Chapitre 18 : Joyeux Noël !
Bon voilà les copains, on m'a gentiment fait remarquer que le document s'était mal enregistré donc voici une version "finie". Désolé pour ça! J'espère que vous allez bien, moi c'est un peu la course mais j'ai réussi mon examen oral donc c'est déjà ça ;) Encore 6!
Le lendemain, je suis réveillé par les grognements de mécontentement de Rose. Je prends le lait en poudre de mon sac et descends à la cuisine pour préparer son biberon. J'avais prévenu Papa hier soir que je passais la nuit pour ne pas qu'il s'inquiète. Il ne s'est pas inquiété, il m'a répondu « ok ». Je réchauffe magiquement le biberon de Rosamund et je dois m'y prendre plusieurs fois avant d'arriver à une température respectable. J'ai également déposé mes cadeaux pour les Weasley : un aspirateur robot. Ça va faire délirer Mr Weasley et j'en ai trouvé un en promotion. Papa avait acheté une bouteille de vin, je l'ai donc amenée aussi.
Pour George, j'ai dû beaucoup réfléchir. George ne veut pas de cadeau qui coûte cher, surtout maintenant qu'il peut s'en acheter lui-même. Je lui ai donc acheté des tickets pour le théâtre moldu, début juillet, en espérant qu'on puisse y aller. Songe d'une nuit d'été, Shakespeare pour l'éduquer, mais une comédie pour pas trop s'ennuyer.
Je donne le biberon à Rose, il est très tôt : le soleil se lève encore. Je suis assise dans la cuisine et je regarde la neige tombée doucement, profitant d'un sentiment profond de paix. Je sens que cette sensation sera de plus en plus rare, autant en profiter.
- Joyeux Noël, mon amour.
Je lève les yeux en souriant, tournant la tête vers George qui descend les escaliers, portant un pyjama à l'élastique un peu large et aux couleurs passées.
- Joyeux Noël, mon cœur, je lui réponds. Ton cadeau est sur la table.
George m'embrasse.
- Comment tu te sens ?
- Ça va. Fatiguée, et toi ? Tu t'es levé parce que tu m'as entendu ?
- Peut être… ou peut être que Fred et moi voulions voir le cadeau que Lavande a offert à Ron.
Je souris en coin. George regarde Rose avec douceur puis fronce les sourcils.
- Elle pue.
- C'est fou, c'est comme si .. les bébés font cacas ?
- C'est dégueulasse.
- George !
Molly est outrée, elle est habillée mais a l'air encore endormie. Elle salue doucement Rose et me tente un paquet.
- Joyeux Noël, ma chérie.
- Oh Mrs Weasley…
George me prend la petite. J'ouvre le cadeau pour voir un pull Weasley de couleur rouge foncée avec une loupe tricotée.
- George m'a dit que tu aimais faire les enquêtes, me sourit-elle.
- Maman, prends cette enfant, elle pue, grimace George en tendant ma petite sœur vers sa mère.
- Mais arrête ! je m'exclame.
- Molly prend Rose, fusillant George du regard.
- Je vais vous laisser et aller la changer, dit-elle.
George me tend son paquet et je lui donne le mien. J'ouvre et arque un sourcil, une cape.
- Commandée par le ministère, me murmure George. Elle protège contre les sorts mineurs.
Ah ! voilà qui est intéressant. Je le remercie, embrassant sa joue. Il ouvre mon cadeau et a, lui aussi, l'air un peu septique.
- Je t'assure que ça te plaira, je souris doucement.
Il arque un sourcil. Tout le monde finit par descendre, et tout le monde a un nouveau pull sauf Fleur. Rose a même un petit bonnet tricoté orange vif. C'est un peu gênant. Harry arrive et a un asticot ( ?) dans les cheveux.
- Cadeau de Kreattur.
Ginny prend Rose dans ses bras.
- Tu étais aussi mignonne petite, Elizabeth ?
- Je l'étais bien plus, je grogne avec arrogance.
George et moi nous nous asseyons à table, je serre du thé à tout le monde. La dernière petite nouvelle c'est que Ron et Harry ragent quand je montre que je peux utiliser ma baguette en dehors de Poudlard. Je donne une tasse de thé à Ron à l'aide d'un sort et il me remercie du bout des lèvres.
- Ah, soupire Fred. Les temps anciens où nous pouvions pas utiliser la magie. Tu te souviens, George ?
