Bonjour et mille fois désolée pour le retard. J'ai eu une semaine très chargée et pas mal d'heures de sommeil à rattraper. Qui plus est, ce chapitre m'a vraiment donné du fil à retordre et n'ayant plus de bêta, cela m'a pris beaucoup de temps d'écrire quelque chose qui me plaise vraiment. Ce chapitre est en apparence tout ce qu'il y a de plus banal, mais il est bien plus complexe qu'il n'y parait et assez important pour la suite des aventures d'Elisabeth.
Chapitre 7 : Quelques minutes après minuit.
Décembre 1997
- Donc, tout est pardonné ? Il a menacé de te tuer, il t'a traité, et je ne fais que le citer, de « garce sans cœur », et il suffit d'une conversation à dix jours de Noël pour que tu effaces son ardoise !
- Je ne lui ais pas tout pardonné Peter….Disons simplement que nous avons eu une discussion à cœur ouvert. Enfin, lui a plus parlé que moi…
- Enfin Lily, c'est de Lucas qu'on parle ! Ton soi-disant meilleur ami ! Il t'a tourné le dos au moment où tu avais le plus besoin de lui, pour l'amour de Morgane !
- Tu crois que je ne le sais pas ! Tu crois que je suis idiote à ce point là ! Mais Peter, tu ne sais pas, et tu ne sauras jamais combien il a souffert ! Il n'a pas eu l'occasion de lui dire adieu. Il n'a pas pu pleurer la mort de l'amour de sa vie parce qu'elle était considérée comme une traîtresse ! Il n'avait personne à qui se confier ! Moi je t'avais toi, les parents, Ginny, Neville…Mais lui, il n'avait personne !
- Et cela justifie ses actes peut-être ? Cela justifie ces propos ? Tu n'as donc aucune mémoire !
- BIEN SÛR que je m'en souviens ! Tu crois que je pourrais oublier l'enterrement de ma meilleure amie ?
Peter arrêta instantanément de crier sur sa sœur. Bien sûr, cela ne lui arrivait pas souvent. Élisabeth et lui se chamaillaient quotidiennement, mais ce n'était qu'un jeu, rien de sérieux. Ils n'avaient jamais eu de grosses disputes. Jamais Peter n'avait reproché à sa sœur ses fréquentations. Mais la mort de Cathy a tout changé.
- Je me souviens de chacune de ses paroles, reprit Élisabeth, coupant Peter du fil de ses souvenirs. Et comme je te l'ai dit, je ne lui ai pas pardonné…Simplement…Je le comprends. Et puis…C'est mon meilleur ami…Je ne peux pas oublier tout ce qu'on a vécu ensemble depuis notre première année parce que…
- Parce qu'il a menacé de te tuer ? Comment peux-tu être aussi naïve ? explosa Peter.
- Peter…
- J'ai toujours pris ta défense, continua-t-il sans lui laisser la possibilité de s'expliquer. Tu te souviens quand papa t'a interdit de fréquenter Cathy et Lucas ? Quand il était prêt à te retirer de Poudlard afin que tu suives des cours par correspondance ? Je l'ai convaincu de changer d'avis. Je lui ai dit que de toute la famille, tu étais la plus intelligente et que si tu avais choisi de te lier d'amitié avec des Serpentard plus que des élèves de ta propre maison, c'est que tu avais une bonne raison de le faire. Oh, et quand Ron t'as fait la tête pendant presque un an, en quatrième année, à cause de toute cette histoire avec cette idiote de journaliste dont j'ai oublié le nom…
- Rita Skeeter, marmonna Elisabeth, rougissant, non pas de colère mais de honte. Elle avait peut-être été un peu loin cette fois-ci mais par les clochettes de Morgane, Hermione l'avait vraiment mérité.
- Quand il a appris que Cathy et toi étiez à l'origine de la rumeur, il était fou de rage. Et s'il a accepté de t'adresser de nouveau la parole, c'est uniquement grâce à moi ! Bon sang, Lily, comment as-tu pu faire passer Cathy avant ta famille ?
- Mais ce n'était pas du tout ça ! Ce n'était qu'une simple blague ! Comment aurais-je pu deviner que toute l'école allait tomber dans le panneau ? Harry et Hermione ensemble, franchement…
- Mais tout le monde y a cru, y compris tante Molly. Et maman. Toute la famille en fait. Tu as fait beaucoup de mal à Ron et Ginny et tu n'en as même pas conscience ! Tu t'es conduite comme une vraie Serpentard ce jour-là.
- Ginny ? s'étonna Elisabeth. Mais elle n'a jamais cru à cette histoire ! Elle me l'a dit, après coup.
