Miss Homme Enceinte 2 : Merci beaucoup à toi pour toutes tes idées de noms pour la fille de Pocahontas et John Smith. Ce chapitre lui sert d'introduction. J'espère que le personnage te plaira.
Zarbi : Merci de suivre ma fanfic. J'espère que tu aimeras ce premier chapitre ;)
Ce matin en Virginie, la douce fraîcheur du vent pénétrait délicatement à l'intérieur des huttes du village. Dans l'une d'elles, un couple dormait paisiblement. C'est d'abord John qui fut réveillé par les agréables caresses de l'air du vent sur son visage. Il poussa un léger soupir, profitant de cette magnifique sensation et du bien que cela lui faisait. En ouvrant les yeux, il vit sa femme dormir près de lui, la tête posée sur son épaule. Il la contempla. De jour ou de nuit, debout ou endormie, Pocahontas était la plus belle et la plus aimante des femmes qui puisse exister.
Depuis leurs retrouvailles, après des mois de séparation, ils s'étaient mariés sans plus attendre. Ce jour avait été le plus festif que le village avait connu depuis longtemps. Depuis, John portait au bras le même tatouage que Pocahontas, en symbole de leur union. Il faisait officiellement partie de la tribu. Quelques mois plus tard, ils donnèrent naissance à une fille. La première enfant née d'une amérindienne et d'un anglais. Elle avait de longs cheveux blonds, la peau métisse, de magnifiques yeux bleus, et portait le même tatouage au bras que ses parents.
Étant l'enfant de deux âmes pures qui ont empêché la guerre et réconcilié leurs peuples, ils lui donnèrent le nom d'Harmony. Elle symbolisait à elle seule la paix et l'équilibre d'entente entre les deux peuples auxquels appartenaient ses parents. Dans le village, tout le monde l'aimait. De part sa douceur, sa gentillesse, sa générosité, son courage et son humilité, elle était comme un ange parmi les vivants. Rien que son existence écartait tous risques de conflit entre sa tribu et les colons anglais. Même ces derniers la considéraient presque comme un miracle de Dieu.
Harmony se leva sans faire de bruit et laissa ses parents prendre le temps de se réveiller. Quant à elle, elle aimait se lever tôt pour admirer les couleurs du ciel matinal. Soudain, elle fut joyeusement surprise de voir Flit et Meeko la rejoindre et leur fit des caresses à chacun. Le village reprit vie progressivement, chacun se préparant pour ses habitudes quotidiennes. Les autres enfants du village étaient là, eux aussi.
« Harmony ! Tu viens jouer ? »
La jeune fille courut rejoindre ses amis, suivi de Flit et Meeko. Pocahontas se tenait près de la porte, à observer sa fille en train de jouer. John vint près d'elle et passa son bras autour sa taille.
« Eh bien, notre fille a l'air d'être au mieux de sa forme ce matin. » Dit John.
« Parce qu'elle a hérité de ton endurance. » Répondit Pocahontas.
« Notre endurance, tu veux dire. »
Pocahontas rit alors que John l'enveloppait plus dans ses bras pour l'embrasser. Il n'avait pas tout à fait tort. Harmony avait bien hérité du courage et de l'énergie de ses parents. Elle était ce qu'ils avaient de plus précieux en ce monde. Et jamais ils ne sauraient comment remercier les esprits pour leur avoir offert si généreusement cette enfant.
Pendant ce temps, à Londres
En général, quand un prisonnier est en fuite, la première idée qui lui vient à l'esprit est de quitter la ville pour aller se cacher dans la nature. Mais ça n'était pas le cas de Ratcliffe. La tête encapuchonnée, l'ancien gouverneur errait dans les plus misérables quartiers de la capitale, à la recherche d'un endroit en particulier. Il n'y avait encore jamais mis les pieds, mais en avait largement entendu parler. Une auberge réservée aux pires marins de la ville. Ces hommes, bien que compétents dans leur métier, étaient de vraies ivrognes qui avaient pour habitude d'employer des méthodes peu orthodoxes. À tel point que tout le monde les qualifiait de vrais pirates. Mais surtout, ils avaient eux aussi une haine profonde envers les amérindiens. Là-bas, Ratcliffe espérait bien trouver des hommes simples d'esprit qui seraient partant pour l'aider à retourner en Virginie. Encore fallait-il parvenir à les convaincre.
