Bonjour à vous. J'espère que vous allez bien. Je remercie toutes les personnes qui prennent le temps de me lire. Cela me fait très plaisir. Ce chapitre marque enfin l'apparition de l'arc narratif principal de mon histoire. J'espère qu'il vous plaira.

Chapitre 3 : L'effet papillon

Lorsqu'Élisabeth descendit de sa chambre le lendemain matin, la première chose qu'elle remarqua fût l'énorme attroupement devant la porte de la Grande Salle. Intriguée, elle chercha du regard une tête connue afin de demander des explications. Ne voyant personne, elle se résigna à se frayer un chemin à travers la masse relativement excitée de ses camarades. Arrivée aux premières loges, elle était en train de se tordre le cou pour essayer de voir ce qui suscitait tant de curiosité, quand elle sentit quelqu'un mettre ses mains autour de sa taille pour la soulever.

- Repose-moi par terre espèce d'abruti ! s'exclama-t-elle en gigotant

- C'est quand même infiniment plus pratique que ta méthode, répondit ledit abruti. Tu vas finir par attraper un torticolis

- Merci de ta sollicitude mon cher frère, mais je crois que c'est déjà le cas. Toi qui es plus grand, tu peux me lire ce qui écrit, s'il te plaît ?

- C'est un message de Dumbledore apparemment, répondit Peter en plissant ses yeux. Il souhaite que tous les élèves de septième année se rendent dans leur Salle Commune, une fois leur petit-déjeuner pris pour…pour y attendre leur Directeur de Maison.

- Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? lui demanda Élisabeth

- Je n'en sais trop rien, mais il vaut mieux ne pas rester là sinon nous risquons de mourir étouffés par la masse..

Peter prit la main de sa sœur, et tous deux traversèrent, en sens inverse, avec difficulté, la foule de plus en plus compacte des étudiants.

- Ça m'a coupé l'appétit, je remonte, dit Élisabeth une fois parvenue en bas des escaliers. Tu fais quoi ?

- Je viens avec toi, j'ai déjà déjeuné.

Arrivés dans la Salle Commune, Élisabeth constata que beaucoup de ses camarades les avaient imités, la curiosité l'emportant visiblement sur la faim. Elle salua de la main Ron affalé par terre, comme à son habitude, à côté de ses meilleurs amis, puis voyant son frère rejoindre ses amis Dean Thomas et Seamus Finnigan, elle préféra s'asseoir à proximité de son cousin, sous l'œil noir d'Hermione Granger. Élisabeth n'avait rien contre Dean, c'était plutôt Seamus qu'elle cherchait à éviter. En effet, elle était sortie avec lui au bal de Noël, lors de la quatrième année, mais si pour elle il ne s'agissait que d'une amourette sans conséquence, ce n'était pas le cas de Seamus, qui avait passé tout son temps depuis ce jour là, à la poursuivre de ses assiduités. Et vu le regard qu'il venait de lui lancer à son arrivée, il n'avait toujours pas renoncé à la faire changer d'avis. Élisabeth ne resta pas seule bien longtemps, et c'est avec un grand sourire qu'elle accueillit Neville, qui venait d'arriver.

- Étrange cette histoire n'est-ce-pas ? Lui demanda-t-il en s'asseyant à ses côtés.

- Ouais, c'est clair. La dernière fois qu'on nous a demandé de nous retrouver dans la Salle Commune, c'était en deuxième année, à cause de cet horrible serpent. J'espère que la nouvelle va être plus joyeuse cette fois.

- Plus joyeuse ? À moins que McGonagall nous annonce que la venue d'Ombrage hier n'était qu'un affreux cauchemar…

L'arrivée du Professeur de Métamorphose empêcha les deux jeunes gens de continuer leur conversation.

- Je sais que vous vous interrogez sur la raison de votre présence à tous ici, à une heure aussi inhabituelle. Les récents évènements de ces dernières semaines nous ont conduits, les autres Directeurs et moi-même, à remettre en place un partenariat, qui n'avait plus eu lieu d'être depuis de nombreuses années.

Élisabeth regarda Neville, qui avait l'air tout aussi interloqué qu'elle.

- Il y a plusieurs années, Poudlard était en partenariat avec la prestigieuse université de Salem, dont certains d'entre vous en ont sans doute entendu parler…

- …Et si ce n'est pas le cas, je suis sûre que Miss-Je-Sais-Tout va se faire un plaisir d'éclairer votre lanterne, murmura Élisabeth d'un air sombre, voyant Hermione en train de se trémousser en parlant à voix basse à ses voisins, avec son horrible air supérieur.

