chapitre 19
Régions Inconnues :
Armitage Hux était assis à l'arrière du cockpit de la navette de classe Upsilon et tapait du pied en cadence, les mains crispées sur les accoudoirs de son fauteuil. Le défilement hypnotique des faisceaux bleus du couloir d'hyper-espace n'avait aucun effet apaisant sur lui. Au contraire, sa nervosité grandissait au fur et à mesure que le vaisseau se rapprochait de leur destination finale. Afin de vérifier les informations de Mitaka, le militaire avait choisi de se rendre sur Diyu en toute discrétion, accompagné uniquement d'une escorte armée de stormtroopers et de deux pilotes. Quand Viri Pax lui avait demandé où il comptait aller, Il avait prétexté la visite d'un nouveau site de construction de destroyers du Premier Ordre et avait affirmé pouvoir être de retour dans deux ou trois jours. Il n'était pas sûr que le zabrak ait gobé son histoire mais honnêtement, il n'en avait rien à faire. Une fois sur place, il avait constaté que, en définitive, le fameux laboratoire n'en était pas un: juste un petit complexe dans lequel étaient conçus des prototypes d'ogives capables de traverser n'importe quel bouclier planétaire. L'équipe de techniciens recevait toutes les instructions depuis le centre de recherche principal basé sur Sato. Hux n'en avait pas cru ses oreilles. C'était la planète nichée en plein cœur du système UR-345 qui recelaient de fabuleux gisements de cristaux kyber et ce fameux minerai aux propriétés extraordinaires.
Il n'aimait pas ça. Pas du tout. Aussi avait-il décidé d'aller sur place, même si c'était la première fois qu'il voyageait jusque dans les Régions Inconnues.
Soudain, le vaisseau s'ébranla légèrement -signe qu'il venait de repasser en vitesse sub-luminique- et continua sa course au ralenti.
Hux bondit de son siège pour aller aboyer sur le couple de pilotes assis à la console de commande devant lui.
-Mais bon sang, qu'est-ce que vous fichez ! Pourquoi est-ce qu'on s'arrête en plein milieu de nulle part !
Indifférent aux hurlements de son supérieur, le copilote rétorqua :
-Général, ce sont les senseurs du vaisseau qui ont enclenché la sortie d'hyper-espace. Apparemment un obstacle se trouve juste devant nous.
De concert, les trois hommes scrutèrent le vide noir avec attention à travers la vitre du cockpit, et au bout de quelques secondes, ils aperçurent au loin ce qui avait alerté les ordinateurs de bord : un champ d'astéroïdes barrait la route de la navette.
-Je ne comprends pas ! s'indigna Hux, comment se fait-il que quand vous avez rentré les coordonnées de Sato, le navigateur ne nous ait pas fait éviter cette zone !
Les doigts du copilote volèrent au-dessus des commandes pour afficher la carte de la région sur l'écran de visualisation. Il écarquilla les yeux avant de tourner la tête vers son collègue, tout aussi stupéfait que lui.
-Parce que ce champ d'astéroïdes n'est pas censé se trouver là, Général…
-Quoi ? Ne soyez pas stupide ! Nos données concernant cette partie des Régions Inconnues ont été mises à jour il y a moins d'un mois standard !
Les deux soldats demeuraient circonspects, ne sachant pas trop quelle explication donner à leur supérieur. Hux avait raison, les cartes spatiales du Premier Ordre étaient certainement les plus fiables de toute la galaxie. Alors soudain, le visage du rouquin se décomposa et il devint blanc comme la mort.
-Sauf si… articula-t-il péniblement.
Il poussa sans ménagement le pauvre copilote, pianota sur le clavier et zooma sur la zone dans laquelle ils étaient censés se trouver. Les anciens relevés contenus dans la mémoire du vaisseau s'affichèrent à l'écran. Leurs coordonnées actuelles correspondaient à celles d'une petite lune, KX343, gravitant normalement en orbite haute de la planète qu'ils pouvaient apercevoir au loin sur leur droite.
-Qu'est-ce que ça veut dire, Général ? laissa échapper le pilote, qui n'avait toujours pas compris et qui leva les yeux vers Hux pour tenter d'obtenir des éclaircissements.
Le militaire avait reculé de quelques pas et se tenait à présent immobile et sans réaction au beau milieu du cockpit. L'incrédulité se lisait sur son visage et il continuait à fixer la multitude de fragments rocheux flottant tranquillement devant eux. Ignorant complètement la question de son subordonné, il se contenta de siffler entre ses dents :
-Elias Ren, par toutes les étoiles de la galaxie, qu'est-ce que vous avez fait ?
La navette se posa sur la petite piste d'atterrissage du complexe. Ne voulant pas prendre le risque de traverser le champ d'astéroïdes, ils avaient perdu du temps en le contournant. Flanqué de son escorte, Armitage Hux se dirigea vers l'entrée de l'installation gardée par quatre stormtroopers qui se mirent promptement au garde-à vous. L'immense porte métallique s'ouvrit, et les nouveaux arrivants furent accueillis par un homme en blouse blanche, à la mine cireuse et au nez busqué. Les rares cheveux sur son crâne étaient coiffés en une mèche unique sur le côté et ses petits yeux noirs trop rapprochés s'écarquillèrent à la vue du militaire dont il n'attendait évidemment pas la visite.
-Oh…mais…Oh ! Général Hux ! Quelle surprise ! Je suis absolument désolé ! Je n'ai pas été informé de votre arrivée ! Je suis…
Alors que l'homme continuait à bafouiller et à se répandre en excuses en moulinant des bras, Hux le coupa sans ménagement :
-Ma venue ici s'est décidée de façon un peu précipitée. Nous n'avons pas eu le temps de vous prévenir, effectivement.
Le scientifique cessa de s'agiter et parut subitement plus que mal à l'aise.
-Notre Suprême Leader est au courant de votre présence ici, n'est-ce pas ?
Cette fois, ce fut au tour de Hux de bredouiller sa réponse :
-Oui, évidemment ! mentit éhontément le militaire avant de passer devant le scientifique pour emprunter le couloir menant à l'intérieur. C'est d'ailleurs lui qui m'envoie, pour vérifier l'état vos recherches sur le minerai. Vous êtes…euh…
-Professeur Maktor Heln, se présenta l'homme au visage de rapace tout en trottinant derrière l'officier, je suis en charge du projet « Fusion » depuis environ deux mois.
Le Projet Fusion… Mais bien sûr…
Les sourcils de Hux se rejoignirent sur son front. Il n'avait absolument aucune idée de ce dont le scientifique était en train de parler. Durant les quelques semaines de pouvoir effectif de Kylo Ren, il avait été décidé que Sato abriterait un centre d'extraction mais aussi un laboratoire chargé de tester le minerai découvert dans le sous-sol de la planète. Et juste après l'éviction du fils de Han Solo, Elias avait décrété vouloir s'occuper personnellement de la mise en place et de la gestion des installations afin de concrétiser l'idée de son prédécesseur : la construction des cinq Etoiles de la Mort miniaturisées. Mais apparemment, les plans d'Elias avaient changé en cours de route.
Le petit groupe arriva bientôt devant une immense salle aux cloisons vitrées. Heln accéléra le pas pour devancer le militaire et l'invita à entrer dans son sacro-saint laboratoire. Une cinquantaine de techniciens s'affairaient comme des fourmis aux différents postes de travail.
