Une heure… déjà une heure que Marinette et Adrien discutaient au petit café et le directeur était déçu de voir qu'il lisait toujours la peur dans les yeux de sa styliste. Il avait vraiment tout gâché. Cette nouvelle révélation aurait pu les rapprocher, après tout, c'était le Papillon qui les avait réunis la première fois. Mais non, il fallait qu'il perde contrôle et l'éloigne du même coup. Le problème était qu'il était impossible de régler tout à lui seul. Trop de personnes étaient impliquées maintenant, il ne pouvait garantir les faits et gestes de chacun et c'était évidemment cela qui inquiétait le plus la coccinelle.

« Le Paon… »

C'était la cinquième fois que la demoiselle répétait ces mots en moins de 10 minutes. Elle était sous le choc, leur ennemi n'était pas totalement hors d'état de nuire. Pire encore, une présumée alliée se trouvait dans leur environnement proche et connaissait leurs identités. Les choses n'allaient pas en s'améliorant et un jeu de mot n'allait sûrement pas calmer le jeu. Mais dans toute sa spontanéité, le jeune homme en osa tout de même un.

« Ouais, le paon-pillon. »

Mais quelle mauvaise décision. Le regard que lui lança sa coéquipière était tout sauf amical. Stupéfaction, peur, colère, réprimande… tout sauf le sourire en coin qu'elle lui réservait d'habitude lorsqu'il tentait un calembour. Le téléphone de la styliste vibra pour la énième fois.

« Michel? »

Elle feint de ne pas avoir entendu la question. Elle avait déjà ignoré tellement de messages de Michel depuis le début de la journée, qu'il pourrait décemment penser qu'elle en avait contre lui. Elle n'avait pas le cœur à ça, pas le cœur à se sentir coupable, pas le cœur à gérer une relation qu'elle ne comprenait même plus elle-même, pas le cœur à se mentir plus longtemps. Michel pouvait attendre, il y avait beaucoup plus urgent.

À l'appartement d'Adrien où s'étaient réunis Nathalie, Nino et Alya, le climat n'était pas moins tendu. Adrien avait envoyé un bref message à la rousse pour l'informer qu'il avait retrouvé Marinette mais c'avait été totalement inutile. Moins de deux minutes après que la photo ait apparu sur le blogue de l'entreprise, Gabriel Agreste avait contacté sa secrétaire pour comprendre. Deux de ses employées avaient été vues avec le superhéros dans Central Park. Que faisait-il en costume à un moment où, apparemment, aucun évènement ne requérait sa présence? Comment avait-il retrouvé Marinette dans tout New-York? Parce qu'il le savait, ce n'était pas la première rencontre entre sa styliste en chef et le félin. À plusieurs reprises, lors des attaques du Papillon, Chat Noir était intervenu pour sauver Marinette. Savait-elle quelque chose à son sujet?

Il devait savoir, il n'avait jamais été aussi près de découvrir l'identité des deux superhéros. Après avoir raccroché avec Nathalie, l'homme poussa un soupir. Elle ne lui avait été d'aucune aide. Marinette n'était pas avec elle et elle ignorait pour quelle raison elle était présentement dans Central Park avec le superhéros. Il zooma un peu plus la photo et focussa sur les boucles d'oreille de la jeune fille. La réalisation le frappa et, de colère, il abattit son poing sur le bureau. Il n'était pas dans les habitudes de Gabriel Agreste de quitter sa demeure, mais peut-être que pour réaliser son rêve le plus cher, cela devenait son ultime solution. Le défilé de Los Angeles avait lieu dans deux semaines, il y serait.

Adrien avait réussi à sortir sa coéquipière du café et à la convaincre de le suivre dans son appartement. Mais le malaise persistait entre eux. Tout au long du trajet, elle l'avait proprement ignoré, s'étant rapidement éclipsé par le biais de son téléphone, rejoignant enfin son copain pour l'assurer que tout allait bien.

