Hello!

Voilà le nouveau chapitre !

Pardon si j'écorche un personnage que vous aimez, mais je mets ma vision de certains personnages. Ca peut ne pas plaire à tous. Je me base sur ce que je connais pour écrire, donc si certaines réactions/décisions/descriptions vous paraissent OOC ou bizarres, c'est pour ça. N'hésitez pas à critiquer évidemment, je m'en voudrais de mal écrire un perso juste parce que je ne connais pas assez bien le canon.

De même, je vais rajouter des petites choses du canon de temps en temps (en les adaptant à un univers où personne n'a de pouvoirs)

Aujourd'hui, on rajoute deux ou trois perso du canon TV, avec lesquels je fais mumuse et qui reviendront ou pas dans l'histoire plus tard ^^


Merci encore et toujours à Muriel Lavigne pour ta review et ton soutien, ma si fidèle lectrice depuis le début qui me laisse des compliments géniaux ! Désolé pour les descriptions dérangeantes, mais fallait en passer par là et comme promis, on finira le chapitre sur une note un peu plus positive :)


ATTENTION ! SUJETS SENSIBLES DANS CE CHAPITRE ET CEUX QUI SUIVENT!
THERAPIES DE CONVERSION, MENTIONS DE PULSIONS ET ENVIES SUICIDAIRES, MALTRAITANCE D'ENFANTS PHYSIQUE ET SEXUELLE entre autre.

Si vous êtes sensibles, les descriptions sont dans les extraits en italique, donc soit vous passez ces chapitres soit vous ne lisez que les réactions de Luke entre mais faites attention à vous si vous doutez de pouvoir supporter la lecture.

Faits basés sur mes recherches donc j'ai peut-être forcé le trait par endroit, mais je n'ai malheureusement rien inventé.


Ce chapitre étant trèèèès monstrueux par rapport à ce que je fais d'habitude j'ai coupé le chapitre en plusieurs partie : réaction de Luke partie 1&2 posté hier et réaction de Clary et Luke ensemble dans cette partie 3.

Accrochez-vous parce que y'a 4900 mots pas très joyeux.

(au passage, pas sur que les prochains chapitres soient aussi monstrueux, on reviendra probablement à des chapitres de 2500-3000 mots seulement)

Bonne lecture !


Clary et Luke mirent moins de 30 minutes à rentrer chez eux. Même si la curiosité lui brulait les doigts, elle proposa à son père adoptif de diner avant de regarder de plus près les derniers documents et les notes manuscrites d'Alec et de Rafael.

Cela donna le temps à Luke d'expliquer la situation de façon basique. Et cela permit à Clary de se préparer à ce qu'elle allait lire.

Une fois leur repas avalé, ils s'installèrent côte à côte sur le canapé du salon, étalant les derniers documents sur la table basse et chacun prenant un carnet sur lui. Ils commencèrent par la lecture des notes d'Alec.

On m'a conseillé de tenir un journal, que je garderais privé pour que dans le futur, je puisse relire mon parcours et me sentir fier d'avoir battu ma maladie. J'ai honte mais je ne crois pas être malade ? Je pensais que si j'arrivais suffisamment bien à faire semblant, Robert ne me frapperait plus, et je le rendrais fier mais il m'a envoyé ici. Il est très dur de cacher des effets personnels au centre, alors j'écris mon carnet après les événements.

Robert dit qu'il est important de savoir d'où l'on vient. Connaitre le passé améliore le futur.

Je crois que quand ça fait mal, il vaut mieux éviter d'y penser.

Au début, je pensais que le centre allait être comme une colonie de vacances pour les riches. « C'est un endroit ou les enfants à problèmes comme toi des familles aisées peuvent être envoyés pour guérir et restaurer l'honneur » il a dit. Je pensais que ça voulait dire que je pourrais me faire des amis, mais dès que je m'approchais des autres garçons, je recevais un avertissement, et si j'insistais, ils m'emmenaient dans la salle des éclairs. Ça faisait mal, alors je restais seul. Ils ont arrêté de me faire mal.

