Disclaimer : Hey ! Tout le monde, désolée pour ce petit retard d'une semaine. Mais bon, de toutes façons j'avais dit que je ne serai pas tout le temps régulière. En plus je pensais que j'allais poster ce chapitre la semaine prochaine, c'est juste que j'ai eu une inspiration de malade ce week-end et aujourd'hui. Je précise par ailleurs que, étant en année d'échange aux USA, parler français n'est pas vraiment conseillé pour moi, c'est pour ça que je pense poster un à deux chapitres par mois. Aussi, mon vocabulaire va potentiellement commencer à se… à se… réduire ! Parce que voilà, anglais et tout et tout.

Je me suis pas mal fait rire toute seule en écrivant ce chapitre, j'espère que vous l'apprécierez aussi ! Comme toujours, n'hésitez pas à laisser une review, ça fait toujours plaisir et sinon j'ai vraiment l'impression que mon travail ne plaît pas. Bref, je vous laisse, enjoy votre lecture ! ;)


Annabeth se souvenait parfaitement du jour où elle avait fuit sa maison, tout comme du jour où elle était revenue. Elle avait quitté leur appartement pendant la nuit avec seulement un énorme sac et toutes ses économies pour se pointer à nouveau un an plus tard, munie de deux valises et le diplôme d'un lycée plutôt bien coté en poche.

Elle hésita durant dix bonnes minutes, pour enfin appuyer fermement sur la sonnette. En attendant que l'interphone décroche, elle eut le temps de faire demi-tour deux fois, de se taper la tête contre le mur quatre fois et de tourner trois fois sur elle-même.

— Oui, qui est-ce ?

La voix grave et familière qui résonna à travers l'interphone lui serra le cœur. Tremblante, la jeune fille pris une profonde inspiration en contractant les poings.

— Papa ? C'est moi… Annabeth.

Le silence à l'autre bout dura longtemps. De petits bruits étranges se firent entendre. Annabeth mis un moment avant de comprendre que son père pleurait. Son père, qu'elle appréciait tant malgré leurs désaccords. Son père, dont elle était si proche dans son enfance. Son père qui lui racontait sans cesse des histoires, tantôt fantaisistes tantôt réelles. Elle l'aimait tellement, s'était démenée chaque année pour son anniversaire, l'avait assisté tant de fois dans son travail. C'était son père. Qu'elle n'avait pas contacté, pas une seule fois, pendant un an. Elle savait pourquoi elle était partie, et ne regrettait pas sa décision. Cependant un instant, une minute, la culpabilité lui noua l'estomac.

— Papa ? Je… Je suis désolée, je ne voulais pas… Je peux partir si tu…

— Non ! Reste… Ma puce… Entre, entre.

La porte de l'immeuble bourdonna, invitant Annabeth à s'y engouffrer. A peine fut-elle arrivée à son étage que son père l'enlaçait et la guidait vers le petit appartement. Frédéric Chase avait l'air vieilli, ses yeux rouges cernés de profondes poches violettes, les cheveux habituellement blonds comme les blés tirant sur le blanc. Sa main sur l'épaule de sa fille ne cessait de trembler, comme s'il n'arrivait pas à croire qu'elle était là. Ou peut-être avait-il tout simplement peur qu'elle s'échappe encore. Annabeth se sentit encore plus mal car c'était ce qui allait arriver : elle ne resterait pas longtemps, et même si elle était heureuse de revoir son unique parent, elle savait que c'était pour le mieux. Elle ne pourrait jamais s'adapter à cette famille.

Matthew avait déjà entrouvert la porte, sa petite bouche s'arrondissant en un O parfait. A peine eût-il aperçu sa demi-sœur qu'il courait déjà prévenir son frère et sa mère. C'est ça, ameute la galerie, pensa amèrement la jeune fille.

Mme Chase et ses deux fils les rejoignirent dans l'entrée. La charmante femme aux traits asiatiques la regarda fixement, une émotion dans les yeux qu'Annabeth ne put définir. Ses traits se tendirent un instant avant de recouvrer leur décontraction habituelle. Elle dit simplement :

— N'oublie pas d'enlever tes chaussures.

— Bien sûr, répondît Annabeth la voix dégoulinante de sarcasme. C'est vrai que « bonjour » ou « comment vas-tu » auraient été de trop.

Sa belle-mère se recroquevilla sur elle-même et s'adressa à Frédéric.