- Elle a dit cela uniquement pour ne pas te faire de la peine, pour ne pas que tu te sentes coupable. Franchement Lily, si t'avais été à sa place, tu aurais réagi comment ? Si tu avais appris dans un vulgaire torchon que le garçon dont tu étais éperdument amoureuse depuis toute petite était amoureux d'une autre, tu ne te serais pas effondrée ? Parce que c'est ce qui est arrivé à Ginny. Et si tu n'en as jamais rien su c'est parce que notre cousine a beaucoup trop de fierté pour se laisser aller en public !
Alors qu'Elisabeth ouvrit la bouche pour protester, le souvenir de Drago enlaçant étroitement Daphnée tandis qu'ils dansaient apparut devant elle. Elle se serait coupée la langue plutôt que de reconnaître à quel point cette vision l'avait ébranlée. Aujourd'hui encore, alors que deux mois s'étaient passés depuis cette soirée, elle se torturait les méninges afin de savoir si oui ou non Drago et Daphnée sortaient ensemble. Et elle n'était même pas amoureuse de lui.
Vraiment ? Alors pourquoi tu éprouves un pincement au cœur chaque fois que tu vois Daphnée assise à côté de lui en classe ou à table ?
Elisabeth secoua la tête pour chasser cette voix si familière de sa tête mais Peter se méprit sur la signification de ce geste.
- Tu n'étais pas comme ça avant de la rencontrer. A cause d'elle, tu es devenue quelqu'un d'autre. Quelqu'un d'insensible aux malheurs des autres.
- Ce n'est pas vrai !
- Et le pire, c'est que tu ne t'en rends pas compte.
- Mais qu'est-ce qu'il te prend tout d'un coup ? demanda Elisabeth, fatiguée du comportement de son frère.
- Il me prend que j'en ai plus que marre de prendre systématiquement ta défense face aux autres. Tu es tellement dans ton monde que tu n'as jamais réalisé à quel point la situation aurait pu être bien pire pour toi si je n'avais pas fait tampon pour que tu évites de prendre des coups. Mais c'est terminé. Cathy est morte. Arrête de vivre dans son souvenir. Pour une fois dans ta vie, fais passer les autres avant ta petite personne.
Sonnée, Elisabeth regarda son frère s'engouffrer dans Salle Commune, après avoir donné le mot de passe.
- Eh bien, il y a de la tension dans l'air. Je peux la sentir jusqu'ici. Tant de mauvaises ondes nuisent à ma concentration.
- Oh, fermez-là, dit rageusement Elisabeth à l'adresse de la Grosse Dame avant de pénétrer à son tour dans le quartier général des Gryffondor.
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx
Elisabeth avait prié avec la plus grande ferveur que sa conversation avec Lucas couplée avec la dispute avec Peter ne la fassent pas rêver de Cathy. En vain.
- Qui l'aurait cru ? Les inséparables jumeaux Parker ne sont plus si inséparables que ça, à ce qu'il semblerait.
- Laisse-moi tranquille, murmura Elisabeth les yeux fermés. Va-t-en.
- Tu es l'instigatrice de ton propre chagrin. Si je suis là, c'est parce que tu refuses de me laisser partir.
- C'est n'importe quoi.
- Alors ouvre les yeux. Regarde-moi en face.
Bien malgré elle, Elisabeth obtempéra. Et sursauta aussitôt en découvrant ce qui se tenait devant elle. Elle se trouvait dans la chambre de Cathy, le dos collé à la penderie. La chambre de son rêve était en tout point identique à celle où Cathy et elle se trouvaient ce jour funeste. La seule différence était qu'elle se trouvait dans la penderie et non à l'extérieur. Elle n'avait donc pas pu voir ce qu'elle avait devant ses yeux. Le corps de sa meilleure amie, gisant sur le sol, à quelques centimètres du lit, la tête tournée vers elle, ses yeux bleus grand ouverts. Autre différence, la Cathy de son rêve était habillée de sa robe d'écolière et non du chemisier blanc et de la jupe noire qu'elle portait lors du dernier jour de sa vie.
Elisabeth ferma de nouveau les yeux. Je vais me réveiller, je vais me réveiller. Ce n'est qu'un rêve, rien de plus.
- Tu vois ? Tu es incapable d'affronter la réalité en face. C'est à croire que le Choixpeau s'est trompé dans la Répartition. Tu n'as rien à faire chez les Gryffondor. Tu es lâche et faible.
- Arrête, je t'en prie, fit Elisabeth la voix tremblante de peur.
- Arrête, je t'en prie, singea Cathy. Pathétique, vraiment. Cela n'a rien d'étonnant venant de la part de la fille qui a abandonné sa meilleure amie à une mort certaine.
- C'est totalement faux ! s'exclama Elisabeth en ouvrant les yeux.
- Vraiment ? rétorqua Cathy d'un ton moqueur. Tu es restée cachée, sans bouger le moindre petit doigt. Tu aurais pu me sauver. Mais tu n'as rien fait.
