Rated Explicit pour ce chapitre (surtout pour le premier quart de l'histoire), M pour le reste.
Bonne lecture !
Quatre mois plus tard.
La Brigade Fantôme se réunissait à York Shin. Des enchères, paraissait-il. Cela fait quatre mois que Feitan n'a pas vu Phinks. Ils s'étaient envoyé quelques messages, mais sans plus. Même pas de rencontre, ni d'appels. Rien. Le brun l'avait mal vécu. Cependant, il comprenait le geste de Phinks. On ne savait jamais ce qui pouvait arriver. Ils avaient beau être très discrets et prudents, ils s'étaient quand même fait suivre, à Jiboro et Feitan en avait payé le prix. Il fallait qu'ils redoublent de vigilance désormais.
Le brun venait tout juste d'arriver avec Machi, Nobunaga et Franklin dans leur nouveau repaire. Mouais. Le boss avait vraiment des goûts pourris. Mais bon, il ne ferait pas de remarque. Ils étaient habitués à ce genre d'endroit depuis Meteor City et ce n'était l'histoire que de quelques jours. Ça allait être un gros coup tout de même tout le monde n'avait pas été pas réuni pour rien.
Le boss expliqua son plan. D'accord. Audacieux, mais faisable. Tous réunis, leurs chances de réussite en étaient décuplées. Ils bavardèrent un peu après ça, histoire de se demander des nouvelles après tant de temps passé loin des autres. Feitan finit par se retrouver avec Phinks et Sharnalk. Ils partageaient tous les trois un lien très fort et étaient heureux de se retrouver.
Sharnalk était le seul membre de la Brigade à savoir pour Phinks et lui. Ce n'était pas quelque chose qu'ils criaient sur les toits. D'ailleurs, c'était Sharnalk qui avait appris par lui-même. En fait, il les avait carrément surpris.
Oh, rien de bien grandiose. Pendant une mission en effectifs réduits, les deux s'étaient échangé un baiser discrètement derrière un mur. Sharnalk était arrivé à ce moment et avait tout vu. Il était resté bouché-bée avant de se fendre d'un sourire en clamant : « J'en était sûr ! ». Ils lui avaient alors expliqué leur relation et lui firent promettre de garder cette information pour lui. Feitan avait été particulièrement clair en lui détaillant ce qui lui arriverait s'il ne gardait pas sa langue dans sa poche. Sharnalk avait bien compris le message et les rassura en leur disant que de toute manière, il n'aurait aucun intérêt à divulguer l'info.
Vint un moment de leur discussion où ils arrivèrent à ce qui s'était passé quatre mois plus tôt.
- Et là, c'est comme si je m'endormais. Du moins, mon âme. Je sentais que quelqu'un d'autre avait pris le contrôle de mon corps.
- Et que s'est-il passé ensuite ? s'enquit Sharnalk.
Un silence tomba, les deux protagonistes de la scène se remémorant les douloureux souvenirs.
- Ce type a blessé Feitan.
Le ton de Phinks laissait à penser que blesser était ici un euphémisme.
- Mince…, dit Sharnalk tout bas. J'espère que tu n'as pas gardé de séquelles ? demanda-t-il en se tournant vers le brun.
- On va dire que je dois faire attention maintenant.
- C'est si grave que ça ?
Feitan resta silencieux un moment avant de dire :
- Ce type m'a pas raté.
La manière dont il dit cette dernière phrase indiqua à Sharnalk de ne pas poursuivre ses questions. Ils changèrent de sujet et se séparèrent ensuite. Chacun vaqua à une occupation pour passer le temps. Il n'y avait pas beaucoup de chose à faire dans ce bâtiment. Quelques-uns décidèrent de partir faire un tour en ville. Feitan, lui, préféra rester.
- Blessure douloureuse ? lui demanda soudain Chrollo alors que l'asiatique passait devant lui.
Il était perspicace, Feitan le savait. Le chef avait bien vu que malgré tous ses efforts, le brun boîtait légèrement. Sa blessure à la jambe le faisait encore souffrir. Les autres étaient pratiquement résorbées – même s'il sentait de temps en temps un pic de douleur à certains endroits particuliers. Il se demandait si ce qu'il ressentait à la jambe n'était pas surtout dû à un choc psychologique. À ce moment-là, il avait vraiment cru que sa jambe serait fichue.
- Presque plus.
- J'espère quand même que ça ne t'empêchera pas de participer. Ça serait dommage.
Feitan le regarda un moment puis continua son chemin. Il préférait ne pas y penser pour le moment.
Il arriva dans un couloir, loin de la salle commune. Vraiment délabrés ces immeubles. Vu leur état, il s'agissait sans doute d'un projet de construction abandonné. Il regarda par la fenêtre les autres bâtiments similaires.
Soudain une ombre apparut dans son dos. Il se retourna vivement, même s'il savait déjà de qui il s'agissait.
- Phinks.
- C'est dangereux de te balader seul.
Cela fit sourire Feitan.
- Tu penses vraiment que j'ai besoin qu'on me tienne la main ?
Phinks avança vers lui, le dominant de toute sa hauteur.
