Hello ! Je suis désolée, ceci n'est pas un nouveau chapitre, mais il y a quand même 2500 mots ! (ça m'a pris trois jours, haha, j'avais trop d'émotion). Comme en novembre dernier je me suis fixée un certain nombre de scènes manquantes à écrire pour cette histoire. Et voici la première:

"Charlie Weasley annonce à sa famille qu'il est gay"

Je me suis éclatée et considère en toute modestie une grosse partie de ce qui va suivre comme canon concernant Charlie - je fais ce que je veux, il existe pas dans les films (quelle tristesse...)

Bonne lecture!


La première fois que Charlie Weasley embrassa un garçon en privé, il avait treize ans. Ils étaient tous les deux en train de sortir des vestiaires après un match de Quidditch et Calvin Whitehorn – dont le père avait dessiné certains des modèles de Nimbus – s'était toujours montré amical envers Charlie, bien qu'à Serpentard. Ce soir-là, donc, Charlie n'écoutant que son instinct – et peut-être vaguement ses hormones – il l'embrassa au coin des lèvres. Calvin, surpris mais pas dégoûté, le repoussa gentiment. Il ne voulait pas sortir avec quelqu'un pour l'instant. Charlie, pas encore amoureux, ne lui en garda pas rancune.

Par contre, il garda le souvenir du baiser volé, et réessaya à la première occasion, cette fois avec Garett Gudgeon – encore moins doué au jeu que son frère aîné, tristement célèbre attrapeur des Canon de Chudley. Mais ce n'était pas le sujet ici. Charlie avait cours plusieurs fois par semaine avec ce Poufsouffle de son âge et ils avaient commencé à s'envoyer des bouts de parchemins couverts de blagues, puis de tentatives de discussion. Ils s'embrassèrent pour la première fois dans une salle de classe désertée après un cours de Sortilèges. Leur idylle ne dura pas, Garett se rendant rapidement compte qu'il aimait les filles. Un peu déçu car il commençait à s'attacher, Charlie se demanda pourquoi la plupart des garçons de son âge semblaient préférer les filles, alors que lui ne leur trouvait pas d'intérêt notable, sauf peut-être leur férocité lors des Match de Quidditch.

De fil en aiguille, il se rendit compte qu'ils n'étaient pas forcément moins nombreux, mais surtout moins visibles.

La première fois que Charlie Weasley embrassa un garçon en public, il avait quinze ans. Toute l'école assistait au premier match de la saison et Charlie s'était blessé la semaine de la rentrée – une histoire idiote, mais sans gravité – aussi regardait-il les joueurs depuis les gradins, chose qu'il n'avait plus faite depuis son intégration dans l'équipe trois ans plus tôt. Sa position aurait pu être désagréable s'il n'avait pas eu à ses côtés son meilleur ami de l'époque, Eric McKinnon – qui n'avait pas de relation particulière avec le Quidditch et ne venait que pour faire plaisir à Charlie.

Lorsque l'attrapeur qui le remplaçait referma pour la deuxième fois sa main dans le vide, Charlie se leva et embrassa Eric, pour détourner l'attention du public et aussi pour ressentir une partie de l'adrénaline dont il était privé en étant assis au-dessus du stade.

Eric lui rendit son baiser, et lorsqu'ils se séparèrent, des sifflets de joie comme de haine retentirent autour d'eux, si bien que personne ne vit l'attrapeur de Serdaigle s'emparer du Vif – encore une fois sous le nez de l'attrapeur de Gryffondor. Ce fut peut-être la seule défaite de sa maison dont Charlie garda un bon souvenir.

Après cet événement, il devint le psy à distance de nombreux élèves de l'école. Les premières semaines, il le fit sans se poser de question – d'ailleurs, celle qu'on lui posait le plus, à savoir s'il était ou non en couple avec Eric, était de loin la plus évidente à répondre. Mais au bout d'un moment, il se demanda s'il était vraiment légitime pour aider d'autres personnes alors qu'il n'avait jamais pris la peine de mettre des mots sur ce qu'il ressentait personnellement.

