Résumé : Il y eut un cri dans la nuit, au milieu d'une lueur rougeâtre, et soudain, ils disparurent. Leurs noms furent appelés des jours durant, mais peine perdue. Shikamaru et Sakura n'étaient plus de ce monde.

Disclaimer : Les personnages de cette histoire ne m'appartiennent pas, cependant il est évident que le scénario et chacun des mots mis bout à bout pour la rédiger viennent de mes petites mains.

ONZE :

« Le chagrin amoureux est l'une des plus éprouvantes blessures

que nous ayons à combattre

car il doit être vaincu seul, et surtout

dans le plus grand des silences. »

— Yves Simon.

La jeune femme but la dernière gorgée de sa boisson, tournée vers son voisin de gauche, et reposa sa tasse sur la table. Sa main fît un mouvement vague, probablement en accord avec ses paroles, et son sourire s'accentua. Elle glissa ses doigts sur le poignet de l'étudiant, et ce dernier accepta la caresse innocente sans broncher. Il n'exprimait pas la même proximité envers elle, mais la jeune blonde ne paraissait pas s'en soucier.

Un mouvement sur la droite attira le regard de Shikamaru. Il consentît enfin à lâcher Temari No Sabaku du regard, et le reporta sur la nouvelle venue. La petite rousse lui colla un verre dans la main, et de l'autre, prit sa cigarette pour l'écraser dans le cendrier. Il avait commencé à fumer après la mort de son Sensei, Asuma.

— Désolée, pas de ça à côté de moi.

Le brun haussa les épaules, et ses yeux cherchèrent à nouveau la silhouette féminine qui lui tordait le ventre depuis déjà une bonne heure. Après s'être vaguement expliqués avec les amis de Sasuke et Itachi —du moins ceux présents aujourd'hui— Sakura et lui avaient pris la décision de s'attarder un peu à leurs côtés. Il soupçonnait d'ailleurs son amie de n'avoir accepté de rester que pour la sunajin.

—Arrête ça, tu vas lui faire peur. Bois un verre et oublie un peu Temari une seconde, tu veux ?

Shikamaru avisa Karin Uzumaki à présent postée à ses côtés, et haussa un sourcil. La jeune femme soupira discrètement, et se tourna pour faire face à la vitrine du café. Elle tira son interlocuteur pour l'obliger à être face à elle, et le relâcha aussitôt certaine que la blonde ne se trouvait plus dans son champ de vision. Nul doute que le contact avec son agresseur, un peu plus tôt dans l'après-midi, l'avait marquée. Elle semblait bien moins encline à le toucher qu'une civile lambda.

— Je crois qu'on t'a absolument tous vu la mater. Alors avant que les choses ne deviennent vraiment bizarres, je préférais venir te voir.

Le grand brun pinça les lèvres, et se raidît.

— Désolé. Elle ressemble vraiment à quelqu'un que j'ai perdu. C'est à la fois douloureux… et incroyablement enivrant, de la regarder.

Les sourcils de la rouquine s'arquèrent dans une expression désolée. Considérant le passé du jeune homme, elle admît simplement que la personne qu'il avait perdue devait être décédée, et pressa doucement son bras pour lui présenter ses excuses. Personne ici n'ignorait la déferlante médiatique qui avait accompagné le retour des deux enfants disparus. À vrai dire, Sakura et Shikamaru étaient les seuls à avoir échappé à cette oppression, paradoxalement.

— Excuse-moi. J'aurai dû essayer d'être moins frontale. Mais fais attention, quand même. Hidan est son ex, et même s'il ne ressent plus rien pour elle, ils se sont quittés en bons termes. Il est protecteur quand il s'agit d'elle.

Shikamaru sembla laisser glisser sur lui la remarque de Karin. Seule une petite contraction de la mâchoire trahît la tension qui le parcourut. Il vît Sakura lui faire un signe de la main, bas et discret, à quelques mètres de lui, se faisant la plus apaisante possible, mais ne chercha pas à retourner vers elle. Il avait l'impression que son coeur venait d'exploser dans sa poitrine, son ventre se tordît si fort qu'il crût vomir, et ses ongles se plantèrent dans sa paume avec force.

