Disclaimer : Voilà, j'ai enfin fini d'écrire ce chapitre qui m'a pris trois semaines, et normalement grâce à Grammalecte il ne devrait y avoir aucune faute d'orthographe (je t'aime Grammalecte 3). J'espère que vous aimerez ce chapitre, puisque c'est enfin le commencement de leurs vies au château. Le ton reste assez guilleret (je vous entends crier « on veut du saaannng ! »).

Je me suis également amusée à faire un arbre généalogique des Weasley, ainsi qu'une liste de qui traîne avec qui, avec plein de couleurs pour ne pas me perdre. Ça rend un très bel effet sur mon tableau en liège. Bonne lecture !:D


Percy se réveilla à grands renforts de bâillements et d'étirements. Il avait passé une nuit formidable, sans cauchemars, et aurait pu dormir ainsi jusqu'à midi si Josh n'avait pas insisté pour être là le premier jour de cours. Une pas si mauvaise idée, quand on considérait l'option Annabeth qui l'aurait probablement tiré du lit et traîné hors de la salle commune s'il ne s'était pas pointé.

Il frissonna de dégoût en songeant au petit-déjeuner à venir, sans pancakes ni sirop d'érable. Percy avait finalement accepté de rester la veille, au terme d'une longue discussion avec Josh et Shacklebolt, le premier lui garantissant qu'il y avait des cookies de temps à autres et le deuxième lui promettant de lui montrer un passage secret menant aux cuisines, où il pourrait demander ce qu'il désirait aux elfes de maisons. Quant à savoir ce qu'étaient les « elfes de maisons », c'était une autre histoire.

Par la même occasion, on les avait informés que les Anglais s'appelaient par les prénoms uniquement entre amis, ce qui ne manqua pas de grandement les déstabiliser. Percy avait fini par intégré le truc, à la seule condition qu'il puisse également appeler les élèves de son dortoir par leurs prénoms, amis ou non. Fallait pas pousser mémé dans les orties !

Il sortit en vitesse de son lit (à baldaquin, s'il vous plaît) et s'enferma dans la salle de bains, coupant ainsi la priorité à Christopher Lahey et Niall Finnigan, ses deux autres camarades de dortoirs (Josh étant, par un grand mystère, déjà en bas).

— Sérieusement, Jackson, t'as intérêt à accélérer la cadence, soupira Chris.

— J'ai ma douche à prendre, l'informa-t-il.

Silence.

— PERSÉE, SORS, LES COURS SONT DANS DIX MINUTES, TU PRENDRAS TA DOUCHE CE SOIR !

— Je savais pas que t'avais des cordes vocales pareilles, Niall ! ricana la voix de l'américain à travers la porte.

Il sortit à ce moment-là de la salle de bains, les cheveux encore tout fumants d'eau chaude.

— Et pour info, mon prénom est Percy.

Même si sa mère lui avait toujours répété que "Persée" lui porterait chance, le jeune homme estimait quand même que c'était un prénom pourri. Les deux Gryffondors le contemplaient, choqués.

— Tu t'es lavé que les cheveux ?

— Non, non.

— Mais… comment t'as… ?

— Je peux y retourner, si ça vous choque tant que ça.

— NON !

Chris et Niall semblèrent se réveiller et le bousculèrent pour accéder à ce qui s'apparentait manifestement au Saint Graal le matin.

Percy s'habilla en vitesse, abandonna l'idée de nouer sa cravate, enfila sa robe (en fait de robe, c'était en réalité un manteau à capuche) et dévala les escaliers, Chris et Niall sur ses talons.

Il retrouva Josh et Annabeth dans la salle commune, cette dernière tapant du pied en l'attendant.

— Cervelle d'Algues, ça n'a pas intérêt à être comme ça tous les matins, souffla-t-elle énervée en lui fourrant de force un pain au chocolat dans la bouche d'une main et nouant sa cravate de l'autre.

— Oui maman, mâchonna-t-il.

— Je la plains, ronchonna Annabeth, ça n'a pas dû être facile pour elle, de s'occuper d'un si grand empoté tous les jours !

