Titre: Le Chevalier Servant

Résumé: Harry jouait à la roulette russe avec se sort. Il le savait, mais il ne voulait que protéger les siens de la mort.
Cependant, quant-on meurt et revit on a tendance à en apprendre bien trop pour son propre bien...

Pairing: Yaoi/M/Secret

Disclamé: L'univers n'appartient pas à Noyr Desyre pour son plus grand malheur.
Tous les OC sont sa propriété, elle vous demandera de ne pas voler ses idées ou ses personnages sans lui en parler.

Marie : Tu as une parties des réponses un peu plus bas. Et j'espère que la réaction de Harry te semblera tout à fait convaincante et logique. J'ai hésité, mais personnellement je pense que je ferais la même chose que lui... après j'ai jamais dit que j'étais équilibré ou quoi que se soit hein... Bonne lecture !

Guest sans nom : Merci de me lire et d'aimer ce que j'écris. Pour le Slash, et bien c'est un secret /

Sansodvie : Cela me fait plaisir de voir que tu aimes toujours autant mes chapitres, mais aussi petit Aiden. Espérons que tu l'apprécieras encore plus suite à ce chapitre.

Guest sans nom 2: Aiden mignon ? Étrangement je le qualifierais de bien plus de mots, mais surtout pas migon, mais après moi je sais ce que je risque en disant se mot ... Pour la Voie, tu as un élément de réponse plus bas. Bonne lecture !

Fleur : Tu as parfaitement raison sur tous les points. Je ne souhaiterais vraiment pas être Devin, pour tout l'or du monde -_-' Mais la situation va s'équilibrer à présent.


Chapitre 5

Dumbledore était agacé…non furieux plutôt.
Assis dans son bureau depuis près d'une heure il fulminait contre le jeune Harry Potter.
Depuis que celui-ci avait eu la mauvaise idée de se présenter à Gringott pour se faire proclamer Devin tout allait mal. Pas un seul plan ne fonctionnait comme il le désirait.

Pourtant, les Gobelins avaient jeté le Devin droit dans ses griffes en désignant Bill Weasley en tant que Protecteur. La famille lui mangeant dans la main il avait réussi à laisser le gamin chez sa famille, le gardant le plus loin possible du Monde Sorcier et ainsi le rendant plus maniable.
Il avait été absolument ravie en voyant le genre de contrat que les Gobelins avaient fait signé au Devin. Ce n'était pas le contrat définitif, non, c'était un bête morceau de papier bien loin du réel contrat. Absolument parfait pour ses plans, bien moins dangereux pour lui. Et le gamin ne saurait jamais qu'il pouvait s'assurer de la loyauté de son Protecteur d'une façon absolu, étant donné que personne ne lui donnera l'information.

Dumbledore avait donc soigneusement préparé l'arrivé du gamin en laissant sous-entendre auprès de tous les Professeurs que le jeune Devin profitait de ses pouvoirs sur le Monde Sorcier pour obtenir des avantages comme la chambre individuelle ou la cabine réservée dans le Poudlard Express. Il avait également laissé entendre que l'enfant était digne de son père mettant ainsi Severus Snape dans sa poche et le retournant contre le fils de son ennemi.
Il s'était dit qu'ainsi le jeune Devin se tournerait vers lui obtenir un peu d'attention, le regardant comme le Grand-père qu'il n'avait jamais eu, et surtout lui offrant ses Visions sur un plateau d'argent.

Mais rien n'avait été dans ce sens.

Le gamin se ficha pas mal de ne pas passer sous le Choipeaux, ne sembla même pas écouter son discours, et ne releva même pas la tête à la mention du couloir du 3ème étage.
Harry Potter était aussi silencieux qu'une tombe, ne laissait aucun sentiment filtrer, et surtout il ne donnait pas l'impression d'avoir la moindre Vision. Et ce n'était pas faute du Directeur de pousser le Protecteur à s'ouvrir à lui.
Même Ronald Weasley n'avait pas réussi à se rapprocher du Devin, celui-ci l'avait superbement ignoré. Tout comme il était resté stoïque quand le Directeur s'était inquiété de sa solitude en le convoquant dans son bureau.

