Bonsoir, bonsoir !

Tout d'abord, je tenais à m'excuser pour le retard de ce chapitre : cela s'explique par moins de temps libre et... des problèmes informatiques en série (ordinateur qui casse, un autre qui ne fonctionne pas...)

Je tiens à remercier les reviewers qui m'ont laissé un petit message auquel je vais rapidement répondre (la dernière fois que j'avais essayé le bouton : répondre, il me semble que ça n'avait pas marché)

Adenoide : Fudge et le monde magique ne sont pas vraiment des anges... Pour Harry et Aurore, c'est une question assez récurrente donc je ne dirais mot :P (j'en ai déjà trop dit !) Rogue a une raison pour se rapprocher d'Aurore qui deviendra de plus en plus évidente au fur et à mesure. Bien que, si vous voulez avoir un petit indice, je vous dirais de chercher dans les chapitres précédents vers le 5 et 6 quand Aurore écoute à la porte et que Rogue récupère ses souvenirs. J'ai la fâcheuse tendance de mette des indices et fausses pistes un peu partout hihi... Ne vous y perdez pas :P

Lilly de Jimen : Les prochains seront un peu moins tristes ;) ... Avant de re-sombrer dans les tous derniers qui sont actuellement en cours d'écriture. Oui, Aurore a déjà fait deux trimestres bien que, comme vous le découvrirez plus tard, son programme était un peu plus poussé que celui de première année. Oui, les parents d'Aurore sont quand même un petit mystère mais l'idée de Lily trompant James (bien que je le déteste) me dérange également. Enfin ! Vous verrez pour les parents ! Après tout... Cela pourrait être n'importe qui, et qui dit que Lily ait eu besoin de tromper James ?

Bon, maintenant, bonne lecture !

Ps : toujours à la recherche d'un ou d'une charmante bêta pour m'aider... !

Ps 2 : sur Wattpad, ce chapitre est le préféré de mes lecteurs... Et vous ?


Huitième Chapitre : Quidditch et Cerbère


Le début de la semaine fut un enfer pour Aurore. Chaque mouvement était surveillé par un professeur, et elle n'avait pas le droit d'utiliser la magie en dehors des cours, ce qui était assez idiot dans une école de sorcellerie. Elle s'ennuyait plus que jamais, et n'avait toujours pas récupéré du mauvais coup que lui avait fait Fudge. Elle avait appris plus tard, par Rogue, que le Ministre trouvait qu'elle tenait trop longtemps avec le patronus, et 'en avait marre d'attendre'. Alors, il avait activé l'étrange objet supposé répondre au nom de bracelet, qui avait vidé en quelques minutes tout son corps de sa magie, raison pour laquelle elle s'était évanouie de douleur. Dans la plus part des cours, la pratique commençait mais Aurore se sentait trop faible pour faire les formules, ce qui la faisait tomber bien bas. Un comble pour une jeune sorcière de son niveau. Elle était forcée d'ignorer toute la journée Céleste, Harry, Hermione et tous les autres, ce qui la rendait de plus mauvaise humeur encore.
Le pire fut la journée du Mercredi, la veille du premier cours de balai. Un doux soleil pointait et aucun vent glacial ne faisait son apparition pour gâcher le plaisir des élèves se promenant dans le parc de l'école. Plaisir qu'Aurore n'avait plus. Ce jour, la Serpentard devait supporter 'cette imbécile de Trelawney' comme elle l'appelait en cachette depuis déjà fort longtemps. Alors qu'elles arrivaient dans la grande salle, le professeur de divination de la troisième année lui prédisait, pour la énième fois, sa mort prochaine. À ce moment, Aurore explosa, sous les regards étonnés et inquiets des professeurs et élèves attablés.

- ÇA SUFFIT ! C'EST LA CENT CINQUANTIÈME FOIS QUE VOUS PRÉVOYEZ MA MORT EN UNE MATINÉE ! UNE MATINÉE ! ET C'EST ÇA QUI EST CENSÉE M'EMPÊCHER DE FAIRE EXPLOSER CETTE ÉCOLE ?! ALLEZ VOIR AILLEURS SI J'Y SUIS PROFESSEUR !

Se moquant bien de risquer d'aggraver la situation, elle jeta un regard plus noir que noir à l'enseignante et alla s'installer dans un coin isolé de la table de Serpentard. Elle en avait assez... plus qu'assez. Déjà qu'elle n'était pas du genre extrêmement patiente. Trelawney était restée clouée sur place, ses yeux balayant la salle derrière ses lunettes surdimensionnées.

"Aurais-je dit quelque chose ?"

Aurore prit sa tête dans les mains, ses cheveux tombant dans un rideau noir autour de son visage. Ce n'est pas possible d'être aussi idiot. Le pire fut que cette 'cruche' se rapprocha d'elle pour commencer à lui faire un discours sur l'exactitude de son art. Un muscle se contracta sur la joue de la jeune fille. Elle allait exploser...

Heureusement pour le professeur, qui visiblement ne voyait pas le danger représentant une Aurore énervée, Rogue se leva et lui expliqua très gentiment d'aller voir ailleurs s'ils y étaient. Le fait qu'elle s'en aille sans demander son reste soulagea la jeune fille, après avoir prédit des ennuis sans fin et une année plus que difficile à son collègue qui marmonna pour lui-même une phrase ressemblant à 'J'avais déjà remarqué… Pas de tout repos… Comme si Potter ne suffisait pas.'.

Une autre surprise fit plaisir à Aurore: Céleste, qui venait d'arriver du dortoir après y avoir déposé son sac de cours, vint s'asseoir juste à côté d'elle à l'une des places vides de sa circonférence.

" Tu ferais mieux d'aller ailleurs Céleste, tu sais avec cette histoire de distance... Pas que tu me déranges mais…

Au même moment, le professeur McGonagall arriva et demanda très gentiment à Céleste de partir.

- Tu vois ? Murmura la brune, défaitiste. Je t'avais dit qu'il fallait que tu t'éloignes.

Sauf que contrairement à toute attente, Céleste se leva et se mit à crier sur le professeur de métamorphose.

- ARRÊTEZ DE FAIRE TOUT COMME SI ELLE ÉTAIT UN MONSTRE ! ELLE N'A PAS CHANGÉ ENTRE LA SEMAINE DERNIÈRE ET AUJOURD'HUI, ALORS JE NE VOIS PAS POURQUOI JE DEVRAIS M'ÉLOIGNER.

McGonagall fit demi-tour sonnée, jetant un regard à Rogue, espérant qu'il allait réagir à l'insolence de son élève et aux nombreux regards noirs qui suivirent la progression de la directrice adjointe. Sauf que le maître des potions n'avait pas l'intention de punir ses élèves. Au contraire il lança un regard victorieux à Céleste. Décidément, qu'est-ce qu'il aimait quand ses serpents remettaient à sa place les Gryffondor, élèves ou professeur ! Quelque part, McGonagall dut ressentir de la pitié pour l'horrible situation dans laquelle se trouvait Aurore, car elle ne retira aucun point et se contenta d'un soupir éloquent.

Il y eut un autre vent de rébellion, et Harry, Ron, Hermione et Neville vinrent se placer au bout de la table des Serpentard, bien décidés à pouvoir communiquer avec Aurore. Personne ne vint tenter de les déloger.

" Comment te sens-tu ? Demanda Hermione, ses cheveux bruns légèrement ébouriffés rayonnant sous la lumière du soleil, filtrant par la vitre derrière les professeurs.

- Mal, pour tout avouer... Et déprimée. C'est très frustrant de devoir vous éviter toute la journée.

- Haut les cœurs ! S'exclama Ron. Demain on a cours de balai !

Les yeux d'Aurore et Céleste brillèrent. Elles rigolèrent en voyant Hermione et Neville faire la tête. Le premier rire qu'elle s'autorisait depuis tous ses problèmes, soit un peu faible mais le faible ricanement sortant de ses lèvres suffit à la détendre. Pour la première fois depuis le week-end, la Serpentard se sentait bien.

- En attendant, j'ai trouvé pleins d'informations sur le vol sur balai dans le Quidditch à travers les âges. C'est très instructif. S'écria la rouge et or.

Pendant tout le repas, elle tenta de leur prodiguer des conseils sur le vol sur balai. Neville buvait ses paroles, effrayé par l'idée de chuter, alors qu'Harry, Ron et Céleste levaient les yeux au ciel. Aurore, elle, avait envie de rire devant l'insistance d'Hermione. Le sport était sûrement la seule chose qui ne s'apprend pas dans les livres.

Du coin de l'œil, Rogue observait l'étrange petit groupe qui attirait le regard de par sa composition et son emplacement. Intérieurement, il se réjouissait que les amis de sa pupille ne l'aient pas laissée seule. Le professeur ferma les yeux quelques minutes pour laisser un vieux souvenir de Lily l'envahir.

Heureusement pour les oreilles de Ron, l'arrivée du courrier interrompit Hermione. Alors que les rapaces effectuaient leur habituel ballet, une chouette grise aux plumes d'argent se détacha du lot déposa un paquet à Neville qui en sortit une petite boule en verre.

" C'est un Rapeltout ! S'exclama le Gryffondor. C'est ma grand-mère qui me l'envoie, elle trouve que je suis étourdi (Aurore pouffa en se cachant derrière sa main, étourdi était un euphémisme) Il devint rouge quand on a oublié quelque chose. "

Au même moment, l'objet s'illumina ce qui fit éclater de rire Aurore. Quand on parle du loup ! Pendant que Neville se creusait la tête, Aurore avait un dialogue mental sur le coffre 713 avec Harry. Les deux étaient très intrigués par le contenu du papier kraft. Soudain Harry changea de sujet.

Tu sais, vendredi, après que tu sois partie du bureau de Dumbledore, je lui ai demandé si on faisait vraiment partie de la même famille. Il m'a répondu qu'on était cousins.

Génial... Ne me parle plus du vieux fou qui nous sert de Directeur s'il te plaît. Je ne suis pas sûre de vouloir le croire. Et puis, cela me semble un peu farfelu non ? Il y a forcément autre chose … Cependant libre à toi de nous considérer comme des cousins. Donc tu dis que le papier kraft ne faisait pas plus que la taille d'une pierre ?

Ils furent interrompus par Drago Malefoy qui s'était approché de leur bande, et avait pris la boule de Neville.

" Tiens, mais qu'est-ce que c'est ?

Aurore, Harry et Ron s'étaient levés immédiatement. Les deux garçons avaient très envie de se battre.

- Tiens, tiens. Murmura Aurore en empêchant les garçons de sauter sur le blond. Tu t'approches de moi maintenant Malefoy ?

Heureusement pour lui, McGonagall arriva et demanda :

"Qu'est-ce qu'il se passe ici ?

- C'est Malefoy qui m'a pris mon Rapeltout, gémit Neville.

- Je voulais juste voir ce que c'était... se défendit-Il, en lâchant la boule en verre sur la table.

Puis il repartit. Avant de revenir avec ses mastodontes en disant.

- Aurore, j'ai presque oublié pourquoi j'étais venu.

- Je réitère ma question Drago, tu oses enfin t'approcher de moi ? Qu'est-ce que tu viens faire avec le monstre ?

Pour la première fois Malefoy parut choqué et aucun son n'osa sortir de sa gorge. Aurore renifla avec mépris.

- Tu crois que je n'ai pas entendu ta discussion avec Pansy, l'autre jour ?

- Écoutes Aurore, tu es tout sauf un monstre d'accord ? Je te connais depuis plus longtemps que tout le monde ici, donc je suis bien placé pour le savoir. Je venais te dire, que je suis désolé de ce qui t'es arrivé, et que si tu as besoin de moi, tu sais où me trouver.

