Titre original : Golden Prince
Auteur : Kiva Taliana
Traduction : Allys-33
Note de la traductrice : Bien qu'il n'y ait aucune scène vraiment explicite, les thèmes abordés sont assez matures et sombres, donc pas conseillés à tout le monde.
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Golden Prince
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CHAPITRE 6
— Porte ça, ordonna Merlin en lui tendant un vêtement rembourré.
Délicatement, Arthur le prit et l'enfila sous le regard vigilant de son maître en tenant fermement les manches de sa chemise pour les empêcher de remonter. Puis il attacha les lacets sur le devant. Merlin le laissa et entreprit de fouiller dans l'armoire que le blond avait rangé la veille. Il revient un instant plus tard et passa sa trouvaille par-dessus la tête d'Arthur. Il plaça des plaques de métal sur ses épaules, les sourcils froncés dans la concentration. Enfin, il attacha solidement les lanières de cuir et boucla les fermoirs.
Arthur se laissa faire sans rien dire, mais se demandait tout de même ce que le sorcier avait en tête. Il était habitué à servir de cible de tirs, mais ce ne semblait pas être le but de Merlin.
Quand il eut terminé, le jeune seigneur s'éloigna légèrement pour observer le résulta.
— Ça devrait faire l'affaire, annonça-t-il avant de se tourner et de sortir de la pièce.
Arthur le suivit silencieusement hors du château et vers les écuries. Pour éviter les regards curieux, il s'assura de garder les yeux fixés sur le dos du jeune sorcier. C'est à peine s'il se rendait compte de l'endroit où ils se trouvaient lorsque Merlin passa une grande arche qu'il n'avait encore jamais vu. Ils arrivèrent devant une petite clôture qui entourait un terrain recouvert d'herbes.
Merlin s'arrêta un moment pour observer les alentours et Arthur en fit de même en s'assurant de rester caché derrière lui, se servant de son maître comme d'un bouclier face aux soldats présent dans la zone d'entraînement.
Ce ne fut pas dur pour Merlin de repérer Perceval, le chevalier était plus grand que la majorité des hommes. Il alla à sa rencontre et le blond le suivit conscient, mais tentant d'ignorer, les soldats des autres rois.
Léon était aux côtés de Perceval et Lancelot boitait lentement, légèrement en retrait. Il y avait deux hommes avec eux Elyan, le commandant des gardes de Camelot, et un autre homme qu'Arthur reconnut à la seconde où il chassa ses cheveux de son visage.
Elyan se tourna vers eux, et Perceval s'interrompit dans sa discussion.
— Mon seigneur, salua Elyan avant de désigner l'homme à ses côtés. Il me semble que vous connaissez le prince Gauvain ?
Il y eu un moment de silence significatif durant lequel les deux jeunes hommes se jaugeaient. Merlin se demandait ce que Lot avait bien put dire à ses fils après leur conversation. Il avait pris l'entière responsabilité de la mort de Gareth, il comprendrait que les princes l'en blâmes. Toutefois, Gauvain finit par lui tendre la main.
— Nous n'avions jamais vraiment eu l'occasion de nous rencontrer. Gareth m'à dit beaucoup de bonnes choses à votre sujet.
Merlin lui serra la main.
— C'était quelqu'un de bien, dit-il en se mordant la langue à l'utilisation du passé.
Gauvain acquiesça silencieusement, il n'avait évidemment aucune envie d'ajouter quoique ce soit sur le sujet et éloigna sa main aussi rapidement que la politesse l'autorisait, considérant avoir fait ce qu'il devait. En guise de distraction, il se tourna vers Arthur et posa une main ferme sur sa tête, lui faisant lever les yeux. Le prince lui ébouriffa les cheveux dans ce qui se voulait être un geste affectueux.
— Bonjour princesse ! dit-il joyeusement en saluant Arthur avec un grand sourit comme s'il s'agissait de son animal de compagnie préférer.
L'esclave sourit légèrement en tentant d'aplatir ses cheveux désormais en bataille.
— Sir, répondit-il avec considération.
Perceval les regarda, un peu étonné.
— Princesse ? répéta-t-il.
Gauvain se tourna vers lui.
