Joyeux Noël à tous !

Excusez-moi pour le retard, je me suis assoupie en début de soirée... Mais bon, je ne sais pas où j'ai trouvé la force de publier en mangeant un magnum dans le salon, mais je l'ai et je vous envoie enfin le chap'. (ne faîtes pas attention à mes phrases mal construites, il est actuellement 00.52...)

Bonne lecture, avant que je ne commence à radoter !

PS : je justifierai et mettrai une note de fin de chapitre à mon réveil dans une dizaine d'heures XD


Septième Chapitre : Potions, événements et ennuis en série !


"Donc... Cela veut dire... que vous connaissiez mes parents ?

- En... Quelque sorte."

Le visage de Rogue s'était déformé en une sorte de grimace, mais Aurore ne le voyait pas. Sa tête était baissée, son regard perdu dans le plumage or et feu de l'oiseau. Un rideau de cheveux noirs s'était formé, là où, d'ordinaire, se trouvait un visage dégagé et resplendissant. Ce qu'elle ne voulait pas leur montrer, c'était qu'elle pleurait. Cette soirée avait été trop riche en informations, et son cerveau menaçait d'exploser. Certes, elle avait l'habitude étant migraineuse, mais cette fois-ci, pointait la plus terrible migraine qu'elle ait jamais eue.

Sa main passait toujours dans les plumes de l'oiseau, qui se blottit légèrement contre elle, pour la rassurer grâce à sa douce chaleur. En résumé, elle avait appris ce soir, que, s'il lui manque des souvenirs, c'est par la faute de Dumbledore qui les lui a pris. Juste après, que Lily Evans faisait partie de sa famille; ce qui signifiait également qu'elle avait un lien de parenté avec Harry Potter. Enfin, elle avait découvert que son rêve/cauchemar était bien un souvenir, et que l'homme présent dans la chambre, n'était d'autre que son directeur de maison ! Comment réagiriez-vous à sa place ? La réponse est simple Aurore, elle, avait des sauts d'humeur.

C'est pourquoi les deux professeurs s'attendaient à une réaction de la jeune fille, réaction qui ne vint pas. Une fois que les larmes arrêtèrent de couler, elle souleva le phénix qui prit son envol. Il commença à caqueter et à pousser de petits cris. Quiconque ne l'ayant jamais entendu aurait pu s'attendre à une suite de bruits sans queue ni tête, mais de la part du phénix, cela résonnait de façon mélodieuse. En fait, cela ressemblait presque à un chant.

Aurore leva lentement ses yeux vers lui. Il effectuait un ballet hypnotique dans le bureau du directeur.

"Tu as raison Fumseck, je vais retourner me coucher..."

Fumseck poussa un cri de joie et de victoire : elle avait enfin arrêté de l'appeler Fawkes ! Il se posa sur le bureau du Directeur, et sous l'œil incrédule des trois personnes présentes (sans oublier tous les tableaux des directeurs et directrices) il se mit à faire une danse de la victoire, plus que risible.

Aurore s'était levée et avait rejoint la porte.

"Monsieur le Directeur. Professeur Rogue."

Et elle partit le plus vite possible. Rogue et Dumbledore pouvaient entendre les bruits de ses pas, précipités, dans les escaliers. Fumseck arrêta alors sa, ridicule, danse de la victoire, et se tourna vers Dumbledore pour le dévisager avec un air interrogateur. Dumbledore acquiesça et le phénix s'envola à la suite de l'élève en poussant un cri mélodieux qui semblait dire : "ATTENDS MOI !"

Une fois les deux fauteurs de troubles partis, un silence pesant s'installa. Finalement, ce fut Rogue qui brisa la glace.

" Je vois pourquoi vous gardez ce piaf : c'est pour les élèves avec des sauts d'humeur c'est ça ?

- C'est une des raisons Severus. Répondit le Directeur, malicieusement. Je pense qu'il faudrait faire passer à cette jeune fille, un examen sur sa teneur en magie... Pendant quelques instants, j'ai cru qu'elle allait faire exploser le bureau..."

Severus le dévisagea : vu le ton songeur employé, il aurait aussi pu dire qu'il allait offrir une augmentation à Trelwaney ! Pourtant, il était vrai que, lui aussi, pendant quelques minutes, avait cru qu'elle allait s'en prendre au directeur. Même si cela aurait été idiot de sa part.

" Je-ne-vois-pas à quoi servirait un examen de sa teneur en magie. Murmura le serpentard, en prenant un grand soin à détacher chaque mot, pour rendre sa phrase plus sarcastique.

- Disons, que je cherche à savoir où il faudra établir une limite de surveillance..."

Dumbledore ne termina pas sa phrase, comme s'il semblait réfléchir à quelque chose.

Rogue s'éloigna à grands pas du bureau. Arrivé dans l'embrasure de la porte, il se retourna.

"Monsieur le Directeur. Salua-t-il. Il se trouve que j'ai moi aussi, quelques informations à digérer."

L'homme ténébreux ajouta un signe de tête en forme de salut, puis il se retourna. A peine avait-il fait quelques pas que la voix de Dumbledore s'éleva une dernière fois.

" Vous savez pourquoi je fais ça, n'est-ce pas Severus ? Ne soyez pas trop sévère, s'il-vous-plaît, ne me jugez pas sur cela."

Rogue ne prit pas la peine de se retourner. Sa voix murmurante monta une dernière fois dans l'ambiance pesante du bureau désormais sombre.

" Je sais Albus, je sais."

Puis l'homme descendit les escaliers, laissant Dumbledore seul dans son bureau, à faire face à ses sentiments et ses inquiétudes.

Lorsqu'Aurore pénétra dans la salle commune de Serpentard, elle fut accueillie par une voix familière.

"Alors, c'est vrai, ce que les autres disent ? Tu te crois vraiment tout permis dans cette école ? Où étais-tu ?"

Aurore avança de quelques pas, Fumseck toujours sur l'épaule, et elle put enfin distinguer des cheveux roux et des yeux bleus. Céleste Jones.

"Écoutes, Céleste, j'ai eu sûrement la pire soirée de ma vie...

- Où étais-tu? Coupa son interlocutrice.

- Avec le professeur Rogue et le Directeur... Écoutes moi, s'il te plaît... Ce n'est pas ce que les autres, ce que vous tous en fait, croyez. Si tu veux, je peux tout t'expliquer, mais à la seule condition que cela reste notre secret."

Céleste arqua un sourcil avant de répondre "D'accord".

Fumseck se plaça sur les genoux d'Aurore et, machinalement, elle commença à le caresser. Puis, elle déballa tout. De la manipulation de ses souvenirs à Rogue. Des crises de larmes jaillirent encore, et Céleste, avec l'aide de Fumseck, la réconforta. A la fin du récit, elle s'excusa d'avoir cru qu'Aurore se la coulait douce à travers le château.

Finalement, Fumseck partit et les deux jeunes filles allèrent se coucher. L'instinct d'Aurore lui disait qu'elle pouvait avoir confiance en sa camarade. Elle lui montra donc les gestes qui faisaient apparaître son tiroir à potions.

"Tu comprends... On ne sait jamais si quelqu'un en a un jour besoin, et que je ne suis pas là... Seulement si quelqu'un d'autre apprend l'existence de ce tiroir, je ne donne pas cher de notre peau, ou de l'imbécile qui boira une potion au pif."

Aurore sortit sa potion de sommeil sans rêve, et en avala une gorgée, pour être sûre de dormir.

"Bonne nuit Aurore.

- Bonne nuit Céleste."

Et toutes deux s'effondrèrent sur leur lit.

Dans neuf heures, les cours commençaient.

"DEBOUT LA MARMOTTE! " Quoi ? Qu'est-ce qui se passe ? " EH OH LA PRINCESSE DE POUDLARD DOIT SE LEVER !" Ah, bon, suis pas à la maison... Pause! Ce n'était pas Pansy Parkinson là ?

Aurore ouvrit lentement les yeux, l'esprit encore embrumé. Elle n'y avait pas été de main morte avec la potion ! Pansy Parkinson était en train de la secouer comme une patate.

"DEBOUT !

- C'est bon, c'est bon... Chuis réveillé ! Marmonna l'endormie. Il est quelle heure ?

- On doit être au petit déjeuner dans dix minutes.

- QUOI ?! Tu pouvais pas le dire plus tôt ?"

Aurore jaillit de son lit, parfaitement réveillée. Elle courut prendre une douche minute, et s'habilla rapidement à l'aide du sortilège apprit à BeauxBâtons. Avec Céleste et les autres filles du dortoir, elles coururent le long des couloirs et firent une entrée plus ou moins fracassante dans la Grande Salle, essoufflées. En les voyant arriver, Rogue leva un sourcil. Aurore lui lança un regard et forma le mot "potion" sur ses lèvres. Il dut comprendre, car il tourna la tête pour échanger quelques mots avec le professeur McGonagall.

Une fois installées, Aurore demanda à Pansy:

"Pourquoi m'avez-vous attendue? "

Pansy haussa les épaules avant de répondre :

"Sais pas. Peut-être qu'on a trouvé que tu avais assez de problèmes comme ça...

Aurore jeta un regard froid à Céleste.

- Elle ne l'a pas dit de son plein gré, rassure-toi ! Éclata de rire Pansy. Nous avons dû la menacer pendant de longues minutes avant qu'elle ne nous avoue ce qu'il s'est passé hier."

Aurore ferma les yeux, se disant mentalement que, la prochaine fois, elle vérifierait le risque que Céleste se fasse menacer par leurs camarades. Cette dernière lança un regard désolée à Aurore, qui lui répondit par un regard calme. Ce n'était pas si grave finalement.

Le professeur Dumbledore se racla la gorge tandis qu'Aurore commença à boire son verre de jus de citrouille.

" Bien, très bien, il se trouve que j'ai oublié hier, et c'est impardonnable, que nous devions chanter l'hymne de l'école..."

À ce moment, deux personnes dans la grande salle, avait eu la mauvaise idée de boire quelque chose pendant que le directeur parlait.

Alors que les sourires des autres professeurs s'étaient figés, le professeur Rogue et Aurore recrachèrent bruyamment le contenu de leurs verres. Ils affichaient tous deux un air horrifié et dévisageaient Dumbledore comme s'il était devenu fou. Certains Gryffondor pouffèrent en voyant la tête des deux Serpentard, mais cela n'avait pas d'importance.

"Hum... Monsieur le Directeur, si je puis me permettre, les élèves auront besoin de leur voix pour les cours et ... Tenta le maître des potions.

- Voyons Severus ! Ce n'est pas l'hymne qui va priver les enfants de leurs voix... Et vous non plus d'ailleurs ! Vous n'avez pas vraiment besoin pour faire cours, vous parlez toujours dans une murmure."

Rogue se retint de frapper sa tête contre la table, ce n'est pas possible... Qu'est-ce qu'il lui avait pris ? Pourtant, l'enseignant était bien déterminé à ne pas chanter l'hymne de l'école, et se mit à tousser.

"Je toux ne pense pas toux que cela soit une toux bonne idée professeur toux j'aurais besoin du peu de toux voix qu'il me reste pour faire cours..."

