'est que je traîne ma valise depuis le premier wagon…
— Prends une place, intervint Annabeth avant qu'il ne commence à leur faire le récit de sa vie.
Le jeune garçon lui renvoya un regard reconnaissant tandis que Percy se chargeait de ranger sa valise en hauteur.
— Dis donc, c'est vachement lourd ! Qu'est-ce t'as mis là-dedans ?
— Euh… Plein de « au cas où », répondit-il embarrassé.
— La seule fois où j'ai entendu ça, c'était dans la bouche de ma mère.
Annabeth lui envoya un petit coup dans l'épaule :
— Je parie que tu es le genre de gars à n'avoir pris des vêtements que pour une semaine !
— Deux, la corrigea l'adolescent.
Elle lui fit la grimace. Le petit nouveau leur tendit la main tour à tour.
— Josh Sean Page.
— Annabeth Chase, ravie de te rencontrer.
— Percy Jackson.
Josh sembla chercher dans sa mémoire, tout en s'asseyant à côté de la jeune fille.
— Je ne crois pas avoir déjà entendu vos noms auparavant… De plus, vous avez clairement un accent américain.
Percy secoua la main d'un geste vague.
— Oh, ça ! On est nouveau cette année, je viens de New-York.
— Et moi de San Francisco. On entre en 6ème année.
Josh parut avoir comme une sorte de bug. Ses yeux les fixaient tous les deux en bougeant à peine. Inquiet, Percy lui passa la main devant le visage.
— Josh ? Joo-ooosh ?! Tu nous entends ?
Il secoua la tête violemment et se donna une gifle sur les deux joues.
— Flippant, murmura Annabeth.
— Vous - vous êtes nouveaux ?
La voix de Josh était devenue un mélange entre un cri et un chuchotis. Un peu comme quand on se retint de crier sa joie devant des gens qu'on ne connaît pas. Ils hochèrent lentement la tête.
— Et vous venez des États-Unis ?
Nouveau hochement de tête. Le garçon porta la main à son front et l'autre couvrit sa bouche, comme si c'était le jour le plus incroyable de toute sa vie.
— Par le caleçon de Merlin ! chuchota-t-il.
— Oh, je l'aime bien celle-là ! remarqua Percy.
— NON MAIS VOUS VOUS RENDEZ COMPTE ?
Annabeth le bâillonna en moins d'une seconde.
— Je sais, déclama le jeune homme, un brin goguenard. Nous sommes géniaux.
Ils n'eurent pas le temps de parler plus que déjà deux autres étudiants repoussèrent violemment la porte du compartiment.
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James poussa les portes du troisième compartiment pour enfin tomber sur autre chose que des Gryffondors. Bon, il y avait Page, mais ça ne comptait pas.
— James ! Ed !
James observa Isaac Finchley les rattraper, essoufflé. Ses cheveux blonds parfaits de préfet parfait ne s'agitaient même pas quand il courait. James en était presque jaloux. Son ami se planta juste à côté d'eux et souffla, agacé.
— Tu avais promis de te taire à propos de ça… Ce ne sont pas des bêtes de foire.
Le jeune homme jugea que ce qu'Ed et lui appelaient l'Empereur Sadique (ou encore la Terreur des Ténèbres) était encore loin et se décontracta. Légèrement.
— Ça va, ça va, ce n'est que de la curiosité !
— Il n'y a aucun mal à faire la connaissance de deux personnes plus que lou… simples étudiants ! renchérit Ed.
— Potter, Spinnet, Finchley ! intervint Page avec un grand sourire. Comment ont été vos vacances ?
— Oh, comme ci comme ça, répondit le fils du héros en s'asseyant nonchalamment à côté de l'autre garçon qu'il ne connaissait pas.
Edward et Isaac vinrent s'asseoir en soupirant. Enfin, Isaac soupirait et Edward... pétillait. En face de James se trouvait une jeune fille blonde avec de beaux yeux gris orage. Parfaitement son genre. En revanche, elle ne semblait pas penser la même chose de lui.
— On peut savoir de quoi vous parliez avant d'arriver ? questionna-t-elle d'un air plus que méfiant.
James s'attarda un instant sur ses lèvres pleines, son visage fin et ses boucles blondes avant de lui renvoyer un magnifique sourire charmeur.
— Ah ! En fait, nous étions juste à la recherche de deux curieux étudiants venant manifestement des Etats-Unis. Je crois que nous sommes au bon endroit.
— Excusez-nous pour notre curiosité, se moqua Ed. Je me présente, Edward Spinnet. Et à côté de moi, voici Isaac Finchley, le préfet des courageux Gryffondors !
Ed secoua ses cheveux noirs d'un mouvement de la tête qui devait lui paraître sexy mais que James jugea totalement ridicule. Il se retint de rire pour ne pas vexer son meilleur ami tandis qu'il tendait sa main à la jeune fille à la place.
— Je suis James Potter.
— Annabeth Chase, fit-elle en ignorant royalement sa main.
Il se délecta pendant un instant de son visage, et se rendit compte qu'il appréciait cette expression méfiante, voire snob. Il n'aurait pas su dire pourquoi. Un sourire aux lèvres, le brun finit tout de même par se tourner vers son voisin, auquel il n'avait prêté aucune attention jusqu'ici.
Son sourire s'effaça lentement. L'adolescent, qui devait bien faire sa taille, le regardait fixement de ses yeux ternes et cernés. James avait l'impression qu'il ne le voyait même pas, que son regard s'était juste tourné dans cette direction-là par hasard. Ses cheveux noirs, probablement brillants auparavant, semblaient légèrement décolorés et bien qu'il soit plutôt bronzé, il y avait cette étrange pâleur peinte sur son visage. Un frisson remonta le long de sa colonne vertébrale
— James Potter, se présenta-t-il de nouveau.
Au sursaut du jeune garçon, James eut la conviction qu'il n'avait pratiquement rien écouté de ce qu'il s'était dit précédemment.
— Percy Jackson.
Sa voix grave et rauque ajouta à son malaise. Il avait de plus en plus de mal à supporter le regard sans vie de Percy. Un zombie. Ce mec lui faisait l'effet d'un vrai zombie. D'un coup, James n'avait plus du tout envie d'assouvir sa curiosité. Il voulait juste partir.
Ses amis durent ressentir le même malaise car Isaac se leva et leur offrit un sourire crispé :
— Bien, je crois que nous devrions y aller. Le train ne va pas tarder à arriver. James, Ed ?
Son meilleur ami sauta sur ses pieds avec empressement et ils franchirent les portes du compartiment. James se retourna une dernière fois. Son visage se rembrunit devant le regard soucieux d'Annabeth, posé sur le zombie.
— Et n'oubliez pas de mettre vos robes de sorciers ! lança-t-il moqueur en quittant définitivement la pièce.
See you ;)