Armitage Hux s'arrêta sur le seuil et prit quelques secondes pour examiner la scène. L'effervescence au sein de l'équipe était indéniable mais les visages étaient graves et fermés. Tous ces gens semblaient vraiment préoccupés et plutôt nerveux, ce qui titilla davantage la curiosité de Hux.
-Vous me faites un petit compte-rendu, Herk ? demanda-t-il sur un ton faussement détaché en approchant d'une paillasse sur laquelle des échantillons de cristaux d'un bleu profond étaient répartis dans des petites cupules en verre.
-Moi c'est Heln, rectifia le scientifique, Maktor Heln.
Un brin vexé, il serra les dents avant de continuer.
-Eh bien, comme a dû surement vous le dire notre Suprême Leader, le dernier essai effectué a été un succès total. L'arme a parfaitement fonctionné.
-Oui… et je suis tout comme lui absolument ravi que tout se soit déroulé à merveille…
Hux tentait le tout pour le tout. Il ne voulait pas que le chercheur découvre qu'il avait été écarté du projet tout en essayant de lui faire raconter le maximum de détails.
- Nos ingénieurs ont fait un travail remarquable, s'auto-congratula Heln, guidés bien entendu par les instructions de notre bien-aimé Suprême Leader. Ce nouveau prototype de bombe est un petit bijou. Le corps n'est pas plus grand qu'une pile à neutrons* et peut carrément être transporté dans une simple valise ! Nous avons donc placé à l'intérieur le nouvel alliage mis au point, à base de minerai et de cristal rouge fourni par le seigneur Ren et l'avons fait déposer sur KX343.
Armitage Hux repensa immédiatement à la lune disparue et au champ d'astéroïde qui avait pris sa place.
- C'est ça…le cristal rouge, répéta-t-il bêtement.
- Nous étions tous tellement excités ! Le Suprême Leader et le seigneur Viri Pax se tenaient d'ailleurs à l'endroit même où vous êtes quand ils ont activé l'holocron et hop ! Le compte à rebours a démarré comme prévu ! Je n'étais pas convaincu au départ que cet artefact Sith puisse faire office de détonateur et surtout à une si longue distance, mais je me trompais. Cette technologie est fascinante !
Maktor Heln montra du doigt l'ordinateur posé sur la paillasse à la droite du militaire. Sur l'écran, l'image en trois dimensions d'un petit objet pyramidal tournait lentement sur elle-même pendant que la machine effectuait une multitude de calculs complexes.
- D'ailleurs, avant que le Suprême Leader ne reparte, j'aurais bien aimé étudier cet objet plus en détail afin de découvrir pourquoi son activation nécessite la présence de deux utilisateurs de la Force.
-Oui…Intéressant n'est-ce pas ? Ce … duo, nécessaire pour déclencher…l'arme, balbutia Hux, les yeux rivés sur l'écran.
Le militaire devenait, au fil des minutes, de plus en plus pâle.
-Le résultat a dépassé toutes nos espérances ! Dire qu'il y a deux mois de cela, quand nous avons fait le premier essai avec un alliage de minerai et de cristal kyber classique, nous avons seulement réussi à faire exploser une des chaînes de montagnes de la planète. Mais en utilisant à la place du kyber bleu quelques microgrammes de cristal rouge nous avons pulvérisé la lune entière ! Et depuis le laboratoire !
Viri Pax. Holocron. Alliage de minerai et de cristal rouge. Lune pulvérisée.
Toutes les pièces du puzzle se mettaient lentement en place dans l'esprit de Hux.
Elias Ren était en possession d'un mystérieux artefact appelé holocron qui contrôlait la mise à feu d'une super-bombe mise au point par les laboratoires du Premier Ordre. Viri Pax était dans la confidence car, d'après les dires du chercheur, il fallait deux personnes sensibles à la Force pour déclencher le dispositif.
Kriff…
Est-ce que Sylla aussi était dans le coup ? Yehnu ? D'où sortait ce fichu holocron ? Est-ce qu'il appartenait à Kylo Ren ? A Snoke ? Et ce cristal rouge ? Où est-ce qu'Elias l'avait dégoté ? Ici même sur Sato ? Sur Malachor ? Y en avait-il encore beaucoup ?
Trop de questions sans réponses…
Avec cette découverte, le Premier Ordre, sans conteste pouvait faire plier la galaxie entière. Leur puissance de feu dépasserait l'entendement. De plus, l'engin explosif était facilement transportable et la mise à feu pouvait être déclenchée depuis un autre point de la galaxie. Mais si quelques microgrammes suffisaient à obtenir un dispositif capable de faire exploser une lune, que se passerait-il si les proportions de ce fameux cristal rouge étaient augmentées lors de la création de l'alliage ?
Le militaire ne comprenait toujours pas comment tout cela avait pu arriver sans qu'il en soit informé et il n'arrivait pas à imaginer les conséquences que cela pourrait avoir. Un système entier ravagé ? Plusieurs ? Juste en un claquement de doigts ? Et dire que ce pouvoir de destruction phénoménal se trouvait à présent entre les mains d'Elias Ren…
OoooooO
Planète Malachor
Elle le savait. Elle aurait dû décapiter le crétin chauve au crâne tatoué, ce qui aurait peut-être eu le mérite de la calmer. Le mercenaire avait choisi la bonne option en se faisant tout petit le temps que la navette de transport envoyée par l'Eraser ne vienne les récupérer en plein milieu du désert du Jundland. Du coup, il avait échappé à l'exécution sommaire.
Kriff… Ne serait-elle pas en train de ramollir ?
Tout ça c'était à cause de Kylo. A cause des sentiments qu'elle avait pour lui.
Sylla ferma les yeux et sentit à nouveau les lèvres du grand brun posées contre sa nuque et qui remontaient lentement jusqu'à son oreille. Elle entendit ses gémissements de plaisir faire écho aux siens et frissonna au souvenir de ses hanches frottant contre ses fesses. Elle se mordit l'intérieur de la joue et le goût métallique du sang raviva à la fois ses papilles et sa rancœur.
C'est un traître. Il a tué Snoke et Bram. Il a voulu tous nous éliminer. Et maintenant, il est avec cette fille…
Armitage Hux avait sous-entendu que Kylo s'était entiché d'elle. La pilleuse d'épaves était peut-être sensible à la Force et avait récupéré, on ne sait comment, le sabre d'Anakin Skywalker mais, cette « Rey » n'était qu'une vermine rebelle de plus qui se prenait pour un Jedi. Et justement, elle voyait mal l'ancien Suprême Leader du Premier Ordre être accueilli dans le camp ennemi à bras ouverts et encore moins par sa mère. Kylo avait assassiné Han Solo et provoqué la mort de Luke.
Sylla était amère et furieuse mais sûrement pas autant qu'Elias devait l'être en ce moment même. D'ailleurs, elle entendit les bottes du nouveau maître des chevaliers de Ren claquer sur le sol de la grande salle. Il ne mit que quelques secondes avant de la rejoindre et elle inspira profondément avant de se retourner pour lui faire face. Elle s'attendait à un déluge de reproches et de remarques humiliantes et supposait qu'Elias se ferait un malin plaisir à la rabaisser plus bas que terre et à lui faire payer ce qu'il jugerait comme la preuve évidente de son incompétence. Après tout, c'est elle qui avait insisté pour s'occuper seule de Kylo et elle avait lamentablement échoué. Elle serra donc les dents, prête à essuyer la tempête.