— Je vais préparer du thé.

La jeune fille l'observa disparaître dans la cuisine, précédée de ses demi-frères.

— Annabeth…

Son père soupira mais ne fit pas d'autres commentaires.

— Quoi ?

— Rien… dis-moi plutôt : c'est à toi tout ça ?

Il agita la main en désignant ses valises.

— Non, j'ai tout volé dans des magasins de luxe.

— P-pardon ?

Elle leva les yeux au ciel. Elle adorait son père mais parfois sa naïveté était plus agaçante qu'adorable. Sans plus de cérémonies, la jeune fille lui passa devant en gardant ses chaussures.

Sa chambre était exactement telle qu'elle l'avait laissée un an plus tôt le lit fait, les livres rangés par tailles et thématiques sur ses étagères, les murs couverts d'affiches d'œuvre architecturales célèbres. Certaines images s'étaient détachées et Annabeth eut la surprise de les retrouver bien entassées sur son bureau, la patafix retirée afin qu'elles ne collent pas entre elles. Quelle délicate attention. Elle contempla la lettre qu'elle avait écrite à l'attention de son père la nuit de sa fuite. Seuls quatre petits mots en douce écriture ronde se détachaient sur le papier : Ne me cherchez pas.

— J'ai fait exactement comme tu as dis, commença l'historien. Je… j'ai décidé de te faire confiance.

Il bafouillait et paraissait honteux, semblable à un enfant pris en faute.

— Ne te cherche pas d'excuses, papa, répondît-elle doucement. Tu n'as rien fait de mal.

Ce n'était pas vrai, et l'un comme l'autre le savait. N'importe qui aurait recherché son enfant s'il disparaissait du jour au lendemain, lettre ou pas lettre. Annabeth laissa un silence pesant s'installer avant de sortir une lettre de son sac. Il la lui prit des mains et observa le sceau, curieux.

— Quand as-tu reçu ça ?

— Il y a deux jours.

— Intéressant… Serait-ce… Oui c'est cela, un lion, un aigle, un blaireau et un serpent… Vraiment intéressant, je n'ai jamais vu des armoiries pareilles…

— Papa. Tu peux lire la lettre, s'il te plaît ?

Il sursauta et rougit violemment.

— Oui oui, bien sûr !

Mme Chase vint déposer le thé dans la chambre pendant que les yeux de son mari se mirent à parcourir le papier parcheminé. Son visage pâlit de plus en plus jusqu'à atteindre une teinte cadavérique.

— Chéri ? Tout va bien ? s'inquiéta Mme Chase.

— Oui… oui, oui. Parfait, merci chéri, se reprit-il.

Elle resta encore dans la pièce, comme si de rien n'était et que sa présence était évidente. Sérieusement… elle n'avait toujours rien compris ?

— Tu ne vois pas que c'est une conversation privée ? siffla Annabeth.

— Oh, excuse-moi, je ne voulais pas…

— Sors !

— Annabeth ! intervint son père, furieux.

— Tout va bien, chéri. Je vais sortir.

Elle quitta la pièce, non sans un dernier regard triste en arrière. Frédéric se passa une main sur le visage en soupirant, puis tapota le lit à côté de lui. Annabeth vint s'asseoir, docile.

— Honnêtement… Je ne sais pas quoi dire… Tout ça, c'est juste…

— Incroyable ?

— Certes, sourit-il.

— Avoue que tu ne te serais jamais attendu à ça !

— Je m'attendais à… quelque chose de différent.

Elle fronça les sourcils.

— Parce que tu t'attendais à quelque chose ? Qu'est-ce que tu veux dire ?

Nouveau soupir.

— Écoute, dit-il en prenant ses mains. Tout ce que je sais… c'est que tu n'étais pas destinée à ça. Ne te vexe pas ! Tu étais destinée à quelque chose de plus grand, Annabeth. De beaucoup plus grand. Je ne comprends pas pourquoi tout est différent…

— De plus grand ? De plus grand ?! Qu'est-ce qui peut être plus GRAND pour toi qu'une école de Sorcellerie ?!

Elle se leva, blessée, des éclairs dans les yeux.

— Ce n'est pas assez grand pour toi ?! Qu'est-ce qu'il faut que je fasse pour que tu sois enfin FIER DE MOI ?!

