Précédemment dans TA: Charlie a fait visiter la réserve à Harry, Luna et Elia.


Après avoir enfilé des vêtements secs, Harry et Elia s'installèrent à la table de la cuisine avec Luna, Rolf, une théière pleine de thé noir à la vanille et un jeu de cartes. Harry suggéra une partie de Bataille Explosive, puisqu'il s'agissait du seul jeu qu'il connaissait, mais ensuite Luna expliqua les règles du Pouilleux, et Rolf adora l'idée de jouer à un jeu moldu avec des cartes magiques - ou alors il prenait le parti de Luna par principe. Dans tous les cas, ils firent plusieurs parties de Pouilleux, jeu qui se révéla très distrayant, et chacun d'entre eux perdit précisément une fois, sauf Luna qui semblait immunisée contre la défaite.

Les cheveux d'Elia fumaient encore de la dernière partie quand Norbert Dragonneau rentra, ses bras minces entourant sa taille, plus décoiffé que jamais et semblant congelé.

"Bon-bonsoir," bégaya-t-il.

Les quatre jeunes adultes le regardèrent avec un degré d'inquiétude variable.

"Tu as encore oublié de jeter un sort de Chauffage?" demanda Rolf à son père, qui prit un air contrit.

"J'ai lai-laissé ma ba-baguette ici ce matin," expliqua Norbert en souriant quand Luna lui tendit une tasse de thé brûlant. "Oh, elle est là."

En effet, une baguette de frêne et de nacre à l'air fatigué dépassait du tiroir à couverts près de l'évier. Norbert la saisit dans sa main et la glissa dans la poche de son manteau bleu pour boire son thé. Grâce à la boisson brûlante, ses joues regagnèrent un peu de couleur. Et seulement là se décida-t-il à regarder ses deux invités d'un peu plus près.

"C'est Elia," annonça Luna, passant un bras autour des épaules de sa petite-amie.

"Ravie de te rencontrer enfin," la salua Norbert, posant sa tasse vide sur le plan de travail derrière lui. "Et?"

"Harry Potter, monsieur."

Norbert hocha la tête, comme s'il savait que le nom était important, mais qu'il ne savait plus pour quelle raison.

"Enchanté de faire votre connaissance, Mr Potter."

Harry nota à quel point Norbert semblait jeune pour avoir un fils de l'âge de Rolf. Il aurait juré qu'il n'avait pas plus de trente ans, même avec les minces rides autour de ses yeux.

"Tu as dessiné Njord aujourd'hui?" interrogea Luna, trouvant sans doute que les présentations traînaient en longueur.

D'un geste gracieux de sa baguette, Norbert conjura une cinquième chaise et prit place entre son fils et Luna, puis sortit de sa poche un carnet à la couverture de cuir rouge toute abîmée. Il le posa devant lui, et Luna se pencha aussitôt en avant.

"Regarde ses petites pattes myosotis," déclara-t-elle, ravie.

"Ils appellent ça nu-mă-uita ici," ajouta Norbert. "Elles vont foncer quand il va grandir. Comme des bleuets."

"La première fois que Luna m'a offert des fleurs, c'était des myosotis," Elia souffla à Harry. "On les appelle aussi ne-m'oublie-pas, tu le savais?"

Harry ne savait pas, et il secoua la tête, distrait.

"J'aimerais tant le voir voler," soupira Norbert. "Mais on sera repartis depuis longtemps."

Même si Harry n'était pas aussi passionné que Norbert, il pouvait se mettre à sa place. Si quelqu'un avait exigé qu'il rentre au Royaume-Uni incessamment sous peu, il aurait rechigné.

"On part quand, d'ailleurs?" Demanda Rolf, l'air ennuyé.

"Le Portoloin est demain après-midi," révéla son père, et Luna fronça les sourcils.

"J'aimerais bien rester un peu plus longtemps," dit-elle. "Je ne veux pas laisser Elia et Harry aussi vite."

"Fais comme tu veux, ma Lune, mais je vais sûrement devoir reprendre le Niffleur avec moi."

Les réactions de Luna et Elia à cette déclaration n'auraient pas pu être plus dissemblables, et Harry cacha son sourire amusé.

"Tu l'as dit à maman?" Demanda encore Rolf.

"Pas l'heure exacte, non. Tu la connais. Et je pensais qu'on pourrait faire un saut à Dortmund. Une amie qui y est allée le mois dernier m'a dit qu'elle avait vu un Lobalug dans le Rombergpark.

"Un Lobalug en Allemagne, vraiment? Et tu la crois?"

"Bien sûr," énonça-t-il doucement. "Je fais confiance à Yoselin. C'est elle qui m'a aidé à retrouver la trace d'un Wampus Cat aux États-Unis en 1982."

Du peu que Harry savait de cette espèce, c'était probablement une très mauvaise idée, mais un tendre sourire apparut sur les lèvres de Norbert en évoquant ce souvenir.

Rolf leva les yeux au ciel et marmonna quelque chose que son père ne prit pas la peine de faire répéter. Rolf lança ses cartes sur la table et se leva, sa chaise raclant contre le plancher.

