Hello!
Me revoila avec un autre chapitre, un peu en retard? mais mes cours ont recommencé et j'essaie de me concentré sur ça en priorité, j'espère que vous comprenez. Vous ne perdez pas complètement au change puisque ce chapitre est, si je ne me trompe, le plus long de cette fic ! 2500 mots, rien que ça ! Un peu plus sombre peut-être par contre. Pour ceux qui voulaient voir le déjeuner entre Alec et son père, vous allez être servis !
Pardon si j'écorche un personnage que vous aimez, mais je mets ma vision de certains personnages. Ca peut ne pas plaire à tous.
Merci encore dix mille fois à Muriel Lavigne pour sa review, ma si fidèle lectrice que j'espère ne jamais décevoir avec cette fic.
Merci également à Dissemblables pour sa review et son follow. Merci aussi pour son PM qui m'a rappelé qu'on était lundi et que je devrais peut-être me dépêcher de poster le nouveau chapitre haha
Merci aussi à Marionnette0116 d'avoir mis une alerte sur la fic, et à Cicie.L et mnonchou pour les favoris ça fait super plaisir !
Bonne lecture !
Pendant plusieurs jours, Alec et Magnus se concentrèrent chacun sur leurs études et à part quelques hochements de tête dans les couloirs et le texto occasionnel, ils ne se croisèrent presque pas.
C'était tout aussi bien, car le jour du déjeuner avec son père approchait et Alec était une boule de nerf, à peine capable d'interagir avec Jace ou Izzy. Ceux-ci essayaient évidemment de le réconforter et de l'encourager – les jours où Robert Lightwood se comportait comme un con intolérant étaient en effet de plus en plus espacés et moins intenses depuis que chacun d'eux savait se montrer mur et responsable. Pour autant, cela n'aidait pas le jeune homme à se détendre. Surtout à quelques heures du rendez-vous fatidique.
« Alec, soupira Jace, respire et calmes-toi. Il ne peut rien te faire sans faire souffrir son image et de toute façon, Izzy et moi on sera là au cas où.
- Comment ça ? demanda Alec
- Aah on ne t'a pas dit ? Le petit copain d'Izzy et Clary sont apparemment amis d'enfance alors on a transformé mon rencard de mercredi en double rencard. »
Le faux air d'innocence de Jace ne trompait pas Alec, mais ému lui-même, il n'allait certainement pas lui en faire la remarque. Il gardait encore en mémoire l'altercation violente avec son père quand il n'était pas sur de vouloir suivre le chemin des études qu'on lui avait tracé et il ne voulait pour rien au monde remettre ça. Bien que Jace ait raison, la plupart du temps depuis qu'ils avaient tous trois commencé la fac, Robert les ignorait simplement, trop concentré sur l'entreprise familiale et son image.
« Allez, ça va bien se passer. Tu as cédé devant ses exigences, ou du moins tu lui as fait croire, alors il n'a aucune raison de s'en prendre à toi aujourd'hui. »
Jace était dans une forme rare ce jour-là, plein d'encouragements. Alec pariait que son propre déjeuner avec Clary, Izzy et le petit ami geek de cette dernière – Samuel ? Stephane ? – y était pour quelque chose.
A son grand amusement, et bien qu'ils le nieraient si cela devait se savoir, ils appréciaient tous les deux Simon et ce qu'il apportait à Izzy. Certes pas autant qu'ils adoraient le taquiner parce que Izzy était leur petite sœur adorée et que c'était toujours plus drôle de jouer le grand frère surprotecteur quand il n'y avait pas grand risque.
Jace excellait particulièrement à jouer celui qui n'avait aucune confiance en Simon et bien que le petit geek sorte avec Izzy depuis déjà presque 6 mois, il flippait encore à chaque fois que le blond lui jetait un regard de travers.
Alec ricana rien que d'y penser.
« Ravi de te voir te détendre, railla Jace.
- Combien de temps tu crois que ça va prendre à Simon pour comprendre qu'on se paie juste sa tête ? demanda simplement Alec.
