Bon, cela fait longtemps que je n'avais pas posté.

Pour être franche j'étais certaine que plus personne ne lisait et ne lirai mon histoire donc j'avais arrêté de regarder par ici. Jusqu'à la review nlov.

Donc non je n'ai pas vraiment arrêté, juste ici.

Voilà le chapitre 11, dans lequel je m'étais autorisée une petite folie et un moment de détente pour Rogue, Aurore, Harry, Ron et Hermione ; ou du moins ce qui s'y apparente le plus ! Il y a un ou deux moments où j'ai bien rigolé en écrivant, alors j'espère que vous apprécierez !

Mais bon Ron risque de souffrir un peu au début. J'avoue que le moment me gêne presque maintenant... J'ai de la peine pour lui.

Sinon ce chapitre apporte sa dose de problèmes supplémentaires, donc la situation ne va pas se rétablir de sitôt !

Bonne lecture ;)


Onzième Chapitre : Montres enflammés


Partie Une :

-Anniversaire et Menaces Nocturnes-


La cape était restée rangée au fond du tiroir pour le reste des vacances. Hermione et tous les autres étaient revenus la veille de la rentrée et le quatuor s'était réuni dans la cour pour pouvoir parler tranquillement. Il faisait toujours un temps glacial, aussi les deux filles avaient ressorti les bocaux de confiture avec leurs flammes. L'avantage consistait en le fait que rare étaient ceux qui osaient s'aventurer dehors par une température pareille.

Harry avait commencé à raconter ce qui lui était arrivé depuis le début des vacances. Seulement Hermione était partagée entre l'horreur (Rusard aurait pu t'attraper ! Toi aussi Aurore ! ) et la déception qu'il ait oublié de faire des recherches sur Nicolas Flamel.

- Ça fait dix minutes que je vous le dit ! Je sais qui est Flamel ! Lâcha Aurore, agacée par la tournure de la conversation.

Ron se tourna vers elle avec un regard accusateur. Depuis qu'Harry et lui avaient vu Aurore avec Rogue près du miroir, il ne lui adressait même plus la parole. Harry s'efforçait de le faire mais visiblement, le cœur n'y était pas.

Aurore tendit son insigne à son amie et appuya sur l'étoile de Flamel. La Gryffondor tomba sur l'image avec l'alchimiste et, dans son étonnement lâcha l'objet. La Serpentard plongea tête la première dans la neige jonchant le sol, et rattrapa à la volée son cadeau.

- Sunshine ? Que faites-vous par terre voyons ?

Pitié, pourquoi devait-il y avoir un professeur autour d'elle à chaque fois qu'il y avait un problème ? Aurore se releva, secouant ses cheveux noirs parsemés de flocons de neiges.

- Ce n'est rien, professeur McGonagall, j'ai juste laissé tomber un objet et je l'ai rattrapé avant qu'il ne touche la neige...

La directrice de Gryffondor lui jeta un regard dubitatif et continua son inspection des lieux.

- Je suis désolée Aurore... Murmura Hermione. Mais cet homme. ... C'est Flamel ?

- Oui. Je ne me souvenais plus de qui il était jusqu'à ce que je reçoive ce cadeau de mes amis français. La Serpentard vérifia que personne n'était trop prêt avant d'ajouter : Nicolas Flamel était un ancien élève de BeauxBâtons. Il est célèbre pour avoir fabriqué la pierre philosophale. Cette pierre...

- Donne l'élixir d'immortalité sans parler de l'or alchimique ! Coupa Hermione. J'en avais entendu parler ! Donc c'est sûrement ça que veut Rogue...

- Il ne veut rien du tout ! Ce - n'est - pas - lui ! Bon sang, je le connais mieux que vous, pourquoi ne voulez-vous pas me croire ?

- Parce que tu es avec lui ! Tu es passée à l'ennemi ! S'écria Ron.

La Serpentard fronça les sourcils. D'où sortait-il ça cette fois ? Harry et Hermione semblaient embarrassés.

- De quoi parlez-vous cette fois ? Hermione ? Harry ? Qu'est-ce qu'il se passe ?

- Eh bien, commença Harry, il se trouve que Ron et moi, nous étions là quand...

Il s'arrêta, comme s'il ne savait pas comment décrire la situation.

- Quand tu étais avec Rogue devant le miroir ! Cracha Ron.

À ce moment, Aurore aurait aimé se comporter en parfait petit Serpentard et leur cracher un " Et ?" cinglant. Malheureusement, elle resta là, bouche ouverte, yeux exorbités, ressemblant plus à un poisson hors de l'eau qu'à une élève.

- Vous... Vous étiez là ?

Harry fut soudain prit d'un malaise grandissant, presque palpable. Hermione ne savait pas vraiment où se placer. Ron, lui, ne semblait même pas éprouver de remords.

- C'est la preuve même que tu es avec lui ! Sinon, pourquoi t'aurait-il demandé de ne rien dire ? Harry, tu as vu comme cette chauve-souris géante est tombée à genoux ? Il a dû voir celui à qui il doit donner la pierre, car si ça se trouve, il ne la veut pas pour lui !

- Qu-Quoi ? Mais d'où tu sors ça ? Ce-ce n'est pas ce que nous a montré le miroir...

- Alors dis-le nous !

- Je ne peux pas... J'ai promis que je ne dirais rien.

- Toutes les excuses sont bonnes ! Tu te défiles, avoues-le ! Pour qu'il t'ait dit de ne rien révéler, cela veut dire que vous avez vu la même chose et...

- Ronald Weasley ! Arrêtes ça immédiatement ! S'écria Hermione en se plaçant devant Aurore. Comme toujours, tu ne réfléchis pas : qu'est-ce que Rogue ferait de l'aide d'une première année ? Si elle a promis, alors elle ne peut rien nous dire. Et puis, qui te dit qu'ils ont vu la même chose ? C'est peut-être ce que Rogue croit.

Ron garda une mine dubitative.

- C'est vrai Ron, Rogue n'a pas besoin d'elle pour trouver la pierre, il sait déjà où elle est, en plus il est professeur et je suis sûr que s'il faisait un duel avec Aurore il gagnerait sans problème. Ajouta Harry.

La jeune fille soupira discrètement : elle n'allait pas leur avouer qu'il y avait quand même des chances pour qu'elle mette le maître des potions au tapis. Ou du moins, c'était le cas si elle utilisait de la magie noire. Ce fut au tour de Ron de rester là bouche ouverte tel un poisson. Visiblement il n'en revenait pas que les deux autres n'aient pas pris son parti. Finalement, il rendit les armes.

Malgré tout, Ron insista pour vérifier les informations données par la Serpentard. Dès le début du deuxième trimestre, ils replongèrent tous dans les livres, même si les deux attrapeurs avaient moins de temps du fait de leurs entraînements de Quidditch. Pourtant, à chaque fois qu'elle retournait à la bibliothèque, la Serpentard s'arrachait les cheveux ne parvenant pas à retrouver le livre mentionnant Flamel.

Un jour, alors qu'ils se dirigeaient vers le terrain de Quidditch, l'équipe de Serpentard eut la désagréable surprise de trouver l'équipe de Gryffondor déjà en place. Flint, déjà de mauvaise humeur, oublia de ne pas déverser sa colère sur l'équipe.

- On avait bien réservé le terrain ?! Qui s'en est occupé ? Ce n'était pas ton tour minus ?!

- Qui est-ce que tu traites de minus ?! Cracha-t-elle. Non, ce n'était pas à moi de le faire, mais à toi ! Et de deux, il me semble que tu l'as effectivement fait, vu que je l'ai vu sur le tableau d'affichage.

Les joueurs de Serpentard entrèrent sur le terrain, juste au moment où un George étonné tombait de son balai.

- Alors Weasley, on tient plus à balai ? Railla Flint.

Mais George n'y prêta pas attention. Il regardait Olivier Dubois, source de sa chute, avec un étonnement énorme. Sa bouche était pleine de boue, due à la pluie qui tombait ce jour-là.

- Rogue va arbitrer le match ?

- Rogue va arbitrer votre match ? Répéta Aurore, ahurie.

Toute l'équipe de Gryffondor se posa autour de George et Olivier pour protester vivement. Le capitaine de Gryffondor semblait un peu perdu face à l'avalanche de contestations. Après plusieurs minutes, forçant un peu sur sa voix, le capitaine parvint à leur faire comprendre qu'il n'y pouvait rien et que le seul moyen de survivre à ce match était de jouer impeccablement pour que Rogue ne puisse pas les pénaliser.

Les Serpentard n'avaient pas bougé, regardant avec agacement la scène qui se déroulait sous leurs yeux. Aucun n'avait vraiment l'habitude d'être ignoré. Soudain, toute l'équipe adverse se retourna vers eux et Dubois prit la parole.

- C'est vous qui avez convaincu Rogue, n'est-ce pas ? Vous avez trop peur qu'on vous double au prochain match ?

Flint fit un pas en avant, menaçant, et regarda son adversaire de son air de troll.

- Tu crois sérieusement qu'on a besoin de Rogue pour gagner ? On vous met la pâtée depuis plusieurs années, sans avoir besoin de changer l'arbitre, alors on ne va pas commencer aujourd'hui.

- Alors comment tu expliques...

- J'en sais rien, mais on n'a pas été lui demander. C'est tout ce qui compte.

Aurore elle était toujours étonnée du fait que son tuteur ait décidé d'arbitrer le match. D'où lui venait cette idée saugrenue ? Surtout que la jeune fille avait toujours cru comprendre qu'il détestait le Quidditch. D'autant plus qu'il ne l'avait jamais fait avant.

- Il ne va arbitrer que le match des Gryffondor ? Demanda-t-elle à Flint.

- Aux dernières nouvelles il a également tenu à arbitrer le nôtre. Pas compris pourquoi vu que de toute manière on va gagner.

Il se retourna vers les Gryffondor avec un air menaçant.

- Bon, maintenant le terrain. C'est notre tour. J'ai réservé le terrain pour Serpentard. (Aurore leva les yeux au ciel : cet imbécile de Flint ne s'en serait pas rappelé si elle ne lui avait pas dit.)

- C'est les Serdaigle, ils ont monopolisé le terrain pendant une demi-heure. Donc on a besoin de jouer cette demi-heure !

- Les Serdaigle ? J'ai du mal à y croire. Jamais en retard ceux-là.

- Bah, avant il y avait les Poufsouffle. Je crois que ce sont eux qui sont à l'origine de tout ça. Bon maintenant (dit-il en se tournant vers son équipe.) Dépêchez-vous ! Il faut être prêt pour le match, surtout à cause de Rogue. Allez allez, bougez-vous ! Flint. Personne ne vous retint.

- Il se trouve que je n'ai pas l'intention de faire des allers-retours. Tout le monde à balai. Commencez l'échauffement, et que ça saute !

Rapides, les Serpentard enfourchèrent leurs balais et firent rapidement quelques tours d'une moitié de terrain. Dubois semblait scandalisé mais n'avait pas vraiment le choix. Le Gryffondor savait que Flint prendrait un malin plaisir à tout rapporter à Rogue, ce qui donnerait encore plus envie à ce dernier de les désavantager, ou de trouver un moyen de mettre en retenue un membre de l'équipe le jour du match. Sifflant et maugréant, il donna ses instructions. Une demi-heure plus tard, le terrain était sous l'autorité de Serpentard, et l'entraînement put se dérouler normalement.

À la fin de la séance, Aurore alla ranger son balai au hangar, puis rentra prendre une bonne douche et se reposer dans son dortoir.

- Céleste ?

- Yep' ?

- Nous sommes bien le huit janvier aujourd'hui ?

- Oui, pourquoi ?

- J'ai besoin que tu m'aides à passer le message pour un événement particulier demain.

- Et c'est ?

Aurore se pencha et murmura une longue explication à l'oreille de son amie. Céleste eut un hoquet de surprise. Pourtant, elle accepta d'un hochement de tête et courut passer le message à tous les Serpentard. L'attrapeuse se prépara tranquillement à rejoindre les autres membres du quatuor à la bibliothèque. Elle avait un petit avertissement à leur donner...

" Comment cela, tous les Gryffondor sont à l'infirmerie avec des maux de tête ?

- Euh... C'est cela même professeur Rogue ... Murmura Hermione.

- Sauf vous trois ? Poursuit le maître des potions, l'œil inquisiteur.

- Il me semble professeur, soupira Ron.

Rogue ne savait plus où donner de la tête. Les trois première année semblaient sincères, malgré le fait qu'il n'arrivait pas à croiser leur regard. Mais, en plus de dix ans de carrière, on ne lui avait jamais fait le coup : toute une maison (à l'exception de trois élèves) était malade et à l'infirmerie. Mais pourquoi s'en plaindre ? Pourquoi chercher à comprendre alors qu'on lui offrait un double cours avec moitié moins de cornichons ? Non. Visiblement, il y avait quelque chose qui clochait. Mais il ne comprenait pas quoi.

- Asseyez-vous. Dit-il d'un ton acerbe.

S'il y avait bien quelque chose que le maître des potions détestait, c'était ne pas comprendre. Pourquoi les élèves ne se comportaient-ils pas de façon normale ? Aucun de ceux présents dans son cours de protesta quand il annonça qu'ils allaient faire une potion d'amnésie, alors qu'elle ne devait être abordée qu'au troisième trimestre. Aucun ne réagit face à ses remarques sarcastiques. Ils avaient donc décidé de lui enlever l'un des seuls plaisirs qu'il avait, c'est-à-dire de mettre des retenues et punitions en plus ?