"Je vais ranger mes affaires," annonça-t-il en quittant la cuisine.

Norbert avait un sourcil levé, qui fit penser à Harry que Rolf n'était pas toujours aussi désagréable. Peut-être était-il simplement triste de devoir quitter Luna et de rentrer seul avec son père - ce qui n'était pas une excuse, mais quand même.

Elia ajouta ses cartes aux autres et Harry utilisa sa baguette pour reformer une pile propre.

"J'enverrai un hibou à Sven demain matin pour lui dire que vous allez rester un peu plus longtemps tous les trois. Il n'y verra pas d'inconvénient, j'en suis sûr," dit Norbert, sans les regarder.

"Merci beaucoup," reconnut Elia. "Quelle heure il est?"

"Douze heures et demi avant le lever du soleil," répondit Luna, et Elia ne cilla même pas à la formulation pour le moins inhabituelle.

"Déjà si tard?"

"On a joué un moment." Harry haussa les épaules, trop fatigué pour en avoir quelque chose à faire.

"Charlie a proposé de nous offrir un verre au bar ce soir, est-ce que ça va si on rentre tard?" demanda Elia à Norbert.

Harry avait presque oublié, mais évidemment, pas Elia.

"Je vous fais confiance pour ne pas faire de bruit," répondit Norbert. "Je dirai à Rolf de ne pas trop boire, ou sa mère serait capable de l'ajouter à la liste de mes manquements."

Son mince sourire démentissait quelque peu ses propos.

"Je vais aller me doucher avant d'attraper froid."

"On va s'occuper du dîner," assura Elia, et Norbert quitta la cuisine sur un hochement de tête reconnaissant.

Pendant que Luna projetait des ombres variées sur le mur avec une bougie et une soucoupe, Elia et Harry inspectèrent le contenu des placards - ce qui était vite fait.

"Qu'en dis-tu?" Demanda-t-elle, un peu déçue. "Attends, tu n'aurais pas vu de la moutarde, par hasard?"

Harry n'avait pas la moindre idée de ce que son amie avait en tête.

"Euh, oui?"

"Tu as déjà mangé de la tarte à la tomate?"

"Je ne crois pas."

"C'est un des plats préférés de ma mère. Faisons ça."

"D'accord. Que veux-tu que je fasse?"

"Tu peux couper les tomates en tranches, et pareil avec le jambon fumé.

Elia se lança alors dans la confection d'une pâte brisée et n'en profita absolument pas pour lancer une poignée de farine sur Harry. Une fois faite, elle l'abaissa dans un moule et y étala une quantité généreuse de moutarde avant d'y disposer les tranches coupées par Harry. Pendant qu'il nettoyait derrière eux, Elia mit la tarte au four.

"On mange dans dix minutes," annonça-t-elle. Elle utilisa sa baguette pour mettre un minuteur qui s'illumina au-dessus de la gazinière, les secondes passant, et se laissa tomber sur une chaise avec un grognement de contentement. Luna commença à masser ses épaules doucement.

"Ça sent bon," reconnut Rolf, arrivant peu après.

Sa tête maintenant appuyée contre l'épaule de Luna, Elia sourit jusqu'aux oreilles. Rolf semblait plus calme et il commença même à mettre la table sans faire de commentaire désobligeant.

Le minuteur sonna et Elia se leva pour sortir la tarte. La croûte était dorée, cuite à la perfection, et elle la déposa fièrement sur la table.

Le dîner fut calme, tout le monde était trop occupée à savourer pour discuter.

"Merci, Elia," dit Norbert à la fin. "C'était très gentil de ta part. Vous pouvez y aller si vous voulez, je ferai la vaisselle."

"Quoi?" S'inquiéta Rolf puisqu'il n'avait pas suivi la conversation plus tôt. Pendant que tout le monde quittait la table, Luna lui parla de leurs plans pour la soirée.

Ils arrivèrent à leur destination en un temps record, l'air de la montagne glacial malgré leurs vêtements épais et les sorts de Chauffage.

Dire que le bar était animé ne lui faisait pas justice. Assis à la seule table livre, Charlie leur fit signe dès qu'il les vit entrer.

"Par ici," appela-t-il, ou tout du moins c'est ce que Harry comprit car le son ne leur parvint pas. Ils zigzaguèrent entre les tables et les clients et arrivèrent finalement jusqu'à Charlie, qui semblait ravi de les voir.

"Content que vous ayez pu venir," cria-t-il, pour couvrir le bruit autour d'eux. "Asseyez-vous avant que quelqu'un essaye encore de voler les chaises. Je peux vous offrir à boire?"

Son enthousiasme n'avait pas diminué avec les heures, et Harry se laissa emporter par l'affection de son sourire.

"C'est un piège ou un rite de passage? Parce que ça semble trop beau pour être vrai," ironisa Elia, et Charlie rit.

"Ça se pourrait," concéda-t-il, un sourcil leva, la gageant de le prendre au sérieux. "Honnêtement, c'est juste un cadeau de bienvenue."