Clary n'en croyait pas ses yeux. Elle avait devant elle les pensées d'Alec lorsqu'il avait 13 ans. Et apparemment, son premier contact avec le centre de conversion avait été assez douloureux. Avec Luke, ils avaient décidé de lire à voix haute les notes pour aller plus vite et ne pas s'abimer le dos à devoir se pencher sur le canapé pour lire en même temps. Heureusement, il avait l'habitude de ce genre de témoignage et pouvait la rassurer.

Après tout, « déjà à cet âge, Alec était suffisamment intelligent pour comprendre comment s'attirer le moins de dommages possible, comme toi avec ton père » la rassurait-il. Mais elle avait 15 ans lorsque son père était revenu dans sa vie, et elle s'était méfiée. Alec y était allé beaucoup plus jeune et confiant dans la bienveillance de son père.

Il y a plusieurs ailes et plusieurs catégories de spécialistes dans le centre. Mon père dit toujours le connaitre la personne en face aide à trouver les failles mais l'organisation semble trop parfaite pour que je puisse en trouer une.

Je passe la plupart du temps dans l'aile privative, là où sont les enfants les plus riches. Je croyais au début que « aile privative » voulait dire que l'on serait à l'aise mais en fait, ça veut juste dire que c'est l'endroit du centre où nos libertés sont les plus limitées. Les spécialistes ont tous un emblème noir et je les évitais comme la peste. Les spécialistes avec emblème vert pour le sport et violet pour les soins psychologiques étaient plus sympa mais seulement quand on pouvait les entendre. Je me suis faufilé près de l'entrée, et ils parlaient de manipuler nos cerveaux.

Je suis un Lightwood, on ne me manipulera pas !

Clary ne put s'empêcher de rire en lisant cette dernière phrase. Luke sourit légèrement. Sacré gamin.

Même s'ils veulent me manipuler, j'aime bien faire du sport. Ils disent que ça permet de nous défouler sainement, et je suis d'accord. J'arrive toujours à oublier mes problèmes quand je me concentre sur mon objectif sportif, et j'aime la drôle de douleur après un entrainement.

Les spécialistes (quel mot long à écrire) avec emblème rouge, orange et bleus, je ne sais pas qui ils sont encore, mais les jaunes, je sais que c'est eux qui m'ont fait mal ! Ils nous mettent ces trucs sur la tête et ouvre l'interrupteur. Il y a un mot scientifique mais je n'ai pas mon livre de cours. Je n'ai pas de livre du tout, ils nous ont tout pris, même nos montres.

Il y a aussi des spécialistes avec des croix de jésus, mais leur façon de faire est nulle et des spécialistes tout en blanc, mais il parait que ceux qui voient les blancs ne reviennent pas.

Luke décida d'arrêter Clary dans sa lecture quelques minutes le temps de prendre des notes. Le code couleur pourrait leur servir pour s'organiser plus tard dans l'affaire. Mais il n'avait pas vu de document explicitant ces couleurs dans le carnet avec les autres. S'était-il contenté de récupérer son dossier médical prêt à combler les blancs en prenant des notes ?

Avec un signe de tête, il fit mine à Clary de continuer sa lecture.

Les Croix ici ont décidé de nous faire culpabiliser. Mais maman m'a toujours dit que Dieu est amour alors je ne vois pas pourquoi le fait que j'aime un garçon plutôt qu'une fille change quoi que ce soit. Elle dit aussi que je suis déviant mais je crois que c'est parce que ça se voit. Je pense que si j'arrivais à garder mon secret, elle ne m'aurait pas envoyé ici.

Elle parle parfois avec Robert d'un Luke qui s'est fait répudier injustement de leur église et elle m'a dit un jour « ce n'est pas parce que certaines personnes font des choses non naturelles que nous devons les punir. Seul Dieu a ce droit. » et je crois qu'elle parlait de lui. Je crois qu'il lui manque. Robert a toujours crié très fort ses idées, et le rôle de la femme est de soutenir son mari. Alors elle ne peut pas m'aider et elle ne peut pas aider son ami à revenir dans le droit chemin.