Un autre détail l'étonna au plus haut point. Personne ne fit exploser de chaudron, et toutes les potions (sauf celle d'Aurore) furent terminées quinze minutes avant la fin du cours. À ce moment précis, les professeurs McGonagall et Flitwick toquèrent à la porte.

- Professeur Rogue, nous avons besoin de vous en urgence dans la Grande Salle.

- Qui a-t-il professeur McGonagall, professeur Flitwick ? Demanda-t-il avec une légère touche d'incompréhension dans sa voix.

- C'est trop compliqué à expliquer, s'empressa de répondre le professeur d'enchantements.

Rogue lança un regard inexpressif vers les élèves qui attendaient tranquillement, affaires rangées. Intérieurement, derrière son masque, il ne pouvait s'empêcher d'être légèrement inquiet. L'un de ses principes de base était : "Ne jamais laisser des première année seuls dans la salle de cours."

- Et, pour les élèves ...? Demanda-t-il d'un ton détaché. J'ai encore besoin de ma salle de cours. Fit-il remarquer, sarcastiquement.

- Le professeur Dumbledore a besoin de tous les professeurs là-haut ... Les élèves n'ont qu'à vous suivre...

Avec un grognement, il suivit les professeurs après avoir fait signe à ses élèves de le suivre. Seulement à la moitié du trajet, il pila net.

- Qui a-t-il professeur Rogue ? Nous devons nous dépêcher...

- Il y a quelque chose qui cloche.

- Professeur Rogue ! Vous savez que dans certaines situations, le professeur Dumbledore n'est pas très patient. Rappela McGonagall, ses yeux brillant derrière ses lunettes.

Severus Rogue frissonna. Oh, il n'allait pas contrarier Dumbledore s'il était dans ses mauvais jours ; il avait déjà expérimenté cette situation et ne tenait pas à y être de nouveau confronté s'il pouvait l'éviter. Rapidement, il marcha jusqu'à la Grande Salle; mais lorsqu'il voulut rentrer, le professeur de métamorphose s'y opposa.

- Je crois qu'il serait préférable que vous attendiez dehors.

Une soudaine angoisse s'empara de lui. Quelqu'un était gravement blessé ? Sunshine ? Malefoy ? Non, impossible ils étaient tous deux en cours avec lui. Pourtant il ne montra rien de ses sentiments et jeta un regard noir à McGonagall alors qu'elle se faufilait dans l'embrasure avec l'agilité de sa forme animagus.

- C'est cela, oui. Je croyais que c'était urgent ?

Rogue eut comme seule réponse la porte qui lui claqua au nez. Il se retourna, cherchant ses élèves du regard, mais ne vit aucun d'eux. Bon sang, que se passait-il dans cette école ?

Puis la porte s'ouvrir avec un air solennel, et Rogue put entrer pour tomber sur une salle décorée d'une banderole : "Joyeux Anniversaire ! "

Voilà cinq minutes qu'il était là, à regarder tous les professeurs ainsi qu'une grande partie des élèves de Poudlard. Cinq minutes qu'ils attendaient tous sa réaction. Cinq minutes qu'elle se torturait pour ne pas laisser échapper cette crise qui la tenait.

Sauf que cinq minutes, étaient le maximum qu'elle pouvait s'infliger.

Alors, Aurore éclata de rire. Le fou rire était si puissant que la Serpentard se trouvait pliée en deux, se retenant à ce qu'elle trouvait. Jamais, elle n'avait vu un si grand désarroi sur son visage. Et sa tête était absolument hilarante. S'il n'y avait pas eu limites au ridicule, elle se serait bien jetée à terre en tapant des poings sur le sol, si cela lui avait permis de vider rapidement ce surplus de rire.

Visiblement, cela dut réveiller Rogue qui darda son regard sur sa protégée. D'un pas menaçant, il réduisit la distance les séparant en quelques secondes, tout le monde se poussant de son passage. Malgré tout, Aurore continua à évacuer son surplus de rire. Rogue était plantée devant elle, la détaillant avec ses yeux presque... dégoûtés.

Quand les spasmes dus au fou rire se calmèrent, la jeune fille essuya une larme et releva légèrement la tête vers Rogue, tout sourire.

- C'est bon ? Vous allez mieux ? Demanda-t-il de sa voix la plus suave, la plus dangereuse, pleine d'une fausse compassion.

Aurore reprit lentement son sérieux. Aïe, cela allait barder pour elle. Mais pourquoi fallait-il que cela se produise en public ?

En à peine deux secondes il l'attrapa par le col avant qu'elle ne puisse même esquisser un mouvement.

- Qu'est-ce qu'il vous a pris ? Cracha-t-il. Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?

- Pour une fois que je n'ai pas agi seule... Murmura-t-elle. Vous ne pourriez pas aller demander à mes complices ? Comme... Je ne sais pas... Le professeur Flitwick ? Ou encore les professeurs McGonagall, Dumbledore, Chourave ?

Surpris, il la lâcha, se retournant vers le directeur et les autres chefs de maisons. Bien-sûr, elle n'aurait pas réussi à faire cela seule. Mais de là à être aidée par le Directeur, sans parler de ses collègues...

- C'est vrai Severus. Lança le professeur Flitwick. Vous refusez chaque année que nous fassions quoi que ce soit, mais ce n'est pas tous les jours que l'on fête son anniversaire... Alors nous avons tous décidé de fêter votre anniversaire pour la première fois depuis, non pas le début de votre carrière d'enseignant, mais depuis la première fois que vous avez franchi ces murs. Termina joyeusement le petit professeur.

- Qui... A ... Participé ? Demanda le maître des potions, avec une voix mi énervée, mi étonnée.

À ce moment; McGonagall, Flitwick, Chourave, Dumbledore, Céleste, Aurore, Drago, Harry et Ron (qui avaient légèrement été forcés par leurs amis), Hermione, Mme Pomfresh et un certain nombre de Serpentard levèrent la main.

- Je vous avais dit que j'avais des complices, répondit joyeusement sa protégée.

Rogue jeta un regard furieux aux trois autres directeurs de maisons qui signifiait clairement : "traîtres".

- Comprenez nous, professeur Rogue : cela fait plusieurs années que nous essayons de vous organiser quelque chose, expliquèrent-ils. Alors...

- Vous avez profité du fait que ma pupille soit là et ait cours avec moi pour faire cette ineptie. Railla Rogue.

- Voyons Severus, pour une fois, participez un peu. Après tout, c'est votre fête, pas la nôtre. S'exclama Dumbledore. Nous savons que vous aimez bien les duels, alors nous avons pris la liberté d'installer une estrade.

Devinant qu'il avait le droit de choisir son adversaire, le maître des potions détailla l'assemblée en grommelant. Il n'y avait pas beaucoup de Gryffondor, mais il remarqua tout de même les cornichons qui auraient dû avoir cours avec lui. Peut-être les prendre un à un pour leur apprendre à ne plus sécher de cours ? Son regard se posa ensuite sur Potter. Même si pour lui son anniversaire avait toujours été un jour ordinaire, peut-être le transformer en un extraordinaire et ridiculiser le Survivant ? Un bon cadeau sûrement. Puis son regard se posa sur sa protégée. Elle avait osé aider ses collègues à organiser une fête d'anniversaire. Oui, il avait choisi.

De par son visage encore teinté de colère, toute la salle eut un mouvement de recul quand il dégaina sa baguette et la pointa sur Aurore. La jeune fille fit un bon en arrière, elle aussi légèrement apeurée. D'un geste sec de la tête, son tuteur lui désigna l'estrade et elle arqua un sourcil. Il voulait défier une première année ? Quel intérêt ? Rogue lui décocha un regard noir qui signifiait : " Ne me forcez pas à me répéter. "

Lentement, tout en gardant son regard posé sur le professeur, la jeune fille monta et sortit sa baguette. Elle avait déjà participé à un duel à BeauxBâtons, aussi elle connaissait les usages de base tels que le salut.

- Bien, siffla Rogue, en montant sur l'estrade et en se mettant en position. Je vois que je n'aurais pas à transformer ce petit plaisir en cours, vu que vous semblez déjà savoir comment un duel se déroule.

- Vous n'êtes qu'en première année, Sunshine, prévint McGonagall, personne ne vous force à affronter un professeur avec une défaite évidente à la clef. Il peut tout à fait affronter quelqu'un à sa taille...

- Laissez professeur, c'est avec joie que je montrerai mes progrès au professeur Rogue, répondit Aurore tout sourire avant de reprendre son sérieux.

Un petit rictus déforma le visage de Rogue quand il vit qu'elle avait compris la nature de son choix : après tout, ils ne s'entrainaient pas à la magie noire uniquement pour la magie noire, il ne fallait pas oublier les réflexes de duels. De plus, ils brûlaient tous deux de s'affronter un jour ou l'autre pour régler les petits différents qui surgissaient ; bien qu'ils aient surtout pensé attendre encore une année avant de s'autoriser ce genre de divertissement. D'un geste sec, ils abaissèrent leur baguette, mais se contentèrent tous deux d'un signe agacé de la tête comme salut. Les deux Serpentard se tournèrent le dos, et Aurore compta mentalement les pas, et vérifiait la distance. Un, deux, trois, quatre, cinq. Le compte était bon et elle se retourna, brandissant sa baguette au-dessus de son épaule. Elle fut légèrement surprise en s'apercevant qu'elle avait adopté la même position que son adversaire.

Mal à l'aise de voir son collègue affronter une élève, McGonagall donna le compte à rebours d'une voix mal assurée.

Alors qu'elle venait de terminer d'articuler "un", les deux adversaires abaissèrent leur baguette en s'écriant "Expelliarmus !".

Alors que le sort de Rogue fonçait sur elle, Aurore eut un moment de panique.

Comment pare-t-on un sort déjà ? Par la barbe de Merlin... Je ne m'en rappelle plus !

Finalement, quelques secondes avant que le sort ne la heurte, elle s'écria dans un sursaut de bon sens :"Protego !"

Heureusement, le sort fut absorbé par la protection. Bien évidemment, Rogue avait aperçu ce petit moment de panique.

- Vous ne savez plus utiliser une baguette, Sunshine ? Railla-t-il.

- Professeur Rogue, je pense qu'il vaudrait mieux mettre fin à ce duel... Ce n'est qu'une première année après tout... intervient McGonagall.

Rogue jeta un regard noir au professeur de métamorphose. Après tout, on lui avait laissé le choix. S'il avait envie de ridiculiser sa Serpentard, alors pourquoi l'en empêcher ? Il n'allait pas défier Dumbledore quand même. Seulement, à la fin de ce combat, Rogue savait exactement qui serait sa malheureuse prochaine victime... Une affaire de vengeance.

Aurore profita de ce moment pour envoyer un Expelliarmus, que Rogue dévia facilement. À son tour, le maître des potions décida d'envoyer plusieurs sorts, dont des sorts de désarmement et de Stupefixion, que son élève bloqua à grand mal.

- Je pensais que cela serait un peu plus amusant avec vous, Sunshine... Si cela avait été un cours, je ne vous aurais pas mis plus qu'Acceptable. Tsss.

À ce moment, le directeur de Serpentard avait légèrement baissé sa garde, et son élève en profita : la seule technique qui fonctionnerait peut-être était de le bombarder de sorts. Le plus vite qu'elle pouvait, elle enchaîna tous les sorts lui venant à l'esprit (sauf ceux de magie noire, évidemment vu qu'elle n'était pas supposée en connaître et qu'il s'agissait d'un combat 'loyal'). Finalement, ce qui était un spectacle sans intérêt, se transforma en une explosion de couleurs. Rogue parait tous les sorts, mais ne raillait plus. Visiblement, la cadence était montée d'un cran.

Puis, à un moment, Aurore pensa tellement fort au prochain sort qu'elle allait lancer qu'il sortit en informulé entre deux autres sorts. Il avait été masqué par les sorts le précédant, si bien que Rogue ne le vit que trop tard.

Plié en deux sous l'effet du sort, le professeur recula de deux pas. Rien de bien méchant, en réalité, mais pour lui c'était horriblement douloureux. Il venait de prendre un Rictusempra, le sort de chatouille. Luttant pour garder sa réputation, le professeur avait le souffle saccadé et était plié en deux. Un rictus désagréable s'afficha sur sa bouche. Il ne céderait pas, et ne lâcherait pas un simple gloussement, même s'il devait rester plié en deux sur cette fichue estrade.

- Vous allez bien, professeur ? Demanda Aurore, mal assurée et ne connaissant pas la nature du sort qu'elle avait lancé.

- Restez concentrée, Sunshine. Ce n'est pas finit.

Optant pour le cran d'au-dessus, il lança des informulés en se redressant le maximum qu'il put, le sort destiné à le faire rire étant toujours actif. Il avait voulu être gentil avec elle, mais maintenant c'était finit. Il avait prévu de gagner l'affrontement, alors c'était ce qui allait arriver. Rapidement, la jeune fille fut dépassée par les nombreux sorts qui lui pleuvaient dessus. Ne pouvant plus les renvoyer ou les bloquer, Aurore tenta le plan C. La Serpentard se jeta au sol, évitant ainsi plusieurs sorts qui allèrent s'écraser au mur.

