Chapitre 17 : Joyeux Noël
Je vous poste la suite du OS et un chapitre en attendant de passer pour mon examen oral! Je vais peut être ralentir la cadence pour les OS, mais continuez de m'envoyer des idées (je préviens que le dernier OS sera un sur la mère d'El à Poudlard). Vous pensez que ce OS devrait avoir une suite ?
Ensuite, j'espère que vos partiels (ou vos révisions pour le BAC) se passent bien. Pour mes amis belges : j'espère que votre blocus se passe bien (sauf si vous avez voté Vlaams Belang).
Dites moi ce que vous en pensez!
Je vais rechercher Rose.
Quand elle ouvre la porte, Rose déjà prête (j'avais envoyé un SMS un peu avant d'arriver pour que Molly ne soit pas surprise). Je prends la petite en souriant.
- Bonsoir toi.
- C'est… Vrai ? me demande Molly maladroitement.
J'ignore mon cœur qui se serre et hoche la tête sans la regarder, remettant le bonnet de Rose correctement.
- Oui.
- Je suis désolé.
Je sens que je vais entendre beaucoup de gens s'excuser ces prochains jours et je n'en ai pas la moindre envie. Je réponds par une formule de politesse bateau, lui dis au revoir et m'en vais. Je ne veux pas être celle qui dit à Rose que sa maman est morte. C'est Noël, je vais préserver son innocence. Je compte lui dire, lui expliquer ce qui est arrivé. Même si elle ne comprend pas vraiment, elle comprendra une partie.
Ça me tue que Papa ait pensé interdire à Rose de voir Sherlock. Et qu'il le pense encore. Sherlock en a besoin, je sais que ça lui fait du bien d'avoir quelqu'un qui lui fait entièrement confiance. Je ne veux pas l'empêcher de voir Rose. Et je ne veux pas empêcher Rose de le voir. Elle a perdu bien assez et elle mérite d'avoir tous les gens qui pourront l'entourer.
Nous arrivons chez les Weasley. On sort de la voiture et j'explique à Rose qui elle va rencontrer :
- Bon, Molly est une Mrs Hudson en devenir, babille un maximum et ça ira. Les jumeaux ne te feront pas de blague, je leur ai interdis. Tu n'es qu'un bébé.
Elle me fait un sourire éblouissant.
- Je sais, je sais, je souris. Harry Potter sera là, je compte lui parler de Dumbledore. Ron est un idiot, surtout en ce moment. Ginny est une version jeune et non prostituée d'Irène Adler : sûre d'elle, déterminée, indépendante. Mais bon, tu ne sais pas ce que ça veut dire.
Je vais frapper à la porte et Molly ouvre.
- Elizabeth ! Où est ta famille ? Ils viendront plus tard ? demande-t-elle.
- Non. Ma belle-mère est… malade. Ils sont resté avec elle.
Molly allait poser plus de questions mais je montre Rose à Molly qui appelle Arthur pour qu'il vienne lui aussi s'extasier devant « cet adorable bébé, oh Merlin elle a des yeux magnifiques… ! ». Pendant un instant, j'oublie l'immense bourbier qu'est ma vie familiale.
Molly nous demande si elle peut la prendre : qu'elle se fasse plaisir. Rose aime beaucoup passer de bras en bras.
Je n'ai pas envie d'expliquer. Qu'on me laisse, moi aussi, vivre dans l'innocence un petit peu. Qu'on me laisse dans l'impression que tout va bien. Ce soir. Juste ce soir.
- Elizabeth ?
George sourit, portant un pull Weasley bien reconnaissable et flambant neuf. Il m'embrasse avec douceur. Je vois son regard interrogateur.
- Mary est malade, papa est resté avec. Sherlock ne voulait pas venir juste avec moi.
J'aime tant le déni. Ça me facilite la vie. Fred me salue lui aussi, engageant la conversation sur la jeune fille du boulanger dans le village moldu séduite par « ses tours de passe passe ». Je lui souris et hoche la tête.
De loin, j'aperçois Remus qui croise mon regard et me sourit.
- Elizabeth, bonsoir, quel plaisir, me dit-il.