D'un coup, le pain au chocolat prit un goût de cendres dans sa bouche alors qu'un trou noir se mettait à grignoter le cœur de Percy.

Non, ça n'avait pas été facile pour elle. Tellement pas facile qu'elle en était morte. Ce 11 août était ancré à jamais dans son esprit, salissant pour toujours tous les 11 août à venir. Rien que d'y penser, il sentait la bile remonter dans sa gorge, lutter pour franchir la frontière de ses lèvres. Il retint la réplique acerbe qui lui brûlait la langue et se contenta de quitter la tour des Gryffondors en jetant son pain au chocolat dans une poubelle au passage.

Ses deux amis le rejoignirent en courant, blessés par son comportement.

— Dis donc, Percy, commença Josh. Faut le dire si tu détestes tant que ça les pains au chocolat.

— J'avais plus faim, c'est tout, marmonna-t-il en retour.

— Laisse, Josh. J'espère juste qu'il nous préviendra quand il aura fini de se comporter comme un blaireau, cracha Annabeth, vexée.

Leur ami soupira, une mine inquiète sur le visage. Ils le connaissaient à peine et il devait déjà se dire qu'il était mal tombé, le pauvre.

— Tiens, ton emploi du temps. Annabeth et toi avez le même.

— Oh… merci. J'ai pris toutes mes affaires sans me poser de questions.

— Comme c'est notre première année, nos matières sont semblables aux gamins de onze ans, mais on va suivre les cours des sixièmes années, ajouta la blonde.

Elle réfléchissait et jetait de temps à autres des coups d'œil à Percy, alors le jeune homme se dit qu'elle allait peut-être lui pardonner.

— C'est stupide. Ils espèrent qu'on rattrape le programme de cinq années ?

— Oh, ne t'inquiète pas, répliqua-t-elle moqueuse, les trous sont consacrés à des cours de soutiens. Ainsi que tous les jours de 17h à 18h.

Percy s'étouffa.

— Quoi ? Mais on travaille déjà de 8h à 17h deux jours par semaine et de 9 à 16 le reste du temps ! Certes on a une heure pour manger mais quand même !

— Techniquement, s'immisça Josh, comme vous avez soutiens au lieu des trous et de 17h à 18h, ça veut dire que vous avez neuf heures de cours par jour.

— C'était nécessaire de le préciser ? soupira l'américain.

Percy chercha du réconfort chez son amie, mais cette dernière esquissa simplement un sourire ravi de trois kilomètres de large.

— Heureux qu'au moins l'une d'entre nous s'amuse, bougonna-t-il.

Josh sourit timidement.

— C'est vrai, Annabeth. En te voyant comme ça, on penserait plutôt que tu es une Poufsouffle.

Ses doigts jouèrent brièvement avec ses cheveux blonds. Ils descendirent six escaliers tandis que Percy commençait sincèrement à se demander où est-ce que ce foutu château finissait.

— À vrai dire, le Choixpeau a hésité entre Serdaigle et Serpentard, avoua-t-elle d'un air contrit. Mais il a dû considéré que ma fuite tenait plus de la témérité que d'un acte mûrement réfléchi.

— Ta fuite ? s'étonna Josh.

— Oh ! Je me suis barrée de chez moi il y a un an, répondît-elle en agitant la main comme si ce n'était rien.

— Ah, émit platement le garçon. Et, euh… ça a été ? Tu t'en es sortie ?

— Sans problème ! Tu ne sais pas à qui tu t'adresses, fit-elle avec un clin d'œil.

— Laisse-moi deviner, s'amusa Percy. Tu as menacé tous les pauvres mecs que tu croisais de se soumettre à tes ordres et tu as formé le gang de rues le plus dangereux de tout San Francisco ?

Elle leva les yeux au ciel.

— Pour commencer, je suis directement allée vers New York. Mais c'est vrai que sur le chemin, j'ai quelque peu soutiré de l'argent à des idiots qui ont tenté de me racketter.

— Wouah, souffla Josh, admiratif. Tu as racketté tes propres agresseurs ?

