Chapitre 6 : Réunion

La nuit avait été courte pour Harry qui n'avait que très peu dormi, l'invitation du directeur dans son bureau l'inquiétant. Il n'avait pourtant rien fait de mal, alors pourquoi le vieil homme voulait-il le voir ? Il espérait ne pas se faire mettre à la porte à cause de son handicap, après tout il prenait le temps des professeurs, peut-être les dérangeait-il et qu'ils ne voulaient plus de lui ? Il savait qu'il se faisait sûrement des idées mais jusque là aucun adulte n'avait prouvé être digne de confiance dans sa vie…Alors il ne pouvait s'empêcher de penser qu'il était peut-être un indésirable ici aussi.

Un coup à la porte le sorti de ses pensées, il s'empressa d'aller ouvrir évitant de justesse de se prendre le pied du lit dans son empressement. Il ne pouvait pas être sûr à cent pourcent de qui était derrière la porte mais ses amis le saluaient toujours dès qu'il ouvrait pour qu'il puisse savoir si c'était vraiment eux. Ce jour-là ne dérogea pas à la règle puisque Théodore le salua amicalement bien que lui aussi était stressé de la rencontre à venir avec le proviseur. Il avait de la chance, pensa-il, sinon en voyant son froncement de sourcil le petit brun s'inquiéterait encore plus qu'il ne l'était déjà.

Le petit déjeuner était calme et malgré tous ses efforts Euphémia n'arriva pas à faire avaler à son petit protégé plus qu'une petite tartine et un verre de jus. Elle en fut contrariée mais ne le força pas à manger autre chose, ayant apprit la veille l'invitation du directeur. Elle n'avait pas du tout confiance au vieillard, il n'avait jamais rien fait pour aider les serpentards contre l'intimidation et là il appelait son protégé dans son bureau ? C'était étrange, très étrange. Les serpents avaient décidés de surveiller l'homme, bien qu'aucun d'eux ne puisse louper les cours pour accompagner le plus jeune. Ils auraient bien voulu en parler à leur chef de maison, mais Snape avait cours le matin même et ne pourrait jamais se permettre d'abandonner sa classe même s'il l'avait voulu. Il ne pouvait quand même pas laisser une classe de cornichons avec des potions volatiles ! Ils feraient tout exploser !

Après le petit-déjeuner Théo et Harry se séparèrent de leurs camarades qui se dirigeaient vers l'extérieur pour le cours de vol. Le sang pur avait apprit le chemin jusqu'au bureau de Dumbledor la veille grâce aux explications des plus vieux. Ce n'est pas comme si le vieillard avait expliqué comment rejoindre son bureau dans son mot…Ils étaient des premières années par Merlin, comment devaient-ils savoir où le trouver ? Ils se perdaient déjà bien assez dans l'immense château sans en rajouter. Ils arrivèrent face à une gargouille comme les avait prévenu le préfet… Maintenant il fallait trouver le bon mot de passe, mais vu les indications dudit préfet sur les mots de passe habituels c'était plutôt simple… Soit on énumérait toutes les confiseries qui passaient par la tête soit on suivait les indices que laissait le directeur. C'est ce que firent les deux enfant en annonçant « Guimauve » comme indiqué sur le mot. La gargouille sauta sur le côté, révélant une porte. Ils avancèrent vers un escalier qui se mit en branle et commença à monter, manquant de faire tomber le jeune aveugle qui fut retenu de justesse par son ami. Remis de leurs émotions, Théo frappa à la porte attendant l'invitation du directeur pour entrer.

Le jeune serpentard vit avec satisfaction l'éternelle étincelle quitter brièvement les yeux du vieillard. Malheureusement l'étincelle revint alors que le vieil homme s'adressait à lui.

« Monsieur Nott, je vous remercie d'avoir accompagné votre camarade. Vous pouvez maintenant retourner en cours »

L'enfant écarquilla les yeux, il n'allait sûrement pas abandonner son ami ! Il commença à protester « Mais… » et fut rapidement coupé par l'homme.