Ce n'est qu'en entendant les quelques rumeurs qui commençaient à tourner dans le château deux jours après la rentrée que le vieux sorcier avait monté un plan avec le plus jeune des fils Weasley. Celui-ci s'était parfaitement déroulé grâce à un petit sort lancé par le vieillard lui-même sur le balai de Neville, et Ron qui avait suivi le jeu des Serpentard. Quelques secondes plus tard et il avait réussi à nommer Harry Attrappeur, arguant auprès de ses collègues qu'il n'avait fait qu'obéir à ce dernier.
Le fait que le jeune Neville, connu pour sa timidité et sa gentillesse, accuse le Devin d'être tout à fait au courant de son accident sans avoir rien fait pour l'aider n'était qu'un bonus. Et quand il avait assisté à la scène il avait presque eu envie de trouver la personne qui lui avait donné ces instructions et la remercier. Presque.

Mais une nouvelle fois la manœuvre n'avait pas marchée comme il le souhaitait.
Oui, le jeune Potter était Attrapeur, mais pas une seule fois il ne s'était déplacé dans le bureau du Directeur pour lui demander le droit de s'entrainer avec les autres. Pas une seule fois, rendant ainsi le petit discours ficelé et prévue pour ce moment par Albus totalement inutile.

Albus Dumbledore s'était alors dit que ne surtout pas intervenir dans les nombreuses rumeurs qui commençaient à circuler sur les pouvoirs des Devins pourraient lui amener le gamin entre ses griffes. Après tout qui irait dire la vérité aux Sorciers ? Mis à part les Sang Pur et certaines personnes bien informées comme lui, personne ne savait comment fonctionnait réellement les pouvoirs d'un Devin. Et il savait que jamais un Serpentard s'abaisserait à révéler la vérité pour aider un Gryffondor ennemis de leur Maitre.
Bien que le gamin se soit totalement retrouvé seul, rejeté par ses pairs en l'espace de deux mois, pas une seule fois il ne vint vers lui pour se plaindre. Non, le Devin était l'image même de l'indifférence.

Etait-il réellement Devin au final ?
Albus avait beau savoir que chaque Devin avait sa façon de fonctionner et de Voir, s'était vraiment étrange qu'il n'y ait pas eu la moindre trace d'une Vision à l'horizon.
Ou avait-il vu ce qui se tramait ? Savait-il et gardait donc le silence ?
Non, un Devin n'avait jamais de Vision absolument nette et précise quand ça le concernait directement. Et c'était un gamin élevé le plus loin possible des traditions sorcières.

Longtemps, Dumbledore fixa le vide, ses doigts tapotant son bureau, plongé dans ses pensées.
Il devait absolument réussir à convaincre le gamin qu'il pouvait lui faire confiance. Ainsi il pourra bénéficier de sa Vue et obtenir tout ce qu'il désire.
Mais comment ?

Soudain, la réponse lui vint tout naturellement.
N'y avait-il pas le premier Match de Quidditch le lendemain ?
Gryffondor contre Serpentard… un accident était si vite arrivé.

Un sourire mauvais étira les lèvres du vieil homme alors qu'il commençait à régler les petits détails de son nouveau plan. A n'en pas douter sa petite arme se jetterait entre ses griffes après avoir eu la peur de sa vie. Après tout chuter à plusieurs dizaines de mètres du sol était toujours…effrayant… n'est-ce pas ?


Harry avait le ventre retourné, la gorge serrée et les pieds lourds alors qu'il s'asseyait à la table des Gryffondors pour manger. Il n'avait pas peur, non, mais juste un très mauvais pressentiment concernant le match qui avait lieu ce jour.
Il n'avait pas la moindre petite envie d'y aller, mais savait ne pas avoir voix au chapitre.