Relevant la tête, elle fit une erreur de débutant : heureuse d'avoir pu échapper aux sorts, Aurore jeta un regard en arrière au mur pour voir les traces de l'impact, qui se résumaient à plusieurs marques noires.

Continuant avec les informulés, Rogue lança un Stupefix. Se retournant, Aurore vit le sort arriver, mais c'était trop tard : la jeune fille reçut le sort et tomba plus loin, dans un état second dû au sort.

Rogue agita sa baguette et murmura : «Enervatum». Aurore fut de nouveau libre de ses mouvements. Avant de se relever, elle pointa sa baguette vers Rogue et murmura "Finite Incantatem" et le professeur put enfin se redresser sans avoir constamment envie de rire. Malgré tout il l'aida à se relever.

- Pas trop mal pour une première année ... Si nous avions été en cours, je vous aurais mis un E.E ...

Aurore frotta doucement l'arrière de sa tête, qui avait rencontré douloureusement le sol.

- Vous auriez pu y aller moins fort, tout de même professeur...

- Vous n'aviez qu'à vous laisser désarmer au premier tour, répondit-il avec une mauvaise foi absolue.

- Et vous, vous auriez au moins pu rire un peu sous l'effet du sort...

- Cela ne sera pas pour aujourd'hui, Sunshine.

Finalement, ils se lancèrent tous deux un faux regard noir, pour la forme, et Aurore descendit de l'estrade pour aller papoter avec les trois Gryffondor, alors que quelques élèves applaudissaient.

- Tu t'en es bien tirée Aurore, la félicita Hermione. De toute manière, tu ne pouvais pas gagner contre un professeur. Je suppose que tu t'es servie de certains sorts du Livre des sorts et enchantements niveau 1 et 2 ?

- Exact. Bon sang, je ne vous conseille pas d'être stupefixié par Rogue... Je sens encore un peu les effets.

- Le Stupefix plonge dans une sorte de coma temporaire, non ?

- Exact... Ah, j'ai encore mal à la tête ...

- Pfff, cela ne peut pas être si terrible. Souffla Ron.

N'ayant pas encore rangé sa baguette, la Serpentard désigna l'estrade où Rogue réfléchissait au sujet de l'identité de sa prochaine victime, restant tout de même incertain.

- Tu veux essayer ? Railla-t-elle.

Comme un parfait Gryffondor sans cervelle, Ron sortit sa baguette et se dirigea vers Rogue. Malgré tout il tremblait légèrement.

- Weasley... Tiens... Vous n'allez pas vous réfugier dans les robes de Granger ? Demanda le professeur avec un sourire carnassier.

- Professeur Rogue, intervient McGonagall, je pense qu'il serait préférable de laisser Weasley hors de cette affaire...

Ron alla se mettre devant Rogue, tremblant, ignorant sa directrice, tandis que le professeur l'observait avec un sourcil arqué d'étonnement.

- Hermione... Pourquoi est-ce qu'il fait ça ? Il va se faire massacrer... Chuchotèrent Harry et Aurore.

- J'en sais rien, mais il est vraiment idiot là...

Au même moment, le seul sort que Ron trouva à lancer sur le maître des potions fut : "Crache limaces ! "

Rogue dévia le sort, et les trois amis voyaient bien qu'il était à deux doigts d'éclater de rire. Ses lèvres se soulevèrent légèrement à mesure qu'il marmonnait un sort, et un jet jaillit de sa baguette. Ron fut désarmé et sa baguette atterri dans la main du professeur.

- Confisquée, Weasley. S'exclama Rogue, qui semblait vraiment sur le point d'éclater de rire. Allez tenter de séduire miss Granger ailleurs, s'il-vous-plaît.

Ron devint écarlate ce qui accentua l'envie de rire du maître des potions. Ce fut sans compter le " QUOI ?! " retentissant d'Hermione qui jetait des regards perdus autour d'elle et les applaudissements euphoriques des Serpentard. Harry et Aurore étaient éclatés de rire à côté, se tenant l'un à l'autre pour ne pas tomber.

- C'est pour ça qu'il voulait le défier, comprit la jeune fille entre deux éclats de rire.

- C'était pour t'impressionner Hermione, termina Harry en récupérant un peu de dignité et en lâchant son amie de Serpentard.

Ron disparut très très vite. Rapidement les deux amis eurent honte (enfin, pas totalement, le moment restait inoubliable) d'avoir rigolé et s'excusèrent devant Hermione, se promettant de faire pareil avec Ron plus tard. Le professeur de potions donna la baguette du fuyard à McGonagall.

- N'oubliez pas de le lui rendre. Articula-t-il avec difficulté, réprimant un début de rire.

- Vous exagérez Severus ! S'écria McGonagall. Le pauvre va aller se terrer au fond de sa salle commune et...

- Cela sera bien fait pour lui, après tout il a tenté de me jeter un crache-limace. Un crache-limace Minerva ! Il ne pouvait pas ouvrir l'un de ses livres avant de venir ici ?

À l'entendre, il était plus amusé qu'indigné. Après le duel explosif contre Aurore, il était plus que saugrenu de penser pouvoir mettre hors d'état de nuire le professeur avec un sort destiné à faire cracher des limaces.

- Et pour cette histoire avec Miss Granger...

- Il n'y a que la vérité qui blesse, professeur McGonagall. Coupa-t-il en reprenant le contrôle.

Dans un magnifique rictus, il se tourna vers Quirrell. Il voulait le ridiculiser depuis le début, et l'aurait fait plus rapidement si Weasley n'était pas venu faire l'imbécile pour se faire remarquer de Granger.

- J'ai l'intention de m'amuser encore un peu. Murmura-t-il. Quirrell ? Pourquoi ne pas nous montrer vos talents de professeur de Défense Contre les Forces du Mal ? Je suppose que vous n'aurez aucun mal à me vaincre. Railla le professeur, terminant ainsi sa tirade.

- Q-Quoi ? M-mais, J-je ... Severus... Ce-ce n'est pas une-une bo-bo-bonne idée...

- Allons Quirrell. Vous n'allez pas décevoir tous vos élèves ? J'ai entendu dire que vous faisiez surtout des cours théoriques ... Ils doivent brûler d'impatience de vous voit à l'œuvre. Susurra-t-il.

- Bonne idée. Professeur Quirrell, pourquoi ne pas nous faire une démonstration ? Continua McGonagall, soulagée que le maître des potions prenne un adversaire de sa taille.

À contre cœur, le pauvre professeur bégayant dut faire face à Rogue et son rictus carnassier. Oh, il allait se venger de cet incapable lui ayant pris son poste...

Dès le début, Rogue attaqua rapidement Quirrell avec un Expelliarmus qu'il dévia, mais cela se voyait qu'il était mal assuré. Deux sorts de désarmement plus tard, la baguette de son adversaire sauta dans la main du potionniste.

- Tsss. Quel dommage... Vous avez duré moins longtemps que mon élève. Je ne vous félicite pas.

Il s'apprêta à partir quand Quirrell l'interpella.

- Se-Severus, m-ma ba-baguette...

- Ah, oui j'avais négligé ce... détail.

D'un geste dédaigneux, il envoya sa baguette au professeur tandis que les Serpentard l'applaudissaient. Quant à eux, Harry et Aurore passèrent le reste de la journée à chercher Hermione et Ron, sans parler de les réconforter.

- Tu comprends Aurore... J'ai l'impression de ne pas vraiment aimer Ron... Je ne sais pas pourquoi, je supporte mieux... Harry. Expliqua Hermione une fois qu'Aurore l'eut trouvée.

- Tu comprends Harry... J'ai l'impression qu'elle me déteste et je ne sais pas pourquoi... Tu comprends, elle est insupportable mais je me suis senti obligé d'essayer de l'impressionner. Tu as vu comment elle parlait avec Aurore ? Elle était étonnée, émerveillée... J'aurais bien aimé ne pas passer pour l'idiot de service. Alors vu que je ne supporte pas Aurore... Je me suis dit que je pourrai faire d'une pierre deux coups : je rabats son clapet à la Serpentard et Hermione me regarde autrement que comme le clown de service.

- Eh bien Ron, si je ne te connaissais pas, je te dirais que tu es amoureux.

- Comment peux-tu dire ça ? Je la déteste !

Plus tard, dans la soirée, Rogue croisa Quirrell et lui murmura : "Faites attention, la prochaine fois que vous vous mettez sur mon chemin, cela sera pire qu'un simple sortilège de désarmement."

Il s'en alla, laissant un Quirrell, bégayant seul au milieu du couloir, sûr qu'il n'y avait eu aucun témoin. C'était sans compter le quatuor qui passait non loin de là par inadvertance, enfin réuni.

Installés à la bibliothèque, Harry et Ron débattait sur ce qu'ils avaient vu.

- Tu penses vraiment que Quirrell va être en mesure de résister à Rogue ?

- J'espère. Répondit Ron. Je suis sûr qu'il a fait exprès de défier Quirrell pour l'intimider.

Aurore, elle ne participait pas à la discussion. Elle avait fini par se rendre à l'évidence : elle ne réussirait jamais à les raisonner. Écoutant d'une oreille discrète leur conciliabule, la jeune fille cherchait la confirmation des informations qu'elle avait elle-même avancées. Mais bon sang, où était ce paragraphe sur Flamel ? Il devait forcément y en avoir un dans ce livre sur les plus grands alchimistes !

- Mais tu te rends compte que Rogue nous a prouvé qu'il n'aurait aucun mal à transformer notre prof en descente de lit si l'envie lui prend ! Tout ça parce qu'il doit sûrement être un rempart devant la pierre philosophale !

Cette fois, la Serpentard ne put s'empêcher de relever la tête vers eux, agacée. Elle avait une tout autre théorie : de son point de vue, Rogue avait décidé de se venger de Quirrell, un parce qu'il avait pris son job de rêve, de deux pour l'impressionner et éventuellement lui faire suffisamment peur pour qu'il ne s'approche pas trop d'elle-même et de la pierre.

En effet, son tuteur soupçonnait le professeur de Défense d'être impliqué d'une quelconque façon dans les problèmes suivant la Serpentard. Bien-sûr Rogue ne lui avait pas fait part de ses soupçons mais, au fil de leurs discussions minutes, il lui avait fortement donné cette impression. Régulièrement, le maître des potions lui demandait si tout allait bien en cours de Défense, et si elle n'avait mal nulle part pendant les cours de Quirrell.

Alors que les deux Gryffondor continuaient de proférer des inepties, Hermione vint mettre fin au supplice de son amie en faisant tomber un immense ouvrage sur la table. Aurore le reconnut immédiatement : c'était le livre qu'elle ne trouvait plus depuis des jours !

- Comme l'avait dit Aurore, Nicolas Flamel est le seul alchimiste qui ait réussi à fabriquer la pierre philosophale. Murmura-t-elle sur un ton théâtral en pointant du doigt un paragraphe. Cette pierre à la particularité de pouvoir transformer n'importe quel métal en or. Elle produit également l'élixir de Longue Vie qui rend immortel celui qui le boit. Nicolas Flamel à récemment fêter son six cent soixante-cinquième anniversaire.

- C'est à cette occasion que je l'avait vu ! Il fêtait son anniversaire ! Se rappela la Serpentard dans un flash de douleur. Pour le coffre 713, je crois que j'ai compris ce qu'il s'est passé : Dumbledore et Flamel étant amis, le premier savait que quelqu'un voulait la pierre. Il a alors demandé à Hagrid de la récupérer et l'a mise en lieux sûr à Poudlard, le seul endroit plus protégé que Gringotts !

- Une Pierre qui fabrique de l'or et rend immortel ! Pas étonnant que Rogue essaye de s'en emparer ! Dit Harry. N'importe qui la voudrait pour lui tout seul !

Aurore poussa un grognement et afficha un rictus dégoûté. Pas encore !... Malheureusement, elle n'avait ni la force de riposter, ni l'envie de le faire.

- Ou alors, il la veut pour quelqu'un. Grogna Ron.

- Vous allez arrêter avec cette histoire de maître à qui il veut donner la pierre ? Souffla Aurore.

- Alors dis-nous qu'est-ce que vous avez vu.

Devant le silence radio de la Serpentard, et son regard qui signifiait clairement : "j'ai promis...", Ron poussa un soupir dégoûté. Hermione décréta que le sujet était clos, en voyant le malaise de son amie.

- En attendant, pas étonnant qu'on ait rien trouvé dans Progrès récents de la Sorcellerie. Dit Ron. Il n'est plus vraiment dans la toute première jeunesse...

- Tu ne dois Pas jouer Harry !

- Si je ne le fait pas, de un les Serpentard vont croire que j'ai peur de Rogue...

- Et tu n'as pas peur ? Coupa Hermione.

- Non je n'ai pas peur...

- Tu devrais ! Le coupa-t-elle encore une fois. Aurore te dit exactement la même chose à chaque fois que vous abordez le sujet. Tu ne peux pas te permettre de te retrouver dans une situation pareille où il est vraiment tout puissant...

- Laisse-moi parler. Répliqua-t-il le plus calmement possible. De deux, nous n'avons pas d'attrapeur remplaçant...