« Je suis sûr que le professeur Bibine vous attends. Votre ami est en sécurité ici. » Déclara le directeur avec un sourire bienveillant. Le serpent lui lança un regard noir, ça se saurait si les serpentards étaient en sécurité avec lui ! Il serra momentanément le bras de son ami pour lui montrer son soutient en le guidant vers un siège parce que le sorcier ne l'aiderait sûrement pas et se détourna pour retrouver sa classe, l'air maussade.

Dès que la porte fut ouverte le vénéré Albus Dumbledore se renfrogna légèrement en voyant que son pion n'était pas venu seul. Enfin, il pouvait facilement trouver une excuse pour le renvoyer vu qu'il était le directeur. Le gosse serait bien plus facile à manipuler seul qu'avec l'un de ces gamins de mangemorts avec qui il traînait. Mais bon, il ne serait plus pour bien longtemps dans cette fichu maison. Il fit son plus beau sourire paternaliste et plaqua son meilleur masque de bonté sur son visage ridé et reporta son attention sur son pion après que l'autre soit sorti.

Harry n'était pas du tout à l'aise. Assit sur une chaise inconfortable il patientait maladroitement, dérangé par tous les bruits étranges qui parvenaient à ses oreilles. Il n'arrivait à se concentrer sur aucun, les bruits étant tellement étranges et disparates… Il était même sûr d'entendre le sifflement d'une théière ou de quelque chose qui s'y rapportait. C'était effrayant… oui c'est ça effrayant. Tous ces sons l'empêchaient d'entendre le reste, d'entendre les mouvements que pouvaient faire le vieil homme. En parlant de lui, Harry avait une mauvaise impression… L'aura qu'il dégageait ne coïncidait pas du tout avec sa voix. C'était dérangeant, il n'était pas sûr de pouvoir faire confiance à l'homme qui était pourtant son directeur… Mais en même temps ce n'est pas comme si les figures d'autorité se souciaient vraiment de lui…

Le vieillard proposa gentiment au jeune garçon un bonbon au citron mais Harry refusa, premièrement il était trop tôt pour manger des sucreries et deuxièmement il n'aimait pas vraiment les bonbons. Il entendit un froissement de tissus et un bruit sec montrant que l'homme avait ramené son bol de sucreries vers lui. Le silence s'installa de nouveau et le directeur commença à parler d'une voix douce.

« Je ne pense pas que la maison Serpentard soit la plus adaptée pour toi. » Déclara finalement le vieillard. Le cœur du petit serpent fit une embardée, il voulait lui faire quitter une maison où il se sentait si bien ? Non, il ne pouvait pas laisser faire ça !

« Je suis désolé de vous contredire, monsieur, mais si le choixpeau m'a placé à Serpentard c'est parce que la maison me convient. » Déclara l'enfant d'une voix douce, même si intérieurement il n'était pas aussi confiant. Il entendit un soupir et se tendit imperceptiblement.

« Mon garçon, Griffondor ne te plairait donc pas ? Je suis sûr que tu t'y ferais de nombreux amis pourtant. » Essaya de lui faire changer d'avis Dumbledore.

Harry ne pu s'empêcher de frissonner à l'idée… Se retrouver dans la même maison que Ronald Weasley ? Hors de question ! Le garçon faisait déjà de sa vie un enfer alors s'il intégrait sa maison… Il n'était pas sûr d'en ressortir indemne. « J'ai déjà des amis monsieur. »

L'homme fronça les sourcils ce qu'Harry ne vit bien sûr pas. Par contre l'enfant remarqua bien l'aura dangereuse de l'homme bien qu'il continuait à parler avec une douceur feinte. Il lui rappelait l'oncle Vernon quand il essayait d'embobiner son patron.