Finalement, la réponse à ses propres questions vint naturellement. Il n'aimait pas les filles de la même manière que les garçons. Il aimait discuter, jouer au Quidditch et s'entraîner aux Sortilèges avec elles, mais il n'avait pas envie de les embrasser, de discuter toute la nuit et de se retrouver au nez et à la barbe des professeurs dans des couloirs vides pour s'embrasser encore. Alors qu'avez les garçons... Il voulait bien faire tout ça, et bien plus encore.

La première personne qu'il alla voir pour lui faire part de sa découverte fut Bill, son grand frère, alors en septième et dernière année. Ils n'avaient que deux ans d'écart et si leurs années d'enfance ne s'étaient pas toujours écoulées sans heurts, ils avaient maintenant une relation amicale teintée de respect mutuel. Charlie n'avait pas peur à proprement parler de la réaction de Bill ; et heureusement pour lui, car Bill, comme une majorité des élèves de l'école, était parti du principe que le petit spectacle lors du match de Quidditch, n'était pas qu'une mise en scène destinée à attirer l'attention. De plus, Bill avait suivit avec attention les faits et gestes de son frère depuis et avait plusieurs fois déjoué dans l'ombre des pièges tendus à son intention par des élèves jaloux ou haineux.

Alors quand Charlie lui avoua tout de go qu'il aimait les garçons, Bill se contenta de dire « D'accord » avec un sourire en coin, et l'affaire fut réglée.

Après sa première démonstration publique et sa confession à lui-même et à son frère aîné, Charlie arrêta de se cacher – même si c'était sans doute inconscient auparavant. Ce fut sûrement parce qu'il le vit un jour main dans la main avec un garçon que son frère Percy, alors en première année, vint lui parler un soir dans son dortoir de Gryffondor. Déjà jeune, Percy avait un côté autoritaire, et la discussion se passa moins bien qu'avec Bill des mois plus tôt. Percy, qui ne s'intéressait ni aux filles ni aux garçons mais qui parlait comme s'il était un expert des relations amoureuses, déclara que c'était une aberration de se tourner vers quelqu'un du même sexe, que ça avait encore moins de sens que d'aimer quelqu'un du sexe opposé.

Inconsciemment, Charlie eut du mal à digérer cette réaction, car c'était bien la première fois que quelqu'un était aussi virulent avec lui, et en plus son propre frère ! Il essaya néanmoins de passer au-dessus, car il savait, lui, que c'était loin d'être aberration, que des sentiments aussi forts ne pouvaient pas naître de nulle part. En plus, les garçons comme lui étaient beaucoup plus nombreux que ce que son frère s'imaginait.

Sauf qu'à partir de ce moment-là, Charlie se mit à avoir peur que ses parents et le reste de sa famille l'apprenne d'une autre bouche que la sienne, alors que ça ne regardait que lui.

Heureusement, l'année scolaire se termina sans que personne n'ait rien dit. Visiblement, Percy préférait éviter complètement son frère, et n'avait rien dévoilé à leur parents. Bill fut diplômé avec les honneurs et commença une formation en alternance à Londres, pour ne pas brusquer Molly en déclarant qu'il voulait partir dès ses dix-huit ans, même si c'était son intention dans le futur.

Charlie fut fier de voir son unique frère aîné prendre son envol et s'élancer avec enthousiasme dans des études qui l'intéressait, mais aussi un peu déçu de ne plus l'avoir avec lui à l'école. Les jumeaux ne devaient y entrer que l'année suivante, et de toute manière Charlie n'avait pas le même genre de relation avec eux, étant donné que six ans les séparaient. A la limite, il était presque plus proche de Ginny, mais elle était sa seule petite sœur et avait de ce fait une place spéciale. Et elle était encore plus loin d'entrer à Poudlard.

Si Percy, maintenant en deuxième année, n'avait pas changé d'attitude à son égard, il s'était pourtant mis en tête que leurs parents devaient être au courant, et que peut-être ça permettrait à Charlie de se rendre compte qu'il y avait plus important que l'amour dans la vie : les liens familiaux.