- Nous pourrions nous débrouiller avec McGonagall pour laisser Aurore jouer... Après tout, elle a reçu une éducation de Gryffondor et a failli y aller... Et il me semble qu'elle n'y voyait aucun inconvénient. Dirent les jumeaux Weasley, Ron et Hermione.

Harry les regarda, étonné.

- Vous avez été lui demandé ?

Ses amis virent rouge. Mais plutôt d'un rouge de honte qu'un rouge de colère. Hermione et Ron détournèrent le regard tandis que les jumeaux soutenaient encore les yeux furieux du Survivant.

- Tu sais Harry, nous sommes tous d'accord pour dire que tu ne dois pas participer.

- Mais laissez-le donc ! S'il veut jouer, c'est qu'il agit en parfait Gryffondor. De plus, je suis une Serpentard, alors si vous croyez que cela m'amuse de louer mes services à mes ennemis...

Tous sursautèrent, ne s'attendant clairement pas à ce qu'Aurore arrive dans les vestiaires des Gryffondor.

- Le match commence dans une demi-heure donc je vous conseille de le laisser se préparer. Termina-t-elle d'un ton impérieux.

Les Gryffondor partirent et Harry se retourna vers sa cousine.

- Euh... Merci ?

- De rien. Je suis d'avis que tu joues le match. Ne te laisses pas distraire par Rogue, cherches immédiatement le vif d'or.

- Mais... Si tu n'as aucune intention de jouer, pour es-tu en tenue pour faire du balai ?

- J'ai prévu d'aller me promener un peu. Grimaça-t-elle. N'en parle à personne s'il-te-plaît ... Je n'ai pas vraiment le droit.

- Nannnn, toi tu enfreins le règlement ?

- Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, je l'ai fait plusieurs fois depuis le début de l'année. Cela ne me fait pas exactement plaisir, mais il y a des fois où... Je ne sais pas... Disons que pendant que tout le monde regardera le match, je pourrais aller faire tranquillement un peu de balai, et surtout je serais enfin un peu seule...

- C'est incroyable. Tout le monde t'aime bien, mais tu préfères passer du temps seule ...

- Correction : la plus part des dits élèves censés "m'aimer" comme tu dis, me craignent. Il y a très peu de personnes qui m'apprécient vraiment. Et puis, il est important de passer un peu de temps seul avec ses pensées. Tu devrais essayer.

Et sur ces mots, Aurore partit. Le match allait bientôt commencer, et les gradins se remplissaient rapidement d'élèves surexcités à la simple idée du spectacle qui allait se dérouler sous leurs yeux. Spectacle qu'elle n'avait pas envie de voir. Si la Serpentard refusait de l'avouer, il était vrai qu'elle n'aimait qu'une chose dans le sport : le vivre. Le regarder avait rapidement été enregistré comme dénué d'intérêt par son esprit, que certains qualifiaient de brillant. Ne pas participer, regarder une partie se jouer, créait chez elle une intense frustration irrépressible. Descendant les marches fragiles du stade, elle ignorait toute personne qui tentait d'entamer la discussion avec elle. D'un signe de tête, elle répondait aux "bonjours" et autres du même genre. Depuis l'histoire de la pierre et les accusations incessantes de ceux qu'elle considérait comme ses "amis" contre Rogue, Aurore s'était renfermée un peu sur elle-même. Et les séances de magie noire mensuelles n'aidaient pas, la dernière fois elle avait réussi à mettre le professeur en colère et à ce qu'ils s'hurlent mutuellement dessus. L'affrontement de Quidditch arrivait à point nommé à un moment où la jeune fille avait besoin d'être un peu seule. Ce jour-là, le vent sifflait haut et fort son mépris pour les règlements, si bien que les oreilles de la jeune fille commençaient à la faire souffrir. La douleur se calma une fois à terre. Les herbes du parc de Poudlard, enchantées que le vent vienne faire part du récit de ses exploits passés, avaient entamé une douce et étrange mélodie. Serpentant à travers le domaine, l'élève trouva refuge sous un arbre et sortit un livre d'alchimie qu'elle avait emprunté à la bibliothèque. Les cris enthousiasmés l'avertiraient bien vite du début de l'affrontement, et ainsi du moment parfait pour aller chercher son balai.

Une demi-heure plus tard, des hurlements enthousiasmés s'élevèrent du stade. Les équipes entraient sur le terrain. Rapidement, elle rangea son livre dans son sac et fila vers le hangar à balai. La jeune fille récupéra son Nimbus 2000 et posa à sa place son sac. D'un geste rapide, elle l'enfourcha et entama le tour du domaine, frôlant parfois la limite de la forêt. Pourtant, une dizaine de minutes plus tard, il lui apparut qu'elle n'arrivait pas à profiter de ces instants de promenade, et elle fit demi-tour.

Alors qu'elle commençait à ranger le balai de compétition, un bruit se fit entendre derrière elle. Sursautant, elle dégaina sa baguette et la pointa sur ce qui s'avéra être Harry.

- Ça t'amuse de me faire peur ? Cracha-t-elle.

- Je te promets que je n'ai pas fait exprès Aurore. Le fait que je n'ai pas fait de bruit avant de marcher sur cette brindille était totalement anodin.

La sincérité pointait du ton du Gryffondor, et aussi, elle ne put que le croire. Elle se rapprocha légèrement de lui, en abaissant sa baguette pour lui dire quelque chose. Pourtant, aucun son n'eut le temps de franchir ses lèvres car ils furent interrompus dans leur discussion par un spectacle incongru : Une silhouette drapée de noir et encapuchonnée sortait du château, jetant des regards autour d'elle.

D'un geste rapide, Aurore tira Harry à l'intérieur du hangar, au moment où l'étrange silhouette s'arrêtait et regardait dans leur direction. Finalement, elle repartit en direction de la forêt.

- Cela m'a tout l'air de quelqu'un qui ne veut pas être suivi. Marmonna la Serpentard.

Harry lui lança un regard éloquent qui lui arracha un long soupir.

- C'est bon, j'ai compris : on le suit ?

D'un hochement de tête, le Gryffondor confirma le plan. La Serpentard attrapa alors son balai, et accompagnée d'Harry, elle glissa silencieusement à la suite du mystérieux personnage. Les deux attrapeurs s'engouffrèrent dans la forêt, zigzagant sans bruit entre les branches basses des colosses, gardiens de la forêt. Finalement, la silhouette s'arrêta au niveau de l'étrange et minuscule clairière angoissante de la forêt. Silencieusement, ils se posèrent tous deux sur les branches d'un immense chêne, non loin de là, où ils étaient camouflés. Son cœur rata un battement quand l'homme commença à ôter sa capuche. Elle avait reconnu la démarche mais espérait toujours... pourtant ses soupçons étaient bien fondés. Rogue s'avança, menaçant vers quelqu'un qu'ils ne pouvaient pas voir dû aux épais feuillages les cachant.

Aurore se mordit très fort la lèvre inférieure et détourna légèrement le regard. Que faisait-il ici ?

Extrêmement attentifs, les deux attrapeurs tentèrent d'entendre la conversation qui se déroulait juste en-dessous d'eux. La voix la plus difficile à comprendre était celle de Rogue, toujours aussi murmurante et stoïque qu'à son habitude. Rapidement il s'avéra que son mystérieux interlocuteur était le professeur Quirrell, dont le bégaiement avait vraiment empiré.

- N...n... ne com... com... comprends vraiment pas... pour... pourquoi... v... vous avez te... tenu à me voir ici Severus.

- Il vaudrait mieux que notre conversation reste confidentielle. Répondit Rogue, d'une voix glaciale. Après tout, les élèves ne doivent pas, ou du moins ne sont pas supposés, connaître l'existence de la pierre philosophale.

À ces mots, Aurore sentit Harry se pencher en avant pour en entendre plus. Quant à elle, la jeune fille n'était pas sûre de vouloir continuer à espionner cette conversation. Elle avait trop peur de ce qu'elle pourrait y découvrir. Quirrell tenta de répondre quelque chose, mais Rogue le fit taire.

- Je suppose que vous avez trouvé comment passer ce monstre sans se faire dévorer ? Dit-il.

- Q...q...quoi ? M...m... mais... je... Severus...

- Vous ne voudriez quand même pas que je devienne votre... ennemi Quirrell ? Demanda Rogue en faisait un pas menaçant en avant.

- P... Pardon ?... Ne... Comprends...p... pas...

- Oh je pense, au contraire, que vous comprenez parfaitement ce que je veux dire.

À ce moment, une chouette derrière les deux espions poussa un ululement strident et il s'en fallut de peu pour qu'ils ne tombent lamentablement sur le sol. Ils ratèrent tous deux une partie de l'échange avant de rattraper la fin d'une phrase du maître des potions.

- ... Quelques formules dont vous avez le secret. J'attends.

- Mais... Mais...

- Très bien Quirrell. L'interrompit Rogue. Nous aurons une autre... conversation plus tard, lorsque vous aurez eu le temps de réfléchir et de choisir votre camp.

D'un geste impérieux, Rogue s'enveloppa de sa cape et quitta la clairière laissant un Quirrell bégayant et balbutiant derrière lui.

Du haut de sa branche, Aurore tremblait. Non. Non. Ce n'était pas possible. Elle n'avait pas entendu cette discussion. Elle était dans un cauchemar. Quirrell avait déjà quitté la clairière et Harry la regardait d'une façon étrange. Un regard remplit de compassion, presque de pitié.

- Aurore... Nous ferions mieux de rentrer.

La magie noire courant dans les veines d'Aurore n'était plus sous contrôle. D'un geste sec, elle tourna la tête vers le garçon.

- Je n'ai pas besoin de ta pitié Potter ! Cracha-t-elle.

Et pour illustrer son propos, un jet noir jaillit de sa main pour enflammer quelques feuilles au-dessus d'eux, ne laissant derrière qu'un fin tas de poussière s'éparpillant sur le sol. D'un mouvement brusque et impulsif, elle fit demi-tour et retourna vers Poudlard pour ranger son balai au hangar. Non, en réalité, elle voulait rattraper Rogue. Il ne pouvait pas être déjà de retour à Poudlard. Rapidement, elle glissa jusqu'à l'orée de la forêt. Rogue était presque sorti de la forêt, aussi Aurore descendit rapidement de son balai et se cacha derrière des broussailles. D'un geste rapide, souple et silencieux elle tira sa baguette et la pointa sur celui en qui elle avait eu tant confiance. Serrant les dents, elle prononça d'un murmure presque inaudible :

"Legilimens"

Au même moment, Harry la tira en arrière et l'empêcha de parler. Ils entendirent tous deux les pas du maître des potions se dirigeant, perplexe, vers eux. Harry les mettaient hors de portée de son regard et au bout de plusieurs longues secondes, voire peut-être minutes, il partit.

- Qu'est-ce qu'il t'a pris ? Pesta tout bas le Gryffondor alors que Quirrell passait non loin, toujours bégayant.

- Je voulais rentrer dans ses pensées. Cracha-t-elle. Et tu m'en as empêché.

- Tu allais nous faire repérer ! Et puis, tu n'avais pas besoin de ta baguette dans le bureau de Dumbledore pour parler par les pensées.

- Je ne voulais pas parler par les pensées, mais rentrer dans ses pensées ! Lire dans son esprit si tu préfères.

- Quoi ?

- Je voulais vérifier si... si... Sa voix se brisa. De toutes manières je n'avais pas réfléchit au fait que Rogue est un très bon Occlumens, alors je n'avais aucune chance...

Finalement, il fallait accepter que Rogue essaye de voler la pierre.

Finalement, elle s'était peut-être trompée sur toute la ligne.

Ce soir-là, Aurore passa sa nuit à faire exploser d'immenses rochers entourant l'une des côtes du lac. Certains sorts les découpaient en trois parties, d'autres les faisaient fondre et bien-sûr il y avait ceux qui explosaient au sens propre du terme. Il devait être minuit passé quand la Serpentard regagna finalement son dortoir, épuisée et à moitié vidée de son énergie. Au moins, elle avait passé sa colère sur quelque chose.

Tout ce qu'elle espérait, c'était qu'elle était dans un cauchemar et qu'elle allait se réveiller. Après tout, Rogue ne pouvait pas essayer de voler la pierre. Il ne pouvait pas avoir menacé Quirrell. Après tout, il n'en n'avait pas besoin, il était plus puissant que le professeur de Défense. Épuisée, Aurore sombra dans un sommeil sans rêve.


Partie Deux :

-Créatures Dangereuses-


Jamais Aurore ne s'était attendue à avoir si mal au cœur. Son monde semblait s'écrouler : elle avait eu tellement confiance en Rogue... Malgré tout, elle essayait de trouver des arguments, au fond d'elle, qui innocenteraient le maître des potions, mais tous les détails qu'ils avaient assemblés se liguaient avec Harry. Les "Si Quirrell doit tenir tête à Rogue alors la pierre aura disparue d'ici Mardi" de Ron ne faisaient qu'enfoncer un peu plus la Serpentard, sans parler cette étrange pitié dans les regards des trois Gryffondor... Cela lui donnait envie de vomir. Durant les jours qui suivirent, la jeune fille avait envie de réduire en cendres chaque personne qui lui adressait la parole; surtout Harry et Ron, car Hermione avait bien compris que cela ne servait à rien de remuer le couteau dans la plaie. Elle se retenait uniquement en se rappelant qu'elle avait dit à son tuteur qu'elle n'utiliserait pas de magie noire sur des personnes qui l'énervaient ; même si quelque part, Aurore se demandait si cela voulait toujours dire quelque chose pour elle. De toute manière, il lui avait clairement expliqué ce qu'il lui arriverait si jamais, d'aventure, elle lâchait son don sur quelqu'un; et pierre philosophale ou pas, elle savait que cela allait barder. Aurore s'était à nouveau rapprochée de Céleste et Drago, ne comprenant même pas pourquoi elle avait passé la moitié de son année à traîner avec le désormais trio. Plus que jamais, elle cherchait des amis qui verraient en elle une élève plus ou moins normale.

