Titre original : Golden Prince

Auteur : Kiva Taliana

Traduction : Allys-33

Note de la traductrice : Bien qu'il n'y ait aucune scène vraiment explicite, les thèmes abordés sont assez matures et sombres, donc pas conseillés à tout le monde.

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Golden Prince

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CHAPITRE 5

Le château se trouvait encore loin quand ils décidèrent de s'arrêter un moment pour laisser se reposer les chevaux. Merlin avait affirmé qu'ils en avaient encore pour quelques heures de route et Arthur se demandait à quel point ce château devait être immense pour être aussi bien visible depuis leur position. Le blond savait qu'ils avanceraient surement plus vite par petit groupe, cependant leur lenteur conférait une certaine magnificence aux tourelles pourtant en piteux état.

N'ayant pas l'intention de s'éterniser, le convoi campa non loin du chemin. Perceval parut quelque peu désolé lorsque Lancelot se rendit compte qu'il avait bu toute la gourde d'eau.

— Mes excuses.

Lancelot haussa simplement les épaules et chercha autour d'eux si quelqu'un pourrait lui donner de quoi boire. Il lui serait impossible de marcher la courte distance qui les séparait d'un ruisseau pour en chercher lui-même. Arthur vint immédiatement demander la gourde.

— Je vais la remplir, mon seigneur.

Lancelot la lui donna sans un mot et Merlin en profita pour lui lancer la sienne. L'esclave la rattrapa maladroitement, la faisant sauter dans sa main et la jetant contre sa poitrine pour l'empêcher de tomber et éclaboussant sa nouvelle chemise rouge au passage. Il l'ignora, elle sécherait bien vite. Il s'empressa de traverser les arbres pour atteindre le ruisseau, avança dans les buissons, sauta sur la berge et entreprit de remplir les deux outres.

Le ruisseau était vraiment minuscule, il pourrait sans mal être traversé en un saut. Une fois la gourde de Lancelot pleine, il la sangla sur son épaule et s'occupa de celle de son maître. Le blond sursauta, manquant de laisser tomber la gourde, lorsque le bruissement des feuilles lui indiqua une présence derrière lui.

Il leva les yeux, s'attendant naturellement à voir l'un des hommes de l'armée de Merlin venir se ravitailler en eau, mais ce n'était visiblement pas le cas. Il se raidit en sentant l'inconnu se déplacer derrière lui et aperçu à sa droite une seconde paire de bottes, sale et éraflé, se diriger vers eux.

Arthur retourna son attention vers le premier venu en frissonnant nerveusement. Ses cheveux crasseux lui tombaient paresseusement sur le visage et la saleté semblait s'être définitivement incrusté dans les vêtements qui s'accrochait à sa fine carrure. Le blond se tourna légèrement de façon à garder un œil sur le deuxième étranger.

— Eh bien, qu'avons-nous là ? demanda nonchalamment l'homme à ses côtés.

— Je suis sûr qu'il doit avoir une petite pièce sur lui.

Arthur déglutit et réfléchit à toute vitesse. Appelez son maître à l'aide ne serait surement pas une bonne idée. Il ne serait jamais là à temps si ces hommes décidaient d'attaquer. Cependant Merlin viendrait probablement à sa recherche s'il tardait trop, ou alors il pourrait essayer de gagner du temps et peut-être même les conduire au camp si l'argent était leur seule motivation. Arthur opta pour la solution la plus simple et répondit prudemment.

— Je n'ai pas d'argent, dit-il, je ne suis qu'un esclave.

L'homme derrière lui le dévisagea de haut en bas. Il lâcha un ricanement mauvais et leva la pointe de son épée vers l'épaule d'Arthur.

— Un esclave très bien vêtu, tu penses vraiment qu'on va te croire ?

— Croyez ce que vous voulez, mais éloignez-vous de lui.

Arthur soupira de soulagement. Merlin se trouvait à quelques pas derrière eux, accompagné de Léon, arbalète en main et de Perceval, tout muscle exposé, l'épée nonchalamment posée contre l'épaule. Le géant arborait un sourire éclatant en direction des trois hommes, sachant parfaitement comment se rendre à la fois amical et menaçant.

— Et si on refuse ? rétorqua le bandit, un air de défi, son épée toujours pointée vers Arthur.

Ce dernier jeta un regard à sa gauche et se demanda s'il lui serait possible de s'éloigner, ne serait-ce que de quelques centimètres, pour offrir l'occasion à Merlin d'attaquer.

