Comme des enfants - Coeur de pirate
Alors tu vois comme tout se mêle
Lorsqu'Hermione se réveilla ce matin-là, elle sentit une puissante chaleur dans son bas ventre. Elle mit un moment à savoir si elle était réellement éveillée ou si ses rêves se jouaient d'elle. Puis, elle sentit la bouche de Fred sur son cou et ses mains entre ses cuisses. Elle soupira de bonheur et se laissa aller à sa chaleur. Elle appuya plus fortement son corps contre celui de Fred et perçut son excitation. Comprenant qu'elle était réveillée il se glissa au-dessus d'elle et l'embrassa à pleine bouche. Il dirigea ensuite ses lèvres sur sa mâchoire, le haut de ses seins et Hermione se sentit vivante, reconnaissante et pleinement heureuse. Fred entra en elle et elle ne put réprimer un gémissement de plaisir. Elle l'embrassa tendrement, faisant courir ses doigts sur ce corps qu'elle affectionnait tant et griffa sa peau. Il émit un grognement et son plaisir n'en fut que renforcé. Les vas et viens de Fred se faisaient de plus en plus puissants et Hermione se perdait totalement dans ses bras, enivrés par son odeur, par sa peau brûlant la sienne, par le son de sa voix et la sensation de ne faire qu'un avec celui qu'elle aimait. Elle resserra ses cuisses autour de son bassin et ce dernier l'aima plus fort, plus tendrement, plus profondément. Alors, elle se sentit partir et gémit son nom, le murmure d'une promesse. Fred accéléra et se laissa tomber sur sa poitrine, un profond râle émanant de sa gorge. Elle était si bien, l'entourant, caressant ses cheveux, humant son odeur. Elle avait l'impression d'être exactement là où elle devait se trouver. Dans les bras de Fred Weasley. Ce dernier se redressa et embrassa tendrement ses lèvres.
Et du cœur à tes lèvres, je deviens un casse-tête
-Bonjour.
Il embrassa son nez et Hermione rit.
-Mon cher Fred, des réveils comme ceux-là, j'en veux bien tous les jours.
-À vos ordres Miss Granger.
Elle le plaqua contre elle et caressa son dos. Oui, elle le voulait tous les matins.
-Je n'ai pas envie de bouger.
-Moi non plus Fred, mais il va bien falloir.
Ton rire me cri de te lâcher.
Il la serra un peu plus dans ses bras et Hermione fit glisser ses doigts dans ses cheveux.
-Tu sais, on a fermé le magasin pour la semaine, on pourrait peut-être rester tous les deux. On a notre appartement maintenant, on ne serait pas dérangés.
Il avait murmuré cela contre sa peau. Hermione savait qu'il avait peur de sa réponse. Fred ne chuchotait jamais, il était toujours sûr de lui, il regardait les gens dans les yeux. Mais, avec Hermione parfois, il reprenait des airs d'enfant.
-Je ne veux pas laisser Ron.
-Ne m'oblige pas à l'emmener avec nous!
Elle rit et releva le visage de son petit ami. Elle déposa un tendre baiser sur ses lèvres.
-D'accord, mais pas toute la semaine. On reste encore deux jours ici et ensuite…
-Ensuite tu es toute à moi.
Avant de perdre pied et de tout arrêter
Elle allait répliquer qu'elle n'appartenait à personne lorsqu'elle sentit Fred se perdre en elle, encore une fois. Alors elle capitula et savoura cet instant. Elle avait besoin de lui, elle le savait. Besoin qu'il la rassure, la fasse rire, besoin qu'il l'aime et lui démontre chaque jour. Elle avait besoin de lui à ses côtés.
Les deux jours s'étaient écoulés au Terrier. Deux jours de rires, de blagues des jumeaux, de match de Quidditch entre les sept Weasley, de délicieux repas de Molly et d'angoisses par rapport à Harry. Ils n'avaient toujours aucune nouvelle de lui. Arthur avait laissé entendre qu'il arriverait à la fin de la semaine au Terrier et Hermione avait senti son ventre se contracter face à cette nouvelle. Elle s'en voulait de vivre pleinement alors que son meilleur ami était certainement six pieds sous terre, le cœur en sang. Harry était fort, plus fort que ce qu'il ne voulait bien admettre et pourtant, ce n'était qu'un gamin de quinze ans. Hermione sourit en pensant qu'elle ressemblait à Madame Weasley. Elle couvait Harry, elle l'aimait, elle n'aurait de cesse de s'inquiéter pour lui.
