Hello!
Voilà le nouveau chapitre !
Pardon si j'écorche un personnage que vous aimez, mais je mets ma vision de certains personnages. Ca peut ne pas plaire à tous. Je me base sur ce que je connais pour écrire, donc si certaines réactions/décisions/descriptions vous paraissent OOC ou bizarres, c'est pour ça. N'hésitez pas à critiquer évidemment, je m'en voudrais de mal écrire un perso juste parce que je ne connais pas assez bien le canon.
De même, je vais rajouter des petites choses du canon de temps en temps (en les adaptant à un univers où personne n'a de pouvoirs);
Merci encore et toujours à Muriel Lavigne pour sa review et son soutien, ma si fidèle lectrice depuis le début qui me laisse des compliments géniaux ! Comme promis, un peu plus de Malec dans ce chapitre, et dans le suivant ;)
Bonne lecture !
Chapitre 18
Alec se traitait mentalement d'idiot. L'entrevue avec Luke avait été presque agréable, et il se sentait stupide de s'être inquiété autant. Le flic avait été aimable, et était parti lorsqu'il avait senti qu'il avait posé la question de trop.
Clary était resté lui tenir compagnie. Et il devait bien admettre que son appréciation de la jeune fille augmentait de jour en jour à force de voir comment elle arrivait à le supporter, malgré son comportement erratique.
N'ayant pas les clés de l'appartement de Magnus, ils restèrent à l'intérieur au lieu de partir prendre l'air. Mais une pensée trottait dans la tête du brun et ne voulait pas le laisser en paix. Ou plutôt deux pensées : le numéro que Clary lui avait donné et un carnet qu'il avait pris soin de mettre sous clé.
Inspirant un bon coup, il se redressa sur le sofa, et se tourna pour faire face à la rousse.
« A propos de ce numéro que tu m'as donné…
- C'est une personne de confiance, confia Clary, puis elle continua après quelques secondes d'hésitation. C'est elle qui m'a permis de remettre de l'ordre dans ma tête après que mon père…
- Tu n'es pas obligé d'en parler.
- Je crois que tu as besoin de l'entendre. Mon père faisait partie d'un culte. Et il a essayé de me pousser à les rejoindre, allant jusqu'à utiliser des drogues. Il aurait pu réussir si Luke n'avait pas été aussi attentionné avec moi. Mais ce n'est pas l'important. Ce que je veux dire, c'est que je ne pensais pas pouvoir en parler à quiconque, mais elle a trouvé une méthode pour que je puisse extérioriser.
- J'ai déjà eu du mal à me confier à Magnus et Jace.., grogna Alec.
Clary voyait bien que c'était peut-être là ce qui le torturait le plus : Alec voulait vraiment être capable d'en parler et d'aller mieux pour sa famille, mais n'en était pas capable.
- Chacun doit trouver une méthode qui lui convient, proposa Clary. Elle m'a fait utiliser mes dessins pour raconter ce que je ne pouvais pas expliquer de vive voix.
Cela sembla donner une idée à Alec qui d'un coup, eut une petite étincelle dans le regard.
- J'ai… un carnet, avoua Alec. Un mélange de journal et de preuves ? Mais je me suis toujours dit que je ne pourrais jamais m'en séparer et que ce que Jace ou Izzy y liraient leur donnerait honte de moi.
- Je ne crois pas que ce soit possible. Il t'aiment trop pour ça.
Alec resta silencieux. Il avait déjà envisagé d'utiliser ce journal pour se venger, pour que justice soit faite. Mais les preuves qui y étaient ne le concernaient pas que lui. Principalement lui, mais quelques contributions venaient d'un certain emmerdeur…
- Et si… et si je donnais le carnet à Izzy ? Ou Jace ?
- Je pense que tu dois d'abord penser à toi, fit Clary d'un ton ferme. Ne fais pas ça juste parce que tu te sens un devoir de le faire.
- C'est pas ça… On n'a jamais eu de secret entre nous, pas même mon..
- Ton orientation ?
- Oui, confirma Alec en baissant la tête. Mais en général, c'était parce qu'on se connait, pas parce qu'on partage nos états d'âmes ? je suis pas très clair.
Au contraire, Clary comprenait très bien. Elle avait eu un flic pour figure paternelle la majeure partie de sa vie, au cas où il l'oubliait !
- Avec Luke comme père adoptif, crois-moi qu'il déduis plus de choses que je ne lui en dis, rit Clary.
- Donc je me dis, si je leur donne le carnet, ils pourront comprendre sans que je doive me forcer à leur dire.