Ce fut au tour d'Aurore d'en rester koï. Cela ne rimait à rien…

- Mais... Qu'est-ce que tu lui as dit l'autre jour ?

- D'aller voir ailleurs si j'y étais. Si tu avais écouté la conversation jusqu'à la fin, tu aurais entendu que je lui ai reproché de ne pas être sympa avec toi.

Là, la Serpentard avait des yeux exorbités. Aïe, ils avaient eu un beau quiproquo. Il était vrai que, ne supportant plus les remarques odieuses de Pansy à son sujet, la jeune fille était partie se coucher, rageuse.

- Je suis désolée Drago...

- Moi aussi Aurore.

- Amis comme avant ?

- Ouaip, mais à une condition : stop aux coups dans les côtes en potions.

- OK, mais sinon nous devons poser des conditions… Tu arrêtes de te moquer d'Harry.

- Ooooh, Potter regardes qui te défend... Titilla le blond, ce qui eut pour effet de faire se lever à demi le brun.

- Drago...

- Bon okay, je ferais de mon mieux...

Ils se lancèrent finalement un coup d'œil complice, et Drago quitta la salle avec ses gardes du corps. Aurore regarda ses amis restants et murmura, l'incertitude s'inscrivant clairement dans sa voix :

- Eh bien, drôle de journée pour moi. Merci vraiment d'être là pour me soutenir !

- De rien, si on n'est pas solidaire... Mais du coup Aurore, j'ai entendu dire que tu avais un taux de magie record. Tu sais comment ça se fait ?

- Non, tout ce que j'espère, c'est que ça ne va pas se terminer comme dans les romans de fiction moldus : vous savez, où le personnage découvre qu'il est victime d'une manipulation génétique et qu'il doit sauver le monde... Parce que, sérieux, sauver le monde je laisse ça volontiers à Harry !

- Pourquoi moi ?

- Parce que tu es censé avoir réduit le plus grand mage noir de tous les temps en poussière.

- Oui, bon OK, mais moi aussi je te laisse volontiers ce boulot-là hein.

- Il va falloir vous mettre d'accord, parce que, à ce train-là, vous ne serez toujours pas décidés quand il faudra sauver le monde ! Plaisanta Céleste.

- Au fait, dit Hermione, je voulais aller à la bibliothèque cet après-midi. T'y veux venir avec moi Aurore ?

- Oui pourquoi pas ? Je suppose qu'on ne peut pas vraiment m'interdire de faire des recherches ou de travailler…

Rendez-vous fut pris, et ils durent tous aller en cours. Malheureusement, Trelawney recommença à la coller, pour une raison qui échappait totalement à l'élève. Elle lança un regard désespéré à Rogue au sortir de la salle qui, chose assez surprenante, vint immédiatement à son secours, expliquant très gentiment à sa "collègue" qu'il allait s'en occuper.
Ils se mirent en route vers les serres de botanique où avait lieu le prochain cours. Depuis quelques jours, Aurore avait appris à apprécier le cours de botanique de par le trajet à l'air libre jusqu'aux serres, et les rayons du soleil filtrant à travers ces dernières. Tout en profitant de la première goulée d'air pur, le cerveau de la jeune fille tournait à plein régime sur des questions la taraudant. Le maître des potions faisait beaucoup pour empêcher que la vie de la jeune fille ne devienne un calvaire, mais Aurore était tout de même perplexe quant à ses réactions aux réactions du professeur dans la Grande Salle une dizaine de minutes plus tôt.

" Pourquoi n'êtes-vous pas intervenu quand ils sont venus à côté de moi ?

Rogue la dévisagea, ne comprenant pas la, si soudaine, question.

- N'étiez-vous pas heureuse qu'ils soient à vos côtés ?

- Si mais...

- Mais quoi ?

Il s'arrêta agacé. Il ne comprenait vraiment pas pourquoi elle en faisait tout un plat. Après tout, elle avait eu ce qu'elle voulait non ?

- Mais normalement, en tant que professeur, vous n'aviez pas le droit de les laisser faire. Fit Aurore d'une petite voix perplexe d'où pointaient l'étonnement et l'incertitude.

Rogue soupira. Il voyait enfin où elle voulait en venir.

- Je pense que je suis capable d'agir, sans me fier tout le temps au règlement. Le meilleur moyen pour vous d'être attirée par la magie noire, c'est d'être isolée. De plus, si vos amis veulent vous parler, je ne vois pas pourquoi nous devrions les en empêcher, après tout, c'est leur décision, pas la vôtre. Vous ne les avez pas forcés.

Du soulagement apparut chez la jeune fille. Donc cela voulait également dire, qu'elle pourrait les voir plus souvent.

- Merci professeur.

- Qu'est-ce que vous racontez ? Il faudra plutôt remercier vos amis quand vous les reverrez à la bibliothèque cet après-midi. Et avant que vous ne posiez la question, oui je sais que vous allez à la bibliothèque avec Granger. Maintenant, si vous ne voulez pas être en retard en cours, dépêchons.

Quand le professeur et l'élève arrivèrent aux serres, les élèves étaient déjà rentrés.

- Dépêchez-vous. Lui murmura Rogue. Oh et quand vous verrez Miss Granger, dites-lui de ne pas me rendre un devoir sur les ingrédients de potions de plus de deux rouleaux de parchemins. J'ai la mauvaise impression qu'elle voudra me prouver qu'elle n'est pas un cornichon.

Elle lui jeta un regard amusé avant d'ouvrir la porte de la serre numéro 1, où le cours avait lieu.

- Excusez-moi professeur Chourave...

- Ce n'est pas grave... Hum... où vas-tu t'installer...

- Professeur, elle peut venir à côté de moi. Proposa Drago.

- Euh... Bien, très bien. Allez ici. Accepta le professeur en agitant les mains dans tous les sens alors qu'elle inspectait pour la dernière fois un tas de tiges encore couvertes de feuilles.

Aurore se plaça à côté de Drago, et la leçon commença d'une façon plus que normale.

-Aujourd'hui, nous allons renflouer les réserves de dictame de l'infirmerie. Vous avez devant vous des tiges. Enlevez les feuilles et mettez-les à part, comme ceci. (Elle fit une rapide démonstration :) Puis ouvrez la tige en deux comme ceci, et faites couler la sève dans votre flacon. Attention, mettez bien vos gants, car si la sève touche votre peau, elle peut être irritante. Moins que d'autres substances que vous verrez en quatrième année, mais vous pouvez tout de même repartir avec des plaques, ressemblant à de l'eczéma... Maintenant vous pouvez y aller."

Les Serpentard et Poufsouffle se mirent à enlever les feuilles du dictame et ouvrir la tige pour récolter la sève.

" Eh bien, c'est un miracle ! Personne n'a de rougeurs sur les mains ? Je n'aurais jamais pensé que cela arriverait un jour. S'exclama le professeur à la fin du cours. Cinq points pour chaque maison ! Filez maintenant ! "

Aurore regarda à droite puis à gauche à la sortie, mais personne : aucun professeur pour la surveiller. Enfin un moment de calme ! Elle allait aller à la bibliothèque et rejoindre Hermione sans personne sur le dos... Ouf !

Discrètement, elle se dirigea vers le château, prenant soin de prendre des couloirs peu fréquentés et des passages secrets cachés derrière les armures.

Dans l'un d'eux, elle percuta quelqu'un.

"Aïe !"

Elle recula de quelques pas, se demandant qui elle avait percuté. Heureusement pour elle, deux voix familières s'écrièrent "Lumos".

" Fred ! George ! Comment ça va ?

- Très bien ! S'exclamèrent en même temps les jumeaux.

- Dis-nous princesse, commença Fred.

- Qu'est-ce que tu fais là ? Continua George

- Tu essayes d'échapper à la chauve-souris ? Terminèrent-ils en même temps.

- Non, mais je pourrais. Le truc c'est que qu'il n'y avait aucun prof à la sortie du cours de botanique, donc je profite de ma liberté voyez-vous.

- Ah ça...

- On peut comprendre...

- Tu te rends où princesse ?

- Que l'on t'escorte.

- Je dois aller à la bibliothèque. Mais vous feriez mieux de ne pas être trop près de moi... après cette histoire...

- Arrêtes, nous on trouve ça trop génial !

- Tu penses que toi, plus puissante sorcière-élève de Poudlard...

- Tu voudrais t'allier avec nous ? On serait invincibles.

Les yeux des jumeaux brillaient de malice, mais Aurore devait décliner cette offre pour leur sécurité à eux trois.

- Une prochaine fois, peut-être, mais je trouve ma situation assez instable pour le moment. Seulement, le jour où vous faites exploser les toilettes de Poudlard, je veux être prévenue !

- C'est drôle, tu as les mêmes idées que maman.

- Mais promis, on te préviendra.

- Tu ne devais pas aller à la bibliothèque ? S'exclamèrent-ils en même temps.

- Mince ! Si je n'y suis pas bientôt, je vais avoir des problèmes...

- Suis-nous !

- On a trouvé un passage qui y mène directement.

Elle suivit donc les jumeaux à travers les multiples passages sombres et éclairés par la seule faible lumière des Lumos, et se retrouva dans un coin reculé de la bibliothèque, à la limite de la Réserve.

- On t'laisse princesse.

- Si jamais t'as besoin d'nous, y'a qu'à demander.

- À bientôt !

Puis Aurore alla fouiller quelques rayons, magnifiquement bien organisés, de la bibliothèque et trouva rapidement Hermione. Cette dernière avait déjà rassemblé plusieurs livres devant elle. Aurore toussota pour lui faire remarquer sa présence.

" Ron, laisses moi, je suis occupée. Se plaignit-elle sans relever la tête de ses parchemins.

- Je ne savais pas que je ressemblais à Ron.

Hermione leva les yeux de son travail minutieusement préparé et se jeta sur la Serpentard. Visiblement, elle semblait surprise de la voir.

- Tu croyais que je n'allais pas venir ? Demanda la vert et argent, vexée.

- Je ne sais pas... Et si jamais Rogue t'avait empêchée de venir...

- Oh... Franchement, ce n'est pas lui qui m'empêcherait de venir... Il dit que plus on s'isole, plus on bascule facilement dans la magie noire.

- Je vois... Bon, et si on passait un peu de temps ensemble ? Faisons nos devoirs et allons dans le parc ! La journée et magnifique alors autant profiter du soleil !

L'idée enchanta vraiment la Serpentard qui n'avait pas vraiment mit un pied hors du château depuis le week-end, sauf pour aller dans les serres de botanique. En réalité, elle n'avait pas eu le temps ni l'occasion de s'asseoir tranquillement dans le parc ni de profiter des rares rayons de soleil.

- Pourquoi pas, il faudra juste que je prévienne Rogue... Ou pas... A voir en fonction de mon humeur. D'ailleurs il m'a demandé de te dire de ne pas faire plus de deux rouleaux de parchemins pour ton devoir de potion. Je crois qu'il n'a pas envie de perdre énormément de temps à corriger un seul devoir.

Hermione jeta un regard dégoûtée vers six rouleaux de parchemins empilés à côté d'elle et Aurore éclata de rire.

- Comment a-t-il su ?

- À mon avis, son expérience de professeur. Tu n'as qu'à le condenser pendant que j'écris le mien.

Après une longue heure de travail, les jeunes filles rangèrent les livres qu'Hermione avait sortis de leur étagère. Sauf qu'en remettant les ouvrages à leur place, Aurore trouva un au nom particulièrement intriguant. "La magie noire pour les débutants". Sa couverture était faite de cuir noir ouvragé, qui lui donnait une apparence précieuse.

Mais pourquoi Hermione lirait-elle ça ? La curiosité est un vilain défaut, qu'il est dur de refréner. Aussi, la vert et argent ouvrit le manuel et débuta sa lecture.