- Salem est la seule université qui accueille exclusivement les sorciers du monde entier, alors autant dire que les places y sont très prisées. Durant des années, Poudlard était l'école la plus représentée à Salem, notamment en 1953, où douze étudiants poudlariens ont été inscrits à l'université, et je tiens à préciser que sur les douze, neuf étaient de Gryffondor. Mais suite à un…disons un malentendu entre , le directeur de Salem, et le professeur Dumbledore, notre partenariat a brutalement cessé en 1989. Toutefois, à la suite de diverses négociations, je suis heureuse de vous dire que notre qu'il est officiellement d'actualité, bien que les termes du contrat soit relativement sévère à notre égard.

Après une courte pause pendant laquelle le professeur de Métamorphoses regarda sévèrement chaque élève de sa Maison, elle reprit la parole.

- Seuls quatre élèves de Poudlard auront la chance d'aller étudier à Salem.

La Salle Commune s'emplit aussitôt de murmures rapidement étouffés dans l'œuf par le regard glacial du Professeur McGonagall.

- Il est évident que je souhaite que ces quatre élèves appartiennent à cette Maison, tout comme il est évident que les Professeurs Rogue, Flitwick et Chourave vont également vouloir la victoire de leur propre Maison. C'est la raison pour laquelle je serais intransigeante à votre encontre. Toute distraction sera interdite pour les participants, à commencer par le Quidditch…

La Directrice de Gryffondor ne put continuer sa phrase, interrompue par des exclamations, venant surtout des garçons.

- Professeur, vous ne pouvez pas interdire le Quidditch, s'écria Harry. C'est impensable !

- Monsieur Potter, je vous prierais de baisser d'un ton. Ce n'est pas la fin du monde tout de même. Il y a des choses plus importantes que le Quidditch dans la vie.

- Mais…

- Il n'y a pas de mais qui tienne Monsieur Weasley, et si vous continuez comme cela, je me verrais contrainte d'enlever des points à Gryffondor. C'est ce que vous voulez ?

- Non Professeur, désolé, répondit Ron d'une voix contrite.

Bien, alors je reprends. Le concours est évidemment ouvert à tous les élèves de septième année. Je vous préviens, la compétition sera extrêmement rude. Vous serez soumis à quatre épreuves, en plus des devoirs habituels que vous devrez préparer pour vos ASPIC. Et non, ce n'est pas parce que vous participerez au concours que vous serez dispensés de travailler, avec tout le sérieux et la rigueur que j'attends de votre part, vos ASPICS. Voici ces épreuves….

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- Donc si j'ai bien suivi, vous avez jusqu'à fin octobre pour inventer un sortilège. Ensuite jusqu'à fin février pour maîtriser la polymétamorphose, jusqu'à fin avril pour inventer une potion ou améliorer une potion déjà existante, et enfin, il faudra attendre le bon vouloir d'Ombrage pour connaître l'épreuve de Défense contre les Forces du Mal.

- C'est bien ça Ginny, sans oublier bien sûr, les devoirs quotidiens en vue de la préparation des ASPIC, répondit Peter affalé de tout son long sur l'un des canapés moelleux de la Salle Commune.

- Et tu peux être sûre que Rogue va chercher à avantager sa maison, ajouta Neville d'un air sombre.

- Tu m'étonnes ! Il va demander à ses chers Serpentard d'améliorer une potion, ultra simple, alors que pour nous, ça va être l'invention, dit Peter. Mais ce n'est pas ça le pire…Vous avez vu ce qu'on doit faire pour McGo ?

- La polymétamorphose…De quoi s'agit-il exactement ? demanda Ginny.

- En gros, il s'agit fabriquer un clone…

- Fabriquer un clone ? Tu veux dire qu'il faut que vous transformiez un objet en clone de vous-même ?

- Non, dit Élisabeth. Il s'agit bel et bien de le fabriquer à partir de nous-mêmes. C'est quelque chose que l'on apprend durant toute la septième année.

- Mais c'est horrible, dit Ginny. Et en plus vous devez préparer vos ASPIC…mes pauvres je vous plains.

- Ouais, mais l'université de Salem est réservée à l'élite de l'élite tu comprends. Et seuls quatre personnes pourront y prétendre.

