I'm worse at what I do best and for that gift I feel blessed
Our little group has always been and always will until the end

En retournant à la salle sur demande, Fred avait vu le geste d'Harry et avait décidé de ne pas prêter attention au pincement dans son cœur. Il s'était promis, depuis le début de sa relation avec Hermione, de ne pas accorder d'importance aux comportements que les trois amis avaient les uns envers les autres. Il s'était fait aux caresses d'Harry sur le poignet d'Hermione et aux éclats de rire que son frère lui arrachait. Si sa jalousie était plus profonde envers Harry, c'est que ce dernier semblait toujours vouloir toucher sa petite amie. Ron se contentait de la faire rire, de partager des blagues qu'eux seuls comprenaient. Ils se lançaient souvent des pics, mais Fred remarquait les sourires en coin de son frère et la façon tendre qu'Hermione avait de lui répondre. Mais, avec Harry, c'était différent. Le contact physique le dérangeait. Et puis, il y avait leurs regards. Ils se comprenaient sans se parler, le lien qui les unissait semblait différent de celui que Fred pouvait avoir avec George. Ils semblaient lire en l'autre, le comprendre, pourtant, aucun lien de sang ne les unissait. Ils se connaissaient par cœur tous les trois et il s'en voulait de ne pas aussi bien connaitre et comprendre Hermione.

-Je t'aide à faire le service ?

Harry s'était glissé vers lui. Il lui tendit une choppe de bièraubeurre et lui demanda de l'apporter à Hermione. Harry lui sourit et il le vit verser du gingembre dans la boisson avant de l'emmener vers son amie. Hermione en but une gorgée et se tourna vers Fred.

-Tu as pensé au gingembre ! Merci.

Il regarda Harry, mais ce dernier ne contredit pas ses dires. Il sourit. Non, bien sûr qu'il n'y avait pas pensé. Il ne le savait pas.

-Ils sont proches tous les deux, n'est-ce pas ?

Fred fut brusquement sorti de sa rêverie par Cho Chang qui se tenait à ses côtés. Il sentit un certain malaise passer entre eux. Il ne connaissait pas Cho et, les quelques fois où il avait pu voir Harry rentrer dans la salle commune en colère, lui suffisait pour savoir qu'il n'avait pas réellement envie de la connaitre.

-Euh oui, sans doute. Ils sont amis depuis plusieurs années, c'est normal, tu sais.

-Oui, enfin, Hermione est tout de même quelqu'un de très indécis.

-Qu'est-ce que tu veux dire ?

-L'année dernière, tu sais bien, elle n'avait pas réussi à choisir entre Harry et Krum.

-C'est Harry qui t'a dit cela ?

Fred sentit une vague de colère monter en lui. Qui était-elle pour parler ainsi de sa petite amie ?

-Oh non, il est bien trop aveugle. Je pouvais le voir c'est tout.

-Ah oui, c'est vrai, quand tu n'étais pas collé aux lèvres de Cédric, l'autre champion.

Les yeux de Cho s'étaient ouverts en grand et Fred sut qu'il était allé trop loin. George vint alors à sa rescousse.

-Excuse-le, il n'a pas eu sa dose de bulles baveuses aujourd'hui

Il vit Cho retenir ses larmes et elle se pencha vers lui.

-Fais attention, c'est tout.

Il hocha la tête et la vit rejoindre Harry qui riait avec Hermione et Ron.

-Allez Forge, viens montrer à ces gamins comment on s'amuse.

With the lights out, it's less dangerous, Here we are now, entertain us. I feel stupid and contagious
Here we are now, entertain us

Fred essaya de comprendre Cho. Oui, ils étaient proches, mais, après ce qu'ils avaient traversé ensemble, c'était plutôt logique. Les dangers, les monstres, les disputes et la peur constante. Hermione avait toujours peur pour Harry, il le savait. Mais il ne pouvait lui en vouloir. Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-le-Nom était revenu et sa préoccupation première semblait être de se débarrasser d'Harry Potter. Le plus grand mage noir de tous les temps voulait tuer ce gamin de quinze ans. Fred songea que, s'il s'agissait d'un de ses frères ou de sa sœur, il aurait la même réaction. Harry pouvait mourir d'un moment à l'autre, la menace qui l'entourait était la pire de toutes. Il lui sembla logique qu'Hermione veuille profiter de lui autant qu'elle le pouvait. Il était constamment en danger.

Son cœur se gonfla et il se dit qu'elle était la personne la plus forte qu'il n'eut jamais connue. Elle s'accrochait à Harry alors qu'il pouvait disparaître à tout moment et briser son cœur, laissant un vide qui ne se comblerait jamais. Perdu dans ses réflexions, il sursauta en sentant deux mains se poser sur son torse.