Aurore le dévisagea, incrédule. C'était la première fois qu'elle voyait Rogue faire de l'anti-jeu à ce point.

" Très bien, Severus, mais j'espère que vous vous joindrez à nous une autre fois."

Dumbledore avait un air déçu .Après le numéro de Rogue, des élèves de toutes les maisons essayèrent de faire croire à une toux, transmise comme par magie par le professeur des cachots. Bien-sûr, le directeur ne fut pas dupe, et seul Rogue eut le droit à la dispense. D'ailleurs celui-ci avait la tête bien droite, comme pour montrer que lui avait réussi, mais pas les élèves.

C'est vraiment la première fois que je le vois faire l'enfant à ce point... C'est presque... Enfin non, c'est risible.

Dumbledore leva sa baguette, et s'exclama :

"Chacun le chantera sur l'air de son choix !"

Les paroles apparurent dans l'air et tout Poudlard se mit à hurler :

"Poudlard, Poudlard, Pou du Lard du Poudlard,
Apprends-nous ce qu'il faut savoir,
Que l'on soit jeune ou vieux ou chauve,
Ou qu'on ait les jambes en guimauve,
On veut en avoir la tête bien pleine,
Jusqu'à en avoir la migraine,
Car pour l'instant c'est du jus d'âne,
Qui mijote dans nos crânes,
Oblige-nous à tout étudier,
Répète-nous c'qu'on a oublié,
Fais de ton mieux, qu'on se surpasse,
Jusqu'à c'que nos cerveaux crient grâce."

Tout le monde termina la chanson à des moments différents. Les jumeaux Weasley (qu'Aurore appréciait) furent les derniers à chanter. Dumbledore marqua la cadence tout le long, et lorsqu'ils eurent terminé, ce fut l'un de ceux qui applaudirent le plus fort.

Aurore, quant à elle, avait commencé sans entrain, mais celui-ci l'avait rapidement gagné. Elle avait pourtant fait une grimace aux vers qui impliquaient des maux de tête : elle n'avait pas besoin de Poudlard pour avoir des migraines.

Finalement, les directeurs de maisons purent, enfin, distribuer les emplois du temps.

Aurore fit la moue, en voyant que leur premier cours était sortilège avec les Serdaigle.

La jeune fille s'ennuya de pied ferme pendant ce cours, réservé à l'introduction de la matière et la théorie. À la fin du cours, elle faisait danser en l'air ses affaires grâce à un Wingardium Leviosa mélangé à un Tarentallegra.

Elle les regardait dans leur bal aérien, jusqu'à ce qu'une petite voix flûtée retentisse.

" Oh ! Regardez tous, Miss Sunshine nous fait une démonstration de ses talents!

- QUOI ? Demanda Aurore, à moitié endormie. Puis elle réalisa que le professeur Flitwick, debout sur son bureau, désignait ses affaires, toujours en l'air. Elle devint livide et s'écria: Je vous promets que je vous écoutais Professeur ! C'est juste que...

Le professeur l'interrompit en demandant :

- Peut-être pourriez-vous nous expliquer quels sorts vous avez utilisé ?

Sans réfléchir, elle répondit d'une voix monocorde :

- J'ai modifié Wingardium Leviosa avec Tarentallegra.

- Vous avez modifié un sort ? S'exclama Flitwick.

- Oui, pourq..."

La Serpentard s'interrompit en réalisant ce qu'elle venait de dire. Toute la classe la regardait avec des yeux ronds. Une élève de première année n'était pas censée pouvoir mixer ou modifier des sorts.

Il y eut un silence pesant. Les affaires d'Aurore retombèrent avec bruit sur la table. Elle baissa la tête, se maudissant d'avoir fait tout cela, jusqu'à ce que Flitwick ne s'exclame de sa voix, si particulière :

" Vingt points pour Serpentard ! "

Les Serdaigle émirent des protestations, tant dis que les Serpentard faisaient la fête.
Finalement, ce n'était pas si mal qu'elle s'ennuie en cours...

Le deuxième cours fut bien plus différent : le cours d'histoire de la Magie, avec le professeur Binns était sûrement le plus ennuyeux. Il s'agissait du seul cours assuré par un fantôme. Ce dernier parlait toujours d'une éternelle voix monocorde et ennuyeuse. Le cours se déroulait avec les Pouffsoufle.

Aurore, quant à elle, décida de rattraper son sommeil perdu à cause des événements de la veille. Grâce à un tour de magie, simple mais rusé, elle ensorcela sa plume pour une heure : celle-ci écrivit à sa place un résumé du cours. Elle écrivit également un mot avec la formule, et le fit passer aux Serpentard. Ainsi, les Serpents eurent une heure de récréation, avec la garantie d'un résumé sans effort à la fin du cours. Bien-sûr, certains élèves, moins résistants que les autres, eurent du mal à garder l'enchantement jusqu'à la fin, et gagnèrent un petit mal de tête. À la fin du cours, les Poufsouffle avaient mal à la main, alors que les Serpentard sortaient, pour la plupart, d'une bonne sieste.

Le troisième cours était celui de métamorphose avec... Gryffondor ! Cette pensée mit du baume au cœur de la Serpentard. Elle allait enfin revoir Harry, Ron et Hermione !

D'ailleurs en arrivant, celle-ci fit un signe de la main à Aurore, et elles commencèrent à papoter.

" Tu dois être l'une des seules à ne pas m'en vouloir d'avoir choisi Serpentard.

Hermione ne répondit pas tout de suite.

- Tu sais, j'espérais vraiment que l'on soit dans la même maison. ..

- Je suis désolée Hermione, mais j'ai réagi impulsivement. J'espère que cela ne nous empêchera pas d'être amies ?

- Non, cela ne changera pas notre amitié."

Les yeux des deux première année brillaient. McGonagall ouvrit la porte et les invita à entrer. Aurore et Hermione s'assirent à côté. McGonagall fit l'appel et déclara :

" La métamorphose est une des formes de magie les plus dangereuses et les plus complexes que vous aurez à étudier. Quiconque fera du chahut pendant mes cours sera renvoyé avec interdiction de revenir. Vous êtes prévenus."

Puis en démonstration, elle changea son bureau en cochon, puis lui redonna sa forme normale.

" Pour ce premier cours, je voudrais évaluer vos aptitudes naturelles à la métamorphose. Aussi je vous propose un petit concours. Celui ou celle qui réussira gagnera des points pour sa maison."

Aurore sourit. Sa tutrice savait captiver et motiver ses élèves. Elle leva sa baguette et fit apparaître des instructions au tableau.

"Avant de commencer, voici des consignes de sécurité complémentaires à celles des pages cinq et six de votre manuel. Pour ce concours, vous aurez le droit d'utiliser votre livre. À la moindre idiotie, vous avez perdu. Suis-je clair ?"

Aurore vérifia bien qu'elle connaissait toutes les règles, puis sortit sa baguette.

" Pour commencer, vous aller faire l'exercice numéro 4 de la page 10 de votre livre : transformer une allumette en aiguille. "

D'un geste souple du poignet, elle fit apparaître des allumettes devant chaque élève.

"Vous pouvez y aller."

Aurore se concentra, et avec Hermione, elles furent les deux seules à avoir un résultat parfait. Chez d'autre, la couleur rouge de l'allumette était toujours présente.

La sélection fut drastique : seuls Aurore, Hermione, Céleste, deux autres Serpentard et deux Gryffondor purent continuer.

"Bien, maintenant vous aller changer cette pièce de monnaie (Une pièce de monnaie se matérialisa devant les sélectionnés) en objet d'au moins dix centimètres de haut."

Hermione imagina une boîte marron, de tout juste dix centimètres de haut, mais beaucoup plus longue que haute. Peut-être un effet indésirable ?

Céleste tenta de transformer la pièce en verre à vin, mais celui-ci fut un peu... difforme.

Aurore fit apparaître un pot à crayon, sculpté, à la place de la pièce. C'était peu original, mais au moins, il était parfait.

Les autres ne parvinrent pas à changer l'objet.

"Bien. Pour cette finale, nous allons garder Miss Granger et Miss Sunshine."

À peine avait-elle terminé sa phrase que les Gryffondor se mirent à scander :"Allez Hermione !"; tant dis que les Serpentard scandaient :"Allez Aurore !"

"SILENCE ! Vous n'êtes pas dans le stade de Quidditch ! Cette dernière épreuve requiert de la concentration de la part de vos camarades. Vous allez devoir changer un objet de votre choix en animal."

Les deux élèves se regardèrent avec anxiété. Elles étaient loin d'avoir le niveau de leur enseignante ! Elles se serrèrent brièvement la main et se murmurèrent une "Bonne chance" (même si les Serpentard auraient préféré que leur camarade ensorcelle sa rivale) Elles se levèrent toutes les deux, et se placèrent loin des tables de leurs camarades, pour éviter des dommages collatéraux.

Hermione tenta plusieurs fois de lancer le sort contre une chaise, mais cela ne fonctionna pas, malgré les encouragements et l'aide de McGonagall.

J'aimerais bien qu'elle m'aide, moi aussi ! Songea Aurore, irritée que sa tutrice ne s'intéresse pas à elle, juste parce qu'elle était à Serpentard.

Finalement, Hermione retourna s'asseoir, dépitée.

Aurore repéra une chaise abandonnée dans un coin de la classe. Pourtant, elle n'arrivait pas à trouver un animal pour transformer le mobilier. Le seul qui lui venait à l'esprit était le phénix, mais c'était aussi difficile que de changer son bureau en cochon... Elle tenta alors le tout pour le tout, en imaginant un phénix de la taille d'une figurine. Elle se sentait mal d'être rejetée par le professeur de par sa maison. Une sorte de rancœur surgit.

"Animaphorsis!"

Un immense jet noir se jeta sur la chaise et celle-ci prit feu. Sortit de se brasier, un immense phénix. Mais il avait quelque chose de particulier : il était noir. Ses yeux rouges s'arrêtèrent sur Aurore qui se mit à bégayer : " Quoi ? Mais, ce n'est pas ce que je voulais... Je voulais un petit phénix. .. Pas un grand, je ne comprends pas..."

L'oiseau poussa un majestueux cri qui signifiait :" Aides moi ! J'ai froid..."

Puis soudain, un jet noir se jeta hors de la baguette de la jeune fille sur le phénix, et ses yeux se remplirent de bonheur. Ses plumes prenaient feu, et il semblait presque tout puissant.
Aurore, à contre cœur, se força à rompre le lien, et le professeur McGonagall transforma à nouveau le phénix en chaise. La disparition de l'oiseau créa un choc puissant, et Aurore recula de quelques pas, sonnée. Personne dans la classe n'avait compris ce qu'il venait de se passer.
McGonagall s'approcha d'Aurore, et cette dernière se mit à murmurer :

" Je voulais un petit phénix, pas ça..."

Elle tremblait de peur, regardant sa baguette. McGonagall passa une main sur son épaule en lui disant :

" Vous feriez mieux de retourner vous asseoir, Miss Sunshine. Je veux vous voir à la fin de cette heure..."

Aurore la regarda, et hocha lentement la tête. Elle retourna, fébrile, à sa place. Hermione lui chuchota:

" Comment as-tu fait ?

- Je-je n'en sais rien."