Robert m'a interdit de la déranger avec mes problèmes. Il dit qu'un homme digne de ce nom règle ses problèmes lui-même. Et les Croix, ils ont toujours répété au centre qu'un enfant devait être soumis à la volonté de son parent. Qu'à travers eux, Dieu nous a donné la vie et que pour le remercier, il fallait aider nos parents. Quand j'ai répété ça devant Robert, il a acquiescé.

Alors je me tais. Mais Robert devient de plus en plus méchant et je ne sais pas pourquoi. Je fais tout ce qu'il me dit, et si je ne peux pas demander de l'aide à quelqu'un, comment je vais savoir ce que je fais de mal ?

Robert di que je suis un idiot, indigne de porter son nom si je ne comprends vraiment pas. Je suppose que j'en suis un.

Luke avait froncé les sourcils en entendant son nom être cité. Il en apprenait plus sur Maryse que sur ce centre de conversion pour le moment. Clary semblait vraiment en colère en face de lui.

« C'est presque mot pour mot ce que Valentine m'a dit en revenant. L'histoire de dieu et de la soumission des enfants.

- C'est probablement juste une coïncidence, remarqua Luke. Mais ils ont fréquenté les mêmes cercles dans leur jeunesse, cela vient peut-être de là. »

Clary n'était pas convaincue, mais haussa les épaules. Luke connaissait les Lightwood et Valentine depuis longtemps et il était un excellent flic. S'il pensait qu'il n'y avait là qu'une coïncidence, elle lui faisait confiance.

Les croix m'énervaient alors je n'ai pas vraiment écouté ce qu'ils disaient. Je préférais demander à me défouler avec du sport, cela semblait satisfaire les verts de voir autant d'enthousiasme.

Mais ce que je détestais, c'était les douches communes. L'eau chaude ne durait jamais plus de quelques secondes, et les jour où les jaunes s'occupaient de « me remettre les méninges en place », cela augmentait mon mal de tête. Quand j'ai voulu demander une aspirine, ils m'ont dit de supporter la douleur comme un homme. Alors j'ai créé une petite liste dans ma tête pour agir comme ils veulent et recevoir des récompenses et éviter les punitions :

- Ne jamais hausser le ton

- Ne jamais se plaindre

- Ne pas regarder les garçons

- Prendre sa douche rapidement

- Faire beaucoup de sport

- Donner quelques petits détails aux violets mais rien de trop secret

- Ne jamais mentir aux violets

- Se taire avec les croix

- Toujours trouver une occupation sinon ils viennent te chercher

- Ne pas trop suer les mardis matin avant les jaunes.

- Prendre une douche avant les jaunes

La liste était déjà impressionnante pour un enfant de 13 ans qui n'avait eu que 6 semaines sans préparation pour trouver les mécanismes. Clary était tout de même intriguée. Mais elle n'était pas sûre de savoir à quoi correspondait les jaunes.

« Interrupteur et truc sur la tête ?

- Des électrochocs, indiqua Luke. Mais à son âge, je ne saurais pas me souvenir d'un mot pareil non plus. »

Cary ouvrit de grands yeux en comprenant les implications des douches froides après une séance d'électrochocs. Voyant qu'elle était assez secouée, et qu'elle avait déjà beaucoup lu, Luke prit la suite.

Robert m'avait dit qu'on allait me faire faire un stage chez un ami, mais il m'a envoyé dans ce centre encore une fois. Mais j'ai grandi, alors je pensais être mieux préparé. Et puis, le mot du médecin au dernier Check up m'avait donné de l'espoir. Je pensais pouvoir lui parler si besoin. Il est gentil ce médecin comparé aux autres du centre.

Ils ont continué avec les activités du premier séjour, mais cette fois, je savais qu'il fallait faire attention pour prendre en note. Je ne les laisserai pas me maltraiter sans garder de quoi les avoir. Le seul point positif, c'est que je n'avais plus aucun contact avec les jaunes.