— Je comprends. Désolé si j'ai pu paraître étrange.

La rouquine fît semblant de ne pas voir les dents serrées du jeune homme lorsqu'il s'adressa à elle, et pressa à nouveau son bras avant de l'entraîner vers une discussion plus légère pour le distraire. Shikamaru sauta sur l'occasion pour occuper son esprit un maximum, conscient malgré tout, que cela ne suffirait pas.

Une part de lui hurlait que Temari était sa fiancée et qu'il ne l'abandonnerait jamais. L'autre part de lui commençait à comprendre les réticences de Sakura et la douleur qu'elle ressentait face à Sasuke.

Une paire d'yeux verts se teinta d'inquiétude en voyant l'expression de Shikamaru lors de sa discussion avec Karin. La jeune femme lui cherchait-elle des ennuis ? Elle fronça les sourcils malgré les réflexes ninjas ancrés en elle qui lui soufflaient de ne pas laisser entrevoir ses sentiments et son inquiétude.

— Et bien ? Un peu plus et je croirai que tu veux tuer Karin.

La rose tourna les yeux vers Sasori adossé au mur à côté d'elle. Tous les deux avaient ressenti le besoin de s'isoler un peu dehors lorsqu'ils s'étaient rendu compte que discuter à l'intérieur signifiait s'exposer à un certain nombre d'oreilles indiscrètes.

— Elle ne te volera pas ton mec, si c'est ce dont tu as peur.

— Je n'ai pas peur, répliqua-t-elle. Et ce n'est pas non plus mon mec. Essayer de ravir le coeur de Shikamaru est une quête vaine, crois-moi.

— Donc tu admets que tu aurais bien essayé ?

— Non. Shikamaru sera toujours un ami, mais jamais rien de plus. Lui et moi, on s'entend trop bien, on se connaît par coeur et on s'est confiés sur trop de sujets délicats pour s'envisager d'une façon romantique.

Sasori hocha simplement la tête avant de boire une gorgée de son diabolo à la violette. Une étrange lueur de jalousie brilla néanmoins brièvement dans ses yeux. C'était si fugace que Sakura ne sut si elle l'avait réellement vue ou non.

— Il est… un genre de confident et de meilleur ami ?

— Quelque chose comme ça, oui.

La réponse distraite de la jeune femme fît soupirer le rouge, qui reporta son regard sur ledit confident. Il ne lui trouvait rien de spécial. Il avait même l'air ennuyé par ce que lui racontait Karin, qu'il trouvait personnellement intéressante comme fille. Plus qu'Ino Yamanaka, en tous cas. Il évitait la blonde comme la peste, la trouvant un peu trop survoltée à son goût. Là où Karin était posée et réfléchie, Ino était impulsive et bruyante. C'était à se demander laquelle était vraiment la cousine de Naruto, et ce qu'elles faisaient en couple toutes les deux.

Il n'avait jamais trouvé le proverbe disant que les opposés s'attirent plus justifié que pour ce duo singulier.

— Excuse-moi, je peux t'emprunter Sakura un instant ?

Les deux cousins relevèrent la tête en même temps pour découvrir Itachi, penché vers eux. Il les dépassait tous les deux d'au moins une tête, et cela parut ne perturber que la ninja. Sasori pinça les lèvres et contourna son ami pour rentrer dans le café. De toutes façons, il commençait à avoir froid, et la bruine ne l'aidait pas vraiment à se réchauffer. Sakura portait sa veste, alors mieux valait pour lui rentrer maintenant.

Un silence tendu s'étira entre le Uchiha et la jeune femme. C'était exactement le genre de silence qu'il y avait entre deux inconnus qui n'avaient pas grand chose à se dire, et qui avaient déjà eu un léger accrochage auparavant. La rose laissa passer quelques minutes avant de secouer la tête.

