Count on me - Bruno Mars
If you ever find yourself stuck in the middle of the sea, I'll sail the world to find you
Ron était allongé sur son lit, au Terrier. Les vacances avaient commencé depuis trois semaines et ses pensées étaient toujours obscurcies par les évènements du ministère. Ils avaient échappés de peu aux mangemorts et à une mort certaine. Il s'en était tiré avec quelques cicatrices sur le corps et les cris de sa mère.
Find out what we're made of when we are called to help our friends in need
En rentrant chez lui, il avait eu le droit à un interrogatoire des jumeaux. Fred s'inquiétait pour Hermione, il n'avait pu la voir que quelques minutes lorsqu'ils étaient revenus du ministère. Ron se souvint du regard angoissé que ses frères lui avaient lancé. Fred s'était alors précipité sur lui et l'avait enlacé pour la première fois depuis qu'ils étaient enfants. Il lui avait murmuré que ce n'était qu'un idiot et qu'il ne devait jamais plus prendre de tels risques. George lui avait donné une tape sur la tête avant de le prendre, lui aussi dans ses bras. Ron se souvint du soulagement qu'il avait alors ressenti face à l'inquiétude des jumeaux. Puis, ils s'étaient dirigés vers Ginny et Fred lui avait murmuré que c'était lui le grand frère. Que c'était lui qui aurait dû prendre les risques. Et Ron avait perçu les larmes sur ses joues. Fred s'était ensuite agenouillé au chevet d'Hermione et ses sanglots avaient raisonné, quelques instants, dans l'infirmerie de Poudlard.
I'll be there and I know when I need it I can count on you like
Ron avait reçu de nombreuses lettres d'Hermione où cette dernière lui apprenait qu'elle était partie en vacances en France avec ses parents. Elle avait besoin de prendre du recul par rapport aux récents évènements et partir au soleil lui faisait le plus grand bien. Elle lui parlait souvent de ses angoisses « C'est la guerre Ron, elle est ici. Ça arrive et tu le sais. ». Oui, la guerre était là, toute proche. Le ministère avait enfin donné raison à Harry et le retour de Voldemort avait été annoncé. Les yeux de sa mère avaient changé de couleurs, ses sourires étaient plus crispés, son angoisse étouffée au fond de son ventre. Fred et George ayant ouvert leur magasin, la maison était devenue terne. Ils revenaient souvent pour les faire rire et taquiner leur sœur.
You'll be there 'Cause that's what friends are supposed to do
Ron n'avait pas peur. Il avait Harry et Hermione, il avait les deux meilleurs boucliers, les deux meilleures armes. Rien ne pouvait lui arriver. Pourtant, il s'inquiétait. Pour Hermione, pour Harry. Il savait que son meilleur ami avait subi un choc terrible, une épreuve encore, un nouveau coup du sort. Il s'en voulait de le laisser chez les Dursley, ces personnages ignobles. Harry n'avait aucun soutien, aucune reconnaissance. Il venait de perdre le dernier membre de sa famille et il devait surmonter cela seul, encore une fois. Ron avait toujours été entouré par sa famille, par ses cinq frères et sa sœur. Il ne pouvait imaginer la solitude, le fait de n'avoir aucune famille, aucune épaule sur laquelle se reposer, aucun bruit, aucun rire. Le Terrier avait toujours été vivant, coloré, joyeux et cela était en grande partie du à Fred et George. Il se savait chanceux et, même s'il vivait dans l'ombre de ses frères, il avait toujours des personnes à ses côtés. Il avait quelqu'un qui valait la peine de rire, de vivre, de mourir.
Deux petits coups se firent entendre à sa porte. Charlie entra et vint s'assoir sur le lit de Ron.
If you tossin' and you're turnin' and you just can't fall asleep, I'll sing a song beside you
-Hermione arrive aujourd'hui.
-Je sais Charlie.
-Est-ce que tout va bien ?
-Ouais.
Ron ne savait pas parler, ne savait pas s'exprimer. Il aurait voulu dire à Charlie que rien n'allait, qu'il avait peur, qu'il se sentait démuni face à la détresse de son ami et aux angoisses d'Hermione.
-Tu sais, ce que tu as fait au ministère, c'était vraiment très courageux.
-C'était stupide Charlie. On s'est jeté dans la gueule du loup, sans prendre de précaution. Sirius n'y était pas, ce n'était qu'une farce. On aurait pu y passer et tu le sais.