- Je n'ai pas le droit de m'inquiéter ?
- Tu t'inquiètes toujours trop.
Feitan attira Phinks à lui en même temps que ce dernier se penchait. Il l'embrassa passionnément. Quatre mois sans le moindre contact. Ça avait été trop long. Le blond le tint à la taille et lui répondit de la même manière.
Quand ils se séparèrent, le brun demanda :
- Pourquoi tu n'as pas voulu qu'on se voit ?
- Ce mec pouvait être partout, Fei. Je ne pouvais pas prendre ce risque.
- Et qui te dit qu'il ne serait pas là ?
- La Brigade est au complet. Seul un fou suicidaire viendrait sur notre territoire pour nous attaquer.
Il marquait un point, c'est vrai. Se jeter dans la cage aux lions était une très mauvaise idée. Feitan soupira. Peut-être étaient-ils enfin tranquilles. Du moins, le temps de faire ce coup aux enchères.
Ils bavardèrent ensemble un moment et décidèrent d'en profiter pour célébrer leurs retrouvailles de manière un peu plus intime. La dernière fois avait été interrompue quelque peu brutalement et depuis le temps qu'ils gardaient cette passion enfouie au plus profond d'eux, leur désir avait eu le temps de devenir envahissant.
Ils allèrent dans un bâtiment plus éloigné de leur point de rassemblement. Quand ils eurent trouvé une pièce à peu près confortable, ils se lâchèrent. Après s'être échangé un baiser des plus bestial et s'être ôté leurs vêtements dans la même foulée, le plus petit offrit une fellation au blond.
Lorsque Phinks était dans un tel état de désir, il ne se contrôlait plus. Il se montrait dominant et brutal, quitte à blesser Feitan dans son élan. Heureusement, ce dernier s'en fichait. Il appréciait ce genre de rapport et si ça dérapait, il savait dire à Phinks qu'il avait été un peu loin. Dans ces moments-là, le blond se confondait en excuses, inconscient du pouvoir de sa force sur le corps de son amant. Feitan aimait bien le voir faire tomber le masque, il trouvait ça mignon et cela avait toujours l'effet de lui pardonner immédiatement. Il savait bien qu'il ne faisait pas exprès.
Après que le brun ait fait passer et repasser sa langue sur son membre tout en le regardant, Phinks le décolla de lui, le souleva, le plaqua contre le mur en béton, à sa hauteur, l'embrassa et lui fit des suçons dans le cou tout en lui massant son entrée. Feitan ne manquait pas de gémir à chaque attention un peu plus brutale de Phinks, il savait que ça l'excitait. Il poussa un petit cri lorsque deux doigts entrèrent en lui et y firent plusieurs allers-retours.
- Parle-moi, lui susurra Feitan à l'oreille.
La chose qu'adorait l'asiatique était le dirty-talk. Cela l'excitait à un point…
- T'as vraiment besoin de ça en plus ? Tu ne tiendras jamais.
- Je t'ai déjà… déçu ?
- Jamais, mais qui sait peut-être que cette fois, je pourrais te faire jouir plus vite que prévu. Tu as vu ton état avec juste deux doigts ? Et encore je ne vais pas très profond.
- Plus profond alors.
Phinks ralentit au minimum sa cadence en enfonçant ses doigts le plus loin possible jusqu'à toucher sa prostate. Feitan rejeta la tête en arrière et émit un gémissement sonore.
- Encore !
- Totalement dépravé… Tu sais que je peux te faire n'importe quoi dans cette position ? Tu es… totalement à ma merci.
Il ressortit ses doigts et les renfonça beaucoup plus brutalement ce qui fit crier de plaisir le petit. Il réitéra le geste plusieurs fois. Il sentait son sexe dressé réagir à chaque fois contre son ventre.
- Et t'en redemandes ? Tu te rends compte de l'état dans lequel te mettent seulement deux doigts ? Tu ne vas tout de même pas jouir avant de m'avoir donné satisfaction ?
- Alors… prends-moi…, implora-t-il entre deux respirations saccadées.
Phinks ne se fit pas attendre. Il retira ses doigts et plaça son sexe à son entrée. Il le pénétra doucement et, une fois qu'il sentit qu'il était bien rentré, il frappa durement contre sa prostate. Feitan planta ses ongles dans les épaules de Phinks et cria de plaisir.
- Regarde-toi, lui susurra Phinks dans l'oreille, incapable de te contrôler. Je suis sûr que tu ne pourrais pas tenir plus de quelques secondes sans ouvrir la bouche.
Le brun le prit comme un défi, et malgré son état, il décida de jouer le jeu. Il scella ses lèvres et ravala ses gémissements à mesure que le blond le pénétrait. Il ferma fort les yeux et baissa la tête. Il avait envie de crier, de montrer à son amant qu'il était parfait. Mais il était hors de question de perdre un défi. Soudain, la main de Phinks souleva son menton.
- Je veux que tu me regardes dans les yeux.