— Je n'ai pas vu mon cousin depuis près de onze ans, Itachi, alors si tu n'as rien à me dire je vais retourner le voir.

La jeune femme leva les yeux au ciel et commença à se détourner de l'homme.

— Je suis désolé, souffla Itachi.

Sakura se retourna et ouvrit la bouche avant de la refermer lorsqu'il lui fît signe de le laisser parler. Elle enfouît ses mains dans les poches du sweat-shirt de Sasori, et haussa un sourcil. L'étudiant sembla hésiter quelques secondes avant de reprendre.

— Je suis désolé, j'ai été très peu délicat avec toi la première fois.

La rose se ferma un peu plus encore. Ses sourcils se froncèrent et la couverture nuageuse donna l'illusion que ses yeux s'assombrissaient drastiquement. Ou peut-être n'était-ce pas une simple impression ?

— Je n'ai pas besoin que l'on soit délicat avec moi, siffla-t-elle.

Le grand brun sembla comprendre son erreur, et leva une main aussitôt pour rectifier ses mots.

— Non, je m'en doute ! Je voulais seulement dire que j'ai cherché la petite bête lorsque je t'ai emmenée jusqu'à la salle de bain, et je n'aurai pas dû. Encore moins alors que tu te sentais déjà mal.

Sakura serra les dents. Non, elle ne s'était pas sentie mal ! Elle était seulement un peu perturbée de voir cette famille Uchiha réunie. Et non, elle n'était pas non plus de mauvaise foi. Elle soupira, et pinça les lèvres pour contenir son agacement.

— Ça va. Oublie ça.

Itachi songea à rajouter quelque chose, mais renonça rapidement en voyant l'expression de la jeune femme. Son regard semblait lui lancer des éclairs, et elle était légèrement penchée en arrière, comme pour mettre le plus de distance possible entre eux. Apparemment, il ne lui inspirait pas grande sympathie. Tant pis. Au moins, il s'était excusé et avait soulagé sa conscience, et si cela ne suffisait pas pour elle, il ne forcerait pas. De toutes façons, il avait toujours l'impression de marcher sur des oeufs avec elle, et d'éveiller sa colère. Lui-même se sentait plus à fleur de peau en sa présence.

— Itachi, tu as encore mis Sakura en colère ? Questionna une voix un peu trop familière.

Sasuke.

La rose tourna la tête vers le nouveau venu, et soupira profondément. Elle se lécha la lèvre supérieure, signe flagrant de son agacement, et fit demi-tour pour entrer dans le café, comme son cousin, quelques secondes avant elle seulement. La colère brûlait en elle comme un brasier jamais éteint. Itachi restait, pour le moment, celui qui lui avait pris l'homme qu'elle aimait. Et Sasuke… Il était tout simplement encore une douleur trop vive pour qu'elle consente à rester à ses côtés.

— Shika !

Le stratège croisa son regard et s'excusa auprès de Karin avant de s'approcher d'elle.

— On rentre ?

Le grand brun lança un regard en direction de Temari à travers la vitre, et hocha la tête. Oui, il était temps pour eux de rentrer. La patience des deux ninjas avait été mise à rude épreuve et ils étaient épuisés. Dans le café, ils saluèrent les étudiants présents avec un engouement feint, et payèrent chacun leur consommation avant de s'éloigner au pas de course. Shikamaru avait convenu avec Pein que ce dernier récupèrerait sa veste lorsqu'elle aurait été nettoyée.

Rentrant comme il était venus, à pieds et en courant, le duo de ninja prit soin cette fois de ne faire aucun détour.

Sakura retira la veste de son cousin en passant le portillon du jardin des Nara et entra sans toquer dans la grande maison blanche. Son corps se tendît sévèrement en croisant dans le couloir d'entrée une paire d'yeux noirs à présent familière.

— Bordel mais c'est pas vrai ! Vous vous êtes passé le mot ?!

