CHAPITRE 5 : Jalousie
Marinette se précipita dans la cuisine. Ses parents étaient introuvables. Ils étaient déjà occupés à servir les clients de la Boulangerie, alors elle prit rapidement son petit-déjeuner et se dirigea vers la boutique. Elle fut accueillie joyeusement et embrassa d'abord sa mère puis son père.
— Bonjour ! Je ne reste pas, ou je serai en retard ! Bonne journée ! Je vous aime ! cria Marinette lorsqu'elle atteignit la porte d'entrée du magasin.
— Attends !
Elle se retourna et vit sa mère lui faire un signe de la main avec une boîte à pâtisserie à la main.
— Nous avons fait des macarons supplémentaires aux fruits de la passion ce matin. Puisque que tu nous as un jour dit que c'était le goût préféré d'Adrien, tu peux peut-être lui en apporter. Sa mère lui fit un clin d'œil, un sourire narquois courbant ses lèvres.
— Pourquoi devrais-je lui en apporter? Sa bouche sournoise se mit à parler à sa place. Eh bien, plutôt son petit ami sournois.
Elle se mit à rougir alors que sa mère la regardait complètement abasourdie. Elle se demandait probablement ce qui n'allait pas avec sa fille.
— Tout va bien, chérie ? demanda Sabine Cheng, son regard doux rempli d'inquiétude. As-tu oublié que tu voyais tes amis aujourd'hui après l'école ?
OH! Oui, elle avait oublié ça.
— Je… Oui… J'ai oublié ! Haha. Je suis un peu fatiguée aujourd'hui. Mais ça va aller ! Ne t'inquiète pas !
— Tu es sûr ? Si tu ne te sens pas bien, tu peux rester à la maison et nous pourrions peut-être… parler ? Sabine insista sur son dernier mot, son regard inquisiteur comme pour dire "je sais que quelque chose ne va pas, tu peux m'en parler si tu veux".
Comme si elle le pouvait…
— Non, non. C'est bon. Elle se précipita vers sa mère, arrachant la boîte de sa main avec des joues rougissantes avant de se précipiter à l'extérieur.
— Merci pour les macarons ! À plus tard !
— Tu nous as dit un jour que c'était le goût préféré d'Adrien. Tu peux peut-être lui en apporter. Adrien roucoula d'un air taquin.
Il riait maintenant, mais il avait été surpris quand il avait entendu cela. Puis il avait paniqué parce que, zut, il allait rater le rendez-vous avec leurs amis. Eh bien, pas complètement. Il serait là mais sans vraiment y être. Mentalement mais pas physiquement. C'était tellement irréel.
Marinette tapa du pied sur le trottoir et gémit.
— Arrête, Chaton ! En plus, maman ne parle même pas comme ça !
Adrien regarda de côté et vit un passant regarder étrangement Marinette. Il devait baisser la voix de sa petite amie d'un octave la prochaine fois qu'il parlerait.
— D'accord mais… tu peux me dire ce qu'il se passe avec ce… Adrien ?
— R-rien. C'est j-juste un ami ! Un très bon ami," balbutia-t-elle.
Si Adrien n'était qu'un ami comme il avait toujours pensé que Marinette n'avait été qu'une amie… Hum… Intéressant. Très intéressant, décida-t-il, tout en retenant un sourire suffisant.
Son cartable sur le dos tremblait un peu. Nul doute que Tikki et Plagg riaient et se moquaient d'eux. Ils avaient été de tels idiots aveugles. Et ils l'étaient encore.
— Juste un très bon ami ? demanda-t-il en creusant davantage.
— Qu-qu'est-ce que.. ? Tu es jaloux ?
— Non, pas du tout.
En fait, il était curieux maintenant qu'il savait qu'il était plus que probablement l'autre garçon contre qui il avait finalement gagné le cœur de sa Lady.
Même si, au final, il n'y avait pas vraiment eu de duel. Plutôt un combat sans coups où les adversaires tournaient en rond et s'apprivoisaient.
— Marinette !
Adrien se retourna à l'appel du nom de sa petite amie et plissa les yeux face à la silhouette qui s'approchait rapidement d'eux.
La silhouette susmentionnée était celle d'un garçon mais Adrien n'arrivait pas à bien situer son visage. Il n'était même pas sûr de le connaître. C'était un homme grand, mince, joli visage, avec des cheveux bruns et des yeux bruns.
— Salut, Maxime ! Comment vas-tu ?
— Bien, maintenant que je te vois. Tu es magnifique aujourd'hui, Marinette, répondit cet imbécile en la regardant attentivement. Bien trop longtemps au goût d'Adrien. Puis-je t'accompagner jusqu'à l'Unif ?
Adrien retira ce qu'il venait de dire. Il était jaloux, et à ce moment précis, il voulait refuser l'offre de ce con et dire non.
— Oui bien sûr!
Mais Marinette était gentille, et elle avait parlé avant que son cerveau jaloux ne puisse rattraper sa bouche. Au moins, elle ne bégayait pas devant lui – c'était un bon point.
— Alors, hum, quoi de neuf ? lui demanda Maxime en marchant.
— Ça ne te regarde pas, s'empressa de répondre froidement Adrien.
Le gars lança un regard perplexe à Marinette, et elle chercha des mots pour cacher la bourde de son petit ami.
— Je veux dire, certaines choses ont changé récemment dans ma vie, mais c'est assez privé, corrigea-t-elle. Et toi ?