— Tu ressembles tellement à ta mère… chuchota-t-il tout doucement, ce qui eut le don de la stopper dans son élan.

Il releva des yeux déterminés vers sa fille.

— Mon cœur, quoiqu'il arrive et quoique tu fasses, sache que je serai toujours fier de toi.

Il se leva à son tour et l'embrassa sur le haut du crâne.

— Et je l'ai toujours été.

Frédéric ouvrit la porte, sortit et déclara avant de la refermer :

— Tu devrais préparer ta valise dès maintenant. Le départ est dans deux jours.

.

o0o0o0o

.

A présent qu'elle était descendue du Poudlard Express, Annabeth était convaincue qu'elle allait vivre les plus belles années de sa vie. Un demi-géant que Percy semblait connaître les avait accueillis et tandis que Josh et tous les anciens se dirigeaient vers l'extérieur du village, les nouveaux (et donc Percy et elle) étaient conduits vers un magnifique lac noir où des barques les attendaient. À sa grande surprise, le visage de son ami s'illumina aussitôt tel un sapin de Noël !

La première fois qu'elle l'avait vu, dans le train, le jeune homme semblait faire un terrible cauchemar. Il murmurait des mots incompréhensibles dans son sommeil, mais elle aurait juré reconnaître du grec. La jeune fille avait d'abord pris son temps pour poser ses bagages et s'asseoir, cependant les gémissements du type devenait de plus en plus bruyants. Elle s'apprêtait à le réveiller lorsqu'il avait ouvert les yeux dans un sursaut. Et alors que le jeune homme reprenait contenance, la belle blonde avait pu noter un détail intéressant… Bref. Éveillé, l'impression qu'elle eut de lui ne fut pas meilleure. On aurait dit que le garçon n'avait ni dormi ni mangé pendant des jours.

— C'est moi ou on est qu'avec des gamins de onze ans ? marmonna ce dernier, la faisant sursauter.

— Ne t'inquiète pas, Percy. Ils s'abaisseront à ton niveau…

Il lui tira la langue.

— Pardonnez-moi, Ô Maîtresse, de ne pas avoir appris par cœur « l'Histoire de Poudlard » en une semaine.

— Tu me vexes. Ça ne m'a pris que cinq jours.

Il secoua la tête d'un air faussement désespéré en s'installant dans une barque. À sa grande surprise, il lui tendit une main, qu'elle ignora superbement pour monter toute seule dans le petit bateau de bois. Bon, ok, elle avait failli se casser la gueule.

— Comment fais-tu pour avoir le pied aussi marin ? grogna-t-elle.

— Chacun son truc, répondît-il. Mais j'aime l'eau. Je m'y sens à l'aise.

— Tu as fait de la natation ?

— L'année dernière, dans mon lycée, il y avait une piscine alors j'ai fait partie de l'équipe. Et que tu me crois ou non, j'étais l'un des meilleurs !

Deux autres premières années passablement terrorisés par les "grands" s'était installés dans leur barque et à présent, le cortège entier progressait sur l'eau, sans que personne n'ait touché aux rames.

Percy plongea une main dans l'eau froide et un air ravi s'afficha sur son visage. Annabeth en fut rassurée. C'était actuellement la plus proche expression de joie qu'elle lui avait vu depuis qu'elle le connaissait.

— Hey, fit-elle, un sourire narquois aux lèvres. Quand je te disais que les premières années allaient devoir s'abaisser à ton niveau, Cervelle d'Algues… On dirait un enfant de cinq ans !

Percy releva vivement la tête, surpris.

— Comment m'as-tu appelé ?

— Euh… Cervelle d'Algues.

Il la fixa, muet, pendant quelques secondes. Un drôle d'air imprégnait ses traits. Il lui renvoya un demi-sourire.

— Je préfère passer pour un gamin de cinq ans en jouant avec de l'eau plutôt que de paraître cinquante à force de lire de vieux bouquins… Puits de Sagesse.

Elle éclata de rire, comme si c'était une vieille blague entre eux.

.

o0o0o0o

.

Percy retira sa main de l'eau, revigoré. Il avait été étonné quand Annabeth l'avait « Cervelle d'Algues ». Comme si l'appellation lui était familière. Il avait réfléchi pendant quelques instants et c'était tout naturellement qu'il lui avait répondu. Honnêtement, l'adolescent appréciait vraiment Annabeth. C'était une fille extrêmement sympa et plutôt drôle, quoique un peu sérieuse par moment. De quoi le garder sur de bons rails, histoire qu'il ne se fasse pas renvoyer au bout de trois mois.