Je vais pour lui serrer la main mais il me prend dans ses bras un instant. Il se tourne vers Rose.
- Ta petite sœur ?
- Oui, je souris doucement, observant la petite dans les bras des Weasley.
- Elle est très mignonne.
- Je sais.
Si Sherlock était là, il jugerait les mensonges que je donne. Sherlock se fiche des mensonges mais je pense qu'il veut que, contrairement à lui, j'entretienne des relations saines avec les gens qui m'entourent.
« Je ne suis pas doué en relations, Elizabeth, mais si tes gens sont tes amis, tu devrais leur dire. » je l'imagine me dire.
Je déglutis et relève le menton.
Harry s'approche de moi, quand je le vois je n'ai plus envie de lui raconter ce que je sais. Je ne suis pas certaine qu'il me croira. Je veux en parler à Dumbledore moi-même d'abord. Je le laisse me prendre dans ses bras. Je salue tout le monde avec un sourire poli. Je discute un peu, rien de bien intéressant mais assez pour les satisfaire.
Je regarde les photos de famille accrochées à la cheminée, avec un petit sourire. Papa va-t-il laissée celles de Mary et nous ? Va-t-il prétendre qu'elle a disparu comme avec Sherlock ?
Je serre les dents, remonte le menton et fais volte face. George me regarde, fronçant les sourcils.
- Elizabeth, tu vas bien ?
- Oui, pourquoi ?
Je souris et prends sa main.
- Deux ans, je remarque avec douceur.
Il caresse doucement ma joue, l'air inquiet et embrasse mon front.
- On va bientôt manger.
J'hoche la tête et je le regarde aider Ginny à mettre la table, le faisant lui-même magiquement.
Dans un coin, Molly, Arthur et Fleur s'occupent de Rose qui a l'air d'apprécier toute l'attention. Je m'en veux. M'en voudra-t-elle ? De ne pas avoir su protéger sa mère comme j'aurais aimé qu'on sauve la mienne ? Si Papa reste comme « ça », m'en voudra-t-elle ? De lui avoir volé un père heureux ?
Je me crispe et vais dans le salon, tournant le dos à tout le monde, je regarde la neige tombée par la fenêtre en espérant que mes larmes, bien que silencieuses, se calmeront assez vite.
C'est injuste. Je sais. J'ai appris que la vie était injuste, mais je pensais franchement qu'on s'était pris assez de choses dans la gueule pour que ce soit finis.
- El ?
Je ne bouge pas, répondant par une onomatopée. Harry se met à côté de moi, regardant par la fenêtre.
- Quand j'étais petit, ma tante voulait.. me coiffer les cheveux, me dit-il. Elle n'y parvenait pas.
Il lève les yeux vers sa tignasse comme si c'était l'évidence même.
- Donc elle me coupait les cheveux. Horriblement mal, une espèce de coupe au bol trop courte et inégale.
Je souris et un reniflement s'échappe malgré moi.
- Chaque nuit, mes cheveux repoussaient comme ils étaient.
Je déglutis et inspire profondément. Je sais bien ce qu'il fait. Je sais qu'il sait que quelque chose ne va pas. Je pense que tout le monde s'en doute.
- Ma belle mère est morte. Hier. Elle s'est sacrifiée pour protéger Sherlock. Mon père m'a interdit de voir Sherlock, je murmure.
Harry passe son bras autour de mes épaules, je pose ma main sur mes yeux avec pudeur, je laisse échapper un gros sanglot.
- Je…
- Tu n'es pas désolé. Je t'en prie. Ne sois pas désolé.
Il frotte mon dos en hochant la tête :
- Elle a protégé quelqu'un qui lui était cher. Je ne la connaissais pas mais je pense que c'est sans doute l'une des meilleures façons de ..
- Mourir, je termine pour lui en me redressant.
J'essuie mes yeux humides, ignorant George qui, de la salle à manger, me regarde avec effroi.
- Elle a un bébé. Elle aurait dû voir sa fille grandir.
Harry me lance un sourire triste. Ses parents auraient du voir leur fils grandir.