— Premièrement, ce n'était pas du racket, mais de la légitime défense…

— Bien sûr… murmura Percy.

— Deuxièmement – Percy, je t'ai entendu – ils auront appris qu'une silhouette d'apparence blonde et fragile n'empêche pas la pratique d'arts martiaux.

Le garçon aux joues enfantines lui adressa un regard digne de ceux réservés aux idoles. À la différence que si Annabeth était une idole, ce n'était certainement pas de la chanson mais probablement du catch. Oui, tout à fait le genre d'Annabeth.

— Tu en fais depuis combien de temps ?

— J'ai fait du karaté quatre ans, puis de l'auto-défense pendant quatre ans également.

Quand ils arrivèrent devant ce qui ressemblait fortement à des cachots, Josh semblait à la limite de la vénération. Toute la classe était déjà rassemblée et Percy pu déduire aux uniformes qu'ils avaient ce cours en commun avec les Serpentards. Le jeune homme avait surpris quelques conversations pas très reluisantes à leur sujet, la plupart venant des Gryffondors. Il semblait exister une vieille rancune entre les deux maisons, bien que moins tenace et violente qu'il y a quelques années.

— Fais gaffe Page, railla une voix méprisante. Ta bave va bientôt atteindre le sol.

Les deux Américains se retournèrent d'un seul mouvement, vifs comme des félins. Et vu le regard qu'ils adressèrent au nouveau venu, ce n'était sûrement pas des chatons. Quant à Josh, il rougit d'embarras et se replia légèrement derrière la grande silhouette de son ami, en prenant bien soin de s'essuyer la bouche au cas où.

Le gars devant eux était presque aussi grand que large, la face rouge et le nez écrasé, ses mains plongées dans les poches arrières de son uniforme. Les poches avant devaient probablement être trop difficiles à atteindre. Ses quatre acolytes répartis en cercle autour de lui affichaient tous le même air bovin.

Percy haussa un sourcil provocateur.

— Eh mec. On peut savoir ce que nous vaut l'honneur de la visite de M. Porc ?

Ouais, bon, pas terrible.

— Tiens donc, tu n'as aucune répartie brillante au point de m'attaquer directement sur ma masse corporelle ?

— Je faisais pas allusion à ta « masse corporelle »…

M. Porc grogna, ce qui accentua encore plus sa ressemblance avec le petit animal rose.

— On va voir si tu fanfaronneras toujours autant quand ta potion t'explosera à la figure.

Sur ce, il pénétra dans la salle de classe suivi de sa cour, le menton pointé en avant dans un geste d'arrogance.

— Potion ? demanda Percy. C'est ce qu'on a maintenant ?

— Je ne suis même pas surprise que tu ne saches pas quel cours on a, soupira Annabeth.

— Tu me connais si bien que ça ?

— Non. Mais quand on est sorti de la Salle Commune, tu as pris un escalier pour monter.

— Et ?

— Et, expliqua-t-elle comme si elle s'adressait à un débile mental, les cachots sont en bas.

— Comment tu peux en être sûre ? Ils auraient pu avoir de l'originalité et placer les cachots en haut. C'est pas ce qu'ils font d'habitude ?

— Non. Tu confonds avec les donjons des contes de fées.

— Quelle est la différence ?

— Vos conversations prennent vraiment des tours inattendus, émit une voix derrière eux.

Shacklebolt les observait, une lueur amusée dansant dans ses yeux bleus marines. Ses piercings aux nez, aux sourcils et aux oreilles diffusaient un pâle éclat dans la pénombre du couloir.

Percy aimait bien Shacklebolt. Il avait l'air d'être le genre de gars serein et solitaire, laissant traîner ses oreilles un peu partout mais n'intervenant qu'en cas de besoin. Il semblait parler principalement à Fred et Roxanne Weasley, sans pour autant être toujours fourré avec eux, et par là même dégageait une sorte d'indépendance confiante.

— Vous n'auriez pas dû défier Slughorn, remarqua-t-il.

— Tiens donc, M. Porc a un nom ?

Shacklebolt étouffa un rire alors qu'Annabeth fronçait les sourcils.

