Chapitre 2: Tranches de vies
1er septembre 1989,
Huit ans s'étaient écoulés depuis que James et Lily avaient été tués par Voldemort, et pendant ce temps la famille s'était agrandie d'un garçon du nom d'Alexander « Alex » Brown, qui avait fêté son sixième anniversaire le 17 juin dernier. Les jumeaux, Jade et Lukas, avaient eu huit ans le 13 août. Chacun des enfants de Seth et Maria avait une particularité. Les jumeaux étaient métamorphomages et Alex, une catastrophe nucléaire sur pattes. Jade et Lukas avaient, la plupart du temps, des cheveux bleus et des yeux verts d'eau, pour Jade, et des cheveux violets clair et des yeux violets, légèrement plus foncés que ses cheveux, pour Lukas. Alex avait des cheveux roux et des yeux d'une jolie couleur ambre. Les jumeaux Potter avaient, eux, les cheveux châtains et les yeux verts, ceux de Logan étant un peu plus foncés. Ce matin là, pour le couple, c'était le branle-bas de combat. En effet, Logan et Chloé avaient maintenant onze ans et étaient sur le point d'entrer à Poudlard. Il était 10h du matin, Logan n'était toujours pas levé et cela commençait sérieusement à énerver sa tante, malgré les tentatives désespérées de son mari pour la calmer. La jeune femme finit par hurler:
« - Logan Camille Potter! Si tu ne te lèves pas immédiatement, on part sans toi! »
Il semblait que c'était la phrase à dire car en moins de cinq minutes, l'enfant fut en bas et prêt à partir. Sa tante secoua la tête. Quelques minutes plus tard, Maria, son mari et les jumeaux étaient en voiture, direction la gare. À 10h30, la petite famille passa la barrière de la voie 9 ¾. Les jumeaux étaient surexcités à l'idée d'entrer à Poudlard et émerveillés par ce qu'ils voyaient. Ils regardaient partout autour d'eux. Il fallut plusieurs minutes à leur tante pour enfin réussir à capter leur attention mais une fois que ce fut fait, elle leur dit:
« - Bon, les enfants, je ne vais pas tourner autour du pot. Vous connaissez le topo: soyez sage, écoutez vos professeurs, faites vos devoirs, etc… Et surtout amusez-vous bien et faites-vous des amis. Et envoyez-nous une lettre pour nous dire dans quelle maison vous êtes. Okay, les gosses ?
Les jumeaux répondirent d'une même voix, amusés:
« - Oui, tante Maria. »
Ils montèrent dans le train et firent un signe de la main aux deux adultes, qui y répondirent. Ils ne mirent pas longtemps à trouver un compartiment et chacun aida l'autre à hisser sa valise dans les filets. Il ne s'écoula que quelques minutes avant que la porte ne s'ouvre à la volée sur deux roux essouflés. Ils pénétrèrent dans le wagon et les jumeaux levèrent la tête. Logan s'adressa aux nouveaux venus:
"Vous êtes ?
- Fred…
- … Et Georges…
- … Weasley
- … Et on entre…
- … En première année
-... Et vous ? Conclurent-ils simultanément."
Cette fois, ce fut Chloé qui leur répondit:
"Chloé, et lui, c'est Logan. On entre en première année aussi."
Les deux rouquins hochèrent la tête et l'un d'eux, impossible de les différencier, demanda:
"Vous êtes jumeaux ?"
Logan répondit par l'affirmative et tendit la main aux deux rouquins qui la prirent. Logan et Chloé aidèrent leurs nouveaux amis à mettre leurs valises dans les filets prévus à cet effet. Ils étaient en pleine conversation quand quelqu'un frappa à la porte. Logan l'invita rapidement à se joindre à eux d'un vif:
"Entrez!"