Le souffle coupé, Elisabeth cligna à plusieurs reprises des yeux, cherchant à donner un sens à ce qu'elle était en train de vivre. La bouche de Cathy était entrouverte mais elle ne proférait aucun son.
- Je suis dans ta tête, idiote.
La voix provenait de partout et de nulle part à la fois. Et Elisabeth comprit. La solution était si simple qu'elle s'en voulut de ne pas l'avoir deviné plus tôt.
- Tu es ma conscience. Toute cette scène, toutes tes apparitions ne sont que le reflet de ma culpabilité. Je suis en vie et tu es morte.
- Quelle brillante déduction. Tu en as d'autres du même acabit ?
- Je suis en vie et tu es morte, répété Elisabeth avec plus de conviction. Rien n'y personne ne peut changer cet état de fait, pas même moi. Je ne peux pas revenir en arrière. Mais je peux avancer.
La voix resta silencieuse et Elisabeth sut qu'elle était sur la bonne voie.
- Cathy…Ma Cathy s'est sacrifiée pour moi. Elle a volontairement et en pleine connaissance de cause choisie de me protéger. Je n'ai pas le droit de gâcher ça.
En un battement de cil, Elisabeth se retrouva transporté ailleurs. Sauf qu'elle n'avait pas bougé d'un pouce.
Dans les rêves, l'environnement et toujours décousu. Parce que c'est moi qui le façonne.
Cette fois, elle se trouvait à Poudlard, très précisément près de l'extrémité nord du lac. Il faisait sombre et pourtant elle y voyait comme en plein jour, grâce aux flammes qui…
Aux flammes ?
Elisabeth se retourna et poussa un cri d'horreur. Le château était en proie en flammes. Instinctivement elle voulut s'élancer dans sa direction mais à la place, elle partit dans la direction opposée. Tout droit vers la Forêt Interdite.
- Non ! s'exclama-t-elle. Je ne veux pas y aller ! Je veux retourner au château ! Peter !
- N'oublie pas, murmura la voix de Cathy. N'oublie pas.
Un grand éclat de rire couvrit rapidement la voix de sa meilleure amie. C'était un rire sans joie qui glaça le sang d'Elisabeth. Elle sut à cet instant précis que tout espoir était perdu.
Elisabeth se réveilla en sursaut, le cœur battant à tout rompre. Il lui fallu quelques secondes pour réaliser qu'elle était en sécurité, dans son lit. Elle faillit hurler de peur en sentant quelque chose bouger dans son lit avant de réaliser qu'il ne s'agissait que de Salem.
- Je suis désolée, mon chaton, s'excusa-t-elle tout en le prenant dans ses bras. Mais ce n'était qu'un cauchemar. Un simple cauchemar.
Les respirations endormies de ses camarades de chambre lui confirmèrent qu'elle était bel et bien sortie de ce cauchemar. Elle était à Poudlard, le lieu le plus sécurisé au monde. Rien de mal ne pouvait lui arriver.
Calant Salem du mieux qu'elle le pouvait contre elle – action rendue de plus en plus difficile en vue de sa taille et de son poids – elle se leva et se dirigea vers la fenêtre. Grâce à lumière de la lune qui éclairait la chambre, elle réussit à l'atteindre sans se cogner contre le lit de Katie qui était le plus proche du sien.
La Salle Commune des Gryffondor se trouvant au sixième étage, elle disposait d'un point de vue idéal – que seule la Tour d'Astronomie pouvait battre. Elle avait beau être pleinement réveillée, elle ne put se départir d'un sentiment d'irréalité à la vision du parc recouvert d'un épais manteau de neige. La cabane d'Hagrid était totalement masquée par le Saule Cogneur, parfaitement immobile, ce qui n'était jamais arrivé depuis qu'Elisabeth étudiait à Poudlard. En même temps, c'est la première fois que j'observe le parc en pleine nuit. Si ça se trouve, lui aussi dort la nuit.
Il pouvait paraître étrange de parler du sommeil d'un arbre mais le Saule Cogneur n'était pas un arbre ordinaire. Quiconque s'en approchait à moins de cinq mètres avait de fortes chances d'en ressortir avec, au mieux quelques égratignures, au pire des os cassés. Elisabeth fut détournée de ses pensées par Salem, qui se mit à gigoter entre ses bras.
- Tu es incapable de rester sans bouger plus d'une minute, pas vrai mon chat ? soupira Elisabeth, amusée malgré elle. Tu devrais prendre exemple sur le Saule Cogneur. Il lui arrive de rester tranquille.
Après un dernier regard, Elisabeth se détourna de la fenêtre et regagna son lit. Allongée sur le dos, elle attendit que Salem revienne se pelotonner sur son ventre pour se rendormir. En l'entendant ronronner, la jeune sorcière s'endormit en souriant.
Il n'était que quelques minutes après minuit, après tout. Sa nuit ne faisait que commencer.
