Point de Vue de Bella
Mon souffle heurté se calma peu à peu.
Quel rêve !
Essuyant mon front brûlant, je m'allongeais de nouveau, remontant le drap sur mon corps tremblant. Fermer les yeux pour se rendormir allait s'avérer très difficile. Les images revenaient, sans cesse. Troublantes, elles défilaient devant mes yeux. Ce rêve avait été si étrange, si palpable et les sensations si réelles. Pas seulement la morsure, ou le sang, mais les mains posées sur moi, le souffle frais contre ma peau et… cette bouche sur la mienne.
Je me tournais, fixant le plafond, la respiration rauque. Etait-il possible que ce soit un souvenir ? En étions-nous arrivés là ? Je songeais aux frôlements sur ma peau, au contact de ce corps nu contre le mien sans parvenir à réprimer les assauts de mes hormones et mes propres frissons.
Je me souvins de lui, le jour de mon retour dans cette maison, dans cette chambre, m'expliquant que nous n'en étions pas arrivés là physiquement. Je songeais à la morsure, à ses dents s'enfonçant dans la chair de mon avant-bras. Ce ne pouvait pas être un souvenir. Ca n'avait pas de sens ! Pourquoi m'aurait-il mordu?
Je tournais, m'agitais, chavirais dans mon lit, à plusieurs reprises et fini par me mettre sur le côté, tournée vers la fenêtre. Les ombres des meubles se dessinaient dans le noir. La commode, large rectangle éclairé faiblement par la lumière de la lune, ainsi que la table de nuit, le rockingchair, qui d'après Charlie, avait appartenue à ma grand-mère ainsi que…
Je me figeais, incapable d'identifier cette dernière ombre. Je n'avais pas le souvenir d'avoir un meuble aussi haut. Curieuse, j'étendis le bras vers la lampe de chevet. La pièce s'éclaira et je me figeais de stupeur.
En l'espace de deux secondes, le sang quitta mon visage glacé pour revenir aussi sec faire brûler mes joues, à moins que ce ne soit mon corps tout entier. Edward ! Dans ma chambre ! Edward était dans ma chambre ! Avait-il passé la nuit ici ? Avait-il… Avait-il…
J'étouffais une exclamation qui se bloqua dans ma gorge. Mes mains couvrirent aussitôt mon visage en feu alors que je me détournais, honteuse, le cœur battant à tout rompre. Les doutes qui m'habitaient encore revinrent m'assaillir avec la force d'une locomotive. Avais-je vraiment rêvé ?
Edward bien que démasqué, resta immobile et silencieux. A tel point que je finis par douter de sa présence. Une longue minute s'écoula avant que je ne sente finalement le matelas bouger puis une deuxième avant qu'il n'ose s'exprimer :
_ Je suis désolé.
Je tâchais de réfléchir, de me calmer. Non. Cela ne pouvait pas s'être réellement passé. J'étais, nue dans mon rêve, ce qui n'était heureusement pas le cas. Je baissais les yeux, vérifiant d'un rapide coup d'œil la présence de mon pyjama. Mon cerveau était en ébullition : perturbé par l'invraisemblance de cette situation et sa présence à mon côté. On m'avait dit que je parlais en dormant, qu'il m'arrivait aussi de bouger. Il confirma mes craintes :
_ Nous sommes rentrés plus tôt. Je voulais m'assurer que tout allait bien et que tu… dormais calmement.
Je gardais le silence, encore choquée. Mes yeux se tournèrent vers lui. Hésitant, il essaya de toucher mon épaule de sa main mais je me reculais. Ses lèvres se pincèrent.
_ Bella, qu'il y a-t-il ?
Je me détournais à nouveau, mal à l'aise, cachant mon visage contre l'oreiller que je serais de mes deux mains. Quelque chose se posa sur mon dos, un toucher, une main, froide et glacée. Ce contact m'électrisa et les images affluèrent, suaves, sensuelles, me frappant de plein fouet. Mon cœur s'emballa derechef. Il poursuivit alors nerveux :
_ Tu veux me parler de quelque chose ? Que se passe-t-il ? Tu as l'air… étrange.
