Chapitre 5 : La rentrée

Bonsoir!

Dans les prochains chapitres on verra beaucoup la relation Harry/El et Hermione/El évoluées, j'espère que ça vous plaira!


- Bon, Papa, tu peux mettre la deuxième ? Mary, Sherlock et Rosie sont déjà sur place, je soupire, excédée face à la lenteur à laquelle il peut rouler.

Papa arrête pas d'écouter des chansons déprimantes, genre Lana Del Rey ou Adèle et de base, c'est un fan de classique. Autant vous dire que c'est inquiétant. Papa m'a accompagné dire au revoir à Gregory, on rejoint les autres à la gare.

Papa roule comme une mamie et j'ai envie de l'étrangler. Avec amour mais l'étrangler.

Soudainement, il va sur le côté et se gare au bord de la route sans un mot. Je me crispe totalement et me tourne vers lui.

- PAPA ? ON VA...

- Le monde sorcier devient dangereux, n'est-ce pas ? Coupe-t-il.

Je me crispe et détourne le regard avant de hocher la tête.

- Oui...

- Et tu.. Tu vas faire ta Sherlock, je me trompe ?

- Des expériences sur le corps humain ? Boarf, c'est plutôt un truc que George ferait mais..

- Défendre les tiens, rectifie-t-il , son regard plongé dans le mien.

- Oui..

Je soupire et regarde ailleurs en me massant la nuque.

- Ne dis pas que je vais faire mon Sherlock. Sherlock défend les siens. Je vais défendre ce que je crois juste. Et la personne de mon entourage qui fait ça, c'est toi. Je vais faire ma Watson parce que c'est toi mon père. Pas Sherlock. Ni Watson. Tu t'es engagé dans l'armée terriblement jeune, et si tu avais vécu une chose comme celle que je suis entrain de vivre, tu te serais battu. Encore plus courageusement que moi.

Papa baisse les yeux vers moi, reconnaissant silencieusement le fait que j'ai raison et que je ne me trompe pas. Je lui souris, doucement. Il me prend dans ses bras, embrassant le haut de mon crâne. Je ferme les yeux et me blottis contre lui.

- Tout ira bien.

- Elizabeth, je sais que tu fais ce que tu veux et que tu ne m'écoutes que si tu en as envie. Mais je t'en prie, reste en vie.

J'inspire profondément et me recule doucement, lui offrant un sourire bonhomme.

- T'en fais pas Johnny, tu vas pas te débarrasser de moi aussi vite.

- Mycroft et Sherlock seraient perdus sans toi, me dit-il gravement.

- J'aime le penser, je réponds doucement.

Nous reprenons la route, en silence. Je regarde la route défilée, déçue de ma propre naïveté. Papa n'est pas aussi idiot que Sherlock le fait croire. Il sait ce que j'ai prévu, je suis sûre qu'il me soupçonne de les protéger d'une quelconque façon. Je ne lui offrirais pas le plaisir d'avoir raison. Je ne veux pas qu'il sache.

Nous arrivons à la gare et je rejoins notre petite famille en souriant. Papa joue le jeu. Je m'approche de Sherlock et passe mes bras autour de son cou en serrant les dents.

- Pas de faux suicide. Pas de super héros en tuant des journalistes stupides, ok ?

- Quelque chose me dit que ce sera toi qui le feras, me dit-il au creux de l'oreille.

Avec surprise, je sens ses bras se passer autour de moi. Il ajoute sérieusement :

- Elizabeth, tu ne fais pas partie de cette guerre.

Je souris doucement, et me recule pour pouvoir le regarder droit dans les yeux.

- Non. Mais vous oui.

Je vais faire mes aurevoirs à Mary, elle me serre bien fort dans ses bras et je me laisse faire avec plaisir. Je prends ensuite Rosamund, allant lui murmurer quelques secrets au creux de l'oreille un peu plus loin.

George ne devrait plus tarder. Étant donné qu'il venait avec Harry, il avait tout un système de garde du corps pour Harry.

Mais le temps passe et aucune trace des Weasley.

Papa finit par passer son bras autour de mon épaule. Je tourne la tête vers lui.

-Passe une excellente année. Évite les retenues s'il te plaît.

Je souris. J'aime cette façon qu'on a de prétendre que tout est normal. Qu'une mort imminente par un mage noir n'est pas une menace quotidienne.

- J'essayerais. Je reviens pour Noël, ne t'en fais pas.

- Je ne m'en fais pas, me sourit-il. Je viendrais te chercher par la peau du cou de toute façon.

