09/08/21: Voici la version réécrite du chapitre 2. Dans sa version précédente il était accolé au chapitre 3 en raison de sa longueur. Il est à présent bien plus fournit, j'ai donc décidé de lui fournir son indépendance, mais cela va décaler tout les chapitres et toujours faire disparaître le suivant jusqu'à qu'il soit réécrit.

De toute façon, je vous conseille de progresser au rythme des chapitres réécris car le contrastes entre les nouveaux et anciens est assez marqués, même s'ils conservent le même fil conducteur.

Sur ce, je vous souhaite une agréable lecture ^^


Le lendemain au réveil …

Je me réveillai un peu avant l'aube, je devais encore décider quoi emmener. Je n'avais pas complètement récupéré de la veille et il fut dur de quitter mon lit. Je me traînais jusqu'à mon placard pour lorgner sur ma tenue de héro traînant dans le fond. Les routes étaient encore dangereuses en raison des Bulblins. Contrairement à tous les autres monstres que j'avais pu combattre ils ne dépendaient pas de Ganondorf et donc n'avaient pas été entraînés dans sa chute. Ils avaient seulement décider de se ranger de son côté, ou plutôt de celui de Xanto, pour continuer à piller les routes et même gagner du territoire. Ils s'étaient bien affaiblis depuis la mort de leur collaborateurs mais restaient problématiques.

C'est au final un mélange de nostalgie morbide de mes aventures et du fait que ces vêtements étaient les plus aptes à me protéger qui me poussa à enfiler à nouveau ma tunique verte. Elle était rafistolée à divers endroit et la cotte de maille percée à mon épaule. Tant pis, je n'avais pas mieux.

Je prenais également quelques vêtements plus adaptés à la ville, ma tunique ne devrait me servir que durant l'aller-retour. Je descendais avec ma lanterne au sous-sol où se trouvait la réserve de nourriture. Après avoir accroché ma source de lumière au crochet prévu à cet effet, je choisis du pain et de la viande séchée, pas de fromage au risque qu'il embaume tout le reste. Je me dirigeais ensuite vers un coffre au fond de la pièce et en sortais l'épée de Moï ainsi que l'Arc du Héro. A vrai dire Moï n'avait jamais su, non seulement qu'elle se trouvait en ma possession, mais également que je le lui avait dérobé sous la pression de Midona, ou plutôt sous celle du soucis de pouvoir me défendre. Mieux valait qu'il ne sache jamais par ailleurs. J'aurais préféré Excalibur mais ma mission divine accomplie, je n'avais plus aucun droit de la garder avec moi.

Je fouillais sous le tas d'objets accumulés au cours de ma quête pour trouver tout au fond le carquois. Il contenait à peine plus d'une dizaine de flèches. J'allais devoir croiser les doigts pour ne pas rencontrer trop de soucis sur mon chemin. Enfin, je me saisis d'un flacon vide que je remplis d'huile de rechange pour ma lanterne.

En remontant l'échelle je remarquais que le jour commençais à se lever, Iria ne devrait pas tarder à arriver. En attendant je pris ma bourse et renversa sur la table mes économies. J'étais revenu à Toal avec beaucoup plus mais ne voyant pas l'intérêt de posséder autant de rubis, j'avais distribué un peu de ma somme aux autres habitants. A présent il ne me restait pas beaucoup plus qu'une centaine de rubis, cela devrait être tout juste suffisant pour me loger et nourrir à la capitale durant quelques jours. Quelques rubis supplémentaires n'auraient tout de même pas été de refus.

J'entendis quelques coups brefs sur la porte et me dépêchai de l'ouvrir.

« Iria ! Salut ! Entre donc ! »

A sa tête je devinais que le réveil n'avait pas été facile, elle me salua mollement avant d'entrer par la porte que je lui tenais grande ouverte.

Elle se laissa tomber dans une chaise avant de se frotter le visage dans ses mains pour tenter de se réveiller un peu plus, puis fouilla dans sa sacoche pour me tendre une bourse. Pleine de rubis je supposai.

« De quoi faire quelques folies disons. Pfff je vais vite aller me recoucher moi… Tu as bien pris le carnet hein ?

-Merci pour les rubis, c'est une sécurité que je peux pas refuser. Ne t'inquiète pas pour le matériel, j'ai déjà tout prévu. »

Je sortais le carnet de ma sacoche pour la rassurer.