La magie noire est une des formes les plus dures et puissantes de la magie. Pour l'effectuer, il faut éprouver des sentiments négatifs et les condenser dans un sort dévastateur. Il faut vouloir faire mal pour lancer ces sorts. Malgré tout, elle procure un plaisir immense. Pourtant, ce n'est pas à la portée de tout le monde. Si vous avez ouvert cet ouvrage, c'est que vous avez une grande puissance, et que vous avez l'opportunité de la faire croître encore et encore...

" Aurore, tu viens ?

- Euh, oui j'arrive."

Presque à contre cœur, elle s'arracha à sa lecture et laissa le livre là où il était. Madame Pince, la bibliothécaire, viendrait surement le chercher. Ensemble, les deux amies se dirigèrent vers le parc. Devant les portes du château, Aurore s'arrêta pour essayer de dire au Professeur Rogue qu'elle sortait de l'enceinte même du château. Elle n'avait jamais essayé cette curieuse façon de parler par les pensées si la personne ne se trouvait pas à proximité. Au bout de quelques minutes, elle trouva l'esprit de Rogue quelque part près des cachots.

Tant que vous éloignez Miss Granger de ses devoirs, cela me convient. Je n'ai pas envie de perdre mon temps à lire dix rouleaux de parchemins, pas avec tout le travail que j'ai.

Est-ce que le professeur Rogue essayait de faire de l'humour ? Elle chassa cette idée de son esprit. Non, c'était impossible.

L'après-midi passa comme un rêve. Discrètement, Aurore sortit sa baguette et, avec Hermione elles s'amusèrent à faire des bulles magiques, l'un des seuls sorts assez simple pour que la jeune fille arrive à les faire. C'est presque incroyable, mais Aurore et Hermione parlèrent surtout... De leurs cours. Quelque part, les deux avouèrent qu'elles n'auraient eu aucun problème à Serdaigle.

- Je pense que le côté ruse, malice et triche des Serpentard m'aurait un peu manqué...

- Et moi le côté courage des Gryffondor.

- Courage ? Mais nous aussi nous sommes courageux ! Dîtes-moi fière lionne, ce que vous les Gryffondor avez de plus que nous, les serpents ?

- Eh bien, un lion préférerait se sacrifier plus tôt que de vous laisser mourir.

- Un serpent serait prêt à tout pour vous, même tuer.

Il y eut un silence.

- Tu ne crois pas qu'on semble connaître trop bien nos maisons, alors que cela ne fait même pas deux semaines qu'on est là ?

- Tu as raison, laissons les préjugés de côté et profitons plutôt de ce que notre maison peut nous offrir. Euh... Aurore ?

- Oui ?

- On ferait bien de se dépêcher... Il commence à se faire tard.

Ensemble elles reprirent le chemin du château et, une fois à l'intérieur de l'édifice, se séparèrent aux escaliers mobiles.
" À demain pour le cours de balai 'Mione."

Alors que la Serpentard se rendait vers sa salle commune. Une voix glaciale retentit derrière elle.

" On m'a dit que vous vous êtes promenée seule après le cours de Botanique...

Aurore sursauta et se retourna d'un bond. Le professeur Rogue se tenait là, de moins en moins visible dans l'obscurité grandissante des cachots. Ne sachant pas quoi répondre, et se sachant en faute, elle se mit à bafouiller.

- C'est que, professeur... Il n'y avait personne et... Je devais aller à la bibliothèque et...

Elle s'arrêta en voyant les lèvres du professeur se déformer, non en rictus, mais en un vrai sourire, minuscule, mais c'était un sourire quand même. L'élève se détendit immédiatement : elle avait compris.

- Vous avez fait exprès de ne pas venir, n'est-ce pas Professeur ?

Severus Rogue la regardait toujours, avec ce petit sourire aux coins des lèvres.

- Vous êtes plus rapide à la détente d'ordinaire, Sunshine.

- Vous savez très bien que je ne suis pas dans mon état ordinaire.

Le sourire de Rogue disparut et réapparut son masque de sévérité. Il savait très bien qu'elle faisait semblant de se sentir un peu mieux, mais qu'en réalité, sa santé s'amenuisait de jour en jour. Sauf que personne ne comprenait pourquoi. Il l'avait emmenée voir Mme Pomfresh (de force) qui lui avait fait un examen complet. Sauf que l'infirmière n'avait pas trouvé d'où venait le mal. Voilà plusieurs jours que le maître des potions s'acharnait à essayer de trouver un remède. Aurore avait détourné le regard, et fixait la danse des flammes éclairant un minimum le couloir.

- Pourquoi faites-vous tout cela ? Lui demanda-t-elle.

Il eut une grimace. Il ne le savait pas exactement. Si demain on lui apprenait que Londubat avait un problème similaire, il ne bougerait pas d'un millimètre. Un serpentard quelconque aurait le droit à la même réaction. Mais, si c'était Malefoy ? Oui, dans ce cas, il devait avouer qu'il tenterait de trouver quelque chose. Mais pas avec le même acharnement dont il faisait actuellement preuve pour la jeune fille. Depuis des années, il n'avait pas su dire non à son regard vert émeraude. Elle avait le même regard que sa Lily. Ses traits étaient les même, à la seule différence des cheveux noirs, et des yeux qui s'assombrissaient de plus en plus pour la vivante. En réalité, il supposait que c'était dû à l'instabilité de sa magie, qu'il avait toujours sue puissante, et que ses yeux prenaient des teintes noires à chaque fois qu'elle s'énervait ou ressentait de trop gros sentiments négatifs. Malgré tout, il ne pouvait pas nier que, de temps à autre, il revoyait la femme de James Potter à travers son élève. Il y a un an tout juste, le maître des potions avait décidé d'arrêter d'enseigner en cours particuliers à l'enfant. En seulement deux mois, elle avait grandi et était devenue le portrait craché de Lily Evans. Le choc l'avait détruit. Il n'en pouvait plus de la voir, de voir à travers elle quelqu'un qu'il avait aimé et aime toujours. Il l'avait ignorée pendant un trimestre, et elle avait décidé de partir en France. Cela avait été un soulagement, temporaire, car elle était bien-sûr revenue pour faire sa scolarité complète à Poudlard. Il avait maudit ce retour espéré et détesté.

Puis, après une semaine de cours, Dumbledore l'avait demandé dans son bureau. Rogue avait eu la surprise de trouver McGonagall et le Directeur en pleine conversation qui semblait très animée. Il avait hésité à toquer, entendant le professeur de métamorphose hurler des "NON, IL EN EST HORS DE QUESTION !", puis avait finalement réussit à rentrer. Dumbledore s'était retourné vers lui et avait demandé :

"Severus, voulez-vous bien prendre en charge Miss Sunshine ? "

La surprise l'avait alors paralysé. Puis il avait répondu la seule chose qu'il pouvait alors répondre : "Non." Pourtant, le Directeur avait insisté, et il avait de plus en plus de mal à refuser.

" Je croyais pourtant qu'elle ressemblait à Lily.

- C'EST JUSTEMENT POUR CETTE RAISON QUE JE NE VEUX PAS LA PRENDRE ALBUS. A chaque fois que je la regarde... Cela me torture. De plus, elle a Minerva, qui ne semble pas du tout disposée à effectuer un changement de tutelle, donc ma réponse est non Albus.

- Je vous demande de la prendre à cause de la magie noire.

- Quelle magie noire ? Elle n'a qu'onze ans bon sang. Je trouve déjà très injuste de lui faire passer ce test barbare après-demain, alors qu'est-ce que vous avez maintenant avec la magie noire ?

- Vous savez très bien ce qu'il va se passer avec cette histoire de prophétie.

- Elle ne sombrera pas dans la magie noire si vous la laissez vivre en paix ! En effectuant un changement, vous allez détruire son cadre de vie. Vous connaissant, vous allez lui annoncer la nouvelle sans lui expliquer que Minerva ne l'a pas abandonnée. Tout va s'effondrer, nous savons tous deux par quoi va se solder cet examen médical, et là, si elle ne plonge pas tête la première dans la magie noire, vous pourrez aller jouer à la loterie !

- Severus, elle est à Serpentard, et nous nous rappelons tous les trois la raison qui a poussé Albus à me la remettre (intervint McGonagall), le but était que je puisse la soutenir, vu ses chances non négligeables de finir à Gryffondor. Hors, c'est compromis vu que je la vois de moins en moins souvent. De plus, et je ne sais pas comment, le processus a déjà commencé : si tu avais vu la couleur noire du phénix, sans parler du jet qui est sorti de sa baguette, tu aurais compris.

- Je croyais que tu refusais ce changement Minerva.

- C'est le cas, mais entre-temps j'ai réfléchi, et je viens d'arriver à la conclusion que tu es vraiment mieux placé pour t'occuper d'elle.

- Donc, c'est bon, vous êtes tous les deux contre moi ? De toute manière, je ne changerai pas d'avis. Qui vous dit que la petite va accepter ? Vous allez l'enfoncer encore plus dans une déprime maladive et elle va s'isoler !

- Vous voyez Severus, vous vous inquiétez pour elle. Murmura Dumbledore. Et vous connaissez mieux la magie noire que nous pour l'empêcher de s'y enfermer.

- Cela ne marche pas comme cela Dumbledore ! Et vous le savez très bien.

Dumbledore agita sa baguette et Minerva ne pouvait plus entendre la suite de la conversation.

- Ce que j'essaye de vous dire Severus, c'est que Lily n'aurait pas voulu qu'elle sombre dans cet horrible cercle vicieux. Vous savez qu'elle a tout fait pour la protéger de son vivant...

- Ne-me-parlez-plus-de-ça.

- Faites-le pour Lily, pas pour nous.

- Il y a déjà un grand nombre de choses que je fais pour Lily.

- Je vous demande juste une dernière, nous savons tous deux qu'il était hors de question pour Lily d'abandonner Aurore à son sort, et elle l'a protégée, alors qu'elle avait déjà Harry. Ne croyez-vous pas qu'il faut également accomplir ce souhait ?

Rogue s'était affalé dans un des fauteuils, et avait pris sa tête dans ses mains. Minerva n'avait pas le droit de voir la larme qui allait couler. Non, elle n'en avait pas le droit. De l'extérieur, il semblait juste en proie à un dilemme compliqué. Au bout de longs instants d'hésitation, il avait relevé la tête.

- Minerva, vous êtes vraiment sûre de vouloir me la confier ? Je sais qu'elle est comme votre enfant et...

- Oui, Severus, j'en suis sûre.

Rogue releva la tête vers Dumbledore et annonça ce qui allait changer deux vies.

- J'accepte. Mais laissez-moi jusqu'à demain avant de changer les papiers...

Puis une fois Minerva partie, il murmura :

- Je ne laisserais pas Lily mourir une deuxième fois."

Si seulement il pouvait tout lui expliquer... Si seulement il pouvait être honnête. Pourtant, la seule réponse qu'il pouvait dire était :

" Il me semble que je suis en charge de vous, de votre santé surtout...

- Coupez court professeur.

- Il est hors de question que je vous laisse mourir, c'est clair ? Même si je dois me mettre le monde à dos, je ne vous laisserais pas partir. Pas à cause d'un stupide examen barbare. Suis-je clair ? Aboya-t-il.

Rogue voyait bien qu'elle était choquée. Il ne savait pas ce qu'elle avait imaginé, mais elle ne s'attendait pas à ce qu'il réagisse aussi violemment. Bien-sûr, elle savait que son pronostic vital était engagé, mais elle n'avait jamais compris pourquoi il s'impliquait autant.

- Combien de temps me reste-t-il d'après Madame Pomfresh ? Demanda-t-elle, avec tout le détachement qu'on pouvait avoir à son âge pour une telle question.