— Mon ami ne vous manquera pas.

— Vous ne pourrez pas nous titrer dessus, tous les deux en même temps, ricana l'homme et avec ça il plongea sur Arthur.

Le blond avait déjà repéré une petite ouverture dans les buissons qui poussaient le long de la rive et sauta à l'intérieur avant que le bandit n'ait pu l'atteindre. Il entendit un hurlement de douleur et comprit sans mal que Léon avait mis à exécution les menaces de son maître.

Il traversa à quatre pattes la verdure et tenta de se relever dès qu'il en fut sorti, mais une main s'agrippa fermement à sa cheville pour le ramener au sol. Il tenta des coups de pied dans l'espoir de la faire lâcher, mais en vain. Le bandit resserra sa prise et le traîna sans ménagement à terre, expulsant le souffle de ses poumons.

Arthur tenta de nouveau un coup de pied et grogne lorsqu'une seconde main vint s'abattre sur son coup pour le traîner dans le sens opposé. Il réessaya encore, ce qui fit se resserre douloureusement la prise sur sa cheville.

Quelques secondes plus tard, il entendit un bruit sourd, puis la main se desserra progressivement. Peut importer de quoi il s'agissait, ce fut une distraction suffisante pour permette à Persecal de le tirer par le col de sa chemise et le projeter sur l'autre rive.

Le blond atterri sur son côté et se retourna rapidement pour voir ce qui se passait. Les bandits étaient désormais au nombre de cinq, six s'il comptait celui qui avait été tué.

Il découvrit un septième bandit en avançant, toujours à quatre pattes pour se réfugier derrière Merlin. Il resta au sol et observa la scène qui se déroulait devant lui. Il supposa que le mort devait être celui qui avait tenté de l'attraper, ce qui lui avait coûté un couteau en pleine nuque. Léon rechargea son arbalète et la jeta au sol près d'Arthur, avant de dégainer son épée. L'esclave s'éloigna de l'arme en la regardant comme si elle allait le mordre. Le bruit des feuilles mortes qui craquaient sous le mouvement attira l'attention de Merlin.

— Tu es censés la prendre, Arthur.

Le blond obéit et avec précaution souleva l'arbalète, sans trop savoir quoi en faire. Il était tout à fait sûr que les trois soldats pourraient sans mal s'occuper des bandits restants.

— T'es-tu déjà servit d'une arbalète auparavant ? demanda Merlin en percevant le malaise du jeune homme. Il semblait avoir totalement oublié la présence des voleurs.

Arthur secoua la tête.

— Non, je ne suis pas autorisé à utiliser des armes.

Merlin leva les yeux au ciel en bredouillant dans sa barbe quelque chose qu'Arthur n'entendit pas et retourna son attention vers le combat.

— Repose-la dans ce cas, doucement, il vaudrait mieux éviter que tu ne blesses l'un de nous par accident.

Arthur déglutit lourdement en reposant prudemment l'arbalète au sol, et fit un bon en arrière lorsque quelqu'un s'en empara brusquement. Mais il reconnut bien vite la cape et les bottes du père de son maître. Balinor resta près de lui pour viser les voleurs devant eux et le blond se recroquevilla à ses pieds, se sentant plus en sécurité à ses côtés.

Les bandits gesticulaient nerveusement, sentant leurs chances s'amoindrirent de seconde en seconde. Merlin les fixait avec insistance et Arthur ne pouvait qu'imaginer la froideur de son regard et le malaise qu'il imposait.

— Si vous ne voulez pas finir comme vos amis au sol, je vous suggère vivement de déguerpir.

Les voleurs reculèrent devant les soldats imposants et confiants. Le chef de la bande pris alors ses jambes à son cou, rapidement suivit par les autres encore debout. Merlin soupira et se retourna successivement vers Léon, puis Perceval.

— Léon, faites les groupes habituels et envoyez des éclaireurs tout autour du château. S'Il y en a d'autres comme eux, chassez-les, par tous les moyens nécessaires.

— Oui, mon seigneur, répondit Léon, avant de retourner en courant vers le campement.

Ensuite, il se tourna vers son père.

— Nous ferions mieux de nous hâter d'aller au château. Je trouve étonnant que les soldats ne se soient pas déjà débarrassés de ces vermines.