"On peut se laisser convaincre alors. Tu recommandes quoi?"

"La bière pression est bonne. Et les jus de fruit aussi, si vous ne buvez pas d'alcool."

Elia et Luna parlèrent sans ouvrir la bouche, juste en se regardant dans les yeux, et Elia commanda pour elles deux.

"Une bière et un jus de fraise, s'il te plaît."

"Harry, Rolf?"

"Une bière aussi."

"Pareil."

"Parfait. Je reviens tout de suite."

"Je vais t'aider," offrit Harry.

Ils allèrent au comptoir ensemble et Charlie interpella une femme d'une soixantaine d'années avec de longs cheveux noirs tressés portant une caisse de bouteilles.

"Bună Mihaela," la salua-t-il avec un sourire charmeur."

"Charlie! Esti bine?" Elle posa la caisse au sol et ses poings sur ses hanches.

"Sunt bine, sunt bine."

Même s'il ne comprenait pas la langue, Harry ne pouvait s'empêcher de suivre les mots comme il le pouvait, sauf quand Charlie commença à énumérer leur commande.

"Mihaela est originaire de Sibiu, de l'autre côté du massif montagneux. Elle vit ici depuis trente ans, avec son fils, Codrin, et sa belle-fille, Daria. Codrin est notre vigneron, Daria est peintre, et leur fils Iacob, qui a seulement un an de plus que toi, étudie la théorie magique à l'étranger."

Entendant Charlie parler de sa famille, Mihaela intervint.

"Sunt și clarvăzător."

"Qu'est-ce que ça veut dire?" Demanda Harry à Charlie, confus.

"Elle dit qu'elle est aussi voyante. Elle a un don pour la cartomancie."

Mihaela fit un clin d'œil à Harry et continua de préparer leur commande avec ses mains et sa baguette.

"Et elle prétend qu'elle ne parle pas anglais, donc on a tous appris le roumain, ne serait-ce que pour commander une bière ou deux," rit Charlie.

"Mulțumesc," remercia-t-il Mihaela quand elle posa les boissons devant eux quelques secondes plus tard.

"Cine e?" demanda-t-elle en pointant son index vers Harry.

"Este Harry," répondit Charlie en attrapant trois des cinq verres. "Un prieten. Un ami."

Mihaela fit un drôle de sourire. Harry prit les deux verres restant et, précautionneusement, suivit Charlie jusqu'à leur groupe d'amis.

"Mihaela n'oublie jamais rien, donc fais attention si un jour tu lui confies quelque chose sur toi," ajouta Charlie comme si c'était parfaitement normal, laissant Harry très perplexe sur ce qu'il s'était passé au comptoir.

A la table, Rolf et Elia faisaient un bras de fer qu'arbitrait Luna. Charlie et Harry déposèrent les verres et s'installèrent l'un à côté de l'autre. Elia écrasa le poignet de Rolf sur la surface dure avec un cri de triomphe. Il fit la grimace en se massant le poignet, mais, bon joueur, la félicita sur sa force.

Ils trinquèrent à leur soirée ensemble et Elia recommença à inonder Charlie de questions sur la vie à la réserve. Bien qu'il ait passé de nombreuses nuits à tenir compagnie à Elia pendant qu'elle tenait le bar, l'atmosphère ici était différente. Plus bruyante, et d'une certaine manière plus accueillante. Peut-être parce que tout le monde avait besoin de se laisser aller après une journée stressante, ou parce que c'était simplement la manière dont les choses fonctionnaient ici. Harry pouvait saisir plusieurs langues, surtout de l'anglais et du roumain bien sur et n'était pas en mesure de nommer les autres.

C'était un soulagement d'être entouré par la sécurité de son cercle d'amis et son anonymat et de laisser ses penser divaguer, aidées par la fatigue et l'alcool.

"Et toi Harry, tu en penses quoi?"

"Euh, pardon?" marmonna-t-il. Tout le monde avait ses yeux rivés sur lui, attendant son avis. Il se frotta les yeux du dos de sa main.

"Tu veux visiter Bucarest demain?"

Harry haussa les épaules, ne se sentait pas très concerné par les projets du lendemain pour l'instant.

"Comme vous voulez," se contenta-t-il de répondre.

Elia fronça les sourcils.

"C'est ton choix. Si tu ne veux pas nous accompagner, tu peux passer la journée ici sans problème."

"Non, non. C'est bon. Je ne connais rien sur cette ville, juste..."

"Justement, c'est l'occasion rêvée!" Répliqua Elia, avec un peu trop d'enthousiasme. La conversation reprit, toujours sans Harry, et il continua à rêvasser, son cerveau de plus en plus relaxé par la bière. Il se sentait bien.

Il sortir de sa torpeur en sursaut quand quelqu'un secoua son épaule sans patience. Elia?

"Allez, Harry. On doit rentrer maintenant."

Il ouvrit péniblement les yeux et comprit qu'il s'était endormi sur sa chaise. La pièce était maintenant bizarrement calme.