McGonagall regarda la chaise encore une fois, troublée. Puis elle se retourna et annonça:

"Bien, il me semble évident que Serpentard a gagné, 20 points à Miss Sunshine pour avoir fait apparaître un phénix, même si ce n'était pas contrôlé. 10 points à Miss Granger pour avoir, tout de même, passé les autres épreuves avec brio."

À la fin du cours, beaucoup demandèrent à Aurore comment elle avait fait, mais cela l'énervait plus qu'autre chose. Elle se dirigea vers McGonagall qui attendait que tous les élèves soient partis.

" Bien, Aurore assieds-toi s'il te plaît. Il se trouve, que je suis au courant de ce qu'il s'est passé hier soir. Il faut simplement que tu saches, que le professeur Dumbledore voudrait que tu passes un examen sur ta teneur en magie..."

Quelqu'un toqua à la porte, et le professeur de métamorphose se leva pour ouvrir. À la porte se tenait Rogue, le visage fermé, comme à son habitude.

"Minerva, est-ce que Sunshine est là ? J'ai sa convocation à l'infirmerie.

- Oui Severus, mais nous avons affaire. Je te serais reconnaissante de me la donner et de revenir plus tard.

Un rictus apparut sur la bouche de Rogue.

- Oh, je vois, c'est au sujet de la chaise-phénix ?

- Comment...

- Tous les élèves de Gryffondor en parlent, sans parler de ceux de Serpentard. "

Il lui donna le parchemin, puis se retourna et partit aussi vite qu'il était venu.

" Bien, vous avez rendez-vous samedi matin avec Mme Pomfresh, à neuf heures précise. Ne soyez pas en retard. Bien maintenant racontez-moi en détails ce qu'il s'est passé avec le phénix..."

Le reste de la semaine se passa plutôt bien. Trois fois par semaine, ils devaient observer les étoiles. De temps à autres, ils avaient cours de botanique avec le professeur Chourave, directrice de Poufsouffle. Dans la liste des cours les plus décevants ce trouvait les défenses contre les forces du mal enseignées par Quirrell. Cet imbécile passait le plus clair de son temps à bégayer, et ne savait absolument pas de quoi il parlait. Il disait porter un turban rempli d'ail pour qu'un vampire rencontré en Transylvanie ne le suive pas à Poudlard. Même si le turban lui-même était un cadeau de la part d'un prince (ou quelque chose comme ça, Aurore n'avait pas vraiment écouté) pour l'avoir débarrassé d'un zombie. C'était, Bien-sûr, trop beau pour être vrai : Quirrell était incapable de raconter comment il l'avait vaincu. Le plus drôle dans l'affaire était qu'il sursautait assez souvent en cas de bruits inhabituels. Les Serpentard en profitèrent, au contraire des Poufsouffle avec qui ils partageaient, encore, cette cession.

Puis, avec le vendredi, vint enfin le cours préféré d'Aurore : les potions. Elle remarqua qu'ils devaient partager cette double cession avec les élèves de Gryffondor. Elle les plaignait d'ores et déjà. Le professeur Rogue avait l'habitude d'avantager ses serpents, et d'enlever des points à Gryffondor, que ces deux maisons soient ensemble ou pas.

Le cours avait lieu dans l'un des cachots du château. Devant la porte, se nombreux élèves se plaignaient du froid, mais pas Aurore qui en avait l'habitude.

Rogue commença par faire l'appel. Lorsqu'il arriva au nom d'Harry, il fit une pause.

- Ah oui, dit-il. Harry Potter. Notre nouvelle... célébrité.

Drago et ses mastodontes éclatèrent de rire en se cachant derrière leurs mains. Ou, du moins, jusqu'à ce qu'Aurore donne un coup de coude bien placé dans les côtes de son ami d'enfance. Cette fois, il se prit les côtes entre ses mains, dans une grimace de douleur.

Rogue s'attarda également sur le nom d'Aurore.

" Sunshine... Rassurez-moi, vous n'allez pas transformer votre chaudron en phénix incontrôlable ?"

Aurore grinça des dents. Elle n'aimait pas la lueur d'amusement qui éclairait les yeux d'ordinaire froids et vides de son maître des potions.

Comprit, je ne donnerai plus de coup à Malefoy... Vous êtes content de vous professeur ?

Les deux se jaugèrent quelques minutes avant que Rogue ne termine l'appel.

"Vous êtes ici pour apprendre la science subtile et l'art rigoureux de la préparation des potions, dit-il.

Sa voix n'était qu'un murmure. Comme McGonagall, Rogue avait le don de maintenir une classe silencieuse. Aurore écoutait attentivement, formant discrètement sur ses lèvres, le discours en même temps que son professeur. Depuis le temps, elle le connaissait par cœur.

- Ici, on ne s'amuse pas à agiter des baguettes magiques, je m'attends donc à ce que vous ne compreniez pas grand-chose à la beauté d'un chaudron qui bouillonne doucement en laissant échapper des volutes scintillantes, ni à la délicatesse d'un liquide qui s'insinue dans les veines d'un homme pour ensorceler peu à peu son esprit et lui emprisonner les sens... Je pourrais vous apprendre à mettre la gloire en bouteille, à distiller la grandeur, et même à enfermer la mort dans un flacon si vous étiez autre chose qu'une de ces bandes de cornichons à qui je dispense habituellement mes cours."

Cette entrée en matière fut suivit d'un long silence. Comme toujours, songea Aurore, un sourire sur les lèvres. Elle vit Ron et Harry échanger un regard en levant les sourcils. Elle faillit pouffer en voyant Hermione, assise au bord de sa chaise, prête à prouver qu'elle n'était pas un cornichon. Pourtant, c'était Rogue qui l'intriguait le plus : sa démarche et sa posture avaient changé. Ses yeux noirs étaient à nouveau vides et froids. Il fixait Harry.

" Potter ! dit-il soudainement. Qu'est-ce que j'obtiens quand j'ajoute de la racine d'asphodèle en poudre à une infusion d'armoise ?

Harry semblait totalement démuni devant la question. Aurore sentit une bouffée d'injustice monter en elle. Leur professeur savait pertinemment qu'Harry ne pourrait pas répondre à ses questions.

- Je ne sais pas Monsieur.

Rogue eut un horrible rictus méprisant. Hermione gardait sa main tendue en l'air, main qu'elle avait levé à la vitesse d'un boulet de canon.

" Apparemment, la célébrité n'est pas tout dans la vie. Essayons encore une fois, voulez-vous Potter ? Où iriez-vous si je vous demandais, ce qui n'arrivera jamais, de me ramener un bézoard ?

Cette fois-ci, Hermione donnait l'impression de vouloir toucher le plafond depuis sa chaise. Bien-sûr, Harry ne savait pas ce qu'était un bézoard. Malefoy, Crabbe et Goyle étaient secoués d'un fou rire. Aurore mit fin à celui de Malefoy grâce un autre coup dans ses côtes endolories.

-Aïe !

Rogue arqua un sourcil dans leur direction, et Aurore prit un air angélique qui semblait vouloir dire "Ce n'est pas moi !". Drago commença à se plaindre. Pendant ce temps, Harry regardait désespérément à droite et à gauche. Quand son regard croisa celui d'Harry, elle pensa du plus fort qu'elle put :

Je sais ce qu'est un bézoard Harry ! Est-ce que tu m'entends ?

Bien-sûr c'était absolument idiot, personne ne pouvait communiquer ainsi par la pensée. Aussi quelle ne fut pas sa surprise quand la voix d'Harry lui répondit :

Quoi ?! Aurore ? Tu peux rentrer dans mon esprit ?

Ecoutes, Harry, je n'ai pas le temps. Un bézoard est une pierre que l'on trouve dans l'estomac des chèvres ! C'est un antidote à la plus part des poisons.

A ce moment, Rogue arrêta d'écouter la longue plainte de Drago pour se retourner vers Harry.

- Alors Potter ?

- Un bézoard est une pierre...

- Zéro Potter. Je ne vous ai pas autorisé à demander l'aide de Sunshine. Et vous, Sunshine, je ne vous ai pas autorisé à aider Potter. N'oubliez pas dans quelle maison vous êtes. "

Aurore ouvrit la bouche puis la referma. Elle n'avait rien à répondre à cela. Elle le regarda, étonnée.

" J'ai des yeux Sunshine. Oh, et arrêtez de donner des coups à vos camarades, sinon je crains de devoir sévir.

Il jeta un coup d'œil au voisin de la jeune fille, plié en deux. Puis son attention se reporta sur Harry.

- Ah, Potter... Vous n'alliez pas ouvrir un de vos livres avant d'arriver ici, n'est-ce pas ? Essayons une dernière fois, Potter. Sunshine, si je vous prends à essayer de l'aider, vous allez avoir des ennuis. Quelle est la différence entre le napel et le tue-loup ?

Cette fois, Hermione se leva de sa chaise, comme pour faire remarquer au professeur qu'elle existait. Sa main était toujours tendue au-dessus de sa tête, si bien qu'Aurore se demanda comment son amie faisait pour ne pas avoir de crampe.

- Je ne sais pas. Répondit Harry avec calme. Mais je crois qu'Hermione le sait. Peut-être aurez-vous plus de chance avec elle ? Ou encore avec Aurore ?

Il y eut quelques rires, surtout de la part des lions. Rogue, en revanche, n'avait pas l'air content, en fait, il avait plutôt l'air furieux. Il le fut encore plus quand la voix d'Aurore s'éleva.

"Professeur, c'est totalement injuste, Harry ne peut pas savoir cela, il vint à peine d'arriver !"

Rogue l'ignora un instant, détaillant sa classe. Si les Serpentard suivaient Aurore, il serait dans de beaux draps... Il fallait rétablir l'ordre et vite.

" Asseyez-vous ! Aboya-t-il à Hermione. Peut-être que votre amie pourra nous en dire plus Potter ? Oh, et votre impertinence coûtera un point à Gryffondor.

Puis il se dirigea vers Aurore, et s'arrêta devant elle.

" Debout. Bien, Peut-être pourriez-vous répondre à mes questions, vu que vous vous offrez le luxe de les donner à un Gryffondor. Racine d'asphodèle plus infusion d'armoise ?

- Goutte du Mort vivant. Répondit-elle sans ciller.

- Bézoard ?

- Pierre dans l'estomac des chèvres. Antidote à la plus part des poisons.

- Napel et Tue-loup ?

- Sont en réalité la même plante connue sous deux noms différents. On la connait aussi sous le nom d'aconit.

- Alors? Qu'attendez-vous pour prendre note ?

Aurore allait se rasseoir quand Rogue la retint.

- Je n'en ai pas fini avec vous Sunshine. Il est logique que vous connaissiez la réponse à ces questions, vu que je vous les aie moi-même enseignées.

Les Gryffondor, qui n'étaient pas au courant des cours entre les deux serpents ne comprenaient pas de quoi ils parlaient. Aurore ne cilla pas, et Rogue la regardait toujours dans les yeux.

" Donc, vous allez me donner la réponse à ces questions, une heure de retenue par erreur : Combien de temps doit mûrir le Véritaserum ?

- Un mois, monsieur.

- Dans quel livre trouve-t-on le Polynectar ?

- Les Potions de grand pouvoir.