Le chevalier fit un pas de plus vers elle, la fusilla du regard quelques instants et, sans prononcer le moindre mot, la laissa plantée là pour se diriger vers la terrasse.
Elle aurait sincèrement préféré qu'il explose. Sa condescendance était insupportable. Elle s'en voulait tellement d'avoir gâché ses chances de tuer Kylo, de tuer la fille, et de prouver à Elias qu'elle était toute aussi digne de confiance que Viri et Yéhnu. Elle décida alors de le suivre jusque sur le balcon et de jouer la carte de la sincérité.
-Comme tu le sais déjà, je l'ai perdu. Il s'est enfui avec la pilleuse d'épaves à bord du Faucon Millénium.
Les mains dans le dos, face à la plaine grise s'étalant à perte de vue, Elias demeura silencieux et Sylla déglutit péniblement.
-Dis quelque chose… enchaîna-t-elle, crie-moi dessus, dégaine ton sabre, réagis en Maître des Chevaliers de Ren ! Allez !
Sa voix était montée dans les aigus et Elias tourna à peine la tête pour lui jeter un regard en coin.
-Cette « Rey » doit être vraiment exceptionnelle pour que Kylo décide de se battre à ses côtés… Crois-tu possible qu'il soit amoureux d'elle ?
Sylla arrêta de respirer.
Le ton doucereux que venait d'employer Elias lui donna la nausée. Il appuyait là où ça faisait mal. Et ce n'était que le début des représailles. Quand le grand blond pivota pour se retrouver face à elle, il affichait un sourire sadique et provocateur. Sylla eut soudainement envie de lui sauter à la gorge. Elias avait obtenu l'effet escompté.
-Ce ne serait pas si étonnant, continua-t-il. Elle sort peut-être d'une décharge à ciel ouvert, mais finalement elle n'est pas si désagréable à regarder. Plutôt jolie même, pleine de fougue, de passion et de détermination. Je comprends pourquoi notre cher Kylo a souhaité en faire son apprentie et « approfondir » les choses avec elle. A moins que ce ne soit déjà fait…
Le corps de Sylla partit en avant et Elias dut agripper ses bras pour la maintenir à distance. Les yeux d'onyx de l'amazone jetaient des flammes, elle avait la mâchoire serrée et la main posée sur le manche de son sabre accroché à sa ceinture. Le grand blond soutenait son regard et ne souriait plus.
Fini la comédie. Fini le ton mielleux et vipérin. Elias abandonna toute retenue, laissant libre court à sa fureur et à son exaspération.
-Ce n'est pas contre moi que tu dois diriger ta colère, Sylla ! Kylo te méprise et n'a jamais rien éprouvé pour toi ! Tu n'as servi qu'à assouvir ses pulsions charnelles et flatter son ego !
Elle aurait voulu pleurer. Mais elle en fut incapable. La rage étouffait ses larmes et asséchait sa gorge. A cet instant précis elle avait juste envie de tuer. N'importe qui...
Alors Elias l'attira vers lui et sa main vint se poser délicatement sur la joue de la jeune femme. Sylla tressaillit, surprise par ce geste inattendu.
-Réveille-toi, enchaîna le chevalier. Ton attachement pour lui te rend faible et t'empêche de puiser pleinement dans la toute-puissance du Côté obscur.
Sa paume contre sa peau était brûlante. La noirceur qui émanait de lui était enivrante.
Mais Sylla n'était pas dupe. Le Sith n'avait jamais loué autre chose chez elle que ses talents de guerrière. Et elle, n'avait jamais éprouvé la moindre attirance envers lui. S'il jouait la carte du maître bienveillant, c'est juste parce qu'il attendait une soumission totale et inconditionnelle de sa part.
Soudain, des pas résonnèrent derrière eux. Alors Elias relâcha son étreinte et Sylla tenta de se donner une contenance tandis qu'un des sous-fifres du Premier Ordre les rejoignait sur la terrasse avec un holocom portable dans les bras.
-Seigneur Elias, je m'excuse de vous déranger mais le seigneur Viri vient de nous contacter. Il a des informations cruciales à vous transmettre.
D'un signe de la main, le chevalier ordonna au soldat d'activer la communication et le visage du zabrak se matérialisa devant eux.
-Salutations, Maître. Juste pour te prévenir que le général Hux a quitté Naboo ce matin. Il est en ce moment même sur Sato. Le scientifique en charge là-bas vient de nous envoyer un message.
Les lèvres d'Elias se parèrent d'un petit sourire entendu.
-Sacré Armitage… Ces pathétiques petits espions ont mis un temps fou à le mettre au courant. En tous cas, lui n'a pas traîné pour fourrer son nez dans nos affaires.
-Tu n'as qu'un mot à dire et je me charge de lui, rétorqua Viri.
-Non. Inutile. Laissons croire à ce cloporte qu'il peut encore agir en toute impunité. Nous nous occuperons de lui plus tard. Dans peu de temps, nous aurons la main mise sur toute la galaxie. Plus rien ne nous arrêtera. Ni la Résistance, ni Hux, ni Kylo Ren et encore moins cette fille qui se prend pour l'héritière de Skywalker.
Elias se retourna à nouveau vers Sylla et cette dernière soutint son regard avec plus d'assurance.
-Qu'en est-il des prisonniers sur Naboo ? As-tu réussi à les faire parler ? ajouta-t-il en continuant à s'adresser au zabrak.
-La reine ne sait rien. Maz Kanata continue de résister mais j'ai l'impression que ni l'une ni l'autre n'ont été mises au courant de l'endroit où se cachent les rebelles.
- Kanata est une coriace, en effet. Alors laissons-là croupir un peu au fond de sa cellule, afin qu'elle comprenne que, cette fois, elle ne pourra pas sauver sa peau si elle ne collabore pas. Et si elle refuse toujours de parler, alors nous la tuerons. Sylla et moi allons regagner le Finalizer. Rejoins-nous dès que tu le peux. Nous attendrons ensemble le retour de notre cher ami, Armitage Hux et nous lui demanderons comment il a trouvé nos nouvelles installations sur Sato.
-Bien, Maître, répondit Viri avant que la transmission ne soit coupée.
OoooooO
Naboo- Repère Gungan :
Ben essuya la buée sur le miroir de la petite salle de bain et passa sa main sur son menton. Il avait besoin d'un bon rasage. Quelques gouttelettes d'eau glissèrent encore le long de ses mèches pour venir s'écraser sur ses épaules nues. Rey était partie depuis environ deux heures et il avait eu largement le temps de profiter des commodités de la chambre. Il avait passé de longues minutes sous la douche tandis que ses vêtements se nettoyaient dans le petit sonicateur. Il acheva de boutonner son pantalon et se contempla encore quelques secondes dans la glace. Ses joues étaient légèrement plus creuses, sa peau moins blafarde. Il n'avait jamais vraiment fait attention à son apparence jusqu'à maintenant, mais s'il devait donner un avis objectif sur son physique, il dirait tout simplement qu'il était plutôt massif, que son visage balafré lui donnait à présent un petit côté « soudard » et que ses oreilles étaient définitivement trop grandes. Son nez aussi. Il ne se trouvait pas spécialement bel homme et se demandait vraiment ce que Rey pouvait lui trouver. Aurait-elle seulement posé les yeux sur lui dans d'autres circonstances et s'il n'y avait pas ce lien si spécial qui les poussait inexorablement l'un vers l'autre ?