Il continuait de frapper contre sa prostate et Feitan voulait baisser la tête pour réprimer ses gémissements, mais la main de Phinks était là pour le maintenir fermement droit. Son visage trahissait les gémissements qu'il réprimait. Il sentit qu'il était sur le point de jouir, de même que Phinks qui lâcha son menton pour attraper son membre palpitant. Il y exerça plusieurs pressions et les gémissements refoulés du brun devinrent beaucoup plus aigus. Phinks colla son corps contre le sien et donna l'ultime coup. Des étoiles dans les yeux, Feitan cria sa délivrance dans l'épaule de Phinks tout en lui laissant des marques sur la peau. Le blond ne tarda pas à venir quelques secondes après lui.
Ils s'assirent contre le mur pour reprendre leur souffle.
- Bordel, ça m'avait manqué, dit Phinks.
- La faute à qui ?
- C'était pour ton bien.
- N'empêche.
Le blond sortit une cigarette pendant que le plus petit commençait à se rhabiller.
- Vas-y moins fort la prochaine fois, les autres vont voir que j'ai du mal à marcher. J'ai pas envie de devoir m'expliquer.
- C'est toi qui me l'as demandé, inverse pas les rôles, rit doucement Phinks. D'ailleurs… tu boîtais déjà avant, non ?
Feitan s'arrêta dans ses gestes et le regarda. Lui aussi avait remarqué ? Il ne répondit rien et reprit son habillage.
- C'est ta jambe ?
Pas de réponse.
- Hey, tu sais… j'ai téléphoné à Tabrius l'autre jour et il m'a dit que ta jambe mettrait plus de temps à guérir.
Phinks ne lui apprenait rien, Feitan le savait bien. Comme il s'en servait, forcément, la guérison était ralentie. Et il était hors de question de se trimballer en fauteuil roulant d'ici la complète ressoudure de ses os.
Phinks se rhabilla à son tour.
- Tu t'inquiètes, ça se voit, fit le blond.
- Ce type m'a brisé la jambe, et j'ai dû arrêter mes activités pendant deux semaines. Et encore, je ne compte pas le moment où je me suis déplacé avec béquille…
Il s'arrêta un instant, le regard fixant un point invisible sur le sol.
- M'enlever mes jambes reviendrait à me tuer, dit-il dans un murmure.
Il commença à sortir de la pièce. Phinks finit de se rhabiller rapidement et le rattrapa par le bras. Il s'arrangea pour lui faire face.
- Si jamais ce type revient, il n'aura même pas le temps de prendre possession de quiconque. Je l'aurais tué avant.
L'asiatique ne répondit rien.
Ils retournèrent au point de rassemblement.
~('_ ' ~)
Le vol des enchères se déroula très bien, ce n'était pas la première fois qu'ils le faisaient. C'était certes un gros coup, mais pour eux, rien n'était difficile. Il se remémorèrent en silence ce qu'il s'était passé la dernière fois qu'ils étaient venus.
La mort d'Uvo. La mort de Paku. La disparition du chef.
Ça n'avait pas été facile à accepter, ils se connaissaient depuis tellement d'années. Mais ils s'étaient vite rendus à l'évidence. La mort faisait partie d'eux. Ils la côtoyaient depuis leur venue au monde. C'était leur pain quotidien. Combien d'autres camarades avaient-ils perdu avant eux ? Au début, à Meteor City, ils étaient un groupe beaucoup plus nombreux, puis, l'idée de la mise en place de la Brigade avait impliqué qu'une sélection soit faite. Une majorité n'y avait pas survécu, dont beaucoup de leurs amis.
Cela faisait trois jours qu'ils étaient là et depuis trois jours, le duo s'éloignait parfois du groupe pour aller prendre du bon temps. Cette fois serait la quatrième. Danchou leur avait indiqué qu'ils en avaient fini avec l'inventaire et qu'ils pouvaient disposer. Ce qu'ils faisaient ensuite ne l'intéressait pas.
Phinks et Feitan s'étaient éclipsés sans que personne ne les remarque. Ils savaient se montrer très discrets – ce qui n'était pas plus mal pour des voleurs de leur rang. Ils partirent vers la pièce qu'ils s'étaient trouvé à leur arrivée. À peine arrivés, ils s'embrassèrent passionnément. Feitan sentit quelque chose de différent en Phinks pendant ce baiser. Voulait-il lui montrer quelque chose de nouveau ? L'asiatique n'était pas contre un peu d'évolution dans leurs rapports.
Tout en l'embrassant, Phinks l'allongea sur le sol. Ce soir, c'est lui qui prenait les rennes. Feitan en avait eu l'occasion la deuxième fois, mais pas depuis. Ils décidaient ça à pile ou face. Le plus petit passa ses bras autour du cou du blond pendant que ce dernier glissa une main sous les vêtements de Feitan. Il caressa la peau de son torse et vint la placer au niveau de ses côtes.
Il referma son emprise et plusieurs bruits sourds se firent entendre. Feitan gémit et se dégagea de lui.
- Mais qu'est-ce que tu-
Il s'arrêta dans sa phrase à mesure que toute couleur quittait son visage. Les lèvres de Phinks étaient déformées en un rictus. Feitan comprit tout de suite.