La rose ignora le rire nerveux de Shikamaru derrière elle, et dépassa Fugaku pour se précipiter à l'étage. À peine quelques secondes après, les trois Nara et le chef de la police départementale entendirent l'eau couler dans la salle de bain.

— Elle est un peu sur les nerfs, plaida le grand brun. Nous venons de passer une heure avec Itachi et Sasuke après un incident dans le parc.

Il haussa les épaules et gravît les marches de l'escalier pour accéder au premier. Il alla chercher sa serviette de bain dans la chambre qu'il partageait avec son amie, et la rejoignit dans la cabine de douche après s'être déshabillé. La pudeur n'avait plus lieu entre eux depuis déjà quelques années, et la rose haussa un simple sourcil en le voyant débarquer.

— Tu pue, lâcha-t-elle.

— Toi aussi.

Il prît sa place sous le jet d'eau pendant qu'elle se savonnait, et ils échangèrent après quelques secondes, dans un rythme bien rôdé. Leur proximité, ni fraternelle ni romantique, dépassait largement la compréhension de certains des Anbu qu'ils avaient pu côtoyer. Aucun secret, aucun sentiment, aucune incertitude ne résistait à leur relation, unique et fusionnelle.

— Il me met sur les nerfs, bredouilla la rose.

Shikamaru haussa un sourcil, presque comique avec ses cheveux pleins de mousse, l'invitant à être plus précise.

— Itachi. Il me met sur les nerfs, et je ne comprends pas pourquoi. Je n'ai aucun problème avec Hidan, Sasori ou même Karin, mais avec lui, je ne sais pas… Ça ne passe pas.

Le jeune homme prit le temps de se rincer les cheveux avant de répondre à son amie. Elle essorait déjà ses cheveux dans une grande serviette éponge en dehors de la cabine, lorsque son compagnon de galère la rejoignit.

— Tu sais, ça arrive, parfois. Il y a des gens que tu n'apprécies pas, sans savoir pourquoi. C'est même la nature humaine d'être ainsi. Après, évidemment, je ne connais pas ce monde et je ne sais pas non plus quel passé tu as avec les gens de Kumano, mais tu as peut-être un passif avec lui. Un passif que tu ne connais pas encore. Nous n'avons pas encore débloqué tous nos souvenirs, alors c'est plausible, tu ne crois pas ?

— Ils nous l'auraient dit si les Uchiha nous connaissaient, non ?

Le ninja haussa les épaules.

— Pas forcément. Peut-être que Fugaku leur a parlé de nous et leur a demandé de ne pas nous brusquer. Il y a trop d'inconnues dans cette histoire, Sakura. On ne peut être sûrs de rien hormis une chose : on ne doit parler de nos origines à personne. Pour le reste… il faut que nous nous soutenions.

— C'est déjà ce que nous faisons ! Mais plus le temps passe, plus j'ai le sentiment que c'est dangereux pour nous d'être ici.

— Dans ce monde ?

— Plutôt… plutôt dans cette ville. Nous ne sommes pas en sécurité. Tu peux me croire, Shikamaru, je sais ce que je dis. Il y a quelque chose d'étrange autour de nous. Peut-être même autour de nos alter ego. Ils avaient leurs propres problèmes, eux aussi, et je n'ai pas envie d'avoir à m'y confronter.

Shikamaru pinça les lèvres en enroulant ses cheveux dans une serviette éponge. Il enfila un caleçon propre et se tourna vers son amie, l'air incertain.

— Tu te sens vulnérable, constata-t-il.

— Shika… je crois qu'il est vraiment temps de jauger notre chakra.

Le stratège sembla hésiter.

Le chakra qui coulait dans leurs veines leur était indispensable pour vivre, et pour conserver leurs réflexes. Sans lui, ils perdraient les aptitudes acquises au cours de leur entraînement, au cours de leur vie de ninjas. Peut-être même ne pourraient-ils plus être appelés ninjas ? Utiliser leur chakra, c'était prendre le risque de vider une partie de leurs réserves internes, et de ne jamais les voir se remplir à nouveau.