Les croix étaient toujours aussi ennuyeuses. Je n'aurais pas dû, mais par orgueil, j'ai prétendu ne croire en rien de ce qu'ils disaient. Ils ont organisé un rendez-vous et m'ont expliqué qu'ils allaient augmenter l'intensité de la thérapie. Soi-disant que les croyances familiales ne pouvaient pas m'avoir épargné. Et ils ne plaisantaient pas.

Mon séjour était plus court cette fois, mais en quatre semaines, j'ai eu droit à 5 exorcismes. Ils semblent déterminés à penser qu'un démon vit en moi. Je pense que si un démon avait pris possession d'un Lightwood, ce serait Robert. Et si c'était quelqu'un de mon âge, ce serait Jace. Mais ce sont eux les experts, après tout.

Un gloussement échappa à Clary en lisant ce commentaire. Luke retint un commentaire désobligeant et continua sa lecture.

C'était douloureux, mais je n'ai pas crié, et je ne me suis pas plaint. Pas plus que quand j'ai vu que je perdais le droit à des douches chaudes ou le droit à une chambre correcte. On vit maintenant à 8 dans une chambre normale. Ce n'est pas facile mais j'ai été élevé pour me relever quelle que soit la situation. C'est bizarre. Plus j'agis comme ça, plus ils pensent que je suis corrompu. Ils disent que ma période de rébellion n'est peut-être pas encore finie.

Je continue à les rendre un peu heureux en suivant tous les conseils offerts par les verts. J'aime le sport, et si 20 h par semaine me permet de garder mon calme, alors soit. Robert devrait être content de me voir faire des progrès.

Là ou le séjour s'est compliqué. Et j'ai commencé à vraiment me sentir mal, c'est le cumul entre les différentes privations et l'exposition, les rouges. Encore, les privations je peux comprendre, en un sens je les mérite pour tous les problèmes que je cause, mais les rouges m'ont rendu malades.

Ils ont l'air de penser qu'en nous gavant de pensées hétéros, on va devenir hétéro ? comme si la plupart des gens ici n'avaient pas déjà essayé ! Mais ici, c'est d'un tout autre niveau, presque du lavage de cerveau. Je ne veux pas y retourner. Pitié.

Luke fit une pause, incertain. Il parcourut les première lignes de la prochaine entrée, mais apparemment, c'était tout ce qu'Alec avait eu à dire sur les deux premiers séjours. Logique, c'était les deux les plus facile en quelque sorte.

Clary reprit le carnet pour lire la suite.

Je déteste ce centre. Je crois que je préfèrerais fuguer que d'y retourner. Mais j'ai trouvé un endroit ou cacher mon carnet et un stylo pour y écrire chaque jour si jamais Robert me force à y retourner.

Ce séjour a duré 8 semaines. Et les premières semaines, le mélange entre hormones, alcool et privation de nourriture m'a rendu tellement malade qu'à part les châtiments corporels, je n'ai aucune idée de ce que j'y ai fait. J'ai mal réagi aux substances chimiques, mais ils ont quand même attendu plus deux ou trois semaines pour arrêter les injections. Je vomissais et vomissais, incapable de dormir, j'avais froid en permanence.

Ils arrivaient apparemment au passage du carnet ou les remarques enfantines devenaient plus lourdes et plus chargées en douleur, preuve de l'adolescence douloureuse d'Alec. Clary inspira un grand coup avant de reprendre.

Les rouges continuent de nous apprendre à nous comporter comme des Neandertal. Tu bois, tu siffles après les filles, et tu baises. Voilà ce que Robert veut que je devienne en m'envoyant là-bas sans cesse ! J'ai eu plus d'une cuite, appris à faire semblant d'être le mâle alpha malgré mon dégout et j'ai passé le premier palier. Le deuxième ? Les drogues.

J'ai l'impression d'avoir perdu tout respect de moi-même à jouer leur jeu pour ne pas devenir leur souffre-douleur. J'ai déjà plus de cicatrices que je ne le voudrais et ils en rajoutent toujours plus, avec l'excuse de nos apprendre à encaisse. Je ne pourrai jamais me retrouver torse nu avec quiconque sans devoir répondre à un millier de question.