« Ah oui, messieurs Malfoy, Nott et Zabini. » Harry acquiesça, espérant intérieurement que la réunion se termine rapidement. « Je suis désolé de te dire cela mais ils ne sont pas bon pour toi. » Commença le vieil homme alors que le dernier Potter serrait les dents, il ne voulait pas être puni pour avoir répondu au directeur pour défendre ses amis. « Vois-tu, leurs parents étaient de fervents partisans de Voldemort avant sa chute. » Annonça-t-il, et le jeune serpentard sentait son regard sur lui guettant ses réactions, mais l'enfant resta de marbre. Il ne faisait pas du tout confiance à l'adulte et préférait suivre son instinct. « Ils se servent de toi mon garçon, de ta notoriété. Et ensuite quand tu ne leur servira plus ils te sacrifieront pour leur Maître. » L'enfant haussa intérieurement un sourcil. Le vieil homme pensait qu'il allait le croire alors que sa voix puait le mensonge ? Et où allait-il chercher ça ? Même si les parents de ses amis avaient suivi le meurtrier de ses parents qu'est-ce qui lui disait que ses amis pensaient comme eux ? Ils ne lui avaient jamais menti il le savait, et il était plus enclin à les croire eux plutôt qu'un directeur manipulateur.

« Monsieur, j'ai confiance en mes amis, ils ne me trahiront pas. » Le vieil homme fronça les sourcils, perdant son sourire. « Et je ne comprend pas en quoi ma maison vous intéresse. Je ne suis qu'un élève parmi d'autres et pourtant vous ne voulez pas recourir les autres. » Réfléchi à haute voix le jeune garçon.

Dumbledore soupira de défaite, mais il y avait encore quelque chose qui inquiétait Harry à son sujet. « Je m'inquiète pour toi mon garçon. Serpentard n'est pas adaptée à tes…problèmes » et Harry était sûr d'avoir bien entendu une petite note vicieuse dans sa phrase. Il répondit la gorge légèrement nouée à l'idée qu'on le force à quitter ses amis.

« Griffondor n'est pas mieux et serait même pire… Les griffondors sont bruyants et chahutent et en plus la plupart d'entre eux essayent de m'intimider.

_Je suis sûr que tu exagères. » Déclara le vieux avec un sourire que de toutes façons le garçon ne voyait pas. Par contre il sentait très bien les ondes malveillantes qui se dégageaient de lui.

« Je préfère Serpentard »

L'homme soupira, le poids du monde semblant s'être abattu sur ses épaules. « Bien, je comprends que je n'arriverais pas à te faire changer d'avis… Tu peux retourner en cours. »

L'enfant se leva sans mot dire et descendit lentement les escalier. Il ne voulait pas rester une seconde de plus dans ce bureau. Le directeur l'effrayait il ne savait pas pourquoi.

Arrivé en bas il se rendit compte d'une chose, Théo reparti il était seul pour retrouver son chemin… Et il n'était jamais venu dans cette partie du château. Le directeur aurait pu prévoir quelqu'un pour l'accompagner sachant qu'il était aveugle mais non, à croire qu'il faisait tout pour rendre sa vie plus difficile. Il avança, sa canne en main, essayant de trouver quelqu'un pour le guider.

Le vénérable Albus Dumbledore était hors de lui. Le gosse refusait de l'écouter et de se mouler en un parfait petit soldat suivant ses moindres recommandations ! Le sorcier sentit sa magie se libérer de son contrôle pour détruire son bureau dans la colère. Ce petit idiot ! Pourquoi ne pouvait-il pas être aussi crédule que les autres ? Il aurait dû être réparti à Griffondor, là il aurait pu le manipuler plus facilement, les griffons le vénéraient après tout et quelques petits conseils par-ci par-là et il se serait moulé à la perfection pour lui plaire. Mais non ! Le sale gosse était un serpentard ! Et cette maison le détestait, rendant bien plus compliqué son contrôle du garçon.

Il finit par se calmer et avisa son bureau dans un état lamentable. Il commença à ranger les feuilles éparpillées et réparer ses bidules divers qu'il avait détruits dans sa rage. Son regard se posa sur sa bibliothèque…Peut-être qu'il pourrait trouver un sort pour le ramener sous son contrôle. Un sourire sombre étira son visage ridé. L'enfant lui obéirait qu'il le veuille ou non… Et tant qu'il y pensait il devrait payer une petite visite aux Dursley pour qu'ils lui expliquent pourquoi ils n'avaient pas fait du gosse un gamin craintif qui verrait en lui son sauveur qui le sortirait du joug de ses infâmes moldu. Mais bon ce serait pour plus tard, le plus important étant de ramener le gosse sous son influence.