— Peut-être n'en avaient-ils cure. A en juger par leur piètre apparence, ces gens n'ont pas dû connaître le confort d'une maison depuis un moment. Ils ne vivaient pas dans la citadelle, mais en éloignaient les invités indésirables, expliqua Balinor, Je suis tout de même surpris de les trouver dans les bois. La Forêt Obscure est réputée hantée depuis des années.

— Ce ne sont que des superstitions, se renfrogna Merlin.

Perceval aida Arthur à se redresser d'un coup de main ferme, mais étonnamment doux. Puis lui sourit sournoisement.

— Ça vas, toi ? Dis donc, tu les attire comme un animal en chaleur.

Le blond rougit et se tortilla nerveusement sous le regard des trois hommes.

— Je ne savais pas qu'ils se trouvaient là.

— Quelle sorte d'autodéfense connais-tu ? Demanda Merlin, légèrement désapprobateur. Arthur commençait à comprendre qu'il n'était pas le seul visé par cette mauvaise humeur.

— Aucune, répondit-il.

— Tu ne sais même pas comment te défendre ? Insista le jeune seigneur.

Balinor fronça les sourcils. Arthur secoua la tête.

— Non.

De nouveau, Merlin leva les yeux au ciel puis se dirigea vers le camp en passant entre le petit groupe. Perceval lui emboîta immédiatement le pas.

— En tout cas, c'est un bon cuisinier, dit-Il pour la défense d'Arthur.

Merlin soupira lourdement.

— Perceval, le monde ne tourna pas autour de votre estomac.

Le chevalier tira doucement le blond entre eux et continua sa route en murmurant pour lui-même :

— Le mien, si.

— Et-tu perdu ? demanda une voix féminine.

Arthur luttait sous le poids de l'équipement que Merlin et Balinor lui avaient demandé de sortir des chariots à leur arrivé au château.

— Oui, je ne parviens pas à retrouver les appartements de mon maître.

Un froncement de sourcils se dessins sur le visage de la jeune femme.

— Le seigneur Merlin, ajouta-t-Il, sans savoir s'Il s'agissait réellement du titre de son maître. Il ne l'avait jamais appelé par son prénom et ça lui semblait étrange.

La jeune femme acquiesça. Sa confusion s'était quelque peu estompée, sans pour autant disparaître complètement.

— Je vais te montrer, dit-elle, as-tu besoin d'aide avec ça ?

Arthur hésita. Il ne savait pas s'Il pouvait accepter, il n'était pas certain de son statut. Ses vêtements étaient simples et plutôt ordinaires, mais ça ne signifiait pas qu'elle n'était pas d'un rang élevé.

— Ça ira, bredouilla-t-Il, avant que la jeune femme ne lui prenne quelques sacs des épaules pour les porter elle-même.

— Ça ne me dérange absolument pas. Viens, c'est par là. Si tu passes par l'entrée principale, il faut prendre la première volée d'escalier et tourner à gauche.

— D'accord, acquiesça Arthur en mémorisant au mieux ces infirmations. De temps en temps, la jeune femme brisait le silence qui s'était installé pour lui donner de nouvelles indications sur le chemin à suivre et le blond s'efforçait de tout retenir.

Il avait été étonné de constater qu'en dépit des dégâts qu'avait subis la partie supérieure du château, les étages inférieurs et les alentours étaient parfaitement habitables et abritait même une petite communauté.

Il avait été surpris à leur arriver dans la cour du château. Tout juste à l'extérieur de la grande arche de l'entrée, la nature avait repris ses droits. Des mauvaises herbes avaient envahi les dalles en pierres brisées. Des lianes épiassent et enchevêtré avaient grimpé le long des murs pour les emprisonner sous un enchevêtrement à l'allure impénétrable.

Une fois à l'intérieur cependant, une tout autre image se dressait devant lui. Les murs en pierres étaient propres et soignés, presque comme si les mauvaises herbes n'osaient même pas s'en approcher.

En levant les yeux, il avait vu les tours meurtries et les branches sombres, presque noirs du grand arbre qui surplombait les remparts du château.

Merlin avait stoppé leur petit convoi devant un grand escalier en pierre qui menait à l'intérieur du palais. Le poney d'Arthur n'avait attendu aucune instruction de sa part pour suivre le mouvement. Lentement il était descendu et avait constaté l'état des lieux. Les fenêtres étaient intactes, toutes les pierres étaient en bon était et il avait aperçu des gens se déplacer librement un peu partout.