— Un jour Gaheris a dit qu'il ferait une merveilleuse épouse, expliqua-t-il en désignant le blond qui avant abandonné l'idée d'arranger ses cheveux, à présent regroupé en désordre sur son front à l'exception d'une touffe indomptable sur la gauche.
A cette remarque, Arthur avait écarquillé les yeux comme un lapin prit en chasse, tandis que les prunelles bleues de Merlin scintillaient d'une légère colère. Le blond décida de baisser la tête sur ses pieds et recommença à tripoter ses cheveux pour enfin réussir à dompter la touffe rebelle. Gauvain regardait le jeune sorcier, sentant son désaccord par rapport à son geste.
Perceval décida d'offrir à tous une distraction.
— Vous joindriez-vous à nous, Merlin ?
— Non, je compte assister à la réunion, répondit-il. Mais Arthur, oui.
Le concerné releva brusquement la tête, aussi surpris que les autres. Perceval fronça les sourcils dans une question silencieuse.
— Un entraînement à l'épée serait parfait, poursuivit le jeune sorcier. Je veux qu'il apprenne les bases.
— Les bases de la défense à l'épée ? demanda Lancelot.
Merlin jeta un coup d'œil à l'esclave encore sous le choc.
— C'est sûrement la meilleure chose par laquelle commencer.
Une vague de chuchotement s'éleva des soldats à proximité. Gauvain fixa Merlin avec intérêt, l'étonnement peint sur le visage.
— Ok, lâcha Perceval en insistant plus que nécessaire sur la dernière syllabe. Dans ce cas, nous ferions mieux de lui trouver une épée.
Il y eu une courte pause, puis soudain Gauvain se tourna vers son serviteur qui patientait près de la clôture.
— Va chercher mon épée de rechange, veux-tu ? puis il se retourna vers les autres hommes. J'ai toujours une épée de rechange. Son poids devrait lui convenir, la poignée est un peu plus lourde, elle sera plus facile à magner. Il peut me l'emprunter.
— Merci bien, dit Merlin. Voyez comment il se débrouille. Si cela s'avère trop difficile pour lui, essayez avec une arbalète.
— D'accord, acquiesça Perceval.
Merlin s'en alla, sans rien ajouter. Gauvain prit l'épée que lui avait apportée le serviteur et la tendit, poignet vers l'avant, à un Arthur toujours choqué et désormais rougissant.
— Il lui faudrait aussi des gants, déclara Perceval.
— J'en ai, intervint Lancelot en fouillant ses affaires.
Le géant prit l'épée d'Arthur et lui tendit les gants.
— Ce sera mieux avec, dit-il.
Le jeune homme obéit en évitant habilement le contact visuel avec qui que ce soit. Lancelot leva les yeux sur les troupes qui semblait à présent faire semblant de s'entraîner tout en regardant Arthur avec très peu de subtilité.
— Je suppose que nous ne pourrions faire ça nulle part ailleurs ? demanda Gauvain à Elyan.
En entendant ça, Perceval se tourna vers Lancelot et articula silencieusement le mot « nous ? ». Son ami lui répondit d'un haussement d'épaules.
— Non, répondit le géant, nous nous débrouillerons ainsi. Ça te va ?
Arthur leva les yeux lorsqu'il comprit que la question lui était destinée. Comme à son habitude, il évite les yeux de son interlocuteur et fixa l'une des larges épaules du chevalier en répondant :
— Les gens me regardent toujours.
— Dans ce cas tu pourras gérer. Commençons. La première chose à laquelle tu dois faire attention, c'est ton balancement. Tu dois garder la majorité de ton poids sur tes talons, tout en étant capable de basculer vers l'avant si nécessaire. Si tu préfères, tu peux imaginer que tu portes un poids et qu'il te faut le pousser vers l'avant.
— Je peux le faire, dit Arthur en inclinant la tête, alors que Perceval se rapprochait de lui. Il s'arrêta à sa droite, si près que la poitrine du géant effleurait son bras. Ses mains fortes et compétentes vinrent ajuster les siennes.
— Bien, maintenant, ta poigne est aussi importante que ton balancement.
Merlin, en marchant écoutait la voix attentionnée de Perceval et les conseilles supplémentaires de Lancelot. Il décida de les laisser faire et rentra au château. Il monta à l'étage pour se rendre à la chambre de l'ancien conseil, salua d'un hochement de tête les gardes devant la porte et entra, faisant sursauter les hommes installés à la grande table.