Il embrasse mon front une dernière fois.

- Tu as grandis tellement vite.

Je ne réponds pas. Il n'y a rien à répondre. Je sais que c'est vrai. C'est triste mais vrai. J'entends les coups de sifflet et je me crispe.

- Allez, en route, El!

- Et... Et George ?

J'y peux rien, c'est plus fort que moi, ma voix se met à trembler. La mâchoire de Papa se contracte et Sherlock arque un sourcil :

- Il n'est pas venu ?

- Il devait venir avec Harry. Le sorcier le plus recherché de la terre, Sherlock! Il m'a pas foutu un lapin, y'a plus de chances qu'il soit mort !

Papa m'attrape par l'épaule.

- Tu ne peux rien faire. Garde ton téléphone allumé le plus longtemps possible, je ferais mon mieux pour avoir des nouvelles.

Les larmes aux yeux...

Oui, bah écoutez, j'ai mes règles, ça arrive.

Les larmes aux yeux, j'hoche la tête et monte dans le wagon le plus proche. Je dépose juste mes valises dans l'entrée, j'irais les ranger plus tard.

- Elizabeth !

Je vois une troupe de Weasley qui arrive et je me crispe totalement. Ignorant Harry, Ron, Ginny et Hermione, je regarde George droit dans les yeux.

Il court à ma rencontre mais le train se met en route. Il monte dans le wagon d'un saut et me sourit.

- Je suis là.

- George ! Le train ?!

Je sortirais en temps voulu! Je dois te dire au revoir!

Il m'embrasse à pleine bouche, ses mains sur mes joues. Je passe mes bras autour de sa taille et me colle à lui. Il fronce les sourcils en rompant le baiser et caresse le coin de mes yeux avec ses doigts.

- Tu as pleuré ?

- J'étais inquiète..

Je baisse les yeux.

- Pour qui ?

- Toi, crétin.

Il me regarde et me serre dans ses bras.

- On se verra à Pré au Lard.

J'hoche la tête en silence.

- Je t'aime ! Me dit-il en sautant hors du train.

Il se met à courir pour rester à la hauteur, je ris en sentant mes yeux se brouiller à nouveau et le regarde.

- Sois prudent! Je.. Je t'aime aussi!

Il s'arrête de courir et me fait signe de la main jusqu'à disparaître de ma vue.

J'inspire profondément et m'assois doucement au sol, m'appuyant contre la porte du wagon en fermant lentement les yeux.

Et si je perdais quelqu'un ?

Je déglutis et mets mes écouteurs dans mes oreilles. Sherlock m'a conseillé pleins de morceaux de classique (et par conseiller je veux dire qu'il m'a juste forcé à les mettre sur mon téléphone). Je veux les écouter jusqu'à que mon téléphone n'ait plus de batterie.

Au bout d'une vingtaine de minutes, je me lève lentement. J'ai les yeux gonflés pour avoir eu les larmes aux yeux si longtemps. Je me mets en route et trouve le wagon avec Neville. Luna, Harry sont là aussi.

- Et El.., me sourit Harry.

Je ne répons pas, mettant mes valises dans le porte bagage une à une. Je m'assois entre Luna et Neville. Ce dernier me regarde avec incompréhension. Il a grandit des vacances, il est plus fin. Il s'embellit.

Bien qu'il était déjà très beau.

Me faites pas dire ce que j'ai pas dis.

- Ça va ? Me demande-t-il, inquiet.

Je fais non de la tête, en silence.

Il fronce les sourcils.

- Qu'est-ce que...

- Je peux avoir un câlin ? J'articule très rapidement.

Luna ferme son magazine pour me regarder. Harry fronce les sourcils. Neville me regarde, s'adoucit et hoche la tête, me prenant dans ses bras. Je me laisse faire et me blottis un peu, fermant les yeux en silence.

Devant notre compartiment, j'entends des gloussements et des rires. Je serre les dents et sors ma baguette.

- Je vais leur apprendre ce que les mangemorts m'ont appris.

Neville me retient par le bras.

- Elles ne se moquent pas de toi, El.

- Elles veulent Harry, me dit Luna.

- Harry... notre Harry ?

Harry se crispe, outré.

- Je peux savoir ce que tu insinues ?

- Que si j'étais elles, j'irais gloussé devant celui de Malefoy.

Tout le monde me regarde, outré.

- J'ai dis ce que j'ai dis!

Une des gamine s'approche. L'air hardi, de grands yeux sombres, un menton proéminent et de longs cheveux noirs.