"Il est une heure du matin, Mihaela est en train de fermer," lui apprit Charlie.

Elia était debout, soutenant sa copine, et ayant l'air aussi fatiguée que Harry. Rolf était en train de ramener leurs verres vides au comptoir.

Ils souhaitèrent une bonne nuit à Mihaela et à l'homme qui l'aidait à ranger, probablement son fils Codrin, et se lancèrent des sorts de Chauffage avant de passer le pas de la porte.

"Ça va aller?"

"Oui, pas de souci,. Bonne nuit Charlie," assura Rolf qui avait prit la tête de file. Le groupe salua Charlie avant de partir chacun de leur côté.

Dès qu'ils rentrèrent au chalet, Harry attendit avec impatience que tout le monde monte à l'étage. Après avoir vérifié que la porte était bien fermée et que la pièce était vide, il se débarrassa de sa veste, de son jean et de ses chaussures avant de se laisser tomber sur le canapé. Quelques minutes plus tard, il dormait, son anxiété pour une fois apaisée.

[...]

Lorsqu'il se réveilla, Harry voulut maudire le soleil d'être si lumineux, et son corps d'être si lourd. Mais au moins il n'avait pas fait de cauchemars, ce qui était suffisamment rare pour rendre la journée à venir spéciale. Il émergea de sa couverture et se redressa. Tout était silencieux, le feu éteint, et ses vêtements étaient éparpillés sur le sol.

Il se sentait vaguement embarrassé d'avoir ignoré Charlie au bar. Bien sûr, il n'avait pas frontalement refusé de lui adresser la parole, mais il avait été perdu dans ses pensées toute la soirée. Elia lui en ferait sans doute la remarque aujourd'hui, maintenant qu'il y pensait.

Étouffant un grognement, il se leva et récupéra ses affaires de toilette dans le bazar qu'était son sac à dos, puis monta au premier pour se laver.

Il cherchait quelque chose à manger dans les placards de la cuisine quand Norbert apparut.

"Oh, bonjour."

"Bonjour en effet." Norbert montra le sac en papier qu'il tenait, qui sentait terriblement bon.

"Je suis allée à l'épicerie chercher le petit-déjeuner."

Harry le remercia de bon cœur. Les viennoiseries avaient le pouvoir d'éclaircir les pires journées – et celles qui débutaient avec une gueule de bois étaient en haut sur la liste.

"Où sont les autres?"

"En me basant sur l'humeur de Rolf quand j'ai essayé de le réveiller ce matin, la nuit a dû être courte," sourit Norbert. "Ils font probablement la grasse-matinée."

Harry se frotta la nuque, un peu gêné en face d'un véritable adulte responsable, même s'il n'avait pas beaucoup bu la nuit dernière.

"On n'est pas rentrés si tard que ça," dit-il.

"Marrant, venant de toi, Mr poids plume," une voix endormie intervint. "Tu t'es endormi au bar."

"Bonjour à toi aussi, Elia."

"Ouais, c'est ça." Elle lui lança son regard spécial matin sans café avant de se laisser tomber sur la chaise la plus proche, sous les regards amusés des deux hommes. Peu après, Luna sortit de sa chambre et salua tout le monde d'une voix enjouée. Norbert fit du thé et du café, un pot de chaque, et les déposa sur la table avec une série de tasses dans une impressionnante démonstration de magie. Attiré par l'odeur, Rolf se montra à son tour, l'air aussi peu réveillé qu'Elia.

"B'jour tout le monde."

"Bonjour tout seul," répondit Luna, interrompant sa chansons sur un dragon dans un wagon, ce qui fit ricaner Elia malgré son humeur.

"Qu'avez-vous prévu de faire aujourd'hui?" Interrogea Norbert une fois qu'ils commencèrent à se servir à boire et à manger, avant d'entonner la mélodie de la chanson de Luna.

"On pensait visiter la ville avant de vous raccompagner cet après-midi. Et vous?"

"Je suis monté à la réserve tôt ce matin pour dire au revoir à Freja et Njord, donc on peut partir dès que vous êtes prêts."

Rolf releva la tête de sa tasse de café et fronça les sourcils.

"Tu ne vas pas passer tes dernières secondes là-haut?"

L'incompréhension de Rolf était légitime, de ce que Harry savait de son père.

"En fait, Sven m'a donné une lettre de recommandation si je souhaite passer du temps dans la Réserve de Dragons Galloise."

Il semblait aussi inquiet qu'impatient, mais son fils sembla trouver la situation hilarante.

"Oh mon Dieu, et M'man n'est pas encore au courant." Il se mit à rire. "Elle va être tellement vénère."

Norbert se passa la main dans les cheveux et soupira.

"Au moins cette fois-ci je serai sur la même île."

Harry se rendit soudainement compte qu'il préférait le père au fils, ce qui était une drôle de conclusion puisqu'il avait toujours eu du mal à faire confiance aux adultes avant. Mais là, les motivations de Norbert étaient très claires quand le comportement de Rolf était difficile à suivre.