— Merlin, nous ne vous attendions pas.
Le jeune sorcier salua Lot.
— Cet endroit n'est pas seulement un baraquement pour mes hommes, ce fut autrefois ma maison. Il aurait été impoli de ma part de ne pas venir vous saluer.
— Et vous êtes le bienvenu, déclara le seigneur Godwyn.
Les autres hommes les observaient avec curiosité. Balinor regardait son fils avec attention. C'était très souvent le seigneur des dragons lui-même qui assistait aux réunions pour régler tout ce qui les concernaient. La venue du jeune homme était inhabituelle.
Merlin salua Godwyn d'un geste de la tête et s'installa près de son père. Personne n'était assis en tête de table aucune chaise n'y avait même été installée. Chacun regardait son homologue face à face.
— Notre agenda est claire. Tout s'est bien déroulé durant la dernière année, plus longtemps que je ne l'aurais cru. Nous devons remercier Merlin pour son travail. En dépit de toutes interventions, commença Alined avant de s'interrompre un moment pour observer ses camarades, il à su rester ferme et impartiale. Et nous ne tiendrons rigueur ni du tribut ni des hommes que nous avons offerts.
Merlin et Alined ne manquèrent pas la légère tension dans la mâchoire de Lot.
— Aucune perte ne se fait allègrement. Nous sommes tous conscient des tensions qui subsistent au sein des différents groupes. J'essaies de me montrer juste envers chacun d'eux et je ne prendrais ni plus que ce qui m'ait offert, ni plus que nécessaire pour la tâche à accomplir.
Merlin fit une courte pause et regarda autour de lui.
— Toutefois, nous ne pouvons nier l'engagement volontaire de certains de vos hommes sous mon commandement, poursuivit-il. Ça n'a pas commencé ainsi, je vous l'accorde. Chacun de vous a envoyé vingt soldats et ils représentent ma force pour épargner davantage de dégâts.
Il reprit après quelques secondes de silence.
— Par le passé, il y eut des années de famines parce que vous aviez assassiné ceux qui travaillent la terre et ceux qui apportent la nourriture aux villes. Cela a pris fin, mais nombre de ces personnes me sont aujourd'hui fidèles. Tout ça pour dire qu'il n'est pas nécessaire de me donner tant d'hommes. Ceux qui en ont le désir peuvent me rejoindre, mais sachez que je compte réduire leur paye. Je n'ai pas besoin d'une vingtaine d'hommes, seulement une dizaine de ceux que vous aviez prévu me suffiront.
— En es-tu sûr, Merlin ? Demanda Balinor.
— J'ai entraîné beaucoup de ceux qui sont venus à nous, ils sont loyaux et impartiaux. Plus eux seront nombreux et mieux se sera. J'ai la possibilité de réduire les troupes.
— Que voulez-vous à la place ? demanda Olaf.
— Rien, enfin les hommes auront encore besoin de se nourrir, mais rien de plus.
— Personne ne pourra dire le contraire, c'est une bonne chose pour nous, déclara Lot.
Tous restèrent silencieux un moment sûrement perdu dans leur réflexion, pensa Merlin. Puis un homme entra dans la pièce et avança, un but précis en tête. Il contourna la grande table avec finesse et s'arrêta près du roi Alined pour lui murmurer quelque chose à l'oreille.
— Vous apprenez au Prince d'Or à se battre ? demanda le roi.
— Non, je lui apprends à se défendre.
— Pourquoi donc auriez-vous besoin d'une telle chose ? insista Bayard, le visage sombre. Il n'avait cessé de regarder Merlin avec irritation depuis son arrivé.
Le jeune sorcier s'adossa sur sa chaise et répondit.
— Je n'ai besoin de rien, je pense juste que ce serait plus approprié.
— De tel chose ne lui ont jamais été enseigné auparavant. Pourquoi un esclave aurait-il l'utilité de se défendre ? intervint Godwyn. Son bien-être est la responsabilité de son propriétaire.
— Ce que je suis actuellement, leur rappela Merlin. Et sous ma responsabilité, je le veux apte à se défendre par lui-même.
— Il est vrai qu'il vous fallait l'arracher à Cenred, mais vous n'en êtes pas pour autant son propriétaire, annonça Bayard.
