Bonjour tout le monde. Cette fois, je suis pile dans les temps. Bonne lecture!
Chapitre 6 : Une nuit particulière
Les premiers flocons tombaient drus en ce premier jour du mois de Décembre. Un mois venait de s'écouler depuis le début de la deuxième étape du concours – trouver un moyen de se « polymétamorphoser » - et déjà la moitié des élèves se trouvait à l'infirmerie pour cause de « macgonagalisme » (surnom trouvé par Ginny pour décrire l'état d'épuisement et de dépression dans lequel se trouvait tous les participants au concours), tandis que l'autre moitié passait tout leur temps libre à la Bibliothèque. C'est justement à cet endroit précis que se rendaient Élisabeth, Alicia et Laura, qui venaient de terminer leur journée de cours par deux heures de Défense contre la Force du Mal…La Force en question étant bien entendu Ombrage qui, tout comme en cinquième année, obligeait ses élèves à lire le livre de Quentin Fearman La Défense contre les Forces du mal à l'usage des septièmes années, dans le silence le plus complet.
Pour les personnes qui se trouvaient à Sainte Mangouste pour cause de totale amnésie de 1995 à 1996, un bref petit rappel s'impose : Dolores Ombrage, appartenant au Ministère de la Magie, avait remplacé le professeur Maugrey Fol Œil au poste de Défenseur contre les Forces du Mal. L'ensemble de l'année fût consacrée à la théorie du cours et non à la pratique, ponctué des retenues fréquentes d'Harry Potter, qui tentait par tous les moyens de changer les choses (et c'est d'ailleurs la seule et unique fois où Élisabeth fût d'accord avec lui). La côte de popularité du cours ayant chuté dans les profondeurs abyssales, ce fut aux jumeaux diaboliques, Fred et Georges Weasley, que revinrent la tâche de sauver la situation…Ce qu'ils firent grâce à l'invention des Boîtes à Flemme (invention géniale permettant de sécher les cours en faisant croire à l'existence d'une maladie… « l'ombragite »), qui remportèrent un succès phénoménal, tant et si bien que plus personne n'allait en cours.
Mais malheureusement pour les élèves de Poudlard, en cette fin d'année 1997, Dolores Ombrage, était toujours aussi sadique et ennuyeuse, mais son intelligence s'était considérablement accrue, puisque son premier ordre fut d'interdire la commande de tout produit venant du magasin Farces pour sorciers facétieux. Évidemment, cet ordre était assorti d'une sanction : quiconque contrevenait à ces ordres, se retrouverait exclu sans sommation du concours. Et malheureusement, cet ordre était rédigé d'une telle manière que même le Professeur Dumbledore n'avait pu trouver de faille. C'est la raison pour laquelle il n'y avait aucun absent aux cours d'Ombrage depuis le début d'année, au grand désappointement des élèves qui auraient adoré utilisé les deux heures de ce cours à faire autre chose. Mais dire qu'il n'y avait aucune faille à l'ordre d'Ombrage serait en fait mentir, car il y en avait une, et de taille. Le vilain crapaud rose était tellement occupé à trouver la formulation parfaite pour pourrir la vie des septièmes années, qu'elle en avait oublié l'essentiel : tout le monde ne participait pas au concours. Et c'est ainsi que si tous les participants au concours étaient assidus, ce n'était pas le cas des autres étudiants, ce qui rendait Ombrage folle de rage.
- Par les clochettes de Morgane, dit Élisabeth en s'affalant à leur table habituelle, il y a des jours où je regrette vraiment de participer au concours.
- Il y a un point positif dans l'histoire, dit Alicia, nous ne sommes pas obligées de lire le livre vu que nous le connaissons par cœur.
- Parle pour toi…Je te parie tous les Chocogrenouilles que tu veux qu'on ne doit pas être beaucoup à avoir lu l'ouvrage de Fearman, dit Laura en comptant sur ses doigts. Il y a nous trois, Hermione…
- Smith, le Granger au masculin, ajouta Élisabeth.