_ Depuis combien de temps es-tu là ?
Ma voix était étonnement calme et sûre. J'osais le regarder, espérant que son attitude le confondrait :
_ Depuis combien de temps es-tu ici à m'observer ?
Ma question sembla le prendre au dépourvu. Il baissa les yeux, regarda ailleurs, ses prunelles se levèrent vers le plafond et il soupira.
_ Bella, tempéra-t-il anxieux : je suis désolé. Je sais que c'est très impoli. Je m'inquiétais tellement de te laisser toute seule. Je ne voulais pas que Jacob revienne et je.-
_ Répond-moi !
Il jeta un coup d'œil gêné aux chiffres du radioréveil et murmura après s'être raclé la gorge :
_ Je ne sais pas. Plus de deux heures, en tout cas.
Donc il m'avait espionné à mon insu, une bonne partie de mon sommeil. Il était sans-doute présent dans la pièce quand ce fichu rêve s'était produit…
L'oreiller tenu entre mes mains, traversa brusquement la pièce pour atterrir contre le mur d'en face. Ses yeux s'écarquillèrent et il me jaugea visiblement surprit tendit qu'une sueur froide me coulait le long du dos.
_ En quoi cela te dérange-t-il ?
_ En… En quoi ? Oh, je ne sais pas, c'est peut-être tout simplement de la plus grande impolitesse de pénétrer par effraction chez les gens lorsqu'ils dorment !
_C'est moi qui t'ai réveillé?
_ Il ne s'agit pas de ça ! Rétorquais-je oppressée.
Je perdais patiente. Mes mains se saisirent alors du second oreiller pour lui lancer au visage.
_ Je ne veux plus que tu viennes ici la nuit sans ma permission. Laisse-moi tranquille, va-t'en ! Je veux être toute seule, d'accord ? Je ne veux plus que tu m'observes quand je r… dors !
Il s'approcha perplexe, ramassant le cousin avant de venir le déposer prudemment sur le lit.
_ Je n'ai rien fait de mal. Je t'ai juste… regardé, je n'ai rien touché, rien bougé, je me suis juste assis.
_ Laisse-moi dormir toute seule ! Pourquoi es-tu entré comme ça ? Les portes existent, inutile de risquer ta vie et d'escalader les murs pour venir jusque-là !
Il me fixait, de plus en plus hagard et confus tandis que je poursuivais, incapable de contenir mon trouble et le feu de mes joues:
_ Je veux être toute seule maintenant.
Eberlué, il ne fit pas un geste.
_ Va-t'en, Edward !
Je m'énervais, embarrassée par sa présence. Il ne me restait plus qu'une arme à portée : mon propre oreiller. Ses yeux me dévisagèrent, soupçonneux et son regard dériva vers le coussin serré au creux de mes mains.
_ Pour la dernière fois va-t'en ! Je vais appeler Charlie ! Je vais tout lui dire ! Je vais le dire à Alice, au médecin…
Ma respiration se fit laborieuse alors que je cherchais des noms à énumérer.
_ Bella, je t'en prie : calme-toi.
_ Je vais le dire au shérif : je vais le dire à Charlie ! Répétais-je, telle une gamine capricieuse avant de me cacher à nouveau le visage.
_ Calme-toi. Cela ne se reproduira plus si c'est ce que tu souhaites. J'avais juste peur que Jacob ne vienne t'importuner, qu'il entre lui aussi dans ta chambre pour… je ne sais quelles raisons. Pardonne-moi.
Je soufflais, les nerfs à fleur de peau. Réfléchir. Décider. Calmement. En tant qu'adulte responsable…
_ Pars ! Tout de suite !
L'oreiller vola littéralement alors qu'il disparaissait par la fenêtre.