— Pourquoi pas ? répliqua Merlin. L'accord est que j'ai droit à une partie de ce qui a été récupéré chez l'opposant, peu importe de qui il s'agit. Toutes les choses de valeur qu'avait volées Cenred ont été répartie équitablement et tous son équipement à été placé en sécurité et n'attend que vous pour être divisé.
Tous le regardaient désormais avec incrédulité et colère – du moins Bayard était en colère. Lot, à demi-conscient des intentions de Merlin, concevrait une expression neutre.
— Il est vrai que je me servirais en vivres ou en or, principalement pour le bien-être des troupes et des populations qui vivent ici.
A cet instant, Merlin se fit la réflexion qu'aucun des habitants n'avaient jamais appelé ce lieu par son véritable nom. Tous savaient qu'il s'agissait autrefois de Camelot, mais personne ne prononçait ce mot, comme s'il était maudit.
— Cette fois encore, tout ce qui avait de la valeur a été rendu. La seule chose que j'ai gardée est le Prince d'Or. Il n'y a jamais eu aucune règle précisant la nature de ce que j'étais ou pas autorisé à prendre. Je ne vois pas où est le problème si je décide de garder un esclave plutôt qu'un quelconque objet de valeur.
— Le Prince d'Or est probablement ce qui a le plus de valeur, grogne Bayard. Si vous le vendez maintenant, vous obtiendrez plus que votre part.
Merlin leva un sourcil dans une grimace d'incrédulité.
— M'accusez-vous sérieusement de tentative d'escroquerie ?
— Bien sûr que non, intervint Olaf, coupant Bayard dans son élan. Reconnaissez juste que votre décision est pour le moins inhabituelle. D'ordinaire, vous évitez toutes implications directes dans nos affaires.
— Et je ne m'y implique pas aujourd'hui, non plus.
— Mais nous avons d'autres préoccupations, des plaintes des soldats que nous vous avons fournis, reprit Olaf.
Il s'interrompit et survola des yeux ses confrères, qui hochaient tous la tête, certain plus discrètement que d'autres. Merlin observa le roi, qui avait été élu porte parole, avec interrogation en attendant qu'il poursuive.
— Nous savons que vous avez pris en charge et formé votre propre armé composé, comme vous l'avez dit, de tous ceux qui désiraient se joindre à vous. Mais beaucoup de ces hommes sont des villageois qui ont soit perdu des proches, soit simplement le désir de protéger leurs maisons. Vous avez imposé à ces gens de lourdes responsabilités, or nous présumons nos chevaliers parfaitement plus adaptés à mener votre armée. Ils sont tous issus de familles nobles, là où vos commandants n'ont aucun titre.
Merlin acquiesça et se pencha vers l'avant pour poser ses coudes sur la table. Son regard passa sur chacun des hommes autour de lui.
— Ceci n'est en aucun cas une insulte envers vous ou vos hommes, commença-t-il. Tout l'intérêt, pour mon armée et moi, est de rester neutre vis-à-vis de tout ce qui concerne les royaumes et les revendications territoriales. Que certains d'entre vous me le demande ou que j'agisse de mon propre chef, notre but est d'intervenir quel que soit le conflit.
— Nous comprenons bien, Merlin, intervint Bayard avec une irritation non dissimulé, irritation qui ne fit que s'accroître lorsque Olaf leva une main pour l'empêcher d'en dire davantage.
— Laissez-le donc continuer, dit-il doucement.
Merlin le remercia d'un hochement de tête et poursuivit.
— Il y a des moments où la loyauté des chevaliers est remise en cause. Bien que je fasse de mon mieux pour choisir des chevaliers n'ayant aucun lien avec les conflits en cours, ce n'est hélas pas toujours possible. Et si je ne peux faire cela, il me faut des hommes entièrement neutres. A bien des égards, mes propres hommes, ceux qui ne sont pas chevaliers, ceux qui ont choisi de me suivre et dont le statut n'est en rien comparable aux vôtres, je vous l'accorde, ne sont pas toujours impartiaux. Mais leur but est de protéger les populations, peu importe leurs royaumes d'origines. Eux et leurs familles ont beaucoup souffert de certains conflits. D'une certaine façon, ils offrent une meilleure perspective à leurs troupes. De plus, ce ne sont pas tous des paysans. Nombre d'entre eux sont de sang noble, mais ont perdu leurs terres et leurs maisons. Sir Léon en est un parfait exemple. Enfin si certain ne sont effectivement pas noble, ils ont fait leurs preuves, que se soit par leur loyauté envers moi ou par leur impartialité pour tous ceux qu'ils ont juré de protéger.