Nous n'avons plus rien à risquer à part nos vies qu'on laisse de côté.
-Hermione ?
Elle sursauta un instant. Plongée dans ses réflexions, elle n'avait pas entendu Charlie.
-Tout va bien ?
-Oui, désolé, je ne m'attendais pas à te voir.
Elle le regarda et songea qu'il n'avait rien à voir avec les jumeaux. Charlie était plus petit, plus robuste. Il possédait moins de taches de rousseurs. A y regardait de plus près, il ressemblait beaucoup à Ron et elle sourit à cette pensée. Trois frères les séparaient et, pourtant, ils avaient le même physique, la même carrure, le même grain de voix.
-Je peux m'assoir avec toi ?
Elle se décala légèrement et le rouquin prit place à ses côtés, dans l'herbe à l'ombre du saule.
-Alors, dis-moi, c'est sérieux entre Fred et toi ?
Hermione se maudit de rougir aussi facilement. Malgré les nombreux mois, elle ne réalisait pas réellement qu'elle était la petite amie de Fred. Fred et Hermione, ça sonnait plutôt bien. Il n'y avait que le prénom de George qui le suivait. Fred et George, Forge et Gred et non pas Fred et Hermione. Elle se sentait privilégiée et, étonnement, plus proche de George.
-À te voir rougir, on dirait bien.
-Je crois Charlie. Enfin, je sais que ça peut paraitre étrange.
-Effectivement. Vous êtes plutôt très différents. Mais, tu sais, j'ai vu son regard. Enfin, ses yeux qui ne te lâchent pas.
-Est-ce que ça te dérange ?
-Tu rigoles ! Mon petit frère est amoureux et tu n'es pas n'importe quelle jeune femme. Il n'aurait pas pu trouver mieux. C'est juste que c'est étrange. Tu sais, Fred et George, je me suis occupé d'eux quand ils étaient enfants, je les berçais, leur faisait prendre le bain. J'ai suivi les premières larmes, les premières peines, les premiers sourires et surtout, les premières farces. Fred est mon petit frère et je m'inquiète souvent pour lui. C'est le plus sensible des deux, le plus généreux.
-Tu as peur que je lui fasse du mal ?
Charlie baissa les yeux et Hermione comprit qu'elle avait visé juste.
-Tu es une fille bien Hermione, encore une fois, il n'aurait pas pu trouver mieux. C'est juste que, tu sais, quand j'ai eu ma première peine de cœur, je ne voulais que mon grand frère, je ne voulais que Bill. Il a fait tout ce qu'il pouvait, mais je me suis rendu compte que, finalement, nous étions toujours seuls face à la douleur. Les jumeaux sont tellement pleins de vie. N'efface pas son sourire, c'est tout ce que je te demande.
-Ce n'est pas mon intention, ne t'inquiète pas.
-Tu l'aimes j'en suis sûr, mais est-ce que tu le préfères ?
Mais il m'aime encore
-Tu essayes déjà de me piquer ma copine !
Ils se tournèrent violemment et un baiser atterrit sur la joue d'Hermione. Elle leva les yeux au ciel.
-George, je ne suis pas ta copine !
-Euh Hermione, c'est Fred là.
-Non Charlie, c'est George.
-Je suis leur grand frère, je sais les différencier. Et là c'est Fred.
George souriait et Hermione le fusilla du regard.
-Charlie, c'est George qui s'est habillé comme son frère ! Je rêve ou tu t'es même entrainé à marcher comme lui ?
Et moi je t'aime un peu plus fort
George explosa littéralement de rire sous le regard médusé de son grand frère. Puis, Hermione vit le vrai Fred arriver en courant vers eux.
-Alors ?! Elle y a cru ?
-Bien sûr que j'y ai cru ! Non, mais Fred, tu te rends compte, je viens t'embrasser fougueusement ton frère !