Il savait que personne ne viendrait à son aide.
Tous les Professeurs avaient pris partit de l'ignorer, de ne plus jeter le moindre coup d'œil à ses devoirs, mettant invariablement « E » peu importe le contenu.
Non, pas tous, le Professeur Flitwick continuait encore de l'interroger, et au vu des nombreuses notes laissaient sur ses devoirs il les lisait. Pour Quirrell… Harry ne savait pas trop, il y avait des regards un peu trop longs sur sa personne de la part du Professeur, mais pas plus…

Dans tous les cas personne ne lui adressait la parole pour autre chose que le strict minimum. Même son Protecteur se contentait d'un hochement vague de la tête pour à peu près tout et n'importe quoi.
Au cours du mois de Septembre Harry avait senti cette boule au creux de l'estomac allait et venir au fils des jours. Mais lors du mois d'Octobre elle n'avait cessé de croître sans jamais plus le quitter. Il savait que s'il avait encore pu ressentir il aurait crié… crié au visage de tous les sorciers milles et une insultes, milles et une malédictions. Juste pour extérioriser. Mais il ne le pouvait pas.
Il se levait le matin avec l'envie de retourner se coucher. L'envie de se replonger dans cette vision de cyclone de feu, restant simplement là en plein milieu de celui-ci appréciant la chaleur qu'il dégageait.
Tous les matins il se levait emportant avec lui une sensation de chaleur qui durait encore quelques secondes une fois éveillé.

-Potter on y va ! Grogna Dubois le Capitaine de l'équipe.

Le jeune Devin ne releva même pas la tête de son bol de lait chaud qu'il n'avait même pas encore réussi à avaler. En réalité, il aurait bien snobé les joueurs jusqu'à la fin des temps, mais son très cher Protecteur le leva de force pour l'entrainé vers les vestiaires, tout à fait contre son grès.

« Comment ai-je pu les apprécier dans ma précédente vie ? Comment ai-je pu être aussi aveugle devant la réalité ? J'ai risqué ma vie… je suis mort deux fois… pour ça. »

Il sentit la boule qu'il avait au ventre devenir un peu plus lourde. Ses doigts se crispèrent un petit peu alors qu'il interceptait un sourire un peu trop joyeux sur le visage de Dumbledore avant de sortir de la Grande Salle.

« Je ne veux pas… je m'y refuse… pourquoi dois-je obéir ? Pourquoi je ne peux pas réagir ? Pourquoi dois-je rester si impassible, si froid ? Pourquoi dois-je rester une poupée de chiffon, une marionnette ? »

Le voyage jusqu'au vestiaire se fit dans le flou le plus total pour Harry. Seule la main de son Protecteur posée sur son épaule le faisait avancer. Si celle-ci n'avait pas été là peut-être que Harry se serait écroulé en plein milieu du couloir, fixant le vide alors qu'intérieurement il tentait de ressentir quelque chose. Luttant contre lui-même.

-Potter, c'est le premier match de l'année et contre les Serpy. Cela fait dix ans que nous n'avons pas perdu contre eux. Tu as intérêt à chopper le vif ou il t'en cuira, Devin ou pas.

Harry cligna des yeux, remarquant soudainement qu'il était seul avec l'équipe, épinglé contre un mur, le visage mauvais de Dubois face à lui. Pas de Protecteur, mais un balai en main. Il fit à peine un bref mouvement de la tête, mouvement qui aurait pu tout dire, que Dubois considéra comme un oui. Le Devin fut relâché brutalement, manquant de tomber alors que les membres de l'équipe commençaient à entrer sur le terrain.

« Brutaliser le pauvre Devin tous en ensemble loin des yeux, bien sûr, on ne me l'avait pas encore fait… »

Il prit une profonde respiration, replaça un peu mieux ses habits, puis suivi ses coéquipiers en ayant très envie de retourner sur ses pas.
Encore une fois, il ne fit pas attentions aux commentaires ou rappels des règles, son regard passa à peine sur les Serpentards qui lui faisait face, et d'un seul coup il était dans les airs en vol stationnaire sans faire le moindre effort pour trouver le Vif d'Or.

« S'il y a bien une chose que je peux ne pas faire c'est chercher cette foutu balle. Donnons donc la victoire au Serpentards, c'est tout ce que je peux faire… »

Et il resta là. Se déplaçant à peine de quelques centimètres quand un Cognar fusait vers lui, souvent venant de sa propre équipe dans de malencontreuses passes. Les insultes, les cris, lui passaient au-dessus de la tête. Il ne faisait même pas attention à l'Attrapeur Serpentard qui revenait souvent vers lui comme attiré. La bruine qui commençait à s'infiltrer petit à petit dans ses vêtements le laissa tout aussi indifférent, même si les frissons que le parcouraient parfois montraient qu'il avait froid.