Puis la jeune femme était apparue à l'entrée et avait soulevé sa robe pour se précipiter vers eux. Elle les avait tous salué chaleureusement et avait même offert une accolade à Merlin et Balinor.

Arthur avait aidé Lancelot à descendre de son cheval et lui avait apporté la béquille dont le chevalier se servait encore.

— Il est bon de vous revoir tous les deux, avait-elle dit.

— Le plaisir est partagé Gwen, avait affectueusement répondu Merlin, il me semble que nous allons plutôt te tenir occupé ces prochains jours. L'un des rois ou leur délégation sont-ils déjà arrivé ?

— Uniquement le roi Lot et ses fils. J'ai appris ce qui était arrivé à Gareth. Ils avaient tous l'air un peu énervé et la reine Anna ne les accompagnait pas.

— J'irais leur parler, avait déclaré Merlin. Il me faut également voir Elyan et les autres gardes. Nous avons rencontré des bandits dans les bois, à quelques kilomètres d'ici. Sont-ils déjà venu près du château ?

— Il y a eu quelques incidents, alors Elyan a renforcé les patrouilles, il ne peut malheureusement rien faire d'autre. Mais aucun bandit ne s'est approché trop près du château.

— Ils n'ont sans doute pas osé, avait ajouté Balinor.

— Au moins la présence de l'armée pourrait réussir à les chasser, poursuivit le jeune seigneur, et dans le pire des cas je pourrais toujours accroître le nombre de gardes.

— Tout cela peut bien attendre, s'était exclamé Genièvre en prenant Merlin par la main. J'ai déjà préparé vos appartements. Vous faut-il de l'aide pour le déchargement et l'installation ?

— Non, ça ira, nous avons toutes l'aide nécessaire, avait assuré Merlin.

Arthur avait déjà récupéré tous les sacs accrochés à son cheval et était prêt à le suivre partout où il irait. C'était ainsi qu'il s'était perdu, en allant récupérer l'équipement qui lui avait été demandé dans l'une des charrettes désormais garé dans la cour du château.

— Au fait, je suis Genièvre, mais en général les gens m'appelle Gwen, dit-elle au détour d'un couloir.

Puis elle lui tendit la main et Arthur la serra maladroitement en tentant de ne rien renverser.

— Je suis Arthur.

— Oh, fit Genièvre, les yeux ronds.

Sous le choc, elle semblait en avoir perdu la parole et fixait silencieusement le jeune homme devant elle. C'était quelque chose auquel il était habitué. Finalement la jeune femme sembla se rendre compte de ce qu'elle faisait et se ressaisit. Elle détourna les yeux et avança devant une porte.

— C'est ici, indiqua-t-elle avant de taquer à la porte et de l'ouvrir rapidement.

Arthur la suivit dans la grande pièce et déchargea une partie de son fardeau sur la longue table entourée de six chaises près de l'entrée. Un large lit trônait contre le mur opposé et une grande fenêtre tout au fond laissait entrer la douce lumière de l'après-midi, éclairant agréablement un petit bureau. En face du lit, dans une cheminée richement ornée, un feu crépitait doucement, mais sans vraiment contribuer à l'éclairage de la pièce. Enfin, une garde-robe imposante avait été installé dans un coin de la pièce.

Arthur se dirigea vers le grand coffre en bois au pied du lit pour y ranger les affaires de son maître. Il ouvrit les sacs, en sortit les vêtements de voyages de Merlin et commença à sépara consciencieusement ceux qui devaient être lavés de ceux qui avaient juste besoin d'être étendus pour prendre l'air.

Merlin, qui était assis au bureau, fut surpris de les voir ensemble.

— Il était perdu, expliqua Genièvre. Désirez-vous quelque chose à manger ?

Son regard vacillait entre les deux jeunes hommes. Alors Merlin lui sourit, de ce même sourire éclatant dont il avait gratifié Aaliah, quelques jours plus tôt.

— Merci Gwen, pourrais-tu en profiter pour montrer les cuisines à Arthur ? Perceval risque de l'y envoyer très souvent durant notre séjour ici.

— Evidemment, vient c'est par là.

Arthur observa, mal à l'aise, le désordre qu'il avait causé dans la pièce, puis leva les yeux vers son maître, qui lui adressa un hochement de tête.

— Tu ferais mieux d'apprendre à connaître les lieux en priorité, dit-il. Vas-y.