- Izzy nous laisse encore continuer jusqu'à leur un an, répondit laconiquement le blond. Ca lui fera un magnifique cadeau pour fêter leur relation – s'ils tiennent jusque-là. »
Alec leva les yeux au ciel mais ne releva pas la pique. Un coup d'œil à son téléphone lui fit savoir qu'il était l'heure de se préparer s'il ne voulait pas être en retard à son déjeuner.
Jace l'accompagna jusqu'à la sortie du campus, rejoignant ensuite Clary. Après un dernier mot d'encouragement, et lui avoir rappelé qu'il serait rejoint dans le restaurant par leur drôle de double rencard à peine 30 minutes plus tard, il le laissa seul pour rejoindre le restaurant.
Il arriva avec précisément deux minutes d'avance sur l'horaire convenu et ne fut pas surpris de voir son père en train de s'attabler. La ponctualité était un trait de famille durement acquis.
« Alec ! Quel plaisir de te voir ! » sourit Robert Lightwood en s'approchant pour une poignée de main.
Le sourire paraissait trop figé pour être sincère et la poignée de main trop froide pour qu'Alec ait réellement l'impression d'être face à son père. Comme à son habitude, il avait choisi une table dans le fond pour être loin des regards curieux et Alec l'en remercia. Les quelques murs d'eau qui servaient de séparation entre les diverses tables qui se trouvaient dans cette partie du restaurant ajoutaient à cette impression de tranquillité.
Une fois les salutations d'usages effectuées, Robert se rassit dos à la porte principale comme à son habitude. Les diverses allées et venues distrayaient souvent les quelques clients qu'il emmenait dans ce restaurant et il pouvait ainsi jauger avec qui il faisait affaire.
Alec prit donc place face à lui, prenant grand soin de soulever et non glisser sa chaise sur le sol pour éviter tout crissement désagréable. Face à la porte principale et au reste du restaurant, il pourrait savoir quand Jace et les autres arriveraient et les verraient probablement quelle que soit leur table. Un petit réconfort pour Alec qui savait que son père attendait qu'l ne finisse de scanner les horizons pour entamer la discussion.
« Alec, je sais que je n'ai pas toujours été, comment dire, un père très chaleureux. » commença tout de suite Robert.
Pas de ronds de jambes ou presque, directement dans son petit speech préparé pour ce qui les forçaient à se voir pour la première fois depuis trois mois, pensa Alec. L'introduction laissait à désirer, l'euphémisme n'étant pas une figure de style très flatteuse pour quiconque ayant été témoin des événements depuis l'adolescence du brun.
Fort heureusement, la serveuse arriva à ce moment-là pour prendre leur commande, du moins leur entrée ou apéritif et Alec cacha un petit sourire en voyant son père ravaler son agacement à être coupé dans son élan.
Après avoir commandé pour eux deux – parce que même pour sa nourriture, Alec n'avait pas droit de parole semblait-il – il recommença son petit discours.
« Alec, malgré nos récentes interactions tendues, réessaya-t-il, et Alec dut tousser pour s'empêcher de rire jaune, tu restes mon ainé, mon fils que j'aime. »
Mais bien sûr !
Alec allait tuer Jace un de ces jours. Il déteignait un peu trop sur lui et ses remarques désobligeantes n'allaient aider personne.
Quand on parle du loup, se dit Alec en voyant la porte s'ouvrir sur le quatuor qui allait peut-être rendre cette journée meilleure pour lui. Il s'installèrent sur le côté du restaurant, restant dans le dos de Robert Lightwood un maximum et ne pas se faire voir. Il détourna vite les yeux pour ne pas attirer l'attention, profitant du fait que leurs plats arrivaient. Il picora légèrement son assiette le temps d'organiser ses pensées.
« … que je voudrais que tu me répondes sincèrement. »
Alec se reconcentra sur ce que son père disait. Apparemment, ce qui allait suivre n'allait pas lui plaire car il avait cette ride sur le front qui disait que si ce qu'il entendait ne lui plaisait pas, il saurait avoir recours à la manière forte et l'obtenir de toute façon.
« Es-tu de quelque façon que ce soit impliqué avec cet excentrique dont tout le monde parle en ce moment sur votre campus ? »
Et voilà.