D'ailleurs qu'allaient-ils devenir tous les deux ? Une fois que Maz serait libre, une fois qu'ils auraient quitté Naboo, tiendrait-elle sa promesse en le laissant partir ? Allait-elle l'abandonner encore une fois comme sur le Supremacy pour retourner servir la Résistance ?
Et si la mission échouait… Si elle se faisait prendre, ou pire si elle se faisait tuer… Les rebelles avaient raison. L'accompagner était risqué mais il était hors de question pour lui de la laisser y aller seule. Il ferait face à Hux et à toute son armée s'il le fallait. Il écraserait Viri, Sylla, Elias. Les soldats pourraient même être surpris de le revoir sans son masque. Il pourrait peut-être profiter de ça… Après tout, il était aux yeux de tous encore le Suprême Leader du Premier Ordre. Compter sur l'obéissance aveugle des stormtroopers n'était pas si insensé.
Reprendre les rênes, le pouvoir et balayer tous ses infâmes renégats…
Ben releva la tête et contempla à nouveau son reflet dans le miroir. S'il faisait ça, il perdrait Rey pour toujours. Et sans Rey, il n'était pas certain de vouloir encore continuer…
Il passa à nouveau sa main sur son visage avant de laisser échapper un long soupir.
Il ne savait plus ni où il en était, ni quoi faire. Mais il était certain d'une chose : il était totalement et éperdument amoureux de Rey.
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Inspire… Expire…
Sur Ahch-To, Luke avait prononcé ces mots pour l'aider à se connecter avec la Force. Sur Arbra, elle avait l'habitude de les chuchoter avant chaque méditation. Et là, tout de suite, ils étaient la seule chose à laquelle elle pouvait se raccrocher pour ne pas sombrer. Depuis plusieurs minutes, elle les répétait en boucle dans sa tête, comme un mantra, en fixant un point invisible à travers la paroi translucide de la bulle.
Isbé était restée silencieuse, se sentant fatalement coupable de lui avoir révélé la terrible vérité. Elle avait pris la main de Rey dans la sienne, pour la réconforter, lui faire comprendre qu'elle était là pour elle et la jeune femme l'avait laissée faire.
-J'aurais pu me taire. J'aurais pu te raconter des mensonges. J'aurais dû peut-être…
Rey tourna enfin la tête vers elle et l'agita de gauche à droite pour signifier à la vieille femme qu'elle avait bien fait d'être honnête, même si tout cela était difficile à accepter. Alors Isbé serra ses doigts un peu plus fort.
-Mon enfant, tu es suffisamment intelligente pour savoir que l'ascendance ne définit pas qui nous sommes au fond de nous. C'est nous qui choisissons la voix que nous voulons suivre. Tu es une jeune femme tellement courageuse, forte et bienveillante. Ta lumière inonde tous ceux qui ont la chance de te côtoyer. Tu n'es en rien comme lui. Ta grand-mère, Naléa, était comme toi, à l'opposé de tout ce qu'il incarnait.
-Alors que dire de mes parents ? Ils m'ont abandonnée sur Jakku…
La voix de la jeune femme s'était brisée sur les dernières syllabes. Isbé soupira et baissa les yeux. Que pouvait-elle répondre à ça ?
-Comment des personnes qui aiment leur enfant peuvent-ils faire une chose pareille ? Pourquoi je ne me rappelle rien d'eux ? Pas même leurs visages ?
Elle avait posé la même question à Maz sur Jakku, il y a quelques mois de cela. Elle ne savait pas alors… Mais là, Rey eut soudain le déclic. Elle comprit absolument tout. Elle resta un long moment immobile tandis que tous les éléments se connectaient désormais dans son esprit.
Ton père a toujours été quelqu'un de particulier. Les autres ferrailleurs avaient peur de lui. Je me rappelle d'un jour où, au milieu d'une bagarre, il a projeté Gert à travers la pièce en levant à peine le petit doigt. En plus, ça ne tournait pas très rond là-haut… Quelque chose le rongeait. C'est pour cela qu'il voulait du glitterstim. Il m'a dit un jour que c'était « pour calmer ses démons ».
Voilà ce qu'avait dit le dealer interrogé à Niima. Tark savait être le descendant de Palpatine. Naléa avait dû le lui dire. Elle l'imaginait bien, terrifié, bouleversé tout comme elle l'était en ce moment même. Il avait dû ensuite supporter ce fardeau tout en sachant qu'il était sensible à la Force et que les ténèbres tenteraient peut-être de régner sur son cœur, tout comme elles l'avaient fait chez son tristement célèbre aïeul. Puis elle était née. Son père avait-il « senti » qu'elle aussi, avait des pouvoirs ? Dans quelles circonstances ? Quand ? Cela n'avait aucune importance mais sa mère et lui l'avaient ensuite abandonnée sur Jakku, entre les mains de cette pourriture d'Unkar Plutt… Sans souvenirs. Elle se rappela aussitôt la façon dont Ben avait réussi à manipuler l'esprit de Sovan et Shalim sur Tatooine, juste en les regardant deux secondes dans les yeux.
Ils m'ont fait oublier… réalisa Rey.
Tark et Iona avaient volontairement effacé sa mémoire. Parce qu'ils étaient rongés par le remords ? Par cruauté ? C'était peut-être même son père qui avait gravé cette certitude dans son subconscient qu'un jour, ils allaient revenir la chercher…
Rey était en état de choc. Palpatine, ses parents, c'était trop. Mais l'arrivée inopinée de Beccar Dugg et des quatre membres du Conseil Naboo l'empêcha de fondre en larmes aux côtés de la vieille femme.
OooooO
Elle marchait à présent sur la passerelle la ramenant vers sa chambre. Elle avançait à la manière d'un automate avec la sensation oppressante d'être prisonnière d'un mauvais rêve. Quelques minutes plus tôt, les rebelles avaient interrompu son entrevue avec Isbé pour lui communiquer des informations cruciales. Elle avait écouté attentivement Beccar Dugg mais les paroles de l'émissaire avaient eu du mal à s'imprimer dans son cerveau.
L'informateur en place dans le palais leur avait signalé le départ du général Hux. Apparemment, l'absence du militaire devait durer plusieurs jours et Viri Pax s'apprêtait à rejoindre le Finalizer très tôt dans la matinée. Il fallait se décider à passer à l'action la nuit suivante mais le problème de leur entrée dans le palais se posait toujours.
Isbé n'avait pas quitté la pièce. Elle ne faisait pas partie des leaders gungan, ni du Conseil royal mais elle s'était permis d'intervenir en apprenant au petit groupe que, du temps où elle travaillait au palais, le roi Ars Veruna avait fait creuser un tunnel partant de sa chambre et conduisant à une issue débouchant au pied de la falaise, sous la cascade. Le monarque avait, à l'époque, craint de devoir s'enfuir à cause des accusations de corruption dont il était l'objet.
-Je n'en ai jamais entendu parler, avait réagi Didiun Laz, un des membres du Conseil. Vous êtes sûre ?