- Environ un mois. Mais je viens de vous le dire. Vous êtes sous ma responsabilité, et il est hors de question que je vous laisse mourir. Faites-moi plaisir, n'utilisez pas la magie, sauf en cas de gros problèmes. Vous savez très bien à quel point cela vous fatigue."

Lorsque la jeune fille se retourna vers lui, il vit pour la première fois à quel point elle semblait fatiguée. Ce fut à ce moment qu'il se rendit compte à quel point elle devait jouer la comédie, masquer sa souffrance. Tout ça, parce que Dumbledore avait insisté pour lui faire passer cet examen idiot, pour se rendre compte que, comme par miracle, ils avaient sans doute l'enfant la plus puissante du siècle devant eux. Et il avait fallu en plus que le Ministre s'en mêle. Pompom n'aurait jamais eu recours à cet horrible gadget qui aurait pu tuer sa protégée. Faire sortir la magie du corps de quelqu'un était absolument horrible. Même s'ils avaient tous été étonnés de la taille et de l'instabilité de la boule magique, cela n'en restait pas moins de la torture. Et dire qu'à cause de cela elle était en danger de mort...

Rogue frissonna. Il ne pouvait rien faire à part lui proposer une potion de repos, qui empêcherait peut-être un peu son état de se dégrader.

" Est-ce que vous souhaitez...

- De la potion ? Coupa-t-elle. Oui, si cela peut m'aider à tenir sur un balai demain... "

L'homme l'emmena donc dans son bureau et lui donna la fiole. Il la détailla à la lumière et fut choqué par ses traits creusés par la fatigue, ses cernes de plus en plus marqués, mais ce qui l'attristait sans doute le plus, était que ses yeux commençaient à pâlir. Il devait falloir une sacrée force morale pour masquer tout à sa maison, et à ses amis. Plus qu'une enfant de onze ans ne devrait avoir.

Aurore s'était affalée dans un fauteuil en face du bureau et avait lancé un regard épuisé à son professeur.

- Je n'en peux plus professeur. Et cela vint à peine de commencer. Combien de temps cela va-t-il durer ?

La jeune fille voyait bien qu'il ne savait pas quoi répondre. Il avait beau le cacher, elle pouvait presque voir en lui comme en un livre ouvert. Les yeux du professeur se fermèrent quelques instants, prouvant qu'il était en pleine réflexion. Lorsqu'il les rouvrit, il les posa sur son élève.

- Je n'en sais rien. Mais j'espère autant que vous, que cela va s'arrêter rapidement. C'est du grand n'importe quoi, ajouta-t-il à voix basse pour lui-même.

Il y eut un silence. Pourquoi Dumbledore avait-il tenu à faire ce test ?

- Voulez-vous que je vous accompagne au cours de vol demain ?

- Oui, je vous en supplie, ne laissez pas cette folle m'approcher ! Je ne veux plus la voir avant ma troisième année ! Est-ce qu'elle sait, au moins qu'elle ne raconte que des idioties ? Parce que si jamais elle y croit vraiment, je suis surprise que cette chère professeur Trelawney n'ait pas finit à St Mangouste ! Vous vous rendez compte qu'elle voulait que je meure cent cinquante fois en une matinée ?!

Rogue eut un rictus. Il partageait le point de vue de sa protégée. S'il y a bien quelqu'un qu'il détestait dans le corps professoral, à part Quirrell bien-sûr vu qu'il ne serait plus là l'année prochaine, c'était Trelawney. Le pire, est qu'elle ne savait même pas qu'elle avait vraiment le don de prophétie. Un charlatan à l'état pur.

Au bout de quelques minutes, elle s'en alla, laissant Rogue à ses chaudrons. Il était bien déterminé à trouver un remède. Après tout, pour le moment, il avait presque toujours trouvé un antidote. Pourquoi pas cette fois ?

À trois heures et demie le lendemain, Rogue avait déposé Aurore au terrain de Quidditch où avait lieu les cours. Le ciel était clair et les vastes pelouses ondulaient sous une faible brise. Tous les Serpentard étaient déjà prêts quand les Gryffondor firent leur entrée. Les balais avaient déjà été disposés. Aurore entendait souvent Fred et George se plaindre de la qualité des balais de l'école qui se mettaient à vibrer quand on volait trop haut, ou qui tiraient un peu trop à gauche. De ce fait, elle n'était pas vraiment pressée de les enfourcher.

Madame Bibine, le professeur de vol, arriva bientôt. Elle avait des cheveux courts et gris, et des yeux jaunes comme ceux d'un faucon. De ce fait, elle était l'un des seuls professeurs qu'Aurore ne contrariait jamais. Même si cela peut paraître invraisemblable, elle avait moins peur de Rogue que d'elle. En fait, la règle d'or d'Aurore lui indiquait de ne défier que les professeurs dont elle connaissait la limite rouge.

" Alors ? Aboya-t-elle. Vous devriez déjà être devant votre balai. Dépêchez-vous !

Aurore jeta un regard à son balai : il semblait vieux et sur le point de casser en deux.

- Tendez la main droite au-dessus du balai et dites "Debout !"

- DEBOUT ! crièrent-ils à l'unisson.

Les balais d'Harry et Aurore sautèrent immédiatement dans leur main. D'autres n'avaient pas cette chance. Celui d'Hermione fit un tour sur lui-même, pendant que le balai de Céleste s'amusa à monter et descendre sans qu'elle ne puisse l'attraper, et celui de Neville ne bougea pas. Lorsqu'il insista, le balai se leva rapidement et cogna le jeune homme au visage. Il tituba avant de rattraper son balai.

- J'vais bien, j'vais bien...

Madame Bibine leur montra ensuite comment enfourcher un balai sans tomber. Au passage, elle leur fit une rapide démonstration en s'élevant dans le ciel avant de redescendre.

- Maintenant, à mon coup de sifflet, donnez un coup de pied par terre pour vous lancer. Vous tiendrez vos balais bien droits, vous vous élèverez d'un ou deux mètres avant de revenir immédiatement au sol en vous penchant légèrement en avant. Attention au coup de sifflet. Trois, deux,...

Sauf qu'il ne fallait pas compter sur Neville pour attendre le sifflet. Il était tellement nerveux qu'il se propulsa avant que Madame Bibine ait eu le temps de porter le sifflet à ses lèvres.

- Redescends mon garçon ! Ordonna-t-elle.

Neville était paralysé par la peur et s'accrochait à son balai en position relevé. Il s'éleva à plus de six mètres de haut, avant de glisser du balai et... BAM ! Il y eut un horrible craquement et Neville se retrouva nez dans le gazon.

Madame Bibine courut vers lui, et se pencha pour l'examiner rapidement. Son teint était aussi pâle que celui du garçon.

- Poignet cassé. Allez viens, lève-toi, ce n'est pas grave.

Elle se tourna alors vers les autres élèves. Elle désigna Aurore.

- Ne faîtes rien exploser. Et personne ne bouge pendant que j'emmène ce garçon à l'infirmerie. Si vous ne vous élevez, ne serait-ce que d'un centimètre, vous serez renvoyé de cette école avant d'avoir eu le temps de dire Quidditch.

Une fois partis, loin, Aurore se retourna vers les Serpentard.

- Elle pense vraiment que je veux faire quelque chose avec ces balais moisis ?

A côté, Drago éclata de rire, se remémorant la chute de Neville.

- Vous avez vu sa tête à ce mollasson ?

Les Serpentard éclatèrent de rire à leur tour. Aurore et Céleste levèrent les yeux au ciel : aucune d'elle n'aimait vraiment rabaisser les plus faibles.

- Tais-toi Malefoy. Lança sèchement Parvati Patil, une Gryffondor.

- Tu prends la défense de Londubat Parvati ? S'exclama Pansy. Je ne savais pas que tu aimais les gros pleurnichards.

- Pansy, tu devrais faire attention en parlant de pleurnichard. Menaça Aurore.

- Oh, toi le monstre, on t'a pas demandé ton avis.

Un muscle sur la joue de la jeune fille se contracta. Il faudrait qu'elle arrive à la remettre à sa place un jour.

Ce que Pansy n'avait pas prévu, c'était que presque tous les Serpentard et Gryffondor se retournent contre elle. Elle recula de quelques pas, vaincue. Soudain, quelque chose attira l'attention de Drago.

- Regardez !

Il se précipita là où Neville était tombé et ramassa une boule de verre dans l'herbe. Aurore reconnut le Rapeltout.

- Donne-moi ça Malefoy. Lança Harry d'une voix très calme.

Tout le monde arrêta de parler.

- Je vais le laisser quelque part pour que ce pauvre Neville puisse le retrouver. En haut d'un arbre par exemple.

- Drago...

Aurore s'était avancée. Elle était bien décidée à récupérer la boule.

- Donne ça ! Hurla Harry.

- Venez le chercher si vous le voulez.

Aurore ne se fit pas prier et sauta sur son balai. C'était la première fois de sa vie, qu'elle s'envolait, McGonagall s'y étant toujours opposée avant. Harry fit de même ignorant une Hermione qui lui hurlait qu'ils allaient perdre des points.

Aurore ressentit une joie énorme en découvrant qu'elle savait voler sans prendre de cours. Cela lui paraissait presque naturel. Une sensation de liberté l'emplit alors qu'elle s'élevait plus haut. Malheureusement, un mal de tête la prit et elle eut l'impression qu'une enclume venait de lui tomber sur la tête... Sa forme physique était plutôt contre-indiquée pour un vol sur balai.
Harry vient se mettre devant Drago et Aurore se mit entre les deux.

- Ça suffit vous deux !

Drago eut un air soucieux.

- Descends Aurore, on aura l'air bien si tu tombes.

- Tu insinues que je ne peux pas tenir sur un balai Malefoy ? Aboya-t-elle, essayant de se tenir le plus droit possible, pour que le balai ne plonge pas dans le vide.

- Aurore, nous savons tous deux que...

- Tu ne sais rien du tout Drago ! Absolument rien. Hurla la Serpentard, laissant éclater sa colère. Maintenant rends-moi ce Rapeltout, que l'on puisse tous redescendre sur Terre.

Drago sembla hésiter, et Harry perdit patience.

- Donne-moi ça, ou je te fais tomber de ton balai !

- Vraiment Potter ? Répliqua Drago, essayant de paraître méprisant, mais qui semblait plutôt inquiet.

Alors, Harry se pencha en avant, et son balai fonça droit sur Drago, qui eut du mal à l'éviter. Aurore s'était écartée de justesse, et fut prise de nausées.

Génial... Songea-t-elle.

Harry fonçait sans répit sur le blond, et Aurore réussit à lui bloquer sa trajectoire une ou deux fois.

- Alors Malefoy ! Crabbe et Goyle ne sont plus là pour te protéger ? Tu as besoin d'Aurore ?

- HARRY !

Sauf que Malefoy sembla être d'accord avec le Gryffondor, et lança avec force le Rapeltout.

- Attrapez si vous en êtes capables !

Le premier qui l'attrape Aurore ?

Si ça te fait plaisir Harry.

Prenant sur elle, Aurore s'élança dans une descente en piqué, avec quelques secondes de retard sur Harry, qu'elle rattrapa en se couchant sur le vieux balai. La boule descendait en piqué, dans une ligne presque droite. Le cri du vent menaçait de les rendre sourd. Ils tendirent la main, et attrapèrent presque en même temps la boule. Harry referma la main sur celle d'Aurore, qui avait elle-même refermé la sienne sur le Rapeltout. D'un effort commun, ils redressèrent leurs balais avant de tenter un atterrissage. Déséquilibrés par le fait de se tenir ensemble, ils s'écrasèrent sur le gazon, heureusement sans se blesser.

HARRY POTTER ! AURORE SUNSHINE !

Tous deux se relevèrent, les jambes tremblantes. McGonagall courait vers eux, le visage livide.

