Chapitre 19 : visite presque innatendue
Yooo! J'ai enfin finis mes examens, un bonheur! J'ai aussi écris un OS sur la mère d'Elizabeht que je publierais à la fin de ce tome!
Le lendemain matin, je ne fais pas grand-chose, je reste dans mon lit jusque tard le matin. Quand je sors finalement, je vois que Papa a appelé Molly. Molly a habillé Rosamund et elle lui raconte une histoire. Je lui souris, la salue et discute un peu. Ensuite, je vais voir Papa qui est dans la cuisine et regarde sa tasse de café comme si elle allait lui révéler le secret de l'univers. Je lance un asurditio sur la pièce et le regarde.
- Pourquoi Molly est là ?
Il relève un sourcil et lève la tête vers moi.
- Pardon ?
- Je peux m'occuper de Rose, et toi aussi, je lui fais remarquer d'un ton sévère.
- Demander de l'aide ce n'est pas une honte, Elizabeth, me dit-il avec pédagogie.
- Demander de l'aide, dépendre de l'aide ça ne sert à rien.
Il me regarde, contrarié, je soupire et continue :
- Tant que je suis là, laisse moi m'occuper d'elle, puis tu feras ce que tu veux.
Il accepte. Je vais chercher mon sac, prétends aller faire un tour et vais à Baker Street. Sherlock n'est pas là, compréhensible, je vais pas lui demander de rester à la maison sous prétexte que j'ai besoin de câlins. C'est pas grave, je passe deux heures à Baker Street et m'entraîne de mon côté, faisant les exercices que Sherlock m'avait appris.
Avant de partir, je lui prépare des pâtes, les mets en frigo et lui laisse un mot expliquant que je suis passée et que je repasserais. Je lui ai aussi laissé un cadeau de Noël, quelques ingrédients de potion avec leur vertu et la façon dont ils sont utilisés. On verra ce qu'il en fera, je sais que quoiqu'il en soit il ne me décevra pas.
Quand je retourne chez moi, Molly est rentrée et Rosamund est à la sieste. Je me suis arrêtée sur la route et ai été faire les courses un minimum. Le frigo est encore raisonnablement remplis mais je rentre à la maison deux fois par an, j'ai des caprices concernant ce que je veux voir dans le frigo.
- Où es-tu allée ? me demande Papa.
- British Museum, je réponds tranquillement.
Je savais déjà mon mensonge avant de partir. Un bon mensonge est un mensonge réaliste, préparé et à propos de quelque chose qu'on connait : pour être capable d'improviser si le scénario n'est pas tout à fait suivis.
- Ça faisait des semaines que je voulais y retourner. Je regrette un peu, cette période est ultra touristique, je grimace.
- Tu rentres toujours à Londres pendant les moments touristiques, remarque Papa avec un sourire.
Je regarde son sourire, essayant d'absorber l'énergie qu'il dégage. Ses yeux sont ternes, tristes et sans vie, mais je ne sais pas dans combien de temps sera son prochain sourire. Je veux être sûre de bien en profiter.
- Bien vu, Dr Watson, je souris.
Je vais ensuite dans ma chambre. C'est malaisant en ce moment : je ne sais pas quoi lui dire et pourtant mes lèvres lui brûlent de l'engueuler par rapport à sa réaction envers Sherlock. Mais ça n'arrangera rien et mon père risque de m'engueuler encore. L'autre sujet dont je veux lui parler c'est Mary. L'enterrement est demain. L'idée de voir pleins de gens, leurs regards tristes, leurs mots pleins de compassions m'épuisent déjà. J'ai besoin de faire mon deuil seule, j'ai besoin d'aller voir Mary en tête à tête. Je n'ai pas envie d'y aller, je vais y aller pour Papa et pour Rosamund mais si ça ne tenait qu'à moi je resterais à la maison et irais au cimetière seule en soirée.
Dans ces moments là, je rêve que George ait un téléphone. Je suis tellement perdue, Papa a l'air d'aller bien mais en même temps il est incapable de s'occuper de Rose seul ? J'adore Molly mais Rosamund a besoin de son père, pas d'un remplacement maternel. Je sais qu'il en est capable, Papa a vécu des choses bien pires et il est près à tout pour les gens qu'il aime. Mais pour le moment je crois qu'il est trop loin dans son malheur pour penser à autre chose qu'à lui.