Isbé avait été catégorique. Mais elle ne savait pas si le tunnel avait ou non été condamné depuis. Beccar avait voulu réunir tout le monde et avait exhorté Rey à convoquer ses amis. La pilleuse d'épaves était restée silencieuse tout le long de l'échange. Elle n'était pas parvenue à se concentrer, à penser clairement. Tout s'était mélangé dans sa tête. Volant au secours de la jeune femme, Isbé avait déclaré que leurs hôtes avaient besoin de repos et qu'il valait peut-être mieux attendre demain matin pour mettre au point une stratégie. L'ensemble des rebelles avaient acquiescé et Rey avait été invitée à rejoindre sa chambre pour dormir un peu.
Les habitants du refuge étaient peut-être privés des levers et des couchers de soleil, mais l'éclairage à l'intérieur du village était ajusté en fonction des cycles jours-nuits de la surface. Et comme les plaines et les montagnes de Naboo étaient en ce moment même baignées par les couleurs chaudes du crépuscule, au cœur de la pénombre sous le lac, les pas de Rey n'étaient éclairés que par les petites lanternes au sol qui marquaient le chemin. La bulle opaque dans laquelle l'attendait Ben apparut bientôt au bout de l'allée.
Ben…
Devait-elle tout lui raconter ? Comment allait-il réagir en apprenant qu'elle était l'arrière-petite-fille de Sheev Palpatine ?
Ce dernier était responsable du choix d'Anakin Skywalker de s'abandonner corps et âme au Côté Obscur. Il était aussi indirectement responsable de la mort de Padmé. Il avait été la Némésis de la famille Skywalker durant des décennies et le pire dictateur que la galaxie ait jamais connu.
Elle se mit alors à penser à Leia et à Luke. Eux aussi avaient été un jour à sa place en découvrant être les enfants de Vador. Rey était persuadée que la générale pourrait comprendre, qu'elle la soutiendrait. Elle était aussi intimement convaincue que Finn, Rose et même Poe seraient de son côté. Ils étaient sa famille. Elle les aimait profondément et elle savait qu'eux aussi, tenaient à elle. Elle espérait juste qu'ils la regardent toujours de la même façon, une fois qu'ils seraient au courant. Il le fallait…
Enfin arrivée devant la porte, elle se rendit compte qu'elle tenait toujours dans la main la broche dorée de son père. Elle ouvrit les doigts et fixa le bijou dans sa paume tremblante. Elle se sentait vide. Elle avait froid, besoin que quelqu'un la prenne dans ses bras, besoin de chaleur et de réconfort. Elle avait besoin de Ben. Elle déverrouilla la porte et entra dans la chambre.
A peine eut-elle fait un pas à l'intérieur, que Ben déboula de la salle de bain. Il était torse-nu et vêtu uniquement de son pantalon, comme lors de leur connexion sur Ahch-To et quand il la vit, il afficha un visage inquiet.
-Rey ? Tout va bien ?
Elle ne pouvait pas lui dire. Elle devait prendre le temps de bien analyser la situation et de réfléchir à ce qu'il convenait de faire ensuite. Et surtout, elle avait besoin d'oublier, au moins juste quelques heures, ce qu'elle venait de découvrir et ce pour quoi ils avaient débarqué sur Naboo.
Elle posa les yeux sur le buste puissant de Ben. Ses pectoraux étaient toujours aussi parfaitement dessinés, ses épaules toujours aussi larges. Il était beau et fort et il était là, avec elle, dans cette chambre à l'abri des regards. Elle eut l'impression que le bijou dans sa main était devenu glacé. Aussi s'empressa-t-elle de le poser sur la petite table avant d'approcher lentement vers lui. Quand elle ne fut plus qu'à quelques centimètres de lui, elle leva la tête pour plonger ses yeux luisants dans les siens et il demanda simplement :
-As-tu trouvé la vieille femme ?
-Je n'ai pas eu le temps de la chercher, mentit-elle. Beccar Dugg a appris que Hux avait quitté Naboo et que Viri Pax comptait retourner sur le Finalizer. Il va falloir mettre rapidement un plan au point, dès demain matin.
Son regard glissa sur les lèvres charnues de Ben. La chaleur qui émanait de son corps avait sur elle un effet apaisant et son aura puissante l'appelait à travers la Force. Elle ne voulait plus repenser aux rebelles, à Isbé, à sa famille. Elle leva lentement sa main pour la poser sur la poitrine de Ben, juste au niveau du cœur. Ce dernier tressaillit légèrement et son pouls s'accéléra.
-Mais là, tout de suite, j'ai juste envie que tu me serres très fort.
Il demeura immobile quelques secondes, les yeux rivés sur elle et les lèvres frémissantes avant de l'attirer doucement à lui et de l'envelopper toute entière dans ses bras protecteurs. C'était tellement bon : se blottir contre lui, l'écouter respirer. Le poids qui l'oppressait disparaissait et soudain, comme une évidence, l'envie de lui surpassa tout le reste.
Les doigts de Ben glissèrent dans ses cheveux, dessinèrent le lobe de son oreille et il déposa un baiser sur le haut de sa tête. Elle releva alors le menton et se hissa sur la pointe des pieds pour goûter ses lèvres. Sa langue caressa la sienne pour la seconde fois et les sensations revinrent, encore plus intenses. Comme à chaque fois qu'ils se touchaient, l'air tout autour d'eux se mit à vibrer. Le lien allait s'ouvrir encore une fois. Ben aurait accès à ses pensées et donc à ce qu'elle venait d'apprendre quelques minutes plus tôt. Or elle ne pouvait pas laisser cela arriver. Pas cette fois. Sinon il allait tout découvrir. Palpatine, sa rancœur, sa tristesse, ses doutes et ses peurs…
A contrecœur, elle érigea donc une muraille impénétrable autour de son esprit, comme il le lui avait appris. Mais à côté de cela, elle projeta tous ses sens à l'assaut du corps de l'homme calé tout contre elle. A son grand étonnement, elle ne rencontra aucune résistance. Ben, contrairement à elle, était en train de livrer corps et âme à ses baisers, à ses caresses et ce qu'elle lut alors en lui la subjugua : il était empli d'elle, de son odeur, du goût salé de sa peau, de la saveur sucrée de sa langue.
Lui aussi avait envie d'elle. Furieusement. Désespérément.
Parfait…Elle devait lui dire qu'elle aussi ressentait le même vertige.
-Ben s'il te plait, j'ai besoin de toi, ici et maintenant.
-Alors laisse-moi entrer, Rey… Dis-moi ce que tu veux que je fasse.
Il la suppliait. Il ne comprenait pas pourquoi son esprit restait à ce point hermétique.
Elle délaissa sa bouche pour explorer la courbe de sa mâchoire. Il ne s'était pas rasé depuis la veille. L'abrasion de sa barbe naissante contre ses lèvres humides lui donna la chair de poule. C'est alors que les mains de Ben devinrent enfin plus audacieuses. Sa paume gigantesque agrippa un de ses seins et se mit à le malaxer doucement, à travers le drapé de sa tunique, comme s'il s'agissait d'une petite sphère fragile. Elle ne put retenir un soupir de plaisir quand il passa son pouce à plusieurs reprises sur la pointe dure de son téton. La friction entre leurs deux corps s'intensifia mais elle avait besoin de plus de contact. Elle lâcha ses épaules et d'un geste maladroit, elle tenta de défaire le bouton de son pantalon. Ben, murmura contre sa tempe :
-Rey, tu es sûre que…
Pour seule réponse, elle recula d'un pas et le regarda droit dans les yeux.