- Jamais depuis que je suis à Poudlard...

Elle était dans un tel état de choc, qu'elle n'arrivait plus à finir ses phrases, et ses lunettes lançaient des éclairs furieux.

- Comment avez-vous pu oser ...? Vous auriez pu vous rompre le cou ...

En son for intérieur, Aurore songea que, en effet, ils avaient été à deux doigts de finir à l'hôpital.

- Ce n'est pas sa faute professeur... Tentèrent en même temps Céleste et Ron.

- Silence Jones et Weasley ! Venez avec moi vous deux.

En partant, Harry vit que Malefoy arborait un air semi-vainqueur, semi-inquiet.

Tu penses qu'on va être renvoyés ? Demanda-t-il.

C'est fort probable. .. J'espère juste qu'elle ne va pas en parler toute suite à Rogue sinon je suis morte.

- Sunshine, je vous emmène voir le professeur Rogue.

Je suis morte.

Ils descendirent vers les cachots. Aucun des deux n'osait parler. McGonagall s'arrêta devant une porte bien connue, et toqua. Sans attendre, elle l'ouvrit à la volée.

Severus Rogue releva la tête de sa lecture, visiblement étonné que l'on rentre aussi sauvagement dans son bureau.

" Minerva ? Que se passe-t-il ?

- Il se passe, que Sunshine et Potter n'ont rien trouvé de mieux à faire que de prendre un balai et faire une descente en piquée de quinze mètres pour attraper une boule en verre !

Rogue se leva dans un sursaut, le visage déformé par la fureur.

- Sunshine, vous avez quoi ?!

Il s'appuyait sur son bureau, et Aurore se recroquevilla, vraiment effrayée. Même Harry, qui n'était pas concerné, eut un mouvement de recul. Discrètement, il récupéra le Rapeltout qu'Aurore lui tendait dans le dos, et lui lança un signe d'encouragement. Minerva McGonagall s'était lancée dans le récit de ce qu'elle avait vu, et Rogue semblait de plus en plus furieux. Quand les Gryffondor quittèrent le bureau pour vaquer à leurs propres problèmes, Aurore eut peur pour la première fois depuis le week-end. Les yeux de Rogue lançaient des éclairs.

" Assise ! Aboya-t-il en désignant la chaise en face du bureau. Il attendit qu'elle soit installée avant de reprendre. Qu'est-ce qu'il vous a pris ? Vous auriez pu vous tuer ! Avez-vous seulement réfléchi aux conséquences que cela pourrait avoir sur votre état ? Ou encore si vous ratiez votre atterrissage ? Vous avez de la chance d'être encore en vie !..."

Sur sa chaise, Aurore baissa le regard. Elle ne l'avait jamais vu aussi en colère. Par-dessus le marché, son mal de tête ne l'avait pas quittée, et maintenant que l'adrénaline ne la portait plus, elle dut se prendre la tête dans les mains. Rogue arrêta de la sermonner, et s'approcha d'elle.

"Relevez la tête. Ordonna-t-il.

Légèrement tremblante, elle se força à tenir sa tête droite, évitant le regard de son tuteur. Il mit sa main sur son front, et la retira en disant.

- Vous avez de la fièvre.

Quoi ? Mais, ce n'est pas possible... J'ai juste mal à la tête. Et puis... Je ne suis pas malade... Enfin si, mais je ne vois pas pourquoi j'aurais de la fièvre... ?

Rogue récupéra une fiole et la fit avaler de force à la jeune fille.

- Vous voyez où vos imbécilités vous mènent ! Reprit-il avec force. Votre corps n'a pas supporté votre virée dans les cieux. Et maintenant, qu'est-ce que nous allons faire si votre état s'aggrave ? Vous enfermer à l'infirmerie ?

Bien-sûr, elle n'y avait pas pensé lors de la confrontation. Tout ce qu'elle voulait, c'était : aider Harry, les empêcher avec Drago de se tuer, et récupérer le Rapeltout. Le regard du maître des potions ne la quittait pas. Elle dut suivre deux discussions en même temps à partir de ce moment.

Euh... Aurore, McGonagall me fait traverser tout le château en m'ignorant.

- Qu'est-ce que je vais faire de vous, dites-moi ?"

Attends, pourquoi elle demande du bois à Flitwick... Elle veut me taper ?

- Je suppose que vous renvoyer à BeauxBâtons n'est pas une menace suffisante...

AURORE, MCGONAGALL M'A FAIT RENTRER DANS L'ÉQUIPE DE QUIDDITCH ! Je suis le nouvel attrapeur et JE NE SUIS PAS VIRÉ !

- ... Donc si vous ne vous calmez pas, je vais devoir vous enfermer toute la journée dans votre chambre pour… votre sécurité, ou vous priver de cours de potions, cela vous servirait sûrement de leçon.

- QUOI ?!

Aurore avait hurlé mentalement et physiquement.

Rogue fut pris au dépourvu, ne s'attendant pas à une réaction aussi violente et soudaine. Ce qu'il ne savait pas, c'est qu'elle n'avait pas réagi à son annonce, mais à celle d'Harry.

- Qu'est-ce qu'il vous prend Sunshine ? Cracha-t-il, ses yeux lançant des éclairs. Vous savez très bien que vous avez fait une grosse erreur. Vous ne vous attendiez pas à ce que je vous fasse rentrer dans l'équipe de Quidditch !?

- Eh bien, professeur, c'est justement ce à quoi Harry a eu le droit... Maugréa l'élève, les yeux à nouveau baissés. C'est le nouvel attrapeur de Gryffondor, et en plus, il n'est pas puni lui.

- Pardon ?

L'étonnement envahit le visage de Rogue. En quelques instants, ce sentiment fut remplacé par de la fureur. Pendant quelques instants, Aurore crut qu'il allait s'en prendre à elle, mais il se contenta de faire les cents pas, sa cape noire flottant derrière lui. Elle crut l'entendre marmonner " Si elle veut jouer à ça, et bien nous allons jouer...". Puis il s'arrêta et se dirigea à la vitesse de l'éclair vers la porte de son bureau et sortit en claquant la porte. Aurore n'avait pas bougé ne comprenant pas ce qui se passait.

Le pauvre professeur Flitwick, ne comprit pas pourquoi, ce jour-là, il avait vu défiler les professeurs McGonagall et Rogue dans sa salle de cours.

La première fois, McGonagall avait toqué et ouvert légèrement la porte, pour lui emprunter Dubois, un élève de Gryffondor en cinquième année.

Seulement, moins de dix minutes plus tard, ce fut au tour de Rogue d'entrer, sauf que visiblement, la méthode de sa collègue n'était pas à son goût. Le maître des potions toqua et, aussitôt après, ouvrit la porte plus ou moins violemment. Il balaya la salle du regard avant de dire avec lenteur :

-J'aurais besoin de vous emprunter Flint.

Et avant que son collègue ait pu répondre, il fit signe à l'élève de le suivre et claqua la porte.

Flitwick n'insista pas, voyant bien que le maître des potions était en colère.

La porte s'ouvrit avec fracas, et Aurore se retourna en un sursaut. Rogue était de retour, avec un élève de cinquième année. Ce dernier eut un mouvement de recul en la reconnaissant.

" Elle ! S'écria-t-il avec une once de peur dans la voix.

- Lui. Répondit-elle avec un peu de colère.

- Vous vous connaissez ? Parfait. Flint, asseyez-vous, nous devons parler Quidditch.

En effet, ils se connaissaient. Marcus Flint, actuel élève de cinquième année, avait essayé de faire peur à Aurore deux ans plus tôt, alors qu'elle avait neuf ans. Sauf que cela s'était mal terminé... Pour Flint.

Pourtant, le mot "Quidditch" avait dû ranimer cette confiance surdimensionnée qui caractérise les Serpentard, car il avait arrêté de regarder la jeune fille, pour se concentrer sur son directeur de maison.

- Cette année, je veux changer d'attrapeur.

- Quoi ?! Mais professeur, nous avons gagné l'année dernière avec cette équipe, et...

- Et Gryffondor à un nouvel attrapeur, en la personne d'Harry Potter, coupa Rogue avec un air ennuyé et une voix lasse.

- Quoi ?!

Décidément, ce n'était pas la journée de ce pauvre Flint, qui en plus d'avoir eu un T en métamorphose, apprenait qu'il allait devoir changer son équipe de Quidditch. Cela fit presque rigoler Aurore.

- Nous ne savons pas comment il joue, mais si le professeur McGonagall a préféré lui donner une place dans l'équipe plutôt que de le punir, c'est soit qu'elle est désespérée soit que Potter joue bien.

- Euh... Professeur Rogue, je veux bien changer d'attrapeur, mais pour qui ?

- Et bien, Flint, savez-vous vous servir de votre cerveau ? Voilà votre future attrapeuse, en la personne d'Aurore Sunshine.

- QUOI ?!

- Arrêtez d'hurler Flint, ou je vous mets à la porte. Répliqua Rogue. Il se trouve que Miss Sunshine n'est pas en très bonne forme physique en ce moment, mais elle sera bientôt remise. À ce moment, elle jouera au poste d'attrapeuse, car elle a prouvé cette après-midi être en mesure de rivaliser avec Potter. (Il tourna la tête vers Aurore :) avez-vous attrapé la boule de verre avant ou après Potter ?

- Avant, mais de quelques secondes.

- Et je suppose que vous étiez partie en avance ? Dit-il, la regardant avec insistance.

- Avec quelques secondes de retard, professeur. Je suppose que le balai avait encore un peu de puissance…

- C'est parfait. Flint, je veux la plus grande discrétion au sujet du nouveau membre de votre équipe. Personne à part votre équipe ne doit savoir que nous changeons d'attrapeur. Si les Gryffondor veulent la guerre, ils vont l'avoir."

Sur ce, Flint retourna à son cours, sonné. Il ne s'attendait pas à cela en se réveillant ce matin.

Puis Rogue reporta son attention sur Aurore.

"Je compte sur vous, une fois rétablie, pour vous entraîner avec sérieux. Il est important que nous gagnions cette coupe. La dernière fois, Minerva McGonagall n'a plus osé me regarder dans les yeux pendant des semaines... Quel bonheur... (son ton était songeur. Puis il reprit avec sérieux :) Bien, maintenant que cette affaire étant réglée, nous allons réfléchir, ensemble, à votre punition. Il est hors de question que je vous laisse recommencer.

- Harry n'a pas été puni, lui. De plus, être malade juste après n'est pas une punition suffisante ? Argua-t-elle.

- Vous connaissant, non ce n'est pas une punition suffisante. Et je me moque éperdument de ce qui se passe avec Potter. Après tout, vous n'êtes pas la même personne, n'est-ce pas ? Et je m'accorde également à dire que je ne suis pas comme le professeur McGonagall. "

Aurore ferma les yeux. Pendant quelques minutes, elle avait cru qu'il allait la laisser s'en tirer sans problèmes.

" Vous êtes sûr que vous ne pouvez pas passer l'éponge pour une fois ? De toute manière, ma seule envie, actuellement, est d'aller me coucher et oublier cet horrible mal de tête."

Elle avait réussi à surprendre Rogue, qui la regarda avec des yeux ronds. Elle ne savait pas elle-même où elle allait chercher tout cette audace. Rogue se leva et alla chercher cinq flacons de potions, et les posa devant la jeune fille avant de retourner s'asseoir et de la regarder dans les yeux.

" Dans ce cas disons que si vous avalez ces potions, je considérerais que vous n'avez pas besoin d'une autre punition.

- Elles ont un goût infect, n'est-ce pas professeur ?

- À vous de choisir."