« Il est là » Chuchota brusquement la voix que Harry n'avait pu oublier, celle de la Banque. Là, au creux de son oreille, elle refaisait son apparition comme si elle ne l'avait jamais quitté. « Il est là, ton Protecteur. » Continua-t-elle avec une note de plaisir. « Les Hainekos ont répondu, les Hainekos tiennent toujours leur promesse quel que soit le passé. » Harry pouvait presque sentir une note de tristesse à la fin de la phrase. Mais il ne put y réfléchir d'avantage que brusquement son balai s'emballa, partant à toute vitesse vers le haut, puis redescendit tout aussi sèchement avant de reprendre de l'attitude et voler au hasard de façon dangereuse.

« Il est là » Répéta la douce voix comme si Harry n'était pas en train de lutter pour rester sur son balai.

-Et où ? Stupide voix, penses-tu réellement que je vais te croire ? Que je vais me reposer sur toi ? Ce sera encore une personne en qui je ne pourrais pas placer ma confiance.

« Il est là. Tu peux tomber, tu peux te laisser aller, tu peux tout abandonner, car il est là. » Répondit la voix imperturbable alors que Harry luttait pour ne pas glisser sous les cris et hués des spectateurs. Seuls quelques Serpentards semblaient soudainement bien plus concernés par Harry que par le match.

-Tu plaisantes…j'espère ? Grogna Harry alors que son balai remontait d'un seul coup en flèche.

« Jamais. Tombes, il sera là. Toujours. Le premier pas sera pour toi. » Murmura la voix alors que le balai montait toujours plus haut, en piqué. Harry se sentit glisser, petit à petit, le bois était humide à cause de la fine bruine qui tombait depuis le début du match. Il allait beaucoup trop vite et il sentait ses pieds dans le vide, il voyait ses mains glissaient le long du manche du balai.
D'un seul coup, il ne tenait plus rien.

La peur lui tomba d'un seul coup dessus sans crier gare. Après deux mois sans ressentir, Harry retrouva enfin le sentiment de la peur.
Peur de tomber.
Peur de mourir.
Et il se mit à tomber à une vitesse vertigineuse, le vent lui fouettait le dos sans le ralentir. Il voyait le ciel s'éloigner, il recommençait à entendre distinctement les spectateurs. Le vent sifflait à ses oreilles. Son cri restait bloquer dans sa gorge, incapable de sortir.

Il put voir un Serpentard plonger pour tenter de le rattraper mais il était bien trop loin.
Il allait s'écraser, car personne n'était là pour le protéger, personne n'était là pour lui, pas au point de risquer sa vie pour la sienne. Comme toujours.
Il ferma les yeux, acceptant une nouvelle fois cette constatation, acceptant cette mort comme toutes les autres.

Mais jamais il ne s'écrasa.

Une nuée grisâtre fonça vers lui, presque invisible à l'œil nu. Une tornade sembla engloutir le jeune Devin à quelques mètres du sol, l'accompagnant dans le reste de sa chute dans un silence quasi religieux. Lorsque la tornade disparut il dévoila un Harry Potter intact dans les bras d'un inconnu.

Cheveux rouge sang, peau grise, pantalon en tissu noir, veste blanche, assez grand, l'inconnu était bien loin de ressembler à un sorcier. Et pourtant, il était là sans que quiconque ne l'ait remarqué avant son intervention. Il ne sembla même pas prêter la moindre attention au large public autour de lui, il ne faisait que regarder son fardeau.

-Est-ce que ça va ? Une voix basse et douce retentit, bien qu'une pointe de colère y résidait.

Harry rouvrit lentement les yeux, le corps tremblant, la respiration erratique, il tomba dans ceux de son interlocuteur. Et enfin, enfin, il comprit la signification de sa Vision.

-Cyclone de feu… Murmura-t-il en levant légèrement la main pour la poser sur la joue de son sauveur.

Face à lui, deux prunelles qu'il aurait jugé impossible sans les avoir vu.
Deux cyclones, deux tornades, vu de dessus mêlant orange et noir dans une danse infinie.

-Pas de destruction, juste ton arrivée…Marmonna doucement Harry alors que le contre coup le surprenait, l'emportant dans les limbes de l'inconscience, manquant l'éclat rouge qui apparut brusquement dans les yeux étranges de son sauveur.