À moitié déprimée, elle arrêta de participer en cours, ne faisant que le strict minimum, sauf en contrôle où connaissant toutes les réponses et elle n'avait que des O, du fait qu'elle ait ingurgité plus de la moitié de la bibliothèque, sans parler de quelques livres de la Réserve. Ses dons magiques compensaient pour la pratique.

Les deux plus gros problèmes de la semaine se produisirent en métamorphose et en potions. Dans le premier, au début de la semaine, McGonagall avait reproché à Aurore la couleur noire du jet. Pourtant l'exercice avait été magnifiquement bien réalisé. Au bout de dix essais, la Serpentard arrêta et mit la tête dans les bras dans l'objectif de se calmer. Quand le professeur lui fit remarquer qu'elle n'avait pas fini, l'élève lui répondit que sa baguette était en bois de cerisier et qu'elle plus que n'importe quel autre enseignant aurait dû le savoir. Lui rappelant au passage que le bois de cerisier, possédant un pouvoir décrit comme mortel, devait être associé à un sorcier capable de maîtriser ses émotions; et que, dans l'instant présent, elle était à la limite de perdre ce contrôle. Finalement, l'élève ne fit plus rien du cours et le professeur l'ignora, les deux plus remontées que jamais; se jetant des regards noirs si leurs yeux avaient le malheur d'entrevoir ceux de l'autre.

En potions, Aurore n'arrivait pas à se concentrer de par la présence de Rogue, tourbillonnant autour des élèves en pleine préparation. Elle ne pouvait s'empêcher de penser à cette soirée où il avait menacé Quirrell. Seulement, n'étant pas assez concentrée et étant aux prises avec une violente migraine, la prodige fit l'impensable : elle rata une potion pour la première fois de sa vie. Une potion de première année.

En voulant prendre un raccourci, comme d'habitude, la Serpentard avait rendu instable la potion de par son inattention. Elle avait tenté de la stabiliser mais cela rata. Soudain alors qu'elle s'affairait à trouver une solution, une main puissante saisit son bras et la tira d'un coup sec de sa chaise en s'écriant :

- Sunshine ! Attention, par la barbe de Merlin !

Au même moment, une bulle du chaudron éclata et une goutte tomba sur la chaise où elle était assise quelques millisecondes avant. Chaise qui n'était désormais plus qu'un tas de cendres, particulièrement fines. Alors qu'elle regardait hébétée les dégâts qu'elle avait causés, la main la secoua violemment et Rogue vociféra :

- Bon sang, Sunshine ! Vous vous rendez compte que vous avez transformé un simple filtre de repos en acide plus puissant qu'une variante de la Goutte de Mort Vivante ?! Une seule goutte pourrait réduite n'importe lequel d'entre nous en cendres, comme vous venez juste de le constater ! Evanesco.

Le contenu dangereux du chaudron disparut. D'un autre geste de sa baguette, la chaise se reconstitua et le maître des potions poussa légèrement la jeune fille dans cette direction.

- Vous allez me refaire correctement cette potion, sans accident cette fois. Gronda-t-il.

Seulement, ce n'était vraiment pas la journée d'Aurore qui rata en tout et pour tout trois fois la potion, alors qu'en temps normal elle était capable de la faire durant son sommeil. Au troisième échec, Severus Rogue explosa.

- Suffit Sunshine ! Vous avez décidé de changer de nom de famille pour vous appeler Londubat ? La première fois de l'acide, la deuxième fois du poison et la troisième un Philtre de sommeil éternel ! La prochaine fois, qu'est-ce que ça sera ? Une potion qui fera exploser les cachots avant que je n'aie eu le temps de sauver votre misérable vie ? Prenez vos affaires et sortez, le cours est terminé pour vous. Vous êtes un véritable danger public aujourd'hui, or je n'en admets pas dans ma classe. Vous pourrez revenir au prochain cours si vous êtes en état de préparer convenablement une potion.

- M-mais... Balbutia-t-elle, n'ayant aucune envie de quitter le cours, alors que la potion était d'une simplicité enfantine.

- Suffit Sunshine. J'ai dit : " Prenez vos affaires et sortez."

Peinée et énervée, Aurore rangea ses affaires en vrac et partit. Sachant qu'elle était censée être en cours à cette heure-ci, elle préféra allez aux toilettes des filles en attendant qu'elle doive rejoindre son prochain cours plutôt que de traîner dans les couloirs. Elle posa son sac dans un coin et jura bruyamment en Fourchelangue, comme à chaque fois qu'elle était à bout de nerfs. Elle s'approcha d'un robinet et tenta de l'ouvrir, mais rien ne coula. Furieuse, elle se mit à jurer plus fort encore, oubliant que le robinet n'avait jamais fonctionné.

- Tu vasssss t'ouvrir esssssspèccce de ... ?! Siffla-t-elle dans la langue des serpents.

Étrangement il y eut un énorme "clic", et le bloc de robinet se scinda en deux, s'ouvrant de tous les côtés. Un trou qui pouvait s'apparenter à un immense puit, à l'odeur nauséabonde. Alors qu'elle hésitait, une immense douleur lui transperça le crâne, comme si quelqu'un venait de lui envoyer des milliers d'aiguilles dans la tête. Les idées peu claires, Aurore se retourna, faisant voler ses cheveux noirs derrière elle, dans l'hypothèse peu probable où quelqu'un lui aurait lancé un sort. Pourtant la pièce était vierge de tout occupant. Chancelant, la Serpentard tenta de se rattraper à quoique ce soit, dans le seul but de ne pas s'écrouler à terre sous la douleur. À ce moment, elle aurait donné n'importe quoi pour que Mimi Geignarde soit là entrain de brailler, ayant l'horrible impression que le silence pesant triplait son mal. Quoique, le bruit n'aurait sûrement pas aidé.

La vision floue d'Aurore ne lui permit plus de distinguer ce qui l'entourait. Alors qu'elle tentait de prendre appui contre un robinet, elle se rendit compte qu'elle tombait dans le vide. À moitié sonnée, elle ne sentit presque pas son corps dévaler le toboggan immonde qui menait elle ne savait où. Puis, la fin, elle sentit son corps se faire jeter sur le sol, sa tête rencontrant miraculeusement un endroit vierge de tout détritus. Alors que ses yeux se fermaient, trois mots lui revinrent à l'esprit.

" Chamber of Secrets "

Puis un dernier.

" Warning "

À son réveil, Aurore se sentit très mal. Elle tenta de se relever mais son genou lui faisait extrêmement mal. Sa tête tenait à grande peine sur ses épaules, si bien que la jeune fille se demanda si elle n'allait pas se détacher, un peu à la manière de celle de Sir-Nicolas le fantôme de Gryffondor.

Son dos la faisait également souffrir, la colonne vertébrale ayant été plus que largement touchée au moment de l'impact. En somme, elle avait l'impression d'être à ramasser à la petite cuillère. Quelle dommage que le sort d'Auto-régénération ne fonctionne que sur la magie...

En pensant à la magie, Aurore se dit qu'elle avait peut-être une chance de s'en sortir en utilisant la magie. Tirant sa baguette de sa poche, elle la tourna vers elle-même et tenta.

- Episkey.

La douleur fit un pic à certains endroits avant de disparaître. Malgré tout elle boitait toujours, son dos et sa tête l'élançant. Ne pouvant pas remonter par le toboggan, elle fit son chemin avant de se retrouver face à une étrange porte de serpents sculptés. Instinctivement, elle sût qu'elle devait parler Fourchelangue, et demanda poliment à la porte de s'ouvrir.

Dans un grincement, un serpent de pierre se mit à glisser le long du mécanisme, déverrouillant le lourd verrou. Sans attendre, curieuse, elle s'y engouffra.

L'élève se retrouva dans une immense salle, ou plutôt couloir, orné de statues étranges. Le tout aurait sûrement été à couper le souffle, si l'endroit n'était pas relié aux égouts ou plutôt conduits d'évacuation. Chaque pas de la jeune fille provoquait un "flop" sur la surface mouillée. Au fond de la salle trônait une étrange tête d'homme. Le mal de tête avait débloqué encore quelques souvenirs et elle se vit, tendant la main vers la pierre sculptée, prononçant une phrase en Fourchelangue.

Aurore sentit qu'elle devait le faire et tentant la main en avant, fermant les yeux sous la concentration.

- Parle-moi Ssssserpentard, le plussss grand desssss quatre de Poudlard.

À peine cette phrase prononcée, qu'il y eut un bruit de mécanisme, et la bouche de l'homme s'ouvrit. Un horrible sifflement retentit et, instinctivement, Aurore se recroquevilla sur elle-même détournant le regard. Son esprit avait posé un nom sur l'origine du bruit :

" Basilic "

- Ne m'approchez passsss.

- Maîtressssse ?

Premier détail ne sonnant pas juste. Maîtresse ? Peut-être le monstre la confondait-il avec quelqu'un ? Aurore sentait le glissement du serpent géant à côté d'elle. En temps normal, n'importe qui aurait dû trembler. Mais étrangement, ce n'était pas le cas de la Serpentard. Elle sentait sa magie pulser dans ses veines, et le fait de parler Fourchelangue lui procurait un sentiment de sécurité. Seulement il ne faut jamais regarder un Basilic dans les yeux sous peine d'une mort instantanée.

- Maîtressssse ? Êtesss vousss ssssouffrante ? Pourquoi êtesss-vousss recroquevillée sur vousss même ?

- Tu esss un Basssssilic. Ton regard essst mortel. Or je tiensss à ma vie.

- Maîtressssse ? Qu'essst-cccce qu'il vous arrive ? Avez-vousss oublié ?

Le basilic poussa un sifflement de rage, et pendant quelques minutes Aurore craint pour sa vie.

- Qui vousss à fait ccela Maîtressssse ? Qui vousss a brisé l'esssprit ?

- Brisé ... L'esssprit ?

- Oui, vousss n'avez plussss tous vos sssouvenirsss n'essst-ccce passsss?

- Exact. Nous sssommes dansss la Chambre des Sssecrets ?

- Oui. Et vousss n'avez rien à craindre : Le gardien de la Chambre ne peut pas mourir des yeux du Bassssilic.

- Je sssuis la gardienne ?

Le Basilic poussa un nouveau sifflement de colère.

- Comment avez-vousss pu oublier ? Bien-sssûr que vousss êtesss la gardienne. Qui d'autre ?

Satisfaite, Aurore se redressa et jaugea du regard celui qu'on appelait le roi des Serpents.

- Puisss-je faire quelque chose pour vous sservir Maîtressssse ?

Aurore réfléchit et se dit que, peut-être, le Basilic l'aiderait à savoir quels pièges protégeaient la pierre philosophale. Oui, cela serait déjà ça. Rapidement elle expliqua la situation au Basilic, en indiquant bien qu'il y avait un chien à trois têtes en première épreuve.

- Et ne tue perssssonne sur le chemin ! Faisss-toi sssilencccieux sssinon tu finiras en cccendres.

- Même passsss le chien ?

- Il appartient à un ami. Donc NON.

Le serpent siffla de désarroi mais ne discuta pas. Alors qu'il s'éloignait en glissant sur le sol trempé, Aurore l'interpella.

- Attend. Siffla-t-elle. Je ne sssais pas comment sssortir d'ici.

- Grimpez ssur mon dos, je vousss emmène.

Le Basilic déposa Aurore à la sortir avant de disparaître, se servant des tuyaux d'évacuation pour circuler à travers le château. Elle savait que le monstre ne lui désobéirait pas.

Rapidement, elle se lança un sort de nettoyage sur ses vêtements un peu éprouvés par son voyage dans la chambre. Elle récupéra son sac et se mit en route, marchant en tentant de masquer sa boiterie. Son dos la faisait toujours souffrir, ce qui était normal vu le choc qu'elle avait reçu. Son mal de tête s'était un peu calmé.

Il était hors de question qu'elle aille à l'infirmerie, car elle serait dans l'obligation d'avouer qu'elle avait été dans la Chambre, or c'était un détail qu'elle voulait garder pour elle-même. Cette pièce était censée être une légende, et elle était certaine qu'ils tueraient le Basilic immédiatement. Or, elle avait encore besoin des renseignements du Roi des Serpents. Peut-être que quelques sorts de soin l'aiderait...

Montant vers la bibliothèque, Aurore se prit à espérer qu'elle ne croiserait pas les Gryffondor faisant des recherches idiotes sur la pierre philosophale. Malheureusement, sur le chemin du rayon concernant les sorts de soins, elle croisa Hermione les bras chargés de parchemins. Imperceptiblement, la Serpentard se raidit tandis que la Gryffondor s'approchait d'elle. Aurore fit semblant de ne pas l'avoir vu et de continuer son chemin, mais c'était perdu.