Charlie en fut malade pendant un temps, car ses parents pourraient soit pencher du côté de Bill, soit du côté de Percy, et il n'était pas sûr de pouvoir le supporter si c'était du côté de son plus jeune frère. Il n'avait pas honte de qui il était et il trouvait ça dérangeant que les autres aient honte pour lui alors que ça n'avait rien à voir avec eux. Il ne voulait pas que les autres s'emparent de son identité, de son contrôle sur sa vie.

Il se décida, forcément un peu malgré lui, même s'il se rassurait en se disant qu'au moins il en serait débarrassé, à en parler à ses parents. Il choisi un moment où il était au Terrier, et eux aussi, avec aucun frère ou sœur en vue. Autrement dit, mission impossible. Ce qui peut expliquer pourquoi il n'eut pas vraiment l'opportunité d'attendre un moment où ils seraient tous les deux bien disposés à écouter ses confidences.

Arthur allait partir au travail et avait déjà la tête dans ses dossiers. Molly avait envoyé les plus jeunes s'habiller pour les traîner faire les courses avec elle, s'était assurée que les jumeaux avaient bien fait la vaisselle avant de remonter dans leur chambre et était comme toujours préoccupée par de multiples petites choses. Que Charlie leur demande de s'asseoir ne les rassura pas franchement sur ce qu'il allait leur annoncer.

Il avait hésité longuement sur la formulation. Devait-il être très clair, histoire de ne pas leur laisser de faux-espoirs sur une possible « reconversion hétérosexuelle » plus tard, ou au contraire pouvait-il nuancer ses sentiments - quitte à se mentir à lui même - afin de ne pas risquer une opposition trop forte ?

Il finit par dire ce qui lui passa par la tête en premier : « Je sors avec un garçon de ma classe. »

Parce que depuis le petit intermède en public avec Eric, il lui arrivait de temps en temps de recevoir des propositions, en plus des questions. Et il avait accepté celle d'un Serpentard d'un an plus jeune, Nathan Jones.

« Je sais que ce n'est peut-être pas ce que vous aviez imaginé pour moi, mais ce n'est pas nouveau, et je suis vraiment bien avec lui. »

Il osa alors les observer, et remarqua que son père était très statique et sa mère très rouge.

« Mais enfin, Charlie ! » finit-elle par bafouiller. « Qu'est-ce qu'il te prend ? »

Arthur fronça les sourcils, regarda sa femme.

Charlie resta sans rien dire, pétrifié. Ça ne présageait rien de bon.

« Ce n'est pas normal ! » lâcha-t-elle ensuite.

Charlie se sentit faiblir. Pas sa mère, sa propre mère...

Arthur intervint plus sérieusement.

« Molly, enfin... Charlie est libre d'aimer qui il veut, » annonça-t-il, et Charlie ne sut pas si c'était une question ou une véritable affirmation.

Le jeune homme sourit tristement. Sa mère détourna le regard.

Les souvenirs de ce moment s'imprimèrent à jamais sur sa rétine et dans sa mémoire, même si les choses s'apaisèrent un peu par la suite. Charlie retourna à Poudlard avant la fin des vacances et cessa de parler avec Percy. Il reçut quelques lettres de son père qu'il mit du temps avant de se décider à lire.

Sa relation avec Nathan périclita, mais il avait toujours Eric, à qui il pouvait tout dire et qui était de bon conseil. Eric ne savait pas trop s'il préférait les garçons ou les filles, mais ça ne l'avait pas dérangé d'embrasser Charlie, comme il aimait regarder les photos des joueuses de Quidditch dans les magazines de Charlie – son seul rapport à ce sport, d'ailleurs.

Charlie et Eric commencèrent à sortir ensemble en début de septième année, alors que George et Fred faisaient leur rentrée, devenant les rois de Poudlard en à peine une semaine. Ils avaient le chaos dans le sang, et Charlie fut bien heureux de ne pas être préfet et de ne pas avoir à les empêcher de remuer l'école.

A un moment donné l'année précédente, Molly avait demandé à Charlie de ne pas parler de « son état » à ses frères et sœur. Charlie avait tenu parole jusque-là, pas seulement par volonté d'éviter un conflit mais aussi parce qu'il n'avait pas encore éprouvé le besoin de se confier. Cette fois, il le ferait en ses propres termes, pas sous la contrainte.