L'inconnu resserra sa prise sur le petit corps, relevant enfin son visage pour se retrouver face à de très nombreuses baguettes levaient contre lui.


Dumbledore jubilait alors que le match commençait enfin.
Il ne se fichait pas mal que sa future arme reste immobile en plein milieu du ciel malgré les insultes que lui lançaient les supporters Gryffondor.
Non, peu importait.

Il attendit un long moment afin que tous aient leur regard fixé sur les joueurs, puis se mit à marmonner dans sa barbe, assez bas pour que ses collègues ne le remarque pas. A peine un coup de baguette discret, et quelques minutes de concentration plus tard, le jeune Potter se mit à faire des figues acrobatiques terriblement dangereuses.

Il dû cacher un sourire ravie dans un glapissement étouffé alors qu'il suivait le mouvement et se levait pour suivre plus facilement Potter des yeux. Lorsque le commentateur fit une remarque sur un certain Devin qui avait apparemment perdu le contrôle sur son balai, car « Monsieur ne voulait pas venir aux entrainements » Albus dû une nouvelle fois baisser la tête pour cacher un sourire malveillant.
Tout allait parfaitement dans son sens, même le visage blême du Protecteur incapable de prendre une décision seul était calculé.

Albus vit le balai monter toujours plus haut avec plaisir, se retenant de se frotter les mains, tentant de jouer le Grand Père inquiet comme tout le monde à présent que la vie du Devin était plus qu'en danger.
Et enfin le gamin lâcha prise, tombant pour la plus grande satisfaction du Directeur et la plus grande terreur des autres.
Il avait déjà la baguette en main, prêt à lancer un sort à la dernière minute afin de briller aux yeux de tous quand soudainement il aperçut une sorte de brume grisâtre filer vers le Devin.

Pour la première fois il s'inquiéta réellement pour Harry Potter quand celui-ci fut entièrement avalé par la brume qui se mit à tournoyer comme une tornade minuscule. Bien sûr, lorsqu'apparut l'inconnu tenant tranquillement le Devin en vie il en aurait hurlé de rage. Une nouvelle fois son plan n'avait pas réussi.

Tout à sa fureur il ne put que suivre le mouvement lorsque McGonagall l'amorça pour descendre en vitesse de l'estrade et pointer sa baguette vers le nouvel arrivant.

-Relâchez le Devin jeune homme. Ordonna McGonagall.

-Oh ? Et pourquoi donc ? Répondit l'inconnu en se redressant sans paraître inquiété outre mesure.

Dumbledore fronça les sourcils alors qu'il tentait de mettre de l'ordre dans ses idées mais surtout de reconnaître quelle espèce magique leur faisait face. Car à n'en pas douter le jeune inconnu n'était pas un sorcier. Rien que sa façon de se tenir, prêt à agir sans sortir de baguette le prouvait.

-Donnez-le à son Protecteur et ainsi nous pourrons discuter jeune homme. Intervint calmement Albus Dumbledore en s'avançant un peu, rapidement suivi de Bill Weasley un peu blanc.

Voir son protégé tomber l'avait un peu secoué. Même s'il pensait toujours que le Devin l'avait bien cherché. L'inconnu plissa les yeux alors qu'il observait le proclamait Protecteur d'un œil quelque peu mauvais.

-Lui un Protecteur ? Protecteur de qui ? De quoi ? Où est-il quand le Devin tombait ? Où est-il quand il aurait dû interdire la pratique de ce sport au Devin ? Je ne vois nul Protecteur Monsieur Dumbledore, juste un idiot qui n'a pas compris son rôle.

-Allons, nous savons tous que…Tenta d'apaiser le Directeur qui sentait les intonations menaçantes à peine voilée par l'inconnu.

Il ne pouvait se permettre que toutes les personnes présentent commencent à réfléchir ne serait-ce qu'un peu.
Pourtant, l'inconnu le coupa, semblant pas mal se ficher de son rang ou quoi que ce soit.