Perdu. Voilà le mot qui correspondait le mieux à la situation du jeune Harry Potter. Il était totalement perdu dans l'immense château où tous les couloirs étaient semblables et formaient un labyrinthe immense. Pour Harry qui n'était jamais venu de ce côté toutes les pierres se ressemblaient et il n'avait aucun point de repère… Si en plus les escaliers se mettaient à changer de direction il n'était pas sorti de l'auberge. Bref le jeune serpentard était épuisé de parcourir les corridors silencieux sans retrouver son chemin. Il décida de s'asseoir contre un mur à côté de ce qu'il devina être une statue. Quelqu'un finirait bien par le retrouver s'il restait sur place. Il attendit, ressortant l'un des livres qu'il avait trouvé pour le feuilleter. Autant faire quelque chose d'utile.

Au bout de ce qui lui sembla être une éternité mais qui n'était en fait qu'une dizaine de minutes dans un silence pesant, il entendit enfin un léger bruit se rapprochant de plus en plus, le sortant de ces sentiments de solitude et de crainte de ne jamais trouver son chemin qui l'avaient prit quand il n'avait pas retrouvé ledit chemin. Il était sûr et certain que c'étaient des bruits de pas qu'il entendait. La démarche était souple et rapide, mais pas pressée… Les pas se stoppèrent l'enfant leva le visage vers l'endroit où il pensait sentir une présence le scrutant.

« Que faîtes-vous au troisième étage alors que vos camarades se trouvent au cours de vol ? » Entendit-il une voix grave qu'il reconnu appartenir à Quirrel même si étrangement il ne bégayait pas.

L'enfant répondit de sa douce voix, incertain de ce qui lui arriverait pour avoir manqué le cours même si ce n'était pas de sa faute. L'Oncle Vernon aimait bien le punir même quand ce n'était pas de sa faute…

« Je…je me suis perdu… » Déclara-t-il penaud. Et oui il se rendait compte qu'il était encore plus perdu qu'il ne le pensait puisque le bureau du directeur se trouvant dans une tour du deuxième étage en souhaitant retourner dehors il aurait dû descendre….Et il ne comprenait pas pourquoi il s'était retrouvé à l'étage supérieur… Foutus escaliers

Son vis-à-vis fronça les sourcils. « Perdu ? Mais vos camarades sont toujours avec vous habituellement, je les imagine mal vous laisser hors de leur vue. » Déclara le professeur en le fixant, ayant momentanément oublié pourquoi il parcourait le couloir.

Harry grimaça, c'est vrai qu'aucun de ses amis ne le quittait d'une semelle en dehors de la salle commune. Il était heureux d'avoir des amis mais quelques fois il avait besoin d'espace… Mais avec ce qui était arrivé aujourd'hui il était sûr de les remercier de le guider en permanence dans un lieu aussi grand. Il fini par répondre à l'homme qui le surplombait. « Le professeur Dumbledore m'a invité à son bureau et a renvoyé Théo en cours… En partant je me suis retrouvé seul dans une aile que je ne connais pas et… je me suis perdu. »

Le professeur au turban se fit silencieux quelques instants avant de s'insurger « Il vous à laissé seul sans guide ?! » Un petit hochement de tête lui répondit « Mais à quoi pense ce vieux fou ? » Marmonna l'enseignant avant de retourner son attention sur l'enfant. « Je vais vous amener dans mon bureau, de toutes façons il est trop tard pour le cours de vol d'aujourd'hui. Je n'ai pas cours alors je vous ramènerais à vos amis quand leur cours se terminera. » L'enfant acquiesça timidement avant de se lever en rangeant ses affaires. Il n'allait quand même pas refuser l'aide du professeur. Plutôt rater le cours plutôt que se retrouver une nouvelle fois seul dans le silence pesant.

L'homme au turban le guida silencieusement à travers les corridors encore vides à cette heure où tous se trouvaient en cours, sa main posée doucement sur l'épaule du jeune élève. Il ne comprenait vraiment pas ce que le vieux fou cherchait à faire en laissant le jeune aveugle livré à lui-même… Et bien tant mieux pour lui, il gagnait là où Dumbledore perdait du terrain. Ils arrivèrent devant la salle de défense et l'adulte invita le jeune à le suivre vers l'avant de la salle pour emprunter la porte menant à ses quartiers.