Immobile une seconde, je m'attendais presque à le voir réapparaitre. Le souffle court, je n'entendais que les ronflements sonores de la chambre d'à côté. Je me levais aussitôt pour fermer le battant de la fenêtre, inspectais les alentours de la maison – hormis les ombres noire des pavillons alentours, rien ni personne ne hantait les lieux – avant de m'autoriser à souffler.
De retour sous le manteau des couvertures, je me maudissais intérieurement d'avoir agi aussi impulsivement et de m'être montrée aussi agressive. Mais pourquoi diable s'entêtait-il à venir me voir la nuit ? Je lui étais reconnaissante d'être resté la nuit où ce Jacob était apparu puis transformé en… bête. La présence d'Edward même si elle m'avait déjà rendue nerveuse était alors justifiée. Je ne comprenais en revanche pas pourquoi il s'était permit de venir m'espionner à nouveau ce soir. Cette situation me mettais mal à l'aise et me rendais nerveuse.
Je me recroquevillais, me roulant en boule, les bras serrés contre mon ventre, les jambes repliées et la tête rentrée entre mes deux genoux. Le sommeil fut difficile à trouver, et encore plus dur à maîtriser.
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_ Bella, je ne comprends pas. Il s'est passé quelque chose ? Questionna Charlie, d'un ton à la fois amusé et inquiet.
_ Non. Pourquoi ?
Il regardait le contenu du panier, alors que je revenais du rayon bricolage. La superette de Forks n'était pas la plus grande du comté mais offrait malgré tout un large panel de produits allant de la vente de cartouches d'arme à feu au lot familial de verres à vin.
_ Je me suis juste aperçue que la fenêtre de ma chambre ne pouvait pas se fermer à clé.
_ Et c'est pourquoi tu as décidé de prendre aussi un verrou pour ta porte ainsi que pour celle de la salle de bain ? Veux-tu que je change celui de la porte d'entrée ?
Il se moquait, gentiment, ne comprenant pas mon brusque besoin maladif d'intimité et de sécurité. Quelle aurait été sa réaction si je lui avais dit que son futur gendre s'invitait la nuit et sans permission dans la chambre de sa fille?
Je baissais les yeux, observant mes articles. Des pointes et des verrous en acier, garantis haute sécurité d'après les emballages.
_ Je payerais, ne t'inquiète pas, me justifiais-je alors que nous rejoignions la file d'attente pour le passage en caisse. Il poussait le cadi derrière moi, chargé des courses de la semaine.
_ Donne-moi ce panier, je suis ton père je peux bien payer ça !
_ Non merci, ça ira.
Il n'insista pas et je l'aidais à déballer les achats sur le tapis, à les remettre dans le cadi pour finir par les déposer dans le coffre de sa voiture de fonction. Il n'avait pas eu le temps de se changer, et arborait toujours son uniforme de shérif. Je le trouvais assez impressionnant, la crosse luisante de son arme accrochée à sa ceinture m'interpellait beaucoup. Dans d'autres grandes villes, sans doute, il ne lui aurait pas été possible de se balader avec sa panoplie de shérif après ses heures de service mais à Forks, les habitués n'étaient nullement surpris de le voir faire ses emplettes dans une telle tenue.
Une fois rentrée, je montais à l'étage avec mon attirail du parfait bricoleur. Je refermais la porte afin de fixer le verrou. Le marteau dans une main, la pointe dans l'autre, je m'essayais à clouter tout en tenant du reste de mes doigts libres, la pièce métallique du support. Le premier coup fut un échec total et je pestais en grimaçant. Mon index rougi, palpitait douloureusement, victime de ma maladresse. La deuxième tentative fut tout aussi infructueuse que la première. Mon auriculaire le supporta moins bien et je lâchais prise malgré moi.
Les bruits métalliques alertèrent Charlie qui arriva dans la minute suivante.
_ Besoin d'aide ?