— Il est fort en Potions ?

— Il n'est pas seulement fort, intervint Josh. C'est le meilleur en potions. Son grand-oncle a été prof dans cette matière à Poudlard pendant des années.

— Autant dire que vous, qui n'avez jamais étudié les potions et venez de découvrir la magie, n'avez aucune chance de le battre, renchérit le jeune homme aux cheveux bleus.

— Ça sent l'optimisme à plein nez par ici, ironisa Percy.

— J'aurais plutôt dit la chaire morte, ricana James Potter en les bousculant.

Lui et Spinnet bloquaient l'entrée des cachots. Ils se croyaient probablement malins, avec leurs sourires ridicules aux lèvres. Les trois amis soupirèrent de concert, agacés.

— C'est la première fois que je vois un zombie, cru bon d'ajouter Spinnet.

Et soudain, tout se passa très vite. Un instant, Spinnet et Potter se tenaient tranquillement devant eux, les mains dans les poches (celles de devant, pas comme Slug'), la seconde d'après Potter gémissait de douleur en se tenant l'entrejambe tandis que Spinnet essayait vainement d'arrêter le saignement de son nez.

Percy sentit une bouffée d'affection monter dans sa poitrine alors même qu'Annabeth se frottait les mains d'un air satisfait.

— Ça, c'est fait…

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o0o0o0o

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— Ton amie est terrifiante.

Percy releva les yeux vers Shacklebolt. Ce dernier coupait des racines de… de truc, tandis que lui-même était chargé de donner le nombre exact de graines, et peser les ingrédients d'une façon générale. Il s'avéra que Percy était absolument catastrophique en Potions, sa dyslexie ne l'aidant en rien pour décrypter la recette. En une heure de cours, il avait réussi à faire exploser le chaudron trois fois, chacun d'une couleur différente. Au bout du troisième, ils étaient couverts de ce qui ressemblait terriblement à du vomi (et en avait assurément l'odeur) et Shacklebolt décida de le coller à la lecture de la recette, en lui disant que ses problèmes de lecture ne pouvaient pas être pires que ses problèmes de cuisine. Ainsi Percy découvrit que Shacklebolt avait beau être tolérant, il n'avait pas la patience infinie. Dommage.

Annabeth et Josh, juste devant eux, s'en sortaient un peu mieux. Ils n'avaient fait exploser le chaudron qu'une seule fois, et la jeune fille possédait toujours son droit à concocter. Enfin, elle remuait la potion, quoi.

— Absolument, répondit finalement Percy.

— Vous vous connaissez depuis combien de temps ?

— Hier.

— Sérieux ?

Shacklebolt parut surpris, limite choqué.

— Euh, ouais. On s'est rencontré dans le train.

— C'est marrant. On dirait que vous vous connaissez depuis quelques années déjà.

— Vraiment ? s'étonna Percy.

— Hm. Il y a une sorte de complicité entre vous, qui donne cette impression. Je suppose que je me trompais.

Songeur, Percy contempla Annabeth. Celle-ci dû le sentir, car elle se retourna et lui sourit.

— T'inquiète pas, mec. J'ai aussi cette impression-là.

— Au fait, tu n'étais pas censé avoir une meilleure note que Slughorn ? Attention, tu as confondu la poudre d'asphodèle avec celle de Perlimpinpin.

Percy grimaça.

— Ça va, je viens de commencer. Je suppose qu'il peut bien attendre un ou deux mois que je chope le coup de main, non ? Et comment tu différencies ces deux poudres ?!

— Pour l'instant, tu as surtout un trou noir à la place du talent. Celle de Perlimpinpin est légèrement dorée tandis que la poudre d'asphodèle a la couleur…

-… du soufre. (Percy frissonna en se remémorant l'un de ses premiers cauchemars) Compris. Pourquoi un trou noir ?

— Tu es tellement nul qu'on dirait que tes maigres connaissances sont aspirées peu à peu.

— Tu es en train de dire que ce que je fais est de pire en pire ?

— C'est ça.

— Tu t'es concerté avec le chapeau pourri pour me faire remarquer mes lacunes intellectuelles ou ?

