Les hommes que j'aime - La rue Kétanou

Je voudrais vous parler des hommes que j'aime. Ceux qui m'ont embrassé au bord de la scène.

Lorsqu'ils retournèrent à la salle commune, il était déjà tard. Hermione avait séché ses larmes et son sourire était réapparu, timidement. Elle s'était raconté et Ron avait alors compris d'où venait le caractère de son amie, ses doutes, ses angoisses, ses espoirs et ses attentes. Il se dit qu'en cinq ans, c'était la première fois qu'Hermione parlait réellement d'elle, qu'elle se livrait, sans peur d'être jugée et cela rendit Ron plus heureux qu'il ne pouvait l'admettre. Il avait alors compris à quel point son amie était forte et courageuse. Lui qui avait toujours pensé qu'elle aurait dû aller à Serdaigle, avait compris que c'était une véritable Gryffondor, une vraie lionne, une jeune femme extraordinaire. Et son admiration pour elle n'en fut que renforcée. Son frère était l'homme le plus chanceux qu'il connaisse et il se promit de ne jamais laisser Fred blesser Hermione. Son sourire ne devait jamais disparaitre.

Ils avaient passé la soirée à la réconforter et, tandis qu'ils pénétraient dans la salle commune, Hermione riant à une de ses blagues sur Malfoy, il la vit perdre son sourire, pour la deuxième fois de la soirée. Il se tourna et vit alors Fred, sur le canapé, son jumeau à ses côtés. Les yeux de Fred étaient rouges et il semblait épuisé. Ron ne l'avait jamais vu comme cela, pas même lorsque leur mère les avait obligés à récurer la maison de fond en comble après que les jumeaux aient testé leurs inventions sur Percy. Ron n'avait jamais vu son grand frère aussi fatigué. À y regarder de plus près, Fred ressemblait à un animal blessé, il avait mal et cela enserra le cœur de Ron. Pourtant, il ne pouvait se séparer d'Hermione pour aller le rejoindre et tenter de le réconforter. C'était son amie qui avait besoin de lui.

-Tu es rentrée.

Fred avait lancé cela comme un espoir. George avait levé les yeux et Ron crut y déceler un infime sentiment de défi.

-Oui, écoutes Fred je … Je vais me coucher.

Ron et Harry avaient raccompagné Hermione jusqu'à l'escalier. Elle leur avait murmuré un merci à peine audible et s'était précipitée dans les marches. Ron avait la sensation qu'elle allait passer sa nuit à pleurer et cela lui fendit le cœur. Harry le regarda d'un air désolé et monta à son tour. Ron ne savait que faire. Il ne pouvait pas laisser Fred comme cela aussi désespéré et en même temps, il avait peur de trahir Hermione. Il osa un coup d'œil vers les jumeaux et remarqua que Fred avait à nouveau enfui sa tête dans les mains, George lui caressait doucement le dos. Alors il s'approcha de ses grands frères et s'assit à leur côté.

-Hé Freddie. Ça va aller ne t'inquiète pas.

Fred leva alors les yeux vers lui.

-Ne pas m'inquiéter ! Mais Ron tu te rends compte ou pas ? Pourquoi est-ce qu'elle est partie ? Pourquoi n'a-t-elle pas voulu m'écouter ? Tu peux me le dire toi ?

Il avait hurlé ces mots. Les Weasley avaient déjà vécu des moments difficiles dans leur vie, l'hospitalisation de leur père, la perte de leur grand-père, les disputes avec Percy. Les jumeaux avaient toujours fait en sorte de réconforter la famille, par des blagues ou des bêtises qui faisaient hurler leur mère et éclater de rire le reste de la famille. Fred et George étaient forts. Ils ne montraient pas leur peine, ne l'infligeaient pas. Ils étaient les grands frères et Ron et Ginny avaient toujours pu compter sur eux.

Ils ont des gueules cassées et il faut les voir au petit jour, se coucher tout étonné du monde qui les entoure. Ils volent, ils viennent, ils trainent.

