Salut tout le monde ! Voilà enfin le second chapitre. Avant de commencer, je tiens à remercier Miss Homme Enceinte 2, devenue Miss MPREG, pour les prénoms amérindiens. Afin de ne pas se mélanger les pinceaux :

Filles : Luyana, Abeytu, Kateya, Migina, Chimalis et Ozalee.

Garçons : Ahanu Samoset, Mahigan et Chepi.

J'ai eu peu d'inspiration pour ce chapitre et espère me rattraper sur les suivants. Bonne lecture !


Les enfants allaient souvent jouer dans une petite clairière non loin du village. Dans cette même clairière, se trouvait une paroi rocheuse sur laquelle ils aimaient bien peindre et dessiner. C'était leur tableau à dessin. Et aujourd'hui, Harmony fit un bien étrange dessin, représentant la silhouette d'une femme arborant un accoutrement peu commun.

« Que dessines-tu, Harmony ? » Demanda Migina.

« Vous vous souvenez quand mon père nous racontait pleins de choses sur l'Angleterre ? Il disait que les dames de là-bas s'habillent toutes comme ceci. » Répondit la jeune princesse de 12 ans.

Les enfants observèrent le dessin d'Harmony avec étonnement. L'un d'eux, Chimalis, une fille plus jeune, voulut imiter le dessin à sa propre manière, en ajoutant quelques détails en plus.

« Les dames anglaises s'habillent toutes comme ça ? » Demanda Samoset.

« Ça ne doit pas être facile de se déplacer avec des vêtements aussi gros. » Dit Kateya.

« Je vois mal comment elles pourraient faire deux pas sans trébucher. Surtout quand elles ne voient pas le bout de leurs pieds. » Dit Abeytu.

« Un truc pareil doit être encombrant. » Dit Luyana.

Tandis que les autres continuèrent de donner leur avis, Harmony vit le dessin de la petite Chimalis. Elle le trouva vraiment très beau. Les détails qu'elle avait ajouté lui donnèrent une idée.

« Y a qu'à vérifier. » Dit Harmony en allant ramasser des feuilles. « Avec un peu d'imagination, comme le fait Chimalis, on peut rendre ça encore plus joli. Qui est partant pour essayer ? »

Abeytu se porta volontaire. Les enfants se mirent à travailler ensemble afin de recréer le design d'une robe anglaise en se basant sur les dessins d'Harmony et Chimalis. Chacun prit soin de récolter des feuilles qui se trouvaient déjà par terre, car il était important de ne pas les arracher des arbres. Leur tribu respectant la nature comme chaque être vivant, arracher directement une feuille ou une branche d'un arbre serait comme blesser un être vivant.

« Alors ? De quoi j'ai l'air ? » Demanda Abeytu.

« Ma foi, tu as tout d'une anglaise. » Répondit Harmony.

« Mmh… Tu as plutôt l'air de porter un gros camouflage ridicule. » Dit Ahanu.

Abeytu fit la moue suite à la remarque idiote d'Ahanu. Dire des bêtises était sa spécialité.

« Et toi, Percy, qu'en penses-tu ? »

Percy, qui avait une meilleure expérience en manière de mode anglaise, examina la robe avec un air laissant supposer un avis plutôt mitigé. Après ça, Harmony aida Abeytu à se débarrasser de sa robe végétale.

« En fin de compte, qui que nous soyons, nous sommes mieux en étant nous-mêmes. »

« J'ai une meilleure idée : et si on habillait ton raton-laveur Meeko ? » Dit Migina.

« C'est vrai. Des vêtements, il n'en porte jamais. » Dit Mahigan.

Meeko, qui ne semblait guère apprécier cette idée, commença à reculer en arrière pour échapper aux jeunes amérindiens. Mais il se fit soudainement attrapé dans les bras d'Harmony. Le raton-laveur se débattait, tout en prenant garde de ne pas griffer son amie.