— J'ai pas besoin du Choixpeau pour ça, rit Shacklebolt.

Ouh, dur.

— Si Chase et toi êtes Américains, pourquoi vous n'êtes pas à Ilvermorny ? reprit son partenaire après un moment de silence où Percy avait failli se couper les doigts en jouant avec un couteau.

Percy ne savait pas ce qu'était Ilvermorny, mais il supposa qu'il s'agissait de l'école de Sorcellerie américaine.

— Aucune idée.

En fait, il se posait la même question.

— Probablement qu'ils ne voulaient pas s'occuper de deux boulets comme nous à la magie tout juste existante, s'incrusta Annabeth en surgissant soudainement devant eux.

— On t'a pas vue approcher, constata Shacklebolt d'un ton pourtant tout à fait serein.

— En fait, Percy m'a vue, mais il a fait comme si.

— Décidément, rien ne t'échappe, Puits de Sagesse.

— Qu'est-ce que tu veux dire par « magie tout juste existante » ? questionna le jeune aux cheveux bleus pour les recentrer sur le sujet.

— C'est ce qu'a dit Mondingus Fletcher, mon tuteur lors de mon séjour à Londres. Que notre magie était tellement faible qu'on n'avait pas jugé utile de nous instruire avant.

— Qu'est-ce qui a fait changer d'avis la directrice ?

C'est dingue, tout le monde posait cette question ! Percy commençait à en avoir sérieusement marre, aussi décida-t-il de raconter un demi-mensonge.

— J'aimais pas ma famille, balança Annabeth tout en délicatesse.

— Je me suis fait renvoyé de toutes mes écoles précédentes.

— Ouah. Je compatis pour Chase, mais toi Jackson, t'as fait quoi pour te faire renvoyer à chaque fois ?

Percy haussa les épaules et commença à ranger ses affaires.

— Je sais pas… Il m'arrivait des trucs bizarres à chaque fois.

Ils entendirent clairement Slughorn et sa bande éclater de rire à l'énoncé de cette phrase. Manifestement, les Serpentards étaient déjà prêts à partir et se tenaient non loin d'eux, dans le but de saisir quelques infos. De vraies mamies.

— Qu'est-ce que tu veux dire ? s'empressa de demander Shacklebolt, dans le but d'éviter un autre affrontement.

Percy sourit. Son partenaire allait être déçu : c'était l'heure de la revanche.

— Eh bien, en CE2 il y avait ce bonhomme avec un chapeau et j'aurais juré qu'il n'avait qu'un seul œil. Mais maintenant que j'y pense, je me souviens aussi d'un homme vachement gros avec du rouge à lèvres et une jupe qui m'a abordé en CM2.

Une étincelle malicieuse s'alluma dans les yeux d'Annabeth lorsqu'elle saisit sa manœuvre.

— Ça ne devait probablement qu'être le père de Slughorn.

— Ouh dur.

— Grave. Comparer un cyclope au père de Slughorn.

Un quoi ? Peu importe.

— Pauvre cyclope.

— Enfin, tel père tel fils, conclut Annabeth en ricanant.

Elle risqua un coup d'œil. M. Porc était vert de rage, alors même que ses "amis" se retenaient tant bien que mal de glousser. Josh, qui avait assisté à l'échange de loin, les rejoignit la tête rouge comme une écrevisse tellement il se retenait d'exploser de rire, et ils quittèrent la salle d'un air conquérant.

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o0o0o0o

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Le mois de septembre fila à la vitesse de l'éclair pour les Poudlariens alors que les journées commencèrent à se rafraîchir un peu trop au goût des Américains, habitués à un climat bien plus océanique et doux. Josh commença à s'inquiéter de leurs capacités à passer l'hiver quand il les vit pour la première fois avec leurs uniformes d'hiver quand tout le monde conservait celui d'été.

