Ville de Midgard – Bâtiment Shinra
La salle était à l'image du bâtiment Shinra, immense, lumineuse et circulaire. Le Général des armées et sa fille furent escortés jusqu'au sommet d'un des deux escaliers donnant sur le hall principal, d'où serpentait un grand tapis rouge menant à la cérémonie. De part et d'autre de la pièce, il y avait plusieurs buffets regorgeant de denrées alimentaires, d'alcools en tout genre et d'invités fortement intéressés. Au centre, Azahel reconnu une scène où un piano était disposé c'est ici qu'elle-même et Mameha exécuteraient leur représentation.
La pièce était parfaitement sécurisée par des unités d'infanterie sagement postées, comme faisant partie dû décors, si bien que personne ne semblait leur apporter plus d'attention que les murs auxquels elles étaient appuyées. Pour cette cérémonie aux invités de marque, des soldats de toutes classes avaient été dépêchés afin d'assurer une barrière supplémentaire contre toute menace. Si on levait à peine la tête, on pouvait apercevoir de grands drapeaux à l'effigie « Shin-ra Electric Power Compagny » surplomber la tête des hommes d'armes.
Azahel observa les invités en contre bas voguer à leurs affaires diplomatiques. Elle reconnut parfaitement deux des cinq responsables principaux de la Shinra : Heidegger le responsable du maintien l'ordre public travaillant avec les quatre Turks, Scarlett la responsable de l'armement et enfin Palmer, responsable du Projet spatial.
Kaligan jeta un coup d'œil à sa fille qui remarqua que les traits de son visage se firent légèrement plus détendus. Azahel acquiesça lentement tandis que son père lui offrit son bras pour descendre les marches. Elle lui adressa un petit sourire passa avec délicatesse une main autour de ce dernier.
À leur arrivée, certains interrompirent le cours de leur discussion un instant et leurs regards se tournèrent vers les nouveaux venus. Le duo avait de quoi surprendre : il mêlait à la prestance et l'autorité d'un père et la beauté délicate d'une fille. Azahel descendait les marches avec charme et assurance, si bien qu'on ne soupçonnait pas qu'elle porte des talons hauts sous sa longue robe. De nombreux hommes s'attardaient à contempler les courbes et le visage fin de la jeune femme, se risquant à croiser le regard du Général des armées. En qualité de femme jalouse, celle en charge du département d'armement, Scarlett tourna quelque peu la tête d'un air suffisant pour lui lancer un regard hostile.
Le Général Kaligan et sa fille saluèrent les dirigeants de la compagnie. Le père d'Azahel choisit de commencer par celui qu'il jugeant le plus insupportable : Heidegger. Le directeur de la sécurité publique avait déjà consommé une certaine quantité de champagne et riait plus fort que d'accoutumée à ses propres blagues salaces que lui seul trouvait amusantes. Durant leur brève conversation, ce rustre jeta plusieurs regards envieux à la jeune Azahel, œillades significatives qui semblaient la mettre à nu.
Effarouchée, elle baissa légèrement la tête, les joues un peu rougies par la gêne envers son comportement insistant. Kaligan ne se fit pas prier pour rappeler à l'ordre Heidegger, et cela même s'il demeurait lui aussi l'un des cinq fondateurs de la compagnie il se racla la gorge et lui envoya un regard glacial. L'aura du Général coupa aussitôt court aux fantasmes d'Heidegger et à leur entrevue.
Cette formalité remplie, le Général chercha quelqu'un du regard. Le président lui-même et son fils. Il dut se baisser pour serrer la main du petit Refus Shinra. Azahel inclina respectueusement la tête devant le président et son fils. Elle pensa que l'enfant aux cheveux d'or et aux yeux d'un bleu d'acier faisait preuve d'une incroyable prestance pour son âge. Il serait peut-être un jour pire individu que son père. Le président Shinra regardait la jeune femme de haut en faisant rouler ses bagues dorées entre ses doigts boudinés. Un léger rictus sur ses fines lèvres, il lorgnait sur elle comme s'il convoitait avec avidité un magot qui lui était promis, mais qu'il détestait que l'on étale devant lui sans qu'il ne s'en empare immédiatement.