-Oui, je suis sûre, lâcha-t-elle dans un murmure.
Elle se dégagea soudain de son étreinte, laissant sa braguette à moitié ouverte et entreprit de se dévêtir à son tour. Ben la regarda dégrafer sa ceinture, les yeux brillants de convoitise et la bouche entrouverte. Impossible pour lui à présent de dissimuler la bosse impressionnante de son érection. Elle se débarrassa de ses chaussures et de son pantacourt. Elle défit ensuite son écharpe qui alla rejoindre le reste de ses affaires sur le sol. C'était la première fois qu'elle se mettait nue devant un homme. Elle réalisa soudain ce qu'elle était en train de faire. Jusqu'où comptait-elle aller ? Jusqu'où Ben voudrait-il aller ? Elle n'avait plus que sa tunique sur le dos et le géant devant elle la dévorait littéralement des yeux. Il avait les pupilles dilatées et le souffle court. Un nouveau raz de marée de sensations vint la frapper de plein fouet. Des images de ce qu'il avait envie de faire…De lui faire… Et elle se mit à rougir violemment.
-Rey…
Il n'avait que son prénom à la bouche, comme si tout autre vocabulaire avait déserté son cerveau. Mais Rey n'avait pas besoin de plus. Elle lisait en lui comme dans un livre ouvert.
Elle écarta lentement les pans de sa tunique, la laissa tomber à ses pieds, puis enleva sa culotte. Elle n'avait plus rien sur le dos et elle frissonna. Elle vit Ben inspirer profondément tandis qu'il prenait son temps pour admirer chaque centimètre carré de son anatomie. Un instant de panique s'empara d'elle lorsqu'elle repensa à leur conversation à bord du Faucon au sujet de Sylla. L'amazone qu'elle avait vue en rêve était vraiment superbe. Elle, n'avait presque pas de poitrine, pas de formes généreuses, pas d'expérience…
-Par le créateur, tu es magnifique, s'extasia Ben.
La sincérité dans sa voix la bouleversa. Elle en eut presque les larmes aux yeux. Alors, elle décida de ne pas perdre une seconde de plus et fondit sur lui pour l'embrasser à nouveau.
Cette fois, il ne se retint pas. Les mains de Ben furent partout à la fois. Son dos, ses seins, ses hanches. Il acheva de se débarrasser de son pantalon avant d'attraper l'arrière de ses cuisses pour la soulever comme si elle ne pesait rien. Elle encercla sa taille avec ses jambes et son sexe se retrouva directement tout contre le membre chaud et dur de Ben, encore prisonnier dans son sous-vêtement.
Accrochées à ses épaules, elle gémit doucement quand il embrassa son cou et, instinctivement, son bassin se mit à onduler. Ben émit un grognement sourd contre sa carotide. C'était à la fois incroyablement excitant et un peu effrayant. Dire que c'est elle qui provoquait ça… Elle commençait à s'enivrer de son plaisir mêlé au sien. Le choc et la stupeur des dernières heures s'estompait peu à peu et elle avait un peu honte de se servir de lui de la sorte, pour faire taire son malaise et la voix d'Isbé qui résonnait encore dans sa tête. Le sentir fiévreux et rougissant tout contre elle était un pur délice. Pourtant, brusquement, il cessa de la caresser et il dégagea ses cuisses pour qu'elle reprenne appui sur le sol.
-Quoi ? s'alarma-t-elle.
Ben, les yeux rivés au sol, semblait un peu perdu et avait du mal à calmer sa respiration.
-Rey, j'en ai envie, vraiment très envie. Mais je sais que c'est la première fois pour toi et je ne veux rien précipiter.
Bon sang, il était encore plus fébrile qu'elle.
-Je n'ai fait ça que…
Ne lui laissant pas le temps de terminer, ses lèvres happèrent à nouveau les siennes.
…Que deux fois. Avec Sylla.
Voilà ce qu'il s'apprêtait à dire. Elle s'en fichait. Elle n'avait que faire de ses réticences. Elle se moquait de ses arguments. Elle avait soudain un furieux besoin qu'il lui fasse l'amour, là, tout de suite. Elle avait besoin de sa peau contre sa peau, d'entendre ses soupirs d'extase… Elle avait besoin d'aller chercher la lumière enfouie au plus profond de lui pour éloigner le spectre obscur qui la terrorisait. Alors elle le poussa sans ménagement et ils buttèrent ensemble contre le lit. Elle appuya les deux mains à plat contre son torse et il se retrouva assis puis allongé sur le matelas. Elle grimpa sur lui et se positionna à califourchon au-dessus de son corps de colosse. Elle reprit le mouvement de friction de son pelvis contre le sien et, du bout de la langue, elle lécha la ligne de sa clavicule. Ben bascula sa tête en arrière et se mordit la lèvre inférieure en gémissant de plus belle.
Elle n'en revenait pas d'être aussi téméraire. D'ailleurs, Ben aussi était surpris. Il cherchait toujours à entrer en contact avec elle, via la Force, pour tenter d'anticiper ses désirs, combler ses attentes, intensifier ses sensations et elle le sentait de plus en plus circonspect et soucieux au fur et à mesure qu'elle repoussait ses assauts.
-Rey, détends-toi, aie confiance en moi. Tu ne peux pas savoir depuis combien de temps je rêve de ce moment avec toi.
-Je sais… moi aussi. Je suis un peu nerveuse.
Avant de rencontrer Ben, jamais personne n'avait posé les mains sur elle. Même si, sur Jakku, les regards lubriques des clients de la taverne ou celui des autres ferrailleurs sous les tentes du marché étaient tout sauf discrets. Puis elle avait rencontré Finn… Et Poe. Dire qu'elle ne trouvait pas les deux hommes charmants et attirants aurait été un mensonge. Mais jamais elle n'avait désiré quelqu'un comme elle désirait Ben. Et elle voulait le lui montrer, sans attendre plus longtemps.
Elle se souleva légèrement et fit glisser le sous-vêtement du grand brun sur ses cuisses. La verge de Ben, palpitante et gonflée émergea fièrement pour venir buter contre sa vulve. C'était la première fois qu'elle voyait un sexe d'homme. Elle était fascinée. Kriff… Existait-il quelque chose de plus érotique dans tout l'univers ?
Ben agrippa ses hanches un peu trop brusquement et elle releva la tête pour plonger ses yeux dans les siens. Une onde d'excitation la secoua de la tête au pied et ils se regardèrent longuement, juste bercés par le bruit de leurs respirations saccadées. Puis, un peu hésitante, elle referma sa main sur le pénis turgescent de son amant. C'était doux et ferme. Elle ne savait plus trop quoi faire maintenant alors elle décida de serrer un peu plus fort et de faire remonter ses doigts jusqu'au sommet. Ben laissa échapper un soupir de béatitude.
-Rey, je n'ai pas de protection pour…
Elle se pencha sur lui et, avec le bout de son nez, elle effleura la pointe du sien.