Finalement, la première année déboucha le premier flacon et le porta à sa bouche, en sachant très bien que dans tous les cas elle serait sûrement obligée de boire le cocktail. Ses yeux s'écarquillèrent lors de la rencontre du liquide avec sa langue. Elle se retient de tout recracher. Infect était un mot bien faible. Il lui fallut tout le courage possible pour avaler les quatre autres.

"Infect était un mot bien faible professeur. Ces potions doivent avoir pire goût que le Pouss'os !

- Vous en avez déjà pris ? Demanda-t-il avec un rictus narquois.

- Il peut y avoir pire que ça ?

- Arrêtez de me demander, ou il se pourrait que je vous en trouve une sixième à avaler, qui sera pire que du Pouss'os.

- Euh... Non merci...

- Sortez vite d'ici, avant que je n'aille la chercher pour motif d'insolence !

Elle lui jeta un regard amusé avant de se rendre à la bibliothèque pour rejoindre Hermione. Elle passait toujours par les passages secrets, ne voulant pas que les occupants du château la voient trop souvent sans professeurs. Elle ne remercierait jamais assez les jumeaux Weasley pour le passage vers bibliothèque. Une fois sur place, Aurore fouilla chaque rayon, mais ne trouva pas Hermione. Elle devait être en train de sermonner Harry à propos du Quidditch.

La Serpentard s'installa à la même table que la veille. Une surprise l'y attendait : Le livre n'avait pas bougé depuis la veille. Et elle ne put résister très longtemps au désir de l'ouvrir.

La première page traitait des inferis, d'horribles créatures invincibles résultant de magie noire très avancée. Elle lut la moitié de la page avant de penser :

Berk, non merci, je ne veux pas faite revenir des morts à la vie. Enfin, pas de cette façon-là. Qui voudrait une armée de Morts Vivants ?!

À ce moment, la page devint vierge, pour réapparaître dotée d'un nouveau contenu. Une note était placée en haut.

Je vous comprends. Les inferis sont horribles. En plus, il faut s'y prendre à plusieurs fois avant de les faire obéir. Pourquoi ne pas, tout d'abord, commencer par de la magie peu sombre ? C'est un moyen comme un autre de débuter.

Puis, l'inscription disparut. Le titre était beaucoup moins effrayant : Legilimencie et Occlumancie.

Elle allait enfin savoir de quoi lui avait parlé le vieux fou la semaine dernière. Pourtant, Aurore hésitait. Le livre considérait cet art comme de la magie, plus ou moins sombre. D'après Dumbledore, elle le maniait déjà à la perfection. Alors, en quoi cela allait-il la nuire ? Cependant, ne lui reprochait-on pas d'être à deux doigts de basculer dans la magie noire ? Avaient-ils tous raison d'avoir peur d'elle ?

Sur le livre, une nouvelle inscription apparut. Curieuse, elle la lut.

La legilimencie ne fait de mal à personne. L'Occlumancie non plus ! De nombreuses personnes les pratiquent pour trouver et dissimuler des informations importantes. Je connais des personnes à Poudlard qui les pratiquent.

Pour une raison mystérieuse, elle fut rassurée, et entama sa lecture. Ainsi, L'Occlumancie est l'art de cacher des informations, la Legilimencie de les trouver. Cela correspondait parfaitement à ce qu'il c'était passé avec le Choixpeau. Il fallait donc qu'elle apprenne à le maîtriser. Un détail lui revint à l'esprit : il y a deux ans Rogue l'avait regardée dans les yeux pour vérifier si elle lui avait dit la vérité. Ce jour-là il avait utilisé de la Legilimencie. Cela voulait sans doute dire que ce n'était pas si mauvais que cela...

Pendant quelques heures elle continua sa lecture au gré des volontés de l'ouvrage. Il était incroyable de constater que pendant ces moments de lecture, elle oubliait ses douleurs et son mal-être.

A l'heure du dîner, Aurore ne put se résoudre à laisser l'ouvrage là encore une fois. Elle fit donc un détour par son dortoir pour y cacher le livre, et fila vers la Grande Salle. En chemin elle croisa le professeur Rogue, qui la regarda d'un air étrange.

" Où étiez-vous? Je croyais que vous deviez passer l'après-midi avec Miss Granger.

- Mais j'étais avec...

Rogue réduisit la distance qui les séparait en quelques pas, se penchant menaçant au-dessus d'elle.

- Ne-me-mentez-pas. Miss Granger est venue me voir pour me demander si je ne vous avais vu, car elle ne vous trouvait pas.

- Mais... J'étais à la bibliothèque pendant tout ce temps !

Rogue la secoua légèrement.

- Je vous ai dit de ne pas me mentir !

- Je ne mens pas, c'est la stricte vérité ! Utilisez votre legilimencie si vous ne me croyez pas !

Le teint du professeur devint encore en peu plus pâle.

- Où avez-vous lu ce terme ? Sa voix était menaçante.

Aurore ne répondit pas, regardant ailleurs.

- Ne me forcez pas à me répéter.

- Le professeur Dumbledore en a parlé la semaine dernière...

-Faux. Il a seulement parlé d'Occlumens, et donc de L'Occlumancie.

- Peu importe, je le sais, c'est le plus important.

- Très bien. Vous que vous proposez cette méthode, utilisons la. Regardez-moi dans les yeux.

Pourquoi est-ce qu'elle avait eu cette idée ? Une seule solution, l'Occlutruc. Comme décrit dans le livre, elle tenta d'oublier toutes ses émotions, de les mettre dans un coin. Mais Rogue ne lui laissa pas le temps de se préparer. A peine avait-elle relevé les yeux, qu'il s'enfonça dans son esprit. Elle sentit un mal de tête la prendre, mais elle devait se concentrer. Juste au moment où Rogue entrevoyait l'ouvrage, elle le fit disparaître, masquant cette information.

Lorsqu'il sortit de l'esprit de la jeune fille, il paraissait encore plus furieux.

- Le livre... Où l'avez-vous eu... ? Pourquoi m'avez-vous empêché de voir plus loin ?

Sa respiration était sifflante, de colère, mais aussi de par l'effort qu'il avait dû faire pour contourner certaines des barrières de sa protégée.

- Cela ne vous concerne pas Professeur.

- Je pense justement le contraire : où avez-vous trouvé ce livre ?

Aurore avait, à nouveau, détourné le regard. Le professeur Rogue avait beau l'avoir plaquée contre un mur, cela ne semblait pas la déranger. Le professeur essayait d'obtenir une quelconque réaction, mais l'enfant été obstinée à ne pas lui répondre.

- Ne jouez pas l'innocente ! Je sais très bien que ce livre documente sur la magie noire.

Cette fois, la nouvelle la fit sursauter. L'élève se retourna vers son professeur avec une surprise non dissimulée.

- Comment savez-vous ? ...

- Peu importe, il suffit que je le sache, n'êtes-vous pas de cet avis ? Je suppose qu'il n'est plus à la bibliothèque ? Répondez-moi, rugit-il.

Aurore commençait sérieusement à avoir peur, mais il allait devenir fou si jamais elle lui détaillait ce qu'elle lisait, donc elle essaya à nouveau de l'ignorer, espérant ainsi qu'il se découragerait.

- Si vous ne me répondez pas dans la minute qui suit, je vous prive de cours de potions jusqu'à la fin du trimestre, voire de l'année si vous vous obstinez à refuser de coopérer.

- Vous n'avez pas le droit !

- Oh que si, cela s'appelle un renvoi temporaire.

- Il... Il faut un motif valable pour cela !

- Et vous êtes en train de me le donner. Maintenant, répondez à ma question : où est le livre ?

- Je l'ai caché dans mon dortoir.

- Dans ce cas, nous allons aller le récupérer tout de suite, n'est-ce pas Miss Sunshine ?

L'attrapant par le bras, il l'entraina vers la salle commune de Serpentard. Une fois devant l'entrée, il hurla :

- Amortentia !

Sans ménagement, il la fit monter jusqu'à son dortoir, et ne la lâcha qu'une fois à l'intérieur.

- Où est-il ?

L'élève s'approcha de sa table de nuit, et toqua six fois sur le tiroir du haut. Lorsqu'elle l'ouvrit, elle n'y trouva que des plumes.

- Ah, oui, la puissance magique, c'est sept...

Le maître des potions faillit s'étrangler. À son âge, elle s'intéressait déjà aux symboles de la puissance magique ? Il n'était pas sûr de l'avoir laissée seule quelques heures. Cela ressemblait plutôt à ce que l'on obtient après des mois de lecture noire. Il fallait absolument qu'il éloigne ce livre d'elle.

Aurore toqua les sept fois, et le livre apparut dans le tiroir. Elle l'en sortit, mais hésita à le tendre à son directeur de maison. Celui-ci tendit donc sa main, pour bien lui indiquer qu'il fallait lui remettre l'ouvrage. À contre cœur, l'élève donna son bien.

- Maintenant, nous allons tous deux remonter dans la Grande Salle, où vous mangerez seule, puis je veux vous voir dans mon bureau à neuf heures tapante. Je suis vraiment déçu... Je vous laisse quelques heures de liberté, et vous allez vous plonger dans la magie noire... Je suis extrêmement déçu.

Puis ils se mirent en route, Aurore gardant la tête baissée. Rogue ne lui adressa plus la parole. En rentrant dans la Grande Salle, Aurore releva la tête et défia quiconque de s'approcher d'elle. Pourtant, Céleste voulut se rapprocher.

- Ne t'approches pas, je suis punie...

- Ça on le savait déjà, merci.

- Non, je veux dire que là, c'est Rogue qui m'a dit que je devais manger seule.

- Et tu fais tout ce que Rogue dit ?!

- En temps normal, tu sais bien que non. Mais là, je suis vraiment très mal... Et pas à cause du cours de balai.

Céleste lui jeta un regard indescriptible, et se retourna vers Malefoy et les autres Serpentard. Aurore vit le jeune homme se lever pour aller narguer Harry et Ron. Elle ne sût pas ce qu'ils se disaient, mais ils n'avaient pas l'air d'échanger des politesses.

À la fin, Drago partit, comme vexé par ce qu'avait pu lui dire le Gryffondor.

Elle tourna alors le regard vers la table des professeurs. Rogue était en pleine discussion avec McGonagall, Quirrell et Dumbledore. Il n'était pas difficile de deviner de quoi ils parlaient.

Aurore se leva, se disant qu'il valait mieux qu'elle soit en avance dans le bureau de Rogue, plutôt qu'en retard. Pourtant, alors que l'élève allait franchir la porte de la Grande Salle, une main se posa sur son épaule. Elle se retourna et vit le maître des potions. Son regard passait désormais de l'homme ténébreux, à la table des professeurs. Il avait été rapide. L'homme lui lança un regard désapprobateur, et elle soupira :

- Je ne suis pas censée rester ici jusqu'à ce que vous ayez terminé de discuter ?

- Non, effectivement. Puis-je savoir où vous souhaitiez aller ?

- Dans votre bureau.

- Dans ce cas, laissez-moi vous y accompagner. À moins que je ne puisse vous laisser seule pendant quelques minutes ?

Aurore déglutit, et fit un signe de la tête pour montrer qu'elle n'avait pas l'intention de s'attirer plus de problèmes. Le maître des potions eut un rictus.

- Dans ce cas, suivez-moi.

Ils entamèrent une fois de plus une descente vers les cachots. Rogue ouvrit la porte, et murmura :

- Asseyez-vous, et attendez sagement de que je revienne. Si vois que vous m'avez désobéi...

Il laissa planer sa menace. Sauf qu'elle savait très bien que cela serait pire qu'un renvoi du cours de potions. Elle s'installa donc, et attendit que le temps passe, en essayant de reconnaître tous les ingrédients qui flottaient dans des bocaux le long des murs du bureau. Après dix minutes, Rogue était de retour, heureusement seul.