- Nott et Zabini…
- Comment ça, Nott et Zabini ? Tu es tombée sur la tête Alicia ! Pourquoi pas Malefoy tant que tu y es ! s'exclama Laura, sans remarquer la brusque rougeur des joues d'Élisabeth à la mention du Prince des Serpentard.
- Nott et Zabini sont d'excellents élèves Laura, répondit Alicia, les meilleurs de leur promotion.
- Alicia a raison, dit Elisabeth qui avait repris ses esprits. Tu peux également rajouter Daphnée et Gwen...Du moins si elles sont toujours aussi douées qu'à l'époque…
Alicia et Laura eurent assez de tact pour éviter de demander plus de précisions. De toute façon, c'était inutile, elles savaient très bien de quelle époque leur amie parlait…L'époque où tout allait pour le mieux pour elle, l'époque où sa meilleure amie était encore en vie.
- De toute façon, je ne vois pas pourquoi on perd notre temps pour des futilités pareilles, dit Alicia. Nous avons mieux à faire. Comment se présente notre affaire ?
- Très mal, répondit aussitôt Élisabeth. Peter et moi n'avons trouvé aucun indice concernant la polymétamorphose dans la rangée allant de A à G.
- Et Nick et moi n'avons rien trouvé non plus dans celle allant de H à N.
- Génial…Tout simplement génial, ironisa Alicia. Sam et moi n'avons également rien trouvé dans celle allant de O à V. Il n'y a plus qu'à espérer que Neville ait trouvé quelque chose dans la fin de l'alphabet…D'ailleurs, où est-il ?
- Je crois qu'il est parti vomir…Encore, soupira Élisabeth. Le cours d'Ombrage ne lui réussit jamais.
Dès que McGonagall avait lancé le top départ de la deuxième étape, Alicia avait pris les choses en main. Elle avait commencé par séparer l'équipe en duos afin d'effectuer plus rapidement les recherches dans tous les ouvrages de Métamorphoses disponibles à la Réserve. Alicia espérait ainsi compléter les informations présentes dans leur propre ouvrage, mais qui étaient complètement incompréhensibles (et comme l'avait dit Élisabeth à Peter… « Ce qui est incompréhensible pour Alicia n'est pas près d'être compréhensible pour nous »). Le problème était que jusqu'à présent, tout le monde avait fait chou blanc – et ce n'était pas faute d'avoir cherché.
- Désolé les filles pour mon retard, dit Neville en s'asseyant lourdement à la place que lui avait gardé Laura.
- Ne t'inquiète pas, nous étions juste en train de comparer nos recherches…Je t'en prie dis-nous que tu as trouvé quelque chose dans la Réserve !
- Malheureusement non, répondit le jeune homme d'un air dépité.
- Mais ce n'est pas vrai ! s'exclama Alicia. Il doit forcément y avoir quelque chose !
- Peut-être qu'en fin de compte il faut utiliser le livre de cours, dit Laura.
- Et comment ? Pour moi, cela n'a ni queue ni tête…T'en penses quoi Elisabeth ?
- À la base, la Métamorphose n'a ni queue ni tête.
- Ce n'est pas le moment de faire de l'humour.
- Mais elle n'en fait pas Alicia, dit Neville. Élisabeth…Enfin…Comment dire…
- Notre chère Lily est aussi nulle en Métamorphose que Neville l'est en Potions.
- Merci Peter…marmonna Neville.
Alicia et Laura regardèrent alternativement Élisabeth et son frère jumeau, qui venait de les rejoindre accompagné de Sam et de Nick.
- Neville n'est pas nul en Potions Pete, dit Élisabeth en tapotant le bras de son ami, il manque cruellement de confiance en lui c'est tout…Alors que moi je suis vraiment nulle.