Luke avait déjà lu certaines de ces informations dans les documents officiels, mais Clary découvrait tout cela. Elle semblait choquée et prête à cogner.

« C'est pour ça que tu ne veux pas que je lise les documents officiels ? devina-t-elle.

- Je préfère que tu l'apprennes de la bouche d'un ami plutôt qu'à travers la propagande de ce centre ».

Clary comprenait tout à fait. Elle se sentait déjà assez malade de lire ce qu'Alec écrivait.

Je me souviens davantage de la fin du séjour. Malheureusement. Malgré le manque de sommeil et le manque de nourriture, je continuais à faire mon sport quotidien. Le temps passé à m'entrainer était un temps que je ne passais pas à faire d'autres activités après tout.

Mais j'ai craqué et j'ai frappé un conseiller un jour. Je n'en suis pas fier, mais entendre une blague de mauvais gout sur les gays m'a fait perdre tout contrôle. Résultats ? des coups de ceinturon et double de corvée. Mais je m'en moquais. Je ne sais pas ce que c'est là-bas, qui me transforme en créature apathique. Je me faisais peur, à chercher n'importe quelle stimulation physique autre que celles fournies par le centre.

Ils n'arrêtent pas de nous passer des pornos gays en nous choquant pour nous en dégouter, mais tout ce que ça fait, c'est me priver de contact physique avec tout le monde. Je ne supporte plus que quiconque le touche, et je crois que cela affecte mon comportement.

Pour compenser, j'ai essayé de compléter quelques paliers dans les différents « traitements » ici. Je sais à présent qu'un futur brillant de drogué m'attend si Robert me met dehors.

Luke retrouva le rapport d'incident et connecta les informations. Evidemment, ils avaient blâmé le patient mais n'avaient pas expliqué le contexte. Il comprenait mieux comment un garçon aussi mesuré qu'Alec avait pu en venir aux mains.

Il vit le visage pâle de Clary.

« Tu veux faire une pause ? On peut reprendre demain.

- Non, je ne crois pas que je pourrais dormir de toute façon. Mais est-ce que je peux rater les cours demain ? je ne crois pas que je pourrais rester enfermer dans une salle de classe. »

Luke n'hésita pas avant d'accepter. Lui-même n'allait pas aller travailler le lendemain non plus, pour continuer d'organiser tous les documents.

Les quartiers des résidents les plus vieux sont moins soignés que ceux des enfants et cela donne quelques opportunités. Il y a quelques rasoirs cachés dans le mur. Secret de patient. Je ne pense pas les utiliser un jour mais qui sait ? C'est rassurant de les savoir là.

Cette dernière remarque acheva de glacer les deux lecteurs. C'était la conclusion à laquelle était venu Alec après le troisième séjour : une lame le rassure. Luke connaissait les statistiques, et Clary était passé par un épisode difficile, ils pouvaient tous deux comprendre. Mais cela ne rendait pas les choses plus faciles pour autant.

« Je suppose qu'on arrive à la partie la plus dure ? devina Clary. Dernier séjour, plus d'un an et juste après la mort de Max…

- Tu vas lire des choses qui vont réellement changer ta perception de ton ami, la prévint le flic. Tu es sûre de vouloir continuer tout de suite ?

- Je vais m'imaginer le pire si je ne continue pas. »

Une fois certain qu'elle avait suffisamment repris son calme, Luke prit le carnet de ses mains et lit la suite. Aucune raison de la laisser s'infliger ça elle-même.

15 AVRIL. Ça fait bizarre d'être ici et d'écrire le jour même ou presque ce qu'il se passe. L'endroit ne m'avait pas manqué, et depuis deux ans, je m'étais dit que peut-être Robert était satisfait de mes progrès. Mais non. Au contraire, je suis là jusqu'à ce que mort s'ensuive alors que MAX vient de mourir et que je devrais être avec Jace et Izzy. Pas à pourrir dans un centre merdique au milieu de nulle part !