- Bien, et donnez-moi trois ingrédients du Polynectar.

Rogue affichait désormais un rictus vainqueur. Si elle ne lui donnait pas la réponse, elle allait avoir des ennuis. Si elle lui donnait la réponse, elle devrait dire où elle avait trouvé ce livre, qui était entreposé dans la Réserve, zone de la bibliothèque interdite aux élèves.

- Une corne de bicorne en poudre, du sisymbre cueillit à la pleine lune et des...

- Touffes de polygonum. La coupa le professeur, devinant quel ingrédient elle allait énoncer. C'est très bien Miss Sunshine, mais voyez-vous, le livre que vous m'avez indiqué se trouve dans la Réserve, et il faut donc l'autorisation d'un professeur pour le consulter. Or, il se trouve que je n'ai aucun souvenir de vous avoir donné cette autorisation, ni que vous l'ayez obtenu d'aucun de mes collègues...

- Oh, et bien disons tout simplement que je n'ai pas besoin d'aller dans la Réserve pour le lire, professeur.

- Pardon ?

- Eh bien, si vous me permettez de me pencher, je pourrais peut-être vous montrer de quoi je parle.

Rogue poussa une sorte de grognement, et laissa Aurore attraper son sac. Elle le posa sur la table et en sortit un exemplaire du livre Les Potions de grand pouvoir, qu'elle tendit à son directeur de maison.

- Mais... C'est une édition rarissime... Comment... ?

- Puis-je vous suggérer d'ouvrir la première page ?

Rogue s'exécuta et tomba sur un mot, écrit en français. Il fronça les sourcils, et sortit sa baguette. La traduction se fit et Rogue put lire.

Pour Aurore Sunshine,

Cela me fait vraiment plaisir de voir qu'une élève si jeune s'implique autant dans les potions ! Vu que celles au programme n'ont plus de secret pour vous, je vous offre ceci en gage d'au-revoir. J'espère qu'une fois de retour à Poudlard, vous ne perdrez pas votre entrain pour cette matière.

Amicalement,

Professeur Amnésia, enseignante en potions à l'école BeauxBâtons en France.

Rogue avait l'air d'étouffer. Il regardait alternativement le livre et son élève, avant de rendre l'ouvrage à cette dernière. Il marmonna quelque chose comme : " Je vais toucher quelques mots à cette "Amnésia"...". Sa tête faisait rire Serpentard et Gryffondor.

"Très bien, cela ira pour cette fois Sunshine... La prochaine fois, cela ne passera pas."

Aurore put, enfin !, s'asseoir. Rogue leur donna à faire une potion de soin pour furoncles. La jeune fille fut la plus rapide de tous. Rapidement, elle avait pesé les orties séchées (en sachant déjà, à peut-prêt, combien il fallait en mettre) et écraser ses crochets de serpent. Elle fit bouillir à la perfection ses limaces à cornes. D'un tour de main, elle avait enlevé son chaudron du feu, avant d'ajouter les épines de porc-épic, et de remuer une dernière fois.

Tous avaient eu le droit à de sévères critiques, sauf Aurore qu'il ignorait depuis qu'elle avait sorti son livre, et Malefoy pour qui il semblait éprouver de la sympathie. Finalement, à la fin de sa préparation, Aurore l'appela pour qu'il analyse le degré de réussite de sa potion.

" Miss Sunshine, cette potion est trop parfaite : recommencez."

Et il commença à s'éloigner quand Aurore lui répondit.

" C'est hors de question professeur.

- Je vous demande pardon ? dit Rogue, les sourcils froncés.

- Il est hors de question que je recommence ma potion, parce que vous la trouvez trop parfaite. Elle est réussite, il me semble que c'est assez idiot de la recommencer pour la rendre moins efficace, vous ne pensez pas ?"

Rogue s'arrêta et fit demi-tour pour regarder dans les yeux son élève. Elle marquait malheureusement un point. Pourquoi se montrait-il aussi injuste avec elle, alors qu'elle était une Serpentard ? Il semblait sur le point de répondre quand Harry se leva et, en chevalier pas du tout servant, se mit à crier :

" Ce n'est pas juste professeur ! C'est la cinquième fois, au moins, qu'elle est insolente et vous ne lui enlevez pas de points !"

Cette fois Rogue explosa et se mit à crier :

" POTTER ! SUNSHINE ! RETENUE !

- QUOI ?! S'exclamèrent-ils en même temps.

- SILENCE ! J'en ai plus qu'assez que vous discutiez ce que je dis. Potter, dix points en moins pour Gryffondor !

Harry semblait sur le point de répondre quelque chose quand Ron lui jeta un coup de pied. Rogue n'avait pas rompu le contact visuel avec son élève. Ses yeux noirs semblaient chercher quelque chose à lui donner en devoir. Puis la bouche du professeur se déforma en un rictus.

"Donc, vous avez pris potions à BeauxBâtons Sunshine ? Quelle note avez-vous eu ?

- Optimal... Répondit-elle, plus que méfiante.

Le rictus de Rogue s'élargit, et il partit chercher un immense livre de potions, qu'il posa sur la table à côté de son bureau.

"Très bien, vu que vous pensez savoir tout ce qu'il faut sur les potions, vous allez venir vous asseoir en face de moi, et vous trouverez dans ceci (il désigna l'immense annuaire de potions, qui devait faire plus de 2000 pages) les dix poisons les plus ... mortels, ainsi que les antidotes qui peuvent correspondre. Bien-sûr, vous n'avez que jusqu'à la fin de cette deuxième heure. Après quoi, vous viendrez terminer le travail en heure de retenue. Bien-sûr, pas dans celle que je viens de vous donner à vous, ainsi qu'à Potter. Disons que c'est mon... cadeau de retour."

Tout en prenant ses affaires, elle marmonna que le poison le plus dangereux qu'elle avait jamais rencontré, était les cadeaux de retours empoisonnés de Rogue. Puis elle s'installa au bureau indiqué, et ouvrit directement l'annuaire vers les pages contenant les potions D et E.

"Que faites-vous ? Demanda Rogue les sourcils froncés, énervé qu'elle ne réagisse pas à sa punition.

- Je cherche les poisons que vous m'avez demandés, professeur.

- Et pourquoi ne commencez-vous pas par la lettre A, demanda le maître des potions de sa voix la plus dangereuse.

- Par ce que les poisons avec la lettre A ne font pas partis des plus dangereux, professeur."

Rogue s'en alla en fulminant, continuant de surveiller les autres élèves. Tout en cherchant les poisons et en les recopiant, Aurore pensa :

Harry, c'est la dernière fois que je t'aide avec Rogue, c'est compris ?

Elle fut surprise en entendant une réponse

Ecoutes, il l'a bien cherché aussi ! Au fait, bonne chance pour ton devoir... J'espère que tu parviendras à le finir avant la fin...

Pas de problèmes pour ça, je connais déjà les poisons et leurs antidotes, le seul truc à voir, c'est s'ils sont ou non dans ce fichu bouquin. Tu te rends compte qu'il s'attendait à ce que je fouille cet annuaire page par page !?

Oui, ce n'est pas croyable ! Il a vraiment envie de te mettre des heures de colles !

Aurore s'apprêtait à répondre, quand elle reçut un coup de livre sur la tête.

"Aïe !"

Elle se retourna et vit le professeur Rogue qui se tenait derrière elle, un livre à la main.

"Je ne sais pas si vous êtes au courant professeur, mais ça fait mal.

- Je vous avais déjà dit de ne pas parler avec Potter.

- Il me semble qu'aucun son n'était sorti de ma bouche.

- En effet, mais Potter vous regarde avec trop d'insistance, au lieu de regarder ce qu'il pèse."

Elle tourna un peu plus la tête vers la classe, pour voir qu'Harry venait de se rendre compte qu'il pesait des crochets de serpent au lieu de les écraser. L'étonnement envahit le visage de la Serpentard, pour la plus grande joie de son directeur.

" Harry... Tu te rends compte que tu es entrain de peser des crochets de serpent que tu as pris sur les autres tables ?" Lui demanda-t-elle, perplexe.

Harry regarda autour de lui, et se rendit compte qu'il avait, en effet, prit les crochets des élèves autour de lui. Il bafouilla des excuses. Rogue se retourna vers Aurore et murmura :

" Vous voyez ? Maintenant je vous demanderai de ne plus déranger Potter."

Aurore retourna à son travail en pestant. Décidément, ce cours de potions était surement le pire qu'elle avait jamais eu. Rogue continua de passer parmi les élèves.

Aurore, je fais quoi si ma potion devint bleue ?

Aurore, j'ai un petit problème : j'ai mis trop de crochets !

Laisse-moi, j'en suis à la moitié de mon boulot Potter !

Aurore, écoutes-moi, je suis désolée que tu te sois prise un coup de livre à cause de moi. Au fait, pourquoi on peut parler par la pensée ? J'ai essayé avec Hermione, mais ça ne fonctionne pas... Allez, s'il te plaît...

"Aïe !"

Une fois de plus Rogue lui avait lancé un coup de livre sur la tête.

"Mais, professeur ! Je ne lui parle même pas, c'est lui qui me parle sans cesse !"

Rogue ne fit pas attention et continua sa ronde.

Sorry, Aurore, mais franchement ça m'intrigue.

...

Allez, réponds moi quoi ... Je t'ai dit que je suis désolé.

Aurore reçut encore un coup de livre sur la tête, plus puissant que les autres.

" Professeur, pourquoi vous n'allez pas en donner à Potter ? C'est lui qui parle, pas moi !"

Déso...

Aurore se leva rapidement, passa entre les bras de Rogue qui tenta de l'attraper, et envoya son manuel de potion de première année sur Harry, qui le reçut en pleine tête.

" J't'en donnerais du désolé Potter ! Maintenant laisses-moi travailler en paix, avant que je fasse exploser ton chaudron !"

Elle aurait pu continuer encore longtemps, si Rogue ne l'avait pas rattrapée et assise sur sa chaise. Elle fulminait. Un dernier coup de livre servit de menace avant qu'il ne se dirige vers Harry, qui se remettait du choc d'un livre de potion (précision importante vu que ceux de métamorphose sont moins lourds) contre son crâne.

" On ne vous a jamais dit que ce n'est pas bien d'importuner les dames Potter ? J'enlève dix points à Gryffondor.

- QUOI !?

- Encore dix points en moins pour Gryffondor."

Harry allait encore protester, quand Ron donna un coup de pied monumental à son ami et lui dit de se taire ("Arrêtes, il peut devenir très méchant quand il veut.") Il n'empêche, que le motif fit ricaner Aurore. Pffff, comme si c'était Harry qui l'énervait le plus en ce moment... Elle avait presque terminé son devoir sur les poisons et les antidotes, quand Rogue demanda à tous les élèves de regarder comment Drago avait fait bouillir ses limaces à cornes. Ce fut à ce moment-là, que la jeune fille se rendit compte à quel point leur directeur semblait éprouver de la sympathie pour lui. Mais au même moment, il y eut un hurlement strident, accompagné d'un sifflement sonore. Neville Londubat s'était débrouillé pour faire fondre le chaudron de Seamus. En un instant, toute la classe était debout sur les chaises et tabourets. Neville, quant à lui, gémissait de douleur tandis que des furoncles rouges et enflammés lui poussaient sur tout le corps.

