Je n'oublierai jamais - David Ban

Si les photos s'effacent ou si les cœurs se cassent

Les jours défilaient à une vitesse impressionnante et Fred n'avait ni le temps de manger correctement, ni de penser correctement, ni de parler à son frère correctement. La boutique avait un succès fou et il se félicitait souvent pour ce qu'ils étaient parvenus à créer. Son travail et le temps considérable que lui prenait la boutique l'empêchaient de penser à Hermione et à son absence trop présente. Ils se voyaient beaucoup moins. Bien sûr, il y avait eu les vacances d'Halloween où ils avaient pu passer une semaine entière dans leur appartement, seuls, George ayant insisté pour rester chez leurs parents.

Quand son jumeau était revenu, il avait ouvert toutes les fenêtres en grand, pendant plusieurs heures. Fred avait alors crié qu'il faisait trop froid et George avait crié plus fort que l'odeur de guimauve lui soulevait le cœur. Il l'avait alors serré dans ses bras. C'était étrange, malgré leur âge, la séparation leur faisait toujours aussi mal. Pendant les quelques jours passés avec Hermione, il n'avait put s'empêcher de transplaner quelques minutes au Terrier, chaque jour, prétextant avoir oublié quelque chose ou suppliant sa mère de lui donner de bons petits plats. Hermione riait en lui disant qu'ils ne pourraient jamais se séparer. Et elle avait raison. Ce sentiment s'était, étrangement, agrandi depuis qu'ils vivaient ensemble, et que, chaque plat préparé par son jumeau menaçait de les tuer.

J'ai sauvegardé à l'encre bleue sur du papier glacé…

Cependant, une petite chose, insignifiante trottait dans son esprit. Pour une raison qu'il ignorait, les lettres d'Hermione étaient de plus en plus courtes depuis quelques jours. Elle semblait plus distante. Ce n'était rien du tout, mais elle ne lui racontait plus le détail de ses journées, elle disait toujours qu'il y avait de nombreuses choses qu'elle n'avait pas le droit de divulguer et cela lui faisait mal. Bien sûr, il savait qu'avoir le survivant en meilleur ami signifiait avoir des secrets. Fred aurait simplement aimé, parfois, qu'elle ne le lui rappelle pas.

Quelques images où nous étions heureux.

-Prêt Forge ?

-Prêt Gred.

Son jumeau lui sourit et ils transplanèrent au Terrier. C'était les fêtes de Noël et la maison était joliment décorée. Leur mère s'était, encore une fois surpassée, et il put sentir l'odeur de la clémentine, du miel et du pain d'épices, caractéristiques d'un Noël chez les Weasley.

-Enfin vous voilà ! Ça fait des heures que je vous attends ! Enlevez vos chaussures les garçons !

-Nous aussi, on est contents de te voir maman.

George déposa un baiser sur la joue de sa mère et Fred l'enlaça.

-Alors la boutique ?

-Tout va bien. C'est un peu la folie pendant les fêtes, mais rien que tes fils ne puissent gérer.

Fred laissa son frère parler. Hermione n'était pas descendue en trombe pour l'accueillir et cela lui enserra le cœur, quelques instants. Il entreprit de monter dans la chambre de Ron et, après avoir frappé, passa timidement la tête dans l'entrebâillement de la porte. Ils étaient là, tous les trois, chuchotant, le visage inquiet. Hermione se tourna brutalement vers Fred et lui offrit un immense sourire.

-Fred ! Je ne t'avais pas entendu arriver.

-Tu n'as pas entendu les cris de ma mère ?

-Si, mais ils sont tellement fréquents.

Fred rit et Hermione vint l'enlacer.

-Tu m'as manqué.

Je n'oublierai jamais le tout premier baiser

Elle sourit dans son cou et il délecta de sa chaleur. Six semaines qu'il ne l'avait pas vu, qu'elle ne s'était pas retrouvée dans ses bras et il profita de cet instant. Il regarda un moment son frère et Harry et remarqua que ce dernier avait tourné la tête, douloureusement.