Un garçon de leur âge ouvrit la porte et pénétra dans le compartiment. Il était plutôt grand pour son âge et avait des traits fins, qui présageaient qu'il ferait tourner bien des têtes à l'adolescence. Ses cheveux blonds roux ébouriffés et ses yeux gris ajoutaient à son charme. Le nouveau venu s'installa, les enfants l'aidèrent à s'occuper de ses bagages, puis se présenta:
"Cédric Diggory. Et vous êtes ?
- Fred et Georges Weasley.
- Logan et Chloé."
À cinq dans le compartiment, le voyage ne fut, et de loin, pas des plus calmes. Lorsque le contrôleur annonça l'arrivée en gare de Pré au Lard, ils récupèrèrent leurs valises et sortirent dans le couloir en continuant leur conversation. Ils descendirent du train et suivirent le garde chasse jusqu'au lac. Là, ils montèrent dans les barques mais ils étaient cinq et la limite était de quatre par embarcation si bien qu'ils durent se séparer et que, les jumeaux refusant toute scission de leur duo, Cédric monta dans une autre barque. La traversée fut pour le moins… mouvementée pour les deux paires de jumeaux, chacune essayant de faire tomber l'autre dans le lac. Ils n'y eut, heureusement pour eux, finalement aucune baignade forcée. Le garde chasse, un certain Hagrid, les laissa devant une double porte en bois où les attendaient une femme d'un certain âge. Elle se présenta comme étant le professeur McGonagall et leur fit un discours sur le fonctionnement général de l'école que, du point de vue de Logan, personne de normalement constitué n'aurait su écouter jusqu'au bout. Après cela, la directrice adjointe les mena jusqu'à une petite pièce, où ils patientèrent quelques minutes avant qu'elle ne revienne les chercher à nouveau. Ils la suivirent jusqu'à une immense salle où étaient placées quatre tables bondées de jeunes sorciers et espacées au milieu de sorte à former une allée. Il y en avait deux de chaque côté. La Professeur s'adressa à l'ensemble des nouveaux élèves :
"Bien. Lorsque j'appellerais votre nom, vous avancerez et vous placerez le Choixpeau Magique sur votre tête. Dit-elle d'une voix qui semblait presque solennelle."
Elle déroula un long parchemin et commença à égrener l'interminable liste des noms des nouveaux élèves:
« Anderson, Lucas »
GRYFFONDOR!
Un garçon blond aux étranges yeux violets rejoignit la table la plus à gauche et fut ovationné.
« Borrow, Alyssa »
SERPENTARD!
« Borrow, Thaïs »
SERPENTARD!
« Corey, Célestin »
SERDAIGLE!
« Carlton, Lewis »
GRYFFONDOR!
Le nom suivant intéressa davantage nos jumeaux préférés:
« Diggory, Cédric » fut envoyé à Poufsouffle sitôt que l'artefact magique eut touché sa tête.
Le défilé des noms continua. « Johnson, Angelina » et « Jordan, Lee » furent tous deux envoyés à Gryffondor. Puis, quelques minutes plus tard, vint le tour des jumeaux Potter:
« Potter, Chloé »
Encouragée par son frère, la jeune fille s'avança sous les murmures de tous ceux qui n'étaient pas au courant de leur existence. Elle s'assit et mis le Choixpeau sur sa tête.
Bonjour, jeune fille.
Bonjour.
Hmm… je vois du courage… beaucoup de courage… Mais… il y a autre chose… de la ruse… un peu d'ambition… de la loyauté également… mais… non… pas Poufsouffle. Pas Serdaigle non plus… Ce qui nous laisse Gryffondor ou Serpentard. As tu une préférence ?
Non, pas particulièrement.
Après réflexion, je pense que le mieux pour toi est d'aller à…
SERPENTARD!