Harry fit la vaisselle pendant que les autres jouèrent l'ordre d'occupation de la salle de bain à pierre-feuille-ciseaux - puisque le malheureux perdant n'était pas certain d'avoir encore de l'eau chaude.

Norbert commença à rassembler ses affaires éparpillées littéralement dans tout le chalet et Harry lui rappela les parchemins qu'il avait repérés sur le canapé en bas.

Une fois la cuisine aussi étincelante que possible et sachant que les autres auraient besoin d'au moins une heure pour être prêts, Harry se souvint qu'il n'avait pas écrit à ses amis depuis qu'il était arrivé en Roumanie. L'éventualité de leur dire qu'il n'allait pas rentrer le rendait anxieux, ce qui était stupide puisqu'ils seraient probablement heureux d'apprendre qu'il s'amusait. N'est-ce pas? La guerre était finie pour de bon et il n'avait plus à se cacher dans les bois désormais, mais une traître partie de son cerveau continuait à le convaincre qu'ils le forceraient à rentrer s'ils savaient où il était – comme les Rafleurs les avaient traînés hors de la forêt.

Sentant la panique sous la surface, il abandonna l'idée d'écrire les lettres pour l'instant.

Comme si elle avait prévu son coup, Luna quitta la salle de bain - bien sûr qu'elle avait remporté le premier tour - et Elia ébouriffa ses cheveux humides avant de prendre sa place. Luna s'assit à côté de Harry et lui tendit sa brosse à cheveux.

"Tu m'aides à les tresser?"

La première fois qu'elle lui avait posé cette question, Harry avait été perdu. Toucher les cheveux de quelqu'un n'était-il pas réservé aux amis... vraiment proches? Et ne risquait-il pas de tout rater? Même Hermione ne lui avait jamais demandé une telle chose, pas plus qu'à Ron.

C'est là que Luna l'avait dit.

Je te fais confiance.

Et Harry avait appris à tresser les longs cheveux de Luna.

Lorsqu'Elia revint quelques trente minutes plus tard, elle s'était complètement réveillée. La coiffure de Luna était terminée - deux minces tresses encadrant son visage, le reste dévalant ses épaules et son dos - et elle divertissait Harry avec l'histoire de la rencontre du Niffleur et de ses trois chats lorsqu'elle s'était officiellement installée avec la famille Dragonneau. L'histoire contenait de nombreux rebondissements et Harry sentit les dernières traces de son anxiété s'évanouir, rasséréné par la voix de Luna.

Elia embrassa le haut du crâne de Luna, qui passa un bras autour de sa taille et sourit joyeusement.

"Je savais que Cadmus était sacrément vicieux," commenta-t-elle à propos de la fin de l'anecdote. "Tout va bien, Harry?"

Enfin détendu, il put lui renvoyer un sourire sincère.

"Ça va."

Elle sembla satisfaite.

"Super, parce qu'on a plein de choses à faire aujourd'hui!"

Sans aucun doute, son enthousiasme habituel était de retour. Rolf traîna sa valise dans la pièce et les regarda avec un presque-rictus.

Voulant faire avancer la situation, Harry proposa d'aller attendre Norbert dans le salon. Là, ils découvrirent Aderyn, les attendant sur le rebord de la fenêtre. Luna se précipita pour lui ouvrir le carreau et commença à lui parler dès qu'elle vola à l'intérieur. Elia et Harry s'assirent sur le canapé pendant que Rolf regardait sa meilleure-amie roucouler avec Aderyn. Elle semblait bien se porter dans son nouvel environnement. Elle débordait d'énergie, son regard était plus vif que jamais, et ses plumes étaient superbes, subtilement brillantes. Ce devait être considérablement plus simple de chasser ici qu'à Paris.

"Oh, n'est-elle pas merveilleuse?" Déclara Norbert, en admiration, apparaissant dans la pièce avec sa propre valise. Luna leva son mince poignet sur lequel Aderyn était perchée, tout à fait consciente d'être au centre de l'attention, et profitant de chaque seconde.

Dans son coin, Rolf marmonna. "Et c'est reparti."

"Cela fait un moment que j'ai vu une Athene Noctua aussi jolie que toi," confia Norbert et tendit la main vers son bec, aussi peu menaçant que d'habitude. Décidant qu'il était digne de confiance, Aderyn le laissa caresser avec la plus grande précaution les plumes douces comme de la soie sur son cou et son dos. Après quelques minutes cependant, elle se lassa et picora sans force le doigt de Norbert avant de s'envoler pour se poser sur le manteau de la cheminée, d'où elle les fixa de ses yeux yeux ronds et jaunes.