Il ne put réagir à temps. Phinks lui attrapa le bras et le lui cassa, provoquant un nouveau gémissement. Il était maintenu fermement au sol.
Ses côtes lui faisaient un mal de chien. Il s'agissait justement de celles qui avaient déjà été cassées la fois précédente. Elles devaient être encore un peu fragile, normal qu'il n'ait eu aucun mal à les briser. Feitan sentit du sang remonter dans sa bouche. Il toussa et sentit un filet humide tomber sur son menton. Merde. Chaque respiration devenait compliquée. Il ne fallait pas qu'il panique.
- Je t'ai manqué ? demanda l'imposteur.
- Ferme-la.
- Toujours aussi vulgaire… Tu sais, j'ai beaucoup appris de mes erreurs de la dernière fois. Comme tu as pu le voir, je ne peux pas occuper ce corps très longtemps. Et j'estime avoir quand même un peu le droit de jouer avec toi. Alors… j'ai décidé d'accélérer un peu les choses cette fois-ci.
D'un coup sec, il lui déboîta les deux bras. Nouveau gémissement. Il se retenait des pousser des cris plus puissants, il avait mal, même très mal, mais il ne fallait pas lui donner satisfaction. Surtout pas ou c'était signer son arrêt de mort.
Et pourtant, ce que Feitan ignorait, c'est qu'il s'agissait plutôt du contraire.
- Aies au moins le courage de faire ça en personne…, articula-t-il.
- Alors que j'ai ce formidable pouvoir ? Haha, non ! Ce serait du suicide ! Et puis, ça doit être à la fois effrayant et excitant de se faire démolir par son amant, non ?
Feitan lui lança un regard noir qui n'eut aucun effet.
Phinks continua.
- Bon, comme je te l'ai dit, j'aimerai abréger certaines étapes, il ne faut pas que je perde de temps en paroles inutiles.
Il attrapa l'autre côté de sa cage thoracique et la pressa, pressa, pressa entre ses doigts jusqu'à ce que de nouveau bruits sourds se fassent entendre. Feitan cria. Cette fois, il en était sûr, il avait senti quelque chose de pointu se planter dans son poumon. Il essaya d'inspirer et arrêta aussitôt. Non, s'il faisait ça, il y laisserait la peau en quelques minutes. Il essaya de se calmer, il faudrait qu'il prenne de petites inspirations à partir de maintenant.
Il essaya de se dégager mais l'autre s'était assis sur son bassin.
- Casse-… toi…
- Ironique venant de quelqu'un qui est en train d'être cassé.
Phinks commença à bouger en arrière. Feitan y vu une porte de sortie. Il avait l'impression de revivre la même chose que la dernière fois. Avant même qu'il ne se dégage, l'imposteur l'attrapa par la cheville.
- Alors là, mon cher, si tu crois que je vais me faire avoir comme la dernière fois, tu te mets le doigts dans l'œil.
Il le tira violemment contre lui, ce qui arracha un nouveau gémissement à Feitan. Il réfléchissait à toute vitesse pour trouver une idée d'échappatoire mais plus les secondes passaient, plus ses chances s'amenuisaient.
Cela s'était passé tellement vite qu'il n'avait pas pris le temps de ressentir la douleur comme la dernière fois. Tout le haut de son corps n'était désormais qu'une plaie béante. Ses épaules déboîtées tiraient sur ses muscles, tous ses os cassés criaient et ses poumons hurlants étaient en train d'être percés par ses côtes fracturées.
Il était en très mauvaise posture. Et une désagréable sensation lui disait que ce serait sûrement pire que la dernière fois.
Phinks plaça son bassin contre lui de sorte à mettre ses jambes de chaque côté. Un frisson parcourut l'asiatique et il comprit qu'il accélérait pour pouvoir lui faire subir ce qu'il n'avait pu faire la dernière fois. Il prit une grande inspiration qui se soldat à mi-parcours par un cri de douleur.
Il devait se tirer de là, il le devait absolument ! Mais comment faire ? Il était totalement à sa merci…
- Phinks ! tenta-t-il.
- Laisse tomber, il ne t'entend pas.
Le faux Phinks dirigea sa main vers l'entrejambe du brun. Feitan réagit avec ce qu'il lui restait : ses jambes. Il tenta de lui donner un coup, mais l'imposteur avait même anticipé ça. Il lui saisit la jambe pour le stopper. Il sourit machiavéliquement.
- Tu ne te souviens pas ce qui t'es arrivé la dernière fois que j'ai touché à une de tes précieuses jambes ?
Feitan se raidit. Cet enfoiré n'allait quand même pas-
- Eh bien, vu que la leçon n'a pas été comprise, on va recommencer.
Le brun blêmit.
Pas ses jambes…
Tout mais pas ça…
Phinks lui prit la cuisse et la brisa d'un coup. La force de l'impact lui fit rejeter la tête en arrière, et le brun écarquilla les yeux. Il sentit son os déchirer sa chair. Il hurla. Et il lui sembla que toutes les blessures de son corps hurlèrent avec lui.