" Imbécile ! Gronda Rogue en faisant disparaître la potion. Je suppose que vous avez ajouté les épines de porc-épic avant d'enlever la potion du feu ?

Neville pleurnichait à présent, et des furoncles poussaient sur son nez.

- Emmenez-le à l'infirmerie, ordonna Rogue à Seamus.

- Mais, la potion d'Aurore...

Rogue la fit disparaître d'un coup de baguette.

- Elle vous attend chez Mme Pomfresh maintenant. Emmenez-le à l'infirmerie.

Puis il se retourna vers Harry et Ron, qui avaient préparé leur potion à côté de Neville et Seamus.

- Potter, pourquoi ne pas lui avoir dit de ne pas mettre ses épines tout de suite ? Vous pensiez que s'il ratait sa potion, vous auriez l'air plus brillant ? Voilà qui va coûter un point de plus à Gryffondor."

C'était vraiment injuste, mais Aurore ne réagit pas, ne voulant pas continuer de prendre pour Harry et co. Rogue était suffisamment énervé pour qu'elle prenne le risque de dépasser la ligne rouge, pour un lion égoïste qui se débrouillait pour lui faire payer double son aide.

Finalement, il y eut enfin un semblant de calme dans ce cours de potions. Aurore termina sa punition cinq minutes avant l'heure, et la donna au professeur Rogue. Il prit l'annuaire, et prononça une formule. Alors, sortirent dans l'air les noms des poisons et antidotes. Heureusement pour Aurore, il s'avéra qu'elle avait tout bon. Pour la première fois depuis le début de ce cours, elle put souffler un peu. Elle rangea ses affaires, et passa les cinq dernières minutes du cours, la tête dans les bras, à essayer d'oublier la migraine qu'il l'avait prise d'assaut.

Sonnerie moins une minute. Un papier glissa dans son champ de vision. Elle le prit.

Sunshine,

Je veux vous voir dans mon bureau demain, après votre rendez-vous à l'infirmerie pour discuter des résultats. Ne faîtes pas de détours, je veux pouvoir en parler le plus vite possible.

Aurore releva les yeux et croisa ceux de Rogue, assis derrière son bureau, qui attendaient une réponse. Aussitôt, elle acquiesça. Une étrange lueur s'illumina dans les yeux du maître des potions. Du soulagement ? Peut-être.

A la sortie Rario fonça vers elle dans un tourbillon de plumes fauves pour lui donner une lettre. Elle venait de Hagrid.

Chère Aurore,

Je sais que tu es libre ce vendredi après-midi. Est-ce que tu aurais envie de venir prendre une tasse de thé avec moi aux alentours de trois heures ? Je voudrais que tu fasses plus ample connaissance avec quelqu'un. Réponds-moi en m'envoyant Rario.

Hagrid

Aurore s'arrêta dans les escaliers en colimaçon pour répondre. Elle sortit une plume de son sac, et écrivit juste en-dessous du message initial : " D'accord Hagrid, mais la prochaine fois, si possible, préviens moi plus tôt. A toute à l'heure. " Elle confia à nouveau le message à Rario, qui s'envola... Dans la mauvaise direction.

" Rario ! Tu t'enfonces vers les cachots là !"

L'oiseau poussa des petits cris et retourna vers la surface. Elle pouffa : Rario était vraiment impressionnant, mais en réalité, c'était un petit comique. Il était bientôt l'heure de déjeuner.

Vers trois heures moins dix, Aurore sortit du château pour se rendre chez Hagrid. Elle traversa le parc, Rario voletant autour d'elle. Le demi-géant habitait une étrange maison de bois, en lisière de la Forêt interdite.

Lorsqu'elle frappa à la porte, il y eut un jappement accompagné d'un grand vacarme. Le cœur d'Aurore se serra quand elle reconnut la provenance du jappement.

"Crockdur ! S'exclama-t-elle.

Le chien jappa plus fort, et donna des petits coups de patte dans la porte. Dès que celle-ci s'ouvrit, une immense forme noire lui sauta dessus, et elle tomba à la renverse en riant.

- Arrêtes Crockdur ! Gentil chien, arrêtes !

Finalement Crockdur dut trouver qu'il lui avait fait assez de bisous baveux, car il se poussa pour qu'elle puisse se relever. Hagrid observait la scène depuis sa porte.

Une fois installés à l'intérieur, la jeune fille demanda à Hagrid :

- Avec qui voulais-tu que je fasse plus ample connaissance ?

- Tu vas voir... Oh, il est là !

Crockdur se jeta sur la porte, et quand les invités entrèrent, le sang d'Aurore se glaça. Harry et Ron, les deux personnes qu'elle voulait voir le moins possible.

"Hagrid, je vous présente Ron.

- Ah, un Weasley... J'ai passé le plus clair de mon temps à vadrouiller dans la forêt à la recherche de tes frères, les jumeaux, quand il leur prenait l'envie d'aller dans la forêt... Bien, profitons tous d'un bon thé.

Contrairement à Harry et Ron, Aurore eut la sagesse de ne pas prendre des biscuits d'Hagrid. Ceux-ci étaient tellement durs, qu'Harry et Ron faillirent se casser les dents, et la jeune fille voyait bien qu'ils faisaient semblant de les aimer.

- Alors, cette première semaine ?

- Eh bien, disons que jusqu'à aujourd'hui tout allait bien... Disons que ce matin, mon crâne a morflé ...

- Qu'est-ce que vous aviez ce matin ?

Aurore ne répondit pas, et frotta machinalement l'endroit où elle avait reçu les coups de livres de potions. Elle savait le savoir dangereux, mais pas à ce point.

- Mais, Aurore, tu as une bosse !

- Ah bon ? Marmonna l'intéressée, les mâchoires serrées.

Elle jeta un regard en biais, meurtrier, à Harry. Ron, qu'Aurore trouvait personnellement un peu idiot, montra encore plus sa bêtise en s'écriant :

- C'est Rogue qui lui a fait ça, parce qu'il était sûr qu'Harry et Aurore parlaient par la pensée... Pffff comme si c'était possible.

-C'est Rogue qui t'a fait ça ? S'exclama Hagrid, étonné.

- Oui et non, si Harry avait eu l'intelligence de se taire et de regarder ailleurs, je ne m'en serais pas prise plein la tête !"

La Serpentard regarda Harry d'une telle façon, que ce dernier ne put s'empêcher de frissonner. Elle le regarda ainsi plusieurs minutes avant de lui donner le coup de grâce.

- Tiens Potter, j'en ai une bonne : après la télépathie, je tenais à te dire que le soir de la rentrée, notre cher Albus Dumbledore m'a annoncé que nous avons un lien de parenté : je suis apparentée, d'une façon mystérieuse à Lily Evans, ta mère.

Harry resta là bouche ouverte, choqué. Puis il eut une réaction à laquelle Aurore ne s'attendait absolument pas : il se jeta sur elle et la serra dans ses bras.

- C'est merveilleux ! S'exclama-il. Tu fais partie de ma famille !

Ce fut au tour de Ron, Hagrid et Aurore de ne pas savoir comment réagir.

- D'accord... Harry, si tu veux bien me lâcher, tu vas finir par m'étrangler ! Oh et, Harry, tu dois me promettre un truc.

Harry recula et la regarda perplexe.

- Quoi ?

- Que, même si nous ne savons pas comment cela se fait que nous communiquions par la pensée, tu dois me promettre de ne plus jamais le faire pendant le cours de potions. Parce que, tu vois, c'est mon crâne qui prend tout !

Harry désigna un bleu qu'il avait sur la tête.

- Toi non plus tu ne m'as pas raté !

- Ça doit être le cours de potions le plus douloureux qu'on ait jamais eu non ?

Ron émergea enfin de son état second, dû à on ne sait quoi, s'exclama :

- Attendez, le truc de la télépathie, ce n'était pas du flan ?"

Harry et Aurore éclatèrent de rire. Finalement, cet après-midi avait mieux terminé que commencé. La serpent se retourna vers le lion, et lui dit.

" On devrait aller voir Dumbledore, ce soir... Tu sais... Pour cette histoire de "télépathie" comme dit Ron. Ce n'est pas normal, même dans notre monde. Et je préférerais la contrôler avant de recevoir d'autres livres sur la tête. ... Quoiqu'il n'y est pas allé très fort. S'exclama-t-elle en riant.

- Heu... Oui mais il avait l'air d'en avoir après toi. Dit Ron.

- De toute manière, il ne m'aurait pas vraiment fait mal : je le connais depuis des années, et il était déjà mon prof il y a deux ans !

- Attends, ce n'était pas du bluff le " vu que c'est moi qui vous les aie apprises ? "

- Ronald ! Franchement, tu crois que tout ce que je dis est du bluff ?

- Bah oui, t'es une Serpentard."

Aurore se leva pour mettre une claque à cet imbécile, sauf qu'Harry lui donna un coup de pied et lui dit

" N'insulte pas les membres de ma famille !

- Oh, mon chevalier servant qui ne l'était pas il y a une demi-heure..."

Harry devint écarlate. Depuis qu'Aurore avait été repartie à Serpentard, lui et Ron l'avait ignorée obstinément. Puis, Hagrid prit la parole pour la première fois depuis plusieurs minutes.

" J'espère que vous n'avez pas eu trop d'ennuis avec Rogue.

- Il me déteste, dit Harry.

- Et il nous a donné une retenue. Dit Aurore en haussant les épaules.

- Rogue ne peut pas te détester Harry... C'est juste qu'il a difficilement des chouchous... Attendez... Vous avez eu une retenue dès la première semaine ?!

- Euh... Oui il me semble. Répondirent-ils en même temps.

Sauf qu'en fait, derrière cette apparence insouciante, Aurore était pétrifiée d'avoir été collée. Mortifiée même, bon ce n'est pas la mer à boire mais cela lui donnait des frissons...
Deux hiboux se posèrent à la fenêtre et Hagrid ouvrit cette dernière pour laisser les oiseaux entrer. Chacun tendit une lettre aux deux punis.

- Quand on parle du loup... Murmura la jeune fille.

- On la lit en même temps ?

- Pourquoi pas ?

"Monsieur Potter/Mademoiselle Sunshine.

Votre retenue se déroulera avec moi dans la salle de cours, ce samedi à 9 heures (pour Harry) / ce samedi à 18 heures (pour Aurore).
Tout retard sera sévèrement puni.

Professeur Rogue "

- En plus, ce n'est même pas en même temps... Bonne chance Harry.

- Ouais... Bonne chance Aurore. Pause, pourquoi c'est à neuf heures pour moi, et toi à dix-huit ? C'est vraiment du favoritisme !

Aurore hésita à lui faire part de son rendez-vous à l'infirmerie. Puis elle céda à la tentation. De toute manière cela finira par se savoir...

- En fait, c'est parce que j'ai un rendez-vous à l'infirmerie à neuf heures. Rogue le sait, vu que c'est lui qui m'a donné l'horaire.

- Tu es malade Aurore ? S'inquiéta Hagrid.