-Nous savons tous qu'un protecteur à plein pouvoir sur toutes les décisions qui ont une conséquence sur la vie même du Devin. J'étais venu évalué la Protection mise en place pour le Devin. Au vu d'aujourd'hui je pose ma candidature. Non, je destitue Bill Weasley de ce rôle, et j'attendrais le réveille du Devin pour parler avec lui.

Dumbledore se secoua d'un seul coup aux paroles de l'inconnu.
Il refusait catégoriquement qu'une tierce personne arrive et mette la main sur ce foutu Devin. Il avait des plans pour lui, de nombreux plans qui murissaient depuis des années, hors de question de les abandonner. Il devait se montrer autoritaire ou il allait perdre la face.

-Vous ne pouve…

-Vous pensez ? Vous me connaissez si mal. Sur demande des Gobelins j'accepte la Mission de Protecteur pour Harry James Potter, Devin. Qu'en pensez-vous ?

Dumbledore réceptionna les feuilles qui étaient apparu de nulle part, survolant les termes du contrat, tentant de trouver une faille. Il le fallait, il sentait que s'il laissait cet Aiden Reed, comme marqué sur le contrat, mettre la main sur le Devin tout deviendrait compliqué. Encore plus que maintenant. Après tout qui pouvait bien contrôler cet individu et mettre la main sur le Devin ? Ou peut-être que c'était pour ses fins personnelles ?
Puis, il le vit, ce mot que de nombreux sorciers prononçaient avec dégout : Hainekos.
Des êtres contre nature qui ne connaissaient nulle peur lorsque cela concernait leur Mission. Mais aussi des êtres que la Magie elle-même avait répudiée des centaines d'années auparavant pour les punir d'une faute impardonnable.
Ainsi, le Devin avait réussi à attirer ces... créatures ici dans son école, s'il n'y avait pas eu cette histoire alors il aurait eu un allié de taille, mais à présent…

-Les Hainekos n'ont plus le droit de travailler dans le monde magique, Monsieur Aiden Reed. Pas depuis l'assassinat d'Ilaïo Lemestrelle par vos semblables alors qu'elle était sous votre Protection.
La Magie même vous a jeté en dehors de notre Monde. Il offrit un mince sourire mauvais au Haineko, s'assurant que personne d'autre ne puisse le voir.

Pourtant, Aiden Reed se contenta de lever un sourcil, peu impressionné par les grimaces de dégouts qu'il put voir ou même les quelques insultes qui lui furent jetés au visage. Albus avait déjà entendu de très nombreux récits sur les Hainekos, sur leurs caractères, sur leur façon d'être et d'exister, et jamais il n'avait crû les récits quant à la présence presque désagréable de ces créatures.

-Je le peux, car la Magie même m'a laissé signé ce contrat jusqu'à ce que le Devin puisse de lui-même accepter ou pas ma Protection.

Albus put presque percevoir un sourire narquois se dessiner peu à peu sur les lèvres du Hainekos alors qu'il détruisait une des seules défenses possibles pour l'empêcher de récupérer le gamin.

-Je ne peux laisser une personne dangereuse rester dans cette école. Pour la sécurité de…

-Oh, mais ne vous inquiétez pas, je ne suis là que pour Protéger, tant que le Devin ne court aucun risque bien sûr. Après tout, il est parfaitement en sécurité ici, non ?

Aiden fit quelques pas vers le Directeur, le forçant à supporter son regard déconcertant un long moment avant de détourner le regard et de balayer la foule.

-L'infirmerie ?

Étrangement, ce fut un Serpentard qui bougea avant tout le monde pour lui ouvrir la voie, laissant tout le petit monde digérer les nouvelles, ou s'informer.

Sans attendre, Dumbledore demanda à tous les Professeurs de venir dans son bureau, sois disant pour trouver une solution, mais surtout pour s'assurer qu'ils restent bien au creux de sa main.
Il avait perdu cette manche à cause de se stupide Haineko, mais peu lui importait, il suffisait de convaincre le gamin que cette créature ne pouvait le Protéger convenablement.


Harry ouvrit les yeux d'un seul coup, se mettant assis tout aussi vite, ayant toujours en tête ces étranges yeux, dernière image qu'il avait emportée dans l'inconscience.