- Bien. Maintenant vous allez m'expliquer qu'est-ce qu'il vous a pris. La moitié de ce château vous craint depuis l'examen, et vous êtes censée être sous surveillance maximale. Je fais une exception et vous laisse quelques heures de liberté, et pour quel résultat ? Vous retrouver avec un livre de magie noire.

Aurore ouvrit la bouche pour répondre, mais se ravisa. Autant ne pas aggraver son cas. Il est vrai qu'elle avait abusé de sa confiance en cédant au livre.

- Maintenant, vous allez me donner le nom de chaque sujet que vous a fait lire ce livre.

Voyant qu'elle ne répondait pas, il frappa de son poing sur la table.

- En tant que votre professeur, directeur de maison, et tuteur; j'exige une réponse !

- Au début, il a voulu me faire lire un chapitre sur les "inferis" mais ce n'était pas à mon goût, alors il m'a montré la Legilimencie et L'Occlumancie, a voulu me faire lire quelque chose sur les sortilèges impardonnables, puis m'a plongée dans de vieux sorts de magie noire.

- Vous ne me cachez rien ? Demanda-t-il, suspicieux.

- N-non...

- Ne-me-mentez-pas.

- Il m'a fait lire quelque chose sur les horcruxes. Mais c'est horrible de vouloir tuer quelqu'un pour rester en vie, presque immortel !

Rogue la regarda avec une pointe de tristesse dans le regard. Aurore, elle, commençait à pleurer. Elle trouvait ce livre totalement fou, car il lui avait suggérer plus d'une fois de tuer quelqu'un pour devenir immortel. Elle s'en voulait également d'avoir écouté ce qu'il lui disait. Cet après-midi, s'il lui avait demandé de faire quelque chose, il y aurait eu une grande probabilité pour qu'elle le fasse. Alors qu'elle éclatait en sanglot, Rogue eut une réaction plus qu'inattendue.
Il se leva et la prit dans ses bras pour la réconforter.

- C'est terminé, vous n'allez tuer personne, et nous allons éloigner ce livre de vous, c'est d'accord ?

La surprise était présente, quelque part, mais la jeune fille se sentait trop mal pour s'offusquer ou s'étonner.

- J-je suis désolée... Il... Il m'a dit des choses, et j'y ai cru...

- Chuut. Ce n'est rien. Il a berné de nombreuses personnes, dont beaucoup sont devenues mangemorts. Et celles-là n'ont jamais réussi, ou n'ont jamais voulu avouer qu'il les avait eues. Je vais l'éloigner de vous, et tout ira bien, tout redeviendra normal, d'accord ?

Aurore hocha lentement la tête. Au moins, elle n'était pas la seule à avoir été attirée par l'ouvrage.

- J-je suis désolée...

- Calmez-vous... J'ai demandé aux Professeur Dumbledore, McGonagall et Quirrell de m'aider à mettre un sort autour de ce livre. Je le garderais dans mon bureau, et plus personne ne l'approchera de vous.

Aurore pleura encore quelques minutes, avant de se détacher de l'étreinte de son tuteur. Ce dernier s'accroupi devant elle pour être à la même hauteur, et la regarda dans les yeux.

- Expliquez-moi, pourquoi êtes-vous allée chercher ce livre dans la Réserve.

- P-Pardon ?

- Arrêtez, vous savez que j'ai horreur de ceux qui bégayent. Je vous demande juste pour quelle raison vous êtes allée chercher ce livre dans la Réserve.

- Mais... Je ne suis pas allée le chercher dans la Réserve ! Il était déjà là quand je suis allée à la bibliothèque hier. Il était dans la pile de livres d'Hermione !

Rogue eut un hoquet de surprise.

- De Miss Granger, vous êtes sûr ?

Aurore hocha la tête. Elle aussi avait été surprise par la découverte de ce livre avec ceux de la Gryffondor. Rogue se leva, et retourna à son bureau, pour en sortir une baguette.

- Vous savez ce que je vais faire, n'est-ce pas ?

- Oui... Et je comprends que vous ayez du mal à me croire...

- Ce n'est pas exactement pour ce motif. J'aurais besoin de plus de détails sur ce qu'il s'est passé, sur les circonstances dans lesquelles vous avez trouvé ce livre. Vu votre état, il se peut que vous ayez mal à la tête.

- Allez-y.

Et se recula sur sa chaise, pour le regarder dans les yeux. Le ténébreux professeur s'écria : " Legilimens ! " et s'engouffra dans les souvenirs de la jeune fille.

Comme l'avait dit Rogue, un mal de tête la prit, et elle sentit son directeur de maison se faufiler à travers les souvenirs. Elle se revit, la veille, arriver devant Hermione. Rogue contourna la pile de livre, pour l'examiner. Il y eut un flash, et elle se retrouva à ranger les livres, puis à commencer sa lecture du livre noir, Rogue penché au-dessus de son épaule. Le décor changea à nouveau, pour se retrouver en plein après-midi le jour même. Cette fois, Aurore remarqua que, dès qu'elle commença sa lecture, la luminosité baissa. Quelques instants plus tard, elle se retrouva dans le bureau ténébreux de Rogue, la respiration sifflante et les yeux exorbités. Le plus dur, avait été de ne pas bloquer son professeur. La sensation de quelqu'un vous rentrant dans l'esprit était très désagréable, et elle avait tendance à essayer de l'arrêter instinctivement. Rogue avait abaissé sa baguette, et une étrange expression teintait son visage.

- Ne bougez pas, je dois aller parler au Professeur Dumbledore.

Et il sortit rapidement. Aurore se retrouva à nouveau seule. Et elle se sentait... mal. Elle aurait sûrement préféré que Rogue reste dans la même pièce. Le peu de lumière dans la pièce dévoilaient des traits creusés par la fatigue. Plus elle y réfléchit, et plus elle regrette d'avoir touché ce livre. Combien auraient céder à la tentation d'ouvrir cet ouvrage ? Combien auraient réussi à résister ?

Rogue n'était toujours pas de retour quand un étrange bruit se fit entendre. Il provenait d'un des tiroirs du bureau. Puis d'un coup, celui-ci céda et sortit le livre de magie noire. Il fonça sur la jeune fille, si bien qu'elle fut obligée de se jeter à terre pour l'éviter. Son coude cogna douloureusement le sol. Mais l'ouvrage revint à la charge, et elle dut rouler sur le côté. Cela ne prendrait-il jamais fin ? L'ouvrage l'acula dans un coin de la pièce. Il faisait sombre, et on ne distinguait pas très bien sa silhouette. Alors qu'Aurore hésitait à utiliser la magie, la porte s'ouvrit et un sort toucha le livre qui tomba au sol. Rogue était de retour avec Dumbledore, McGonagall et Hermione. La jeune fille les regarda, terrorisée et murmura :

- Je viens de me faire attaquer par un livre. Un livre.

Rogue ramassa l'ouvrage et le tendit à Hermione.

- Alors Miss Granger, avez-vous déjà vu ce livre, ou plutôt lu ?

Hermione le regarda, incertaine, et répondit par la négation. Rogue se retourna alors vers Dumbledore.

- C'est donc bien ce que je pensais, Monsieur le Directeur : quelqu'un a délibérément placé ce livre pour que Miss Sunshine le trouve. Il était en place à chaque fois qu'elle s'est rendue à la bibliothèque.

- Quelqu'un dans ce château veut donc la faire basculer dans la magie noire... Severus, voulez-vous bien me donner ce livre ? Je vais le garder dans mon bureau pour limiter les risques. Miss Granger ? Pouvez-vous ne plus laisser seule Miss Sunshine à la bibliothèque, au cas où quelqu'un déciderait de lui présenter un autre ouvrage de ce genre.

- C'est que je ne l'ai pas vue aujourd'hui.

- Pourtant j'y étais tout l'après-midi. ...

- Si je puis me permettre, j'ai également la réponse à cette question. Le livre a posé un champ d'invisibilité autour d'elle. Ainsi, Miss Granger ne pouvait pas la voir et la sortir de sa lecture.

- Vous semblez vous y connaître un peu trop, dans cette histoire de livre Severus. Lança Minerva McGonagall, en lui lançant un regard sévère.

Rogue releva sa lèvre supérieure, montrant légèrement les dents.

- Qu'insinuez-vous Minerva ?

Les deux directeurs de maison semblaient sur le point de s'entre-tuer. Aurore et Hermione se rapprochèrent l'une de l'autre, intimidées. C'était d'autant plus drôle qu'elles faisaient parties de deux maisons supposées se détester. Comme quoi, il y a de tout. Les deux élèves se prirent à espérer que le Directeur de l'école intervienne avant qu'ils ne se battent. Sauf qu'il ne semblait pas y prêter attention, perdu dans ses pensées. Alors elles prirent sur elles pour dire.

- Professeur Rogue... Professeur McGonagall...

Les deux se tournèrent vers leur élève respective, et marmonnèrent un "oui?" agacé. Au regard qu'elles leurs lancèrent, ils reculèrent de quelques pas, et Rogue reprit un masque froid et neutre.

- Quand vous aurez terminé de faire des suppositions idiotes, Minerva, nous pourrons peut-être nous occuper de choses plus importantes. Sunshine, suivez-moi, je vous raccompagne à votre dortoir, au cas où quelqu'un déciderait de vous attaquer à coups de livre...

- Severus, techniquement c'est plutôt elle qui...

- Je ne vous permets pas Minerva ! Quelqu'un essaie de lui faire du mal, et je ne laisserais pas cela passer.

Hermione lança un regard interrogateur qui signifiait : " Qu'as-tu fait du Professeur Rogue de Vendredi dernier ? " auquel Aurore répondit par un : " Attends, tu n'as pas vu le plus étrange !"

- Vous insinuez, Severus, que j'...

- Je n'insinue rien du tout Minerva. Sunshine, venez, j'ai autre chose à faire que de jouer le baby-sitter toute la journée.

La Serpentard lança un regard d'au-revoir à la Gryffondor, et suivit son professeur vers la salle commune.

- Comment faites-vous pour avoir autant de problèmes en moins de deux semaines Sunshine ? Demanda-t-il dans un soupir. Depuis que vous êtes là, je passe mon temps à essayer de vous sortir du pétrin...

- Vous savez professeur, je ne cherche pas les ennuis...

- Exact, ce sont eux qui vous trouvent.

- Pourquoi avez-vous accepté de me prendre ?

Rogue ne répondit pas immédiatement. La question l'avait pris au dépourvu. La suite le surpris encore plus.

- Après tout, même le professeur McGonagall à voulu se débarrasser de moi... Je ne suis qu'une machine à problèmes.

- Ne dites pas ça. Peu -importe la raison qui a poussé à ce changement, ni la raison qui m'a poussé à vous prendre, est-ce bien clair ? Minerva ne vous a pas abandonnée, même si tout semble dire le contraire. Et, malheureusement, vous n'y pouvez rien si les problèmes vous cherchent. Nous allons donc essayer de les résoudre. Je vous promets que quand j'aurai attrapé celui qui vous a remis ce livre, il passera un mauvais moment...

Aurore se prit presque à plaindre celui qui essayait, soit de la tuer, soit de la transformer en mage noir. Vu le ton employé par Rogue, elle se demanda s'il serait encore vivant. Elle réagit alors impulsivement : elle alla se mettre contre son tuteur, dans une grande étreinte. Ce geste surprit Rogue qui ne s'y attendait pas, encore moins en plein couloir. Il mit du temps avant de lui rendre son étreinte.

- M-merci...

- Essayons de... Comment dire ? Changer notre relation après tout, maintenant je ne suis plus un simple professeur mais votre tuteur. Si vous avez un problème, venez me voir, c'est compris ?

Elle acquiesça. Ils se remirent en route, et une fois arrivés devant la porte, il y eut un silence, comme s'ils ne voulaient pas prononcer le mot de passe immédiatement.