- Ah, Aurore ! Je vais faire réviser les garçons pour les examens ! Tu veux venir avec nous ?

- Salut Hermione. Euh... Mais tu sais je n'ai pas besoin que tu me fasses réviser, tu connais mes notes...

- Oh, mais je ne pensais pas venir avec nous dans ce sens-là, continua Hermione sur un ton joyeux. J'aurais espéré que tu nous apprennes quelques petits trucs; en potions par exemple...

Aurore secoua la tête.

- Après les accidents de ce matin, je ne suis pas sûre que je sois la mieux placée pour vous expliquer quoique ce soit.

- Arrêtes, répondit la Gryffondor, balayant l'excuse d'un revers de main. Il n'y a personne qui fait aussi bien les potions dans la classe, pas même moi. De plus, j'avais cru comprendre que Rogue en personne t'avait donné des cours. De plus tu as des... circonstances atténuantes.

- Je t'ai déjà dit que je n'avais pas besoin de la pitié des autres ! Cracha-t-elle.

- Oh, mais ce n'est pas ce que je voulais dire. Contra Hermione, avec sérieux. Tu es migraineuse n'est-ce pas ? Je suppose que tu as dû avoir une grosse migraine à ce moment pour rater ta potion.

Immédiatement, Aurore se détendit. Elle avait très bien compris à quoi Hermione faisait allusion, mais le fait que la rouge et or avait l'art et la manière de détourner l'argument pour ne pas trop la vexer. Avec un soupir, la vert et argent accepta de l'aider à inculquer aux deux preux chevaliers quelques notions dans " l'art subtil et rigoureux des potions ".

- Eh, les garçons ! Les interpella la Gryffondor. J'ai croisé Aurore et elle est d'accord pour vous faire réviser les potions !

- Quoi ? S'écria Ron. Mais les examens sont dans une éternité !

- Pas tant que ça... Soupira leur amie. Bon, je propose que l'on commence par la potion d'amnésie. C'est la plus compliquée donc elle va sûrement tomber à l'examen de fin d'année.

Avec un soupir dégoûté, les deux ouvrirent leur libre de potion.

- Donc, rappela Hermione, la partie la plus importante est la découpe des fèves : ils disent qu'il faut les couper en quatre...

À ces mots, Aurore bondit de sa chaise devant aussi peu de savoir-faire et autant d'ignorance.

- Couper les fèves ? S'égosilla-t-elle. Quelle ineptie ! Il faut les écraser comme dans toute potion un tantinet soit le réussie !

- Mais dans le livre ils disent...

- L'idéal pour cette potion, continua la "potionniste" en ignorant royalement la Gryffondor, est d'écraser les plus grosses fèves et de couper les plus petites.

- Mais...

Aurore lança à Hermione un regard noir, digne de ceux de Rogue.

- Une objection peut-être ? Je croyais que tu voulais que je vienne pour expliquer les potions. Donc logiquement, c'est moi qui aie raison, et pas un stupide bouquin de première année.

Ron et Harry étaient pliés en deux de rire devant la tête d'Hermione. À part Rogue, personne ne l'avait remise à sa place en lui rappelant qu'elle ne connaissait pas tout sur la préparation d'une potion, ni même en retournant ses propres faits et gestes contre elle.

- Alors 'Mione, tu es toujours aussi sûre de vouloir demander à quelqu'un d'aussi calé en potions de nous faire des explications la prochaine fois ? Demanda Ron, absolument hilare.

- Absolument, répondit-elle fermement en se saisissant d'un parchemin et de sa plume. Vous devriez prendre note, c'est sûrement le détail qui va faire la différence entre une bonne potion, et une très bonne potion. Autrement dit, entre un E.E et un O.

Pendant quelques heures encore, Aurore leur donna des trucs et astuces. Enfin, du moins elle les donnait à Hermione, la seule qui prenait note. Ron et Harry était trop occupés à discuter de tout et n'importe quoi, ce qui leur valut des réprimandes de la part des filles.

- Et bien, c'était très instructif. Se réjouit la première de la classe. Merci Aurore. On recommence demain ?

Tout d'un coup, les garçons trouvèrent cela beaucoup moins drôle.

Les semaines passèrent et Aurore surprit souvent les Gryffondor à coller leur oreille devant le couloir du troisième étage, pour vérifier si Touffu était toujours là. Quant à la Serpentard, elle faisait souvent des allers-retours dans la Chambre des Secrets, pour voir si le Basilic était là. Pour le moment, elle revenait toujours bredouille, et espérait bientôt avoir les informations qu'elle avait demandées.

- Finalement, Quirrell est plus courageux qu'il n'en a l'air. Lança Ron, alors qu'ils se trouvaient à la bibliothèque.

Ce qui fit siffler la Serpentard de colère. Il n'en ratait pas une pour rappeler à la jeune fille que Rogue essayait de s'emparer de la pierre. Avec Harry, ils avaient carrément monté un club de soutien du professeur de Défense : Ron rappelait à l'ordre quiconque osait se moquer de son turban, et Harry lui lançait un sourire d'encouragement. Aurore, quant à elle, hésitait à monter un club anti-Quirrell : elle ne supportait tellement pas l'enseignant que sa seule envie était de s'en débarrasser; dernier rempart devant la pierre, ou non.

- Au lieu de faire des remarques désobligeantes, Ron, tu devrais finaliser et mettre en œuvre ton calendrier de travail !

- Mais les examens sont dans une éternité !

La Serpentard réprima un fou rire en songeant que la situation était étrangement familière.

- Dans dix semaines Ron. C'est une seconde pour Nicolas Flamel !

- Ouais, bah on n'a pas tous six cents ans hein.

Hermione fronça les sourcils mais ne dit rien. Ou du moins jusqu'à ce que le Gryffondor ajoute effrontément :

- De toute manière, tu n'as pas besoin de réviser, tu sais déjà tout.

- Pas besoin de réviser ?! S'indigna la rouge et or. Comment ça pas besoin de réviser ? Tu es fou ou quoi ? Tu crois vraiment que Nicolas Flamel révisait ses examens la veille au soir ?! Tu te rends compte, j'espère, que nous devons absolument réussir nos examens pour rentrer en deuxième année ?!

La Serpentard accueillit la tirade par un petit ricanement. Immédiatement, son amie se retourna vers elle, furieuse. Alors qu'elle ouvrait la bouche pour lui servir un remake de son discours, Aurore la prit de court en levant les mains en signe d'abandon.

- Du calme, dois-je te rappeler que j'ai déjà commencé à travailler ? Avec un professeur comme tuteur, je n'ai pas vraiment le choix, c'est Optimal ou rien.

- Mff.

Fut la seule réponse que lui donna Hermione. Alors que la rouge et or se retournait vers les garçons pour leur servir un autre discours sur la nécessité de commencer les révisions; Aurore se confondit lentement avec les ombres de la bibliothèque, espérant parvenir à s'éclipser avant d'être asservie par la Gryffondor en tant que professeur de potions remplaçante. Elle préférerait passer du temps avec Céleste et Drago, mais voilà plusieurs jours qu'elle se faisait kidnapper pour les révisions. Discrètement, elle zigzagua entre les rayons, jusqu'au moment où elle percuta quelqu'un.

- Hagrid ? S'exclama-t-elle, surprise. Vous ? Ici ? Dans la bibliothèque ?

Discrètement, Aurore se pinça, se demandant si elle était la victime d'un sort d'Hermione, ou si le sommeil rattrapait l'ennui dans un rêve des plus irréalistes. Plusieurs livres à la main, il marmonna un "Quoi ? Mais rien du tout... Je ne lisais rien sur les drag... J'aurais pas dû dire ça..." Et fila à toute vitesse en oubliant les ouvrages qu'il avait sorti. Les yeux gros comme des maisons, la première année regarda le garde-chasse quitter en toute hâte l'endroit.

- Ah Aurore !

Zut. Granger. Elle n'échapperait pas aux révisions aujourd'hui. Visiblement, la je-sais-tout était accompagnée, car la fuyarde entendit Ron s'exclamer :

- Hagrid ! Qu'est-ce que vous faites dans la bibliothèque ?

Mais c'était peine perdu, il était déjà trop loin. Totalement dépassée, Hermione ne fit aucun commentaire quand Harry ferma ses livres et poursuivit Hagrid, rapidement suivit de Ron. Hermione ne bougea pas, et se tourna vers Aurore avec un air interrogateur. Elle s'approcha de la pile de livres laissée par le géant et les posa les uns à côté des autres. Il y avait là de quoi devenir un expert en élevage de dragons : Les différents espèces de dragon de L'Angleterre à L'Irlande; De l'Œuf au brasier; Le guide de l'amateur de Dragons.

- Ce n'est pas le genre de lecture désintéressée, siffla la Serpentard.

- Tu crois que...

- J'en suis sûre 'Mione. Hagrid rêve d'avoir un dragon, et cela depuis toujours ! Seulement l'élevage de dragon a été interdit en 1709. Regarde ce livre : De l'œuf au brasier : Cela nous indique clairement qu'il a un œuf. Un œuf Hermione !

- Il ne faut le dire à personne, sinon il va avoir des ennuis...

- Eh, Aurore ! Qu'est-ce que tu fais ? On t'attend depuis une dizaine de minutes.

D'un même mouvement, les deux filles se retournèrent pour faire face à Céleste et Drago. Ce dernier s'approcha de la pile de livre et lut les titres à haute voix. Incrédule il tourna la tête vers Hermione, une expression semi-triomphante sur son visage.

- Alors Granger, on est passionnée par les dragons ? A voir ceci on dirait que tu veux te lancer dans un élevage. Or c'est interdit depuis 1709... Tu pourrais avoir de gros ennuis... Si jamais je rapporte ça au Professeur Rogue, je ne te donne pas une semaine de plus dans ce château.

Les yeux d'Hermione s'élargirent sous la surprise, elle lançait des regards gênés à Aurore qui pour le moment ne réagissait pas.

- Aurore, dis-moi si cette énergumène te dérange...

- Drago, ce n'est pas elle qui a sorti les livres. Dit fermement la Serpentard.

Ses deux acolytes tournèrent la tête vers elle étonnés. Heureusement car ils ne virent pas les yeux étonnés d'Hermione qui l'imploraient de ne rien dire au sujet de Hagrid.

- Mais Aurore... Tu n'aimes pas vraiment les dragons... Bafouilla Céleste.

- Je le sais, merci. Seulement, je prends de l'avance sur mes devoirs, aussi agréable cela soit-il. Maintenant, j'ai quelques mots à dire à Hagrid, si vous voulez bien m'excuser, nous réviserons ensemble la prochaine fois.

Et elle partit rapidement en espérant qu'on la laisserait en paix. Quelques enjambées plus loin, Hermione la rattrapa. Dans un couloir désert, la Serpentard pila, et coinça Hermione contre le mur.

- Soyons clair Hermione : je viens de mentir à mes amis pour sauver vos peaux. Je ne dirais rien non plus au sujet de la pierre philosophale; mais ne t'attend pas à ce que je sauve votre peau, encore une fois. Car, pour le moment, vous êtes surtout des alliés, pas des amis. Mes amis sont Drago et Céleste. Dès que cette histoire de pierre philosophale sera terminée, je ne veux plus entendre parler de vous, suis-je claire ?

Une aura mal saine pulsait dans la poitrine de la Serpentard et ses yeux clignotaient entre vert et noir de façon intimidante. Hermione acquiesça et Aurore la relâcha et reprit son chemin vers la cabane d'Hagrid comme si rien ne s'était passé. Visiblement, Harry et Ron avait eu la même idée, car ils se croisèrent en chemin. Aurore ignora superbement les Gryffondor, tête haut et regard noir en parfaite Serpentard. Devant la porte, ils attendirent quelques secondes que l'un d'eux ose toquer à la porte, puis exaspérée, la Serpentard s'en chargea et donna trois coups forts sur la porte en bois.

- Rappelez-moi de ne pas la mettre en colère, ou plus simplement de ne pas lui donner mon adresse. Sinon, je ne crois pas que ma porte survivrait, lâcha Ron dans un soupir exaspérant.

Si Hagrid n'avait pas ouvert la porte à ce moment, il l'aurait peut-être ouverte sur un bain de sang.

- Qui est là ?

Il les fit rentrer avant de refermer tout aussi rapidement la porte derrière eux.

Immédiatement, Aurore fut prise à la gorge par une chaleur étouffante. Malgré la température clémente, Hagrid avait trouvé nécessaire de faire ronfler un imposant feu dans la cheminée. Il leur proposa du thé et des sandwichs qu'ils déclinèrent poliment.

- Alors, vous vouliez me demander quelque chose ?

Harry jeta un regard interrogateur à Aurore, se doutant bien qu'elle n'était pas là pour la même raison. Poliment, elle lui fit signe de continuer, tentant de se calmer pendant ce temps.

- Pouvez-vous nous dire quels sont les protections autour de la pierre philosophale ? Enfin, à part Touffu.

Intérieurement, la Serpentard approuva la question. Pourtant elle n'était pas au goût de Hagrid qui fronça les sourcils.