« Était-ce un rêve ? Ais-je imaginé tout cela ? L'apparition de… cet être ? De ce qui serait un Haineko ? »

Mais un simple mouvement à ses côtés attira son regard qui tomba dans deux yeux noir. Si noir que l'on distingué très difficilement la pupille qui était à peine plus foncée que le reste de l'œil. Un regard tout aussi déstabilisant que l'autre qui semblait appartenir à la même personne : l'illustre inconnu.

-Tu es réveillé très bien. Je ne sais pas combien de temps ces stupides sorciers vont nous laisser en paix et je commençais à m'inquiéter un peu.

Le Devin fronça les sourcils, notant au passage les nombreuses étrangetés chez le Haineko. Sa peau était grise comme les cendres, ses cheveux étaient passé au blanc sans qu'il ne comprenne comment, et sa voix… Elle semblait comme changer d'intonation sans raison apparente.

-Les présentations, je suppose que ce sera mieux. Je suis Aiden Reed, un Haineko. Je souhaite devenir ton Protecteur. Ton vrai Protecteur, celui qui te servira, te soutiendra, jusqu'à la mort.

Seul le silence lui répondit, Harry était replongé dans son mutisme, redevenu totalement hermétique à tous sentiments.

« Croit-il que je vais le croire ? A la mort ? Mais bien sûr. Il veut juste profiter de moi lui aussi. »

-Bien… je vois que tu ne désires pas me faire confiance, tu as raison de te méfier, mais je n'ai que très peu de temps ici avant de devoir partir si je ne suis pas lié à toi.

« Bien sûr, je suis donc ton passe pour rester ici hein… »

-Pour ce que j'ai glané avant de venir ici tu ne dois pas connaître les Hainekos. Enfin au vu des idioties que racontent les sorciers à présent… Je ne vais pas te cacher que la Magie elle-même nous a répudiée et que nous avons à nouveau accès au Monde Sorcier seulement par ce que tu as fait appel à nous.
Mais nous avons continué à évoluer dans le Monde Moldu en tant que Mercenaires comme avant, et nous sommes ceux qui avons toujours assuré la Protection de tous les Devins connus, mis à part des deux derniers.
Je pourrais te conter notre histoire, nos origines, mais cela ne te convaincra pas de me faire confiance. Moi-même je ne le ferai pas.
La seule chose que j'ai qui pourra, je l'espère, me faire gagner ta confiance c'est ma vie. Je vais t'offrir sur un plateau d'argent le meilleur moyen de tuer un Haineko, définitivement. C'est un secret que nous gardons jalousement. Tu pourras te servir de moi comme cobaye si tu ne me crois pas et demander un nouvel Haineko comme Protecteur, les miens ne te jugerons pas. Tu peux même le dire à tous si tu le désires. Je remets ma vie, celle de tout mon peule, entre tes mains. Pour ta seule confiance.

Lentement, Aiden Reed s'installa sur le lit de Harry, se fichant du mouvement de recul de celui-ci, ou même de son regard toujours suspicieux. Il plaça ses lèvres tout contre l'oreille du Devin et commença à parler, lentement mais surement comme pour s'assurer que son interlocuteur ne pourrait rien oublier. Puis, il se redressa, un sourire au coin des lèvres, comme s'il ne venait pas de donner la façon d'éradiquer son peuple.

-Alors ? Ton choix ?

Harry le fixa, indécis, incrédule… il ne savait plus trop. Savoir l'essence même des Hainekos, détenir le moyen de tous les tuer, avoir la main mise sur la survie de toute une espèce…

« Est-ce un piège ? Et si tout ce qu'il vient de me dire n'était que mensonge, s'il se basait sur le fait que je ne testerais pas sur lui ? Ce n'est pas possible, on ne peut pas me donner ainsi de telles informations. Mais en même temps… »

Aiden Reed le défiait du regard, nulle peur dans celui-ci juste une profonde assurance.
Harry eut l'impression que pour la première fois en un peu plus de deux mois une personne jouait carte sur table avec lui. Cela ne suffisait pas au point d'il fasse confiance aveuglément au Haineko, mais il voulait savoir, voir si les dires de la Voix étaient exacts.

Y avait-il réellement quelqu'un qui se souciait de lui ?

-Je t'écoute. Dit-il de façon la plus claire possible, parlant pour la première fois en la présence du Haineko.