-N'ai aucune crainte, j'ai un implant, susurra-t-elle
Mais soudain, elle eut peur qu'il s'imagine des choses et elle s'empressa de préciser :
-Toutes les femmes de la base en ont un. C'est…
Ben plaqua une main entre ses omoplates et la fit remonter un peu pour prendre dans sa bouche la pointe rosée d'un de ses seins. Il lécha avec application son mamelon et ses doigts se mirent à explorer la toison de son pubis. Une douce chaleur envahit son ventre et remonta jusque dans sa poitrine. Quand il trouva enfin son clitoris et qu'il se mit à le caresser en décrivant de petits cercles, toutes les fibres nerveuses de son corps s'enflammèrent simultanément.
Kriff…c'était absolument délicieux. Mille fois meilleur que quand elle le faisait elle-même.
S'il continuait comme ça, ses défenses mentales risquaient de céder. Elle devait se reprendre, se concentrer… La voix de Ben résonnait dans sa tête et la supplia encore une fois. Alors son appréhension redoubla et au lieu de continuer à s'abandonner contre les doigts de Ben, elle se crispa légèrement.
-Rey, qu'est-ce qu'il y a, je te fais mal ?
-Non, c'est parfait, continue…
Allons, tiens bon, Rey…
Son poing se mit à bouger, monter et descendre, au même rythme que le pouce de Ben. Elle sentit le cœur du grand brun battre à tout rompre quand elle posa son autre main à plat sur sa poitrine pour prendre appui. Elle osa une nouvelle incursion dans sa tête.
Il trouvait ça divin mais l'inquiétude continuait à obscurcir son désir : elle refusait de lier son âme avec la sienne, il la sentait tendue et anxieuse et cela le contrariait.
Elle devait le rassurer, le convaincre que ce n'était pas sa faute à lui.
Les cuisses écartées de chaque côté de ses hanches elle entreprit alors de faire passer et repasser son gland velouté et hypersensible entre ses plis. Ça glissait un peu. Une vague de plaisir intense l'emporta à nouveau. Soudainement au bord de l'extase, il lutta comme un fou pour ne pas exploser dans sa main.
-Rey, par le Créateur, il faut que tu arrêtes de faire ça…
-Je te veux en moi, souffla-t-elle en posant son front contre le sien.
Elle s'était remise à l'embrasser tendrement, sur les joues, le menton, sur les lèvres.
-Tu n'es pas encore prête, je risque de te faire mal…
Mais elle s'était déjà relevée. Elle avait guidé sa verge à l'entrée de son vagin et sans qu'il puisse l'arrêter, elle se laissa descendre lentement sur son membre.
Ben en eut le souffle coupé et il se mit à trembler. Elle, ne s'attendait pas à ça. Il avait raison, elle n'était pas prête. Ses muscles étaient trop contractés et le frottement de son pénis contre ses chairs lui arracha un gémissement d'inconfort.
-Rey, attends…Tu vas trop vite, s'écria-t-il en l'attrapant par la taille pour la freiner.
Une multitude d'émotions contradictoires se bousculèrent en elle avec en tête de cortège, la peur viscérale de le perdre. Elle ne sut pas pourquoi mais elle se revit dans la grotte obscure sur Ahch-To, face au mur lui renvoyant son reflet, les cheveux mouillés et le visage défait sur lequel vint se superposer le faciès monstrueux de l'Empereur. Elle était en train de craquer, de perdre le fil du plaisir mais elle voulait encore lutter, se raccrocher au corps de Ben et à ses sensations.
Elle ne l'écouta pas et s'abaissa encore jusqu'à sentir quelque chose céder sous la pression de son gland. Cette fois, elle ne put réprimer un petit cri de douleur.
- Rey, arrête ! hoqueta-t-il, pantelant et frissonnant à la vue de son sexe totalement enfoncé en elle.
Il profita du fait qu'elle cherche à reprendre son souffle pour la faire basculer sur le côté et se retirer le plus délicatement possible.
-Non Ben, ce n'est rien !
Elle tremblait comme une feuille et s'accrochait désespérément à ses avant-bras.
-Rey, je vois bien que quelque chose ne va pas ! Tu as l'air bouleversé. Tu bloques toutes mes tentatives de me connecter avec toi. Je ne comprends pas, qu'est-ce qui se passe ?
-Je te l'ai dit, je suis juste un peu nerveuse, je t'en prie, laisse-moi recommencer.
-Non, hors de question. Je donnerais n'importe quoi pour faire l'amour avec toi, mais pas de cette façon !
Cette fois, des larmes chaudes coulaient le long de ses joues et Ben, vibrant encore de la violence de leur étreinte, la dévisageait d'un air paniqué. Il s'empressa de la serrer fort contre lui et elle cacha son visage dans son cou. Elle n'avait plus la force de résister. Les barrières s'écroulèrent une à une et elle se raccrocha à la voix de Ben, qui murmurait des paroles douces contre ses cheveux et caressait tendrement le bas de son dos.
OoooooO
L'eau qui ruisselait à présent sur son corps lui procurait apaisement et bien-être. Debout sous le jet brûlant, les yeux fermés et l'esprit vide, elle tentait de se focaliser sur sa respiration. Un peu de sang avait coulé le long de ses cuisses avant de disparaître dans la petite évacuation à ses pieds. Son entrejambe brûlait encore un peu mais la douleur commençait à s'estomper.
Elle avait tout raconté à Ben. Elle lui avait parlé d'Isbé, de Naléa, de ses parents et de la terrible vérité qu'elle venait de découvrir : Sheev Palpatine alias Dark Sidious était son arrière-grand-père. Elle lui avait fait part de sa colère, de son dégoût, de sa détresse. Elle s'en voulait d'avoir agi ainsi avec lui, de ne pas lui avoir fait confiance, de s'être servi de lui et d'avoir gâché leur première fois.
Ben l'avait écouté sans l'interrompre, avec une expression indéchiffrable sur le visage. Une fois son histoire terminée, elle s'était levée et avait ramassé ses affaires éparpillées au sol. Il l'avait alors retenue par la main alors qu'elle avançait vers la petite salle de bain.
« Rey, s'il te plait » avait-il supplié mais elle ne s'était pas retournée. Elle avait juste murmuré d'une voix faible « Laisse-moi quelques minutes… » avant de retirer ses doigts et de disparaître dans la pièce voisine.
L'eau commençait à devenir plus fraîche et elle ferma le robinet. Elle se sécha puis attrapa son tas d'affaires sales et ouvrit le sonicateur qui contenait déjà la chemise de Ben. Elle sortit le vêtement propre et décida de l'enfiler. Ce n'était pas la première fois qu'elle portait une de ses chemises et le souvenir lui arracha enfin un sourire. Elle enfourna son linge dans l'appareil et rejoignit la chambre.
Ben était assis sur le lit, les bras posés sur ses genoux relevés. Il regardait le ballet des créatures aquatiques qui sillonnaient inlassablement les profondeurs du lac. Il avait tamisé la pièce et un jeu subtil d'ombres et de lumières mettait en relief les muscles de son dos.
Rey demeura dans l'embrasure de la porte, silencieuse et hésitante. Ce fut lui qui parla le premier.