De plus, il avait constaté assez rapidement que Percy comme Annabeth avaient un don catastrophique pour tout ce qui nécessitait la magie, et les deux jeunes sorciers devaient fournir le triple d'efforts de ce qui était prévu pour simplement lancer un sort sans faire exploser le bout de leur baguette. Ou leur cible, ce qui se révéla quelque peu gore quand ils s'étaient essayé à la métamorphose d'une souris blanche en tasse de porcelaine. Ils n'osèrent jamais avouer à McGonagall pourquoi il manquait une souris dans sa réserve, ni pourquoi la poubelle de la classe sentit affreusement mauvais durant une journée entière. Mauvaise surprise pour les elfes de maisons.

Percy, Annabeth et Josh descendirent plusieurs fois aux cuisines, et se fichèrent bien de la gueule de l'Américain quand celui-ci commanda des pancakes bleus pour la première fois. Percy avait simplement répondu que c'était une histoire avec sa mère, tout comme pour sa chauve-souris, et ses deux amis n'avaient plus jamais posé de questions à ce sujet. Le jeune homme leur en était reconnaissant, et même s'il n'avait absolument pas envie d'en parler, il allait bien falloir un jour qu'il leur raconte son histoire, surtout que ses amis semblaient se douter de quelques chose.

Aucun des deux ne posa de questions non plus lorsque Annabeth écrivit une lettre à sa famille pour la première fois, tandis que Percy resta simplement silencieux, assis sur une chaise à contempler le vide de ses yeux cernés.

Les cauchemars du jeune homme s'étaient calmés sans pour autant s'arrêter, et puisque Percy conservait son teint de zombie, les deux autres Gryffondors décidèrent d'un commun accord de ne rien dire tant que son état ne s'aggravait pas, et de lui laisser du temps. L'adolescent ne souriait pas beaucoup et riait encore moins souvent malgré les ricanements qu'il adressait tantôt à Potter et Cie, tantôt à Slughorn et sa clique.

Il fallait dire aussi que ses deux groupes ne cessaient de le chercher, en l'insultant soit de zombie, soit de moldu (probablement en référence à leurs lacunes magiques). La première fois que Slughorn leur avait balancé ça, à Annabeth et lui, ils l'avaient juste regarder d'un air dégoûté.

— Je viens de découvrir un tout nouveau genre de racisme, avait constaté la blonde, un mépris suprême peint sur le visage.

Josh n'avait pas ouvert la bouche et ils avaient simplement passé leur chemin, préférant ne pas répondre à des insultes d'aussi bas étages.

Cet épisode était arrivé après l'un de leurs cours de soutien, pendant qu'ils se dirigeaient morts de fatigue vers la tour des Gryffondors. Les cours renforcés leur prenaient le peu de force qu'il leur restait à chaque fin de journée, et ils finissaient leurs montagnes de devoirs avec difficulté. En particulier dans le cas de Percy qui avait accumulé de mauvaises habitudes de travail suite à ses multiples renvois. Josh faisait de son mieux pour les aider, accompagné parfois par Fred et Roxanne Weasley.

Cependant, au fur et à mesure, deux types de personnes s'étaient plus ou moins détachés. D'un côté ceux qui se mirent à mépriser les Américains pour leur côté « presque moldu », clamant au favoritisme pour avoir réussi à entrer à Poudlard malgré leur nullité dans tout ce qui touchait à la magie. De l'autre côté, les membres de la gente féminine ou masculine, qui se rendirent compte que Annabeth était quand même vachement pas mal, et que le contraste sombre et moqueur (voire insolent) de Percy le rendait extrêmement attirant. Faut dire aussi que ses abdos n'y étaient peut-être pas pour rien. Si Annabeth remarqua immédiatement ses admirateurs ainsi que celles de Percy, il n'en fut pas pareil pour l'Américain et la jeune fille se fit un devoir de lui ouvrir les yeux, lors d'un vendredi soir sur le chemin de retour vers leur Salle Commune.

— Hein ? bredouilla Percy après qu'elle lui a expliqué la situation. N'importe quoi.