- Par nulle, tu veux dire que tu es moins douée en Métamorphose que dans les autres matières…
- Non Alicia…Par nulle je veux dire nulle, tout simplement.
- Mais, tu suis les cours de McGo, dit Laura, ça veut dire que tu as au moins eu un Effort Exceptionnel.
- Oui, grâce aux efforts de votre serviteur, combinés avec ceux…Enfin combinés avec d'autres personnes.
- D'autres personnes ? Qui ?
- Ça n'a pas d'importance, dit Élisabeth. Alicia, je t'assure que je suis vraiment nulle, et si j'ai réussi à avoir un Effort Exceptionnel, c'est uniquement grâce à l'épreuve théorique, parce qu'à l'épreuve pratique…
À ce moment là, Peter et Neville se mirent à pouffer de rire, et même Elisabeth esquissa un sourire.
- Quoi ? Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda Nick
- Vous n'en avez pas entendu parler ? s'étonna Neville. Oh les amis, tout le monde ne parlait que de ça pendant des semaines !
- Le seul évènement ayant trait à l'examen de Métamorphose dont je me souvienne est qu'un abruti avait transmuté une table en tigre au lieu d'un chat, dit Alicia, mais à part ça…Attends une minute, ne me dit pas que…
- Et ben si…L'abrutie, c'était moi.
- Par la barbe de Merlin ! s'exclama Sam. J'étais persuadé que c'était un Serpentard qui avait fait le coup !
- Mais comment as-tu pu rater la Transmutation d'une table ? C'est la base de la Métamorphose, le truc le plus simple qui puisse exister ! On l'apprend en première année !
- Alicia, au risque de me répéter… Je suis nulle.
- Alors là…On a du boulot, paniqua Alicia. Si tu n'arrives pas à maîtriser un simple sort de Transmutation, comment peux-tu réussir à maîtriser la polymétamorphose ? Il nous faut un plan.
- Là c'est plus un plan qu'il nous faudrait, c'est un miracle ! fit Peter en roulant des yeux.
- Ecoutez-moi, voilà ce qu'on va faire. Vous tous, vous allez ouvrir vos yeux et vos oreilles. Le Professeur McGonagall ne nous aurait jamais donné un devoir impossible à faire. Il y a forcément un indice qui nous a échappé. Reprenez le livre de cours et décortiquez-le.
- On peut essayer d'espionner Granger, ça irait plus vite, remarqua Laura.
- Excellente idée…Peter, Neville…
- Pourquoi je ne pourrais pas m'en charger ? demanda Élisabeth. Nous partageons la même chambre. Je pourrais fouiller plus facilement dans ses affaires.
- Parce que toi et moi nous allons faire une session de rattrapage en Métamorphose, dit Alicia. Il faut vraiment que tu maîtrise les bases en pratique et pas seulement en théorie.
- Mais pourquoi, puisque je me souviens de toute la théorie…À force d'essayer, je finirais bien par arriver à un résultat non ?
- Parce que ce serait comme si tu essayais de fabriquer du Veritaserum alors que tu ne sais même pas préparer la potion d'Amnésie.
- Mais ce serait catastrophique ! s'exclama Élisabeth
- Exactement.
- Dans ce cas…Il faut mettre Ginny dans la confidence.
- Pourquoi ? Demanda Peter. Non pas que je n'ai pas confiance en notre cousine, mais Neville et moi nous pouvons parfaitement gérer la situation.
- Ah oui…Et comment vous comptez pénétrer dans sa chambre, gros bêta ?
- Zut, j'avais oublié le sort « anti-mec ».
- Le sort anti-mec ? Demanda Nick.
- C'est un sortilège qui empêche les garçons de pénétrer dans le dortoir des filles. Si l'un d'entre nous venait à emprunter l'escalier menant au dortoir des filles, ledit escalier se transforme immédiatement en toboggan, expliqua Neville.
- C'est bien la première fois que j'entends parler d'un tel sortilège dit Nick.