-C'est vrai. Mais tu as suivi aveuglément ton meilleur ami. Tu lui es resté fidèle et ça, ça c'est du courage. Vraiment. Tu t'es jeté dans la gueule du loup parce que tu avais peur pour lui, pour les autres. Tu as échappé à plusieurs mangemorts, peu de personnes dans cette maison sont capables de faire la même chose. Vous les avez bien roulés.
-On aurait pu y rester.
Les larmes coincées au fond de sa gorge le faisaient souffrir. Ils auraient pu être tués. Harry aurait pu mourir, ou Hermione ou Ginny. Ils avaient été chanceux et non courageux.
Charlie s'approcha de lui et mit sa main sur son épaule.
-Oui, mais vous êtes là Ron, vous êtes vivants. Je suis fier de toi.
Charlie déposa un baiser sur le front de son frère et ce dernier eut envie de garder cette chaleur pour toujours. Charlie était l'aîné, le plus téméraire. Il travaillait avec les dragons, se mettait en danger tous les jours et pourtant il avait de l'admiration pour Ron. Cela valait bien toutes les récompenses.
And if you ever forget how much you really mean to me, everyday I will remind you
-Aller, viens, Hermione ne va pas tarder et maman a préparé un excellent déjeuner. Et oui, il y a du poulet.
Ron sourit et suivit son frère jusqu'à la cuisine. Fred et George s'étaient joints à eux. Toute la famille était réunie pour quelques jours. Charlie avait pris des congés, Bill n'était pas surmené par le travail et Fred et George avaient fermé la boutique. Nous étions en plein mois de juillet et les clients n'étaient pas très nombreux.
-Ah voilà le survivant numéro deux !
-Celui qui a terrassé les mangemorts !
-Mon cher frère tu as une mine affreuse.
-Merci les gars. Vous êtes toujours d'un grand réconfort.
Fred et George lui sourirent et Ron s'assit à côté de sa sœur. Leur mère était occupée à préparer le repas et George en profita pour lancer des boulettes de pain sur son cadet. Le repas se passa sans encombre, ponctué d'anecdotes de Charlie et de réprimandes de Molly sur les cheveux, décidément trop longs, de Bill.
-Fred ! Arrête d'embêter ton petit frère !
-Maman, moi c'est George.
-Ah non George, c'est moi !
-Alors qui est Fred ?
-Certainement pas toi.
-Alors c'est sûrement toi.
-Ça suffit les garçons ! Fred ou George, arrête d'embêter ton frère.
-Fred c'est lui.
Ron se tourna vers la porte de la cuisine et vit Hermione, le sourire aux lèvres et les bras chargés de bagages, pointant Fred du doigt. Il se leva précipitamment et enlaça sa meilleure amie.
-Comment vas-tu ?
-Trois mots qui vont ensemble. Ministère. Peur. Sirius.
-Et Harry.
You'll always have my shoulder when you cry, I'll never let go
Ils s'étaient murmuré ces mots, encore dans les bras l'un de l'autre.
Ron fut projeté loin d'Hermione et il vit Fred l'enlacer. Il la serrait si fort que Ron pouvait sentir sa peur arriver jusqu'à lui. Il n'entendit pas les chuchotements du couple et vit Hermione déposer un baiser sur la joue de Fred. Ce dernier émit un grognement de mécontentement et toute la famille salua la nouvelle venue. Il aida à monter les valises d'Hermione dans la chambre de Ginny et s'installa sur le lit de sa sœur.
-Tu as passé de bonnes vacances ?
-Et toi ?
-Viens, on va se promener.
Il prit la main d'Hermione et descendit dans le jardin.
-Tu as eu des nouvelles d'Harry ?
-Très peu.
-Hermione…
Il serra sa main, plus fort dans la sienne, et l'obligea à s'assoir. Elle semblait au bord du gouffre. Son visage était fatigué, ses traits tirés et Ron vit toute l'angoisse qu'elle essayait de dissimuler.
-Nous y sommes Ron. C'est la guerre et nous sommes en première ligne.
-Je sais…
Il soupira. Oui, c'était la guerre et ils étaient les premiers sur la liste. Harry en tête. C'était une course contre la montre, contre la mort qui s'engageait.
-Tu as peur ?
-Non, vous êtes avec moi, il ne peut rien m'arriver. J'ai la sorcière la plus brillante de sa génération et celui qui a survécu. Que veux-tu qu'il m'arrive ?
Hermione sourit et posa sa tête sur l'épaule de Ron. Il se laissa aller à son étreinte. Finalement, les amis, c'est une seconde famille.
Never say goodbye
-Maman, j'ai quelque chose à te dire !
