Château de Sable - Louis Delort
On va faire le plein d'essence, laisse tes affaires
-Tu es complètement cinglé !
Fred se trouvait dans sa chambre, au Terrier, une Hermione moitié énervée, moitié amusée sous les yeux. Elle se tenait près de son bureau pendant que lui était sur son lit, un tendre sourire au bord des lèvres.
-Oh allez Hermione, ça ne s'est pas si mal passé !
-Non, mais tu aurais pu me prévenir.
-C'est ma famille, ils te connaissent depuis des années, tu es comme une seconde fille pour ma mère.
Une grimace apparue sur le visage de la Gryffondor et Fred rit.
-Ça ne veut pas dire que tu l'es, rassure-toi! On ne pratique pas l'inceste.
Hermione soupira et s'assit sur le bureau.
-Je sais, mais, enfin Fred, imagine s'ils avaient mal pris la nouvelle.
-Mais ce n'est pas le cas. Et, maintenant, tu fais partie de la famille officiellement.
-Officiellement ?
-En qualité de petite amie du Weasley le plus charmant et le plus drôle !
-Je ne savais pas que j'avais une liaison avec Charlie.
Moi je me fous bien du temps tant qu'on respire le même air
Fred lui balança un coussin sur la tête et murmura que Charlie était aussi laid que ses dragons et aussi idiot que leur bouse. Hermione rit aux éclats et son cœur rata un battement.
-J'avais peur de ta réaction.
-Depuis quand as-tu peur de moi ?
-Hermione, tu es la sorcière la plus incroyable depuis Lily Evans, tu ferais pâlir Tu-Sais-Qui en personne !
Alors le sourire d'Hermione s'affaissa et son regard se perdit loin, vers le ministère et l'angoisse qui ne voulait pas la quitter.
-Hé Mione…
Fred se leva et se dirigea vers elle. Il prit place entre ses jambes et planta son regard dans le sien.
Si ce qu'on vit n'est pas stable, château de sable
-Pardon, c'était idiot. Mais c'est fini tout ça. Vous vous en êtes sorti et tout va bien. Vous êtes vivants.
Elle avait un regard de folle, la panique et l'incompréhension s'y lisaient et Fred sentit son ventre se serrer.
-Sirius…
-Il a fait ce qu'il jugeait bon de faire. Il est venu à votre secours.
-Oui, mais j'aurai dû arrêter Harry, le faire réfléchir. J'aurais dû insister plus fortement, lui faire entendre raison.
-Tu prétends pouvoir raisonner Harry ? Harry Potter ? On parle bien du même ?
-Ce n'est pas drôle.
-Je sais…
Il prit Hermione dans ses bras et cette dernière posa sa tête contre son torse. Il huma l'odeur de ses cheveux et profita de sa chaleur.
On pourra voler au vent sans se soucier de la peur
-Si ça avait été toi à la place de Sirius, aucun des mots de George n'aurait pu me persuader de ne pas y aller.
Alors Hermione releva la tête et s'empara des lèvres de Fred. Il n'avait jamais connu un tel baiser. C'était la peur, le soulagement, l'angoisse, la gratitude. Hermione mordait ses lèvres, accrochait ses ongles dans sa peau, l'embrassait comme si c'était la dernière fois. C'était la fin du monde qui se lisait dans ce baiser et Fred ne put que se dire qu'elle était désespérée. Et lui aussi. Désespérément amoureux d'elle.
-Ne fais jamais ça !
-Je ne peux pas…
-Frederic Weasley, jure-le-moi, ne te mets jamais en danger pour moi !
Les yeux d'Hermione hurlaient. Elle était apeurée, effrayée et effrayante.
-Je te le promets.
Il y aura des soirées de promesses, des matins sans éclat, des jours de rien et nous ferons le reste
Elle soupira et lui offrit un baiser, tendre, rempli d'amour et de promesse.
-Mais moi je ne peux pas te demander cela. Je sais que tu fonceras tête baissée vers la mort pour Harry ou Ron. C'est ce que tu as fait et tu recommenceras.
-Oui Fred. Mais toi, toi je t'interdis de mourir.
-C'est ma spécialité, braver les règlements.
Une légère tape s'écrasa sur sa tête et il rit.
-Mais je sais que toi, tu feras tout pour sauver ta famille. Tu serais capable de mourir mille fois à la place de George et de te battre pour tes frères et ta sœur. Moi, je n'ai que deux personnes, toi, tu en as six.
-Cinq ! J'ai rayé Percy de la liste depuis bien longtemps. Il y a peu de chances que je meurs à ses côtés.
-« Si tu meurs, que tu sois loin de moi ».
-Quoi ?
-C'est une chanson française. Si un jour tu devais mourir, je ne veux pas être à tes côtés.
Et Fred sentit une rage folle l'envahir.
-Et pourquoi cela ?
-Parce que moi, je mourrai aussi. Je ne pourrai pas, je ne le supporterai pas, je le sais.
On pourrait se fondre dans la nuit
Alors sa colère prit une autre forme. L'angoisse était apparue. La mort. Elle pesait sur eux et il n'en avait jamais été aussi conscient. L'éventualité de mourir ne l'avait jamais effrayé. Il savait que c'était inévitable et qu'il ne serait jamais seul, George se tiendrait près de lui. Mais Hermione. Jamais. Elle ne devait jamais passer de l'autre côté, ses yeux ne devaient jamais se fermer pour toujours. Pas avant des dizaines, des centaines d'années, pas avant lui. Alors il l'embrassa, fort, violemment, il voulait la garder auprès de lui, pour toujours, jusqu'à la mort.
-J'espère que le jour où cela arrivera, tu seras près de moi Hermione.
-Pourquoi ?
-Pour que la dernière chose que je puisse voir soit ton sourire.
Partir dès demain
Hermione l'embrassa fougueusement et entreprit de les débarrasser de leurs vêtements. Fred se laissa faire et fit passer dans ses baisers tout l'amour dont il était capable. Il voulait montrer à Hermione combien elle était importante pour lui, combien il l'aimait et toutes les promesses de lendemains plus beaux, plus calmes. Il agrippa ses jambes et l'allongea sur le lit. Il enleva son t-shirt et vit le regard d'Hermione parcourir son corps, nu.
-Alors, Charlie est toujours le plus beau des Weasley ?
-Et de très loin.
Il s'allongea sur elle et l'embrassa tendrement.
-Je te déteste Hermione.
-Non, tu m'aimes.
Il sourit. Oui, il l'aimait et bien plus que ce qu'elle ne pouvait imaginer. Il l'aimait à en crever.
Oui, mais, même si l'on saigne, nous deux on s'aime.