En finissant, le jeune sorcier prit une profonde inspiration et se redressa sur sa chaise.
— C'est un bien beau discourt, Merlin, et je ne peux nier la validité de vos arguments. Cependant vous n'êtes vous-même pas réellement nobles et vous ne pouvez donc les dénuer de leurs droits.
— Quel droit ? demanda-t-il au roi Olaf.
— Vous avez préservé le Prince d'Or de Sir Meleagant. Et apparemment l'un de vos chevaliers de noblesse inférieure s'est assuré que personne n'approche le garçon.
— Tout d'abord, l'utilisation d'Arthur dépend entièrement de son propriétaire. Ensuite, en sa qualité d'excellent chevalier, j'ai eu confiance en Méléagant et lui ait ordonné de le renvoyer au campement, où il aurait été en sécurité, loin des combats. Cependant, mes ordres ont été ignorés, c'est pourquoi j'ai jugé bon d'intervenir.
Olaf fonça les sourcils.
— Nous dites-vous que vous avez l'intention de garder le Prince d'Or pour vous ?
— Mes projets ne sont pas aussi définis. Néanmoins, lorsqu'il est question de biens de valeurs, qu'ils appartiennent ou non à un unique royaume, nous, dit Merlin en lançant un regard à son père, sommes automatiquement désigné comme acquéreur, jusqu'à régler le conflit en cour. Ce qui est actuellement le cas avec la propriété du Prince d'Or. Cenred le possédait depuis plus d'une année.
— Et il avait été enlevé de mes terres, annonça Bayard.
— Mais vous n'étiez pas son propriétaire, vous n'avez donc aucun droit de le réclamer, déclara Godwyn, gagnant un regard noir de Bayard.
— Il y en a encore d'autres qui prévoient d'assister à la rencontre. Ils arriveront plus-tard. Pour l'heure, peut-être Merlin a-t-il raison et jusqu'à ce que la question de sa propriété soit réglée, le Prince d'Or devrait rester sous sa garde, déclara calmement Lot. C'est à mes yeux la meilleure chose à faire jusqu'à ce que le problème soit résolu.
Le commentaire fit naître des grognements autour de la table. Le jeune sorcier les observa avec fascination. C'était une scène étrange, les rois se regardaient en chiens de faïence, prêts à se disputer la propriété d'Arthur pour obtenir une revanche qu'ils croyaient justifier sur un homme qui n'en avait plus rien à faire. Merlin avait du mal à les comprendre. Ils avaient asservi le jeune homme, avaient fait de lui un esclave et l'avaient abusé de toutes les façons possibles, mais aucun n'avait simplement envisagé de le tuer. De plus ils semblaient tous avoir oublié qu'Arthur était le prince de Camelot, le royaume qui fut perdu après qu'ils se soient tous ligué contre son roi, Uther, en se servant des sorciers et de leur magie.
Les rois s'étaient partagé les terres du royaume déchu, mais sans jamais réussir à s'accorder. Merlin le savait, c'était Uther qui, d'une manière ou d'une autre, les avait toujours canalisés. Il y avait autrefois un pouvoir capable de rassembler les royaumes.
Et maintenant il regardait les rois se disputer la propriété du fils d'uther Pendragon. Ils ne leur étaient jamais apparus qu'en dépit de leurs haines et de leurs obsessions, les Pendragon les rassemblaient encore, autant qu'ils les séparaient.
Merlin fronça les sourcils, mais par tous les saint, quel était exactement le problème avec Arthur Pendragon ?
…
Quand Merlin quitta enfin la réunion après encore deux heures, il se sentait mentalement épuisé. Les débats s'étaient longuement poursuivi jusqu'à ce que des accords soient enfin passé et, au moins pour l'instant, il avait obtenu la garde d'Arthur. Il retourna au terrain d'entraînement, un peu d'exercice lui ferait le plus grand bien.