- Merci, je souffle.
- Tu devrais le dire aux autres, parce que je vais le dire à Ron et Ron le dira lui-même, me fait-il remarquer alors que Molly nous appelle.
J'hausse les épaules et me dirige vers la table mais George s'approche, les sourcils froncés. Fred, plus loin, à l'air inquiet aussi.
- El, ne me dis pas que tu vas bien.
- Ma belle mère s'est faite tuée, je lui souffle d'une voix douce. Hier. Papa ne veut plus que je vois Sherlock. Il ne veut pas que Rose le voit non plus.
Je soupire. George me prend dans ses bras en silence, je n'ai pas envie qu'il dise quoique ce soit. Le silence me convient pour le moment. Je devine que tout le monde a entendu ou que Harry leur explique mais, quand je me sépare des bras de George, j'ai droit à un certains nombres de regard emplis de compassion. J'ai envie de rentrer chez moi.
Je comprends pourquoi Sherlock n'est pas venu : ces regards pleins de pitié sont le pire.
Je mange avec appétit, surveillant Rose qui est toujours dans les bras de Molly qui continue de répéter que « je mangerais plus tard, je ne vais pas la déposer maintenant ! elle s'endort ». Pendant le repas, j'écoute les conversations en silence, ravie de pouvoir faire quelque chose de passif tout en gardant mes pensées occupées. Néanmoins, quand la discussion bat son plein, je me penche à l'oreille de George et lui raconte ce que je sais sur la mission de Drago. Je ne veux pas le faire ce soir quand tout est silencieux, Fred pourrait nous écouter.
- Tu penses vraiment…, se crispe-t-il.
- Je n'en sais rien, George. Je pense que c'est bien possible. Je pense que c'est assez possible pour qu'on y croit sérieusement.
Il hoche lentement la tête. Il a de plus en plus souvent une expression sérieuse sur le visage, et ça ne me rassure pas.
Plus tard, Molly va mettre Rose au lit dans la chambre de Ginny. Elle m'explique qu'elle a lancé un sort à la pièce, que si Rose pleure ou fait le moindre bruit le son sera amplifié pour être sûr qu'on l'entende.
Nous allons tous dans le salon, pour écouter une émission de Noël où Celestina Moldubec va nous épater avec sa voix. Fleur s'en fiche parlant au-dessus de la chanteuse. Molly augmente le son.
Elles sont fatigantes.
Fred, George, et Ginny jouent aux cartes explosives. Je suis assise près de George, la joue sur son épaule et observant paresseusement la partie. Parfois je croise le regard de Harry, nous regardons en biais Ron qui observe Fleur dans l'espoir.. qu'elle l'embrasse ? j'en sais rien.
Harry discute un peu avec Arthur politique, je n'écoute même pas. Je n'ai même pas envie. Il lui parle ensuite de Rogue et quand je vois Remus intervenir, je tends l'oreille et m'approche.
- C'est l'affaire de Dumbledore, dit Remus. Si Dumbledore a confiance en Severus, ça devrait nous suffire.
- Je n'aime pas le fait que tout le monde fasse confiance à Dumbledore comme si il avait la vérité infuse, je réponds, rejoignant Harry sur l'accoudoir du canapé. C'est un homme comme un autre, il peut faire des erreurs.
- Oui, me sourit Remus. Tout dépend si l'on fait confiance au jugement de Dumbledore.
- Il a engagé Quirrell, je toussote.
- Puis.. Vous aimez Rogue ? demande Harry à Lupin.
Je roule des yeux. Pas la bonne question. Remus nous fait une jolie réponse sur le pardon, l'évolution et la maturité. Genre Rogue perçoit leur relation avec maturité. Harry le fait remarquer, à sa façon évidemment.
- Tu as décidé de le haïr, Harry, dit Remus avec un faible sourire. Et je te comprends. James étant ton père et Sirius ton parrain, tu as hérité de vieux préjugé. Va donc répéter à Dumbledore ce que tu nous as raconté. Severus a peut être été envoyé par Dumbledore.