- Tout était lent, et ennuyeux, se plaint George.
- Une horreur, je renchéris.
Harry grogne, Ron roule des yeux et reporte son attention sur Fleur, manquant de faire tomber la saucière en la lui tendant.
- Fais attention ! s'exclame Fleur. Tu es aussi maladroite que cette Tonks.
J'arque un sourcil, manquant de lui sauter à la gorge.
- J'ai invité notre chère Tonks, roucoule Molly d'un air mauvais. Tu lui as parlé, ces derniers temps, Remus ?
Remus ? Pourquoi Remus ?
- Oh non. Je n'ai pas vu grand monde. Mais Tonks va dans sa famille, non ?
- J'ai bien l'impression qu'elle allait passer Noël seule.
Molly regarde Lupin d'air agacé. Qu'est-ce que ça veut dire ? Je lève les yeux vers George qui hausse les épaules, l'air de dire qu'il ne sait pas.
Fred et George ont offert un magnifique chapeau bleu nuit à Molly. Harry s'enquit auprès de Lupin sur les raisons pour lesquelles un patronus changerait de forme.
- Parfois.. un grand choc émotionnel…
- Il paraissait très grand.. à quatre pattes…
Je fronce les sourcils. Cette histoire est étrange. Mais encore plus étrange : Percy Weasley retourne à la maison. Avec le premier ministre.
Je me lève et vais m'appuyer contre le plan de travail, ayant une meilleure vue sur la fenêtre. Percy entre et Mrs Weasley se jette sur lui.
Le premier ministre entre à sa suite. Fred, George et Mr Weasley observant Perceval le visage impassible. Et je n'aime pas voir Mr Weasley le visage impassible.
Mrs Weasley s'affole, voulant qu'ils mangent, essayant de leur faire de la place. Scrimgeour refuse et, sous le prétexte que Percy voudrait « discuter » avec eux, le ministre propose de se balader un peu dehors.
- Si quelqu'un voulait bien me montrer votre charmant jardin.. Ah, ce jeune homme a terminé.
Il se tourne vers Harry, « comme par hasard ». J'allais dire quelque chose mais je crois que je vais la mettre en veilleuse pour une fois. Harry me jette un regard en coin, je sais que d'habitude j'aurais réagis mon vieux mais.. pas cette fois.
Ils sortent.
Percy reste assis, l'air profondément mal à l'aise. Mrs Weasley essaye de lui servir à manger pour seize personnes, veut savoir comment il va etc… Percy devrait avoir honte de faire autant souffrir ses parents.
Ginny me rend Rose, je crois qu'elle veut pouvoir se servir de ses mains si besoin.
Et y'en aura besoin. Percy fait le Percy, il ouvre à peine la bouche et quand il le fait c'est pour subtilement soutenir le ministère. « « « « subtilement » » » » ». Il sort du Terrier les lunette maculées de purée de panais, merci aux jumeaux et à Ginny.
Molly est en pleurs. Ça me brise le cœur.
Je monte m'habiller et habiller Rose. Quand je redescends, je dis au revoir à tout le monde, prenant doucement Molly dans mes bras.
George m'attend près de la porte. Il me prend dans ses bras.
- Fred et moi passerons demain soir chez toi.
- George, je souris. Ne…
- Elizabeth, me coupe-t-il. Maman exige. Tu n'as pas le choix et moi non plus.
Mmh. Je vois. Il me serre longtemps dans ses bras puis embrasse le front de Rose. Il nous accompagne jusqu'au taxi et nous fait signe.
- Merlin, que je l'aime.
Et quitter ma bulle d'innocence est un cauchemar. Je vais maintenant voir Sherlock. Le taxi se gare devant Baker Street et je m'épate de ne pas m'être endormie sur la route. Je sors de la voiture après avoir payé, et vais voir Sherlock. Je rentre le plus silencieusement possible, espérant ne pas voir Mrs Hudson.
Je frappe à la porte et entre. Sherlock est assis dans son fauteuil, fixant celui de Papa. Je ne pense pas qu'il ait dormis, ni pris une douche, ni même bougé.
- Joyeux Noël, Sherlock, je lui murmure.
Il lève les yeux vers moi et regarde Rose un instant avant de me demander :
- Tu n'es pas rentrée ?
- Non, j'ai passé la nuit au terrier.
- « terrier », répète-t-il, moqueur.