Cette douleur… c'était la pire… Il sentit le sang remonter sa gorge et faillit s'étouffer avec. Il toussa, mais ça ne fit que faire empirer la pression sur ses poumons. Son tortionnaire ne lui laissa pas plus de répit et laissa retomber mollement la jambe blessée. Il se saisit de l'autre.
- Comme je sens que tu vas continuer de tenter de t'enfuir, je vais te devancer sur ce coup-là.
Phinks lui écrasa le genou gauche, le réduisit en bouillie d'os et de chair. Feitan hurla de nouveau.
Il avait envie de pleurer, d'appeler à l'aide, mais cela lui était impossible. Hors de question de faire plaisir à ce taré. Et puis… il n'en avait plus la force.
Alors qu'il tentait de se calmer, le blond colla son entrejambe contre le sien.
- Je suppose que ce qui va suivre ne va pas te déranger. Après tout, tu es bien habitué à son corps, non ? Vu le nombre de fois où vous l'avez fait ces derniers jours, je pense que tu es bien préparé.
À mesure qu'il parlait, il s'était penché au-dessus de Feitan. Son visage n'était plus qu'à quelques centimètres du sien. Feitan écarquilla les yeux à son annonce.
- Comment je le sais ? anticipa-t-il. Ça fait plusieurs jours que je vous suis à la trace. Je vous ai bien observé.
Feitan ne fut qu'à peine rassuré. En l'espace d'un instant, il avait cru que Phinks se faisait manipuler depuis le début. L'autre continua :
- Et… je dois bien avouer que c'était assez excitant de vous regarder. Je veux essayer par moi-même maintenant.
Il glissa sa main le long du torse du plus petit et passa sous l'élastique de son pantalon, puis de son caleçon. Feitan ne réagissait plus. Maintenant que ses jambes étaient brisées, il l'était aussi. Un profond désespoir l'envahit.
- Ça n'a pas l'air de te faire de l'effet… pourtant, tu aimes ça d'habitude, non ?
Le brun ne répondit pas.
- On va passer à la vitesse supérieure alors.
- Je pense que c'est assez, fit une voix derrière lui.
Phinks s'arrêta aussitôt dans ses gestes et leva la tête. Un sourire se dessina sur ses lèvres.
- Dommage, on arrive au plus intéressant.
- Mort, il ne nous est d'aucune utilité.
- Allez, encore un os et je vous le passe !
L'homme s'approcha d'eux deux. Feitan le vit au-dessus de lui. Sa vue était floue, il n'arrivait pas à discerner ses traits.
- Arrête-là. Si tu l'abîmes de trop, ses gémissements me feront le tuer trop rapidement. Et ce n'est pas ce que le chef veut.
Merde, il était tombé sur un gang rival ? Comment pouvaient-ils être ici avec la Brigade Fantôme dans les environs ? Pourquoi ne s'étaient-ils pas déjà faits repérer ?
- Assez bavardé, dit une nouvelle voix masculine, un peu plus grave. On l'embarque. Ne traînons pas ici.
L'imposteur se releva, mais Feitan ne pouvait toujours pas bouger. Il n'en avait plus l'envie et même avec de la volonté, c'était impossible. Un homme baraqué s'approcha de lui et le souleva du sol. Le petit gémit et cracha du sang. Il se demanda s'il avait encore un endroit dans son corps qui ne lui faisait pas mal.
- Et lui, qu'est-ce qu'on en fait ? demanda le faux Phinks en désignant son corps.
- Attend un peu ici, le temps qu'on l'emmène. S'il reprend trop vite le contrôle de son corps, on sera dans de beaux draps.
Phinks s'assit pas terre.
- Juste quelques minutes, hein. Il faut aussi que mon vrai corps puisse redescendre.
- Ne tarde pas trop quand même.
L'asiatique vit le nouvel homme se diriger vers lui avec un chiffon. Il devina la suite aussitôt et tenta de se redresser. Il cracha du sang et revint à sa position initiale, impuissant face à ce qui allait lui arriver. L'homme s'accroupit au-dessus de lui et lui colla un chiffon sur la bouche et le nez. À bout de forces, Feitan ne put absolument rien faire. Il s'endormit le cœur battant d'incertitude.
{/ O}/
Lorsqu'il se réveilla, il était assis sur une chaise. Sa tête était penchée en avant. Il la redressa douloureusement pensant qu'il aurait sûrement un torticolis à force d'être resté dans cette position longtemps. Il essaya de bouger mais fut aussitôt arrêté par des douleurs fulgurantes venant de ses bras et jambes. Il gémit et regarda son état de plus prêt.
Il sentit son sang quitter son visage quand il vit l'état de ses jambes. Son cœur s'affola. Il regarda précipitamment autour de lui. Il devait sortir. Il ne devait pas rester ici une minute de plus. Il DEVAIT SORTIR.
- Cherche autant que tu veux. De toute façon, même si la porte était grande ouverte, tu ne pourrais pas sortir d'ici dans ton état actuel, fit une voix masculine qui lui était familière.
Il tourna la tête et vit qu'à sa gauche se tenait, assis sur une chaise, un homme d'une quarantaine d'années. Il était calme.
- Ce n'est pas pour rien que nous t'avons fait venir ici.