Secouant la tête, Norbert réduisit leurs valises et les rangea précieusement dans la poche de son manteau. Il semblait désolé de partir, et Harry aurait aimé trouver les mots pour lui remonter le moral, mais ils ne se connaissaient pas si bien que ça, et Harry n'était pas un orateur né. Il trouvait juste ça trop dommage que Norbert ait à quitter la réserve pour faire plaisir sa femme, alors qu'il désirait rester un peu plus longtemps. Harry ne pouvait pas envisager une telle dévotion envers quelqu'un, encore plus quand il ne s'agissait pas d'une question de vie ou de mort. Bien sûr, il s'était sacrifié pour le bien de tous, mais il n'avait pas eu le choix, si? De renoncer à son propre plaisir pour quelqu'un d'autre, ça il ne pouvait le concevoir.

Il fut interrompu dans sa réflexion lorsqu'ils atteignirent la seule Cheminette du village, et il fit la grimace. Il avait oublié. Il soupira sous le regard amusé d'Elia et fit un pas dans l'âtre, prononçant sa destination aussi distinctement que possible.

Un par un, ils apparurent cent cinquante kilomètres plus loin, dans un recoin caché de la gare ferroviaire la plus au nord de Bucarest, Gara de Nord, envahie par les Moldus à cette heure de la journée. Norbert expliqua que le Ministère de la Magie n'était pas là, que ça avait plus de sens d'avoir les moyens de transport magiques dans une gare moldue que dans l'espace le plus protégé de la communauté.

"Bon, j'imagine que personne ne s'est renseigné sur la ville?" Demanda Elia une fois qu'ils furent sortis de la gare.

Ils la regardèrent tous sans rien dire.

"Heureusement, j'ai préparé un itinéraire!"

Elle sortit de sa poche le guide de voyage que Harry avait étudié avec Luna, avant leur départ de Paris. Il sourit. Évidemment qu'Elia avait prévu le coup!

"Il n'y a pas beaucoup de lieux typiquement roumains à voir," commença Elia. "Parce que jusqu'en 1989 le régime politique était d'une sobriété extrême, et qu'ils ont fait détruire beaucoup de lieux anciens, ceux qui avaient survécu aux bombes de la Guerre Mondiale. Et ceux qui restent sont en mauvais état. Mais il y a notamment une auberge encore un peu plus vieille que la mienne que j'ai très envie d'aller voir."

Pendant qu'Elia racontait, ils commencèrent tous à marcher dans la direction qu'elle leur indiquait, leur attirant des regards des Moldus même si leur groupe n'avait a priori rien de remarquable, si ce n'est qu'ils ne ressemblaient sûrement pas à des touristes typiques.

Ils marchèrent une vingtaine de minutes le long d'une rue large, bordée d'énormes immeubles sans aucun attrait - Harry comprenait mieux l'explication d'Elia. A un moment, elle les fit cependant s'arrêter devant une construction radicalement différente, qu'elle présenta comme le Palais Cantacuzène, vieux de presque un siècle. Une drôle de verrière comme une immense aile de libellule abritait l'entrée, elle-même bordée par deux énormes statues de lions en pierre. Et juste après, une église très blanche flanquée de deux clochers surmontés chacun d'une coupole.

Ils reprirent leur marche, heureusement il faisait beau, car le chemin était un peu monotone, toute cette grisaille après avoir passé quelques jours entourés par la verdure du village. Cependant, leur arrêt suivant méritait le détour; Harry s'en rendit compte avant même qu'Elia ouvre la bouche pour leur présenter l'endroit.

Ils étaient sur une immense place pavée, cernée par des bâtiments blancs, et non gris, qui rappelaient par leur taille le palais de la Reine d'Angleterre, et par leur aspect, les coins de Paris que Harry avait visité autour du Ministère de la Magie et du Musée du Louvre. Elia lui donna doublement raison en commençant son laïus.

"On est sur la Place de la Révolution. Tout a été réalisé par des architectes français au XIXè siècle, à tel point que jusqu'au début du siècle on appelait la ville le Petit Paris. Derrière nous, le Patalul Regal, le Palais Royal, devenu un musée d'art en 1950. De l'autre côté, l'Athénée Romain, une salle de concert."

Les grandes colonnes blanches étaient visibles derrière les arbres du parc bordant l'Ateneul Roman, lui aussi surmonté d'une coupole.

"Et sur la droite, c'est la Bibliothèque Universitaire Carol 1er. Elle a été incendiée en 1989 et elle est toujours en travaux. Ils ont perdu 500 000 livres dans le feu, vous vous rendez compte?"

Harry n'osait imaginer la tête de Hermione apprenant une telle nouvelle.

"Il y avait aussi une statue équestre du premier roi de Roumanie, Carol 1er, mais elle a aussi été détruite."

Harry se fit la drôle de réflexion que, qu'elles soient moldues ou magiques, il avait le don pour visiter des villes détruites par les guerres.

Ils prirent leur temps pour admirer la place, au son des voitures qui la traversait à toute vitesse, et des passants dont ils ne comprenaient pas la langue.

"On approche de la partie la plus ancienne de la ville, enfin ce qu'il en reste. On pense que c'est là qu'étaient les anciennes frontières, quand elle a été fondée au XVè siècle. Et c'est resté le principal quartier marchand pendant deux siècles, autour des rues Lipscani et Covaci."