Il jette un regard septique à mon pull et se lève, s'approchant. Je souris et relève doucement le bonnet de Rose pour qu'il puisse la voir.
- Elle va bien. Molly s'est bien occupée d'elle.
- Tu devrais rentrer, voir John, me dit Sherlock.
Je sais qu'il me veut du bien mais c'est la dernière chose que je veux. Je ne veux pas mentir à Papa, et je vais devoir le faire : hors de question de lui dire que j'ai vu Sherlock. Je ne veux pas commencer un deuil. Je ne veux pas dire au revoir à Mary.
- Elizabeth, insiste-t-il.
Je viendrais te voir. Un jour sur deux. Et si c'est impossible, je t'enverrais un SMS. Tu as intérêt à répondre. Ce n'est pas pour te protéger, je mens, à moitié. C'est pour me changer les idées. Et je veux continuer mes cours, d'accord ?
Sherlock hoche la tête. Je le laisse prendre Rose. Je leur laisse quelques minutes d'inimité, et vais me faire un café.
Quoiqu'il arrive, quoique je ressens, quoique je pense : Rose est ma priorité.
Après avoir bu mon café, je rentre à la maison.
Quand j'arrive à la maison, Papa nous rejoint avec un faible sourire qui se veut enjouer. Il s'est changé, il s'est rasé. Je ne sais pas si ça me rassure ou si ça me fait un peu plus peur.
- Ça s'est bien passé ?
Il regarde mon pull.
- Oui. Ca s'est bien passé. Rose a eu son lot d'attention.
- Et un bonnet, remarque-t-il.
- Je ne lui ai pas dis, mais je pense que tu devrais lui expliquer que Mary est morte. Même si c'est un bébé, j'explique le plus calmement possible.
Papa se crispe, Rose dans ses bras. Je frotte doucement son bras et ajoute :
- Ou je le ferais. Mais il faut que quelqu'un le fasse.
- Je.. le ferais, me dit-il presque à regret.
J'hoche la tête et vais dans la cuisine. Il n'a pas l'air d'avoir cuisiné, je ne pense pas qu'il ait mangé. Grignoté au mieux. Papa va s'occuper Rose, à l'étage. Je vais dans le salon et regarde le sapin avec une sensation étrange.
Je ne vais pas le laisser là. Le sapin doit juste être un souvenir cuisant avec Mary. D'un coup de baguette, je fais venir les boites où l'on range les décorations et en une dizaine de minutes le sapin est vide de ses décorations.
Je le sors manuellement, pas besoin de me faire voir par des moldus. Quand je remonte, j'envoie un message à Mycroft :
« Scrimgeour est venu chez les Weasley. Il a parlé avec Potter pendant un bout de temps. -EW »
Je ne sais pas si ça l'intéresse, mais ça me donne l'impression de contribuer et ça me suffit. Je retourne dans le salon et regarde les photos sur la cheminée.
- Molly Hopper viendra s'occuper de Rose.
- Pourquoi ? je me crispe en me tournant vers Papa. Je suis là.
- Elizabeth, je n'ai pas envie de te coincer et de…
- Non. Tant que j'ai deux heures tous les deux jours pour aller voir Hermione, je mens. Fred et George passeront demain, ils auront de quoi manger. Ne t'embête pas pour les courses, je m'en chargerais.
Papa me regarde, un peu hésitant mais l'air du gars qui sera convaincu facilement.
- Papa. Fais le. Et en échange, prends rendez vous chez ta psy.
- C'est déjà fait, me répond-il.
Je le remercie. Il s'approche de moi et me prends doucement dans ses bras, frottant mon dos.
- Elizabeth, tu as le droit d'être triste.
Je souris avec ironie, répondant à son étreinte.
- Toi aussi, Papa. Tu as le droit d'être triste…
- C'est moi l'adulte, je ferais les courses. Je m'occuperais de ça, d'accord ?
Il se recule et me fait un sourire qui se veut rassurant. Je regarde son visage vieillissant et ses rides d'inquiétude qui se creusent un peu plus. Je lui souris, le cœur brisé d'être incapable de pouvoir l'aider dans sa souffrance. Le cœur brisé par tous les malheurs qu'il doit traverser.
- Et je ne veux pas que George croit que je sois un mauvais père, me sourit Papa sur un ton qui se veut complice.
Je ris, espérant que rire m'empêchera de pleurer.