Il eut un violent frisson lorsqu'un coup de vent s'engouffra dans le couloir, à peine éclairé par quelques torches. Décidément, ce château lui paraissait bien sombre, et ce dans les deux sens du terme. Peu à peu, il avait fini par se repérer parmi les longs corridors et les escaliers étroits, mais Percy supposait que le château était bien plus grand qu'il n'y paraissait et il redoutait toujours de se perdre dans l'un de ses sombres couloirs sans fin.

— Sérieusement, Cervelles d'Algues ?

— Écoute, j'ai remarqué pour ceux qui te courent après, mais honnêtement je ne vois pas pourquoi quiconque s'intéresserait à moi. T'as vu ma tronche ? continua en pointant ladite tronche. J'ai une tête de déterré.

— Justement ! s'énerva Annabeth. C'est ça qui leur plaît !

— Les mecs pas frais ? T'es sûre de toi, là ?

— Mais non, Percy ! Ce qui leur plaît, c'est ta tête de héros de tragédie ! Je ne sais pas, elles doivent penser que tu portes un quelconque fardeau sur tes épaules et que tu ne dis rien par désespoir !

Annabeth secoua ses boucles blondes et souffla pour montrer son agacement. Percy sut immédiatement qu'il allait le regretter, mais sa bouche fut plus rapide que son esprit :

— Et qu'est-ce qui te dit que ce n'est pas le cas ?

Annabeth se stoppa en plein milieu du couloir pour le dévisager, alors même que le jeune homme n'osait pas se retourner. Il n'avait pas envie d'avoir cette conversation, pas maintenant, peut-être jamais.

— Désolé, chuchota-t-il, oublie ce que je viens de dire.

Mais la jeune fille lui attrapa le bras et le força à lui faire face. Elle eut un léger mouvement de recul lorsqu'elle croisa le regard brillant de son meilleur ami tandis qu'un mélange diffus de pitié et de compassion se lut dans ses yeux gris orageux. Mais Percy ne voulait pas de sa pitié.

— Quand va-t-on avoir cette conversation ? demanda-t-elle. Percy, je ne suis pas aveugle. Je sais bien que tu souffres, et cela même sans tes cauchemars. Je sais bien que c'est en rapport… avec ta mère, termina-t-elle dans un murmure.

Le jeune homme se dégagea doucement.

— Désolé Annabeth. Pas aujourd'hui.

Il se détourna et repris son chemin.

— Alors quand ?! l'entendit-il crier derrière lui. Josh et moi avons passé un mois entier sans rien dire, mais ça ne signifie pas que tu n'as pas besoin d'en parler ! Alors quand ?! Quand vas-tu enfin t'ouvrir à nous ?!

— J'EN SAIS RIEN, OK ?!

Les mots sortirent de sa bouche sans qu'il ne cherche à les arrêter, dans une forme plus brutale, plus violente que ce qu'il avait voulu au premier abord. La colère avait commencé à prendre le contrôle de ses actions, et il luttait pour la contenir au ton de sa voix, pour l'empêcher de commettre une erreur. Bien que Percy n'avait aucune idée de ce qui pouvait être pire que de hurler sur Annabeth.

— J'EN SAIS RIEN, ET J'EN SAURAIS PROBABLEMENT JAMAIS RIEN ! JE N'AI PAS ENVIE D'EN PARLER, POINT ! ET SI ÇA TE DÉRANGE TANT QUE ÇA, QUE JE NE TE RACONTE PAS LES MOINDRES DÉTAILS DE MA PETITE VIE MOISIE, NE T'OCCUPE PLUS DE MOI ! C'EST CLAIR ?

Il s'arrêta pour reprendre son souffle. En face de lui, Annabeth le contemplait avec de grands yeux effarés, la bouche ouverte, sans un seul son en sortant. Elle semblait figée là, au beau milieu du couloir, le fixant de ses beaux yeux gris, et Percy s'en voulut. Terriblement. Honteux et triste, il n'attendit pas sa réponse et la planta là, sans un seul regard de plus.


Voilà, j'espère que ça vous a plu ! Pour répondre à la question de CrazyWizard, l'histoire se passe avec la next-gen. Bientôt, vous verrez plus de membres de la famille Weasley. N'oubliez pas de laisser une petite review si ça vous a plu :) !