Feitan ne répondit pas. Il essayait d'évaluer s'il pourrait tous les carboniser en déployant Pain Packer.
- Nous savons qui tu es. Une de nos recrues a une dette personnelle envers toi. Ça nous a donné une bonne occasion de t'enlever pour te soutirer des informations.
Cela fit rire doucement l'asiatique. Il ne répondit rien. D'ailleurs, il ne dirait pas un mot. S'il devait passer ses derniers instants dans cette pièce miteuse, alors il acceptait son destin. De toute manière, il était inutile à qui que ce soit maintenant qu'il ne pouvait plus se servir de ses jambes. Son cœur se serra à cette pensée.
Il savait aussi qu'il n'avait aucune valeur en tant qu'otage. Du moment que Danchou était encore là, alors tout allait bien. Il n'était pas un élément essentiel à la Brigade Fantôme. Il serait remplaçable facilement.
- Nous voulons des informations sur les pouvoirs de tes coéquipiers.
Cela fit encore rire Feitan. On aurait dit qu'ils avaient fait exprès de le prendre lui, histoire d'avoir le plus de fil à retordre. Il s'agissait probablement d'amateurs. Ils n'avaient pas fait de recherches sur eux, ce n'était pas possible autrement.
Conformément à ce qu'il avait décidé, il ne dit pas un mot. L'homme baissa la tête et murmura un très bien. Puis, il se leva et se dirigea lentement vers Feitan avant de violemment lui asséner un coup de poing dans les côtes.
Le brun hurla, cri bientôt arrêté par du sang remontant dans sa gorge. Il le cracha et un pic de douleur vint transpercer ses poumons déjà bien amochés.
- J'oubliais : ici, tu es au sixième sous-sol d'un complexe militaire abandonné. Alors même si tes compagnons te cherchent, jamais ils ne pourront te trouver ici.
Ils ne viendront pas me chercher, pensa Feitan. Je me suis mis dans cette situation, je dois m'en sortir tout seul.
- Alors, quelques soient tes capacités, tu ne pourras jamais t'en servir ici.
Feitan réfléchissait à toute vitesse en dépit de la souffrance qui lui brûlait le corps. Quelle portée pourrait avoir son pouvoir ? Est-ce qu'il pourrait vraiment s'en servir ici ? S'il était loin sous la terre, il pourrait s'enterrer vivant… ce n'était peut-être pas la bonne solution. Il allait falloir qu'il utilise une autre propriété de son pouvoir, mais laquelle ?
Il entendait l'autre lui poser des questions et parler tout seul. Ridicule.
Soudain la porte s'ouvrit et une jeune femme à l'air sévère et dédaigneux se présenta devant lui. Il soutint son regard. Elle se pencha tout près de lui en s'appuyant bien sur les blessures de ses jambes. Les yeux dans les yeux, il ne put réprimer un cri de douleur.
- Eh bien ? C'est tout ? Tu m'offrais un meilleur spectacle les autres fois.
Les yeux de Feitan s'agrandirent quand il réalisa qui elle était.
- Pourriture, articula-t-il malgré ses difficultés respiratoires.
- Je me disais bien que tu n'étais pas muet, nota l'homme.
- La seule pourriture qu'il y a ici, c'est toi, dit-elle. Tu n'as que ce que tu mérites.
Pour appuyer ses propos, elle enfonça ses pouces dans le creux de ses épaules déboîtées. Le brun se tordit de douleur en gémissant.
- Tu peux bien… m'expliquer… maintenant, articula-t-il difficilement entre ses dents. J'aimerais savoir… pourquoi tu as… une telle passion… pour moi…
La femme le regarda droit dans les yeux et son regarda se fit encore plus perçant. Cela n'eut aucun effet sur Feitan.
- Tu as tué mon époux, mon frère et mon père. Ils géraient la Fleur Incandescente. J'étais aussi sur le bateau quand tu l'as brûlé. Je me suis précipitée dans la cabine de mon père et le spectacle que j'ai vu…
Elle s'arrêta et des larmes de rage lui montèrent aux yeux.
- Tu… tu les avais massacrés ! Ce n'était même pas humain !
Feitan commençait sérieusement à avoir chaud. La fièvre qu'il ressentait depuis qu'il s'était réveillé s'intensifia d'un coup. Il commença à avoir des vertiges. Que venait de dire cette folle ? Ah oui, sa faute, blablabla. Bon, quitte à faire le malin, autant rentrer dans son jeu.
- N'inverse… pas les rôles. Le petit commerce… illégal… de ta famille… méritait qu'ils… périssent…
- Tu n'avais pas à te mêler de ça !
- Et je ne… regrette rien…, sourit-il.
- ENFLURE !
Elle lui donna des coups dans les jambes. Feitan hurla et hurla encore. Sa tête tournait, son corps brûlait. Il ne pouvait plus se retenir. Une main vint se refermer autour de son cou, stoppant sa respiration déjà difficile.
Feitan ne riait plus. La nausée le prit. Il vit des étoiles dans ses yeux. Puis, juste avant qu'il ne s'évanouisse, sa combinaison de samouraï se matérialisa autour de lui. Et plus rien.