« -Ce ne sont pas que des rubis tu sais.

-Comment ça ? »

Je l'ouvrais immédiatement pour y trouver au milieu des pierres précieuses de petites boules jaunes opaques. Des bonbons au miel, il était impossible de s'en procurer à Toal. On trouvait certes des ruches mais les abeilles étaient sauvages et on préférait se priver de miel plutôt que de se faire piquer.

« Ils viennent du dernier convois, il remonte à longtemps mais heureusement ça se conserve très bien. C'est pas grand-chose mais ça pourrait t'aider un peu quand tu aura des coups de mou. »

Elle aurait pu choisir autre chose mais je savais pertinemment que son choix s'était porté sur ces friandises là car c'était ce que sa mère avait promis de nous ramener de la Citadelle. Autant un cadeau qu'un rappel supplémentaire de ma mission. Le temps de cette réflexion un silence s'était installé entre nous, ce qui semblait la mettre mal à l'aise.

« Bon et bien voilà. »Lança t-elle pour le briser.

Je sentais dans son attitude qu'elle n'attendait qu'un chose, être congédiée.

« Merci pour la bourse, je vais devoir bientôt partir et tu m'as l'air vraiment fatiguée, rentre donc. »

Elle me lança un regard chargé du mot « merci ».

« Je ne vais pas dire non, mais d'abord... »

Elle se levait péniblement et me prenait dans ses bras. Je fus d'abord surpris mais lui rendit vite son étreinte. Ce serait le dernier contact que nous aurions avant longtemps. Elle me souhaitait bonne chance avant de sortir. Je m'étais attendu à ce qu'elle m'assomme de recommandations, mais je devais être assez grand à ses yeux pour qu'elle me laisse me débrouiller seul.

La porte refermée, je me sentais un peu perdu. Elle était la dernière personne du village que je reverrai avant un moment. Son passage indiquait plus que n'importe quoi d'autre qu'il était temps que je selle Epona, plus aucune tâche ne me retenait de partir. J'avais fait bien des voyages seul, mais cela faisait des mois que je n'avais plus dépassé la frontière de la forêt. Je secouai la tête pour me remettre les idées en place et vérifiai que je n'oubliais rien. J'accrochais mon fourreau à ma ceinture et y rangeai mon épée avec une vague de nostalgie, la lame commençait à être un peu émoussée mais je n'avais pas le temps de m'en occuper. Je vérifiais que mon arc n'avait pas trop souffert de l'humidité de ma cave et me reprochais de l'avoir mit dans un tel endroit. Enfin, je prenais le reste des sac que je comptait accrocher à ma jument, le plus important étant rangé dans une petite sacoche accrochée à ma taille, dont ma bourse bien sûr. Dehors, les oiseaux entamaient leur chants, bientôt le coq réveillerait le village, le départ ne pouvait plus attendre. Je saluai Epona avec quelques caresses auxquelles elle répondait joyeusement en mettant sa tête entre mes mains. Salutations faites, je la sellais et accrochais les sacs. Je jetai un dernier regard vers l'entrée du village avant que son trot tranquille ne nous enfonce plus encore dans la forêt. C'était un beau début de journée, la lumière de l'aube arrivait morcelée sur le sol, se divisant dans les épais feuillages, l'air était frais mais ça n'était pas désagréable. Une nouvelle journée pour la majorité, un nouveau chemin de possibilités pour ma part.

C'était plus symbolique qu'autre chose, néanmoins je sentais qu'un cap était passé lorsque je du descendre de ma jument pour l'aider à passer le pont en cordes oscillant sous notre poids. Je quittais le coin de forêt tranquille près de Toal pour le reste plus sauvage et moins familier de la forêt de Firone.

Néanmoins sa dangerosité était toute relative comparé à moins d'un an en arrière où les plantes tentaient d'avaler les promeneurs. Mis a part le spectacle de quelques animaux sauvages, j'arrivais sans surprises ni encombres aux plaines d'Hyrule. Les plaines, point de passage le plus important liant les différentes régions du royaume ensemble. Par le passé elles avaient été tachées du sang des victimes des nombreuses batailles qui s'y étaient déroulées. L'une d'entre elle avait été abreuvée de mon sang et de celui de Ganondorf lors de notre ultime combat, je n'ai depuis ce jour plus eu besoin d'avoir recours à une épée. J'espérais que ce serait encore le cas pour longtemps, mais cet espoir fut rapidement brisé.