— Oui, mon seigneur, murmura Arthur avant de suivre Guenièvre.

La jeune femme lui offrir un sourire et Arthur fit de son mieux pour le lui rendre.

Quand ils furent partis, Merlin retourna son attention sur son bureau, ses yeux s'illuminaient et le loquer de la petite boîte devant lui s'ouvrit. Il en sortit plusieurs papiers et parchemins qu'il parcourt en attendant le retour d'Arthur.

Sur le chemin des cuisines, leurs seuls sujets de conversation se résumaient encore aux indications occasionnelles de Guenièvre. Une marée d'angoisse froide semblait vouloir noyer l'estomac d'Arthur. Il détestait ces périodes les rois seraient bientôt là, prêts à offrir n'importe quoi pour lui mettre la main dessus et lui ne pourrait absolument rien y faire. Il aurait voulu demander à Merlin ce qu'il avait prévu. Au vu des derniers jours passés à ses côtés, il y avait de fortes chances pour que le jeune seigneur lui réponde tout simplement. Mais cette simple question irait à l'encontre de sa nature même. Il avait toujours su garder ses pensées et sentiments pour lui-même, tout en évitant de s'y attarder et en occultant tant que possible le monde autour de lui.

Il lui semblait que son existence avait pour seul intérêt ce que les autres voulaient en faire.

Cependant, Merlin dérogeant à cette règle, il était diffèrent de ce à quoi Arthur s'était attendu et ça le perturbait. D'un côté, il ne se sentait pas capable de rester avec lui, mais d'un autre le jeune seigneur l'avait toujours décemment traité depuis leur rencontre.

— Y a-t-il un lieu réservé à la lessive ? demanda le blond alors qu'Ils s'engageaient dans le dernier couloir vers les cuisines.

— Tout droit, puis à droite. Après un petit escalier, tu verras des bassines et une pompe à eau, expliqua Guenièvre en lui indiquant le fond du corridor.

— Merci, répondit le blond en se demandant lesquels des vêtements de Merlin auraient le plus besoin d'être lavés. Au moins il lui serait facile de les descendre jusqu'ici.

— Et quel est le chemin le plus rapide pour se rendre aux écuries ?

La jeune femme entra dans la cuisine et regarda autour d'elle. La pièce était animée, certains cuisinaient à l'aide d'un large four et d'autres se servaient d'un grand feu au centre de la pièce. A leur arrivée, tous les yeux se posèrent sur eux, mais en voyant Guenièvre, leur curiosité disparue rapidement.

— Pour toi, va à l'entrée principale, puis tourne à gauche. Quand il est là, Merlin garde généralement ses chevaux au fond des écuries.

— Merci. Je vais prendre quelque chose à manger pour Sir Merlin et Sir Perceval, ajouta Arthur, faisant sourire la jeune femme.

— Je vais te montrer où sont placée chaque chose. Quand il y a des invités, nous aidons tous en cuisine, alors il y a toujours de quoi manger. En plus les gardes ont tout le temps faim.

— Pourquoi avez-vous besoin de garde ? Le château semble abandonné.

Guenièvre haussa les épaules.

— Les gens vivent ici depuis des années. Et beaucoup d'entre eux ont refusé de partir quand… elle s'arrêta et se mordit la lèvre inférieure en regardant le jeune homme face à elle. Quand le roi fut renversé.

Arthur eu la nette impression que ce n'était pas ce qu'elle avait voulu dire, mais il n'Insista pas.

— Je ne sais pas grand-chose à ce sujet. Personne n'a jamais vraiment pris la peine de m'en parler.

— Mais… tu es Arthur Pendragon.

— Oui, ça par contre, on me l'a bien dit, répondit-il.

Guenièvre le dévisagea, légèrement interdite.

— Aujourd'hui, le château est principalement utilisé par Merlin pour loger ses troupes quand il le faut. Mais avec tous ses combats entre les rois et leurs nobles, il s'en sert également pour héberger tous ceux qui n'ont plus ni maisons, ni familles. Il leur accorde la protection des seigneurs des dragons.

Elle s'arrêta un instant, mais semblait sur le point d'en dire davantage. Pourtant, elle se détourna de lui et indiqua du doigt une porte :

— Le garde-manger est par là. Prends un plateau et sers-toi, je vais voir si on peut trouver de la viande rôtie.