-Et moi alors ?!

-Oh pardon Ronald, tu veux un câlin de ton grand frère.

Fred s'avança, les bras grands ouverts, mais Ron se recula.

-Arrête Fred !

Mais ce dernier ne l'écoutait pas et l'attrapa par le cou en lui ébouriffant les cheveux. Ron hurla, ce qui eut le don de faire venir George dans sa chambre.

-Oh, un câlin familial !

Et il se jeta sur ses frères, faisant rire son jumeau aux éclats. Lorsqu'ils se séparèrent, Hermione déposa un léger baiser sur les lèvres de Fred et lui murmura.

-Je te rejoins après.

-Mais j'y compte bien Miss Granger.

Il lui fit un clin d'œil et sortit de la pièce, le cœur un peu gros. Cela faisait six semaines qu'il n'avait pas vu sa petite amie et cette dernière ne semblait pas encore avoir le temps pour lui.

-Oh aller Forge tu sais bien qu'elle a de grandes responsabilités notre petite Hermione.

Il le savait, il espérait seulement pouvoir profiter un peu de sa petite amie.

Allongé sur son ancien lit, il écoutait son frère faire la liste de tous les cadeaux les plus absurdes qu'ils pouvaient offrir à Ronald. Riant aux éclats, il se calma lorsque trois coups se firent entendre à leur porte. Hermione se tenait là, son sourire illuminant la pièce.

Je n'oublierai jamais, tous ces moments volés

-J'ai une de ces envies de chocolat moi ! Pas vous ? Je descends, je vais en avoir pour un moment, je suis sûr que maman les a planqués ! Ginny !

Il entendit sa jeune sœur lui répondre, de loin.

-Mission chocolat activée !

-J'arrive !

George quitta la pièce après avoir déposé une caresse sur le bras d'Hermione et il l'entendit descendre quatre à quatre les escaliers. Hermione vint, lentement, se poser à ses côtés et Fred déposa sa tête sur ses jambes.

-Tout va bien ?

-Juste un peu fatigué, la boutique prend énormément de temps et d'énergie.

-Toute ton énergie ?

-À quoi pensez-vous Miss Granger ?

Hermione rit et une petite tape vint s'abattre sur sa tête. Il se releva et prit un air théâtral.

-Est-ce une façon d'accueillir son petit ami ?!

-D'accueillir son idiot de petit ami, oui !

-Tu marques un point.

Elle rit et approcha son visage du sien. Et, avec toute la tendresse qui la caractérisait, elle l'embrassa amoureusement. Fred se laissa aller à son étreinte et s'allongea sur elle. Leurs corps se touchant pour la première fois depuis de longues semaines.

-Tu gagnes la partie.

Il l'embrassa plus fort et l'aima tendrement.

Fred essayait de se débattre entre les nombreux clients, les produits à remettre en rayon et les petits voleurs. Il en riait souvent et finissait toujours par leur offrir ce qu'ils ne pouvaient acheter, sous l'œil réprobateur de son jumeau.

-À ce rythme là Fred, autant offrir nos produits à tout le monde et fermer boutique !

-Arrête George, on sait ce que c'est, être pauvres.

-Monsieur Weasley ?

-Oui Vérity ?

-Il y a une jeune femme qui vous demande.

Ce doux parfum de miel comment ne plus l'imaginer ?

Fred fut surpris et quitta la réserve pour se diriger vers le comptoir. Il y trouva Hermione, emmitouflé dans une énorme écharpe et un grand bonnet. Elle était adorable et il ne put que sourire face à la vue qu'elle lui offrait.

-Que fais-tu ici ?

-Je suis venue voir mon business man de petit ami, mais si tu es trop occupé…

Elle fit semblant de partir et Fred la rattrapa par le bras.

-Ça va être difficile, mais je pense pouvoir trouver quelque instant pour la plus belle sorcière.

-C'est trop aimable.

Il rit et l'embrassa tendrement.