Je lui en veux pour sa réaction envers Sherlock, je ne lui en veux pas d'être triste et égoïste. Je ne veux pas imaginer ce qu'il se passerait pour moi si George venait à mourir.
Je ferme les yeux et inspire très fort. Non. N'imagine pas.
Je vais prendre une douche, histoire de me rafraîchir les idées.
En début de soirée, j'entends deux gros craquements et le cri de Papa. Je souris de toutes mes dents et sors de ma chambre, les jumeaux sont dans le salon, Fred observe le salon avec curiosité mais George se tourne en m'entendant.
- Bonjour.
Papa arrive de la cuisine avec son arme pointée vers le salon.
- Papa !
Je roule des yeux, et sans écouter les excuses de Papa, je m'approche de George. Celui-ci me prend dans ses bras et me serre très fort, frottant doucement mon dos.
- Comment vas-tu ? me souffle-t-il.
Pour la première fois de la journée, je me sens bien, je me sens en sécurité et je n'ai plus l'impression d'avoir le poids du monde sur mes épaules. Cette sensation de légèreté me donne envie de pleurer mais ça inquiéterait George plus que ça le rassurerait.
- Ça va, je réponds doucement.
- Vous pourriez me montrer comme fonctionne une arme moldue, Mr Watson ? demande Fred avec intérêt, posant deux gros tupperwares sur la table basse.
- On va éviter, répond Papa aussi poliment que possible. Que faites-vous ici ?
- Notre mère ne supportait pas l'idée de ne pas vous aider d'une façon ou d'une autre, explique George. Elle vous offre de quoi manger ce soir.
- Et elle voulait qu'on vienne vérifier que vous organisiez pas des séances de sanglots, ajoute Fred avec délicatesse.
- Comment va-t-elle ? je demande avec douceur.
- Elle continue de pleurer. Beaucoup, répond Fred en serrant les dents.
Papa s'apprête à refuser mais il croise mon regard suppliant et s'abstient.
- Pouvons nous voir notre belle sœur ? susurre Fred.
Je les emmène voir Rose qui est dans son parc dans la cuisine, elle agite les bras dés qu'elle voit les jumeaux. L'idée que deux personnes soient identiques est encore un peu compliquée pour elle. Mais elle sait que Fred et George ont toujours des jouets intéressants et font des étincelles avec leur baguette et ça lui suffit.
Fred la prend aussitôt, avec une aisance qui me surprend.
- Très joli votre maison, indique-t-il. Maman voudra certainement qu'on lui ramène les plans exacts.
- On pourrait juste l'inviter, répond mon père d'un ton bourru.
Je serre les dents, je n'ai pas besoin qu'il prenne le rôle de Sherlock sous prétexte qu'il ne parle plus à celui-ci. Je lui demande pas d'être heureux ou souriant mais si il n'a pas envie de les voir, il peut juste rester au salon.
George regarde mon père, à moitié surpris. Je crois qu'il est surpris par son comportement mais compte tenu des circonstances, pas tellement. Fred fait des petits tours de passe passe à Rose qui glousse de joie. Je vois le regard de Papa s'adoucir.
- Comment va le magasin ?
- Très bien. Les commandes continuent d'augmenter, Fleur nous a même mis en contact avec de potentiels fournisseurs en France, répond George avec fierté.
Il n'a pas d'idée de comment je suis fière d'eux.
Papa prépare le thé, je crois que vu son état pour le moment c'est le plus proche d'un accueil chaleureux qu'on aura. Et ça me va. Il nous invite à aller au salon, je crois qu'il a envie d'être un peu seul.
Fred s'assit à terre, Rosamund dans ses bras qui passe le meilleur moment de sa vie. George et moi nous nous asseyons dans le canapé.
- On a enfin vu le cadeau que Lavande a fait à Ron, ricane George.
Je souris en coin.
- Alors ?
- Une chaîne en or avec ses initiales, sourit-il.
- La chaîne est énorme, renchérit Fred. Classe, distinguée.