- Par la culotte de Merlin, pourquoi me suis-je retrouvé à Gryffondor ? se lamenta Peter.
- En plus d'être courageux et téméraire, voilà que maintenant nous sommes considérés comme des pervers, soupira Neville.
- Si tous les garçons d'autrefois ressemblaient à mon frère, rien d'étonnant à cela, dit Élisabeth en souriant de toutes ses dents.
Alicia s'éclaircit la gorge en foudroyant ses amis du regard. Aussitôt tout le monde cessa de rire pour écouter le plan de la surdouée de Serdaigle.
- Bien, nous mettrons Ginny dans la confidence. Elle se chargera de fouiller dans les affaires d'Hermione, pendant que les garçons monteront la garde. Ce qui nous laisse vous trois, dit-elle en désignant Sam, Nick et Laura, pour tenter de trouver un indice dans le livre. Vous pensez y arriver ?
- Absolument pas, dit Sam. Si toi tu n'y es pas arrivée, je ne vois pas comment nous le pourrions.
Avec cette seule phrase, Sam venait de résumer la pensée de l'ensemble du groupe : ils étaient très mal partis.
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Les jours passèrent à une vitesse folle. Le mois de décembre était déjà bien entamé, et personne n'avait encore trouvé le moindre indice sur la polymétamorphose. Ni Hermione – surveillée étroitement à son insu par Ginny, Peter et Neville – ni Alicia – trop occupée à aider Élisabeth à rattraper son retard – et encore moins le reste du commun des mortels. C'est la raison pour laquelle, une semaine avant les vacances de Noël, en plein cours de Métamorphose…
- Professeur McGonagall ?
- Oui, Monsieur Potter ?
- Votre épreuve est tout bonnement impossible à réaliser !
Élisabeth, comme l'ensemble de la classe, se tourna vers Harry assis entre Ron et Hermione, assis à une rangée derrière elle. Cette dernière avait l'air scandalisée qu'Harry ose dire tout haut ce que tout le monde, sauf elle, pensait tout bas.
- Développez! lui ordonna sèchement le professeur de Métamorphose.
- Ce n'est pas par manque de volonté professeur, nous avons passé tout notre temps à chercher dans le livre un moyen de réaliser la formule…Même Hermione n'a pas réussi.
- Harry ! s'exclama la meilleure amie du Survivant, peu heureuse que tout le monde apprenne qu'elle-même avait échoué.
Élisabeth – en accord pour la seconde fois de son existence avec Harry Potter – décida de le soutenir, quitte à supporter les railleries de son frère pendant des semaines.
- Il a raison professeur, dit Élisabeth en se levant. Nous avons essayé de comprendre les indications du professeur Livingstone sans succès…Nous avons même été jusqu'à lire les livres présents dans la Réserve.
- Par ailleurs, il semblerait que le seul livre ayant trait à la polymétamorphose soit celui du professeur Livingstone, notre propre livre de cours, ajouta Blaise Zabini, ce qui paraît tout simplement impossible !
Blaise marque un point, pensa Elisabeth. Ce qui ne peut signifier qu'une seule chose. Non...Elle n'aura pas osé.
- Professeur, avez-vous fait disparaître l'ensemble des livres contenant des indications sur la formule de polymétamorphose de la Bibliothèque ? finit-elle par demander
Un silence de mort accueillit ses paroles. L'ensemble de la classe, Serpentard compris, était estomaqué par le culot d'Élisabeth, qui venait de faire la seule chose que même les jumeaux Weasley n'avaient jamais osé faire : remettre en question l'intégrité du professeur McGonagall.
- Félicitations Miss Parker, vous venez de faire perdre dix points à Gryffondor pour votre insubordination…
À ces mots, les Serpentard applaudirent Élisabeth en souriant, tandis qu'Hermione foudroya sa condisciple du regard.