Percy se souvenait de la promesse de l'école, mais il n'y croyait pas trop. Peut-être qu'elle le garderait jusqu'à la fin de l'année, ce serait déjà bien.

La jeune fille en face de lui semblait émerveillée par le château qu'ils voyaient s'approcher. Pourtant, ils étaient encore vachement loin. Un grand sourit béat éclairait son visage, et Percy profita du fait qu'elle regardait ailleurs pour la détailler. Avec ses longues boucles blondes, ses lèvres rondes et son nez droit, elle était vraiment pas mal. Et surtout, ses yeux gris lui faisaient un drôle d'effet. Si en plus on prenait en considération le reste… de son corps, on pouvait estimer qu'elle était sexy.

Tout comme semblait l'avoir remarqué ce mec-là, dans le train. Il avait l'air d'un sacré coureur de jupons, et Percy n'aimait pas ça, surtout s'il s'intéressait à son amie.

Narquois, il se remémorait encore la tête de James Potter quand il l'avait regardé. Il pariait que ce mec ne devait pas souvent avoir peur comme ça. Peut-être qu'il aurait pu faire fuir les gamins aussi, ç'aurait été cool de ne pas se retrouver avec deux pipelettes dans leur barque.

Les gosses, une fille blonde avec un nœud rose dans les cheveux et un petit garçon châtain à lunettes, discutaient furieusement depuis leur arrivée. Enfin, "discutaient". Disons plutôt que la petite fille racontait tout ce qui lui passait par la tête (de l'histoire Ô combien génialissime de sa famille à la raison pour laquelle elle avait fourré ce ridicule petit nœud dans ses cheveux) et que le petit garçon semblait boire ses paroles comme le meilleur des nectars. A un moment, elle sembla se rappeler qu'une discussion ça se faisait à deux et demanda :

— Au fait, tu penses être dans quelle maison ?

Percy tiqua. Il avait vaguement entendu parler de ce système, mais les explications étaient entrées par une oreille et ressorties par l'autre.

— Les maisons ? C'est quoi, déjà ?

Les deux petits le regardèrent subitement, l'air terrifiés. Eh, ça va. Il allait pas les manger, non plus. La petite blonde sembla percuter ce qu'il avait dit et le fixa, scotchée.

— Nan mais allô quoi ? Tu vas à Poudlard et tu connais pas les maisons ?

Annabeth fit un grand O avec sa bouche, avant de littéralement se plier de rire.

— Sérieusement, je veux dire, tu viens de quel trou paumé ?

La grande blonde se stoppa net dans son rire et lança un regard à la gamine qui signifiait clairement « ouh là ma cocotte, tu vas vite te calmer parce que sinon, dans deux mois, on va retrouver ton corps au fond du lac avec un boulet attaché à la cheville ». Le message sembla passer car Nœud Rose perdit immédiatement son air suffisant. Nota bene : ne jamais – jamais – énerver Annabeth.

— Poudlard comporte quatre maisons !

Percy regarda le petit morpion qui venait de parler, un grand sourire rayonnant aux lèvres.

— Au fait, je ne me suis pas encore présenté, fit-il en prenant la main de Percy et en la secouant énergiquement. Moi c'est Colin, Colin Crivey ! Et voici Lydia Scrimgeour, on était dans le même compartiment !

Oh le pauvre.

— Percy Jackson. Voici Annabeth Chase, également dans le même compartiment que moi.

— Vous venez de l'école de Sorcellerie américaine ? intervint Lydia.

L'adolescent échangea un regard avec son amie. L'école américaine ? Il y en avait une ? Leur situation étant un tantinet plus compliqué, Percy hocha simplement la tête. Il n'avait pas envie de raconter sa vie une seconde fois, ça devenait fatiguant.

— Et donc, ces maisons ? demanda Annabeth avant que la petite ne se mette à poser tout un tas de questions. Enfin, moi je connais, mais bon… Je préfère vérifier par des connaisseurs.

Elle accompagna sa dernière remarque d'un clin d'œil. Une vraie manipulatrice. Enfin… pas dupe, la gamine lui tira la langue et se mura dans le silence. Colin prit la parole avant qu'Annabeth ne mette sa menace à exécution.