Arthur obéit et commença à se servir. Merlin ne voudrait probablement pas manger tout de suite, alors la nourriture chaude n'était pas nécessaire. Il lui apporterait simplement des aliments frais, ensuite il nettoierait la chambre avant de retourner s'occuper de la vaisselle.

— J'ai trouvé de la viande, et elle est encore chaude, s'extasia Guenièvre quelques minutes plus tard.

Le jeune homme récupéra l'assiette de viande et la posa délicatement sur son plateau, désormais plein.

— Je vais tout prendre et tant pis si elle refroidit, je reviendrais si le maître désire autre chose, expliqua-t-il et elle acquiesça.

— Alors c'est bon ? Sauras-tu te débrouiller tout seul ? Je dois partir, je vais apporter son dîner à mon père, dit la jeune femme. C'est le forgeron de la ville.

— Il y a une ville ? demanda Arthur.

— Vu le chemin par lequel vous êtes arrivé, ce n'est pas étonnant que tu ne l'aies pas vu. Elle se trouve de l'autre côté de la citadelle. Tout le monde n'apprécie pas de vivre dans le château. Trop de mauvais souvenir, expliqua-t-elle avec tristesse.

Arthur soupira.

— Parfois, il vaut mieux ne pas en avoir.

Par chance ou grâce à Merlin, Arthur avait réussi à éviter les nouveaux invités qui étaient arrivés. Bayard avait fait son apparition tard dans l'après-midi, lorsque le ciel commençait tout juste à noircir, suivit de peu par Olaf. La grande majorité des soldats et serviteurs de Bayard s'étaient installés au château, alors que les autres avaient établis leurs camps à l'extérieur.

Arthur, quant à lui, avait terminé de ranger la chambre de son maître, fait la vaisselle, récupéré quelques outils supplémentaires pour lui et pris son dîner. Enfin, conformément aux ordres de Merlin, il se trouvait désormais dans une petite pièce adjacente à sa chambre et s'attelait au nettoyage et à la réparation de plusieurs pièces d'armurerie.

Tandis qu'Arthur était tenu occupé par ses corvées, Merlin lui, s'apprêtais à accomplir une tâche pour le moins désagréable. Il marcha jusqu'à l'autre extrémité du château et toqua à la porte qui lui faisait face.

— Entrer ! Lui répondit un homme à la voix profonde.

Merlin prit une longue inspiration avant d'entrer. L'homme qu'il était venu voir observait par la fenêtre l'agitation dans la cour du château. Les rois ne se réunissaient que rarement et presque jamais pour des circonstances amicales alors lorsque c'était le cas, ça devenait tout un événement à grande échelle. Se faire la guerre était probablement plus simple.

Le jeune sorcier referma la porte derrière lui et s'avança.

— Votre majesté.

Le roi Lot se tourna vers lui. Même aux milieux de la vingtaine et aguerris par le combat, Merlin ne ressemblait encore qu'a un enfant.

Le jeune homme, pour sa part, trouvait le roi vieillit sûrement les conséquences de la nouvelle du décès de son fils. Le roi Lot était dans la quarantaine coiffé de cheveux noirs de plus en plus parsemer de gris. Il était grand, large d'épaules et dégageait force et puissance, une aura que le deuil semblait avoir quelque peu atténué.

— Je viens vous présenter mes plus sincères condoléances pour la mort de votre fils. J'ai fait tout mon possible pour le sauver, mais la blessure était trop importante.

— J'ai pu constater les dommages quand ils m'ont amené le corps. Gareth connaissait les risques lorsqu'il vous a rejoint. Il disait qu'il était normal que l'un d'eux parte avec les hommes que j'avais choisis. Ce ne serait pas un bon exemple à montrer s'ils se désistaient tous les trois de leur responsabilité.

— La sécurité de mes troupes est une responsabilité dont je ne me désiste pas non plus. Mais vous avez raison, rien n'est sans risque.

— J'en oublie mes bonnes manières. Prendriez-vous quelque chose à boire ?

En vérité Merlin n'en avait aucune envie, mais compte tenu des circonstances, refuser serait mal poli, alors il hocha la tête.

— Merci.

Il suivit Lot jusqu'à la table au fond de la pièce. Le roi remplit deux verres et lui en offrit un.

— Ne vous inquiétez pas, je n'ai nullement l'intention de me venger en vous empoisonnant.

— Me voilà rassuré.

Merlin lui accorda un petit sourire et, suivant ses recommandations, s'installa en face de lui.