- …Et gagner trente points pour la pertinence de votre question, termina McGonagall en esquissant un petit sourire
Les Serpentard arrêtèrent immédiatement d'applaudir. Surprise, Hermione intervint :
- Comment ça, la pertinence de sa question ?
- Eh oui Miss Granger, je suis étonnée que vous ne vous en soyez pas aperçue…Vous me décevez quelque peu.
Dépitée, Hermione baissa la tête. Élisabeth décida d'enfoncer le clou et ajouta :
- En réalité professeur, c'est grâce à Alicia Johnson de Serdaigle, si cette idée m'est venue. Elle m'a mis la puce à l'oreille en ne cessant de me répéter qu'il était impossible de ne trouver aucune information nulle part sur la polymétamorphose. C'est une fille très intelligente.
Peter et Neville, assis de part et d'autre d'Elisabeth, dévisagèrent la jeune fille comme s'il lui avait subitement poussé des ailes de dragon. Pour toute réponse, elle leur adressa un clin d'œil accompagné d'un signe de tête en direction de la rangée où se trouvait le Trio d'Or. Un geste qui n'échappa pas aux yeux perçants du professeur de Métamorphose.
- Miss Granger, vous ne vous sentez pas bien ? demanda-t-elle à l'adresse de la prodige de Poudlard dont le visage blême était constellé de tâches d'encre.
La question méritait d'être posée car Hermione Granger venait d'accomplir un véritable exploit : casser la pointe de sa plume, un acte réputé impossible étant donné la très grande qualité des plumes vendues par Scribenpenne, à Pré-au-Lard. Elisabeth en savait quelque chose. En quatrième année, elle y avait acheté une plume d'aigle pour son frère, responsable de la disparition tragique de dix pauvres petites plumes d'écriture depuis sa première année. Et malgré tous ses efforts plus créatifs les uns que les autres, Peter n'avait jamais réussi à briser la plume que sa sœur lui avait offert.
De là où elle était assise, Elisabeth pouvait voir le visage extrêmement pâle de sa condisciple, hormis deux tâches d'un rose virant au rouge qui ornaient ses joues, mais c'est son bureau qui attira son attention, ou plutôt le parchemin qui y était posé dessus. La jeune rousse écarquilla les yeux en découvrant un trou de la taille d'une Mornille en plein milieu. Par la barbe de Merlin, elle doit vraiment être en colère. C'est pourtant d'une voix très calme qu'Hermione répondit à McGonagall.
- Je vais très bien, Professeur.
Elisabeth vit Ron se pencher vers Hermione pour lui murmurer quelque chose à l'oreille, certainement pour s'enquérir lui aussi de son état, mais elle resta silencieuse, les yeux baissés sur son parchemin. Puis, elle se pencha en direction de son sac pour repêcher une plume de rechange qu'elle trempa dans l'encrier posé en face d'elle. Ce n'est qu'à cet instant qu'elle leva la tête pour planter son regard dans celui d'Elisabeth, qui fit aussitôt volte-face. En fait, elle n'est pas en colère. Elle est folle de rage. La jeune fille se promit d'éviter de croiser la route d'Hermione dans les prochains jours. Elle n'avait pas oublié ce qui était arrivé à Ron l'année dernière quand il avait annoncé à ses amis qu'il sortait avec Lavande. Si Peter avait beaucoup ri en entendant son cousin raconter sa mésaventure avec les oiseaux invoqués par Hermione pour l'attaquer sans répit, Elisabeth avait été beaucoup plus inquiète en voyant le visage couvert de sang de Ron, quand bien même il s'agissait de blessures superficielles.
L'attitude d'Hermione n'avait pas échappé au reste de la classe et il fallut un long regard appuyé du Professeur McGonagall pour que le calme revienne dans la classe.
- Comme Miss Parker l'a si judicieusement fait remarquer, j'ai effectivement retiré de la Réserve tous les ouvrages concernant la Polymétamorphose. Il est étonnant que la seule personne à s'en être rendue compte soit celle ayant le plus faible niveau de cette classe.