- J'apprécie Rogue, je réplique froidement. Mais je refuse de voir son comportement avec vous comme autre chose qu'un acte cruel et puéril.
Harry hoche énergiquement la tête.
La musique s'arrête enfin et Fleur s'apprête à faire un commentaire désobligeant mais Arthur parle plus fort qu'elle, proposant un dernier verre. Harry demande à Remus ce qu'il fait en ce moment.
- Du travail souterrain. C'est la raison pour laquelle je n'ai pas pu t'écrire, les lettres auraient envoyés des soupçons.
Je pense savoir ce que ce travail « souterrain » veut dire.
- Que voulez-vous dire ? demande Harry.
- J'ai passé du temps avec mes semblables. Les loups garous. Ils sont presque tous dans le camp de Voldemort. Dumbledore voulait un espion, j'étais prêt à l'emploi, répond-il amèrement.
Remus explique un peu plus et parle de Greyback. Il explique qui il est, le danger qu'il représente. Il explique que c'est lui qui l'a mordu.
- Je sais que Greyback a tort, et je ne veux pas le justifier, j'explique, choisissant prudemment mes mots. Mais je peux comprendre pourquoi les loups garous peuvent tomber dans la manipulation de Greyback.
- Comment ?! s'écrie Harry, révolté.
- Le ministère ? tu as vu comment ils traitent les loups garous ? Tu as vu comment vous avez traité Remus quand vous avez appris ? Les préjugés sur les loups garous sont si nombreux et sont vus comme vérité vraie. Quel avenir ont-ils dans un système qui les rejette ? Ils cherchent juste à trouver leur place.
Remus hoche doucement la tête. Harry change de conversation : essayant de trouver l'identité du Prince de Sang Mêlé. Je retourne dans les bras de George qui me serre contre lui et embrasse doucement ma joue.
- Elizabeth, tu viens te coucher ? baille Ginny dans ma direction.
J'hésite. Je crois que je vais rester. J'irais voir Sherlock demain matin puis je retournerais à la maison. Je n'ai pas envie de prendre le taxi seule à cette heure ci.
Et si je ne reste pas, Ginny va devoir partager sa chambre avec Fleur et Ginny serait capable d'arrêter de me parler.
Je dis bonne nuit à George et aux autres, en arrivant à l'étage je constate en souriant que Molly est entrain de changer Rosamund.
Rose ira très bien. Elle est entourée, elle est aimée.
- Merci.
Molly se tourne vers moi, Rosamund endormie dans ses bras et caresse doucement sa joue.
- Tu es toujours la bienvenue ici, ma chérie. Et Rose aussi. Et si ton père a besoin d'aide avec la petite pendant les semaines qui arrivent, nous sommes là pour lui.
J'inspire profondément et parviens à retenir mes larmes. C'est beaucoup plus doux et cela m'aide et me soutient plus qu'un simple "désolé.
- Merci. Je lui dirais.
Je suis carrément la belle fille préférée.
Suite de l'OS
Harry et Ron regardèrent Elizabeth un instant de trop, estomaqué, puis répondirent à son sourire. Harry s'approcha maladroitement et elle posa sa main sur son épaule, s'appuyant sur lui.
- Elizabeth…, murmura-t-il.
Elle ne répondit pas mais serra doucement son épaule avant de se crisper en entendant les cris de douleur Hermione. Ron se mit à hurler le prénom de son amie. Elizabeth ne dit rien mais n'en pensait pas moins. Hermione irait bien. Bellatrix ne la tuerait pas, pas tout de suite du moins.
Harry sort un miroir de sa poche, suppliant quelqu'un de l'aider. C'était le miroir que Sirius lui avait donné, mais Mondingus avait volé l'autre miroir et ils ne savaient où ils étaient.
Sirius… Toute l'année Elizabeth s'était persuadée qu'elle résisterait à ce qui lui arriverait. Si Sirius avait survécu à Azkaban, elle pourrait survivre à quelques mois de torture. Bien évidemment, Sirius l'aurait étranglée pour penser ce genre de choses. Voilà des mois qu'ils étaient ensembles, et il continuait de la traiter comme si elle était une simple étudiante qui voulait passer son diplôme. Et pas une adolescente membre de la résistance contre la plus grosse menace sorcière.