— Eh bien, je prévois d'inviter à sortir une fille que j'aime bien.
Il sourit en lui faisant un clin d'œil.
— Oh c'est génial ça !
Nan. Ce n'était pas génial du tout car Adrien pouvait voir que Maxime flirtait clairement avec sa petite amie qui était plus que probablement celle qu'il voulait inviter. Marinette semblait complètement inconsciente de cela.
Aux grands maux les grands remèdes.
Adrien se pencha, une main posée sur l'épaule de Maxime.
— Je suis sûr que ça marchera pour toi comme pour moi. Il y a quelques semaines, j'ai commencé à sortir avec le gars le plus incroyable que je connaisse, et mon meilleur ami depuis 4 ans.
Il tapota son épaule avant de se pencher plus près, chuchotant à son oreille: — Nous avons même fait l'amour ensemble hier pour la première fois, avoua-t-il, coupant l'herbe sous le pied de Marinette.
Elle n'eut pas le temps d'interrompre sa diatribe. Pour le plus grand plaisir d'Adrien. Il était tout à fait satisfait du regard hébété de Maxime.
— Je-je ne savais pas que tu avais un petit ami, M-Marinette.
— Nous ne l'avons pas encore officialisé, expliqua Marinette. Nous sommes discrets parce qu'il est plutôt... célèbre, ajouta Adrien avec un sourire narquois.
Les yeux de Maxime s'écarquillèrent, sortant presque de leurs orbites.
— Je vois. Je pensais que vous n'étiez que des amis. Ne t'inquiète pas. Je ne dirai à personne que tu sors avec Adrien Agreste, ajouta-t-il avec un sourire malicieux.
Le cœur de Marinette manqua un battement. Elle cligna des yeux et entendit une cloche sonner. Ils avaient atteint la porte d'entrée du bâtiment de l'Université dans lequel elle avait ses premiers cours.
— Je suis en retard ! Jedoisyallerbye !
Elle couina avant de se précipiter dans le couloir de l'immeuble, souhaitant uniquement pour que le sol s'ouvre sous ses pieds et l'avale toute entière.
— Ne sois pas trop impatient de récupérer ton corps. Je vais t'écorcher vif et me faire un manteau de fourrure de chat pour l'hiver prochain dès que je mets la main sur toi, marmonna Marinette en ouvrant son casier pour prendre son livre de mathématiques.
— Qu'est-ce que tu voulais que je fasse ? Reste silencieux ? Tu étais la fille qu'il voulait inviter à sortir, murmura Adrien à voix très basse.
— Non, je n'étais pas… oh… Oh ! Ses yeux s'écarquillèrent.
La pièce était finalement tombée.
— Eh bien… même si j'étais cette fille… j'aurais pu lui dire non par moi-même, grogna-t-elle en claquant la porte du casier avant de se diriger directement vers l'auditoire.
Elle s'assit et sortit ses affaires. La leçon commença et le professeur distribua à chaque élève une feuille. Marinette déglutit et jura dans sa barbe. Elle avait manifestement oublié d'étudier à cause des événements qui s'étaient produits la veille.
Adrien ne la laisserait pas tomber. Il savait pertinemment que Marinette avait toujours eu du mal avec les maths, et il pouvait la sentir commencer à paniquer. Il guida sa main pour atteindre un stylo et écrivit son nom sur sa feuille d'examen. Il fut surpris de voir que ce n'était pas son écriture mais celle de Marinette. Bon, c'était quand même mieux comme ça. Il semblait que même si elle ne contrôlait pas sa main, c'était toujours la façon unique dont ses doigts se courbaient et glissaient sur le papier qui, d'une manière ou d'une autre, prenait les devants.
— Fais-moi confiance, murmura Adrien, la voix de Marinette à peine audible autour d'eux.
Il a commencé à répondre aux problèmes et aux équations à une vitesse qui laissa Marinette incapable de bouger ni de l'interrompre. Elle n'osa pas faire un mouvement, et il était soulagé qu'elle lui fasse confiance et qu'elle le laisse se concentrer complètement.
Il fallut environ 30 minutes avant qu'Adrien se lève et aille remettre la feuille d'examen au professeur, toutes les questions étant complétées par une réponse.
— bon travail, Mlle Dupain-Cheng. Vous pouvez quitter l'auditoire puisque vous avez déjà terminé.
— Merci, Madame Pythagore, chuchota poliment Marinette en quittant la pièce.
Les couloirs étaient vides à cette heure de la matinée. Marinette soupira et en profita pour s'appuyer contre un mur.
— Merci pour le sauvetage, Chaton, murmura-t-elle, reconnaissante.
— N'importe quand, Ma Lady. Je ne te laisserai jamais tomber. Tu m'auras toujours à tes côtés, répondit-il sincèrement. Cela inclut aussi quand d'autres gars flirtent avec toi, la taquina-t-il.
Marinette roula des yeux.
— Retiens tes ardeurs, Minou, et laisse-moi m'en occuper la prochaine fois. Tu ne trouves pas que tu as été un peu rude et… excessif ?
— Qu'est-ce que je peux dire ? Je suis un chat. Les chats n'aiment pas que d'autres s'immiscent sur leur territoire.
— Minou jaloux, le réprimanda gentiment Marinette alors qu'elle avançait lentement vers la salle de son prochain cours.
Enfin, ce n'était pas si mal d'être deux en un.
Prochain chapitre vendredi ou samedi.
Bisous Miraculeux