"C'est étonnant, mais le nom de cette rue viendrait en fait de la ville allemande de Leipzig, qui devait être très importante aussi au Moyen-Âge, suffisamment pour avoir de l'influence jusqu'ici." Ajouta Norbert.

Effectivement, songea Harry, les bâtiments semblaient bien plus anciens dans cette partie de la ville, mais ils n'étaient pas pour autant en bon état. Des façades abîmées, des fenêtres cassées, et une impression générale d'abandon flottait dans l'air. Cela lui rappelait désagréablement le Chemin de Traverse dans les premières semaines après la fin de la guerre.

Le temps de faire le tour, la moitié du groupe était affamé et Harry se rendit compte avec surprise qu'il était déjà midi passé. Ils s'arrêtèrent donc déjeuner de sarmales, des feuilles de vigne farcies à la viande et au chou aigre, accompagnées de polenta crémeuse et d'une bouteille de vin local offerte par Norbert, avant de repartir, puisqu'Elia tenait tant à trouver la fameuse auberge de 1806 ("Elle a seulement six ans de plus que la notre, vous vous rendez compte?").

Ils eurent un peu de mal à tomber dessus, mais une fois devant, Harry dût admettre qu'elle était impressionnante: Formant un U, elle était haute de deux étages et équipée de galeries couvertes toute en bois sombre sculpté et d'escaliers monumentaux.

"Hanul lui Manuc," Présenta Elia, et Harry sentit qu'elle était émue. "L'auberge de Manuc. Il était très riche, et très influent politiquement. Il a même réussi à faire signer un traité de paix à la Turquie et à la Russie en guerre à son époque. Mais l'auberge n'est pas restée longtemps dans sa famille. Elle a été reconstruite plusieurs fois à causes de tremblements de terre, et elle ne ressemble plus complètement à ce qu'elle était au départ. Le propriétaire actuel fait partie de la famille Cantacuzène, dont on a vu le Palais tout à l'heure sur la Calea Victoriei."

"Il s'y est passé tellement de choses, des moments clefs de l'histoire du pays, et des voyageurs venant de parfois très loin. On la considère comme le dernier caravansérail de la région, c'est-à-dire un lieu d'échanges, et de repos pour les caravanes qui venaient de l'Est ou du Moyen-Orient." Ajouta Norbert. Il ne parlait pas souvent, mais dès qu'il le faisait, tout le monde l'écoutait.

"Les autorités Moldues parlent d'essayer de redynamiser tout ce secteur. Il serait intéressant de revenir dans quelques années pour voir si les choses ont changé ici," intervint Elia.

Ils jetèrent un coup d'œil à ce qu'il restait de l'ancienne court princière, une forteresse du XVè siècle et supposément lieu de vie de Vlad III Dracula pour se protéger des conflits avec l'Empire Ottoman, avant de reprendre leur marche vers Gara de Nord.

Harry se sentait étourdi par tout ce qu'ils avaient vu - et tout ce qu'il ignorait sur le monde dans lequel il vivait, n'ayant eu que le Royaume-Uni comme ligne d'horizon toute sa vie - et n'était pas mécontent de pouvoir bientôt rentrer au village pour se reposer.

Le temps de revenir à leur point de départ, il était quinze heures passées, et Norbert et Rolf devaient aller s'enregistrer pour le départ imminent de leur Portoloin.

"C'était un plaisir de vous rencontrer," Norbert salua Harry et Elia. "Si l'envie vous prend de visiter l'arrière-pays anglais, vous êtes les bienvenus chez nous."

Harry ne pensait pas que l'occasion se présenterait de sitôt pour sa part, mais la proposition faisait tout de même plaisir.

Norbert posa ensuite une main sur l'épaule de Luna et lui chuchota quelque chose qui la fit sourire malgré son expression chagrinée. Dans son coin, Rolf ne disait rien.

Le cœur lourd, comme se font souvent les au revoir, ils se saluèrent dans le couloir, et les uns partirent vers le département des Portoloins, les autres vers les Cheminettes.

"Bon, on n'a plus qu'à rentrer," Elia déclara, et Harry sentit que son enthousiasme était un peu forcé, ce qui était d'autant plus surprenant que ça n'arrivait pas souvent.

[...]

Ils rentrèrent au village trop tôt pour qu'il y ait une quelconque animation et, fatigués de leur longue marche en ville, ils restèrent dans le salon avec une provision de thé et de biscuits, un feu ronronnant dans la cheminée.

Pendant qu'Elia faisait la sieste et que Luna lisait un ancien numéro du Chicaneur qu'elle avait apporté avec elle ("Astronomie VS Astrologie ; la VERITE sur les étoiles" titrait-il), Harry écrivit à ses amis. L'anxiété du matin s'était peu à peu dissipée et il se sentait maintenant assez serein pour se jeter à l'eau.

"Chère Mione,

Je suis désolé que tu te sois inquiétée. Gryffondor jusqu'au bout, hein?