Toute la famille était réunie dans la cuisine pour le repas du soir. Fred avait parlé et Ron remarqua le regard affolé d'Hermione. Son frère préparait un mauvais coup et il ne put se retenir de sourire. Avouer à toute la famille leur relation rendait les choses officielles, sérieuses.
-Frederic Weasley, qu'as-tu encore fait ?
-Mais rien du tout ! Pourquoi faut-il toujours que tu penses à moi comme ça? Pourquoi penses-tu toujours que je ne suis capable que de faire des bêtises ?
-Peut-être parce que c'est ta spécialité ?
Fred balaya la remarque de Charlie de sa main.
-Mais non voyons, je peux être sérieux parfois !
-Deux fois et demie par an ?
-Et bien voilà Bill, ce n'est pas encore arrivé cette année, je prends mon joker. Maman, Hermione et moi sommes ensemble.
Un grand fracas survint et Ron vit les assiettes qu'Hermione tenait quelques secondes avant, au sol.
-Pardon ?! Que tu te moques de moi Fred, je m'en fiche, mais n'embarque pas Hermione dans tes histoires ! Tout va bien ma chérie ?
-On ne peut pas avoir le bénéfice du doute dans cette maison ? Maman je suis sérieux, je suis amoureux d'Hermione et elle aussi. Enfin elle est amoureuse de moi hein, pas d'elle-même !
Hermione n'avait prononcé aucun mot et regardait son petit ami les yeux écarquillés. Ron sourit en se disant qu'elle était certainement en train de l'insulter de tous les noms d'oiseaux possibles dans sa tête. Charlie se leva et se dirigea vers elle.
-Hermione, tomber amoureuse d'un crétin comme toi ! Enfin, regarde là !
Charlie fit valser ses mains autour d'Hermione.
-C'est Hermione ! Elle est bien trop brillante pour ça.
Bill se leva à son tour et prit place de l'autre côté. Il posa une main sur son épaule.
-Déjà, qu'elle tombe amoureuse d'un Weasley serait un miracle, mais de toi mon frère, ça j'en doute.
-Exactement ! Bill et moi t'aimons très fort Freddie, mais n'essaye pas de nous faire croire ça enfin !
-C'est Hermione !
Ils avaient prononcé cette dernière phrase en même temps et Hermione avait baissé la tête.
-Les garçons…
Ce n'était qu'un murmure, Hermione était aussi rouge qu'un Weasley face à Malfoy et Ron sourit tendrement.
And I know when I need it I can count on you
-Voilà ! C'est la vérité ! On est ensemble depuis Noël. Et vous savez quoi ? Je vais vous le prouver.
Fred se leva soudain et Ron retint son souffle. Ce n'était vraiment pas une bonne idée. En le voyant s'approcher, Hermione se recula le plus possible et Ron se dit qu'elle essayait certainement de disparaitre, se fondre dans le papier peint jaune de la cuisine.
-Oh Hermione, ne sois pas timide, ce n'est que ma famille ! Embrasse-moi que je puisse prouver à tous mes crétins de frères que je dis la vérité. Et par la même occasion, que je les rende tous fous de jalousie !
Mais Hermione ne riait pas. Son regard était dur et Ron se dit que, si ça avait été lui en face, il aurait certainement reculé depuis longtemps.
-Fred, est-ce que je t'ai déjà parlé de la LDPHGCIPA ?
-Pardon ?
-La Ligue de Défense Pour la Pudeur d'Hermione Granger Contre son Imbécile de Petit Ami !
Fred éclata de rire en même temps que le reste de la famille et Hermione en profita pour s'enfuir dans le jardin. Fred la suivit et on entendit les rires du couple résonner jusque dans la cuisine.
-C'est pas possible, elle a été ensorcelée, il l'a droguée, c'est pas possible.
-Du calme, maman, mon jumeau n'est peut-être pas le meilleur élève, mais il est brillant, tu sais. Et je pense qu'Hermione le connait beaucoup mieux que vous.
-C'est encore une de leurs inventions. Ron, dis-moi que c'est faux.
-Désolé Charlie.
-Droguée, ensorcelée ou pire encore.
-Arrête maman ! Fred est génial pour Hermione, il l'a fait rire, l'apaise.
-Je crois que Ginny a raison maman. Après tout, ils sont beaux ensemble n'est-ce pas ?
La famille s'était tournée vers la fenêtre de la cuisine et chacun pouvait voir Fred enlacer Hermione et les rires de cette dernière s'élancer dans la nuit.
-En tout cas, ce gamin m'étonnera toujours ! Pas toi chérie ?
You can count on me 'cause I can count on you