Chloé, pas vraiment étonnée, enleva le Choixpeau et fit un clin d'œil à son frère, sans voir l'expression choquée des jumeaux Weasley. Cédric lui sourit et elle le lui rendit. Elle alla s'assoir à la table la plus à droite et écouta la suite. Elle voulait savoir où irait Logan. Elle n'eut pas longtemps à attendre pour avoir la réponse:
« Potter, Logan »
Comme sa sœur avant lui, il s'avança et mit le Choixpeau sur sa tête:
Encore un Potter, à ce que je vois.
Oui.
Hmm… Tu es courageux. Gryffondor te conviendrait parfaitement.
Je veux être avec Chloé.
Je pense que tu serais mieux à Gryffondor qu'à Serpentard.
Je veux être avec ma sœur.
En es-tu sur ?
Oui.
Très bien, puisque c'est ton choix. Tu iras à...
SERPENTARD!
Il reposa le Choixpeau et alla s'asseoir à côté de sa sœur, qui leva les yeux au ciel. Il la regarda et elle lui dit finalement :
"Tu es fait pour Gryffondor. Pourquoi… ?"
Il compléta :
"Pourquoi Serpentard ?"
Elle hocha la tête. Il répondit simplement :
"Pour être avec toi."
Elle ne fut pas vraiment surprise de sa réponse mais fut quand même contente qu'il tienne à elle au point d'aller dans une maison opposée à celle qui lui correspondait le mieux. Elle craignait, par contre, qu'il ne soit pas heureux où qu'il regrette sa décision. Ils n'avaient jamais été séparés et elle comprenait qu'il voulait qu'ils restent ensemble aussi longtemps que possible. Elle rit intérieurement en pensant qu'une telle loyauté était incontestablement digne de Poufsouffle.
« Spinnet, Alicia » fut envoyée à Gryffondor tandis que « Warrington, Cassius » les rejoignit à Serpentard. Et ce fut au tour des jumeaux Weasley.
« Weasley, Frédéric »
GRYFFONDOR
« Weasley, Georges »
GRYFFONDOR
Après cela, Dumbledore fit son discours puis des plats apparurent sur les tables. Une fois le banquet fini, les préfets emmenèrent les élèves jusqu'aux salles communes. Quelques minutes plus tard, cinq élèves de première année répartis dans trois maisons différentes dormaient profondément.
OoooO
4 Privet Drive, le même jour, quelques heures plus tôt,
Le paisible quartier de Privet Drive n'avait pas changé. À l'intérieur de la maison portant le numéro quatre, Pétunia Evans, ex-épouse Dursley, était affairée à préparer le petit déjeuner de quatre personnes. Pourquoi quatre ? Et bien parce qu'en plus de Pétunia et de son fils, Dudley, il y avait deux autres personnes qui vivaient là. Les jumeaux Potter, Harry et Thalia, avaient eu neuf ans un mois plus tôt, le 31 juillet. Ils avaient tous deux les cheveux noirs de jais de leur père et les yeux verts de leur mère, ainsi qu'une cicatrice, seul vestige de l'attaque qui avait fait d'eux des orphelins. Harry avait un éclair sur le front et sa sœur, un croissant de lune sur le poignet gauche. Si, huit ans plus tôt, la maison était remplie de photos du jeune Dudley, à présent, les choses avaient bien changé. Oh, bien sûr, il y avait toujours autant de photos du fils Dursley, mais d'autres étaient venues s'ajouter à la collection: Les trois enfants le jour de leur entrée en primaire, les jumeaux à chacun de leurs anniversaires, Dudley avec son cousin, les jumeaux le jour où, cinq ans plus tôt, elle leur avait demandé s'ils étaient d'accord pour qu'elle les adoptent, les trois enfants le jour de l'adoption… À l'heure actuelle, les trois enfants dormaient profondément mais l'adulte savait qu'ils n'allaient pas tarder à se lever. Elle repensa aux événements qui l'avaient conduite à demander le divorce: lorsqu'il avait appris qu'elle portait son enfant, Vernon, son époux, s'était mis à changer de comportement du jour au lendemain, le jeune homme auparavant doux et tendre, en apparence fou amoureux, avait laissé place à un homme jaloux, colérique et violent, presque tyrannique, révélant son vrai visage. Il ne lui laissait presque plus de liberté, ne la laissant voir ses amis que lorsqu'ils venaient chez eux… Lorsqu'il avait levé la main sur elle pour la première fois, elle n'avait pas réagit, pensant qu'il ne s'agissait là que d'un accès de colère. Il avait pourtant recommencé, encore et encore. Elle décida de demander le divorce le jour où il menaça de s'en prendre à Dudley. Elle fut tirée de ses sombres pensées par des bruits de pas, et sourit à ses enfants. Elle les salua:
"Bonjour les enfants."