— Au moins vous vous êtes débarrassé d'un épineux problème. Cenred était devenu incontrôlable.

— Avec suffisamment de pouvoir, n'importe qui le deviendrait.

— En effet, heureusement nous savons nous maintenir sous contrôle. Enfin la plupart du temps.

— Ce n'est rien de plus qu'un cycle vicieux.

— Que pouvons-nous faire d'autre ? demanda Lot avec haussement d'épaules. Ceux qui ont du pouvoir se battront toujours pour en avoir davantage. Et ceux qui l'ont perdu feront n'importe quoi pour le récupérer.

— Je l'ignore.

— Ce que vous nous avez proposés à plutôt bien fonctionné ces cinq dernières années. Bon nombre de personnes sont d'accord avec vous, même si elles n'aiment pas l'admettre. Mon plus jeune fils en fait partit, il se sent dans l'obligation de reprendre la place de son frère.

— Il ne devrait pas, répondit Merlin. Gareth a déjà prouvé votre volonté à vous montrer juste en toute situation. Gaheris et Gauvain doivent rester à vos côtés aujourd'hui plus que jamais.

— Je suis plus que d'accord, surtout concernant Gaheris, il est l'héritier du trône.

— Et si vous ne le souhaitez pas, Gauvain n'a aucunement besoin d'être mêlé à tout ça.

— Il m'est parfois difficile de conseiller mon cadet. Quand il a une idée en tête, rien ne peut l'arrêter. Il peut sembler capricieux, même ivre par moments. Mais il est surtout obstiné et plein de bonnes intentions.

Merlin le regarda avec interrogation et prit une gorgée de vin.

— Me demandez-vous de refuser son entrée au sein de mon armée ?

— Je ne sais pas, avoua Lot avec honnêteté. Que comptez-vous faire du fils Pendragon ?

Le jeune homme haussa les épaules.

— C'est une situation compliquée. A-t-il déjà été en votre possession ?

Lot acquiesça en s'adossant à sa chaise :

— Il a souvent été dans mon foyer. La première fois je l'ai acheté par simple curiosité. Puis je l'ai de nouveau reçu en acquérant les terres d'un noble de mon royaume, mort sans descendance. Apparemment il l'avait gagné aux cartes quelques mois plus tôt. Enfin, la dernière fois qu'il fut en ma possession, Arthur était encore adolescent.

— Quelle fonction occupait-il sous vos ordres ?

— Je le gardais comme serviteur, mais j'avoue ne pas l'avoir beaucoup vu cette fameuse derrière foi. Les garçons se l'étaient approprié. Ils étaient un peu plus âgés, mais encore intenables.

Lot s'interrompit un instant et fronça les sourcils un lointain sourire se dessina sur son visage.

— Arthur était la seule chose pour laquelle ils ne se disputaient pas. Ils se l'étaient partagé de manière équitable. N'importe quel autre instrument aurait fait l'objet de véritable bataille entre eux.

— Etait-il leur serviteur ? questions le jeune sorcier.

Le roi acquiesça et se redressa légèrement sur sa chaise.

— La plus souvent oui, et parfois Gareth le qualifiait « d'usage récréatif ».

— Vraiment, grogna le jeune homme.

— Ne soyez pas si moralisateur avec moi, Merlin, dit Lot d'un ton neutre. Le Prince d'Or était déjà bien loin d'être chaste à cette époque. De plus l'énergie de trois fougueux jeune homme en proies à leurs hormones était beaucoup moins nocif pour lui que certains de ses anciens maîtres.

— Je suppose, songea Merlin.

Lot l'observa un long moment avant de soulever ce qui semblait être un point évident.

— Si cette situation vous dérange tant que ça, vous être son propriétaire actuel, rendez cela légal et gardez-le. Mise à part le garder ou le vendre, que pourriez-vous en faire d'autre ?

Merlin tourna son attention vers le ciel à travers la fenêtre et répondit d'un air pensif.

— Je l'ignore.

A SUIVRE

- scribendpen : Encore d'autres personnage ! Oui, je ne sais pas pourquoi dans la majorité des fics, les pères sont des personnages pas très agréable, mais bon il reste plus sympa qu'Uther. Oui ce petit chaton est tellement mignon. Merci pour le commentaire.

- tahury : Entre Balinor et Uther, que de charmants parents tout ça. Mais bon chacun d'eux avait ses raisons aussi discutables soit leurs actions. Merci pour le commentaire.