Elle émergea de ses pensées en entendant un « CRAC ». Dobby, l'ancien elfe de maison des Malefoy était dans la cave. Elizabeth arqua un sourcil et écouta la conversation entre Harry, Ron et l'elfe. À la fin de la discussion, il fût conclu qu'ils iraient tous chez Bill et Fleur Weasley. Elizabeth fronça les sourcils et se tourna vers Harry.
- Comment ça ?
- Quoi comment ça ? demanda Harry, sans comprendre.
- On va pouvoir partir ?
Ces derniers mois, beaucoup de choses sont passées dans la tête d'Elizabeth alors qu'elle était chez les Malefoy, mais elle savait que sans baguette, elle ne pourrait aller nulle part. L'idée de s'échapper ne lui avait même pas traversé l'esprit.
Harry hocha la tête et Dobby tendit la main vers Elizabeth.
- Miss ?
- Merci Dobby, murmura Elizabeth en serrant sa main sur celle de l'elfe.
Ils transplanèrent et arrivèrent devant un cottage en face de la mer. Le transplanage fût lourd pour Elizabeth qui tomba au sol en serrant les dents.
- Je vais bien, dit-elle très vite, voulant rassurer les autres.
Elle se releva difficilement et Bill l'aida. Elizabeth le remercia du bout des lèvres et murmura d'une voix très baisse.
- Dormir. Un lit.
- Je vais te ramener à l'intérieur, répondit Bill Weasley en la dirigeant vers le cottage.
Elizabeth se laissa tomber dans le canapé du salon, saluant Fleur d'un simple hochement de tête. Elle n'eût pas la force d'attendre les autres et tomba dans un coma réparateur et elle espérait qu'il durerait plusieurs mois.
Malheureusement pour elle, elle fût tirer hors de son sommeil après une dizaine d'heures seulement. Elle ouvrit les yeux et aperçu Harry attablé avec un verre de whisky pur feu devant lui. Elle se releva en poussant un grognement douleur. Pas un jour passait sans que ses articulations ne la fassent souffrir.
C'était dur d'avoir 98 ans.
- Elizabeth, tu vas bien ? Fleur t'as un peu examiné pendant que tu dormais mais…
- Mais elle ne peut pas faire grand-chose puisque tout ce que j'ai vient de doloris ou autres tortures. À part se reposer et désinfecter il n'y a rien à faire, répondit Elizabeth d'un ton morne.
Elle le rejoint et attrapa le verre de whisky.
- Quelque chose à manger ?
- Dans le placard.
Elle avala une gorgée, la sensation de brûlure lui rappelant bien clairement qu'elle n'était pas morte, elle sentait encore et toujours. Elle déposa le verre et ouvrit un placard, attrapant une boîte de céréales à bas prix et y glissant directement une cuillère.
- Les autres vont bien ?
- Hermione est secouée, Ollivanders et Gripsec doivent se reposer et…
Harry serra les dents et avala sa salive, détournant le regard. Elizabeth fronça les sourcils et garda ses yeux posés sur lui.
- Harry ?
- Dobby est mort.
Elle se crispa et marqua une pause avant de supposer :
- Bellatrix ? Ca ne peut être qu'elle. C'est sans doute la seule mangemort talentueuse disponible.
Harry a un petit sourire cynique et termine le fond de whisky qu'Elizabeth avait laissé.
- Je suis désolé, Harry, finit-elle par ajouter. Je sais que vous étiez proche, et je suis extrêmement reconnaissante qu'il m'ait sauvé.
- Tu devrais aller dormir. Luna et toi partagez le lit dans le grenier.
Elle hocha la tête, avalant quelques autres cuillérées de céréales comme si c'était la nourriture la plus délicieuse du royaume. Elle rangea la boite et se tourna vers Harry.
- Des nouvelles de Sirius ?
- J'imagine que pas de nouvelle est une bonne nouvelle. Si il avait été capturé je le saurais, répondit sombrement Harry.