Plus Alec y réfléchissait, plus il sentait que c'était là le seul moyen. Il n'avait jamais été très communicatif, même avec Jace. Surtout avec Jace. Preuve en était que l'autre soir, lorsqu'il s'était effondré dans ses bras, il n'était même pas sur de ce que le blond avait bien pu comprendre à ses bafouillements.
- Honnêtement, si tu es à l'aise avec cette idée, et si ça te permets de moins souffrir, je pense que ça mérite au moins d'être une option, songea Clary.
- D'ailleurs, je ne t'ai jamais redemandé ce que Jace t'avait confié, hésita Alec.
- C'est une discussion qui va demander au moins une bonne tasse de chocolat chaud, fit Clary.
Elle se leva et partit en préparer une, repensant à ses nombreuses discussions avec Jace. Elle ne savait pas vraiment comment elle en était arrivé là, confidente des deux jeunes hommes perdus mais elle ne regrettait rien. Si seulement elle savait comment les aider davantage, mais la plupart du temps, elle avait davantage l'impression de décorer et de se fondre dans le décor.
Elle revint deux minutes plus tard avec deux tasses du breuvage promis, Alec la fixant de manière presque effrayante.
Il haussa un sourcil, et elle leva les yeux aux ciel en voyant qu'il redevenait peu à peu lui-même. Elle n'aurait jamais cru que son apparente arrogance et son détachement lui aurait tant manqué.
« Jace… m'a surtout demandé comment gérer la situation parce que personne dans cette famille à part Isabelle ne sait gérer les situations émotionnelles, commença-t-elle sur un ton aussi léger que possible. Mais il m'a confié certaines suspicions..
- Comme quoi ?
- Il se doute que Robert te maltraite, et il s'en veut de n'avoir rien fait, ajouta-t-elle en espérant ne pas rajouter au fardeau d'Alec en le lui révélant.
Elle se tut, pas sure que continuer aiderait le brun. Mais celui-ci insista.
- Il a vu certaines marques. Suspectes.
- Il te les a décrit ?
Le ton était trop froid et trop détaché, Clary sut qu'elle aurait dû se taire. Mais maintenant qu'elle avait commencé, elle allait devoir achever ses confidences.
- Quelques-unes. Je sais pour les marques qui semblent venir d'un ceinturon, et il a vu quelques marques plus… propres. Moins accidentelles.
Alec s'écroula presque sur le sofa comme si les fils qui le maintenaient avaient été coupé. En soi, ce n'était rien qu'il n'avait pas révélé de lui-même à son frère après être revenu de sa retraite chez Magnus, mais il se sentait honteux de ne pas avoir été capable de cacher ces marques. Comme s'il avait failli à son rôle de grand frère.
- Je suis désolé, déclara-t-il enfin après plusieurs minutes de silence. Tu n'aurais jamais du te retrouvé embarquée dans cette histoire.
- Franchement, répondit Clary avec un haussement d'épaule, ce n'est pas de me retrouver en plein milieu qui me fait peur, c'est de ne pas pouvoir vous aider. Je ne suis pas aussi fragile que tu le penses, et j'y suis passé. Crois-moi, si t'appuyer sur moi, ou Magnus qui semble être dans la même situation, t'aide et aide Jace, ce n'est pas un problème.
Alec ne répondit rien mais elle savait qu'il en faudrait plus pour lui ôter cette impression pernicieuse qu'il devait être constamment au top.
- Je te pardonne, au cas ou tu aurais besoin de l'entendre, ajouta-t-elle juste pour être sure.
Cela arracha au moins un rire au brun, presque hystérique mais elle avait connu pire avec Jace.
- Sinon, quand est-ce que Magnus rentre ? changea-t-elle de sujet. Je pensais que vu que le contact qu'il m'a donné va probablement déboucher sur une embauche, on pourrait lui préparer une surprise ?
- A quoi tu penses ?
Suspicieux, Alec ? Non pas du tout.
- Commander le diner ? Passer une soirée tranquille ?
Alec acquiesça, prêt à oublier les montagnes russes qu'avait été sa journée. La rousse le prévint qu'elle ne pourrait pas rester mais que Luke acceptait de la laisser rentrer plus tard le temps de tenir compagnie au brun en attendant le retour de Magnus.
Néanmoins, avant de changer d'oublier totalement, Alec tint à demander quelque chose à Clary.
- J'aurais un service à te demander si tu veux bien.
- Bien sûr, accepta-t-elle tout de suite, sourire aux lèvres.