-Tu es avec nous ?

-Maintenant oui.

Il sourit et embrassa tendrement Hermione. La chaleur de son baiser le rassura et il pressa son corps contre le sien. C'était une exclusivité qui lui était réservée. Il aimait se dire que les baisers d'Hermione n'appartenaient qu'à lui et que, même si ses mains touchaient parfois le corps d'Harry, elles ne le faisaient jamais de la même façon qu'avec lui. Même si elle riait aux blagues de Ron et posait parfois sa tête sur son épaule, leur proximité n'égalerait jamais celle qu'elle partageait avec lui. Il se sentit chanceux, reconnaissant. L'amitié, c'était de l'amour, autrement.

-Tu viens avec moi ?

Elle lui prit la main et Fred se laissa guider. Ils s'installèrent sur des coussins, près de George et on n'entendit bientôt les rires et les anecdotes emplir la salle. L'alcool allait bientôt avoir raison d'eux.

-Très bien les amis, pour cette soirée, c'est avec grand plaisir que je vous annonce que les meilleurs…

-Et plus beaux Weasley s'autoproclament maître des jeux !

-Nous allons donc vous expliquer les règles de ces jeux qui se dérouleront tout au long de la soirée…

-Aucune pause. Commençons mon cher Gred…

-Premier jeux, donner trois mots sans aucun rapport

-Et l'honneur revient à la plus belle, la plus incroyable, la plus tendre…

-Je crois que vous l'aurez compris, Harry à toi l'honneur !

Sous les rires et les acclamations, Fred prit place aux côtés d'Hermione et déposa un baiser sur sa joue.

-Vous êtes très belle ce soir miss Granger

-Ce soir seulement ?

Devant le sourire malicieux d'Hermione, le cœur de Fred se mit à fondre et il l'embrassa à pleine bouche. Il la sentit sourire dans leur baiser.

La tête de Fred tournait délicieusement et un sentiment d'extrême plénitude avait élu domicile en lui. Une douce chaleur lui enserrait le cœur et il fut incapable de dire si cela était dû à l'alcool ou à la main d'Hermione sur sa cuisse. Étant en petit comité, entouré seulement de ses amis, elle devenait moins pudique. Fred avait été surpris plusieurs fois par ses baisers et ses caresses sur son torse.

Il se mit à contempler la jeune femme à ses côtés et son cœur rata un battement alors qu'elle éclatait de rire. Il entendait au loin la voix de son jumeau raconter la fois où, ensemble, ils avaient mis échangé un dossier de Percy sur les chaudrons contre de vieux rapports sur les canards en caoutchouc de leur père. Hermione était belle sans le savoir. Et c'est cela qui la rendait encore plus attractive. Elle n'avait pas conscience de sa beauté ni de la lumière qui émanait d'elle. Il se laissa aller à sa contemplation, prit une mèche de ses cheveux et commença à jouer avec.

-Houa, quelle preuve d'amour.

Harry semblait avoir reporté son attention sur eux. Fred n'aima pas le sarcasme de ce dernier, mais décida de ne pas le dire à voix haute.

-Hermione déteste qu'on lui touche les cheveux.

-Ah oui, bien sûr, tu connais donc tout d'elle. Tu ne veux pas nous en dire un peu plus ?

I'm worse at what I do best. And for that gift I feel blessed

Les conversations s'étaient éteintes face à la voix glaciale de Cho. Elle regardait Harry d'un air furieux et ce dernier paraissait en proie à un combat intérieur. Le malaise était palpable et personne n'osait parler, ni même respirer de peur que cela fasse exploser la colère de Cho.

-Oui, mais moi j'ai le droit. Regarde.

Fred ébouriffa les cheveux d'Hermione et le regretta aussitôt.

-Tu vois ? Même pas une réaction. C'est ça l'amour.

Il entendit Hermione lui murmurer quelque chose à propos de l'endroit où il pouvait se carrer son amour et les rires qui suivirent sa remarque détendirent l'atmosphère.

-Tu vas le regretter, tu le sais ?

Il sourit et embrassa Hermione tendrement.

-Mais j'y compte bien.

Il lui adressa un clin d'œil et la vit rougir. Il sentit alors quelque chose remuer dans son bas ventre.

-Très bien, mon cher Gred je pense qu'il est l'heure du…

- Concours d'anecdotes ! La règle est simple, chacun raconte une anecdote et les autres doivent deviner si elle est vraie ou fausse

-Ou Faie ou vausse à vous de voir

-Commençons par le survivant au carré

-Pourquoi c'est toujours moi le premier pour vos jeux sadiques ?

-On est survivant…

-Ou on ne l'est pas, mais à l'évidence Potter…

-Tu l'ais et plusieurs fois. On t'écoute.