- Bien-sûr que non, je ne peux pas vous le dire. En fait, je ne le sais pas. Et même si je le savais je ne vous le dirais pas non plus. Si la pierre est ici c'est qu'elle a failli être volée chez Gringotts...

- Ça on le savait, merci. Coupa Aurore, prise de nausées à cause de la chaleur étouffante.

En fait, la jeune fille avait plus l'habitude du froid des cachots et des laboratoires de BeauxBâtons, plutôt que de la température étouffante de la hutte.

Harry semblait se rendre compte de la gêne de la Serpentard, lui lançant un regard inquiet auquel elle répondit par un regard meurtrier.

- Oui, bon, je ne peux pas vous le dire même si je me demande comment vous avez fait pour découvrir l'existence de Touffu.

- C'est tout à fait compréhensible que vous ne souhaitiez pas nous le dire... Commença Hermione.

- Seulement ne nous faites pas croire que vous ne le savez pas... continua Aurore, visiblement sur la même longueur d'onde.

- Vous savez tout ce qui se passe ici. Terminèrent-elles en même temps.

Visiblement, la tirade eut son effet car la barbe du géant frémit. Il souriait.

- Nous voulions simplement savoir qui s'était chargé du dispositif de sécurité de la Pierre, poursuivit Hermione.

- Après tout en qui, à part vous, Dumbledore pourrait avoir une telle confiance ? Termina la Serpentard, avec une voix parfaitement modulée pour faire céder Hagrid.

Si elle n'avait pas eu ces nausées, elle aurait pris le temps d'apprécier son parfait travail de Serpentard : Hagrid, fier comme un coq, bombait le torse. Visiblement les deux garçons étaient aux anges car ils lancèrent des regards rayonnant aux filles.

- Bah, ça peut pas faire de mal. 'Me suis chargé de prêter Touffu et les autres professeurs des sortilèges. Alors... forcément le professeur Chourave, le professeur Flitwick, le professeur McGonagall, le professeur Quirrell...

- QUIRRELL ?! IL A DEMANDÉ À QUIRRELL ?! S'exclama Aurore, ahurie.

- Bah oui, répondit le géant en haussant les épaules. Sinon Dumbledore a fait quelque chose lui-même, bien sûr. Ah et j'ai failli oublier : le professeur Rogue à bien-sûr eu son rôle à jouer.

- ROGUE ?! S'étonna Harry.

À ce moment, malgré ses hauts le cœur, un tilt se fit dans l'esprit d'Aurore.

- Oui, Vous ne vous doutiez pas de ça hein ? Rogue a aidé à protéger la pierre, alors, il n'a pas l'intention de la voler. Dit Hagrid.

- Non. C'est Quirrell qui veut la voler. Murmura la Serpentard.

- HEIN ?!

Même Hagrid avait hurlé. Pourtant elle savait qu'elle avait raison. Elle ne trouvait plus le détail qui lui avait permis de le deviner mais elle savait que c'était lui.

- Écoutes Aurore, déjà le fait que Rogue essaye de voler la pierre c'était ridicule, mais là, Quirrell...

- Je sais que j'ai raison ! Hagrid, qui sait comment...

Aurore ne termina pas sa phrase, ses nausées prenant le dessus.

- Je vais ouvrir la fenêtre Hagrid, proposa Harry.

Pour une raison inexplicable, les deux avaient l'impression d'être liés. Souvent ils ressentaient la gêne de l'autre, et malgré leurs efforts, leurs émotions également. Toutefois, Aurore arrivait légèrement à bloquer Harry, mais n'ayant jamais réellement appris l'Occlumancie, elle ne pouvait pas le faire correctement.

- Non, surtout pas ! S'exclama le géant.

Étonnés, ils regardèrent tous Hagrid, sauf Aurore qui était pliée en deux, essayant de réprimer ses envies. Harry prit Aurore par le bras, sous le regard étonné de Ron, et l'aida à aller jusqu'à la porte pour évacuer.

- Vite ! Fermez la porte ! S'écria Hagrid.

- Je rentrerai plus tard.

La porte se referma et Aurore resta seule, maudissant le fait d'avoir oublié son anti-vomitif. Alors que la crise se calmait, son cerveau fonctionnait à plein régime. Elle avait oublié ce qui lui avait permis d'arriver à la conclusion que Quirrell était coupable, mais elle savait que derrière, elle avait fait un raisonnement, même si elle l'avait oublié. Soupirant, Aurore s'apprêta à retourner dans la hutte.

Lorsqu'elle referma la porte, ils étaient tous regroupés autour d'une table, sur laquelle trônait fièrement un œuf en éclosion. Alors qu'Aurore s'approchait, il se fissura en deux et une étrange petite créature en sorti.

- Coucou Norbert. Tu reconnais ta maman ?

Devant l'attitude puérile du géant, Aurore se demanda si elle n'était pas dans un asile de fous. Pourquoi pas lui faire des gratouilles et des bisous tant qu'il y était ? La jeune fille avait toujours eu un grand respect pour Hagrid, il ne fallait pas s'y méprendre, seulement certains de ses réactions laissaient à désirer. Il y avait un autre point qui la dérangeait au plus haut point, et visiblement c'était également le cas du d'Hermione.

- Hagrid... Votre maison est en bois. Et le bois est inflammable.

Mais le géant n'y prêta pas attention, et continua de gratouiller la bête jusqu'à ce que, prise d'une quinte de toux, elle ne crache une pluie de gerbes étincelantes qui vinrent mettre un léger feu à la barbe d'Hagrid; qui la tapota pour mettre fin à l'incident. Peut-être cela allait enfin lui ouvrir les yeux ? Mais la réaction du géant bluffa Aurore :

- Oh, il veut juste jouer le bébé à sa maman ! Gouzi-gouzi...

Alors qu'elle allait sortir une remarque désagréable, la Serpentard entendit le doux clapotis de l'eau contre le toit en bois. Etonnés, ils regardèrent tous par la vitre alors que des éclairs traversaient le ciel.

- Pas croyable... Commenta Hagrid alors que le bruit de l'eau devenait de plus en plus rapide et de plus en plus puissant. Un orage, à cette période de l'année ?

Le mot orage fit revenir la Serpentard à la réalité : il fallait qu'elle y aille vite. Sinon, la potion serait gâchée.

- Oh non...

Et elle fit demi-tour à pleine vitesse et sorti de la hutte en claquant la porte. Courant à travers le domaine de Poudlard, elle ne pouvait qu'espérer ne rien rater. Ses cheveux étaient détrempés sous les assauts perpétuels de l'eau; et ses vêtements étaient mouillés. Des flaques de boues se formaient à une vitesse incroyable sous ses yeux et la jeune fille manqua de s'étaler de tout son long en passant à la proximité de l'une d'entre elles. Pourtant, Aurore ne ralentit pas la cadence; faisant en réalité tout le contraire. Devant la porte de Poudlard, elle s'attarda encore quelques minutes sous la pluie, le temps d'incanter un sort de nettoyage : hors de question d'avoir Rusard sur le dos.

Un souvenir amusant lui revint : elle avait neuf ans et avait mis de la boue un peu partout dans le château avant de brouiller les traces et d'aller se cacher dans le bureau de Rogue; seul endroit où le concierge ne penserait pas à la chercher. Car bien-sûr il avait été cherché chez McGonagall, mais pas chez le ténébreux professeur de potions; persuadé que la gamine aurait trop peur de l'enseignant pour venir se cacher dans son domaine. Bon bien-sûr, en rentrant Rogue l'avait trouvée et sermonnée; mais la tête de Rusard en découvrant Aurore, tranquillement installée et travaillant sa théorie de potions avec le professeur valait son pesant d'or. Surtout quand Rogue lui avait demandé de partir, prétextant qu'il l'empêchait "de faire son travail correctement avec ses insinuations idiotes".

Une fois rentrée, la jeune fille ne prit pas le temps de lancer un sort de séchage complet et prit le chemin du bureau directorial; passant par autant de raccourcis qu'elle le pouvait. Seulement, elle se rappela que Dumbledore avait oublié de lui faire parvenir le mot de passe. Sentant quelque chose monter en elle, Aurore se retint de faire exploser la gargouille. Que pouvait-elle faire ? Rario pourrait sûrement passer la gargouille pour porter une lettre, mais cela prendrait trop de temps; même si espérer que quelqu'un descendrait revenait à attendre jusqu'au lendemain, voire plus.

Se produisit alors une chose inespérée. La gargouille s'écarta pour laisser descendre quelqu'un. Seulement, on ne peut pas avoir le beurre et l'argent. Le point négatif, ou point noir, se résumait en le seul fait que la personne qui descendant les marches était Rogue.

Visiblement il était choqué de la voir dégoulinante d'eau devant le bureau. Sans lui demander son avis il secoua sa baguette et elle sécha instantanément. Pitié, pourquoi avait-il fallu que cela soit Rogue ? N'importe qui d'autre : McGonagall, Chourave, Flitwick, Quirrell... Enfin non, tout compte fait, pas Quirrell. Aurore faisait tout son possible pour éviter le professeur, ayant la mauvaise impression qu'il lui arrivait toujours des problèmes en sa présence.

Le professeur de potions la détailla, comme il aurait détaillé un ingrédient pour potions dont il ne connaîtrait pas tous les secrets. De plus en plus gênée, l'élève évita consciencieusement le regard du professeur, se demandant si elle ne devrait pas profiter de ce moment pour se glisser entre son tuteur et la gargouille pour rentrer dans le bureau du directeur. Puis elle abandonna l'idée : Rogue n'aurait aucun mal à la suivre et à lui demander ce qu'il se passait.

- Sunshine...

- J'avais oublié le mot de passe, coupa-t-elle précipitamment.

- Cela peut vous paraître impossible, mais j'étais moi-même arrivé à cette conclusion, railla-t-il. En réalité, vous tombez bien : je voulais justement avoir une... petite discussion avec vous.

- Euh, mais, professeur... Je devais aller voir le professeur Dumbledore...

- Cela pourra sûrement attendre.

- C'est que, je n'ai pas vraiment le temps...

- Je suis persuadé que vous n'aurez aucun mal à vous trouver du temps, si je vous dis que je vous donne une semaine de retenue. Susurra le maître des potions.

Aurore déglutit avec difficulté mais, après une courte hésitation, continua à insister sur le fait qu'elle devait voir le directeur. S'il y avait bien une chose à laquelle ne s'attendait pas Rogue, c'était qu'elle s'entête. Croisant les bras, il prit un grand soin à bloquer tout passage.

- Vous allez m'expliquer ce qui est si urgent. Et ne me répondez pas que c'est une affaire entre vous et le directeur.

- C'est une affaire entre... Ah. S'interrompit-elle en entendant la fin de la phrase. Donc en fait, vous tenez à ce que je vous raconte un mensonge.

Le professeur semblait à bout. A ce moment, elle aurait souhaité avoir encore dans ses veines cette étrange stimulent qu'elle sentait parfois courir dans ses veines. Cela pourrait presque faire penser à un mélange de drogue et d'adrénaline, ou du moins à l'effet qu'elle imaginait pour la drogue. Pourtant il semblait avoir disparu. Pour une raison qui l'étonnait, il était très rare qu'elle puisse se mettre en colère ou produire ce stimulant en présence de Rogue. Le professeur dégageait une aura de calme, certes dangereuse et pas tout à fait rassurante, mais d'un calme olympien qui bloquait tout passage à un débordement colérique. Les yeux noirs de Rogue lançaient des éclairs et Aurore se ratatina un peu plus sur elle-même.

- Suffit Sunshine. Vous allez m'accompagner à mon bureau où nous allons avoir une petite discussion sur ce que vous faîtes en classe.

A ces mots, les yeux de la jeune fille doublèrent de taille face à l'étonnement immense qui envahissait, sans pitié, son esprit. Jusqu'à preuve du contraire, elle n'avait rien fait de mal; ne faisait pas comme Drago et sa bande, c'est-à-dire lancer des avions en papier pendant les cours; avaient de bonnes notes aux contrôles. Incapable de trouver une phrase avec une tournure correcte, sa bouche resta ouverte comme un poisson; tandis que, pour parfaire cette imitation, les cils de la Serpentard battaient à intervalles plus ou moins réguliers. Le portrait arracha une grimace dégoutée à Rogue qui murmura quelque chose comme "Minerva... pourra pas se plaindre... métamorphose... un vrai poisson...".

Visiblement, le maître des potions ne souhaitait pas attendre plus et s'approcha de quelques pas pour entraîner de force son élève dans son bureau. Dans son état d'étonnement, le professeur possédait la certitude que la jeune fille ne réagirait pas assez vite pour décamper. Certitude tout à fait fausse, car elle ne prenait pas en compte, en plus de la vivacité naturelle d'Aurore, ses réflexes aiguisés par le Quidditch. Rapidement elle se reprit et glissa sur le côté pour se faufiler derrière la gargouille, tout en espérant qu'avec un peu de chance, elle pourrait passer la gargouille et que celle-ci se refermerait juste derrière elle. Peine perdue car à quelques pas des escaliers, la main de Rogue se referma sur le bras d'Aurore alors que son visage montrait un masque de froideur légèrement coloré de colère.

- J'ai perdu. Dit-elle tout simplement.

Les yeux du maître des potions s'écarquillèrent quelques instants sous la surprise, avant de redevenir extrêmement sérieux. Au même moment, des bruits de pas se firent entendre dans l'escalier. Dumbledore passa la tête par l'entrée.