-Quelle ironie n'est-ce pas ? Toi, la descendante de Palpatine et moi le petit-fils de Dark Vador…
Il n'y avait aucun cynisme dans sa voix. Rey y décela même une pointe d'amusement. Alors elle s'approcha timidement du lit et vint s'asseoir à ses côtés. Les yeux rivés sur le spectacle sous-marin, il inspira calmement. Le cœur de la jeune femme se serra et elle eut à nouveau envie de pleurer.
Qu'allait-il faire à présent ? Allait-il la repousser ? Venait-elle de détruire tout ce qu'elle avait mis tant de temps à construire avec lui ?
Elle était incapable de répondre et il reprit tranquillement.
-C'était écrit Rey… C'est la Force qui nous a réunis.
Les larmes de la pilleuse d'épaves coulèrent enfin, chaudes et libératrices et il tourna la tête vers elle avant d'ajouter :
- Je me fiche d'où tu viens. Je me fiche de qui sont tes parents. Je te l'ai déjà dit. Tu sais ce que je pense du passé.
-Ben, ce n'est pas aussi simple. On ne peut pas fuir le passé, ce que l'on est, quoi que tu en dises.
Son corps de géant lui fit alors face et l'intensité de son regard lui coupa le souffle. Ses doigts immenses se calèrent contre sa nuque tandis que ses pouces essuyaient les traînées d'eau sur ses joues.
-Tu ne comprends toujours pas… Je t'aime à en mourir, Rey.
Tout bascula en une fraction de seconde. Elle se sentit partir, emportée par un tourbillon d'émotions.
-Tu es la plus belle chose qui me soit jamais arrivée. Tu m'as sauvé. J'étais perdu dans ce gouffre d'obscurité et je croyais que c'était le seul chemin que je pouvais prendre, à cause de ce que j'étais, à cause de Snoke, de ce qui s'est passé avec Luke et à cause de ce que j'ai fait à mon père. Tu as débarqué de nulle part avec ta lumière, aveuglante comme un soleil, et tu m'as fait renaître. Je n'ai plus peur de le dire maintenant. J'aurais dû te le dire depuis longtemps.
Les lèvres de la jeune femme s'étaient mises à trembler. Ses doigts menus vinrent se poser sur les poignets de Ben comme pour s'assurer qu'elle n'était pas en train de rêver, qu'il était bien là en train de la toucher et de lui dire toutes ces choses merveilleuses.
-Je serais prêt à faire n'importe quoi pour toi. Affronter Hux, Elias, l'armée entière du Premier Ordre pour que tu sois en sécurité. Je ne veux pas te perdre… Je ne le supporterais pas.
Il attira son visage contre le sien et quand leurs fronts se touchèrent elle se rendit compte qu'il retenait sa respiration. Il attendait qu'elle agisse, qu'elle dise quelque chose…N'importe quoi.
-Je t'aime aussi, murmura-t-elle, et il laissa alors échapper un soupir de délivrance avant de l'embrasser passionnément.
Ils s'allongèrent dans le petit lit trop étroit, collés l'un contre l'autre comme si leurs vies en dépendaient, nez contre nez, bouche contre bouche, les jambes entremêlées et leurs cœurs battant à l'unisson. Ils se caressèrent longuement avec des gestes doux. Elle cala sa tête contre sa poitrine et la main de Ben passa sous les pans de sa chemise, effleura le haut de sa cuisse pour venir se poser à plat sur son bas-ventre.
-Je suis désolé pour…
-Ce n'est pas ta faute, c'est moi qui me suis jetée sur toi.
Elle ne voyait pas son visage, mais devina qu'il était en train de sourire. Elle sentait la fatigue engourdir son corps, sa tête. Elle était exténuée physiquement, moralement mais la pression se diluait lentement et l'aura de Ben rassérénait tout son être.
-Je n'ai pas menti ce soir-là dans la hutte sur Ahch-To. Tu n'es pas seule. Tu ne le seras jamais.
Elle entendit à peine ses mots, susurrés à son oreille, et s'endormit paisiblement avec le délicieux sentiment d'être aimée et en sécurité.
OooooO
Elle se réveilla en sursaut et son genou butta contre la cuisse de Ben. Les yeux hagards et l'esprit encore empêtré dans les affres de son rêve, elle tenta de calmer sa respiration et se figea quelques secondes en espérant ne pas l'avoir réveillé aussi.
Son rêve... Ou une nouvelle vision envoyée par la Force. Non. Ce n''était pas ça. C'était quelque chose de différent. Plutôt un souvenir, vague et imprécis, et elle réalisa soudain que ce souvenir ne lui appartenait pas. Elle l'avait cueilli dans l'esprit de Ben, quelques heures plus tôt, quand elle était entrée dans sa tête, et se figea d'horreur en repensant à ce qu'elle venait de voir.
C'était impossible… Par le Créateur.
Il avait envisagé se rendre au palais avec elle, à visage découvert, reprendre les rênes du pouvoir et balayer tous ses infâmes renégats. Après tout, il était aux yeux de tous encore le Suprême Leader du Premier Ordre.
Non. Elle ne pouvait pas y croire. Pas après tout ce qu'ils venaient de se dire. Pas après qu'ils se soient avoué leurs sentiments.
Elle tenta de se convaincre que l'idée lui avait juste effleuré l'esprit. C'était ça, un dessein un peu fou... Mais une sensation de malaise monta soudain en elle et elle se dégagea alors précautionneusement des bras de Ben pour quitter le lit et se retrouver debout, confuse et tétanisée au milieu de la chambre.
Ben dormait toujours. Elle le contempla un moment, magnifique et paisible en train de respirer calmement, allongé devant elle.
Elle ne pouvait pas prendre le risque. Elle ne pouvait laisser cela se produire.
Sur la pointe des pieds, elle gagna la salle de bain et récupéra ses affaires dans le sonicateur.
OooooO
Sa main se referma sur un espace vide à côté de lui. Il ouvrit un œil, puis l'autre, pour constater qu'effectivement Rey n'était plus là.
-Rey ? appela-t-il d'une voix encore rauque de sommeil avant de se racler la gorge.
Il n'avait jamais aussi bien dormi – ou du moins pas depuis très longtemps - même si, comme l'indiquait le petit boîtier affichant l'heure près de la porte, c'était encore le milieu de la nuit. Il se redressa, les mains à plat derrière lui sur le matelas et instinctivement, les poils se dressèrent sur sa nuque.
Il ne ressentait plus sa présence.
Il lui avait appris à atténuer sa signature énergétique pour échapper aux autres utilisateurs de la Force mais Rey n'était jamais parvenue à se dissimuler totalement quand lui, voulait la trouver. Le lien entre eux était trop fort.
Il se leva d'un bond et se dirigea vers la salle de bain pour vérifier. Personne. Le sonicateur était vide et sa chemise gisait sur le sol.
Était-elle sortie retrouver Finn et Rose ? Les autres rebelles ? Pourquoi alors ne l'avait-elle pas réveillé ?
Le sac de la jeune femme était toujours sur la table, à côté de la broche et son bâton appuyé contre la chaise. Pourtant un sentiment d'angoisse le saisit au ventre et le tic nerveux sous un œil gauche se manifesta. Alors, il se retourna brusquement et son regard se posa sur la petite table de nuit près du lit.
Son sabre laser aussi avait disparu.
OoooooO
Pile à neutrons* : je n'ai absolument aucune idée de ce que c'est, ni à quoi ça sert… Mais ça tient dans une petite valise.