Il ne s'empêcha pas pour autant de tenir la main d'Eric dans la salle commune de Gryffondor le jour de la rentrée.

Au regard des jumeaux lorsqu'ils le remarquèrent, il se demanda s'ils n'étaient finalement pas déjà au courant. Mais Fred et George ne posèrent jamais aucune question déplacée. Ils se contentèrent d'accueillir Eric dans la famille en prenant Charlie et lui comme cibles pour leurs expérimentations capillaires. Plusieurs fois au cour des mois suivants, ils se retrouvèrent avec des couleurs de cheveux improbables et assorties, qui firent bien rire Gryffondor comme les autres maisons et les propulsèrent en tant que couple iconique pour les autres élèves hors du spectre hétérosexuel et cisgenre.

Charlie eut finalement dix-sept ans à son tour et dans la foulée son diplôme supérieur de sorcellerie. Eric et lui se quittèrent sans rancune mais pas sans déception, leur ambition respective prenant des tournants difficiles à conjuguer. Charlie garda les cheveux roses pendant un mois après leur séparation, ne pouvant se résoudre à reprendre sa couleur naturelle tout de suite.

Charlie fit la deuxième annonce importante de sa vie à sa famille, cette fois au complet, et pour leur dire qu'il partirait s'installer à Paris après les vacances. Il avait trouvé là-bas une formation qui lui convenait – et de toute manière il reviendrait peut-être plus à la maison que lorsqu'il était en Écosse, ne n'était pas si loin que ça. Il ne savait pas encore qu'il éviterait la plupart des occasions de rentrer, mais sur le moment il sentait qu'il fallait leur donner des excuses.

Un soir durant ce dernier été avant le vrai départ, Charlie regardait Bill et les jumeaux se poursuivre à toute vitesse sur les trois balais valides de la famille. Ron était assis à côté de lui, impatient de prendre la place d'un de leurs frères dans les airs.

Ils avaient parlé de Poudlard à bâtons-rompus pendant l'été. Charlie venait de quitter l'école et Ron allait y entrer moins de deux mois plus tard ; c'était un parallèle curieux.

« Et on se sent pas trop seul dans l'école ? » demanda le plus jeune ce soir-là.

« Tu te feras des amis. Ça viendra naturellement. »

« Tu en avais, toi ? Beaucoup ? »

« Quelques-uns, et pas forcément les mêmes selon les années, parfois on est plus ou moins proche d'une personne. Tu n'es pas obligé d'avoir des amis seulement dans ta maison, d'ailleurs. »

« Et tu as eu une copine ? »

« Un copain. »

« Il s'appelle comment ? »

« Eric. »

« C'est cool ça. »

Alors Charlie avait souri. Oui, c'était cool.

Une autre année passa. Ron frôla la mort à Poudlard avec ses deux nouveaux amis et Charlie se rappela de la discussion cet été-là. Il y avait visiblement un gêne de tête-brûlée dans la famille.

En juillet, Charlie invita Eric à venir passer quelques jours au Terrier, en tout bien tout honneur – mais personne ne fut vraiment dupe à la manière dont ils se regardaient et partageaient des blagues que personne d'autre ne pouvait comprendre. Mais pour boucler la boucle, il annonça tout de même à Ginny, qui devait rentrer à l'école deux mois plus tard, qu'Eric et lui avaient été un couple pendant un bon moment à Poudlard.

Ginny lui répondit simplement qu'Eric n'était pas son genre, et qu'elle préférait les garçons aux cheveux noirs.

La suite lui donnerait raison, mais avec quelques complications.


Vous êtes maintenant 200 à me suivre, merci énormément !

Quand j'ai lu cette partie hier à haute voix, je me suis dis que ça faisait un peu crack-fic (surtout les noms des love-interests, omg) mais j'assume (je crois). Pour moi ça colle bien avec le personnage de Charlie.

Avez-vous des remarques? Des envies de lancer des roses ou des tomates? Tout est possible!

Je fais de mon mieux pour la suite ! A bientôt ~