Alec arrêta même de respirer sous le choc. Il n'espérait pas cacher son amitié avec Magnus pendant longtemps mais il pensait avoir tout de même le temps de ne serait-ce que de rêver un petit peu à ce que cela ferait d'avoir un vrai ami pour une fois.
Maintenant il devait choisir quoi dire. Et il ne voulait pas mentir alors pour une fois il fut tout à fait honnête et ouvert avec son père.
« il n'a aucune raison de s'en prendre à toi aujourd'hui »
FAUX.
Mais quelle erreur de ne pas voir le coup venir !
« Il ne peut rien te faire sans faire souffrir son image et de toute façon, Izzy et moi on sera là »
Il jeta un coup d'œil à leur table et il ne fut pas surpris de voir que Jace et Izzy s'étaient installé de façon à garder un œil sur lui. Cela le réconforta et après avoir respiré un bon coup, il regarda son père dans les yeux avant d'avouer.
« Nous sommes amis. »
Robert se détendit à ces mots et cela laissa un arrière-gout amer dans la bouche d'Alec, qui cessa de manger soudainement.
« Pendant quelques temps, j'ai cru que tu allais me dire que vous étiez… enfin… Mais ce n'est pas le cas ! Je suis ravi de voir que tu t'es assagi avec le temps, même prétendre que toi et ce garçon êtes du même monde est cruel pour lui. » sourit Robert, détendu.
C'était donc ça.
Jace n'avait probablement pas entendu l'échange mais il ne doutait pas que son langage corporel – et celui de son père – lui suffisait pour s'inquiéter. Il le vit se tendre dans son siège du coin de l'œil.
« Nous sommes du même monde, répliqua Alec, nous sommes tous les deux étudiants sur ce campus, peu importe qui nous sommes en dehors.
- Alors reste ami avec lui, le ton pincé de celui qui n'avait pas tout à fait ce qu'il voulait fit frémir Alec. Tu auras au moins profité de ton… année sabbatique pour te soigner, et quand tu reprendras l'entreprise tu te rendras compte de toi-même que tu n'as pas de temps pour ce genre de personne. »
Ce n'était pas tant ce que son père disait qui choqua Alec, mais el fait qu'il le dise si ouvertement, et d'un ton calme. Il semblait sur de ce qu'il disait et Alec commença à avoir la nausée.
« Me soigner ? je n'étais pas malade. »
Et c'était la pure vérité. Alec savait qu'il tendait le bâton pour se faire battre, mais avec Jace qui veillait sur lui, et Izzy, il commençait à en avoir assez de devoir courber l'échine devant son père. N'était-ce pas assez qu'il ait accepté de faire ses études pour prendre sa succession ? Devait-il aussi accepter ce genre de langage ?
« Ta perversion. » asséna Robert Lightwood.
Si Alec avait su ce que cela ferait que d'entendre ces mots sortir de la bouche d'un homme qu'il avait idolâtré quand il avait 5 ans, il se serait retenu de poser sa question. Rigide et tout d'un coup frileux, il se recula dans son siège autant qu'il le pouvait sans être visiblement impoli. Il sentit plus qu'il ne vit Jace tourner toute son attention vers lui en saisissant le mouvement.
Perversion.
Est-ce qu'il le pensait vraiment ou était-ce une façon tordue de se venger de sa petite rébellion avant la fac ? Il ferma les yeux, compta jusqu'à dix, et les rouvrit. Qu'il aille au diable.
« Je suis gay. »
Il eut le petit plaisir de voir son père sursauter et perdre ses moyens. Il rougissait et il dut cacher ses mains tremblantes sous la table, mais cette fois, il ne donnerait pas le plaisir à son père de gagner à son jeu pervers.
Celui-ci racla sa gorge pour reprendre contenance.
« Alec, réfléchis deux minutes à ce que tu dis.
- Oh mais j'y ai réfléchis, répondit le brun. Tous les jours depuis que j'ai 14 ans. Je. Suis. Gay. »
Cela sembla énerver particulièrement Robert, à la grande satisfaction d'Alec.