Des silhouettes montées sur des bêtes trop trapues pour être des chevaux se dirigeaient rapidement vers moi alors que je me trouvais au centre la plaine. Au bout d'une dizaine de secondes seulement j'étais capable de les identifier : silhouettes frêles aux petits yeux rouges perçant et à la peau verte, leur petite carrure n'en faisaient pas moins des bandits de grands chemins. Montés sur leur énormes sangliers se rapprochant de moi à une vitesse folle, les Bublins n'étaient dotés d'aucune bonne intention envers ma personne.

La panique me prit d'un coup, il était déjà trop tard pour espérer reculer, j'en entendais d'autre arriver dans mon dos, je devrais me battre. Même si je m'étais rouillé depuis la dernière fois que j'avais brandis une arme, je les avais déjà affrontés et vaincus plusieurs fois. La victoire n'était pas impossible, mais mon peu de flèches et la difficulté de les approcher sans me faire renverser ou blesser ne rendait pas ce résultat facile à atteindre. La surprise passée, je tentais de mettre autant qu'il m'était possible ma peur de côté et bandai mon arc. Je pris une grande respiration pour calmer ma main tremblante, j'avais accompli bien plus dur, j'en étais capable. La peur des premiers instants fut noyée sous l'arrivée d'adrénaline et ma visée se fit plus juste et assurée. De même tout mes sens s'aiguisèrent. J'avais l'impression de sortir d'une longue torpeur, mes instinct combattants étaient revenus, manquait plus qu'à espérer que la technique suive. Epona cessa de piétiner, elle ressentait et partageait mon assurance renouvelée.

Mon immobilité me permettait des tirs plus précis, de plus les ennemis étant plus nombreux et chevauchant côte à côte, ils ne pouvaient se permettre d'esquiver mes flèches au risque de bousculer leur camarades.

Une, deux, trois, plus que quatre flèches restantes dans mon carquois. J'avais systématiquement fait mouche, mais toutes n'étaient pas mortelles. Certaines montures libérées semaient la pagaille dans les rang. Se libérait une brèche dans laquelle nous nous engouffrions, sortant du cercle de l'embuscade. Ils tentaient tant bien que mal de se réorganiser correctement mais leur groupe était trop compact pour une manœuvre efficace. Une occasion en or, je fonçai épée brandie sur ce chaos pour tailler ce qui passait à la portée de son tranchant.

Epona se cabra pour se stopper dans son élan, les sabots presque sur la pente de la rivière, si bien que je dus lâcher mon arme pour m'agripper de toutes mes forces à la selle. Le temps qu'elle retrouve son équilibre les Bublins s'étaient de nouveau répartit autour, il m'était impossible de récupérer mon épée sans me mettre en danger. J'avais perdu mon avantage. Je n'avais plus assez de flèches pour espérer une seconde percée. Même si ça avait été le cas il n'y avait que peu de chances qu'ils se fassent avoir une deuxième fois.

Mais la reddition restait inenvisageable.

En un mouvement de rênes Epona s'élançait par dessus la rivière, mue par le même instinct que moi, comme si nos volontés ne faisaient plus qu'une. Le choc avec le fond de la rivière fut brutal si bien qu'elle ne put plus bouger l'espace de quelques secondes.

Quelques secondes de trop.

Une douleur fulgurante me traversa l'épaule. Je tournai la tête pour constater la pointe qui diffusait une substance glacée me paralysant au rythme de ma circulation sanguine. Puis l'obscurité s'imposa...


Trop chaud, besoin d'eau, mais peux pas bouger. Peux pas ouvrir les yeux, lumière fait trop mal, à la tête, au corps, partout. Il bouge, le lit. Bouche pâteuse mais peux articuler :

« Soif, eau... »

On attrape ma tête, appuie sur ma mâchoire pour me forcer à ouvrir, j'ouvre un peu les yeux pour me les faire brûler par le soleil. C'est pas de l'eau qui coule dans ma gorge, c'est plus épais, ça m'engourdis encore plus. Au moins j'ai plus soif. Tête retombe sur le lit poilu. Quel animal ? Sais pas, peut plus penser …