La première fois que Ron s'était fait embêter par un garçon, plus vieux que lui, les jumeaux avaient rempli son caleçon d'anguilles. Lorsque Ginny tombait de son balai, Fred se précipitait vers elle et lui donnait des bonbons pour qu'elle retrouve le sourire. Ils avaient calmé Bill lorsque Charlie était parti vivre en Roumanie. Après tout, à eux deux ils réussiraient à combler le manque de leur ainé. C'est eux qui avaient réussi à réconforter leur mère quand Percy était parti furieux de la maison, maudissant de porter le même nom qu'un fou amoureux des moldus sans ambition. Ils se moquaient souvent, prenaient leurs frères et sœurs en cobaye pour leurs inventions parfois, faisaient hurler leur mère et inquiétaient leur père. Mais Fred et George étaient toujours joyeux. Ils étaient forts, ils étaient deux. Alors, voir Fred dans une telle détresse donna l'envie à Ron de monter dans le dortoir d'Hermione, peu importe le temps que cela lui prendrait pour réussir à gravir ce toboggan et de la secouer par les épaules.

-Je sais, mais Hermione, elle est blessée.

Ils entendent des Carmens qui leur disaient viens par là !

-Ah oui parce que lui va totalement bien ! Il pète le feu. D'ailleurs frérot, tu devrais courir partout dans l'école en collant et crier à quel point tu es heureux !

-Ce n'est pas ça George ! Freddie écoute. Je sais que ça te fait mal, mais comprends-la. Regarde ce qu'elle a vécu l'année dernière à cause de Skeeters. Et, aujourd'hui, ça recommence. Et si cela la touche beaucoup plus c'est simplement parce qu'elle t'aime. Elle a peur.

-Mais peur de quoi par le caleçon de Merlin ?! Je m'en fous de ce que disent les autres. Je préfèrerais mille fois que leurs insultes soient pour moi ! J'aimerais tellement tous les changer en fouine et les voir gambader complètement affolés dans les couloirs. Je déteste ceux qui lui font du mal.

-Elle a peur que tu les croies. Que tu remettes en question votre relation et que tu la quittes parce que, finalement, tu te seras rendu compte qu'elle n'est pas faite pour toi.

-Mais je me fous qu'elle soit faite pour moi ou pas. Ce n'est pas un objet que l'on m'offre et que je rends s'il n'est pas à ma taille !

-Elle n'a pas confiance en elle aujourd'hui.

-Et en moi ?

Ce sont des Donjuans qui savent le chagrin d'amour, des amitiés de survivants qui fêtent votre retour.

-Je ne sais pas Freddie. Je pense oui. Réfléchis à tout ce qu'elle t'a offert. Mais c'est la peur qui parle aujourd'hui.

Fred s'était tourné vers son jumeau, un éclair au fond des yeux.

-Tu crois que ?

-Bien sûr !

-Mais si jamais…

-Non ça ira.

-Alors c'est d'accord.

Fred se leva, plein d'enthousiasme, et regarda Ron.

-Merci frangin, je t'en dois une.

Ron n'avait rien compris de leur échange, mais peu lui importait. Cela avait rendu le sourire à son frère. Cependant, il ne put s'empêcher de penser que les jumeaux préparaient un très mauvais coup.

-Fred ? N'oublie pas que c'est Hermione. Ne fais pas dans la démonstration.

-Ne t'en fais pas petit frère.

Il lui lança un clin d'œil et se dirigea vers son dortoir suivi de George. Ron soupira. Il les connaissait mieux que personne. Ils préparaient un mauvais coup.

Et je lève mon coeur, à la tendresse de ces voyous, qu'elle me porte bonheur, ce soir j'ai rendez-vous. Et j'irais comme je suis, non je ne changerais rien, Acte mes folies, à mon feu dans mes mains. À mon amour sans pudeur, à mon amour qui se dechaîne et même si ça fait peur, ainsi aiment les hommes que j'aime.