- Et tu peux être sûre que Granger fait déjà travailler ses méninges pour faire partie des quatre, dit Élisabeth

- Mais Salem n'est pas la seule université qui existe au monde ! s'exclama Ginny. Il en existe surement d'autres dont les critères de sélection sont beaucoup moins stricts.

- Non, mais c'est la seule qui n'accepte que les sorciers, fit remarquer Elisabeth. Il y a bien sûr les écoles spécialisées pour ceux qui veulent devenir Médicomage ou Auror, et oui, n'importe quel sorcier peut effectuer ses études dans une université moldue du moment qu'il n'utilise pas ses pouvoirs. Seulement, il existe certaines matières spécifiques qui ne sont dispensées qu'à Salem.

- Dis donc, tu en connais un rayon pour quelqu'un qui n'avait jamais entendu parler de Salem jusqu'ici, observa Ginny.

- On dirait que notre petite Lizzie a écouté avec la plus grande attention ce qu'Hermione a raconté à Harry et Ron, la taquina Peter.

- Combien de fois t'ai-je répété de ne pas m'appeler comme cela ! s'exclama Elisabeth en balançant un coussin sur son frère, hilare. Et de toute façon, elle parlait tellement fort…

- Et vous comptez y participer ? demanda Ginny.

- Il faudrait être fou ou s'appeler Hermione Granger pour réussir l'exploit de combiner les ASPIC et le concours d'entrée à Salem, fit Neville en secouant la tête. Mon rêve c'est de devenir botaniste pas d'appartenir à l'élite des sorciers.

- Je ne sais même pas ce que je vais faire d'ici une heure, dit Peter en faisant voleter les coussins du fauteuil à grands coups de Wingardium Leviosa. La fin d'année est beaucoup trop loin pour que je songe à mon avenir professionnel.

- Je vais y participer, dit Élisabeth d'une voix ferme.

Les deux garçons regardèrent la jeune fille avec étonnement. Ginny, qui connaissait sa cousine mieux que personne, esquissa un léger sourire

- Tu n'y arriveras jamais ! s'exclama Neville. Non pas que je mette en doute tes capacités, mais tu vas finir par devenir complètement cinglée et tu termineras l'année à l'infirmerie pour dépression nerveuse.

- Neville, ma sœur est déjà complètement cinglée je te signale, répondit Peter avec un grand sourire. Aouch !

- Vous n'avez rien compris les gars, dit Ginny dont le sourire s'était élargi en voyant Peter se prendre tous les coussins dans la figure tandis qu'Elisabeth rengainait sa baguette. La seule et unique raison pour laquelle Lily veut participer au concours, c'est pour embêter Hermione, n'est-ce pas ?

- Tu me connais tellement bien Ginny, répondit Elisabeth en lui faisant un clin d'oeil. Faire partie de l'élite mondiale de la sorcellerie ne m'intéresse pas le moins du monde. Ce que je veux, c'est être Auror comme papa. Mais si avant je peux faire ravaler son caquet à Granger, je ne vais pas me gêner.

- Mais si jamais tu réussis à être parmi les quatre premiers ? demanda ingénument Neville. Tu ne vas tout de même pas renoncer à la chance qui t'es offerte d'intégrer Salem ?

Elisabeth allait répondre par l'affirmative avant d'avoir un instant d'hésitation. Tout comme son frère, elle n'avait jamais réellement réfléchi à son avenir professionnel, non pas par flemmardise ou dilettantisme mais simplement parce que pour elle, il n'y avait qu'un seul avenir possible : devenir Auror comme son père. C'est pourquoi elle ne s'était jamais intéressée aux multiples autres professions que le monde de la magie avaient à offrir, au grand désarroi de ses parents, qui, elle le savait très bien, auraient préféré qu'elle opte pour un métier beaucoup moins dangereux.

La jeune sorcière ne se faisait pas d'illusion. Elle connaissait ses forces et ses faiblesses. Elle n'avait aucun rival en Potions, étant la seule Gryffondor à n'avoir jamais fait perdre de points à sa Maison dans cette matière, un exploit que même Hermione Granger ne pouvait se vanter d'avoir accompli. Elle était très douée en Défense contre les Forces du Mal n'étant surclassée dans cette matière que par Harry Potter. Quant aux autres matières dispensées à Poudlard, sans être parmi les tous premiers, s'en sortait suffisamment bien pour obtenir un Effort Exceptionnel à chacune d'entre elles depuis le début de sa scolarité, à l'exception de sa bête noire, la Métamorphose. La jeune sorcière ignorait pour quelle raison cette matière lui paraissait tellement obscure quand son propre frère, qui ne brillait généralement pas par son attention en cours, obtenait de meilleurs résultats qu'elle.