- Je ne suis même pas surprise, je ris doucement.
Nous discutons un peu mais pour être honnête, les jumeaux animent le plus gros de la discussion, me parlant un peu de leur relation avec leur frère (en prenant bien le soin d'éviter de mentionner Percy la moindre fois). Je suis heureuse de les avoir. J'aurais presque demandé à George de venir à l'enterrement mais si il venait, je ne pourrais pas aider Papa autant que je le souhaite.
La situation avec Percy est terrible. Molly et Arthur sont les gens les plus aimants, les plus chaleureux et les plus accueillant que je connaisse. Je comprends le désir d'ambition de Perceval, je connais Mycroft, je comprends d'où il peut et où il peut mener. Mais Perceval a clairement vu que le ministère n'avait pas la science infuse, il leur inflige du mal par fierté et ce n'est pas quelque chose que je peux tolérer.
Mais la situation ne me regarde pas. Et même si les jumeaux m'apprécient beaucoup, je sais aussi que ce n'est pas ma place de faire des remarques sur le sujet.
Et je ne le fais pas.
Je reste contre George, profitant de cette sensation de légèreté et de protection qui, je sais, n'est bien trop temporaire. J'embrasse sa joue sans un mot et George se tourne vers moi avec un sourire. Papa revient avec le thé, je l'aide à servir.
Je suis agréablement surprise par Fred, je l'ignorais aussi doué avec les bébés. Il sera un Papa extraordinaire, ce n'est pas une surprise, mais le fait qu'il soit déjà aussi à l'aise en est une.
Papa prend la peine de poser des questions sur les Weasley, sur leur magasin, et autres banalités. Je me demande quelle genre de discussion les jumeaux ont eu avant de venir, mais Fred laisse George répondre le plus souvent et quand il intervient, il le fait sérieusement.
Je ne dis pas que les jumeaux sont incapables d'être sérieux, mais deux heures de suite de politesse et de bonne tenue c'est quand même impressionnant.
Papa se lève après un moment, indiquant qu'il va réchauffer le plat, les jumeaux refusent, en même temps, insistant qu'ils le fassent eux même étant donné que c'est eux qui l'ont apporté. Papa accepte assez facilement.
On attend quelques minutes, entendant beaucoup de boutons être manipulé, pas mal de négociations.
- Tu devrais aller voir, remarque intelligemment mon père.
- Tu as raison, je grogne.
Je me lève et vais dans la cuisine, les jumeaux ont cassé le micro onde ? La pauvre machine clignote en alerte et a visiblement besoin d'aide.
- Pourquoi j'ai cru que je pourrais vous laisser avec des machines moldues.
- Je voulais le faire magiquement, grogne Fred. George a insisté.
Je souris doucement et remets l'appareil en route, sous le regards impressionnés des jumeaux. Je les regarde du coin de l'œil.
- Merci d'être venu.
- N'importe quoi pour ma belle sœur préférée, susurre Fred.
- Je saurais me souvenir du ça, je réplique avec un clin d'œil.
Molly nous a fait un super rôtis, je vois quel bien ça fait à Papa de bien manger un repas fait maison. Après avoir mangé, les jumeaux se dévouent pour faire la vaisselle (magiquement, faut pas exagérer). Ils saluent poliment mon père, et Fred manque de nous kidnapper Rose.
Je les raccompagne dans le couloir (ça ne sert à rien de transplaner dehors), Fred me prend doucement dans ses bras. Je suis un peu surprise, nous n'avons jamais eu ce genre d'échanges physiques, mais je réponds à son étreinte avec mon plaisir.
- Je crois bien que tu es mon beau frère préféré, Fred, je souris.
- Je le savais.
George me serre contre lui à son tour et m'embrasse avec toute la douceur du monde, me répétant à voix basse qu'il m'aime.
Quand ils s'en vont, je ressens à nouveau cette sensation de vide dans ma poitrine. Je tourne la tête vers Papa qui regarde Rose, le visage durcis par le soucis, la tristesse et la colère. Je déglutis et inspire profondément.
Je ne rentrerais pas à Poudlard après les vacances, je resterais avec lui.
alors ? ça vous a plu ? :)