« Allons, Meeko. Ne sois pas peureux. Ça ne fait aucun mal, tu verras. »

Avec ce qu'ils venaient de ramasser, les enfants sur ruèrent pour enfiler et attacher les feuilles d'arbres sur le pauvre raton-laveur qui tentait de se débattre en vain, sous leurs rires amusés. Observant toute la scène en volant, Flit ne put s'empêcher de rigoler, lui aussi. Mais beaucoup moins lorsqu'Ozalee l'attrapa par surprise pour l'ajouter comme accessoire de décoration. Une fois terminé, Harmony relâcha Meeko avec ses nouveaux habits. Le pauvre raton-laveur ne se sentait vraiment pas à l'aise dans ce déguisement grotesque. Même Percy eut du mal à retenir son rire.

« Là par contre, il a plus l'air d'un gros tas de feuilles sur patte. » Dit Ahanu.

Pas content, Meeko ne tarda pas à s'en débarrasser. Puis il partit bouder dans son coin sous les rires des enfants. Harmony alla se réconcilier avec lui.

« Voyons, Meeko, c'était juste pour plaisanter. Nous aussi on t'aime comme tu es. » Dit-elle en le caressant.

Elle lui chatouilla le ventre, faisant rigoler son ami raton-laveur. Puis ils firent la paix en faisant un gros câlin.

« Tout ça, ça m'a donné chaud, pas vous ? » Dit Samoset en s'essuyant le front.

« Tu as raison. La chaleur est plus forte de jour en jour. » Répondit Luyana.

« Dans ce cas, pourquoi n'irions-nous pas nous baigner près de la cascade ? » Dit Kateya.

Tout le monde semblait partant pour une baignade. Les enfants coururent jusqu'au sommet de la cascade. De là-haut, c'était l'un des meilleurs endroits pouvant offrir une vue magnifique sur la région. Les couleurs du paysage rayonnaient de beauté. C'est Chepi, le plus jeune garçon, qui arriva le premier au sommet. Sauf que ce dernier avait le vertige et refusait de sauter.

« C'est trop haut. Je ne veux pas sauter ! » Dit Chepi, très anxieux.

« Allez, Chepi, courage ! » Dit Ozalee.

« On ne va pas y passer la journée. Alors sois un homme ! » Dit Ahanu.

Les autres insistaient plutôt que de l'encourager. Chepi n'était pas prêt du tout. C'est alors qu'il sentit une main posée sur son épaule. Le garçon se retourna pour voir Harmony lui adressant un doux sourire.

« N'oublie pas que d'autres l'ont fait avant toi. Si eux y sont parvenus, tu peux le faire, toi aussi. » Dit-elle d'une voix douce.

Chepi regarda à nouveau en bas. Mais voyant la hauteur, il recula aussitôt.

« Non, j'ai trop peur ! »

« Prends d'abord une grande inspiration, puis expire. Si tu veux, on saute tous les deux en se tenant la main. »

Chepi hésitait encore et se racla la gorge. Soudain, le vent souffla une légère brise. Le petit garçon la sentit. Il devint alors plus serein. Chepi accepta de prendre la main d'Harmony. Tous les deux prirent de l'élan puis coururent pour sauter. Ils réussirent un parfait plongeon.

« Venez ! L'eau est super bonne ! »

Et tous les autres prirent le courage de sauter, les uns après les autres. Ils nagèrent et s'amusèrent à s'éclabousser. En ce temps d'été où la chaleur était assez forte, il n'y avait rien de mieux pour se rafraîchir. Harmony replongea dans l'eau puis nagea jusqu'au fond. Les poissons nagèrent aussi à ses côtés. Soudain, la jeune princesse distingua quelque chose venant du pied de la paroi rocheuse. Ça ressemblait à l'ouverture d'un passage d'où émanait une mystérieuse lumière jaunâtre. Intriguée, Harmony voulu explorer cela de plus près. Mais manquant d'oxygène, elle dû remonter à la surface. Alors qu'elle reprenait son souffle, il était temps de retourner au village, car les enfants devaient se rendre aux enseignements du chaman Kekata.