- Que se passe-t-il ?

- Absolument rien, Monsieur le Directeur, assura Rogue en reprenant son sérieux le plus absolu. Il se trouve seulement que je tenais à avoir une discussion aves Miss Sunshine; et je lui ai expliqué que c'était prioritaire sur un éventuel entretient avec vous.

Pendant un instant, Aurore espéra que Dumbledore allait contrer Rogue, en rétorquant que ce qu'ils avaient prévu était plus important. Prévisiblement, cela ne se déroula pas selon ce scénario.

- Oui, bien-sûr, allez-y Severus. Ne vous inquiétez pas Miss Sunshine, notre petit projet pourra attendre, ajouta-t-il dans un clin d'œil.

Ce geste détendit immédiatement Aurore. Alors comme ça, il ne fallait pas s'occuper de la potion immédiatement après l'orage ? Cela rassura la jeune fille, paniquée à l'idée de perdre des mois de travail. Pourtant cela fit monter en flèche la colère du maître des potions. Alors, ainsi, ils manigançaient quelque chose ensemble ? Pourquoi ne se sentait-il pas rassuré ? Avec les deux plus puissantes énergies magiques des environs, il ne leur faisait nullement confiance pour faire un projet sensé. Bien-sûr, il ne prenait pas en compte l'espièglerie du Directeur ni le côté parfois impulsif de sa protégée, sinon il aurait été bon pour un arrêt cardiaque vu toutes les possibilités de mauvais coups qu'ils pouvaient élaborer. Les jumeaux Weasley pourraient bien-être relégués au placard.

- Bien, merci de votre appui Directeur, commenta sarcastiquement le jeune professeur. Bien, nous y allons dans ce cas.

- Très bien professeur Rogue, soupira Aurore. Professeur Dumbledore, quand m'autorisez-vous à venir pour notre... projet ?

- Quand vous aurez terminé. Après tout, priorité aux études, n'est-ce pas ?

Bon sang, songea-t-elle exaspérée, mais qu'est-ce qu'ils ont avec mes études ? Je n'ai rien fait de mal, et j'ai des bonnes notes alors qu'est-ce qu'ils veulent de plus ? Que je remplace le prof ?

Rogue fit passer Aurore devant, en lançant un regard noir à Dumbledore. Le geste sembla amuser ce dernier, alors que le Directeur de Serpentard partait dans un claquement de ses robes noires. Il la fit entrer dans son bureau et dès qu'ils furent tous vers le centre de la pièce, ferma la porte à clef magiquement. Automatiquement, Aurore se raidit et jeta un regard inquiet vers la porte.

- Vous craigniez donc que je parte en plein discours ? Tenta-t-elle dans une veine tentative de raillerie.

- En réalité vous semblez d'humeur volatile, pardonnez-moi le jeu de mots, mais je ne souhaite pas passer ma soirée à vous courir après. Asseyez-vous.

Voyant qu'elle ne faisait pas de mouvement vers la chaise, il poussa un soupir exaspéré et leva les yeux au plafond.

- Je ne vais pas vous mordre, vous me connaissez un minimum depuis le temps.

- Je voudrais savoir qu'est-ce que c'est que cette histoire d'études.

- Asseyez-vous et nous pourrons peut-être aborder cette discussion. Lança-t-il sarcastiquement.

Finalement, la jeune fille daigna obéir, et plongea son regard aux couleurs changeantes entre vert et noir, dans celui presque vide et froid de Rogue.

- Donc vous voulez savoir ce qu'il se passe ? Murmura-t-il d'une voix dangereuse.

Il observa quelques minutes Aurore, ce qui augmenta l'agacement déjà visible de cette dernière. Le professeur sortit une petite pile de feuille et les posa sur le bureau. En reconnaissant les papiers, elle eut un hoquet nerveux. Ses yeux, paniqués, cherchaient une négation sur leur identité mais elle ne vint pas. Les mains jointes, Rogue observait les moindres réactions de sa pupille. Il n'y avait aucun sourire satisfait ou autre sur son visage.

- Avez-vous déjà une idée de la nature même de ces papiers ? Demanda-t-il d'une voix dangereuse en désignant le maigre tas de feuille d'un geste de la main.

- Je ne comprends pas... Je n'ai rien fait ...

- C'est justement là le problème : Vous ne faîtes plus rien en cours.

- Quoi ?! Mais, vous ne pouvez pas dire ça, je n'ai que des O...

- Je ne parle pas de vos résultats scolaires, coupa-t-il sèchement. Mais peut-être que ceci vous éclairera.

D'un geste fluide, il se saisit du premier papier et lut :

- Depuis deux à trois semaines, plus aucune participation en cours et les efforts pour lancer les sorts normalement ont disparus.

- Vous avez deviné de qui vient cette lettre ? Demanda-t-il d'une voix faussement douce. Voyant qu'elle ne répondait pas, trop choquée, il le fit à sa place : Le professeur McGonagall.

- Et... Vous allez écouter à la lettre ce qu'elle dit ? Demanda-t-elle âprement, la bouche sèche. Elle me déteste depuis que je suis à Serpentard, parce que je suis une Serpentard par choix, à la place d'avoir choisi Gryffondor.

- Je vous promets que cela n'a rien à voir. Le professeur McGonagall ne fait de quartier à personne quand il s'agit de ce qui a lieu dans sa classe, surtout quand cela a quelque chose à voir avec le décrochage scolaire. Gronda-t-il à voix basse. Mais peut-être que l'avis d'un autre professeur vous fera plus d'effet ?

Et il posa la feuille pour se saisir de celle en tête de la pile.

- À deux doigts d'avoir plusieurs incidents regrettables avec des plantes étudiées en cours. Où est passée la concentration en cours ? Sans parler de la participation.

- Je suppose que vous avez deviné de qui vint cette lettre ?

Un à un, il lut les commentaires des professeurs. Tous, sauf Quirrell, avaient remarqué un changement dans l'attitude de la jeune fille. À chaque nouveau mot, Aurore se crispait un peu plus, si bien qu'elle devint aussi raide qu'un bout de bois quand il eut finit ses lectures.

- Sans parler du fait que vous n'aviez jamais échoué dans la réalisation d'une potion avant...

- Ce n'est arrivé qu'une fois, coupa-t-elle encore plus mal à l'aise.

- Oui, mais vos potions sont devenues médiocres ! Tout juste le niveau d'un deuxième année ! Bien évidemment, je suis obligé de vous mettre O, car je ne suis supposé attendre de vous qu'un niveau de débutant. Mais cela me déçoit vraiment de ne plus recevoir que des réalisations médiocres...

- Elles ne sont pas médiocres. Contra-t-elle en sachant pertinemment que c'était faux.

- De la part de n'importe quel autre élève, je recevrais ces potions comme une bénédiction, contra-t-il, de mauvaise humeur fasse à autant de mauvaise foi. Seulement, c'est de vous que nous parlons : Aurore Sunshine. Je vous ai moi-même donné des cours, sans parler du cursus que vous avez suivis à BeauxBâtons alors vous n'avez aucune excuse.

Aurore en avait assez, se levant elle se dirigea vers la porte d'un pas décidé.

- Sunshine ...

- Laissez-moi.

- Aurore Harmonie Lily Sunshine, assise ! Aboya Rogue.

Étonnée, Aurore s'arrêta : certes il l'avait surprise mais ce qui lui avait fait le plus d'effet avait été d'entre son nom complet. C'était la première fois de sa vie qu'elle l'entendait. En jetant des regards de défis, elle retourna lentement vers sa chaise et s'y affala à moitié.

Aurore tremblait de rage. Ses épaules légèrement affaissées semblèrent se redresser en même temps que la tête de la jeune fille qui vissa ses yeux dans ceux du maître des potions, à qui ils n'avaient plus à envier la couleur noire. Cela fit légèrement tiquer Rogue, mais il continua.

- Alors j'aimerais savoir ce qu'il vous arrive. Rendez-vous compte que même Binns, cet imbécile de fantôme, s'est aperçu de votre changement !

- Vous traitez souvent vos collègues d'imbécile ?

- Ne changez pas de sujet ! Que se passe-t-il ?

- Il ne se passe rien du tout. Maintenant, je vous prie de m'excuser, je dois aller voir le professeur Dumbledore.

Le ton se voulait poli et cordial, contraire absolu de ce que dégageait sa posture.

- Vous ne sortirez pas d'ici tant que je ne saurais pas ce qu'il vous arrive. Répondit Rogue, sans se départir de son calme.

- Pourquoi s'intéressent-ils à ça ? Cracha-t-elle, sentant son corps trembler aux rythmes des pulsations d'une puissante énergie au fond d'elle. En fait, pourquoi vous y intéressez-vous ? Je croyais que dans une école, seuls les résultats comptaient, et ils sont là, alors je ne vois pas de quoi vous vous mêlez ! Et pourquoi vous et McGonagall passez d'un extrême à l'autre envers moi ? Pourquoi ne pouvez-vous pas être sarcastique comme avec tous les autres élèves ? Ne niez pas, je sais que vous me détestiez !

- Je ne vous détestais pas, répondit-il d'une voix calme mais choquée.

- Alors pourquoi m'avez-vous ignorée pendant un trimestre complet, l'année passée ?

- Ce n'est pas ce que vous croyez, Sunshine. De plus, je n'ai pas à me justifier de mes actes devant vous.

- Toutes les excuses sont bonnes, n'est-ce pas ? Demanda Aurore, la voix tremblante de rage. Tentez de leur trouver une excuse, à eux aussi, tant que vous y êtes.

- Ils s'inquiètent pour vous, enfant stupide ! Cracha Rogue, hors de lui. Vous avez grandi dans ce château et la plus part de mes collègues se sont attachés à votre personne. Il est normal que quand ils vous voient passer d'un extrême à l'autre ils s'inquiètent.

- Vous mentez. Murmura-t-elle.

C'était un murmure désespéré comme si elle refusait que quelqu'un fasse attention à elle. Le changement porta un coup violent à Severus, qui ne comprit pas comment cela avait été possible. Il l'avait toujours connue pleine de vie, débordant d'enthousiasme; et ne comprenait pas pourquoi un tel changement avait opéré alors qu'elle avait toujours eu de l'attention, de la part de McGonagall, Dumbledore, les autres professeurs, et même de sa propre personne.

- Sunshine...

- Vous mentez ! Cracha-t-elle, en se levant brusquement de sa chaise. Je n'ai plus rien à vous dire !

Les poings de la jeune fille tremblaient de rage et une brume noire s'en échappait lentement. Rogue eut un hoquet de surprise en supposant la nature de la brume. D'un geste de la main, elle fit céder à distance la protection magique de son tuteur et la porte s'ouvrit, à moitié détruite. Aurore sortit comme une furie noire.

Courant à travers les couloirs, elle ne se dirigeait pas vers le bureau de Dumbledore. Une forte douleur, dont l'intensité augmentait en même temps que la brume, la tenait au cœur de ses serres; rendant sa progression à travers le château de plus en plus difficile. Vacillante, Aurore continua sa progression. Toutes sortes de sentiments négatifs s'emparant d'elle; le tout fusionnant en une rage incontrôlée et injustifiée ainsi qu'une tristesse immense sortie d'elle-ne-savait-où. À mi-chemin, elle tomba sur le sol, encerclée de brume noire. Son ventre lui faisait atrocement mal, et elle n'avait plus qu'une seule envie, se laisser aller à son mal et tout oublier. Pourtant, il lui fallait continuer. Se relevant au prix d'un effort surhumain, elle boitilla jusqu'au septième étage, où elle supplia durant plusieurs aller-retours pour l'apparition d'un endroit isolé et sécurisé. De plus en plus de brouillard l'entourait, sortant de ses poings encore crispés. Finalement la Salle sur Demande apparut, et elle s'y glissa, se laissant tomber au milieu de la salle dans un tourbillon de douleur; naissant au cœur même de tous ses sentiments négatifs. Des hauts le cœur s'emparèrent d'elle, ainsi que d'autres mots intenses et variés.

- Mais qu'est-ce qu'il m'arrive ? Demanda-t-elle, suppliant pour une réponse.

Tout mouvement était insupportable, chaque respiration saccadée, autrefois salvatrice, était un supplice supplémentaire. Une horrible idée traversa son esprit, presque inconscient : Et si... Etait-elle mourante ? Pourtant... Le sort qu'elle avait fait avec Rogue l'avait toujours aidé, agissant comme une glue pour recoller les dégâts faits à sa magie. Elle était censée être hors de danger.

Encore un mensonge. Pensa-t-elle avec un mauvais foie absolu, alors qu'une minuscule partie d'elle-même encore consciente lui hurlait que personne dans ce château n'était au courant de ce qu'il lui arrivait.

Quelque part, Aurore ne voulait plus de sa magie; cela ne lui causait que des tords. D'un geste violent et rageur, elle détruisit plusieurs objets que la salle avait invoqués pour ce même usage. Lentement, elle se laissa aller et ne se rappela plus ce qui arriva ensuite. Laissant l'être sommeillant en elle prendre le contrôle.


Le prochain chapitre dès que possible, sachant qu'il faut que je le corrige...

Ps : n'hésitez pas à me laisser un petit commentaire pour me dire comment vous pensez que cela va se terminer... Je suis curieuse !