Les trois enfants répondirent d'une même voix:
"Bonjour Maman."
Ils s'installèrent à table et elle les servit. Quelques minutes plus tard, elle les déposa à l'école et, comme tous les matins depuis maintenant huit ans, passa au cimetière où reposaient ses parents. Ils étaient décédés lors de sa septième année, dans un accident de voiture, et, suite à cet événement, elle avait pris soin de sa sœur, âgée de 13 ans à l'époque et plus touchée qu'elle par le drame, et lui avait fourni un toit jusqu'à la fin de ses études. Prendre soin de ses neveux orphelins lui semblait être la suite logique des évènements.
OoooO
Le même jour, à 8h, dans un petit village à l'écart de tout,
Un homme d'une petite trentaine d'années regardait le soleil se lever. L'astre du jour miroitait dans ses yeux ambres, leur donnant de subtils reflets dorés. Ses cheveux blonds miels avaient poussés de plusieurs centimètres et lui arrivaient désormais aux épaules. Huit années s'étaient écoulées depuis qu'il avait plus ou moins kidnappé les jumeaux Potter. Jumeaux Potter qui avaient eu huit ans le 12 juillet. Les dits jumeaux étaient très différents sur le plan physique. En effet, Thomas avait les cheveux noirs de jais typiques des Potter et des yeux ambre très clairs. Sa sœur, Sarah, les cheveux roux de leur mère et les yeux noisettes de leur père. Remus Lupin, car c'était bien de lui qu'il s'agissait, ne regrettait en aucun cas son geste, car il savait que s'il les avaient laissés là-bas, c'était l'orphelinat qui les attendaient, dans le meilleur des cas. Dans le pire des cas… il n'osait même pas imaginer ce qui se serait passé. Les deux petits seraient probablement morts de faim avant que quelqu'un ne les trouvent, et lui n'aurait jamais pu se le pardonner. Il secoua la tête pour chasser cette sombre pensée. Aujourd'hui les jumeaux allaient bien et, pour lui, c'était tout ce qui comptait. Il retourna à l'intérieur, préparer le petit déjeuner des deux terreurs en culotte courte qui partageaient sa vie. Quelques minutes plus tard, son attention fut attirée par un bruit de cavalcade dans l'escalier et des cris de protestation en provenance de l'étage. Il leva les yeux au ciel, apparemment exaspéré, mais le sourire attendri qui étirait ses lèvres prouvait qu'il n'en était rien. Il les adorait, ses petits monstres. À ce moment là, les jumeaux descendirent en courant et en se bousculant à moitié. Remus décida d'intervenir en les séparant avant qu'ils ne mettent sans dessus-dessous toute la maison :
"Thomas, tu lâches ta sœur. Sarah, tu arrête de le pousser. Dit-il d'une voix ferme, mais douce"
Les deux enfants adoraient leur tuteur mais savaient qu'il ne valait mieux pas le mettre en colère, aussi s'exécutèrent-ils de bonne grâce. Ils se mirent à table puis Remus accompagna ses protégés jusqu'à la petite école du village. Ici, tout le monde le connaissait et les gens n'hésitaient pas à lui demander un coup de main. Il eut une pensée pour les aînés Potter, qui entraient à Poudlard aujourd'hui. Ils avaient trois ans la dernière fois qu'il les avaient vus et il se demanda vaguement où ils étaient. Il espérait juste qu'ils étaient heureux, et ensemble, mais connaissant Dumbledore celui-ci avait dû s'assurer qu'ils ne soient pas séparés. Il l'espérait en tout