Elisabeth se mit à rougir violemment suite à la tirade de son professeur. Même s'il s'agissait d'un compliment déguisé, elle ne supportait pas que tout le monde sache à quel point elle était nulle en Métamorphose. La tête baissée, elle s'attendait à une salve de commentaires moqueurs de la part des Vert et Argent, mais si elle leur avait prêtée attention, elle se serait rendu compte qu'aucun d'entre eux n'avait la moindre envie de se moquer d'elle. Certains, à l'instar de Blaise, Gwen et Daphnée, étaient même impressionnés.
- Professeur ?
- Oui Monsieur Parker ?
- Si Lily ne vous avait pas interpellée en plein cours, vous nous auriez laissé patauger dans notre ignorance…Nous, vos élèves préférés ?
Toute la classe explosa de rire à la vue de Peter, battant misérablement des cils pour attendrir le professeur. Élisabeth remercia intérieurement son frère de faire le pitre pour détourner l'attention des élèves de sa personne.
- Eh bien Monsieur Parker, comme votre sœur a réussi à sauver l'honneur de la Maison Gryffondor, je ne pense pas qu'une réponse à votre question s'impose, répondit le Professeur McGonagall, imperturbable. Il existe deux livres vous permettant de réussir l'examen. Le premier vous permettra de vous passer totalement du livre du professeur Livingstone et le second vous permettra de comprendre ce livre. Si vous faites preuve de jugeote et d'un brin de bon sens, je suis certaine que vous réussirez à vous en sortir. Allez…Au travail !
L'Animagus regarda attentivement ses élèves quitter la salle de cours un par un et sourit intérieurement devant leurs visages dépités.
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- Intéressante ton intervention Parker.
Élisabeth leva les yeux du livre qu'elle tenait dans ses mains. Devant elle – à sa grande surprise – se tenaient Blaise Zabini.
- Un compliment de la part d'un Serpentard…C'est ton cadeau de Noël à l'avance Zabini ?
- Tu n'as pas perdu ton sens de l'humour, répondit le jeune homme en s'asseyant à sa table.
- Je peux savoir ce que tu fais exactement ? demanda Élisabeth d'un ton acéré.
- Je m'installe pour réviser.
- Et tu ne peux pas réviser dans ta Salle Commune ?
- Tu veux rire ? Pansy et Drago sont encore en train de se disputer, parce qu'il a préféré aller au bal de Halloween avec Daphnée qu'avec elle.
- Quoi, elle en est encore là ? Mais ça fait plus d'un mois que le bal a eu lieu !
- Ça se voit que tu ne connais pas Pansy. Depuis toujours, ses parents lui prennent la tête pour qu'elle épouse Drago. Ils sont quasiment fiancés depuis leur enfance. C'est dans ses moments-là où je me dis que mes parents sont des êtres géniaux.
- Tu m'étonnes…Bon, j'accepte ta présence, mais je te préviens, ça n'ira pas plus loin. Je préfère t'avertir, je ne suis pas une fille facile, j'ai une réputation à tenir.
- J'en prends bonne note, répondit Blaise en souriant.
Elisabeth s'étonnait toujours de la facilité qu'elle avait à plaisanter avec Blaise. Du temps où Cathy était en vie, elle avait toujours apprécié discuter avec lui. Blaise était quelqu'un de tolérant, qui avait le rire facile, et qui était toujours partant pour faire la fête. Elle se rappelait les moments passés en sa compagnie, ainsi qu'avec Cathy, Gwen, Daphnée et Lucas. À la pensée de ce dernier, Élisabeth eût un petit pincement au cœur. Lucas lui avait violemment reproché la mort de Cathy, sa petite amie. Il avait fallu l'intervention de Blaise et Peter pour éviter qu'il ne lui jette un sort. Élisabeth ne lui en avait pas tenu rigueur, elle savait très bien qu'il avait raison…Après tout, elle était présente lors de la mort de sa meilleure amie, et elle n'avait rien fait pour empêcher que cela arrive. Par la suite, Lucas ne lui avait plus adressé la parole, l'ignorant totalement, et c'était ce qui lui faisait le plus de peine.