Mais Michel n'était pas fourbe. Le ton de sa copine était tout sauf convaincant. Pire encore, elle lui semblait plus fébrile que jamais. Il l'avait invité à le rejoindre chez lui pour une soirée en amoureux, mais elle avait poliment refusé, lui opposant que les détails du défilé n'avaient pas tout été réglés la veille et qu'ils devaient, à nouveau, se rencontrer chez Adrien pour finaliser le tout. En raccrochant, le jeune homme grogna. Marinette avait toujours été passablement occupée, mais elle lui avait toujours réservé son samedi soir. Et même si le défilé de Los Angeles était un évènement important, il se serait attendu de sa copine qu'elle lui offre une alternative attrayante. Mais non… son ton avait été légèrement froid. Les paroles de réconfort qu'elle avait tenté de communiquer avaient sonné faux. Et il savait qu'elle était présentement avec Adrien, il l'avait entendu lui poser une question alors qu'ils conversaient. Il s'assit mollement, se préparant à la conclusion qu'il tirerait de tout ça. Il était temps de rendre les armes, il n'était pas de taille avec Adrien Agreste… pas aux yeux de Marinette et peu importe ce qu'elle en disait.

Alya serra sa meilleure amie dans ses bras aussitôt qu'elle passa la porte. Elle avait été inquiète, très inquiète. Le premier regard de la styliste fût cependant réservé à Nathalie. David était venu les rejoindre et la secrétaire, blottie dans ses bras, ne payait pas de mine. Marinette ne l'avait jamais vue ainsi : le regard vide, le teint blême, elle se laissait totalement aller dans les bras de son amoureux qui lui caressait doucement la joue, lui susurrant des paroles de réconfort. Le cœur de la styliste brisa littéralement face à cette vision. Elle se dégagea des bras de son amie et avança doucement en direction de Nathalie.

« Nath? »

La secrétaire releva lentement la tête pour rencontrer son regard.

« On peut parler dit? »

Sans même donner de réponse, elle prit la main que lui tendait la superhéroïne, se leva et la suivi sans broncher dans la chambre d'Adrien. Lorsque ce dernier tenta de les suivre, la coccinelle l'arrêta d'une main.

« Oh non mon minou. Cette fois-ci c'est juste entre filles. »

« Mais… »

« J'ai besoin de calme, elle a besoin de calme et tu es tout sauf calme. »

Alors qu'elle refermait la porte, le garçon retourna s'asseoir penaud à côté de son meilleur ami qui tenta de lui redonner le sourire.

« Je crois qu'elles complotent pour te prendre ton miraculous mec. »

Le regard d'Alya, tout autant que celui d'Adrien lui confirma que sa blague était loin d'être la bienvenue. La journaliste changea rapidement de sujet, questionnant Adrien sur la conversation qu'il avait eu avec Marinette. Elle se doutait bien que sa copine était tout sauf à l'aise avec la situation, mais elle aurait voulu se tromper. Tous les efforts que le jeune homme avait mis jusqu'à maintenant pour reconquérir sa partenaire avaient été vains. Tout était à recommencer.

« Et hier soir? »

« Quoi hier soir? »

« Allez me prend pas pour une idiote, vous étiez tous les deux seuls dans ta chambre. Qu'est-ce qui s'est passé? »

À la grande satisfaction de la journaliste, Adrien rougit. « Rien. »

« Adrien… »

« Tu veux qui se soit passé quoi? On venait d'apprendre que mon père est le papillon, tu te rappelles? »

« Et tu vas me faire croire que vous vous êtes simplement assis face à face pour discuter toute la nuit, pas de câlins, pas de réconforts, rien du tout? »

« Il y a eu quelques câlins… »

« Et? »

« On s'est embrassé… mais c'est tout. »

« C'est tout? C'était tout de même pas que des baisers sur les joues, dis-moi. »

Le regard qu'il lui fit voulait tout dire.

« Je le savais… Tu sais que pour une fille, embrasser c'est la partie la plus significative, non? »

« Bah, je te rappelle que depuis, elle m'a repoussé… encore. »

« Et tu sais si elle a parlé à Michel depuis? »

« Ouais, tout au long du trajet en venant ici. »

« Et? »

« Et quoi? »

« Elle avait l'air comment au téléphone. Elle s'excusait pitoyablement, elle le complimentait sans fin, quoi?»

« Non, je… je sais pas… elle était juste… normal. »

Elle se tapa dans les mains d'un air victorieux.

« Quoi, qu'est-ce que j'ai dit. »

« Tu connais Marinette… lorsqu'elle se sent coupable, elle se lance dans les compliments et les excuses comme si sa vie en dépendait. »

« Et alors, elle est préoccupée par autre chose, c'est tout. »

« Nathalie est préoccupée par autre chose et c'est dans les bras de David qu'elle s'est réfugiée. Moi je dis que Michel sera bientôt plus qu'un mauvais rêve beau blond. »

« Ouais, bin je le croirai quand je le verrai. »

Dans la chambre, les deux femmes se jetaient des regards timides. Marinette savait qu'elle devait se montrer à la hauteur de la situation. Elle était Ladybug, elle avait toujours trouvé des solutions, aussi farfelues soient-elles, à chacun des problèmes qu'elle avait rencontrés. Elle devait être celle qui apporterait les réponses, elle devait être celle qui ferait le premier pas.