— À Poudlard, il y a quatre maisons : Gryffondor, la plus connue grâce à ses héros, est faite pour les courageux. Poufsouffle désigne les plus loyaux et les travailleurs, Serdaigle recrute les sages et les intelligents, et les rusés et ambitieux sont acceptés à Serpentard.

Lydia prit le relais.

— Chaque maison a une couleur et un animal associé : rouge pour les Lions d'or, bleu pour les Aigles, jaune pour les Blaireaux et vert pour les Serpents.

— Ok, sympa.

— Ensuite, les dortoirs sont répartis par maison et année, et chaque maison a une salle commune.

— Maison et année ? Et par sexe, c'est en option ? Coo… Aïe !

Annabeth soupira en retirant (à regret) son pied de Percy. De son visage, pour être exact.

— Tes bottes sont le plus doux des oreillers, s'excusa-t-il.

— J'espère bien.

.

o0o0o0o

.

Bon ok. Il commençait à stresser. Déjà, la salle était immense. En plus, il y avait des centaines d'élèves qui les observaient dans un silence presque religieux. Si en plus on comptait le fait qu'ils étaient les deux seuls paumés de seize ans parmi des enfants de onze, il y avait quelques raisons pour que les regards le mettent mal à l'aise.

— Allons, Cervelle d'Algues. Si tu n'avances pas, on va se retrouver tout derrière.

— Ben ouais, c'est un peu le but. J'aime bien, être derrière.

Elle lui attrapa le poignet et le tira jusqu'à l'avant, sous les murmures amusés des élèves qui voyaient bien qu'il faisait tout son possible pour se dégager.

— Puits de Sagesse, chuchota furieusement le jeune homme, je jure de te faire bouffer le truc le plus ignoble que l'on pourra trouver dans cette école.

Ses yeux se plissèrent d'un air menaçant. Gloups. Heureusement, une vieille dame ridée coiffée d'un chapeau vert fit régner le silence à nouveau. Juste en se levant. Respect. Annabeth referma la bouche.

— Chers anciens, chers nouveaux élèves, bienvenue à Poudlard pour…

… Oh, le plafond était magnifique. On aurait dit le ciel. D'ailleurs… c'était probablement le ciel. Ça devait être sympathique de manger sous un grand ciel bleu. Enfin, pour l'instant, Percy espérait juste qu'il n'allait pas pleuvoir avant la fin du repas. Manifestement, Annabeth devait avoir quelques menus problèmes de concentration également car il l'a vit abandonner au bout de deux minutes et se mettre à admirer le plafond avec lui. Beau plafond.

La sorcière verte, qui semblait être la directrice, sortit un parchemin de sa poche qui se déroula, déroula jusqu'à ses pieds. Ça en faisait, des noms. Devant elle était placé un chapeau tout rapiécé sur un tabouret pas beaucoup plus jeune. Et le chapeau se mit à chanter :

Je n'suis pas d'une beauté suprême

Mais faut pas s'fier à ce qu'on voit

Dis donc, ce plafond était vraiment passionnant ! Percy aurait juré voir une étoile filante. Cette fois-ci, son amie réussit à conserver son attention jusqu'à la fin. Le Choixpeau termina sa chanson, tandis que McGonagall criait :

— Aberline, Zoé !

La petite fille monta précipitamment les marches avant de s'asseoir en toute hâte sur le tabouret, l'air de penser « plus vite on y va, plus vite c'est passé ». Le chapeau effleura à peine la tête de la gamine qu'il hurla :

— SERDAIGLE !

La première table située à leur droite retentit d'applaudissements alors qu'elle se dépêchait de trouver une place.

— Tu crois qu'il fait des vocalises avant chaque répartition ? chuchota Percy à l'oreille de la grande blonde.

Elle lui répondit par un grand éclat de rire. Rapidement, ce fut au tour d'Annabeth de monter sur le tabouret et quand son nom retentit, le jeune homme ne se gêna pas pour la pousser. Elle lui lança un regard meurtrier.

— C'est ma vengeance pour m'avoir traîné à l'avant.

Elle releva le menton, carra les épaules et s'avança avec toute la dignité qui lui restait. Le Choixpeau sembla méditer un long moment sur sa tête.

— GRYFFONDOR ! s'égosilla-t-il finalement.