Sans chercher à le faire développer, ou même marquer le moindre sursaut à sa voix, Aiden Reed reprit.

-Le contrat que tu as signé chez les Gobelins n'était pas définitif. En clair c'était un contrat temporaire qui ne vaut presque rien. Il n'y a qu'un seul et unique contrat qui lie définitivement un Devin et son Protecteur, qui obligent les deux partis à travailler ensemble : Le Pacte du Chevalier Servant, directement émis oralement et rédigé par la Magie même.

-Le Pacte du Chevalier Servant ?

-Tu meurs, je meurs. Tu ordonnes, j'obéis. Tes intérêts passent avant les miens. Je te protège envers et contre tout contre un peu plus de puissance. En échange tu reprendras possession de tes émotions. Car je serais là pour obéir à toutes tes exigences.

Voilà ce qu'est le réel contrat.

-Tu peux me mentir. Marmonna Harry qui ne souhaitais pas une nouvelle fois espérer pour rien. Cela semblait bien trop beau pour être vrai. Pourquoi un tel Pacte pour n'obtenir qu'un peu de puissance ?

-Devin, je suis né pour ça. Un Haineko passe sa vie à effectuer des contrats.
Tu n'images pas tous les problèmes qui vont se dresser sur ton chemin.

Alors que Harry allait répondre, des murmures lointains commencèrent à se faire entendre, ils se rapprochaient lentement mais surement. D'ailleurs Harry remarqua qu'ils étaient seuls dans l'infirmerie, sans au moins l'infirmière ou même son sois disant Protecteur.

-Je ne peux te laisser réfléchir Devin.
Le Contrat que j'ai actuellement ne faisait effet que jusqu'à ton réveil.
Le Cinglé de Directeur a enfin dû comprendre le bluff et reviens te récupérer.

Harry était indécis.
Il voulait y croire, comme cette fois où il était entré à Gringott pour se déclarer Devin.
Il désirait plus que tout récupérer ses sentiments et enfin s'écrouler pour pleurer un peu ou alors enfin exprimer de la colère. Mais c'était si risqué.
En même temps, avait-il envie de retourner entre les griffes du Directeur ? De revenir à sa vie qui avait été la sienne depuis deux mois ?

Non.

Il préférait encore se jeter vers l'inconnu et peut-être regretté.
Il ne ferait pas confiance, mais il allait au moins accepter ce contrat qui le tirait normalement des mains d'Albus Dumbledore.

-Très bien, que dois-je faire ?

Aussitôt, alors que les voix devenaient de plus en plus fortes, Aiden Reed se laissa glisser un genou à terre, la tête courbée vers le sol.

-Moi Aiden Reed Haineko suivant la Voie Chaleur Protection Destruction, je me mets au service du Devin Harry James Potter.
Qu'il ordonne et je m'exécuterais sans délai.
Qu'on menace sa vie et je me dresserais pour le défendre sans faillir.
Sa vie est la mienne, la mienne la sienne.
Je serais son Chevalier Servant jusqu'à mon dernier souffle.
Accepte Harry.

Sous les yeux stupéfaits de Harry un parchemin apparut de nulle part, flottant sous ses yeux, notant mot pour mot les dires du Haineko. Il fut sorti de son étonnement par les deniers mots d'Aiden Reed qui lui étaient clairement destinés. Il resta silencieux un court instant alors que les pas s'arrêtaient enfin devant la porte de l'infirmerie. Et alors que la poignée se baissait il finit par parler, statufiant Albus Dumbledore qui entrait dans la pièce au même moment.

-Aiden Reed, peu importe ton état, peu importe tes pensées, tu me serviras.
Les regrets n'auront pas leur place entre nous.
Mensonges et trahisons entraineront ton trépas.
Ton seul répit sera la mort.
Tels sont les termes de notre Pacte.

-Je ne le voyais pas autrement mon Seigneur. Répondit Aiden Reed alors que le parchemin disparaissait aussi vite qu'il était apparu, laissant un silence absolu tomber dans la pièce…


J'espère vous avoir fait frissonner, et donner mal à la tête avec toutes les nouvelles questions qui s'imposent à présent.

Un gros merci à kimika su qui m'a fait remarquer les "e" en trop sur le mot "inconnu" ça c'était pas voulu du tout XD