S'était une vieille balançoire. Une buche deux bout de ficelle et un grand arbre au fond du jardin.

Dis-moi Lucy tu t'en souviens de cette balançoire ?

On adorait y aller les jours où on était au Terrier. C'était notre petit coin à nous, la balançoire qu'avait fabriquait grand-père Arthur sous notre chêne loin de celle où les grands riaient en se poussant. Ici on était dans notre bulle à tous les deux. Notre endroit loin du monde s'était une buche sur laquelle se balançait sous un immense chêne aux branches tombantes.
On s'y sentait si bien, on était loin des rires et des cris. Le calme régnait loin de notre famille si grande, si enthousiaste, si fatigante aussi et carrément envahissante. Là-bas on pouvait être ce qu'on voulait. Tu regardais le monde, assise sur la buche immobile, alors que moi je me balançais à m'envoler vers les nuages.
Sur notre vieille balançoire on rêvait. Je rêvais de voyages et d'aventures alors que toi tu contemplais le monde.
Il n'y avait personne pour nous juger, personne pour nous faire des remontrances à peine voilées.
Dans cet endroit coupé du monde je pouvais rêver du jour où je partirai enfin parcourir le monde et toi tu pouvais contempler le monde de tes beaux yeux gris avant de le raconter dans tes livres.
On n'était pas comme les autres Weasley, on était pas chahuteur et plein de vies comme nos frères, sœurs, cousins. Non on était de doux rêveur et on voulait découvrir, raconter le monde en devenant ethnologue-explorateur ou écrivaine-voyageuse.

Dis tu t'en souviens de cette buche Lucy, cette balançoire qui avait bercé notre enfance avant qu'on puisse enfin quitter le nid familial ?

C'était il y a si longtemps Lucy, si longtemps et pourtant je m'en souviens comme si c'était hier.
C'était avant que tu deviennes écrivaine, avant que tu partes t'installer dans les Monts d'Arrée là-bas si loin de l'autre côté de la Manche.
C'était avant que je devienne ethnologue et que je parcoure le monde à la recherche d'un civilisation sorcière vivant retirée du monde.
Tu me manque Lucy tu sais. Je suis revenu au terrier voire la famille lors d'un bref retour au pays, mais sans toi les réunions familiales n'ont pas la même saveur. J'aurai dut te le dire avant, que tu es ma cousine préférée, que tu es la seule qui me comprend avec tes yeux gris trop grand pour ton petit visage.