Elizabeth hocha la tête, se contentant de sa réponse. Elle alla à l'étage où Luna était profondément endormie et Elizabeth fût étonnée de trouver le sommeil rapidement. Elle n'avait pas réalisé à quel point son corps était en manque de repos.
Les jours suivants avaient une monotonie rassurantes. Fleur et Bill insistaient auprès d'Elizabeth pour l'aider, elle répondait qu'elle allait bien. Elle descendait manger vers midi, écoutait les autres discutés puis retournait dans la chambre. Elle ne dormait pas forcément mais fermait les yeux et retrouvait la tranquillité et sécurité de temps passés. Quand elle fermait les yeux, elle se retrouvait à nouveau dans les bras de Sirius ou devant un film avec son père. Et ce faux semblant de compagnie lui suffisait en ce moment.
Ollivanders fût envoyé chez la Tante Muriel après quelques jours. Elizabeth et Luna l'attendaient devant la porte pour lui dire au revoir. Le vieil homme s'approcha lentement d'Elizabeth et attrapa son épaule.
- Je vous serais toujours reconnaissant pour tout ce que vous avez fait…
- Et moi de même, répondit Elizabeth en souriant, pour la première fois depuis quelques semaines. Merci d'avoir pu supporter mon mauvais caractère.
Le sorcier se tourna ensuite vers Luna et puis s'en alla en compagnie de Bill. Hermione s'approcha lentement d'Elizabeth.
- Tu veux rester avec nous ce soir ? proposa-t-elle.
- Oui, ça me ferait plaisir.
Elizabeth avait perdu son sourire aussitôt qu'Ollivanders était partis. Elle avait passé des semaines enfermées avec Luna et le vieil homme, le voir partir était tourner une page très sombre. Elle était soulagée tout comme elle était émue, il était difficile de dire au revoir à quelqu'un avec qui on avait vécu de telles choses.
Elizabeth rejoignit Fleur et l'aida à faire le repas. Cette dernière avait perdu son sourire chaleureux habituel et jetait régulièrement des regards à la fenêtre, guettant anxieusement le retour de Bill. De l'autre côté de la pièce, le trio d'or et Luna discutaient d'un éruptif cornu. Elizabeth ne suivait pas la discussion mais elle se doutait qu'ils ne tomberaient pas d'accord.
- Qu'en penses-tu, El' ? finit par demander Hermione.
- Rien du tout. Ce n'est pas un sujet de discussion. Si Luna dit que c'est un éruptif cornu, je la crois. Si vous dites que non, je vous crois aussi.
Ronald lança un regard interpellé en direction de Harry qui avait les yeux fixés sur Elizabeth, inquiet.
Finalement, le repas fût servis. Bill arriva à la fin de celui-ci et donna des nouvelles des Weasley. Ils allaient bien et rendaient Tante Muriel folle. Fleur avait l'air d'apprécier l'information. Elizabeth fit la vaisselle de son assiette et se dirigea vers les escaliers quand la porte s'ouvrit à la volée.
- Tonks a accouché !
Remus était entré, le visage éclairé par une joie qui le rajeunissait. Bill et Harry s'étaient levés, baguettes en main. Elizabeth avait sursauté et se tenait à la rampe des escaliers, tremblant de tout ses membres.
Remus rit, fou de joie, et donna le mot de passe, présentant des excuses pour son entrée un peu précipitée. Il entra dans le cottage et à sa suite, un grand chien noir.
- Sirius, souffla Harry.
- Tonks a accouché ?! répéta Hermione, surexcitée.
- Oui ! Un garçon, Teddy ! Comme le père de Dora !
- Un bébé, articula Ron comme si il en avait jamais entendu parlé.
Elizabeth regarda la scène, inspirant profondément pour se calmer avant de lâcher la rampe et de revenir dans la pièce. Sirius se changea en homme, partageant la joie de Remus, la dépassant presque. Il salua tout le monde chaleureusement, serrant longuement Harry dans ses bras pendant que Bill servait de quoi trinquer à tout le monde.
Alors que Remus proposait à Harry de devenir parrain, Sirius s'avança vers Elizabeth lentement. Celle-ci l'observait, dénuée de toute émotion.