Aurore eut presque envie de ricaner face à la naïveté du demi-géant. Si elle avait été malade, elle serait allée directement à l'infirmerie ! Pas besoin d'attendre que son directeur de maison remette une enveloppe avec la date et l'heure du rendez-vous.

- Logiquement, c'est plutôt un examen médical, si elle était malade elle irait directement à l'infirmerie. Dit Ron.

- Tu m'impressionnes vraiment Ronald ! S'exclama la jeune fille, réellement surprise. Sans vouloir te vexer, je n'aurais jamais pensé que tu relèves ce détail.

- Tu y vas pour quoi du coup ? Demanda Harry.

- Hum... Dumbledore veut que je passe un examen sur ma teneur en magie.

- Mais quand on demande cet examen c'est que... "

Hagrid interrompit sa phrase, les sourcils froncés. Aurore hocha la tête, les yeux légèrement embués. Elle se leva, et partit rapidement vers la porte.

" Merci pour le thé Hagrid. Harry, je t'attend devant l'entrée du bureau de Dumbledore dans dix minutes."

Puis elle s'en alla rapidement, Rario voletant derrière elle en tenant le papier de retenue dans son bec.

Harry et Ron la regardèrent se diriger le plus vite possible vers le château.

" Quelle mouche l'a piqué ? demanda ce dernier. On dirait que c'est la mort ce qu'il lui arrive.

- D'où tu sors cette expression Ron ? Elle n'existe pas.

- Ouais, c'est bon Harry, on dirait Hermione ! Hagrid, c'est quoi cette histoire d'examen ?

- Il faut savoir, que l'examen de teneur en magie est assez rare : on ne le fait que si la personne est considérée comme instable. Si Dumbledore veut que notre amie de Serpentard passe ce test, c'est qu'il a peur qu'elle ne devienne incontrôlable... De plus, les personnes avec une magie très très puissante ont tendance à pratiquer la magie noire, il faut donc les surveiller. J'espère vraiment pour elle que le résultat ne sera pas trop élevé. Plus il y a de magie, plus on est restreint.

- Et c'est quoi le but de cet examen ? Il date de quand ? Demanda Harry avec anxiété.

- Il a été mis en vigueur après que Tu-sais-qui ait commencé à menacer notre monde. Le but était de surveiller les enfants qui pouvaient basculer facilement dans la magie noire pour éviter qu'ils rejoignent les mangemorts. Bien-sûr, énormément de personnes sont passées entre les mailles du filet.

- Hagrid, et vous évitez de répondre à la première question : quel est le but de cet examen ?

- Il faut pousser la personne à bout pour voir jusqu'où elle peut utiliser sa magie sans s'épuiser."

Ron et Harry ouvrirent la bouche... Avant de la refermer. Traduction : Aurore allait passer un horrible week-end, avant de retourner, épuisée, à ces cours la semaine d'après. Même Ron qui avait, tout de même, un peu de mal à apprécier Aurore, trouvait cela horrible. De plus, s'il s'avérait que la jeune fille était trop puissante, elle allait se retrouver sous étroite surveillance. Visiblement Hagrid pensait la même chose qu'eux.

" Je la plains vraiment. C'est assez barbare comme méthode. Il va lui falloir au moins une semaine pour récupérer. Mais, vous comprenez, ils ne veulent pas se retrouver avec un Tu-sais-qui bis sur les bras. Même si Aurore ne ferait pas de mal à une mouche."

La dernière phrase fit douter les deux lions. Pas de mal à une mouche ? Moui... Hagrid ne devait pas l'avoir vue en colère etc... Puis Harry regarda la pendule d'Hagrid et se rendit compte que la Serpentard l'attendait dans trois minutes devant le bureau. Il se leva et dit :

" Ron, je dois y aller, tu ferais bien de retourner à la Tour. Merci pour le thé Hagrid."

Alors qu'il s'en allait, Harry fit tomber un journal d'on ne sait où. Le titre était accrocheur :

Cambriolage à Gringotts !

Harry balaya l'article, et fut surprit par ce qu'il découvrit : le coffre 713 avait été ouvert ! Celui même qu'Hagrid avait vidé, quelques heures avant l'heure supposée du cambriolage, en sa compagnie.

J'en parlerai à Aurore plus tard.

Puis il s'élança vers le château.

" Encore en retard Potter.

- Arrêtes de m'appeler par mon nom de famille, surtout si l'on fait vraiment parti de la même famille.

- Bon, d'accord. Alors Harry, on y va ?

- D'accord, mais où est l'entrée ?"

Aurore désigna la gargouille à côté de laquelle elle se trouvait. Aurore tenta sa chance une fois.

" Tu veux bien t'ouvrir s'il te plaît ?

- Tu rêves. Alors, il vient ce mot de passe Mademoiselle Je-sais-tout ?

- Eh, je ne suis pas une Je-sais-tout ! Bon, puisque tu insistes, NIGAUD !

- Il a été changé il y a trois minutes, ce n'est plus le bon.

- QUOI ?! C'EST UNE BLAGUE !? OUVRES-TOI STUPIDE GARGOUILLE OU JE TE FAIS EXPLOSER !

C'est dans ce genre de situation, songea Harry, qu'Hagrid avait totalement tort au sujet du "elle ne ferait pas de mal à une mouche", car son "amie" avait l'air prête à faire exploser cette gargouille.

- Tu veux essayer ?

- Tiens, je vais me gêner ! BOMBARDA !"

Au même moment, la gargouille s'ouvrit, et le sort la rata, pour effleurer la personne en train de sortir (qui avait eu la bonne idée de se pencher à ce moment.) La figure d'Aurore se décomposa quand elle vit la silhouette du professeur Rogue se relever, hors de lui. Elle voyait bien qu'il était à deux doigts de craquer.

" Sunshine...

- Je suis désolée Professeur ! Il ne vous était pas destiné ! C'était pour la gargouille... Elle venait de me dire que le mot de passe avait changé, trois minutes avant et... Disons que je n'ai pas supporté..."

Aurore n'en menait pas large, et Harry devait très fortement songer à partir très vite. Malheureusement, il le pensa un peu trop fort. La Serpentard se retourna vers lui et pensa très fort :

C'est ça un Gryffondor ? Je rêve ou moi, Serpentard, je suis plus courageuse que toi ? T'es sûr que tu t'es pas trompé de maison mon gars ?

Oui, ben, suis pas suicidaire hein !

C'est pourtant censé être un trait des Gryffondor...

Je n'ai pas lu ça dans le contrat !

" Sunshine, Potter... J'en ai plus qu'assez de vos messes basses. Que faites-vous ici ?

- Je voulais voir le Directeur... Répondit rapidement son élève.

- Cela tombe bien, il voulait également vous parler. Si vous ne l'attaquez pas à coup de Bombarda bien-sûr."

Un trait d'amusement venait de s'illuminer dans les yeux de Rogue, et la jeune fille le lui rendit. Elle aimait bien quand ils ne se criaient pas dessus mutuellement, ce qui soyons franc, arrivait assez souvent malgré le fait que Rogue soit en position de force.

" Et vous Potter ?

- Je devais voir le Directeur... C'est pour la même raison qu'Aurore."

Finalement, Rogue consentit à laisser Harry monter, après de longues négociations de la part de son serpent. Ensemble, ils montèrent les escaliers, et Rogue toqua à la porte. Quand il ouvrit cette dernière, Aurore entendit le lion lâcher un "Ooohhhh" admiratif. Il est vrai que le bureau du Directeur est magnifique. Fumseck attendait sur son perchoir. Quand il vit Aurore, il s'élança sur elle pour se poser sur son épaule.

" Salut Fumseck. Murmura-t-elle.

L'oiseau lui rendit son salut.

- Vous avez été bien rapide mon cher Severus.

- Par miracle, il se trouve que Mademoiselle Sunshine essayait de faire exploser la gargouille, car le mot de passe avait changé depuis trois minutes."

Rogue avait toujours cette lueur amusée. Faire exploser la gargouille du directeur était une idée assez idiote, mais le fait que son élève ait essayé lui donnait envie de sourire. Bien-sûr, il ne le faisait pas, et seul son regard reflétait cette étrange sensation qu'est l'amusement.

" Bien. Harry, qu'est-ce que tu fais là ?

- Eh bien... Avec Aurore nous voulions vous parler de quelque chose qui nous est arrivé en potions ce matin...

Rogue se crispa, et regarda les deux élèves avec fermeté. Il était prêt à démentir toute absurdité qu'ils allaient inventer.

- A toi l'honneur Aurore. Annonça un Harry, légèrement effrayé par le regard pesant de Rogue.

- Eh bien, professeur Dumbledore, il se trouve qu'en potions, je me suis rendue compte que je pouvais communiquer avec Harry par la "pensée" ce qui n'est normalement pas possible.

- Pouvez-vous me montrer ça ? Je suis assez curieux.

Harry et Aurore se regardèrent dans les yeux, et Harry en profita pour dire :

Tu sais, le jour où j'étais au chemin de Traverse, Hagrid m'a emmené chez Gringotts. Il en a profité pour vider le coffre 713. Or, j'ai trouvé un journal chez Hagrid qui disait que, quelques heures après notre départ, quelqu'un a essayé de cambrioler ce même coffre !

NOOON ! Et du coup, qu'est-ce qu'il y avait dans ce coffre ?

Un petit truc emballé dans du papier kraft. C'est tout ! Du coup, le voleur n'a rien pu voler.

C'est intriguant tout de même...

" Vous voyez professeur Dumbledore ? Soupira Rogue. Ils passent leur temps à faire cela, et c'est d'autant plus agaçant lorsque que cela se produit durant mon cours.

- C'est remarquable ! Aurore, pouvez-vous essayer de faire la même chose avec le Professeur Rogue ?

- Pardon ? S'exclamèrent en même temps, élève et professeur. Vous voulez qu'elle/que je quoi !?

- Je voudrai que vous essayez d'avoir le même type de conversation."

Les deux poussèrent un grognement et se retournèrent l'un vers l'autre, parfaitement synchrones (ce qui fit tiquer Harry). Aurore se concentra, et plongea son regard dans celui de Rogue. Elle arriva dans un endroit froid, contrairement à celui d'Harry.

Professeur ? Vous m'entendez ?

Oui, et vous ?

Parfaitement. Détournons les yeux pour voir, si vous voulez bien professeur.

Les deux s'exécutèrent, et se dirigèrent tous deux à l'opposé du bureau, regardant chacun un objet différent. L'attention de l'élève fut attirée par un livre à la couverture de cuir.

Sunshine ?

Oui professeur Rogue ?

C'est parfait. Cela fonctionne. C'est étrangement chaud chez vous.

Et chez vous, étrangement froid.

Vous ressentez la même chose avec Potter ?

Non, c'est plus... Fusionnel si j'ose dire. J'ai l'impression que nous sommes dans le même espace, entre nos deux esprits. Actuellement, j'ai le sentiment d'être quelque part chez vous, et je ne sens pas de détails familiers... C'est extrêmement... Inconfortable.

Rogue eut un petit rire mental.

Sachez, que je ressens la même chose. C'est très inconfortable. Mettons fin à cette gêne, voulez-vous ?

Et d'un accord commun, ils rompirent ce contact qu'ils avaient établis. Aurore eut une mouvement de recul, comme si elle était sur le point de tomber.