« Il ne peut rien te faire sans faire souffrir son image et de toute façon, Izzy et moi on sera là »
Merci Jace de lui avoir donné cette petite mesure de pouvoir. Maintenant, quoi qu'il arrive, Robert en souffrirait autant qu'Alec.
« Je te donne une dernière chance de cesser ces enfantillages. Je n'ai pas élever d'ingrats incapable d'obéir ou de se montrer décent et digne de moi ! »
C'était à ce même stade qu'Alec avait cédé les rares fois où il s'était opposé à son père. La dernière fois, il avait fallu plusieurs mois à vivre chez des parents éloignés et à mérités un pauvre salaire pour pouvoir payer son logis et sa nourriture pour qu'enfin Alec ne retourne à New York. Et il l'avait seulement fait car sa mère l'avait fait chanté dans le dos de Robert. Mais son père avait eu sa victoire à chaque fois.
Pas aujourd'hui.
« Ma réponse restera la même, répondit enfin Alec avec un calme qui le surprit lui-même. Peut-être cette fois-ci, en public, Robert n'aurait pas recours à la violence physique et se contenterait de l'insulter ? Les insultes il pouvait encaisser.
La couleur rougeâtre de son visage, et sa respiration sifflante n'allait pas dans ce sens. Alec jeta un dernier regard rapide vers Jace – toujours à l'affut – avant le déchainement.
« Comment oses-tu ? tonna Robert en se levant. Ce pauvre idiot causait même une scène devant tout le restaurant. Une petite tapette comme toi, un moins que rien et tu oses me manquer de respect alors que je t'ai élevé et donné tout ce que tu as ? »
Alec resta assis, immobile, ne voulant pas lui donner l'excuse dont il avait désespérément besoin pour asséner le premier coup. Tout le monde s'était tut, mais Robert ne le remarqua même pas, sa vision réduite à son fils indigne en face de lui. Jace se rapprocha lentement, Izzy à ses côtés, et Alec sourit intérieurement, ravi de pouvoir toujours compter sur eux.
« Lève-toi et oses me regarder dans les yeux comme un homme si tu en es bien un ! »
Alec soupira mais se leva, la tête haute malgré les larmes qu'il sentait prêtes à arriver d'ici peu. Quelque chose dans son attitude dut particulièrement énerver Robert, car la seconde d'après, il lui fonçait dessus, prêt à le tacler. Alec fit un pas sur le coté pour l'éviter mais ne réagit pas assez vite quand Robert se saisit d'un couteau à beurre sur leur table pour l'utiliser contre lui. Il l'effleura à peine mais sans Jace pour intervenir, il aurait réessayé sans aucun doute.
Le raffut ayant attiré le manager, celui-ci appela la police, calma les quelques clients et bientôt le calme était revenu.
Alec, lui, ne sentit pas tout de suite sa sœur le guider pour aller s'asseoir à l'air frais, encore choqué des événements. Un couteau ! Son père avait non pas utilisé ses poings comme à l'accoutumé, mais carrément une arme. Pourquoi un tel extrême ?
Le voyant incapable de répondre à leur questions, les policiers autorisèrent Jace à ramener Alec à son appartement, lui donnant néanmoins des consignes pour un rendez-vous dans les 48 heures qui suivraient.
C'est en entendant le verrou de sa porte d'entrée qu'Alec eut finalement une réaction.
Pour la deuxième fois seulement depuis qu'il le connaissait, Jace vit Alec pleurer. Il sanglotait à chaude larmes, semblant incapable de s'en empêcher. La main sur le blouson de Jace se contracta jusqu'à lui faire mal mais il se tut, guidant un pas après l'autre Alec jusqu'à sa chambre.
Sans jugement aucun, il le laissa évacuer des années de larmes non pleurées, jusqu'à ce qu'il s'endorme finalement épuisé contre lui. S'installant pour que tous deux soient confortablement installés sur le lit, malgré leurs vêtements, il resserra son étreinte et pour la première fois, veilla sur le sommeil du brun comme un grand frère.
Alors ? ce chapitre m'a donné un peu de mal mais d'ici peu ça devrait aller mieux pour Alec x