-Tu sais quel jour on est aujourd'hui ?

-Euh mardi ?

Elle frappa son bras et il entreprit de la débarrasser de son manteau et de son écharpe. Lorsqu'elle lui fit face à nouveau, il remarqua qu'elle portait son pull. Si cela était possible, il serait retombé amoureux d'elle immédiatement.

-Je sais Hermione, ça fait un an aujourd'hui.

-Tu t'en souviens ?

-Comment oublier le tout premier baiser ?

Je n'oublierai jamais tous ces moments volés.

-C'était si marquant ?

-Oh oui et puis ce jour là, c'était une promesse.

-Laquelle ?

-Celle de m'aimer et, surtout, de me supporter.

Les promesses que l'on sème on finit par les emporter.

Hermione sourit. Elle passa ses bras autour de son cou et posa son front contre le sien.

-J'avais oublié à quel point ton odeur m'apaisait Fred.

Alors il la serra un peu plus contre lui et laissa sa chaleur l'envahir.

-Oh les amoureux ! Il y a des hôtels pour ça.

Fred tira la langue à son frère et se détacha d'Hermione. Il entreprit de lui faire visiter la boutique et de lui montrer leurs nouveaux produits. Elle était fascinée et ne cessait de lui répéter que c'était de la belle magie. Il en profitait alors pour lui voler quelques baisers et la faire rire. Puis, soudain elle se figea.

-Oh non…

-Quoi ?

Elle se tourna rapidement et vint se placer derrière lui.

-Cache-moi !

-Mais qu'est-ce qui se passe ?

Elle approcha sa bouche de son oreille et il frissonna à son contact.

-Tu vois le garçon là bas ?

-Celui avec une tête de troll ?

-C'est Cormac.

-Cormac ?!

Son sang ne fit qu'un tour et il sentit ses oreilles le chauffer. Ainsi donc, c'était ce gnome qui draguait ouvertement sa copine, son Hermione depuis plusieurs semaines ?

-Il est vraiment laid !

-Tout le monde ne peut pas être Fred Weasley mon cher.

Il sentit Hermione sourire dans son cou et sa peau le brula.

Tu m'avais trouvé beau.

Il se déplaça légèrement d'Hermione et entreprit de se diriger vers McLagen.

-Bonjour, je peux t'aider ?

-Non, ça va. Je cherche un cadeau pour une fille, mais je ne le trouverai pas ici.

-Et pourquoi ?

-Elle est bien trop intelligente pour vos inventions puériles.

-Elle ne doit pas être bien marrante alors.

Il haussa les épaules et Fred eut envie d'envoyer son poing dans sa dentition si parfaite.

C'était moi le héros de ton histoire de jeu de rôle.

-Ce n'est pas pour toute la vie en vérité.

-Ah non ?

-Non, elle est très jolie. Elle est… Ah bah la voilà, qu'est-ce qu'elle fait ici ? Hermione !

Fred se tourna et vit Hermione essayer de s'échapper par tous les moyens possibles. Il rit devant son manque de discrétion. Elle se tourna, le visage pétrifié et regarda Fred, cherchant de l'aide.

-Hermione, tu viens nous rejoindre ?

-Je n'y tiens pas vraiment Fred.

-Si te plait mon amour, ce jeune homme a besoin de conseils.

Et tandis qu'elle s'approchait, Fred la prit par la taille et l'embrassa fougueusement, devant une foule d'élèves et un Cormac choqué.

Je n'oublierai jamais le tout premier baiser, ce doux parfum de miel comment ne plus l'imaginer.

-Oh je ne t'ai pas présenté ma petite amie. Nous fêtons nos un an aujourd'hui. Bien sûr, toi, ça ne t'intéresse pas l'engagement.

-En effet.

Il tourna les talons et sortit de la boutique en trombe. Hermione se tourna alors vers Fred, moitié amusée, moitié choquée.

-Tu es fou !

-Et c'est pour ça que tu m'aimes.

Ces promesses que l'on sème on finit par les emporter.