6 MAI. Je suis fatigué. L'isolation sensorielle était un cadeau au départ mais maintenant je deviens fou dès que je mets les pieds dans cette salle. Ils m'ont donné un psy pour Max, mais j'en ai rien à faire de leurs idées débiles. Je veux pas de leur aide. Je veux qu'on me laisse en paix. Qui ça dérange que je veuille coucher avec personne ? je me suis même habitué au manque de contact physique qui me faisait dérailler la dernière fois.

Clary renifla à coté de Luke mais ne l'arrêta pas. Autant arracher le pansement d'un coup.

24 MAI. Ils ont vraiment décidé de me convertir au sexe ici. Mais pas entre mecs, non. Avec une fille. Ça me donne la gerbe. Je suis tellement énervé que je passe mon temps à boxer. Je me suis étalé la semaine dernière d'épuisement. Première nuit complète que je passe ici.

10 JUIN. Il parait que j'ai fini mon deuil. Oui madame. Quels idiots ces psy, il suffit de leur dire ce qu'ils veulent entendre et ils te mangent dans la main. Depuis quand je suis un aussi bon menteur moi ? Jace saurait que je ends. Mais jace est pas là. Izzy non plus. Je suis seul.

14 JUIN. Ils ont fait une putain d'intervention hier. « Intervention ». Viol. Azazel et Camille. Des enflures. Des violeurs. Deux en moins de 40 minutes. Voila ce que c'est. Je ne me souviens même pas de comment s'est fini la journée, je crois qu'ils m'ont drogué. J'ai honte. J'ai mal. Le dernier petit bout de respect que j'avais pour moi-même s'est envolé. Plus rien. Ils peuvent bien me faire ce qu'ils veulent, je crois que je n'ai plus rien à perdre. Mais si je tombe, ils tomberont avec moi.

Luke referma le carnet en entendant Clary pleurer. Il la prit dans ses bras et la berça, comme lorsqu'elle était petite. C'était douloureux, de voir sa fille dans cet état, mais il ne pouvait pas la protéger de tout. Alors il restait là, offrant sa chaleur et sa force, et lui donnant tout le temps du monde pour se reprendre.

« Je comprends pas, avoua Clary.

- Il ne réagissait pas assez bien au contact hétéro alors ils ont mis au point un stratagème pour lui faire assimiler le sexe gay à la violence. Puis ils l'ont drogué pour lui faire apprécier le sexe avec une fille, continua Luke, conscient qu'elle avait besoin de savoir.

- C'est dégueulasse.

- C'est pour ça qu'on les mettra en taule, toi moi et Alec et les autres. »

Elle hocha la tête mais elle n'avait pas l'air convaincue. Luke lui savait qu'il pouvait le faire. Il connaissait le système, il pouvait en abuser pour venger tous ces gosses.

Ils prirent encore quelques minutes puis continuèrent la lecture.

23 JUIN. Un garçon nommé Rafael m'a aidé à combler mes trous de mémoire. Il est ici parce qu'il est ace. On est plus ou moins devenus amis. Comme la fille avec qui je suis obligé d'être si je veux prendre une douche. Lydia. On a trouvé un accord. On se protège mutuellement. Ils ne s'attendent pas à la totale lors de nos douches alors on échange deux trois contacts pour les satisfaire et ça nous empêche de nous retrouver avec des inconnus. Elle est gentille mais redoutable. Elle a promis qu'une fois sorti de là, on se vengerait tous les trois. Je ne suis pas sûr d'avoir autant d'espoir.

12 AOUT. Lydia est enfin sortie définitivement de cet enfer. J'ai déraillé en l'apprenant mais je vais mieux. J'ai juste honte que ma tentative de suicide ait retardé sa sortie de 24h pour qu'elle veille sur moi. J'aurais du mieux me préparer pour être sûr de ne pas me rater. Désolé Max, je ne vais pas pouvoir te rejoindre tout de suite. Ils me surveillent de trop près.