( ' u')
Quand il recouvra ses esprits, il était toujours au même endroit.
À la différence près que tout était noir et carbonisé autour de lui. Il vit deux corps noircis près de la sortie de la pièce. Au moins, il avait eu le connard et la connasse.
Vu les marques de brûlures, son corps avait activité Super Nova après Pain Packer. Il espérait juste que les fondations du complexe étaient encore solides.
Il préféra ne pas attendre trop longtemps avant de le savoir.
Il fallait qu'il agisse efficacement.
Il ne pourrait pas se servir de ses jambes. Ne lui restait plus que ses bras… déboîtés… Pas le choix.
Fort heureusement, ces imbéciles ne l'avaient même pas attaché compte tenu de son état. Feitan se laissa tomber lourdement sur le sol à gauche.
CLAC !
Il cria. Allez… un bras de réemboîté.
Il s'assit et saisit l'autre. D'un coup sec, il le remit dans l'articulation.
CLAC !
Il cria de nouveau. La douleur s'estompa rapidement puisque celle de ses jambes monopolisait tout son système nerveux. Ce bras-ci, il ne pourrait pas trop s'en servir puisque la fille lui avait cassé.
Il rampa en direction de la porte. Droite ou gauche ? Il se concentra et projeta son aura. Il trouva un escalier sur la gauche.
Il rampa. Rampa encore. C'était vraiment difficile avec un seul bras. Traverser les escaliers était le pire. L'angle des marches appuyait sur sa cage thoracique cassée et lui arrachait des hurlements qu'il n'aurait jamais poussé s'il n'avait pas été seul.
Il s'arrêta après trois étages, haletant et en nage.
Est-ce que les autres le cherchaient ? Est-ce que Phinks allait bien ? Une floppée de questions se bousculaient dans sa tête. Il eut rapidement le tournis. Il était totalement déshydraté. Il ne tiendrait plus longtemps…
« (._ . « )
- Il est là !
- C'est bien lui, vous êtes sûrs ?
- Aucun doute !
- Bon sang, il est arrivé jusque-là ?!
Ces voix… est-ce qu'elles étaient réelles ? Elles lui semblaient si loin… Il était en plein délire. C'étaient les effets combinés de tout son état.
Il fut soudain soulevé du sol. Il atterrit contre quelque chose de doux et chaud.
Ça devait être ça le paradis. Enfin, si tenté qu'il y en ait un. Sinon, sa place à lui serait plutôt en enfer.
Il fut balloté doucement. Il se sentit repartir et s'évanouit de nouveau.
(/ ° n°)/
Il se réveilla dans un lieu qu'il ne connaissait pas. Encore. Il fallait que ça cesse d'être une habitude. Il était dans un lit, ça se sentait au confort. Il ouvrit les yeux et vit ses compagnons d'armes à ses côtés.
- Il est réveillé.
Tout le monde présent s'attroupa autour de lui. Il les regarda, surpris.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda-t-il faiblement.
- Tu as été blessé Feitan. C'est fini maintenant.
Il se redressa à l'aide de ses bras. Il se sentait nauséeux.
- Cette femme.
- Morte. Et tout le reste de leur groupe aussi.
- Okay-
- Feitan, il y a quelque chose qu'il faut que tu saches. Avant que tu tentes quoi que ce soit, commença Sharnalk.
- … oui ?
- Tu te souviens que tu as été très blessé ? demanda Phinks en prenant le relais. Tes blessures… se sont révélées beaucoup plus graves que prévues.
L'asiatique haussa des sourcils, se demandant où ils voulaient en venir. Il prit une inspiration. Du côté de sa cage thoracique, il avait l'air en forme. Il avait utilisé ses bras pour se relever, donc là aussi, ça allait. Il s'arrêta aussitôt de penser lorsqu'il réalisa la partie de son corps qu'il n'avait pas encore inspectée. Il sentit le sang quitter son visage. Il baissa lentement la tête en même temps que son regard.
Il écarquilla les yeux.
Pourquoi ses jambes ne faisaient-elles pas plus de bosses sous le drap. Il le souleva aussitôt et afficha une expression d'horreur. Il resta à les observer pendant une durée indéfinie. Une voix parvint faiblement à ses oreilles, comme si elle venait de loin. Elle disait qu'ils n'avaient pas eu le choix, que ses blessures étaient trop importantes.
Sa jambe droite, celle qui avait eu la cuisse brisée s'arrêtait une dizaine de centimètres en-dessous de son bassin. La gauche, juste au-dessus du genou. Elles étaient bandées.
Deux gouttes d'eau tombèrent sur ses vêtements. Puis plusieurs autres les rejoignirent.
La salle se vida. Quelqu'un s'assit à côté de lui et posa ses mains sur les siennes pour lui faire baisser le drap. Il fallait qu'il quitte cette vision d'horreur.
- Feitan… Feitan !
Le son revint à ses oreilles en même temps qu'il rejoignait la réalité. Tout le monde était parti. Il ne restait plus que Phinks avec lui. Feitan remonta lentement son visage vers lui.