Le visage de son petit ami se décomposa. Il tourna la tête vers George et ce dernier leva les mains en guise de paix. Ses joues prirent feu et Hermione crut qu'il allait se jeter sur son jumeau et l'étouffer.
-On avait dit que tu ne la toucherais pas !
Et Hermione explosa de rire.
-Et voilà Charlie, c'est ce qu'on appelle un retour à l'envoyeur !
Fred soupira de soulagement. Elle l'entendit murmurer des excuses à George et ce dernier lui tapota le dos. Il avait vraiment eu peur, elle le savait.
-Mon frère, j'adore ta copine ! Mais sérieusement Hermione, comment fais-tu pour les différencier ?
Elle haussa les épaules et dégagea la main de Fred qui était venue l'enlacer.
-C'est un secret. Je ne peux te le dire sans devoir te tuer ensuite.
Charlie rit et se leva pour retourner au Terrier avec George. Hermione se tourna alors et, sans avoir le temps de s'en rendre compte, sentit les lèvres de son petit ami sur les siennes. C'était un baiser passionné et elle n'en comprit pas la raison.
Et l'on marche ensemble, d'un pas décidé
-C'est ce que j'aime chez toi, tu as toujours réussi à nous différencier.
Il s'assit dans l'herbe et la rapprocha de lui, de façon à ce que leur torse se touche.
-Pourquoi moi et pas George ?
Avoir Fred si proche d'elle lui faisait tout oublier, la chamboulait. Et en repensant aux réveils qui lui étaient offerts depuis son arrivée, elle ne put s'empêcher de rougir.
-Parce que tu es toi et que George est George. Vous n'êtes pas identiques, contrairement à ce que vous pensez. Vous êtes deux personnes bien distinctes.
-Personne n'a jamais eu l'air de s'en rendre compte.
-Je sais. Je sais que vos cœurs battent pour l'autre, que vous vous aimez bien plus que ce que l'on peut imaginer. Je sais que George est ta moitié, littéralement. Mais vous êtes deux et moi… Moi je suis amoureuse de Fred.
Alors que nos têtes nous crient de tout arrêter.
Elle vit le sourire de Fred s'élargir et perçut dans ses yeux une lueur qu'elle n'avait encore jamais vue.
-Quoi ?
-C'est la première fois que tu me dis que tu es amoureuse de moi.
Elle rougit et baissa la tête. C'était vrai. Elle n'avait jamais osé le dire, par peur peut-être. De sa réaction, de la réaction des autres, de celle de Ron, d'Harry. Harry…
Mais il m'aime encore
-Et bien je veux bien le redire des centaines de fois si tu souris comme ça.
Il l'embrassa à pleine bouche et elle se sentit défaillir. Il y avait dans les baisers de Fred une sensation inégalable. C'était l'été, le renouveau, l'espoir, le désir, l'amour. Elle aimait l'embrasser. Elle aurait pu ne faire que ça, toujours.
-Attends, j'ai besoin de savoir quelque chose. Tu n'es même pas attirée par George ? Je veux dire, nous sommes pareils, physiquement. Nous-mêmes on ne sait pas se différencier sur les photos.
Hermione réfléchit un moment.
-Non, je n'ai aucune attirance pour lui, ce serait… elle grimaça. Trop étrange. Vous avez le même physique, mais pas la même aura. Quand George me touche, ça ne me fait ni chaud ni froid. Alors que …
Elle rougit et Fred planta son regard dans le sien.
-Alors que ?
-Oh tu sais très bien où je veux en venir !
-Oui, mais je veux que tu le dises.
-Alors que toi, bah c'est différent tu vois.
Il lâcha ses yeux pour déposer ses lèvres dans son cou, un simple frôlement et elle crut devenir folle. Les mains de Fred se pressèrent plus fort contre sa peau nue et ses cheveux caressaient sa joue.
-Mais encore ?
-Oh Fred, tu sais très bien ! Quand tu me touches, quand tu ne fais même que me frôler… Arrête de m'embrasser… Et bien c'est comme si… Et arrête de sourire, je te sens. C'est comme si ma peau prenait feu.
-Hé bien il va falloir y remédier Miss Granger.
Et elle sentit un poids sur son nombril et, en quelques secondes, se retrouva sur le lit de Fred, dans son appartement.
Et toi tu m'aimes un peu plus fort