Les lieux s'étaient quelque peu vidés depuis qu'il y avait déposé Arthur. Gauvain et Perceval étaient en plein combat, pour tester leurs forces. Quelques hommes les observaient de loin, probablement dans l'espoir d'eux aussi se mesurer au géant, qui demeurait encore à ce jour l'un des tests que Merlin faisait parfois passer à certaines personnes.
Arthur était assis sur le côté, les jambes tendues, les mains sur les genoux, les épaules affaissées et la tête baissée il ressemblait à une poupée de chiffon inanimée. Ses cheveux blonds, assombri de sueur et de tous ce qu'il avait bien pu verser dessus, lui retombaient lourdement sur le visage. Il regardait avec attention le combat devant lui.
Les deux hommes s'interrompirent juste un instant à la venue de Merlin, avant de se jeter à nouveau l'un sur l'autre, épée en main. Lancelot se trouvait également sur le côté, s'il pouvait désormais marcher, les entraînements lui était encore interdit. Avec lui, Elyan et Léon observaient les deux combattants se jauger du regard.
— Comment était-ce ? demanda le jeune sorcier.
— Très bien, lui répondit Lancelot. Il se débrouille plutôt bien.
— Il est un peu maladroit, mais après quelques séances supplémentaires, il sera relativement compétant, intervint Percevl, avant de lancer son épée sur son adversaire.
Gauvain refusait de lâcher prise, il se contracta sous la pression, mais ne céda pas.
— Trop d'angles morts, avertit-il et le grand chevalier manqua presque de tomber en esquivant l'épée qui volait vers lui. Désolé, je ne parlais pas d'Arthur là, mais effectivement, il lui faudrait d'avantage d'entraînement.
Gauvain se tut pour se concentrer pleinement sur le géant qui fonçait sur lui. Perceval lui sourit, prêt à le faire perdre. Le prince avait toute l'attention de son adversaire et, il le savait, même s'il se battait de toute ses forces, il ne tiendrait jamais face au meilleur combattant de Merlin.
— Je n'arriverais plus jamais à lever les bras, gémit Arthur.
Parler ainsi sans y avoir pleinement réfléchi, démontrait juste son état de fatigue. A la seconde qui suivit, il releva brusquement la tête et tourna vers son maître un regard choqué. Merlin posa une main rassurante sur la tête blonde, il détestait devoir faire ça, mais il savait bien que c'était le moyen le plus simple de le rassurer. Il ne lui ébouriffa pas les cheveux, il ne le caressa pas, il se contenta d'un contact réconfortant jusqu'à ce qu'Arthur rabaisse la tête, comprenant qu'il n'était pas en colère. Perceval avait gloussé au commentaire, s'écartant de son adversaire pour bloquer son prochain coup.
Après une courte pause, Arthur commença à se lever :
— Avez-vous besoin de quelque chose, mon seigneur ?
— Non, ne bouge pas, Arthur, tu as l'air complètement épuisé, lui répondit Merlin et le blond se laissa retomber au sol, heureux d'avoir la chance de pouvoir se détendre.
— Il n'a pas l'habitude d'utiliser ses muscles, expliqua Lancelot, du moins pas ainsi, avec une épée. Il faut que son corps assimile cette nouvelle activité.
— Mais, il va bien, n'est-ce pas ?
— Merlin, tout va bien, nous l'avons juste épuisé.
— C'est bon, dit le jeune sorcier en posant de nouveau sa main sur la tête d'Arthur. Je voulais voir Gaius de toute façon, je suis sûr que je pourrais y trouver quelque chose pour l'apaiser. Mais avant, j'ai besoin de m'étirer un peu.
Le jeune sorcier se baissa pour ramasser l'épée qu'Arthur avait utilisée et la pointa vers Léon. En réponse, le chevalier dégaina sa propre épée, s'éloigna des autres hommes et lui fit face. Merlin lui sourit.
Une fois de plus, Arthur assista au changement d'expression de son maître. En souriant ainsi, il ne ressemblait à rien de plus qu'un jeune garçon. Il les regarda se battre avec attention, sans manquer aucun de leurs mouvements et sans jamais lâcher Merlin des yeux.
Arthur se demandait alors ce que le sorcier comptait faire de lui ? Que lui voulait réellement Merlin ?
A SUIVRE