20 SEPTEMBRE. Je ne sortirai jamais d'ici. Mon propre père a forgé ma signature pour s'assurer que même ma majorité ne me libère pas de son autorité tant que je reste dans ces murs. Il m'a fait transférer dans l'aile commune pour m'amadouer mais je sais très bien que c'est juste pour sauver les apparences. Heureusement que Rafael m'empêche de débloquer.

Clary se souvenait d'avoir croisé Rafael. Elle était heureuse de savoir qu'Alec n'avait pas été tout seul tout le temps. Elle se demandait si elle pouvait retrouver cette Lydia.

« J'ai son numéro, indiqua Luke. J'essaierai de l'appeler quand on aura fini si tu veux »

14 DECEMBRE. Ils m'ont poussé dans mes derniers retranchements. Ils veulent que je couche avec une fille pour prouver que je suis guéri mais je sais, et ils savent que même après, je en sortirai pas. Robert me veut ici, et il obtient toujours ce qu'il veut. Je pensais fuguer mais Rafael m'en a dissuadé. Je lui fais confiance au moins sur ce point.

29 DECEMBRE. Ils m'ont vraiment obligé à violer une fille. Je devrais partir et aller voir les flics. Peut-être qu'en prison je serais hors d'atteinte de Robert ? Elle s'appelle Aline Penhallow. Elle me rappelle Lydia dans son comportement. Je l'ai violée. Elle m'a dit que si je ne l'avais pas fait, on aurait tous les deux étés punis encore pire, mais je ne crois pas qu'on puisse faire pire que de tordre la dernière once d'humanité qu'il me restait. Je suis un monstre.

30 JANVIER. Aline ne semble pas m'en vouloir. Elle devrait. Elle m'aide à duper les spécialistes ici. Avec Rafael et elle, on a u ensemble de connaissance qui devrait nous permettre de ne plus nous attirer de punitions sans pour autant devenir plus monstrueux qu'on ne l'est déjà. Je veux rentrer à la maison. Je veux voir Max. Jace. Izzy. Je suis désolé

20 MARS. Je me sens sale. Aline ne vaut pas mieux que moi, ou Rafael. On est obligé de faire tellement de choses odieuses pour échapper aux coups de ceinturons, aux jets haute pression. J'ai envie d'abandonner. J'ai mal en permanence et je ne sais pas comment arranger ça.

Le plus dur en lisant cela pour Luke, était qu'il était conscient qu'Alec s'en était sorti. Il était en sécurité et Robert ne pouvait plus lui faire de mal. Mais quel intérêt quand le mal était déjà fait ? Il savait que Clary fouillait ses souvenirs pour savoir s'il prétendait être heureux lorsqu'ils étaient tous ensemble. C'était un réflexe des proches de victimes d'abus. Est-ce qu'il souffrait pendant tout ce temps et je n'ai rien vu ?

Il devait admettre cependant, que même lui était impressionné par l'imperméabilité des masques d'Alec. Avant son agression, personne n'avait suspecté quoi que ce soit. Cela n'avait pas dû aider son isolement.

1 MAI. Rafael a entendu des discussions privées. Il dit que je devrais bientôt sortir après les « progrès » que j'ai fait. Je ne suis pas convaincu. Je ne suis pas sûr que revoir le monde extérieur apporte quoi que ce soit à ma vie. J'ai peur de revoir Jace et Izzy. J'ai mal. J'ai tellement honte.

15 JUIN. Je sors dans un mois. Je ne sais pas comment je dois me sentir. Je me sens mal de laisser Aline et Raf mais apparemment elle sort quelques jours après mois et raf a prévu de fuguer peu après. Si quelqu'un peut réussir c'est bien lui. Je lui souhaite. J'ai peur. Robert ne sera pas dupé aussi facilement. Je devrais – je voudrais abandonner.

14 JUILLET. Je suis sorti hier. Robert m'a ignoré. Apparemment, Maryse a extorqué ma sortie contre la succession de l'entreprise sans lui demander son avis et il est vexé. Son fils indigne et sa femme insoumise l'ont trahi. Bien fait. Je ne me souviens plus du visage de Jace ou Izzy. Ils doivent m'en vouloir. J'ai peur. J'ai toujours mal.