Ils entrèrent dans un bureau confortable qui ne sentait pas l'ail contrairement à la pièce précédente… Non elle sentait la cannelle et les épices d'après Harry, l'odeur donnait une impression de chaleur soutenue par le feu qu'il entendait crépiter dans la cheminée. Il y avait un bureau couvert de parchemins en face de la porte, au fond de la salle un escalier menant sûrement aux quartiers privés du professeur, et un coin salon comportant deux fauteuils face à la cheminée et une grande bibliothèque. Mais le jeune Harry ne voyait pas tout cela et attendait debout dans l'encadrement de la porte ne sachant pas que faire. Il sentit un mouvement devant lui et entendit un bruissement comme une pile de parchemin que l'on pose sur une surface. De nouveau un mouvement et il sentit la stature du sorcier face à lui le surplombant. L'homme l'invita à le suivre sur les fauteuils et le guida jusqu'au siège. Harry tâtonna un peu avant de s'asseoir… ce serait malheureux qu'il tombe parce qu'il avait mal calculé la distance entre le siège et lui.

Le silence s'égrena durant de nombreuses minutes, pesant sur la conscience du serpentard qui n'était pas à l'aise, encore moins en présence d'un adulte. De plus le regard perçant qu'il sentait sur lui n'avait rien pour le rassurer. L'homme fini par parler, le sortant de ses pensées.

« Poudlard vous plaît ? » questionna-t-il pour entamer la conversation.

La voix douce sortit timidement de la bouche du garçon de onze ans « Oui… Je n'aurais jamais cru qu'un tel lieu existe… Mais c'est tellement grand ! »

Un petit rire lui répondit alors que son visage se défaisait à son emportement. « J'avoue que le château est immense, moi-même je me suis perdu de nombreuses fois quand j'avais ton âge. » Recommença le plus vieux après s'être calmé. Il commença un peu à badiner pour détendre son élève, décrivant avec détails certaines parties de l'école que l'enfant ne pouvait voir.

L'homme fini par revenir à un sujet qui lui tenait à cœur, après tout Seigneur des Ténèbres ou pas il avait toujours voulu enseigner la Défense. Même si actuellement il était obligé de posséder l'un de ses fidèles il n'en restait pas moins lui-même… Et puis il ne pouvait pas se mentir, le gamin l'intriguait. Il était tellement différent de ce à quoi il s'était attendu… Tellement différent du griffondor héroïque, copie conforme de son père avec les yeux de sa mère, buté et qui ne suivait pas les règles. Peut-être pourrait-il le convaincre de rejoindre son camp ? Il voulait vraiment en savoir plus sur le petit brun

« Avez-vous des questions à propos de mes cours ? »

Harry réfléchit intensément, la tête légèrement penchée sur le côté, les sourcils froncés. Des questions ? Il en avait beaucoup… Maintenant il savait qu'il n'aurait pas assez de temps pour toutes les poser, il allait devoir choisir. « Vous nous avez parlé de la magie noire… » Débuta-t-il en cherchant ses mots, voulant que sa phrase soit bien formulée pour retranscrire son idée. « Mais comment on sépare la magie blanche et la magie noire ? »

L'homme fronça les sourcils bien qu'intérieurement il souriait, l'enfant se posait les bonnes questions… Maintenant il fallait qu'il lui réponde et l'intéresse à la magie noire sans l'effrayer. Ce serait bien plus difficile, surtout sans mentir. Mais les enfants étaient crédules, non ?

« La distinction est faite entre la magie dite blanche voire neutre que tout le monde peut utiliser, quoique certains sorts sont trop lumineux pour les personnes possédant un noyau sombre, et la magie noire qui quand à elle est bien plus puissante et sauvage, et aussi très addictive. Maintenant la distinction est faîte par le ministère. Au fil des siècles certaines magies ont été classées comme magie noire et interdite parce qu'elles étaient trop puissantes… » Il laissa sa phrase en suspens, attendant une réaction.