Sirius, en silence, prit sa main doucement et la porta à ses lèvres. Il portait un long manteau noir et avait une vieille écharpe Gryffondor aux couleurs délavées autour de son cou. Elizabeth se laissa faire, son regard s'adoucissant.
- Combien de temps es-tu resté là, exactement ? demanda Sirius, s'approchant lentement avant de poser sa main sur la joue d'Elizabeth avec une douceur extrême.
- Je ne sais pas vraiment, répondit-elle, le regardant calmement.
Elle inspira profondément et blottit sa joue contre sa main, fermant les yeux. Sirius la regarda faire pour l'attira dans ses bras, la serrant avec force.
- Je suis désolé, lui dit-il, caressant ses cheveux avant d'embrasser sa tempe.
Elizabeth ferma les yeux, passant ses bras autour de lui à son tour.
- J'ai désormais une vendetta personnelle contre Bella.
Sirius se recula et embrassa son front.
- J'ai la priorité.
- Tu as une photo du bébé ?
Sirius sortit de sa poche un polaroid sorcier et le tendit à Elizabeth. Celle-ci sourit devant le bébé aux cheveux tirant sur le bleu.
- Ça t'inspire ? taquina Sirius en lui faisant un clin d'œil.
- Bonne idée, faire un bébé à deux, tout les deux fugitifs, tous les deux activement recherchés et tout les deux en danger de mort. L'idéal pour un enfant, répondit-elle pince sans rire.
Sirius arqua un sourcil. La dernière fois qu'il avait entendu un ton aussi froid c'était quand l'espèce de grand dadet au parapluie avait essayé de l'intimidé. Microsoft Holmes.
- C'était une blague, El, dit-il avec douceur.
Elle se crispa légèrement.
- Oh.
Bill leur tendit un verre chacun qu'ils prirent sans même lui accorder un regard. Ils trinquèrent avec les autres mais restèrent à deux, Sirius gardant la main d'Elizabeth dans la sienne.
- Tu ne pourras pas rester, devina-t-elle.
- Non. Mais c'est arrangé, tu viendras avec moi et Remus la semaine prochaine. D'accord ?
Elizabeth tourna lentement vers lui et souffla à demi-mot :
- Avec toi ?
Pour la première fois depuis plusieurs jours, voire semaines, des larmes perlaient aux coins des yeux de la jeune fille. Sirius s'apprêtait à les essuyer mais il décida de les laisser couler.
- C'est finis Elizabeth, lui murmura-t-il en serrant sa main. La guerre continue, c'est sûr. Mais tu seras à l'abris. Tu as assez donné.
Une légère vague de culpabilité traversa la jeune fille mais la simple idée de retourner à Poudlard lui donna une nausée si violente que la culpabilité partit aussi vite qu'elle était venue.
Harry observa le jeune couple de loin. Il était très contents pour eux. Il avait toujours été content pour eux. Mais le regard vide, triste d'Elizabeth qui se perdait trop régulièrement dans le vide lui brisait le cœur. Il ne pouvait imaginer ce que ressentait Sirius.
Elizabeth regardait Remus parler fièrement de Teddy Lupin. Elle avait l'air plus détendue mais ne souriait pas. Sirius la regardait, guettant quelque part sur son visage des signes de son mordant d'autres fois, de ses remarques acerbes et piquantes. Après quelques secondes, il se souvint de son propre état après Azkaban. Pas les premiers mois, il était trop obsédé à l'idée de retrouver Peter que rien d'autres n'avait compté. Mais une fois qu'il n'avait plus d'objectifs ? Il avait été l'ombre de lui-même, ne retrouvant que son ancienne personnalité qu'en présence de Remus, Tonks, Harry et puis Elizabeth.
Il lui donnerait le temps dont elle avait besoin. Il espérait que le temps suffirait. Il espérait qu'il serait capable de l'aider à surmonter ça. Il lâcha sa main, passant son bras autour de sa taille avant d'embrasser son front.
Tout ira bien, lui promit-il intérieurement bien décidé à faire en sorte que ce soit le cas.
