2. mars x793

Cher Erik !

Dehors, pendant que je t'écris, une tempête de neige ravage la région et ce depuis les premières heures ce matin. J'ignore quand je pourrais poster cette lettre. Nous ne pouvons sortir, ce serait carrément du suicide. Jamais de ma vie je n'ai vécu un tel hiver aussi long et difficile. En haut de cette lettre, la date est le second jour de mars, mais le printemps semble encore bien lointain.

Je t'ai déjà parlée de cette famine qui rôde en silence dans le pays. Eh bien, maintenant nous la sentons de manière brutale. C'était déjà difficile de trouver des denrées acceptables à Magnolia, mais maintenant, nous ne pouvons plus sortir.

Pour les fruits et les légumes, nous avons bien notre jardin d'hiver, mais maintenant lui aussi est dur d'accès. Cana, Richard et Lisanna ont put y chercher certaines choses ce matin, mais maintenant il nous ait interdit de prendre des risques inutiles. Celle l'étable et l'écurie sont une exception, nous ne pouvons pas laisser nos pauvres animaux mourir de faim. Mais là aussi, la prudence est à l'ordre du jour.

Depuis que plus personne ne peut sortir, l'humeur est au plus bas dans le château. En tout cas, plus bas que la normale. Les enfants ont du mal à rester dedans sans pouvoir sortir. Lady Lucy et lady Juvia se sont porté volontaires en tant que baby-sitters pour changer les idées aux petits. J'espère sincèrement qu'elles ne seront pas à court d'idées, sans jeux et distractions ce sera difficile d'occuper les enfants. Lady Mirajane a vraiment de la chance, son petit Galahad est un garçon calme. Quant à la pauvre lady Evergreen, elle a bien du mal à gérer ses quatre filles qui ne tiennent plus en place depuis le début de la tempête.

Mais nous autres adultes avons aussi besoin d'occupations, sinon nous deviendrons tous fous. Nous ne pouvons plus aller à l'hôpital et nous n'hébergeons aucun fugitif pour le moment.

C'est déjà assez dur pour Sawyer de ne plus pouvoir chevaucher et il nous aider partout avec sa jambe manquante. Pour le moment, il enlève la poussière des tableaux avec Sorano, mais il est clair qu'il n'apprécie vraiment pas ce boulot. Sorano non plus, mais elle refuse de laisser tomber Sawyer. Et lady Erza, s'occupe de Simon et essaye de coudre d'innombrables vêtements pour enfants. J'ignore ce qu'elle fera quand elle les tissus et les fils viendrons à manquer.

Quant à moi, je m'occupe surtout d'Ivy et j'aide aussi lady Mirajane à faire divers travaux. Je ne supporte pas d'être enfermée ici, à cause de cette maudite tempête de neige. Le fait que la guerre n'en soit la cause, ne me console pas vraiment. Comment cela pourrait-il me consoler, aussi ? D'habitude, j'aime l'hiver. Mais pas comme ça. De tout façon, on peu rien faire grand-chose, à part prier et espérer que le printemps ne tardera pas trop.

Oh Erik, j'aimerais tellement que tu sois là avec moi. Je n'arrête pas de relire encore et encore tes lettres, j'en fais même la lecture à Ivy. Quand je suis au lit, je tâtonne avec ma main à coté de moi, comme si je te cherchais. Tu me manques tellement que j'en deviens presque folle. Je fais de mon mieux pour me calmer, pour Ivy. Mais c'est difficile, surtout maintenant.

Comme toujours, je m'inquiète énormément pour toi. Déjà dans ta dernière lettre, tu m'as écrit que tu ne voulais plus te battre. Je ne suis pas soldat, mais je te comprends quand même un peu. Par les temps qui courent, il faut être fou pour se réjouir d'aller se battre et d'être impatient de devenir soldat. Si seulement cette guerre pourrait enfin finir, pour que nous soyons à nouveau réunis. Ce rêve semble si loin, mais je n'ai pas le droit de perdre espoir.

Fais bien attention à toi, mon amour. Que mes lettres puissent continuer à te donner de l'espérance et de la lumière dans les ténèbres.

Ta Kinana