« Nathalie… je… »

Elle prit une grande inspiration.

« J'aimerais savoir que je peux avoir confiance en toi. »

Maintenant que la première phrase avait été dite, elle se sentait déjà plus courageuse.

« M. Agreste, sans miraculous, constituait déjà une menace de taille. Maintenant, si tu dis qu'il est en possession du miraculous du paon, il faut se montrer très très prudent envers lui. »

Nathalie hocha timidement la tête. Une faible lueur s'était allumée dans ses yeux. Maintenant qu'elle savait, cela lui paraissait évident. Marinette était Ladybug, sans aucun doute. Tout dans son attitude du moment transpirait l'héroïsme. Face à cette nouvelle menace, elle semblait rayonner de l'aura charismatique qui avait charmé les citoyens de Paris, Nathalie y compris. À cet instant même, elle voulait suivre la coccinelle dans cette bataille, elle voulait être à la hauteur.

« Tu as été très courageuse de nous apprendre tout cela. Je n'ose même pas imaginer les conséquences si M. Agreste venait à l'apprendre. C'est pour cela que nous souhaitons t'impliquer le moins possible dans notre plan. Cependant, nous ne voulons pas te mettre à l'écart non plus. Non seulement parce qu'il est important de voir à ta protection mais surtout parce que, avec tout ce que tu es passé au travers, ça devient ta bataille à toi aussi. »

Plus elle parlait, plus la secrétaire se sentait revivre. Marinette comprenait, elle comprenait chaque petite parcelle de son âme torturée. Bien sûr, qu'elle avait peur des représailles, son patron était un ennemi redoutable. Mais elle ne voulait pas être mise à l'écart, jusqu'au plus profond d'elle-même, son âme criait vengeance. Elle souhaitait plus que tout remettre la monnaie de sa pièce à celui qui lui avait volé une bonne partie de sa vie.

« Marinette, je veux que tu aies confiance en moi… je… »

La styliste lui mis une main sur l'épaule pour l'encourager à parler.

« J'aimerais que tu me fasses confiance. Je suis avec vous. Je… je sais que tu dois te méfier. Dis-moi ce que je dois faire pour que tu me croies. J'ai besoin de vous. Toi et Adrien. Ladybug et Chat Noir. »

Au moment de prononcé ces derniers noms, une lueur enthousiaste et pleine d'espoir s'était allumée dans les yeux de Nathalie. Marinette l'avait vu et pour elle, cela constituait une bonne base à cette nouvelle association. Mais elle avait besoin de plus.

« Premièrement, fini les secrets Nathalie. Tu devras tout nous raconter depuis le début et tu devras aussi tout nous dire au moment où il communique avec toi. Nous devons être préparés. »

La secrétaire hocha la tête, cette fois de manière plus déterminée.

« On va aller rejoindre les autres. On va mettre nos idées en commun et dresser un plan infaillible. »

En sortant de la chambre, la première vision de Marinette fût Alya, une main sur l'épaule d'Adrien, signe évident de réconfort. Elle se doutait bien de leur sujet de conversation. Sa meilleure amie n'avait jamais tourné la page sur la relation des deux superhéros. La rousse se leva et alla à sa rencontre.

« Hey… de la pizza dans la plus pur tradition de New-York. J'ai toujours rêvé de manger une de ses grosses pointes qu'on peut plier… »

Derrière son amie, elle vit les yeux de Nino briller devant la suggestion. Il en avait visiblement autant envie, sinon plus, que sa copine. Elle éclata de rire.

« Je sens que je ne me ferai pas d'ami en refusant. »

« Yay »

Adrien se leva et alla prendre des bières au frigo. Lorsqu'il en tendit une à Marinette, elle hésita. Jetant un coup d'œil à Nathalie, elle n'avait pas du tout l'air ravie de la situation.

« Je ne crois pas que ce soit une très bonne idée, je… »

La secrétaire la rejoint en quelques pas à peine, fouilla dans son sac et lui remit son portable. « Le code c'est 020288. S'il appelle, tu ne réponds pas. S'il texte, dis le moi. Je vais lui répondre. Je te le laisse pour la nuit, je souhaite que de m'en débarrasser de toute façon. Pour ce soir, on s'amuse. Les dernières 24 heures ont été pénibles pour tout le monde. »

La styliste hocha la tête, un peu abasourdie alors que Nathalie retournait s'installer auprès de David. Elle fût réveillée par Adrien qui agitait doucement la bouteille de bière devant ses yeux.