- Phinks… mes jambes…
L'air de Phinks était douloureux. Il imaginait très bien l'état d'incompréhension dans lequel se trouvait son ami.
- Je suis désolé, Feitan…
Les larmes dévalaient son visage sans qu'il puisse y changer quoi que ce soit. Il se prit le visage dans les mains et commença à sangloter. Phinks se rapprocha de lui et le prit dans ses bras. Ce fut comme un déclencheur et le pauvre brun se laissa aller à ses émotions.
Il venait de perdre la chose qui comptait le plus à ses yeux : le symbole de sa liberté.
Phinks ne savait pas vraiment comment réconforter son ami. Il savait très bien que la perte de ses jambes était une épreuve pire que la mort à affronter. Il sentait Feitan avoir des spasmes dans ses bras. L'avait-il déjà vu plus démuni ? Non, il ne s'en souvenait pas. Il avait vu beaucoup de facettes du brun, mais celle-ci, il aurait préféré ne jamais y être confronté.
- Tu sais, Fei, il existe des moyens de te rendre tes jambes.
Feitan releva le visage vers lui et lui demanda d'une petite voix :
- Quoi ?
- Des prothèses existent. Elles coûtent cher, mais tu sais bien que l'argent n'est pas difficile à trouver avec nous.
Phinks tenta de sourire pour l'apaiser. Le brun réfléchit un instant à ses paroles.
- Donc, je pourrais remarcher ?
- Oui et même courir, tout ce que tu veux ! Ils disent même que des records de vitesse sont battus avec ces prothèses !
- Je ne sais pas, Phinks…
Le blond tomba des nues.
- Comment ça ?
Feitan hésita.
- Je me suis fait torturer par une femme qui n'avait pas le cinquième de mon pouvoir… Comment je peux avoir ma place dans la Brigade maintenant ?
Il était toujours contre lui, le regard douloureux. Il était en train de se passer beaucoup de choses dans sa tête et il fallait que Phinks y mette un terme rapidement.
- Bien sûr que tu as toujours ta place. Tu es irremplaçable, Fei. Tout le monde te le dirait. Et puis, tu penses vraiment que Kuroro te laisserait dans tes embrouilles tout seul ? On reste unis. Si un membre est blessé, c'est toute l'Araignée qui est touchée aussi. On va veiller à ce que tu ailles mieux, ça je peux te le garantir.
- Et… si vous décidiez que c'est pas la peine… ?
- On en a parlé pendant que tu étais dans le coma. Tout le monde était d'accord. Personne n'a remis en question le fait de t'aider.
- Quoi ? Dans le coma ?
Phinks s'arrêta net. Ah oui. C'est vrai. Ils n'avaient pas vraiment eu le temps de lui dire.
- Tu as été mis dans un coma artificiel pendant un mois.
Feitan releva aussitôt la tête vers lui. Ce n'est que là que Phinks vit les cernes qui soulignaient ses yeux. Il s'attendait à cette réaction. Et encore, il n'avait pas appris le reste. Il lui donna des explications.
- Tu ne pouvais pratiquement plus respirer lorsqu'on t'a retrouvé. Tes poumons étaient dans un très sale état. On s'est même demandé si tu allais survivre. Les médecins ont préféré t'endormir, histoire que ton corps récupère le plus possible.
Feitan encaissa, bouche-bée. Puis finalement, il murmura :
- C'était pas la peine de me réveiller…
Phinks soupira. Vu comment c'était parti, il allait devoir jouer les psychologues un moment. Et ce ne serait pas facile. Feitan avait quand même perdu ce à quoi il tenait le plus au monde.
- Fei. Cette épreuve, on la traversera ensemble.
- Facile à dire quand tu as tes deux jambes…
Phinks se mit une claque mentale. Il allait devoir faire attention aux mots qu'il emploierait.
- Ce que je veux dire, c'est que tu n'es pas seul. Tout le monde est là pour te soutenir et en moins de temps qu'il le faudra, tu seras rétabli !
Son énergie fut visiblement communicative puisqu'il sentit Feitan réfléchir. Il décida de ne pas lâcher l'affaire.
- Tu imagines les prouesses que tu vas faire avec tes nouvelles jambes ? Tu étais déjà le plus rapide d'entre nous, là, tu seras le plus rapide tout court !
Feitan considéra la chose. Phinks n'avait pas tort. Mais ça lui faisait mal de ne plus avoir ses vraies jambes avec lui. Il sentit qu'il piquait du nez.
- Je viens de me réveiller, mais je suis tellement fatigué encore…
- Repose-toi.
- Tu m'attendras ? demanda-t-il d'une petite voix.
Phinks se pencha encore plus vers lui et passa une main dans ses cheveux.
- Je serais là jusqu'à ce que tu ailles mieux. Et encore au-delà, si ça te dit !
Ça fit doucement sourire l'asiatique. Il se recoucha et attrapa la main du blond. Il la serra dans la sienne jusqu'à ce qu'il soit totalement endormi. La présence de Phinks le rassura mais il se demanda s'il serait capable de surmonter les épreuves qui l'attendaient…
FIN DU CHAPITRE II
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