Harry poussa un profond soupir et réfléchit quelques instants.

La soirée se passa sans encombre, ponctuée de jeux, de rires et de révélations sur chaque personne présente. Il apprit que Neville avait mis plusieurs mois à mémoriser le chemin le menant à la salle commune et son étourdissement lui avait valu de dormir devant le portrait de la Grosse Dame, car il oubliait souvent le mot de passe.

Ron avait révélé que sa peur des araignées venait de ses frères qui en avaient introduit une dans son lit, étant enfants. Les jumeaux échangèrent un sourire attendri par ce souvenir. Sourire qu'il s'empressa de ravaler face au regard sévère de sa petite amie.

Luna avait avoué passer ses étés aux côtés d'un charmant moldu et l'entendre parler de la perte de sa virginité avec autant de détachement mit tout le monde mal à l'aise.

Harry évoqua sa première rencontre avec Hagrid, la façon dont il avait défoncé la porte et la soudaine apparition d'une queue de cochon sur le derrière de son cousin.

Cho avoua que Lupin ne l'avait pas laissé pas indifférente, au cours de son année d'enseignement et Harry avait éclaté de rire, ce qui n'était, apparemment pas ce à quoi elle s'attendait. Hermione avait déclaré que cela devait être dû à au petit problème de fourrure du professeur et les rires de Ron et Harry avaient redoublé d'intensité sans que les autres n'en connaissent la raison.

George évoqua leur première année et la façon dont ils avaient fait hurler leur mère en dévissant des sièges de toilette qu'ils avaient installés, en secret, dans le bureau de Rogue.

Enfin, Hermione avoua avoir eu ses premiers émois face à une fiction érotique qu'elle avait achetée par hasard et dont la signification du titre lui avait échappé, à l'époque. Fred sourit devant sa gêne et décréta que finalement, la réalité était parfois bien meilleure que la fiction, ce qui lui valut une bouteille de bièraubeurre lancée par Ron.

Pendant quelques heures, leurs pensées, enivrés par l'alcool et les rires mirent de côté leur préoccupation. Fred remarqua qu'Hermione n'avait pas froncé une seule fois les sourcils en regardant Harry et Ron. Les pensées sombres qui surgissaient souvent dans son esprit semblaient la laisser tranquille pour ce soir.

-Hermione trois mots qui n'ont absolument rien à voir entre eux.

-Bigorneaux, Rogue, Shampoing.

Fred éclata de rire. Hermione avait les joues roses et le regard pétillant.

-Je n'ai jamais à présent ! Ron à toi l'honneur.

Son frère se renfrogna et réfléchit. Puis, en croisa le regard de Fred, il songea à une petite vengeance.

-Je n'ai jamais embrassé Hermione.

-Bien joué petit frère, dois-je boire une gorgé pour chaque baiser ? Parce que la réserve de Poudlard va en prendre un sacré coup.

Les heures défilèrent et, bientôt, les conversations s'apaisèrent, le vacarme laissa place aux murmures. Fred était allongé sur un amas de coussins si confortables qu'il ne voulait se trouver nul par ailleurs. Et les mains d'Hermione caressant ses cheveux ne faisaient qu'augmenter ce sentiment.

-Fred, trois mots qui n'ont rien avoir ensemble !

-Ron, intelligence, beauté

-Je te déteste !

Ron avait marmonné cela, faisant grogner Ginny qui s'était blotti contre lui. Fred eut l'impression de faire un bond dans le passé, dans leur petite enfance quand Ginny avait pour habitude de se lover contre Ron, son pouce dans la bouche. George parlait tout bas avec Harry et Neville tandis que Luna semblait en proie à une profonde admiration devant une chose qui échappait à la vue des autres.

-C'est pas tout ça, mais il faudrait songer à aller se coucher les enfants.

Harry avait dit cela en bâillant relayé bientôt par les autres. Fred ne se sentait pas de bouger. Son corps épousait parfaitement la forme des coussins et il ne put se résoudre à penser qu'il allait devoir se séparer de la chaleur d'Hermione.

-Moi, je dors ici et Hermione aussi.

-Ah vraiment ?

-Oui, je l'ai décrété. Tu dois m'obéir femme.

Il sentit une petite tape sur sa tête et sourit. Il entendit les autres leur souhaiter une bonne nuit et soudain, il réalisa qu'il était seul avec Hermione. Cela ne s'était produit depuis plusieurs jours. Il se redressa et sentit la fatigue le quitter. Il planta ses yeux dans ceux d'Hermione.

-Je croyais que tu étais épuisé.

-Mais c'était avant qu'on ne soit que tous les deux.