« Tu te laisses tenter. »

Elle jeta un regard circulaire et croisa les regards suppliants des autres personnes présentes. Il y avait des années qu'elle les connaissait et elle n'avait jamais hésité à laisser sa vie entre leurs mains. Puis elle, revint au regard d'Adrien. Doux, calme, amoureux… elle n'avait jamais connu rien d'aussi apaisant dans sa vie, et ce même si elle avait passé les dernières semaines à se convaincre du contraire. Elle lui rendit son sourire et lui prit la bouteille des mains.

Alya émit un petit cri de victoire. « Ça c'est ma fille. »

Elle se posta bien en évidence au milieu de tous. « Ok, donc ce soir, interdit de se faire du souci ou d'être malheureux. On connait l'ennemi, c'est une excellente nouvelle. Maintenant, on fête cette nouvelle. Beau blond, donne-moi le numéro du resto qui fait la meilleure pizza en ville. »

La soirée se déroula sans anicroche. Une véritable ambiance amicale et festive hantait le petit appartement. Pour Nino, Alya et David, cela allait de soi. Pour les trois autres, il fallut à plusieurs moments réprimés les pensées sombres et les inquiétudes. À un moment donné, le DJ suggéra de se faire des forts dans le salon et d'écouter des films comme des gamins. Les garçons sortirent les matelas des chambres, allant jusqu'à déménager le matelas de l'appartement de Nathalie. Les filles rassemblèrent tous les coussins et les couvertures qu'elles pouvaient trouver. Ils déplacèrent des meubles pour se construire des murs de fortune et après une heure de travail et de fou rire, les 6 adultes un peu éméchés se retrouvaient avec trois refuges, plus ou moins bien construits où ils purent s'installer et se préparer à la projection.

L'activité s'était déroulée si naturellement que ce n'est qu'au moment de prendre place que Marinette eut conscience qu'elle devrait partager sa tanière avec Adrien. Elle restait plantée devant ce qui devrait lui servir de lit pour la nuit en le fixant d'un air perplexe. Alors que les garçons étaient allés se ravitailler en cuisine, Alya en profita pour sermonner son amie.

« Hey, je sais à quoi tu penses et crois-moi, tu vas arrêter de te conter des bobards et t'installer avec ton bel adonis là-dedans pour la soirée. »

« Mais… Michel… »

« … est un bien gentil garçon, mais il devra trouver quelqu'un qui l'aime pour vrai. »

« Alya! »

« Mari, je ne sais plus comment te l'expliquer. Il n'y a personne d'autre que toi pour Adrien. »

La styliste fixait toujours son petit nid, envahie par la culpabilité. Parce que non seulement, elle savait qu'elle finirait par s'y installer, mais aussi parce qu'elle en avait réellement envie. Avec tout le travail qu'avait demandé le déménagement des matelas, Adrien avait fini par retirer son t-shirt. Torse nu, il l'avait toujours fait craquer. Le manque de sommeil et l'alcool la fragilisait énormément et tout ce qu'elle voulait s'était de se blottir contre lui.

« Repense à hier soir ma belle. Te souvenais-tu seulement de comment il embrasse? »

« Il te l'a dit. »

Le grand sourire de son amie répondit à sa place.

« Ce n'est qu'une question de temps ma belle avant que tu craques à nouveau. À ta place, je commencerais à réfléchir à ce que je dirais à Michel pour rompre avec lui. »

« Alya! »

La rousse lui répondit par un regard sévère qui voulait tout dire et les garçons revenaient sur l'entrefaite. Les bières lui ayant fourni tout le courage dont il avait besoin, Adrien arriva derrière elle, silencieux comme le félin qu'il était, et il lui souffla à l'oreille. « Tu t'installes avec moi? »

Elle ne réussit pas à réprimer le frisson de désir et il n'en manqua rien. Il osa un peu plus et alla embrasser une de ses épaules. Fermant les yeux de plaisir, elle fit appel à toute sa volonté pour lui répondre.