" Alors Severus ?

- Cela a fonctionné même si c'était vraiment inconfortable. Pour nous deux.

- Je vois. Aurore, cela vous dérangerait-il d'essayer avec moi ?

Aurore poussa un grognement. Non, cela ne la dérangeait pas. De toute manière, elle n'avait pas son mot à dire. Elle plongea son regard dans celui d'Albus Dumbledore. Et elle s'enfonça dans son esprit. Elle marcha longtemps avant de trouver, ce qui semblait être le havre. Elle appela pendant plusieurs minutes, mais elle n'avait pas de réponses. Au bout d'un long moment, elle sortit. Elle tituba, et Harry la rattrapa de justesse.

" Professeur Dumbledore, je ne comprends pas, j'ai fait comme d'ordinaire, mais vous ne répondiez pas.

- J'ai essayé de passer chez vous, mais vous m'en bloquiez l'accès. Je vous entendais, mais pas vous. Votre esprit était hermétiquement fermé.

- Mais, alors pourquoi ... ? Rogue se tourna vers Harry et Aurore. Ce n'était pas possible, il refusait de l'admettre.

Dumbledore soupira. Il lui fallut longtemps avant qu'il ne puisse répondre. Lui, le plus puissant sorcier de ce siècle, avait été incapable de rentrer dans l'esprit de cette enfant de onze ans. Cela portait un coup magistral à son égo.

- La seule réponse plausible est que notre jeune amie, ici présente, est surement l'un des meilleurs Occlumens de ce siècle.

Harry et Aurore se regardèrent avec un air très dubitatif. Occlu quoi ? Meilleure quoi du siècle ? C'était la meilleure. Discrètement, ils se pincèrent mutuellement. Aïe. Ils étaient bien réveillés.

- Je suppose que si vous en avez été capables, c'est qu'Aurore vous fait confiance à tous deux. Je pensais que tu avais plus confiance en moi Aurore.

- C'est la meilleure ! Vous manipulez mes souvenirs, allez faire de mon week-end un enfer, sans parler peut-être du reste de ma vie, et vous vous attendez à ce que j'aie confiance en vous ? Désolée de vous décevoir, mais vous devriez revoir votre pédagogie avec les enfants.

Un silence pesant régnait. Rogue avait plissé les yeux, ne sachant pas de quel côté se mettre. Harry se sentait vraiment de trop, et avait envie de partir le plus loin possible. Aurore bouillonnait de rage tandis que Dumbledore la regardait avec un air désolé.

" Calmons-nous si vous le voulez bien, et venons-en à la raison qui m'a poussé à te demander Aurore. Tu ferais bien de t'asseoir.

La jeune fille s'exécuta à contre cœur.

" Tu as changé de tuteur depuis cet après-midi.

Le choc laissa Aurore, la bouche ouverte, démunie.

- Ton nouveau tuteur est le professeur Rogue."

Comme une machine, Aurore se leva. Elle était prise de vertiges, d'un mal de tête ainsi que d'un haut le cœur, mais elle devait s'en aller le plus loin possible de cet homme. Elle marmonna un " Excusez-moi." La jeune fille entendit à peine Harry crier " Aurore ! ".Et partit en pleurs, le plus loin possible. Chaque pas était douloureux. Chaque mouvement intensifiait son mal de tête. Mais pourtant, elle devait aller le plus loin possible. Sa course effrénée la mena jusqu'aux toilettes des filles. Les nausées eurent raison d'elle, et elle resta là, pendant une durée indéterminée. Les émotions fortes ne lui avaient jamais réussi. Puis un bruit de pas se fit entendre, et une silhouette sombre se faufila à ses côtés. Aurore jeta un coup d'œil vers le haut, pour connaître l'identité de l'homme qui se trouvait à deux pas. Elle croisa le regard du professeur Rogue, qui lui tendit un flacon d'un liquide de couleur légèrement orangée. Elle accepta avec gratitude le flacon, et avala l'anti-vomitif. Rogue se pencha à côté d'elle et lui frotta gentiment le dos, le temps qu'elle se remette de ses émotions.

Le teint d'Aurore était plus que pâle, et elle semblait en très mauvais état. Pourtant, ses yeux n'avaient pas perdu de leur éclat vert, et elle regardait son désormais tuteur avec une gratitude infinie. Elle avait vraiment besoin de réconfort. Elle se releva lentement, et Rogue l'aida à descendre jusqu'aux cachots. Ils firent un arrêt par le bureau du professeur, qui lui donna trois potions à boire, en entier, pour qu'elle soit un minimum en forme le lendemain. Puis il l'emmena jusqu'à son dortoir, après que la jeune fille lui ait certifié ne pas vouloir manger. Certaines de ses amies étaient dans la pièce au moment de leur arrivée, et le directeur leur demanda de ne pas la déranger et de la laisser dormir.

Rapidement, la jeune fille tomba dans un sommeil profond, et ne se réveilla que le lendemain.

Le lendemain, Aurore fut réveillée par une main qui la secouait légèrement. Lorsqu'elle ouvrit les yeux, elle vit le professeur Rogue qui lui intimait le silence, d'un geste de la main.

"Je vous attends dans la salle commune. Murmura-t-il.

Puis il s'en alla rapidement, et sans bruits.

La jeune fille se rendit compte que toutes ses amies dormaient et se prépara rapidement, en faisant le moins de bruits possibles. Elle rejoignit le professeur Rogue qui l'attendait, debout, regardant les profondeurs du lac à travers les vitres. Sans se retourner, il demanda :

-Êtes-vous prête ?

- Oui. Répondit-elle fébrilement.

- Alors, allons-y."

Il posa une main sur l'épaule d'Aurore pour l'encourager, et ils se dirigèrent vers l'infirmerie. Au détour d'un couloir, elle vit une pendule et pila.

- Il n'est que six heures du matin.

- Le rendez-vous a été avancé. Dépêchons.

Il y eut un silence pesant, sur la suite du trajet. Aurore le rompit en demandant :

"Vous en avez déjà eu un ?

- Non. Mais j'ai connu une ou deux personnes qui ont dû le subir.

"Subir" ... Il n'avait pas employé ce mot à la légère. Sa voix était comme instable, frisonnante.

- Ils vous en ont parlé ?

- Ils évitaient le sujet.

Les deux serpents furent bientôt devant les portes de l'infirmerie. Rogue toqua, et l'infirmière ouvrit presque immédiatement la porte. Mme Pomfresh avait le teint pâle et semblait épuisée, comme si elle avait travaillé toute la nuit. Aurore comprit rapidement lorsqu'elle ouvrit la porte en grand.

La moitié de l'infirmerie était remplie de dispositifs étranges. Elle avait dû, donc, passer une partie de la nuit à tout mettre en place.

"Aurore, sa voix semblait lasse et fatiguée. Vas t'asseoir sur le lit d'accord ?

Rogue lui jeta un regard d'encouragement et elle fit comme on lui avait dit.

" Qu'attendons-nous pour commencer ? Demanda Rogue. De toute évidence, il voulait faire passer ce calvaire le plus vite possible.

-Eh bien, le directeur et...

L'infirmière ne termina pas sa phrase, car quelqu'un toqua à la porte, et elle alla ouvrir. Le professeur Dumbledore fit son entrée accompagné du... Ministre de la Magie.
Aurore les dévisagea avant de demander.

- Monsieur le Ministre, que faites-vous ici ?

- Il se trouve, jeune fille, que je suis tenu d'assister à ce genre de procédure.

- Vous pensez vraiment, qu'à onze ans, je vais faire exploser Poudlard ?

- Vous-savez-qui aurait répondu la même chose jeune fille.

Aurore leva les yeux au ciel.

- C'est cela, Monsieur le Ministre, et dans quelques mois, vous allez arriver en disant que vous êtes tenu d'assister à la plantation de chaque fraisier dans le monde.

Cornélius Fudge paraissait sur le point de répondre, quand une voix s'éleva de derrière lui.

- Elle n'a pas vraiment tord Monsieur le Ministre.

Fudge poussa un hurlement de peur, et sauta plusieurs mètres en arrière. Severus Rogue s'était confondu avec une ombre de l'infirmerie, et était à moitié invisible.

- Que faites-vous ici Severus ?

- Il se trouve que je suis son Directeur de maison et son tuteur. Déclara-t-il à voix basse.

- Son tuteur ? Mais Dumbledore, vous voulez vous retrouver avec un Seigneur des Ténèbres bis ?

Il paraissait affolé. Aurore et Rogue lui lancèrent le même regard dur. Cet homme était très pénible.

- Je n'ai encore rien fait exploser Monsieur le Ministre. Fit-elle remarquer.

Finalement, après une discussion ennuyeuse avec le Ministre et le Directeur, ils purent commencer. Le ministre donna quelque chose à Mme Pomfresh qui parut bien embêtée.

" Aurore, vous devez porter cela. Dit-elle en désignant un étrange bracelet.

- Qu'est-ce donc ? Demanda-t-elle méfiante.

- Cela doit mesurer votre magie.

- Vous ne me cachez rien ?

- Non. Maintenant mettez ce bracelet jeune fille !

La réponse venait du Ministre, qui paraissait sincèrement pressé. À contre cœur, elle l'enfila, et une décharge la parcourut, la faisant gémir. Elle lança un regard assassin au Ministre.

- Qu'est-ce que vous m'avez fait ?

Il ne répondit pas. Rogue s'approcha et s'assit sur le lit avec elle. Tant pis si sa réputation en prenait un coup. Il la regarda dans les yeux en demandant :

Tout va bien ? Vous tenez le coup ?

Aurore prit soin de détourner le regard et de faire semblant de l'ignorer avant de répondre.

Disons que, pour une fois, j'avais raison d'être prudente. Ce ministre est totalement fou. Je pense que je tiendrais, mais j'ai l'horrible présentiment qu'il va se servir de ce gadget pour me faire du mal, et je n'aime pas ce principe...

J'aimerais vous dire que tout va bien se passer, mais je ne suis pas comme le professeur McGonagall. Tenez bon.

Puis il s'éloigna et se remit dans le coin qu'il avait trouvé précédemment et attendit.

Madame Pomfresh lui montra des ballons, qui étaient en face d'elle et dit :
" Essayez de les éclater."
Il y avait une quinzaine de ballons, et sans bouger d'un millimètre, elle les fit exploser. On lui désigna ensuite des plots qui avaient été disposés en slalom. Il lui fut demandé de projeter une boule d'énergie et de la faire slalomer. Tout était très facile, avec comme seule difficulté la douleur occasionnée par le bracelet à chaque utilisation de la magie. Au bout d'une heure, elle avait fait le tour des "ateliers" disposés par l'infirmière. Le ministre tenait dans sa main un parchemin, et avait soudain l'air très constipé.

" C'est bientôt finit ? Demanda la jeune fille en se massant le poignet droit, là où le bracelet était encré.

- Nous devons encore faire un test pour voir jusqu'où vous pouvez aller. Murmura Madame Pomfresh. Connaissez-vous le sort du patronus ? (Signe de négation de la part d'Aurore) La formule est Expecto Patronum. Il faut penser à un souvenir particulièrement puissant et particulièrement heureux. Vous pouvez faire ça ?