L'ex-gouverneur finit par trouver l'auberge en question. Quand il entra à l'intérieur, l'ambiance était exactement celle à laquelle il s'attendait : les marins étaient complètement ivres. Certains se battaient entre eux, d'autres faisaient les marioles en dansant n'importe comment, en chantant atrocement faux, ou en se balançant sur le lustre en bois… avant de le faire tomber. Bref, des sauvages d'un tout autre genre. Autant le dire tout de suite, Ratcliffe se sentait mal à l'aise au beau milieu de ses guignols hors de contrôle. Pour un homme politique ayant été élevé au sein de la haute société, ça pouvait se comprendre. L'ancien gouverneur se fraya un chemin jusqu'au bar et prit place sur un des longs tabourets qui étaient à disposition des clients.
« Holà, tavernier. Un verre de vin, je vous prie. » Dit Ratcliffe.
Le tavernier prit une bouteille de son meilleur vin. Quelle chance pour Ratcliffe, c'est exactement celui qu'il préfère. De quoi se soulager la gorge avec toutes ces années à ne boire que de l'eau. Le tavernier lui apporta son verre. L'ex-gouverneur en but une gorgée et prit le temps de savourer le goût de la boisson.
« Vous, vous n'êtes pas du coin. Je me trompe ? » Demanda le tavernier par curiosité.
« On ne peut rien vous cacher, mon ami. » Répondit Ratcliffe en révélant discrètement son visage.
« Mais vous êtes… le Gouverneur Ratcliffe ?! »
Il salua le tavernier surpris d'un signe de tête, de la même façon que les gens nobles. Non loin de là, deux marins, un peu moins ivres que les autres, firent volte-face vers l'ancien gouverneur assis au bar.
« Mais qu'est-ce que vous faîtes ici ? » Demanda le tavernier.
« Je me cache, comme tout fugitif qui se respecte. »
« Bon sang, avez-vous la moindre idée de ce que je risque si on découvre que je cache un prisonnier en cavale dans mon auberge ? »
« Inutile de vous inquiéter pour autant. Je n'ai pas spécialement l'intention de rester dans cet endroit sordide. Du moins, pas avant d'avoir eu ce que je suis venu chercher. »
Les deux marins se levèrent pour rejoindre le bar. Chacun d'eux s'asseya à côté de Ratcliffe.
« La dernière fois qu'un prisonnier en fuite a eu l'idée de se planquer ici, nous sommes allés directement avertir la garde royale. »
« Oh oui. Et ils nous ont bien récompensés. »
« Ça n'a pas dû être une somme très énorme pour de braves marins dignes de ce nom… alors qu'on peut avoir toutes les richesses du monde entier en un éclair dans sa main. » Dit Ratcliffe.
« Si c'est du chantage que vous essayez de faire, ça ne marche pas avec nous, Gouverneur Ratcliffe. »
Le fait d'avoir prononcé à haute voix le nom de Ratcliffe a eu pour effet de faire tourner tous les regards vers lui. L'ambiance devint silencieuse. Pour nos marins dénonciateurs, c'était leur jour de chance… pour Ratcliffe aussi d'ailleurs. Maintenant qu'il pouvait obtenir l'attention de tout le monde, il tourna sur sa chaise pour s'adresser aux marins.