cas. Il s'était toujours demandé pour quelle raison Dumbledore n'avait pas emmené les jumeaux en même temps que leurs aînés. Après tout, le vieux directeur étant le sorcier le plus puissant de son temps, ce n'était pas quelques orphelins qui allaient lui causer des problèmes. Le jeune adulte continua son tour quotidien du village, saluant joyeusement ceux qu'il croisait. Une fois qu'il eut fini sa promenade, il rentra chez lui et enleva sa veste. Ensuite il attendit le coup de téléphone journalier de l'école des jumeaux. La directrice l'appelait tous les jours, mais jamais pour la même raison, bien que celle-ci impliqua toujours ses deux protégés. Et en effet, cela ne manqua pas, quelques minutes plus tard, l'adulte décrochait le téléphone:
"Allo ?
- Allo ? Mr Lupin ?
- Oui ? l'interrogea-t-il en soupirant, se préparant à l'avance à une mauvaise nouvelle. Laissez moi deviner… Les jumeaux se sont encore battus ?"
Il entendit son interlocutrice soupirer de l'autre côté du combiné et se prépara au pire.
"Eh bien, en fait… non. Il semblerait que les cheveux de leur professeur aient changé de couleur sans aide extérieure, et devant toute la classe. Et tous leurs camarades affirment n'y être pour rien."
Evidemment. Il n'y avait qu'eux, pour faire de la magie accidentelle en public. Même s'il avait peur de la réponse, il demanda :
"Et eux, ils disent quoi ?
- C'est justement ça, le problème. Ils affirment qu'on ne peut les accuser sans preuves, mais quand je leur ai demandé s'il avaient une idée de l'identité du responsable, ils ont refusé de répondre."
Le jeune homme ferma les yeux et soupira. Il dû se retenir très fortement de se taper la tête contre le mur et se contenta de dire qu'il arrivait tout de suite et de raccrocher, puis il transplana devant les grilles de l'école. S'assurant que personne ne l'avait vu, il prit la direction du bureau directorial. Lorsqu'il arriva à destination, il constata que les deux enfants étaient déjà là. Le regard qu'il leur lança exprimait toute la déception que lui inspirait cette entorse aux quelques règles qu'il leur imposait, la règle d'or étant: pas de magie en présence de moldus. Ils eurent le bon sens de baisser les yeux, penauds. Il entra dans le bureau et s'assit quand la jeune femme l'y invita. Après quelques minutes de discussion, il ressortit dans le couloir. Il passa sans un mot devant les deux enfants qui attendaient et rentra chez lui. Il transplana directement chez lui. Cette fois, il était vraiment en colère. Les jumeaux avaient dépassé les bornes. Lorsqu'ils rentrèrent de l'école, le soir même, il n'avait pas décoléré. C'est pourquoi il leur demanda de descendre aussitôt qu'ils auraient fini leurs devoirs. Dès qu'ils furent descendus, encore trop furieux pour parler, il leur fit signe de s'asseoir. Ils obéirent sans broncher. L'adulte prit la parole:
"Pouvez vous me rappeler la première chose que je vous ai appris quand je vous ai parlé de vos parents ? dit-il d'une voix calme, s'efforçant de contenir sa colère."
Les jumeaux se regardèrent puis Thomas dit d'une petite voix:
"Pas de magie devant les moldus.
- Exactement, confirma sèchement Remus. Alors comment expliquez-vous ce qu'il s'est passé aujourd'hui ? ajouta-t-il. Il pris une grande inspiration et essaya de se calmer."