- Reposez-vous. Je ne veux pas que, demain, vous ratiez pour la première fois de votre vie une potion.

Rogue fit, à son tour, un geste étrange et presque instinctif. Le maître des potions l'embrassa sur le front. Il n'avait jamais vu l'utilité de gestes affectueux, mais pour une étrange raison, il avait su qu'il devait le faire. La jeune fille lu lança un regard surpris, mais ne semblait pas offusquée par ce geste. Au contraire, elle semblait ... heureuse.

Puis elle se retourna et retourna dans sa salle. Rogue resta quelques minutes devant la porte, presque étonné de son propre geste, avant de retourner dans son bureau. Il avait une certaine potion à terminer, au sujet d'une guérison.

Minerva avait déposée Hermione dans sa salle commune, et s'était immédiatement dirigée vers le bureau de Dumbledore. Elle donna le mot de passe à la gargouille, qui s'écarta pour laisser le passage. Une fois devant le Directeur, elle prit un air désemparé.

- Combien de temps cela va-t-il durer, Albus ? Ils commencent tous deux à me détester...

Derrière ses lunettes en demi-lune, les yeux d'Albus Dumbledore brillèrent de malice.

-Il est vrai que Severus devrait surveiller ses arrières... Vous pourriez bien lui prendre sa palme du professeur le plus exécrable.

- Vous ne répondez pas à ma question ! J'en ai assez de jouer la comédie.

- Plus très longtemps, Minerva. Tout fonctionne à merveille. Et bientôt vous pourrez arrêter.

Minerva McGonagall ferma les yeux quelques minutes, assimilant ce que le directeur venait de lui dire. C'était bientôt fini. Puis elle posa son regard sévère sur celui qui, pendant quelques années, avait été son collègue.

- Au fait, Albus, puis-je savoir ce qu'il vous a pris ? Vous connaissiez le résultat de ce test à l'avance. Et pourquoi a-t-il fallut que Fudge vienne? FUDGE DUMBLEDORE !

Calmement le vieil homme sortit une enveloppe d'un tiroir, qu'il tendit à McGonagall.

- Je pense que ceci vous éclairera, Minerva.

La directrice de Gryffondor lut fébrilement la lettre. Son regard devint incrédule.

- M-mais, Albus, pourquoi ? Pourquoi ne pas leur avoir tout simplement montré cette lettre? Vous n'imaginez pas dans quel état ils sont. Ils vous détestent, vous haïssent. Alors qu'ils auraient pu, tout simplement, lire cette lettre.

- Je ne voulais pas les inquiéter Minerva. Le ministère est inquiet pour un rien, alors autant tout mettre sur mon dos, plutôt que nos amis de Serpentard s'inquiètent pour un rien. Même si je ne m'attendais pas à ce que Fudge vienne en personne, ni à ce qu'il soit aussi violent avec elle. Si seulement vous l'aviez vu Minerva. Il était plus pâle qu'un linge, rien qu'au fait d'être dans la même pièce, alors qu'elle était inconsciente... Cet événement s'est déjà ajouté sur ma liste de remords.

Minerva hocha la tête et lui rendit la lettre. C'était bientôt fini.

Voilà quelques heures qu'Aurore n'arrivait pas à dormir. Elle avisa alors rapidement l'un des tiroirs de sa table de chevet. Elle tourna la poignée trois fois à droite, et l'ouvrit. Sa cape d'invisibilité. Juste un petit tour. Un seul, et elle ne sortirait plus jamais sans l'autorisation de Rogue.

Rapidement, elle enfila ses chaussures, mit la cape, et sortit. Marcher l'aidait. Cela lui permettait d'oublier ses problèmes.

Au détour d'un couloir, elle aperçut trois formes qui se dirigeaient vers la salle des trophées. Curieuse, elle les suivit, pour se rendre compte, une fois dans la salle, qu'il s'agissait d'Hermione, Ron et Harry. Que faisaient-ils dehors à une heure pareille ?

La lumière était faible, mais la Serpentard distinguait bien leurs visages effrayés.

- C'était un piège Harry, ce lâche de Malefoy ne va pas venir et il a sûrement prévenu Rusard.

- Je vous l'avais bien dit ! Maintenant, nous allons perdre des points à cause de vous...

- C'est bon Hermione, tu nous as déjà fait le coup !

Aurore se rapprocha d'eux. Alors c'était pour ça que Drago avait une drôle de tête ? Il leur avait donné rendez-vous ? Mais pourquoi faire, après tout il n'avait pas pu prétexter un duel de sorciers, personne ne serait tombé dans le panneau !

Soudain un miaulement se fit entendre. Aurore détourna les yeux et son regard croisa celui de Miss Teigne. D'un geste rapide elle ôta sa cape et s'écria :

- Vite, on a quelques secondes avant que Rusard n'arrive !

Frappés d'horreur, ils ne bougèrent pas.

- C-Comment tu...

- On s'en fiche ! Courrez bandes d'imbéciles ! Chuchota-t-elle.

Ils filèrent vers la porte opposée à la salle des trophées, et eurent à peine le temps de la franchir avant que Rusard ne pénètre dans la salle.

- Où sont-ils, ma belle ?

Suivis des autres, Harry et Aurore s'engagèrent dans une longue galerie où s'alignaient sans cesse des armures. Rusard se rapprochait. Il y eut un chouinement et la jeune fille se retourna et vit Neville.

- Il était avec vous celui-là ?

- Depuis le début, pourquoi ?

- Je ne l'avais pas vu.

Le Gryffondor se mit à courir, effrayé par les bruits de pas de Rusard, trébucha, essaya de se rattraper en saisissant Ron par la taille et tous deux firent une magnifique chute, renversant une armure.
Un vacarme assourdissant s'en suivit.
Comme dans les films, Aurore et Harry échangèrent un bref regard avant de hurler :

- ON FILE !

Parvenus à l'extrémité des armures, ils prirent des virages serrés, fonçant à travers un dédale de couloirs, Aurore indiquant, dès qu'elle le pouvait, une direction. Finalement, ils se retrouvèrent près de la salle où avaient lieu les cours d'enchantements.

- Je crois que c'est bon. Murmura Aurore. Essayons de rentrer.

- Qu'est-ce que tu faisais dans le couloir ? Demanda Hermione.

- Pas votre affaire... Marmonna-t-elle.

- Ne me dis pas qu'après cette histoire de livre, tu es encore sortie Aurore ?

- Te raconterais tout demain, en plus c'est juste une dernière sortie. Après je me suis promis de plus le faire sans une bonne raison.

- Bon, Hermione arrêtes d'énerver tout le monde, lança Ron. Rentrons à la Tour.

- Et moi aux cachots. Conclut la vert et argent.

Alors qu'ils avançaient dans le couloir, quelque chose jaillit de la classe. C'était Peeves.

- Tiens tiens, les p'tis nouveaux, on vadrouille dans les couloirs ? Je devrais prévenir Rusard... Pour votre propre bien.

- Peevy, laisses nous passer s'teuplait.

- Ah, tiens, la ptite Aurore Serpentard ! Tu étais où tout ce temps ?

- En France. D'ailleurs tu ne peux pas savoir à quel point tu m'as manqué.

Peeves eut un air étonné.

- Je t'ai manqué, moi ?

- Bien-sûr ! Y'a pas d'esprit frappeur en France. C'est d'un ennui... Comment aurais-je pu oublier le meilleur esprit frappeur du monde magique ?

Peeves bomba légèrement le torse, ce qui lui donna un ait ridicule. Les Gryffondor se regardèrent, estomaqués : Aurore usait de ses "talents" de Serpentard pour les sortir du pétrin.

- J'veux bien laisser passer la verte, mais pas les mûres. Les mûres ! C'est trop drôle !

Aurore rigola avec lui. Pas par méchanceté, mais pour l'encourager à céder à sa demande.

- Tu ne pourrais pas faire une exception Peevy ? Tu sais, tu pourrais leur faire du chantage genre : si tu passes, tu écoutes mes farces pendant un mois, ou ce qu'il t'arrange...

Peeves caqueta.

- C'est qu'elle est pas bête la serpent. (Il se tourna vers les Gryffondor) Alors en gage...

Ron s'énerva et tenta de pousser Peeves.

- Laisses nous passer !

Fatale erreur.

- ÉLÈVES DE GRYFFONDOR HORS DU DORTOIR ! ÉLÈVES DE GRYFFONDOR DANS LE COULOIR DES ENCHANTEMENTS ! Il jeta un clin d'œil à Aurore. Il avait hurlé Gryffondor et non Serpentard. Le voyou.

Ils se jetèrent en dessous de lui et foncèrent vers une porte au fond du couloir.

- C'est fermé à clé !

Rogue avait dit à Aurore de n'utiliser la magie qu'en cas de gros problèmes, or avoir Rusard à ses trousses rentrait dans cette catégorie. Elle chercha sa baguette mais ne la trouva pas.

- Oh, non ! J'ai oublié ma baguette dans mon dortoir !

- Laissez-moi faire. Grogna Hermione. Alohomora !

La porte s'ouvrit et ils se réfugièrent derrière. S'appuyant sur le panneau de bois pour entendre ce qui se disaient de l'autre côté. Rusard arguait et s'énervait contre l'esprit frappeur.

- Je dirais quelque chose si tu dis s'il te plaît.

- Bon, d'accord : s'il te plaît.

- QUELQUE CHOSE ! AAHHAAHAAHH !

- Reviens là sale esprit frappeur ! Je t'aurais Peeves !

Au même moment, un grognement sourd se fit entendre. Aurore se retourna avant de bégayer :

- L-les amis... Regardez !

Les cinq élèves poussèrent un hurlement de concert. Un immense chien à trois têtes se dressait devant eux et grognait. Ses trois paires d'yeux étincelaient d'une lueur démente, ses trois gueules bavantes étaient hérissées d'énormes crocs jaunes. S'il ne les avait pas encore dévorés, c'étaient parce qu'ils l'avaient pris par surprise. Pourtant cela n'allait pas tarder.

Aurore et Harry cherchaient désespérément la poignée de la porte à tâtons.

Entre la mort et Rusard, je choisis Rusard ! S'écria mentalement Harry.

Entre la mort et Rogue, je choisis Rogue ! Répondit Aurore

Ils sortirent à reculons, claquèrent la porte derrière eux et se mirent à courir si vite qu'ils avaient presque l'impression de voler. Aurore remit sa cape d'invisibilité à mi-chemin, et retourna vers les cachots, tandis que les autres continuaient en courant jusqu'à la tour. Décidément, Poudlard devait être le seul endroit où cinq adolescents pouvaient hurler sans réveiller ni attirer l'attention d'un adulte.

Alors qu'elle retournait dans son dortoir fébrile, la vert et argent se demanda qu'est-ce qu'il y avait sous la trappe. Car, oui, le chien gardait quelque chose, et ce quelque chose se trouvait sous ses pattes.

Elle se recoucha en pensant qu'elle avait eu de la chance de sortir vivante de cette sortie.

Alors qu'elle sombrait dans les bras de Morphée, une idée lui traversa l'esprit. Et si le papier kraft se trouvait sous le chien ?


Voilà, c'est terminé pour cette fois !

Promis le prochain la semaine prochaine, maximum dans quinze jours, si pas de problèmes informatiques.

Sinon, à votre avis, que va-t-il se passer dans les épisodes suivants ? Un indice, le titre est Halloween ! Vu que je suis gentille (hum, je pense que vous avez le droit d'avoir des doutes) et que j'ai hâte de corriger les chapitres et de les poster, je pense que je vais aussi laisser glisser le titre du chapitre dix... Qu'est-ce que ça vous évoque "Retour d'un désir et Alchimie " ?

Promis je fais au plus vite !

A bientôt !