It was Always you - Maroon 5

Woke up sweating from a dream with a different kind of feeling

Orphelin. Potter le loser. Mon petit pote Potter. Elle est où ta maman ? Tes parents sont morts Harry, il n'y a rien à ajouter, maintenant, retourne dans ton placard. Tu prends trop de place. Tu n'as pas de famille. Personne ne veut de toi.

Ces mots résonnaient au fond de son ventre. Orphelin, sans famille, abandonné, mal aimé. Cela devait être vrai. Il n'y avait pas d'autres raisons possibles à la perte de tous les êtres chers qu'il avait. Ou bien il était maudit. Et cette malédiction était contagieuse. Elle touchait tous ceux qui se tenaient trop près de lui, tous ceux qu'il aimait. Pourquoi, par Merlin, Sirius était-il venu à son secours ? Et pourquoi Harry avait cru en sa vision ? Pourquoi n'avait-il pas écouté Hermione ?

Hermione… Il aurait voulu qu'elle soit là, auprès de lui, dans son vieux lit du 4 Privet Drive. Il voulait voir son sourire illuminer la pièce, caresser ses cheveux, sentir son odeur, partout. Il se sentait égoïste, bouleversé. Hermione en aimait un autre et cette vérité lui faisait mal, presque autant que la mort de son parrain. Et il n'avait pas pu en parler à Sirius. Il ne le pourrait plus jamais. Il n'entendrait plus sa voix, ses conseils, il n'aurait plus d'allier contre Madame Weasley, plus de famille. Il n'avait pas eu le temps de lui poser toutes les questions qui lui brulaient les lèvres sur ses parents, sur leur amitié, sur sa mère, sur sa famille, le son de leur voix. Il aurait aimé que le ministère ne soit qu'un cauchemar de plus, qu'il se réveille dans son dortoir, en sueur et qu'Hermione lui cris dessus parce qu'il n'arrivait pas à fermer son esprit. Que Ron aille dévaliser les cuisines et pose une main sur son épaule, « tout va bien mon vieux ». Mais rien n'allait. Sirius était mort, Hermione se trouvait dans les bras de Fred, Ron guérissait ses blessures. Il avait mis en danger les personnes qu'il aimait le plus dans ce monde et l'une d'elles l'avait quitté, pour le protéger. Sirius était la dernière personne le raccrochant à ses parents. À leur existence, au faite qu'il avait vécu, un jour, qu'ils étaient réels.

All day long my heart was beating searching for the meaning

Hedwige frappa à la fenêtre, Harry soupira et la laissa entrer. Elle portait une lettre et il reconnut son expéditeur. C'était Hermione. Et son cœur manqua de pleurer face à cela. Elle lui écrivait, ne lui en voulait pas. Ou peut-être lui annonçait-elle qu'elle ne voulait plus le revoir ? Que leur excursion et le danger l'avaient terrorisé, que Fred ne voulait plus qu'elle l'approche ? C'était ridicule, Hermione n'aurait jamais laissé une personne lui dicter sa conduite. Amoureuse ou pas, elle était entière, elle était forte et indépendante. Il sourit. Oui, c'était la femme la plus forte qu'il connaisse. Aussi forte que James, Lily, Dumbledore, Sirius et Lupin réunis. Avec une pointe de McGonagall.

Hazel eyes, I was so color blind

Il soupira. Il devait se rendre à l'évidence. La tournure qu'avait prise leur année lui avait fait réaliser certaines choses. Il avait connu l'amour grâce à Cho Chang. Le bonheur des baisers, le sentiment de bien-être lorsqu'une personne vous prend dans ses bras, les nuits blanches et rouges. L'amour physique. Mais cela n'avait duré qu'un temps. Il s'était lassé. Et voir l'amie de Cho les trahir lui avait fait l'effet d'une bombe. Et puis, il y avait eu Hermione et ses sentiments éclatés. Il n'avait pas supporté de la voir avec un autre. De la voir avec Fred. Et pourtant, elle était heureuse, il pouvait le voir, le ressentir, elle changeait et devenait une femme. Elle riait souvent et illuminait les êtres à ses côtés. Sa lumière était aussi puissante que celle des vélanes. Et il l'en remercia.

Only friends in my mind but now I realize,

Il devait se rendre à l'évidence, ses sentiments pour Hermione avaient changé. Depuis longtemps. En réalité, ils avaient certainement toujours fait partie de lui. Et d'un coup, ils s'étaient mis à parler, à lui crier dessus. Il ne pouvait plus les nier. Hermione était toujours présente, à ses côtés. Elle était la seule à pouvoir calmer ses colères, comprendre ses angoisses. Elle l'apaisait, par sa simple présence. Elle était douce et aimante. Elle lui donnait le droit d'exister pour autre chose que sa célébrité. Et il se sentait si bien à ses côtés. C'était une bénédiction. Mais il savait que Fred se trouvait entre eux et cela lui brisa le cœur. Alors il avait oublié, dans les bras de Cho, mais cela n'avait pas suffi, n'avait fait que renforcer sa frustration.

It was always you, Can't believe I could not see it all this time.