Participer au concours alors même que la charge de travail en septième année est triplée par rapport aux autres années ? Aurais-tu oubliée l'état nerveux dans lequel tu t'es retrouvée lors des BUSE ?

Elisabeth frissonna intérieurement en repensant à sa cinquième année. La pire année de toute sa vie. Non, pas la pire. Elle se secoua pour échapper au chagrin qui menaçait de la submerger comme à chaque fois qu'elle pensait à Cathy, et se concentra sur la question de Neville.

- Oh, je ne serais jamais dans les quatre premiers, finit-elle par lui répondre. Pas avec mon niveau en Métamorphoses. Vous savez tous les trois comment j'ai réussi à obtenir un Effort Exceptionnel en cinquième année dans cette matière, puisque vous y avez contribué, chacun à votre manière. Mais cette fois, je dois y arriver par moi-même, sinon je ne serais pas digne de devenir un Auror.

- Donc, si je résume, tu ne veux pas aller à Salem mais tu veux quand même participer au concours, sachant que les épreuves vont être toutes plus compliquées les unes que les autres, tout en travaillant d'arrache-pied pour obtenir tes ASPIC, résuma Ginny. Et tout ça, juste pour embêter Hermione. Tu sais que je t'adore, mais là je suis au regret de te dire que tu relèves de Sainte-Mangouste.

- Forcément, présenter comme cela…

- J'en suis ! s'exclama Peter qui interrompit sa sœur avant qu'elle n'ait pu terminer sa phrase.

Les trois Gryffondor se retournèrent d'un même ensemble vers lui.

- Tu m'as fait peur, fit Neville en esquissant un timide sourire. Pendant une seconde, j'ai cru que tu étais sérieux.

- Mais je le suis, Neville. Je n'ai jamais été aussi sérieux de toute ma vie.

- Peter, tu es conscient que participer au concours implique une notion très spéciale, celle du travail, ironisa sa sœur. Je suis la première à admettre, bien qu'il m'en coûte, que tu disposes d'une excellente mémoire et d'un certain talent qui t'ont permis d'arriver jusqu'ici, mais là c'est tout à fait autre chose.

- Je rêve ou tu viens de reconnaître en public que j'avais du talent ?

- Et puis pour quelle raison tu voudrais participer au concours ? Depuis quand faire partie de l'élite de la sorcellerie t'intéresse ? reprit Elisabeth sans tenir compte de l'interruption.

- Il est hors de question que je rate la joute intellectuelle qui va se jouer entre Hermione et toi. Je pourrais même tenir un stand de paris. Mais oui, plus j'y pense, plus je me dis que c'est une excellente idée.

- C'est ridicule, fit Elisabeth en secouant furieusement ses boucles rousses.

- Parce que participer au concours juste pour faire enrager ta rivale de toujours est l'idée du siècle peut être ? rétorqua Peter, sarcastique.

Elisabeth ouvrit la bouche pour protester avant de la refermer aussitôt.

- Vous êtes cinglés, dit Ginny en souriant de toutes ses dents. Je suis bien contente d'être encore en sixième année.

- En plus, tous les trois, on pourra s'entraider ! s'enthousiasma Peter. Et si la bibliothèque est bondée, on pourra toujours travailler à l'infirmerie. Quelque chose me fit qu'on ira souvent faire un tour pour cause de dépression nerveuse.

- Comment ça tous les trois ? s'étrangla Neville. Je n'ai jamais dit que je participais au concours !

- Allez quoi, Nev' ! Tu es un Gryffondor ou un de ces vils Serpentard qui se cachent au fond de leur trou ? Qu'est-ce que t'as à perdre franchement ? Pense à ta grand-mère et à sa fierté quand elle apprendra que tu vas peut-être faire partie de l'élite de la sorcellerie mondiale !

- Je pense surtout à sa colère quand elle apprendra que j'ai lamentablement échoué, fit Neville d'une toute petite voix.

Elisabeth savait que Neville, encore récalcitrant, ne résisterait pas aux arguments de son frère. Mais si elle avait su, que par cette simple décision de participer au concours, elle allait déclencher un effet papillon qui allait tous les impacter, elle s'en serait abstenue.