- Bonjour Harry, je m'appelle Romilda. Romilda Vane. Tu ne veux pas venir avec nous dans notre wagon.. Plutôt que de rester avec eux ?

Je me crispe totalement et dégage froidement mon bras de l'emprise de Neville qui, trop choqué pour résister, me laisse faire.

- Ce sont mes amis, répond Harry, glacial.

Je me lève lentement.

- Elizabeth, me prévient Neville.

Oh non non non.

JE vais faire mon Sherlock.

- Ce que toi et tes gloussantes petites amies allez faire désormais c'est de réfléchir au fait que, pendant que vous étiez à genoux devant Ombrage, d'autres se battaient et essayaient de faire changer les choses. Pendant que vous preniez Harry pour un menteur, nous lui faisions confiance. Et surtout, pendant que vous étiez au chaud au château.. On se battait contre des mangemorts. Alors tu sais quoi ? Harry va rester avec "eux". Parce qu'ils ont la sincérité de l'aimer même quand il est insupportable. Pas juste quand la Gazette lui frotte les manches. Compris ?

Je la regarde et fais mine de sortir ma baguette. Blafarde, et beaucoup moins hardis qu'auparavant, elle s'en va.

Je me tourne vers Potter.

- Alors comme ça tu es devenu trop bien pour nous ? Je susurre froidement.

- Vous êtes tous très bien, répond sèchement Harry.

- Tu rigoles ou quoi ?

Tout trois me regardent, sans comprendre.

Je me laisse tomber près de Harry en souriant.

- On est parfait.

- Ma grand-mère n'arrête pas de dire à quel point elle aimerait t'avoir comme petite fils.

- Neville, je t'adore et j'adore ta grand-mère mais quand tu me dis des choses comme ça j'ai envie de lui rouler dessus avec l'un des tanks de Mycroft.

J'espère sérieusement que Mycroft a un tank. Je ne sucerais pas la reine 24/7 comme il le fait si je n'avais pas un tank en échange.

Plus tard, alors que je suis plongée dans l'un de mes bouquins sur les stratégies militaires à travers l'histoire, Ron et Hermione entrent.

Ils parlent de banalités : d'avoir faim et du fait que Malefoy est un idiot.

Rien de nouveau sous le soleil.

Une fille de troisième année entre dans le wagon.

- Si elle nous dit que tu es trop bien pour nous, je la métamorphose en lézard, je murmure à l'oreille de Harry.

Mais la pauvre gamine ne fait rien de cela et les invite simplement à venir manger dans le compartiment de l'un des professeur.

Neville aussi est invité.

- Dumbledore a la décence de ne pas montrer que tu es officiellement son préféré, je grogne en reprenant ma lecture.

- Tu m'as l'air d'une humeur massacrante, Watson, me dit Hermione.

- Mon père pense que je me suis engagée pour une mission suicide, mon oncle me dit de vous laisser tomber, mon copain n'a pas su me dire au-revoir correctement et des quatrièmes années ont décrétés que Harry était trop bien pour nous, Granger, je réponds.

Je soupire et lève la tête vers elle.

- Je n'ai pas l'air d'être d'une humeur massacrante. JE suis d'une humeur massacrante.

Je pousse un grognement.

Et j'ai mes règles.

- Harry et Neville poussent une exclamation de compréhension. Je me crispe.

- On peut être en colère sans avoir du sang dans la culotte, vous savez ?

- Elizabeth, épargne les détails, me demande Ron.

Son visage pâlot me fait presque de la peine et je me tais avec pitié.

Harry et Neville s'en vont. Hermione me regarde en fronçant les sourcils :

- Trop bien pour nous ?

Je lui parle de l'incident avec les quatrième année.

Ron se crispe totalement et Hermione me regarde en hochant lentement la tête.

- Maintenant qu'il est "l'élu".., commence-t-elle.

j'hoche la tête en soupirant.

- Je déteste les journaux à un point. Je suis ravie d'avoir le chicaneur.

- Vraiment ?

Hermione me regarde, cherchant une once d'ironie.

- Ça m'apprend des choses que je verrais jamais en cours, ça me donne des ragots hilarant et ça ne parle pas d'un ministère corrompu jusqu'à la moelle. Donc oui, vraiment.

- Elle n'a pas tort, sourit Ron.

Luna me fait un sourire.

- Ne dis pas ça pour me faire plaisir.

- Luna, j'ai assez d'estime pour ne pas dire des choses uniquement pour ton égo.

Son sourire rayonne un peu plus et je lui fais un clin d'œil.

Je crois que j'ai une touche.