Il ouvrit la porte et me découvrit assise sur le sol, secouant énergiquement ma main pour calmer les élancements douloureux qui dilataient mes veines à chaque battement de cœur. Un sourire étrange étira ses lèvres avant qu'il n'étouffe un léger rire.
_ Toujours aussi maladroite ?
Il fixa en un tour de main et de tournevis les verrous, déclarant que des vis seraient plus adaptées aux pointes que je venais d'acheter.
J'allais enfin pouvoir dormir tranquille, sans craindre de voir surgir dans ma chambre un loup énorme ou un Edward curieux. Je vérifiais le fonctionnement de celui de la fenêtre à plusieurs reprises puis rassurée, descendais en bas pour préparer le repas. Mes pancake de la veille ayant fait l'unanimité, je me lançais dans la préparation du menu de ce midi. Du poisson frit avec des légumes. Charlie fit la grimace en voyant les courgettes, mais mangea quand même. Le dessert, un gâteau confectionné par mes soins fut plus de son goût, à juger l'épaisseur de la part qu'il englouti avec gourmandise.
_ Renée arrive demain, annonça-t-il.
Je restais songeuse un moment à la consonance de ce nom, sans savoir de qui il souhaitait me parler.
_ Ta mère, ajouta-t-il en voyant mon air tourmenté : pour les préparatifs du mariage. Bien que connaissant Alice, cela ne soit pas nécessaire. Elle et Phil logeront à Forks.
_ Qui est Phil ? Son nouveau conjoint ?
_ Mari, pour être plus exact.
Il soupira, me faisant un petit sourire mais sa lèvre se rabaissa et il débarrassa en silence son assiette et les plats.
Vers quatorze heures, la sonnette de la porte d'entrée retentie. Je me sentis mal soudain, nerveuse. Comment regarder Edward dans les yeux après pareille nuit ? Comment le regarder sans ne pas repenser aux oreillers que je lui avais envoyés…
Charlie alla ouvrir, surprit visiblement que je ne le fasse pas.
_ Alice ! Comment vas-tu ? Entre je t'en prie !
Ils entrèrent dans le salon, où je m'étais réfugiée, craintivement. La visite de sa sœur me soulagea. J'attendis que Charlie ait fermé la porte, pour être sûre qu'elle soit venue seule.
_ Bonjour Bella !
S'approchant de moi, elle me fit une légère bise sur la joue, et ses lèvres, froides, déclenchèrent chez moi des frissons involontaires.
_ Je t'enlève ! fit-elle malicieuse.
_ Quoi ? Mais pourquoi ? Où ça ?
Elle rit, imitée par Charlie. Mon angoisse étant visiblement comique. Je me renfrognais.
_ Ne t'inquiète pas, nous allons juste chez moi, pour les essayages. Je préfère faire les retouches maintenant plutôt que la veille ! Je vais être tellement occupée que je n'aurais pas le temps pour ça.
_ Les retouche ? Les essayages ? Alice, de quoi parles-tu ?
_ De ta robe de mariée voyons ! Elle est magnifique, et j'ai hâte de te voir avec !
Une sueur froide descendit le long de mon dos. La date approchais, dangereusement.
_ Nous y allons ?
J'approuvais, la gorge serrée. Me saisissant d'une légère veste, je la suivais. Je pillais net sur le trottoir. Non, non : c'était ridicule ! J'avais soudain envie de rire tellement la situation me paraissait grotesque.
_ Que se passe-t-il Bella ?
_ C'est à toi cette… voiture ?
Elle jaugea la Porsche jaune sans paraître surprise. Fit mieux encore, sorti les clés qu'elle agita fièrement sous mon nez, faisant scintiller le blason dorée de la marque allemande.
_ Bien sûre ! Quel est le problème ?
Je secouais la tête, montant à l'intérieur du bolide de course avec une légère appréhension.
_ Ne vas pas trop vite, s'il te plaît.
Elle jeta un coup d'œil critique sur ma main, agrippée à la poignée de la portière et démarra raisonnablement.