Réaction qui ne se fit pas attendre quand l'enfant haussa les sourcils, choqué, tellement digne que le professeur se demanda comment l'enfant avait pu acquérir une telle grâce en ayant vécu avec des moldus. Mais il n'aurait pas dû être surprit, tout chez l'enfant était grâce et mesure. Il ne disait jamais un mot plus haut que l'autre, restait souvent silencieux et quand il parlait c'était d'une voix douce et timide. Ses pas étaient toujours prudents, mais cela était sûrement dû à son manque de vue, et il se mouvait avec une grâce silencieuse qui attirait l'œil. Quirrel refixa son attention sur le moment présent en entendant la voix douce s'insurger.

« Tout ça parce qu'ils sont incapable d'utiliser la magie ils l'interdissent ? Mais c'est injuste !

_La vie est injuste Monsieur Potter. »

L'enfant hocha la tête et l'adulte cru entendre un faible « Je le sais » mais c'était peut-être un fruit de son imagination. Il allait continuer quand il avisa l'heure. Il fronça les sourcils, il n'avait pas vu le temps passer.

« Notre conversation était fort intéressante mais nous allons devoir l'écourter. Je ne pense pas que vous souhaitiez inquiéter vos amis. » L'enfant secoua la tête et se releva, attendant ses indications car il était totalement perdu dans cette pièce qui lui était inconnue. Certes il savait à peu près où se situait la sortie mais il préférait ne pas s'humilier en se perdant une nouvelle fois.

Le professeur le guida une nouvelle fois d'une main sur son épaule, quand une question qu'Harry se posait lui revint en mémoire. Il la posa timidement, véritablement curieux de la réponse mais ayant peur de se faire rabrouer par le professeur qui jusque là avait été gentil avec lui. « Monsieur… » Il sentit le regard de l'homme sur lui et déglutit nerveusement. « Pourquoi vous ne bégayez plus ? » L'homme se stoppa et le jeune serpentard eut peur d'avoir fait une bêtise, son regard fixant ses pieds même s'il ne pouvait pas les voir.

« Je pense que ne pas être devant une foule y est pour quelque chose, Monsieur Potter. » Déclara l'homme avant de reprendre la route comme si de rien n'était.

Ses amis s'étaient inquiétés en ne le voyant pas revenir, mais après s'être assuré qu'il allait bien ils le laissèrent expliquer son entrevue avec le proviseur. Leurs visages s'assombrirent de plus en plus en l'écoutant. Il y eut quelques instants de silence puis Draco n'y tint plus et explosa, envoyant le sang froid Malfoy aux oubliettes par la même occasion.

« Mais il est inconscient ou quoi ?! Te laisser seul dans le château… C'est comme s'il voulait que tu t'y perdes… Je refuse que tu te retrouve seul avec lui !... » Et il continua à déblatérer sur le dos du vieux directeur pendant un moment. Seule la remarque murmurée du petit aveugle le sorti de sa diatribe.

« Vous croyez…Vous croyez qu'il va m'envoyer à Griffondor ? » L'horreur gravée sur son visage et ses tremblements à l'idée de se retrouver avec des gens si extravertis et bruyants encouragea son ami brun à le prendre dans ses bras et lui caresser doucement les cheveux. Théo était triste du mouvement de recul de son ami à son geste même si après avoir compris qu'il ne voulait pas lui faire de mal il le laissa faire.

« Dumbledore n'a aucun droit de te placer dans une autre maison. Surtout une qui ne te conviens pas. Au pire s'il réussissait vraiment, il faudrait te retrier avec le Choixpeau. Si tu es heureux ici le Choixpeau ne te changera jamais de maison peut importe ce que veux le directeur. Donc tu vois, tu n'iras jamais à Griffondor. » Le rassura le brun. Intérieurement il se promit de prévenir son chef de maison au cas où le directeur arriverait à ses fins. De toutes façons Harry aurait toujours sa place ici, il était un serpent après tout peut importe ce que voulait Dumbledore. Mais oui, mieux valait prévenir Snape pour avoir la garantie que son ami ne sois jamais seul avec le vieillard.