La réponse fut instantanée, et unanime:
"C'était pas nous ! s'exclamèrent-ils d'une même voix."
Remus leva les yeux au ciel et répliqua:
"Mais bien sur. Vous êtes, à ma connaissance, les seuls sorciers de votre classe et vous voulez me faire croire que vous n'y êtes pour rien ? dit-il sur un ton ironique. Vous avez encore trois ans à passer dans cette école avant d'entrer à Poudlard. Vous avez intérêt de vous tenir à carreau, où je vous envoie dans un pensionnat moldu plutôt qu'à Poudlard. ajouta-t-il. À la prochaine bêtise, quelle qu'elle soit, c'est le pensionnat. Jusqu'à votre majorité moldue. Est ce que c'est bien clair ?"
Il était conscient qu'une telle réaction pouvait paraître un peu extrême mais également que c'était la seule qui soit assez radicale pour les calmer pour de bon. Lui savait qu'il ne serait jamais assez cruel pour mettre à exécution une telle menace mais qu'il valait mieux que les jumeaux pensent le contraire, s'il voulait qu'ils arrêtent de défier en permanence son autorité.
La réaction des jumeaux fut immédiate. Ils blêmirent brusquement, échangèrent un regard horrifié, hochèrent la tête d'un air terrifié et s'empressèrent de dire d'une voix paniquée:
"Oui Remus !"
Ils savaient qu'il était très sérieux et pensaient qu'il en était parfaitement capable. Après cela, il les envoya dans leur chambre sans manger.
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Poudlard, le lendemain,
Aussitôt levés, les jumeaux retrouvèrent Cédric à l'entrée de la grande salle. Ils attendirent Fred et Georges mais les deux Gryffondor passèrent devant eux sans un regard et Cédric leur expliqua que les Weasley haïssaient la maison Serpentard et que les jumeaux avaient dû être élevés dans cette optique là. Les Potter hochèrent la tête mais ils étaient déterminés à récupérer l'amitié des deux Gryffondors et le jeune Poufsouffle apprendrait vite que rien ni personne ne résistait à Logan et Chloé Potter, pas même une haine séculaire, pour ne pas dire millénaire, entre deux maisons.
Pendant quelques semaines, Cédric fit le hibou, passant d'un duo à l'autre, jusqu'au jour où les deux Serpentards eurent l'idée du siècle. Il leur fallut plus d'un mois pour mettre en place ce qu'ils appelaient Le Plan Reconquête et un matin d'octobre, ils purent le mettre à exécution.
Ce jour là, tous les élèves se réveillèrent avec une combinaison et une arme à côté de leur lit. Avec, il y avait un mot précisant comment enfiler la combinaison et que l'arme n'était pas une vraie et qu'il s'agissait en fait de fusils conçu pour être chargés avec des billes de peinture. Une fois que tout le monde eut compris les instructions données, une voix désincarnée donna le « coup d'envoi ». Les professeurs tentèrent bien d'intervenir, mais le trio d'organisateurs leur expliqua qu'il ne s'agissait pas de vraies balles mais de billes de peinture et que c'était totalement sans danger. L'intervention du directeur, venu saluer en personne ce qu'il appelait « un coup de maître », fut tout de même nécessaire pour dissiper totalement leurs craintes. À partir de là , ils décidèrent qu'ils pouvaient se permettre de laisser faire et toute la journée, le château résonna des rires des élèves, des cris de victoires de ceux qui atteignaient leurs cibles et des plaintes des victimes…
Cédric profita du vacarme ambiant pour parler à Fred et Georges. Les deux Serpentard ne surent jamais ce qu'il leur avait dit exactement mais en tout cas, ce fut efficace car, quelques jours plus tard, les deux Weasley vinrent les voir pour s'excuser et ce fut le début d'une amitié dévastatrice, aussi bien pour Poudlard que pour ses habitants.