S'il s'en était rendu compte avant, Fred n'aurait peut-être pas eu sa chance. Hermione serait sans doute ici, avec lui, dans ses bras et non dans ceux de Fred. Mais elle était présente, par cette lettre. Il l'ouvrit et retint sa respiration.

Salut Harry,

Je devrais commencer par un « comment vas-tu ? », mais je connais déjà la réponse. Crois-moi, cela me brise le cœur. Je ne suis pas venue pour te présenter mes condoléances, pour te demander de rester prudent ou toutes autres formules qui pourraient te faire lever les yeux au ciel.

Alors, je ne sais pas tellement quoi t'écrire. J'ai rédigé des lettres, les ait brulé, j'ai demandé de l'aide à mes parents puis à Ron. Ce n'était pas une très bonne idée. Alors j'ai abandonné et Fred m'a rappelé à l'ordre. Tu y crois toi ? Fred Weasley rappeler Hermione Granger à l'ordre ?

Alors voilà, je veux juste te dire que je suis avec toi dans cette épreuve. Je ne pourrai jamais comprendre ta peine, mais je l'imagine. Je ne pourrai jamais alléger ta douleur, mais crois-moi, j'aimerai la prendre. Nous te soutenons Harry. Ron et moi. Nous sommes avec toi. Pense à nous quand tes pensées sont trop sombres. Remémore-toi le rire de Ron, le départ des jumeaux, nos ballades au bord du lac. Imagine les cris de Molly, les questions d'Arthur au sujet des objets moldus, les réveils de Ron (Fred et George sont en charge de réveiller la famille et c'est assez joyeux, ou pas). Je sais que Dumbledore va venir te chercher et, quand tu arriveras au Terrier, je serais là.

N'oublie pas qui tu es, n'oublie pas qui nous sommes.

A Bientôt Harry. Je t'envoie toute ma force et mon amour, mon amitié.

Hermione

PS : Fred me dit de t'écrire qu'il a de nouvelles inventions à te faire tester. Mais à ta place, je refuserais.

Une larme vint s'écraser sur le parchemin et Harry relut la lettre, plusieurs fois. Il était heureux. Heureux qu'Hermione pense à lui. Sa lettre lui procura un sentiment de profond bien-être. Il avait entendu sa voix, tout au long de sa lecture et cela lui réchauffa le cœur. Il savait qu'elle ne lui parlait de Fred que pour le faire sourire et cela fonctionnait. Elle lui envoyait sa force et son amour et c'est tout ce dont il avait besoin.

Now I know why my heat wasn't satisfed. It was always you.

Il était tombé amoureux d'Hermione Granger, sa meilleure amie, sa confidente, son amie de longue date. Non, en réalité, il n'était pas tombé. Il avait développé cet amour et il l'avait entretenu, chéri, car il n'en était pas conscient. Il était amoureux d'elle et s'en était délicieux. Quand bien même un autre gouvernait le cœur d'Hermione, Harry se savait chanceux d'aimer une jeune femme telle qu'elle. Il savait qu'ainsi, elle serait toujours à ses côtés, qu'il ne serait jamais seul. Et il sentit le poids de la solitude s'évaporer, peu à peu. Il avait des amis, et des amis bénits.

All my hidden desires finally came alive

Il entreprit de lui répondre. Il se saisit d'un parchemin, d'une plume et resta un moment interdit. Il ne savait que dire pour la rassurer, lui donner la joie qu'elle lui avait offerte. Alors, il se laissa guider, parce que c'était Hermione et qu'il la connaissait par cœur.

Hermione,

Merci pour ta lettre. Ce n'est pas vraiment la joie ici. Mon cousin est au régime. Je te laisse imaginer l'ambiance. Il est encore plus exécrable que d'habitude et je t'assure que c'est possible. Je te mentirais en te disant que je n'ai pas mal, que je ne pleure pas souvent, que la culpabilité ne fait pas partie de mon quotidien. Mais je sais que Sirius n'aurait pas voulu que je me laisse abattre. Et puis, il est avec mes parents désormais, il les a enfin retrouvés et je ne doute pas qu'il est heureux. Mon père et lui doivent certainement fêter leurs retrouvailles.

Ta lettre m'a vraiment fait du bien. La solitude fait partie de ma vie, mais, grâce à toi, son poids est allégé. Il me tarde de te retrouver. J'espère que tu vas bien. Tu sais, je ne veux pas que tu culpabilises parce que tu ne m'as pas empêché d'aller au ministère. Tu me connais, je suis borné. Autant que mon parrain. Alors, ne t'en veux pas. Si tu n'avais pas été là, j'aurai échoué.

J'espère revoir ton sourire très bientôt et entendre Ron hurler après ses frères.

Avec tout mon amour.

Harry.

PS : Dis à Fred que je l'aiderai à capturer Ron pour leurs expériences.

No, I never told lies to you, so why would I start tonight ?

Il relut sa lettre et se sentit satisfait. Il prit Hedwige.

-A Hermione, où qu'elle soit.

Il lui caressa la tête et regarda la chouette s'envoler. Bientôt, il serait de retour chez lui, au Terrier, entouré des Weasley et d'Hermione. Hermione…

It was always you