Pour la première fois, je fis vraiment attention à la villa située à quelques kilomètres à l'extérieur de Forks. Belle, grande, moderne, plantée au milieu des arbres, juste à côté d'une rivière. Les grandes baies vitrées qui donnaient vers le sud étaient impressionnantes et apportaient une grande clarté dans le vaste séjour. Le soleil n'était cependant pas au rendez-vous et le ciel était brumeux, encombré de nuages.
_ Bonjour Bella ! Comment vas-tu ?
Je sursautais un peu surprise, mais me ressaisis vite. La brune qui se tenait devant moi avait un visage familier. Je ne parvenais pas à m'y retrouver, avec les prénoms. Je cherchais un moment, gênée, désarçonnée.
_ Euh… Bonjour… Rosalie c'est ça ?
Une blonde flamboyante passa à mon côté suivit d'un grand brun, digne de figurer dans les émissions de culturisme… La beauté de cette femme me mit mal à l'aise, plus encore que celle des autres membres de la famille. Le grand brun, souffla tout bas, d'un ton conspirateur, en désignant celle qu'il accompagnait :
_ Rosalie c'est elle !
Ils quittèrent le salon et je me retrouvais là, on ne peut plus mal à l'aise, sans savoir quoi dire. L'autre femme, aux boucles caramel, me sourit, indulgente :
_ Je suis Esmé, la compagne de Carlisle.
_ Oh ! Je suis désolé, vraiment.
Je baissais les yeux, mal à l'aise :
_ Ce n'est rien, vue la situation, tu es pardonnée. Je suis heureuse de te revoir. Tu as meilleure mine qu'il y a quelques jours.
Alice me pressa d'avancer, impatiente visiblement. Nous traversâmes le salon et mon regard fut happé d'une manière magnétique vers le piano noir. Des feuilles éparses de partitions étaient renfermées pêle-mêle à l'intérieur d'une pochette dont la sangle n'était pas fermée. C'était comme si le musicien avait quitté son poste à la vas-vite. J'osais un regard circulaire sur les canapés, le cœur battant, mais ne découvrit personne. Il n'était pas là. Il devait être sorti. Reprenant mes esprits, je suivais la danseuse qui me servait de guide à travers les étages supérieurs. Elle ouvrit l'une des portes avec conviction et me fit pénétrer à l'intérieur.
Sa chambre surement. Un homme était assis sur le lit, blond, grand, le regard vif et attentif. Il posa ses prunelles sur Alice avec insistance puis son regard plongea dans le mien. De nouveau, le malaise me gagna, sans que je ne sache vraiment pourquoi. Il était, d'une étrange manière, assez intimidant.
_ Bonjour, Bella.
Je restais pantoise une nouvelle fois, essayant de mettre un visage, un prénom, un quelconque souvenir sur ses traits. En vain. Alice comprit et le présenta, nullement vexée :
_ Voici mon compagnon, Jasper.
J'approuvais d'un hochement de tête automatique. Tenter un léger sourire n'y changerait rien. Il eut un sourire énigmatique, se leva et d'un bras opportuniste, encercla les hanches d'Alice qui d'une main fébrile, écarta son torse. Comme elle semblait fragile face à lui, si petite entre ses bras, si maigre.
_ Non, Jasper !
La consonance du prénom résonna dans mon crâne, comme un écho sourd. Il fit vibrer ma tête, mes yeux en une douleur étrange et inconnue.
_ Arrête voyons, tu perturbes Bella ! Jasper !
De nouveau cet écho, cette voix, répétant ce nom avec insistance. Une pointe d'angoisse était palpable. « Jasper ! Non ! » Pourquoi hurlait-on comme ça dans ma tête ? Pourquoi des regards angoissés tournés vers moi ? Pourquoi quelqu'un s'élançait vers moi, le visage déformé par la rage ? Que se passait-il ? Le regard noir qu'il me lança me statufia.
La moquette s'approcha alors étrangement de mes yeux.