Cette fois, Kaligan demeura impassible.
Profondément troublée par tous ces perfides dirigeants rassemblés en un même lieu, Azahel fit preuve d'une volonté de fer pour garder son sang-froid. En silence, elle suivit son père vers le buffet. Seulement sa quiétude prit faim lorsqu'une main froide effleura la sienne. Scarlett venait de se glisser derrière elle, plus agile et discrète d'une vipère. Elle posa délicatement les mains sur le buste de la jeune Azahel, qui resta de marbre en lui tournant le dos. D'un rouge gourmand, les lèvres de Scarlett s'agrandirent en un sourire séducteur. Azahel pouvait sentir le souffle parfumé de la dirigeante sur son cou.
« Tu n'as pas l'air très à l'aise, petite Azahel, commença-t-elle avec une voix pleine de mesquineries. »
Scarlett se faufila à pats de velours sur le côté, jaugeant la jeune fille d'un air malsain comme on évalue une potentielle rivale.
« Que ta fille est mignonne, Kaligan … dommage qu'elle gâche cela par … continua-t-elle d'un ton malsain. »
Azahel répondit à sa rivale sans dire mot. Sereine, sans un rictus, elle tourna doucement la tête vers Scarlett, leva le menton avec grâce et posa ses grands yeux sur ceux de sa rivale. Elle plongea son regard clair dans celui de la vipère. Un regard azurin dans lequel se mêlaient intensité et ingénuité, un regard profond où l'on pourrait s'y perdre comme dans un océan. C'était ça, sa réponse.
Le petit rictus quitta les lèvres pulpeuses de Scarlett, ses paroles aussi. Sa mine renfrognée, elle parût visiblement offensée.
« Vous êtes particulièrement en beauté ce soir, Scarlett, complimenta Kaligan d'une voix qu'il s'efforça à faire paraître légèrement mielleuse de façon à être crédible.
Merci, fit-t-elle froidement avant de tourner les talons, sous le regard d'Azahel qui ne perdait pas un seul de ses faits et gestes. »
Azahel pensa que si cette femme montrait ses plans aussi facilement que ses seins, le département de l'armement n'irait pas bien loin. Quand elle fut assez éloignée, Azahel tourna quelque peu la tête vers le Général.
« Merci père … murmura respectueusement la jeune Azahel. »
Quelques instants après sa représentation, Azahel releva le regard sur un grand soldat aux longs cheveux argentés soigneusement attachés en queue de cheval. En dépit de son âge qui devait être en apparence similaire au sien, sa musculature témoignait de nombreux rudes entraînements. La posture droite, celui-ci adoptait une attitude impassible et froide, en quelques sortes.
D'après la propagande Shinra, ce jeune homme que l'on nommait Séphiroth était promis à un avenir glorieux. D'après des rumeurs, il serait très bientôt amené à prendre le commandement des armées, et ce serait le guerrier le plus puissant de la planète.
Le temps sembla s'arrêter le court instant où les regards des deux jeunes gens se croisèrent. Durant une fraction de secondes qu'elle seule perçut, Séphiroth parût atténuer son attitude de marbre, mais cela se perçut seulement dans ses yeux. Azahel ne put guère percevoir ses intensions, seulement elle crût apercevoir dans le regard de jade une once de sentiment qu'elle identifia à mi chemin entre la curiosité et la décontenance.
Se pourrait t'il qu'il la reconnaisse après toutes ces années ? Après tout, la petite fille qu'elle était n'avait qu'à peine tenu le nouveau-né dans ses bras. Mais, ce jour là, il lui semblait avoir à peu près observé le même regard. Mais non, ils lui avaient fait oublié tout cela tout autant que le visage de sa défunte mère.
Elle finit par détourner rapidement le regard de ce jeune homme. Séphiroth dégageait à la fois quelque chose d'étrange et de dérangeant. Quelque chose qui mettait tout ses sens à l'affût, comme un danger se trouvait à proximité.