« Messieurs, je ne vous cache pas mon dégoût de voir des marins aussi qualifiés soient-ils sombrant dans une pareille misère. Jamais une seule fois les gens, pas même le roi, vous ont reconnu pour vos remarquables compétences. C'est tout bonnement injuste, n'est-il pas ? Ne croyez-vous pas qu'il est grand temps de leur montrer ce que vous valez réellement ? Pour commencer, je sais que vous rêvez d'en finir avec ces maudits païens d'indiens. Eux, qui possèdent des terres riches et exploitables, mais qui n'en font rien. Et ils ne veulent jamais les laisser à ceux qui savent quoi en faire. Tous ces fiascos dont le roi nous accuse, en vérité, ce sont les indiens, les vrais responsables de tous nos malheurs ! Nous aurions pu y arriver si on nous avait laissé une seconde chance. Mais non ! À présent, imaginez la gloire qui pourrait nous ouvrir les portes si nous réussissions. Pensez à tout l'or du monde qui pourrait être entre nos mains… en un claquement de doigt. Tout cela peut devenir possible si vous acceptez de vous joindre à moi. Ensemble, repartons pour le Nouveau Monde exterminer la vermine récolter les profits et retrouver l'honneur et la dignité qui nous reviennent ! »
« Et vous croyez vraiment qu'on va avaler vos sottises ? »
« Va faire nunuche ailleurs, gros lard ! »
« Bonne chance pour que ton vœu s'exauce, gouverneur de mes fesses ! »
« Sous prétexte qu'on boit, il a cru pouvoir nous manipuler. »
Moqueries, sifflements, pointages d'index et autres gestes d'humiliation furent envoyés à l'encontre de Ratcliffe. Ce n'était pas gagné. La réaction des marins lui remémora la fois où l'équipage de la Virginia Company l'avait fait débarquer devant la Cour du roi où il fut accusé de ses actes. Le roi ne mit pas longtemps à rendre son verdict : la prison à vie. La garde royale avait par la suite emmené Ratcliffe à la Tour de Londres, sous les moqueries et indignations des représentants de la Couronne et du peuple Londonien. Il n'avait jamais connu pareille humiliation de toute sa vie.
C'en était trop. La colère amplifia l'esprit de l'ancien gouverneur. Son visage arbora une expression agressive presque à en faire peur. Quand les marins croisèrent son regard, ce qui suivit était impossible à expliquer. L'ambiance moqueuse s'apaisa en un rien de temps, laissant place à une foule de visages ébahis et d'yeux écarquillés. Sur le visage de Ratcliffe apparut l'image d'une tête de serpent en or dont les yeux rouges luisant tournoyaient. Tous les marins étaient comme hypnotisés. Était-ce une hallucination ? En tout cas, ce qu'ils virent était une présence bien réelle. Une voix se mit à leur parler :
~Vous allez lui obéir au doigt et à l'œil ! Le gouverneur doit retourner en Virginie ! Ne vous gâchez pas le plaisir d'en finir avec les indiens. Sans oublier la récompense qui vous y attend.~
Puis tout sembla redevenir normal. Les marins reprirent leurs esprits, quoique quelque peu confus. Ils changèrent soudainement d'avis et acceptèrent finalement de suivre Ratcliffe dans son expédition. Stupéfait et quelque peu confus par ce qui vient de se produire, Ratcliffe ne s'en soucia pas d'avantage puisqu'il avait enfin trouvé l'équipage d'imbéciles parfaits qui l'aideraient à retourner en Virginie. Sa vengeance avançait à pas de géants.
Sincèrement désolé pour ce long moment d'attente. Entre le manque d'inspiration et mes fanfictions sur Les Légendaires qui me prenaient plus la tête, ce n'était pas facile. Mais bon, j'y suis enfin arrivé. J'en ai également profité pour corriger quelques passages dans le prologue, afin d'éviter toute incohérence. La suite mettra plus en avant la fille de Pocahontas et John Smith. Ça n'a d'ailleurs pas été une mince affaire de lui choisir un nom. J'ai longuement hésité entre plusieurs noms amérindiens avant de prendre finalement Harmony. Merci, et à bientôt pour la suite !