— Les habitants de cet univers n'ont pas de chakra en eux, mais nous en percevons dans la pierre, la terre, et la végétation. Nous pourrions peut-être apprendre à puiser dans cette réserve si jamais nous nous rendons compte que nos réserves ne se remplissent plus d'elles-mêmes ?

— Je ne suis pas sûr… dans nôtre monde, la végétation, la terre et les pierres sont également des réserves de chakra, mais pas sous la même forme que le nôtre. Nous exprimons nôtre chakra en établissant un équilibre entre l'énergie physique et l'énergie spirituelle. Le chakra naturel ne devrait pas pouvoir nous correspondre. Je pense que c'est une source inépuisable, mais aussi, et surtout, inexploitable.

— Dans ce cas, je pense que nos réserves se rempliront d'elles-mêmes. Nous avons toujours nôtre énergie spirituelle, et nôtre énergie physique.

Shikamaru hésita à nouveau. Néanmoins, il devait reconnaître que Sakura avait raison sur un point : ils ne pourraient pas savoir tant qu'ils n'auraient pas essayé d'utiliser leur chakra. Il hocha donc la tête en direction de son amie, et donna son approbation. Pensif cependant, il prévint son amie qu'ils devraient être particulièrement prudents, et qu'ils ne devraient surtout pas être vus en pleine utilisation de leurs compétences, et que le mot chakra devrait être banni de leur vocabulaire.

Il leur faudrait être discrets s'ils ne voulaient pas se retrouver en hôpital psychiatrique à nouveau.

Le jeune homme ramena ses cheveux en queue de cheval comme à son habitude pendant que Sakura brossait les siens, et lui fît signe enfin qu'il était temps à présent de descendre. Ils étaient attendus.

En bas, Fugaku se trouvait en pleine discussion avec le couple Nara. Yoshino venait de déposer deux tasses de café et une boîte de gâteaux sur la table basse, répliquant sèchement quelque chose que les deux jeunes adultes ne purent comprendre. Les ninjas s'entreregardèrent, et la rose roula des yeux, agacée. À la longue, son ami commençait à se poser des questions. Cette attitude ne lui ressemblait pas, et ce monde semblait le peser comme s'il l'avait bien plus esquintée qu'elle n'osait le lui avouer. Ou se l'avouer.

— Fugaku, bonsoir, salua Sakura. Désolée pour tout à l'heure, je suis un peu sur les rotules en ce moment, je ne voulais pas être désagréable.

L'homme leva les yeux sur elle et lui adressa un sourire qui remonta dans ses yeux. Il avait toujours eu l'avantage d'être honnête avec eux, même quand son métier aurait pu l'en dissuader. Shikamaru se surprenait à l'apprécier, malgré les tensions qui avaient pu exister entre les Uchiha et les Nara, dans leur monde.

— Pas d'offense, Sakura, ce sont des choses qui arrivent. Je venais vous parler de votre réinsertion. Il vous faut vous intégrer dans la société à présent que nous avons réglé le plus urgent. Ce sera également pour nous un moyen de vérifier que vous suivez les instructions à la lettre et que vous pouvez vous reconstruire.

Sakura haussa les sourcils, et s'assit dans le canapé près de Shikaku, intéressée. Jusque là, leur réinsertion avait été une étape lointaine. Il leur avait fallu se soigner, composer avec leurs anciens souvenirs, leurs cauchemars, dénouer le vrai du faux, et passer un test de longue durée en hôpital psychiatrique. Leur intégration leur avait parue être presque impossible jusque là, ne serait-ce que du point de vue de la loi.