En sortant de l'eau, Harmony regarda la rivière une dernière fois. Elle se posait des questions sur la nature de la lumière qu'elle avait vue au fond de l'eau. Tout cela était étrange. Devrait-elle y jeter un œil ? En réponse, le vent souffla une légère brise qui vint caresser sa peau, faisant virevolter ses longs cheveux blonds. Grand-Mère Feuillage lui avait appris à comprendre les paroles du vent. À cet instant, le vent disait à la jeune princesse qu'il serait intéressant de découvrir où pouvait mener ce trou au fond de l'eau, ainsi que la source de cette mystérieuse lumière. Harmony sourit à l'idée de commencer cette exploration. Une nouvelle aventure l'attendait et elle était impatiente de l'entamer.

Derrière elle, la petite Chimalis courait pour rattraper le groupe. Harmony la devina près d'elle.

« Tu sais, Chimalis, j'ai vu ton dessin dans la clairière. Je voulais te dire que je l'ai trouvé vraiment très joli. »

« C'est vrai, Harmony ? Tu trouves qu'il est beau mon dessin ? » Demanda joyeusement Chimalis.

« Bien sûr. »

De loin, le chef Powhatan aperçut sa petite-fille en train de s'amuser avec ses amis. Cette image d'une Harmony si heureuse suffisait à lui réchauffer le cœur. Rien ne lui faisait plus plaisir que le bonheur de ses proches.

« Les esprits ont été si généreux de nous avoir offert cette enfant. Ma chère petite-fille rayonne de toute sa splendeur, comme à chacune de ses apparitions, nous apportant joie et réconfort. Puissent-ils veiller sur elle et notre village. »

Un des guerriers vint alors à sa rencontre.

« Grand Powhatan. Nous avons un problème. Les récoltes sont dans un état critique. »

Powhatan suivit le guerrier jusqu'au champ de maïs où ils y retrouvèrent sa fille Pocahontas, John et Nakoma. Les plantations de maïs étaient mortes asséchées et la terre était aussi sèche que celle d'un désert aride.

« La sécheresse s'abat sur l'ensemble du champ. Même les arroser ne suffit pas. Les récoltes sont impossibles. » Expliqua Nakoma.

« Père, que pouvons-nous bien faire ? Jamais nous n'avions connu une pareille sécheresse auparavant. » Dit Pocahontas.

« Et si l'eau transportée jusqu'ici ne sert à rien, je crains le pire. » Dit John.

Pas un seul maïs cultivable en vue. De ce fait, il devenait impossible de pouvoir récolter suffisamment de nourriture pour tout le village. La situation était alarmante.

« Nous chercherons une solution à ce problème. Mais si nous n'y parvenons pas, je crains hélas que nous ne soyons contraints de nous en aller vivre ailleurs, sur une autre terre plus fertile. » Dit tristement Powhatan.

Partir ? Pour aller où ? Ils avaient du mal à croire ce qu'ils venaient d'entendre. Quitter leur terre natale qui leur était si chère là où ont grandi leurs ancêtres. John aimait aussi cette terre tout autant que ceux de sa tribu. Mais si la chaleur refusait d'épargner leurs récoltes, où trouver de la nourriture ? Jamais le village ne pourrait vivre assez longtemps sans manger pendant plus de deux mois. John remarqua l'humeur craintive de Pocahontas.

« Abandonner le village c'est dire adieu à Grand-Mère Feuillage et à nos amis de Jamestown qui, eux aussi, seront contraints de partir, pour retourner en Angleterre. » Dit Pocahontas, le regard triste, montrant qu'elle n'était pas prête à accepter cela.

Personne ici n'était prêt à accepter cela.

« Ne t'inquiète pas, Pocahontas. À tout problème, il y a toujours un moyen de s'en sortir. On va y arriver. Fais-moi confiance. » Dit John en essayant de la réconforter.