La jeune fille stoppa volontairement la remontée de ses souvenirs et revint à l'activité qui l'occupait avant l'arrivée de Blaise. Elle avait réussi à obtenir de Madame Pince, l'ouvrage recensant la liste complète de tous les livres présents à la Bibliothèque. Cette idée lui était venue juste après le cours de McGonagall. Cette dernière leur avait dit qu'il existait deux ouvrages pouvant les aider, et qu'il fallait faire preuve de bon sens pour les trouver. Elle s'était donc dit, qu'il ne fallait probablement pas rechercher spécifiquement un livre de Métamorphose, et c'est la raison pour laquelle, en regardant simplement les titres, elle faisait une liste de tous les ouvrages ayant un lien avec la Métamorphose, sans pour autant la concerner pleinement. La voix de Blaise la tira une fois de plus de ses recherches.
- Sans vouloir être indiscret…je peux savoir ce que tu fais exactement ?
- Après avoir réfléchi un instant, Élisabeth décida de le mettre dans la confidence.
- Je cherche un indice permettant de trouver l'un des deux ouvrages permettant de pratiquer la Polymétamorphose. Et toi ?
- J'essaie de trouver l'articulation permettant de compléter le bouquin de Livingstone.
- Euh…Comment ça ?
- Et bien, McGo a dit qu'il existait un ouvrage qui complétait celui de Livingstone…donc si j'arrive à lire le bouquin comme une moitié de conseils, j'arriverais à trouver l'autre moitié contenu dans l'autre livre…Tu comprends ?
- Absolument pas, mais ayant un esprit purement Gryffondorien, je ne m'attends pas à comprendre grand-chose de la part d'un raisonnement aussi tordu.
- Je me disais bien que je finirais pas te trouver ici, vieux !
Élisabeth blêmit en reconnaissant la voix qui venait d'interpeller Blaise. Il fallait croire qu'elle ne pourrait pas échapper à ses souvenirs ce soir. Lucas, car c'était bien lui, stoppa net lorsqu'il l'aperçut. Regardant alternativement les deux ex-amis, Blaise décida de mettre fin au silence pesant. Il commença à ranger ses affaires, dans l'intention de partir avec Lucas, quand il fût interrompu par Élisabeth.
- Non reste, de toute façon je n'arrive plus à réfléchir. Je vais aller me coucher.
La jeune fille rangea précipitamment ses affaires, toujours sans lever les yeux, et partit brusquement, sans dire au revoir. Elle n'avait qu'un seul but : retourner dans sa chambre et se rouler en boule dans son lit, en priant pour pouvoir oublier tout ce qui s'était passé ce soir. Mais elle n'avait pas atteint le bout du couloir qu'elle entendit la voix de Lucas l'appeler. Après avoir un instant songé à fuir, elle se ressaisit. Tu es une Gryffondor bon sang de bois, tu ne fuis pas devant l'adversité. Alors tu te retournes, tu glisses nonchalamment ta main dans ta poche, juste au cas où, et tu pars au combat. Aussitôt dit, aussitôt fait. Elle se retourna donc, pour découvrir Lucas marchant d'un pas décidé vers elle, jusqu'à s'arrêter à moins d'un mètre de la jeune fille.
- Lucas…J'ai vraiment pas envie de me prendre la tête avec toi…
- Rassure-toi, moi non plus. Ceci dit, il est grand temps que nous ayons une discussion sur ce qui s'est passé en l'été dernier.
Connaissant Lucas, Élisabeth était consciente que rien ne le ferait changer d'avis. Aussi, elle s'adossa contre le mur et attendit que son ex meilleur ami débute les hostilités pour qu'elle puisse mettre fin à cette nuit particulière.