Aurore fit une moue dubitative. Pourtant elle tenta le coup. On lui demanda de faire le tout sans baguette. Les premières fois, il n'y eut aucun résultat, puis alors qu'elle avait envie d'abandonner, jaillit un nuage de brume argenté. Oubliant tout ce qui l'entourait et l'horrible situation précaire dans laquelle elle se trouvait, Aurore ne pensait plus qu'à réussir ce sort. La Serpentard avait l'ambition de réussir. Au bout de plusieurs essais, un étrange animal s'échappa de sa paume tendue vers l'avant. La biche d'argent effectuait des sauts un peu partout dans la salle. Au même moment, une douleur presque insupportable prit la Serpentard, qui s'écroula sur le lit. Rogue eut un sursaut, et s'approcha de quelques pas, appelant Aurore mentalement, mais elle ne répondit pas. La biche continuait toujours son chemin, et s'approcha de son invocatrice, soucieuse. Et lui donna un coup de langue argentée, et la douleur sembla se calmer un peu. La biche sembla devenir un peu plus consistante, un peu plus réelle.

Aurore entendit à peine Fudge dire quelque chose. Par contre, elle sentit une douleur insupportable l'envahir. C'était comme si on la vidait de son énergie, et de sa concentration. Malgré elle, la jeune fille hurla. Puis le bracelet se décrocha de son poignet, et elle sombra dans de profonds ténèbres.

Elle ne savait pas que la biche avait disparu depuis longtemps.

Elle ne savait pas que sa magie, sortie de son corps, avait formé une énorme boule, de la taille de celles que les moldus utilisent pour démolir des immeubles.

Quelque part, elle avait perdu. Elle avait été vaincue. Et ce sentiment froissa quelque chose au fond d'elle.

Lorsqu'Aurore se réveilla, il lui fallut du temps avant de pouvoir bouger à nouveau. Chaque muscle la faisait souffrir et sa tête semblait prête à exploser. Ses yeux s'ouvrirent lentement sur un décor plus tôt sombre et assez flou. Au moins, elle n'était plus à l'infirmerie. La jeune fille chercha des yeux quelque chose pour l'aider à se repérer. Il fallut du temps avant de pouvoir se rendre compte qu'elle était dans le bureau du professeur Rogue. Ce dernier était assis à son bureau, et avait posé sa plume. Il la regardait de ses yeux sombres.

" J-je ne suis plus à l'infirmerie ?

- Non, j'ai obtenu l'autorisation de vous ramener ici. Je me suis dit que vous n'auriez pas envie de vous réveiller là-bas. Vu que je n'avais pas envie que vos camarades vous voient dans cet état-là, je me suis dit que mon bureau ferait l'affaire. Mme Pomfresh a mit une heure avant de vous remettre dans un état "stable".

- Alors, quel est le résultat de cette séance de torture ?

Rogue parut hésiter, puis il se leva et donna un parchemin qui était rempli de toute un série de chiffres et nombres en tous genres. Elle les parcourut avant de regarder son tuteur, stupéfaite.

- Mais, ce n'est pas possible ! Ce-ce n'est pas possible ! On ne peut PAS avoir autant de magie en soit !

Elle chercha vaguement un signe de la part de son tuteur, lui prouvant qu'elle avait tort, que ce parchemin avait tort. Mais rien ne vient. Rogue affichait un air désolé. Ils savaient tous deux ce que cela voulait dire.

- Quel degré d'emprisonnement veut ce cher Ministre ?

- Surveillance maximale.

Aurore eut un ricanement de mépris.

- C'est ça, et pourquoi pas Azkaban, tant qu'on y est !

L'expression qui s'afficha sur le visage de Rogue la fit sursauter.

- IL VOULAIT M'ENVOYER À AZKABAN !?

- Je ne l'ai jamais vu avoir aussi peur... Si une tiers personne était rentrée à ce moment, elle aurait pu croire que le Seigneur des Ténèbres était dans cette pièce, rien qu'à son air effrayé.

- Mais j'ai onze ans ! Pour le moment, je n'ai jamais eu d'autres problèmes qu'un phénix en cours de métamorphose ! Et...Et. ...

Aurore fondit en larmes. Tout ça pour ça. Elle allait être surveillée quasiment vingt-quatre heures sur vingt-quatre, à cause de ce qu'elle était. Une enfant qui avait la malchance d'être née trop puissante. Rogue la prit dans ses bras pour la réconforter. Tous deux savaient à quel point c'était injuste, et à quel point ce Ministre était idiot. Maintenant, il allait falloir s' lui fallut du temps pour se calmer. Puis son tuteur lui expliqua calmement comment cela allait se passer. Le ministre avait posé ses conditions : Un professeur libre devrait toujours avoir un oeil sur elle. Pas de magie en dehors des cours, sinon elle allait devoir mettre le bracelet, ce qui ne l'enchantait pas du tout. Interdiction de s'approcher d'un élève à moins d'un mètre (ce qui était totalement ridicule, comme le fit remarquer Aurore, car si elle voulait détruire quelque chose, il faudrait s'éloigner d'une dizaine de mètres !).

- Qu'est-ce que notre cher directeur à répondu à cela ?

- Il a demandé à Fudge de ne plus maltraiter ses élèves en se présence, et ensuite il a posé un calendrier de bonne conduite.

- C'est à dire que si je me comporte bien, je pourrais peut-être approcher mes amis à vingt centimètres de distance. Marmonna-t-elle avec ironie.

- C'est à peu près le principe, grimaça-t-il. Espérons seulement que cela ira un peu plus vite qu'un centimètre par an.

Rogue poussa un soupir. Cette manipulation ne lui plaisait pas. Il lui jeta un regard profondément désolé.

- Vous voulez aller déjeuner ?

- Quelle heure est-il ?

- Presque midi. Vous êtes restée inconsciente pendant plus de quatre heures et demi.

- Quatre heures et demi ? (Elle fit une pause avant de reprendre) Non merci, je ne veux pas que les autres Serpentard me voient comme ça. De plus, je n'ai pas faim. Je vais dormir un peu ici, si cela ne vous dérange pas. Il faut que j'aie récupéré un peu pour l'heure de colle ce soir.

- Après ce qu'il vous est arrivé, vous n'êtes pas obligée de la faire. Lui répondit le maître des potions.

-Non, je vais le faire, répondit-elle en baillant. A tout à l'heure professeur."

Et elle s'endormit rapidement.

Quelques heures plus tard, un hurlement la réveilla :

-QU'EST-CE QU'ILS LUI ONT FAIT ?!

-Du calme Potter, elle va s'en remettre...

- ELLE VA S'EN REMETTRE ?! ELLE VA S'EN REMETTRE !? VOUS AVEZ VU DANS QUEL ÉTAT ELLE EST ? ET BIEN-SÛR, VOUS N'AVEZ RIEN FAIT ! JE N'ARRIVE PAS À CROIRE QU'ELLE AIT CONFIANCE EN VOUS !

- Potter...

- Harry ?

Les deux arrêtèrent de faire autant de bruit et la regardèrent. L'expression de Rogue s'adoucit très légèrement.

- Vous êtes enfin réveillée.

Aurore se sentait aussi faible que le matin. Elle sortit doucement la tête du fauteuil rembourré dans lequel elle était assise.

- Qu'est-ce que Harry fait là ?

- Il est là pour son heure de retenue.

- Elle n'était pas à neuf heures ce matin ?

- Disons que j'avais autre chose à faire ce matin à neuf heures...

Ah, oui, il devait attendre qu'elle revienne à elle. Cette journée resterait dans les annales.

- Je vais donc faire mon heure en même temps qu'elle. Conclut Harry en regardant Rogue.

- C'est cela même Monsieur Potter. Ou plutôt vous allez l'aider.

- Qu'est-ce que l'on doit faire ? Demanda Aurore en se levant du fauteuil.

- Si vous y arrivez, commencer à trier certaines potions dans ma réserve. Vous savez comment il faut les ranger Sunshine.

Aurore acquiesça et tous les deux se mirent en route pour la réserve de potions du professeur. En chemin, Aurore lui raconta tout.

- C'est ridicule cette histoire de mètre entre les élèves et toi ! Je vais mettre un point d'honneur à rester à moins d'un mètre de toi ! Mais pour qui ils se prennent ?

Arrivés, Harry aida Aurore à ranger les potions.

"Celle-là c'est quoi ?

- Laisse-moi voir. Amortentia, deuxième étagère à droite. Philtre de mandragore, cinquième à gauche. FAIS ATTENTION ! C'est de l'acide ! Sixième à droite, bien au fond.

- Pourquoi y-a-t-il de l'acide dans sa réserve ?

- C'est pour les élèves dérangeants. En général, il préfère la fiole de poison qu'il fait passer pour une intoxication aux vapeurs de potions mais il y a des fois où faire disparaître l'élève rapidement peut être utile. Un sort et la pièce insonorisée ne laisse passer aucune preuve.

- QUOI ?!

Harry était clairement paniqué, s achant très bien que Rogue le détestait. Aurore savait très bien que le Gryffondor était persuadé du fait que le maître des potions veuille à tout prix se débarrasser de lui ou le faire renvoyer.

- Mais si : il a déjà dû le faire sur deux Gryffondor dans les dix dernières années. Mais bon, maintenant tu es comme moi : tenu au secret. Sinon... Tu sais ce qu'il va t'arriver.

La Serpentard attendit quelques minutes puis se retourna enfin vers Harry. Ce ne fut qu'à partir de là qu'elle aperçut enfin la panique et la peur creusée dans son visage et s'autorisa à éclater de rire. Ses côtes furent rapidement douloureuses et son crâne, éprouvé par la journée passée, criait merci. Ce petit moment de distraction réussit à lui faire oublier son malheur, quelques secondes mais suffisamment pour que son cœur s'allège. Ils continuèrent ainsi pendant l'heure de punition, jusqu'à ce que le professeur Rogue n'arrive et fasse son inspection. Puis, il dit à Harry qu'il pouvait partir. Il resta seul avec Aurore, ferma la porte.

- Que voulez-vous faire ?

- Pouvez-vous me laisser seule une heure ? Je voudrais profiter des derniers moments de liberté qu'il me reste.

Rogue hocha la tête, et elle se faufila rapidement jusqu'à la tour d'astronomie. C'était tellement beau... l'heure passa ainsi, tandis qu'elle s'imaginait volant à travers les nuages. Par miracle, personne ne vint l'embêter et elle resta seule dans ses pensées.

Si j'étais un animagus, avec un peu de chance j'aurais des ailes et je pourrais partir me promener, tranquillement...

Une main se posa sur son épaule la faisant sursauter. Rogue se trouvait derrière elle.

- L'heure est terminée c'est cela ?

Le professeur de potions hocha la tête. Il ne parla pas, ne fit rien d'autre que la regarder de ses yeux noirs d'où pointait, pour une fois, une expression triste. Aurore jeta un dernier regard à l'horizon du domaine de Poudlard, et se retourna vers Rogue.

- Je vous suis. Annonça-t-elle.

A partir de ce moment, elle avait l'horrible sentiment d'être emprisonnée dans ce qu'elle croyait être chez elle. Et le premier à en être désolé était Rogue.