- Le carnet dont je t'ai parlé.. j'aimerais bien que tu le récupères et le gardes pour moi, dans un lieu de confiance le temps que je me décide à ce sujet.
- Luke va probablement savoir que je lui cache quelque chose, on vit ensemble.
- Tu n'as pas à lui cacher mais j'apprécierais que personne ne le lise pour l'instant. Avec Rafael qui vit avec moi pour l'instant, je préfère qu'il ne tombe pas dessus et décide de le détruire ou pire, tu vois ? Surtout après la scène de ce matin, marmonna-t-il pour lui-même.
- Aucun problème, tu n'auras qu'à m'envoyer un message si un jour tu prends une décision. Quelle qu'elle soit, je te soutiendra tu le sais ?
- Merci.
Il était pour le coup vraiment reconnaissant à la jeune fille. Même si à vrai dire, Alec espérait presque qu'elle lise ce carnet et prenne la décision à sa place de le confier à Luke pour envoyer son père pourrir en prison, mais elle ne le ferait probablement pas. Pourtant il voyait bien qu'elle était curieuse.
Et curieuse elle l'était. Mais elle était encore plus inquiète et elle ne prendrait pas le risque de décevoir ou brusquer Alec. Donc elle récupèrerait le carnet et le mettrait en lieu sûr pour l'instant.
Magnus entra ensuite en grande pompe dans l'appartement, brisant l'instant mais faisant tout de même sourire les deux jeunes gens devant autant de flamboyance. Elle profita de la distraction offerte pour envoyer un message à Luke pour qu'il passe la chercher.
La nourriture était en chemin mais Clary devait maintenant partir, aussi Alec l'accompagna-t-il jusqu'à son appartement pour lui confier son carnet avant de retourner chez Magnus.
Sa colère était retombé mais il était encore blessé par le ton et les mots de Rafael. Aussi fut-il surpris de voir un mot sur sa table de salon en ressortant avec Clary de sa chambre.
Une ancienne connaissance de Camille m'a proposé un travail loin d'ici. Je t'ai laissé un cadeau d'adieu, fais-en bon usage. Ou pas. Vois ça avec ta conscience parce que je compte bien ne plus jamais recroiser la route d'un Lightwood.
Alec fronça les sourcils. Certes, ils n'avaient jamais été amis mais il ne pensait pas que Rafael fuirait aussi vite New York. Mais après tout, il n'avait jamais prétendu vouloir rester et puisqu'il n'avait plus aucune famille ici…
A côté du mot, une boite à chaussure en apparence inoffensive mais il s'en méfiait. Il prit gaffe à ne pas révéler le contenu à Clary pendant qu'il l'inspectait et se dépêcha de la refermer en voyant ce qu'elle contenait.
Des photos, rapports, et notes personnelles qu'il soupçonnait être de Rafael. Et bien au moins, Clary n'était pas venu pour rien.
« Si ça ne te déranges pas, grimaça Alec, ayant en horreur d'en demander encore plus à la jeune fille, je peux te confier cette boite ?
- Qu'est-ce qu'elle contient ? demanda Clary en fronçant les sourcils.
- Le même genre de chose qui se trouve dans mon carnet. Je peux comprendre si tu n'en veux pas.
- J'en prendrai soin. »
Alec la rappela presque pour lui donner toutes sortes de consignes mais se retint. Il ne servait à rien d'aiguiser sa curiosité.
Fatigué plus qu'il ne l'aurait cru, Alec referma la porte de son appartement pour se diriger vers celui de Magnus.
Entre temps, la nourriture était arrivée, et l'asiatique l'attendait pour commencer à diner.
« Alexander ! Viens profiter pendant que c'est encore chaud ! »
Alec sourit puis se dépêcha de saisir ce que Magnus lui tendait. C'était domestique, et presque normal et ça lui faisait du bien après la journée qu'il avait eu. Ils mangèrent en silence, assis confortablement sur le sofa de Magnus. Jamais Alec n'aurait pensé être autant à l'aise avec l'autre garçon, et il profitait du calme environnant.
« Magnus ? appela-t-il pour avoir son attention avant de continuer quand celui-ci posa son repas pour l'écouter. Est-ce que.. c'est trop demander de passer la nuit ici ? Sur le canapé bien sûr ! »
Il ne voulait surtout pas retourner dans son appartement, seul et sinistre. Surtout pas après la scène de ce matin avec Rafael. Plus le temps passait, plus son appartement devenait la scène de dispute et crises de larmes, éloignant chaque jour un peu plus l'atmosphère tranquille et studieuse qui y avait régné un jour.