La table toute à leur droite émit encore plus de bruit que le chapeau. Annabeth s'y assit avec un grand sourire, à côté de Josh que le jeune homme n'avait même pas remarqué jusque-là. Les noms défilèrent, Colin se retrouva à Gryffondor, au grand étonnement de Percy qui pensait qu'il finirait à Poufsouffle.

— Jackson, Persée !

Ah oui. C'est vrai. Il avait encore oublié ce petit détail. Heureusement, une Clitorine était passée un peu avant… Il s'avança en soupirant vers les marches et se sentit soudain très ridicule dans sa robe de sorcier, avec un chapeau pourri sur la tête.

— Eh oh ! Un peu de respect, jeune homme ! fit ce dernier.

Percy sursauta.

— Bah vous gênez pas, lisez dans mon esprit !

On entendit Annabeth se taper la tête contre la table dans toute la salle.

— Hmm. Clairement pas un Serdaigle et encore moins un Serpentard !

— Eh ben. T'avais pas un moyen plus efficace de m'annoncer que j'étais stupide et sans avenir ?

— Tu pourrais presque être un Poufsouffle, si seulement tu étais un minimum travailleur…

— Je t'en prie, remets-en une couche, tant que t'y es.

— Vraiment, ta loyauté est exceptionnelle ! Je crois en avoir rarement vu d'aussi forte. Peut-être Poufsouffle, après tout…

Ouh là, non.

— Euh, comme tu l'as dit, je suis très loyal. Sauf que tous mes amis sont à Gryffondor. Ce serait logique que je les rejoigne, non ?

— Gryffondor ? Mais dis-moi, c'est vrai que tu as l'air d'avoir un courage à toute épreuve ! Tu es sûr de ton choix ?

— Ben, en plus de mes amis, ça a l'air d'être l'endroit où il y a le plus d'ambiance, alors…

— GRYFFONDOR !

— Ouch ! Sérieusement, chaque année t'essayes de battre ton record de tympans pétés ?

— Hé hé hé, ricana le chapeau.

Taré.

Percy descendit rejoindre ses nouveaux compagons, sous l'hilarité générale de la salle qui avait suivi l'échange, exceptés les Poufsouffles qui semblaient outrés et ne se privaient pas de le huer. Plusieurs Gryffondors vinrent lui taper dans la main et se présenter à lui.

— Franchement, Jackson, bien joué !

— C'était magnifique ! Au fait, moi c'est Roxanne Weasley !

— Et moi Fred, son frère. On est en septième année.

— Hey hey ! Moi c'est Lily Potter, fit une rousse de deuxième année. Tu m'apprendras comment faire chier le chapeau ?

— Sûr…

— Hey, Jackson, tu viens de quelle partie des États-Unis ? lui demanda langoureusement une belle asiatique.

— Et ton prénom, c'est ton père ou ta mère qui l'a choisi ?

— C'est quoi ton shampoing ?

— Tu viendras faire exploser les toilettes du deuxième étage avec moi ? Ça fera les pieds à Mimi Geignarde.

Annabeth le sauva de l'avalanche de questions (qui commençaient franchement à devenir… particulières) en lui laissant une place à côté d'elle. La répartition reprit quand McGonagall fit exploser son verre et bientôt trois autres élèves rejoignirent les Gryffondors, dont Lydia Scrimgeour.

Percy commençait sérieusement à se dire qu'il aurait peut-être dû accepter d'aller chez les Poufsouffle. Sentiment qui s'affirma quand il remarqua que l'abruti Potter et ses amis étaient dans la même maison que lui. Enfin, au moins ils ne seraient pas dans la même chambre…

— Dis-moi, Cervelle d'Algues, tu m'avais caché ton vrai prénom !

— Ça te surprend tant que ça ?

— Hm. Pas tellement, en fait.

D'un coup, les plats se rendirent de toutes sortes de viandes, de légumes, d'accompagnements, de sauces, de boissons, de…

— Où est la pizza ?

— Il n'y en a pas, rit Josh devant son cri du cœur.

Percy et Annabeth pâlirent.

— Rassure-moi, fit la jeune fille, il y a des pancakes au petit-déjeuner ?

— Absolument pas ! s'exclama Ryan Shacklebolt, un jeune homme aux cheveux bleus pâles assis en face.

Percy prit les mains de son amie, l'air solennel :

— Ecoute, Annabeth. Finalement, ça ne va pas être possible. Je rentre en Amérique.