« Si tu me promets de ne plus recommencer cela, oui. »

Il leva les bras défensivement. « C'était simplement pour être gentil. » Il alla prendre place dans leur abri. Très lentement, pour ne pas paraître trop heureuse de la situation, elle alla le rejoindre. Elle laissa cependant un bon espace entre eux deux, bien déterminé à éviter toute forme de tentation. Mais le film n'avait pas commencé depuis 5 minutes qu'il s'était rapproché et avait passé un bras autour de sa taille pour la ramener vers lui. Les émotions des dernières heures l'avaient poussé à bout. Il avait fini de courir, elle était à lui et elle allait le comprendre.

Un film et quelques bières plus tard, la plupart s'étaient endormis. Adrien lui veillait encore. Comment pouvait-il dormir avec ce qui lui pendait au-dessus de la tête et surtout avec qui était étendu à ses côtés. Il ne voulait pas profiter d'elle mais elle était comme un aimant.

Il se releva sur un coude et l'observa pendant qu'elle dormait. Il commença par lui caresser le bras, ce qui la réveilla partiellement. Elle jeta un œil paresseux dans sa direction.

« Chaton… qu'est-ce que tu fais. Tu dors pas? »

Il lui fit un tendre sourire et alla caresser ses cheveux.

« Pas capable. »

« Ton père? »

Il passa le revers de sa main sur sa joue, puis un index sur son menton en hochant doucement la tête.

« Et toi? »

Avec un air faussement agacé, elle se retourna pour lui faire dos.

« Ah… Chaton. »

Mais il n'allait pas la laisser s'en sortir si facilement.

Il se recoucha et l'attira d'un bras pour que le dos de la jeune fille vienne se coller à son torse.

« Adrien! Ah… » La dernière expression fût empreinte de satisfaction et de plaisir. Le garçon avait commencé à l'embrasser dans le cou et à promener les mains sur ses flancs. Il cessa quelques secondes pour lui murmurer à l'oreille. « Je t'aime. »

Ces paroles envoyèrent une vague de chaleur dans tout le corps de Marinette. Le désir s'était emparé d'elle. Elle passa un bras vers l'arrière pour aller lui caresser les cheveux alors qu'il multipliait les baisers dans son cou, ses oreilles, sa mâchoire. Elle ne devait pas le laisser faire, elle avait Michel. C'était le trahir, le tromper. Mais son corps la trahissait cruellement et son esprit affaibli par trop de choses n'était plus en mesure de combattre. Son cœur clamait la victoire par rapport à sa tête et, sans prévenir, elle se retourna pour aller connecter leurs lèvres.

La veille, le réconfort avait guidé ses gestes et les baisers avaient servi de bouées auxquelles se raccrocher dans cette tempête d'émotions. Mais maintenant, son cœur voulait exploser de bonheur, son corps brûlait de désir et la réalité qu'elle vivait présentement, éclipsait de loin tous les rêves qu'ils avaient partagés dernièrement… et on en était qu'au début.

Rapidement, il lui enleva son chandail et elle alla coller ses seins sur le torse parfait de son partenaire en l'embrassant toujours plus passionnément. Ils tentaient de faire le moins de bruit possible, ne voulant pas réveiller les autres occupants du salon, mais leurs respirations se faisaient de plus en plus bruyantes et les gémissements de plaisirs, même étouffés par la bouche de l'autre, étaient impossibles à taire.

Ils sortirent de leur cachette sans se lâcher plus d'une seconde et se dirigèrent dans la chambre d'Adrien. Le matelas n'étant plus en place, il la plaqua carrément sur le premier mur qu'il trouva, ses mains cherchant chaque centimètre de sa peau. Elle commença à détacher ses pantalons, passa les mains sous l'élastique de son boxer en quête de son membre si chaud, si doux. Au moment où elle atteignait sa cible, il s'écarta de ses lèvres avec un gémissement.

« Mari… ah Mari… dis-moi que tu vas quitter Michel. »

Elle ouvrit les yeux d'un coup sec et cessa toute caresse.

« Mari? »

« Il faut qu'on arrête. »

Elle tenta de se défaire mais il lui saisit les poignets.

« Non... Mari… »

Elle le fixa dans les yeux avec un regard d'avertissement.

« Adrien. »

Il ne broncha pas.

« Je ne tromperai pas mon copain. »

Tentant de lire son regard, il comprit que son idée était faite. Il la connaissait trop bien, elle ne changerait pas d'avis. Sans la lâcher, il relâcha tout de même sa prise.

« Dis-moi que tu vas le laisser… »

Elle baissa le regard. « Laisse-moi dormir là-dessus. » Elle se défit et quitta la chambre.

Elle n'était pas encore au salon lorsqu'elle entendit le bruit d'un poing qui s'abattait sur le mur.