« C'est fini ? demanda Clary.

- C'est fini. »

En ce qui concernait son carnet en tout cas. Celui de Rafael n'avait qu'une liste de nom. Luke avait prévu de les rechercher dès le lendemain. Coupables ou victimes ? Il saurait très vite.

Quel genre de documents sont dans la boite alors ? interrogea la jeune fille.

- Je n'ai pas eu le temps de regarder. Donne-les-moi. »

Quand il vit le titre de chaque document, il fronça les sourcils. Il tria sommairement chaque feuille en trois piles.

Clary se saisit de la première pile et lut les titres pour se donner une idée.

Rapport d'incident

Patient : XXX XXXX
Date :XX XX XXXX
Nature de l'incident : tentative de suicide

Rapport d'incident

Patient : XXX XXXX
Date :XX XX XXXX
Nature de l'incident : tentative de suicide

Elle accéléra le rythme et se rendit compte qu'elle avait toute une pile de fichier traitant des tentatives de suicide.

La deuxième pile ne la rassura pas plus.

Décès du patient

Décès du patient

Décès du patient

Elle en compta 48.

« Et la troisième pile ? demanda-t-elle enfin.

- Des dépôts de plainte. Qui n'ont jamais été enquêté et je crois deviner pourquoi.

- Corruption ?

- Certainement. »

Le flic à l'intérieur de Luke hurlait. Les documents qu'il avait sous les yeux ne retraçaient que 4 ans de la vie d'Alec. La plupart des rapports de décès ou incident dataient tous de la même année. Jamais il n'aurait imaginé démasqué une histoire pareille dans sa carrière.

Voyant Clary tomber de sommeil, il lui proposa d'aller se coucher. Après tant d'émotions, ils avaient mérité une bonne nuit de sommeil.

Il n'hésita même pas avant de lui donner le feu vert pour dormi avec lui. Elle était secouée, et rester seule ne lui ferait aucun cadeau.

Clary se réveilla le lendemain après un cauchemar. Rien de bien étonnant après les révélations de la veille. Se dirigeant vers la cuisine, Luke l'y attendait déjà avec un café préparé pour elle.

« Je vais passer la journée avec Alec ou Magnus aujourd'hui.

- Appelle-moi si tu as besoin que je passe te chercher »

Prenant ses clés et son sac, elle ne mit pas longtemps avant d'arriver à l'appartement du brun. Elle toqua et patienta nerveusement. Elle espérait ne pas déranger si Magnus était là.

Heureusement, Alec était seul et lui ouvrit la porte rapidement.

« Clary ? Il s'est passé quelque chose ? s'inquiéta-t-il devant sa mine pâlotte.

- Je-Je.. Désolé. Je peux entrer ?

- Bien sûr. Il s'écarta pour la laisser entrer en referma la porte.

- C'est une question bizarre, mais je peux te faire un câlin ? »

Le visage choqué d'Alec lui informa que ce n'était pas du tout ce à quoi il s'attendait de si bon matin. Ricanant en levant les yeux au ciel, il s'avança et la prit délicatement dans ses bras, comme il le faisait parfois avec Isabelle. Il pouvait très bien deviner ce qui avait déclenché ce besoin soudain de réconfort. Et puisque c'était sa faute, il pouvait bien faire ça.

Ramenant Clary contre lui, un bras autour de ses épaules et sa main libre saisissant l'arrière de son crâne, la rousse ne se fit pas prier avant de saisir à plein poids son tee-shirt et de profiter de la chaleur offerte.

Pour la première fois depuis l'agression, Alec se sentait utile et à l'aise.

Et s'il sentit quelques larmes mouiller son tee-shirt, ce n'était certainement pas lui qui allait le faire remarquer.


J'espère que vous avez apprécié ce chapitre ! Voilà qui conclue ce monstrueux chapitre de cette semaine. A samedi prochain pour la suite !