— On m'a proposé de vous assigner un ou une CPIP, un Conseiller Pénitentiaire d'Insertion et de Probation. Le soucis, c'est que c'est très procédurier et que vous êtes jeunes. D'ailleurs je préfèrerai que vous soyez avec un conseiller en lequel vous avez confiance. Je sais que vous vous entendrez plus ou moins bien avec mes fils. Et si ce n'est pas Itachi, j'ose espérer que ce sera Sasuke. Sinon, il y aura toujours leurs amis. C'est pourquoi je serai vôtre interlocuteur. Vous ne verrez personne d'autre que le docteur Sawada et moi, normalement.

— Ce que vous nous dites, c'est que quelque part, puisque vous attendez de nous que nous côtoyons vos fils, nous serons sous leur surveillance.

— Disons qu'ils m'aideront à vous conseiller et à évaluer votre situation.

Sakura soupira. Tout n'allait pas être aussi simple que prévu, si sa surveillance était laissée à Itachi.

— Je n'aime pas ça.

— Je sais, mais c'est la meilleure solution que j'ai trouvé.

La jeune femme croisa les bras et se laissa glisser entre ceux de Shikamaru, contre son torse chaud. Elle fit claquer sa langue d'agacement, et son cadet caressa ses cheveux dans un rire. Lui non plus n'aimait pas l'idée d'être soumis à la surveillance des frères Uchiha, mais le prenait mieux qu'elle. Il attendait surtout le moment où Sakura en aurait marre, et irait en prendre un pour taper sur l'autre.

— Nous avons établi un accord avec l'université de Kumano. Il acceptent de vous prendre à l'essai trois mois dans la filière de votre choix. À l'issue de ces trois mois, vous passerez des partiels anticipés. Vous ne pourrez poursuivre vos études que si vous obtenez la moyenne.

La jeune femme haussa un sourcil. Ça, c'était une bonne nouvelle. Leurs années passées dans leur monde d'origine les avait entraînés à retenir rapidement et avec précision une bonne dose d'informations, et leur avait offert une grande quantité de compétences et de connaissances différentes. Mais surtout…

— Je choisis de faire médecine. Inscrivez-moi dans cette filière, vous ne le regretterez pas.

Un sourire se dessina sur les lèvres de son ami. Il comprenait parfaitement sa demande. Elle était après tout la disciple de la plus grande médic-nin du monde. Tout ce que son maître lui avait appris, elle l'avait assimilé avec précision et avait travaillé jusqu'à le dépasser. Tsunade avait du soucis à se faire si Sakura découvrait ici de nouvelles techniques et qu'ils parvenaient à rentrer chez eux. À condition de vouloir rentrer, évidemment.

— Es-tu sûre de ton choix Sakura ? Ce n'est pas vraiment ce qu'il y a de plus facile…, tenta Yoshino.

— Parfaitement. Je ne vous décevrai pas, promis.

Shikamaru soupira et roula des yeux.

— Je suis. Inscrivez-nous tous les deux en médecine.

Ce fut au tour de la rose de sourire. Il était un génie, il n'aurait aucun mal à apprendre à ses côtés et à finir par la rattraper. Et puis au pire, ils étaient des ninjas, non ?

Ils n'auraient qu'à tricher.

Les deux amis échangèrent un regard amusé, et Fugaku n'eut d'autre choix que de capituler face à leur assurance. Ils semblaient infaillibles, tous les deux. Le policier devait reconnaitre qu'il avait rarement rencontré de jeunes adultes aussi sûrs d'eux et dégageant une telle confiance l'un envers l'autre. C'est comme s'ils avaient déjà tout traversé ensemble. Mais peut-être était-ce le cas ? Il avait parfois entendu parler des Ombres, des jumeau rattachés à un gang puissant qui avaient disparus quelques mois auparavant. Il n'avait eu aucun mal à les rattacher à la description qui en avait été faite.

— Très bien. Je m'occuperai de votre inscription. La rentrée est dans une semaine, le trois mars. Je vous conseille de vous préparer.

Ils hochèrent la tête de concert, et se levèrent pour saluer Fugaku, lequel devait à présent s'occuper de faire le lien entre eux et l'université.