« Tu es toujours le bienvenu ici, confirma Magnus. Et ça me rassure de ne pas te savoir seul, je dois avouer.
- Je n'ai pas besoin d'aide, rétorqua le brun par habitude.
- Bien sur que non, mais je me suis habitué à ta présence ici, aussi idiot que cela puisse paraitre.
Et c'était vrai. Alec n'était pas le seul à trouver un réconfort certain dans la compagnie de l'autre. Certes, la semaines et les soirées qu'Alexander avait passé dans cet appartement avaient été parfois tendues à cause des événements, mais jamais Magnus en regretterait d'avoir ouvert sa porte au brun ce soir-là et de l'avoir écouté se confier.
Pour lui qui avait été mis de côté toute sa vie, et jugé pour ses mœurs soi-disant légères, la confiance qu'il lui avait porté et le timide début de relation – amicale ? Ou peut-être plus un jour – avaient été un baume sur des plaies dont il ne connaissait même pas l'existence. Le brun n'était certes pas le seul à avoir besoin d'un peu de contact humain, aussi innocent soit-il, pour se sentir mieux.
Bien sûr, Alec n'en savait rien, trop pris par sa propre douleur. Et c'était compréhensible. Peut-être était-ce même égoïste pour Magnus d'apprécier la compagnie du brun dans ces conditions.
S'il avait demandé son avis à Alec, il aurait eu une toute autre réponse, bien entendu. Le brun appréciait sa compagnie et le fait d'oublier ses soucis. Depuis la semaine qu'ils avaient passé ensemble, il s'était enfin rendu compte que passé quelques moments de gênes, Magnus l'avait tout simplement traité comme à son habitude, peut-être juste un peu plus soucieux de ne pas avoir de mauvais geste.
Mais dans l'ensemble, Alec ne pouvait pas lui en vouloir de le traiter ainsi, pas alors qu'il avait enfin l'impression de compter sur quelqu'un, et pas simplement parce qu'il faisait partie de la même famille.
Alec s'était enfoncé un peu plus dans le canapé en entendant la réponse de Magnus, rougissant. Il ne savait pas quoi répondre, il n'avait jamais été bien doué avec les mots. Magnus sembla comprendre puisqu'il reprit simplement la fin de son repas en souriant.
Au fil de la discussion, le sujet de Jace et Izzy revint. Alec se sentit immédiatement coupable.
« Izzy me manque, confia-t-il à Magnus. Mais j'ai trop peur de la revoir ou de croiser mère. »
Magnus ne put se retenir de prendre le pauvre brun dans ses bras en voyant son visage perdu et triste. Après lui avoir conseillé d'au moins envoyer un message à sa sœur, il fut surpris de voir qu'Alec ne fuyait pas son contact et en profita éhontément.
Quelques dizaines de minutes plus tard, et Alec ne saurait probablement pas expliquer comment, il se retrouvait coincé entre les coussins du canapé et le corps de Magnus presque assoupi à regarder un film dont il ne se souvenait même pas du titre. C'était embarrassant, mais pas aussi effrayant que cela aurait pu l'être. Il n'y avait aucune mauvaise intention derrière le geste de Magnus après tout. Il dut cependant le secouer quand le film finit.
« Je suis bien là, je veux pas bouger, bouda l'asiatique en comprenant pourquoi Alec le dérangeait.
- Je ne suis pas sure que ce soit une position très confortable pour dormir, intervint Alec.
- Qui a besoin d'un lit quand on a un Alec ?
Il n'aurait probablement jamais dit ça s'il n'était pas dans un état de fatigue avancé, mais il ne s'en rendit même pas compte. Soupirant, Alec se décida à prendre les choses en main, et avec une infinie précaution, il souleva Magnus pour le déposer sur son lit. Magnus accueillit son lit avec un soupir de plaisir qui fit presque rire Alec, s'il n'avait pas été trop occupé à rougir.
Il essaya de partir en silence s'installer sur le canapé du salon quand une main lui saisit l'avant-bras.
« Reste ? » le pria Magnus.
Alec se rendit compte à ce moment-là qu'il n'était pas le seul à souffrir de la solitude et son cœur se serra en y pensant. Il n'eut pas le cœur de refuser sa demande.
Tout doucement, il s'installa de l'autre côté du lit – un king-size – et sourit en entendant le soupir de soulagement de Magnus.
Sa main n'avait pas quitté son avant-bras, et il aurait parié n'importe quoi qu'elle y serait encore quand il se réveillerait le lendemain matin.
J'espère que vous avez apprécié ce chapitre ! Je vous dit à samedi prochain pour la suite :D