Je suis certain que tu t'en sortiras très bien en pratique comme en théorie, que le nouveau Professeur de Défense soit un incapable ou non. (Mais si c'est McGonagall qui le choisit, ça devrait aller, non?) D'ailleurs, quelles sont les nouvelles? Comment s'est passée la rentrée? Qui d'autre est revenu étudier au lieu de visiter le vaste monde? (Et tu t'attendais vraiment à ce que Ron ne saute pas sur l'occasion de rentrer à l'Académie des Aurors?)

Je n'ai pas de réponse à te donner pour l'instant. Je ne veux pas revenir à Poudlard, et je ne sais pas ce que je veux faire plus tard. Mais probablement pas Auror. Je crois que je vais juste attendre de voir ce qu'il se passe. Jusque-là, plein de bonnes choses me sont arrivées ces dernières semaines, alors pourquoi pas continuer?

C'est vraiment super que tes parents aillent mieux, et que tu puisses leur parler normalement. Je suis vraiment content pour toi.

Sinon, tu savais que depuis la fin de la guerre, Luna vivait avec Norbert Dragonneau? (Oui, Mione, l'auteur du livre sur les Créatures Fantastiques.) Du coup on vient de passer quelques jours avec son fils et lui dans la Réserve de Dragons de Roumanie, avec Luna et Elia. Et le frère de Ron, Charlie, travaille ici! Il nous a fait visiter, même si comme tu t'en doutes, je n'étais pas pressé de revoir des dragons.

Aujourd'hui on est allés à Bucarest et c'était surprenant. C'était la première fois que je visitais une ville qui avait été détruite par une guerre, mais pas la nôtre, tu comprends? Il y avait tous ces bâtiments en super mauvais état à côté de palais français et c'était vraiment une drôle d'ambiance. Je crois que je préfère rester au village de la réserve. Il est incartable, évidemment, et il y a une quinzaine d'habitants en moyenne. C'est juste apaisant, ça ressemble à l'Écosse avec le brouillard en moins, et tout est concentré sur ce qu'il se passe ici.

Je t'écrirai bientôt, prends soin de toi Mione.

Harry"

Quand Harry mit le point final, il se rendit compte qu'il se sentait mieux, et il laissa un vague sourire nostalgique apparaître sur ses lèvres. Parler à Hermione avait toujours fonctionné pour faire baisser son angoisse, et visiblement une conversation via parchemin ne dérogeait pas à la règle. Il leva les yeux et remarqua que Luna avait laissé son journal sur la table et qu'elle s'était elle aussi endormie contre Elia, ses cheveux blonds étalés autour d'elles comme un halo, leurs mains jointes en vue.

Ému comme toujours par la force de leur relation, Harry se força à reprendre son stylo pour continuer.

"Ron,

Alors comme ça tu n'as pas suivi Mione à Poudlard? Comme je te comprends! Elle a essayé de me convaincre, à la place, mais franchement, je n'étais pas tenté non plus. On s'habitue vite à être en vacances! D'ailleurs je ne suis plus à Paris, mais en Roumanie, là où travaille ton frère Charlie! C'était un sacré hasard de tomber sur lui. Pour l'instant il n'y a pas grand-chose à faire vu qu'on est en pleine montagne (si tu veux être mauvaise langue, tu peux dire que c'est pour ça que j'écris) mais on verra bien dans les prochains jours.

Bref, comment se passent tes cours? Tu as montré à tout le monde de quoi était capable Ron "Le Boss" Weasley?

Tu peux m'écrire ici, mais rien d'urgent, vu la distance.

A bientôt,

Harry"

Harry avait soudainement très envie d'imiter ses amies endormies sur le canapé, mais il lui restait une dernière lettre à rédiger avant de pouvoir se reposer, tant qu'il avait encore la motivation nécessaire.

"Chère Directrice McGonagall,

J'espère que vous vous portez bien et que la rentrée s'est déroulée dans les meilleurs conditions.

Pour ma part, après plus d'un mois à Paris, je suis arrivé en Roumanie en compagnie de Luna Lovegood. Nous avons été invités par le Magizoologiste Norbert Dragonneau. J'ai aussi retrouvé Charlie Weasley, qui travaille comme Dragonnier. Tout va pour le mieux.

Avec tout mon respect,

Harry James Potter"

Une fois les trois missives étalées devant lui, Harry poussa un long soupir de soulagement et fit rouler son épaule droite jusqu'à ce que l'articulation craque. Comme sentant qu'il allait avoir besoin d'elle, Aderyn quitta son perchoir pour se poser à côté de lui. Il prit le temps de lui murmurer quelques mots tendres et de caresser ses plumes, mais elle semblait pressée de sortir et lui fit rapidement comprendre son impatience d'un coup de bec bien senti. Il lui confia alors les trois parchemins roulés et lui ouvrit la fenêtre du salon. Sans un dernier regard, Aderyn s'élança dans l'air frais de la fin d'après-midi et du jour tombant.


("A dragon in a wagon" a l'air d'être une vraie chanson pour enfant; et maintenant je l'ai coincée en tête)

Modifié le 19/03/2021: +1500 mots