Une lueur apparut dans le regard de sa petite amie et il combla l'espace qui les séparait pour l'embrasser fougueusement. Hermione gémit sous la surprise puis se laissa aller. Leur baiser se fit de plus en plus intense et l'excitation s'installa dans son bas ventre. Hermione posa ses mains sur le torse de Fred et ce dernier frissonna à leur contact.

-Harry !

-Ah non, moi c'est Fred.

Il reçut une légère tape sur sa poitrine et Hermione se dégagea de son emprise. Il ressentit soudain un froid immense le submerger. Il se retourna et vit Harry, les yeux écarquillés et les joues rouges à quelques centimètres d'eux.

-Désolé, Cho avait oublié son pull. Je … continuez … Je m'en vais, désolé de vous avoir dérangé.

Il vit Hermione lui jeter un regard puis se tourner vers Harry. Elle se leva alors et l'interrompit avant que ce dernier ne passe la porte. Alors le froid que Fred avait ressenti s'intensifia. Il comprit, il le savait depuis longtemps déjà sans se l'avouer. Il avait vu la douleur dans les yeux d'Harry et n'avait pas réalisé. Oui il avait surpris un moment intime, mais ce n'était pas si grave. Harry se doutait bien qu'ils ne passaient pas leur temps à jouer aux échecs, d'ailleurs Hermione n'aimait pas échecs. Il les regarda et se mit à les imaginer ensemble. Son cœur se brisa. Il sursauta lorsqu'il entendit la porte se refermer et vit Hermione s'avancer vers lui.

-Désolée.

Elle s'assit à nouveau à côté de son petit ami.

-Ça va Fred ?

And I forget just why I taste. Oh yeah, I guess it makes me smile. I found it hard, it's hard to find

Ça ne sera toujours que lui. Que Harry puis Ron. Fred ne serait jamais sa priorité. Il le savait. Et ça lui arrachait le cœur, ça l'étouffait, il avait envie de hurler au visage d'Hermione. De lui crier qu'il l'aimait et que ça le faisait souffrir de n'être que son petit ami. Et puis il réfléchit. George. George passerait toujours en priorité dans sa vie aussi. Hermione ne serait jamais à sa hauteur, mais il avait une excuse, George était son frère, son jumeau. Les pensées se bousculaient dans sa tête et il sentit sa gorge se serrer. Alors il regarda Hermione, dans les yeux. Ces yeux qui le faisaient chavirer, le troublaient, écartaient toute tension de son corps, de son cœur. Il fit une grimace et prit un air soulagé.

-Je pense qu'on a choqué bébé Potter.

Alors Hermione rit et il se remit à l'embrasser, mais cette fois avec toute la passion et la tendresse dont il était capable. Il la sentit sourire dans leur baiser et embrassa ses joues, son nez, la commissure de ses lèvres. Il aimait chaque parcelle de sa peau et voulait y goûter, savourer. Hermione posa ses mains sur son torse et les laissa glisser sur son ventre qu'elle caressa doucement. Elle avait toujours eu un faible pour cette partie de son corps et aimait y perdre ses caresses. Alors Fred la fit basculer sur lui, à califourchon et parti explorer chaque zone de ce corps qu'il aimait tant, qu'il avait appris à connaitre par cœur tout en le redécouvrant à chaque fois. Sa peau était chaude et douce, elle avait un parfum de fleur, de promesses imprononçables. Elle avait un goût d'été. Hermione caressait ses épaules, ses bras et embrassait son cou. C'était d'une douceur infinie, c'était tout ce qui la définissait. Alors il leva les yeux vers les siens et écarta les mèches de son visage. Il vit dans ses yeux une tendresse et une émotion qui firent bondir son cœur. Il caressa ses joues et fit frôler leurs nez. Elle appelait ça des bisous esquimaux et Fred les adorait.

-Tout va bien Fred ?

-Je n'ai jamais aimé quelqu'un comme je t'aime toi.

Il but une gorgée de ce qui semblait être du whisky pur feu. Alors elle sourit, immensément et but une gorgée à son tour. Il embrassa son nez et l'enlaça, fort. Il respira son odeur et sentit son esprit se déconnecter de la réalité.

Ils mêlèrent leurs corps ce soir-là. Tendrement, amoureusement et Fred se dit qu'il ne pourrait jamais se passer d'elle. Et, en pensant à l'année suivante, il ne put empêcher la tristesse de prendre place en lui. Il allait quitter l'école et ne serait plus aussi souvent avec Hermione. Il espérait que leur relation n'en subirait pas les frais. Mais, en regardant sa petite amie dormir paisiblement, il se dit que peu lui importait. Elle lui avait donné tout ce dont il aurait pu rêver et bien plus encore. Elle avait enchanté sa vie. Et il s'endormit à ses côtés avec, pour dernière pensée, des paillettes et Lee chevauchant une licorne.

Oh well, whatever, nevermind

A Denial