04 Mai 2019. 9:15

Comme tous les débuts de week-end lorsque le mois d'avril touche à son terme, annonçant celui de mai, une fête à la plage a lieu en soirée, là où tous les étudiants confondus se retrouvent dans le désir d'extérioriser et libérer toutes pressions, échauffer les esprits, rompre et interrompre temporairement avec la vie quotidienne, être en pleine effervescence par une force qui nous dépasse pour simplement faire "pause" durant le laps de temps qu'il est possible. Ce commencement de semaine ne déroge pas à la tradition d'un étudiant universitaire déboulant dans le hall, prospectus par milliers prêt à être distribué et attrapé par toutes les mains pressées, enthousiaste et bouillonnant d'impatience créant un vacarme pas possible.

- Le week-end que j'attendais avec impatience. Déclare joyeusement Raven en prenant le papier tendu vers elle.
- Préparation chez moi cette année. Avertis la fille Blake.
- Lincoln vient nous récupérer. La blonde attrape ses cahiers dans son casier en attendant la réponse.
- Il ne peut pas, mais. Elle faire une pause, un sourire narquois aux lèvres. Là, où se trouve Lincoln, il y a Lexa
- Pourquoi mettre Alexandria dans la conversation. Demande Clarke, le visage rouge.
- Tu veux vraiment nous faire croire que tu ne pensais pas à ta Lexa en posant ta question Griffin. Rigole Raven.
- Ce n'est pas ma Lexa. Grogne la blonde.
- Pas encore. Réponds les deux amies de Clarke en chœur, direction leur salle de classe.

04 Mai 2019. 18:00

Clarke.

- Cette place est libre, mademoiselle l'artiste. Je déglutis en entendant sa voix tout en secouant la tête positivement.

Je me tortille comme pour m'asseoir convenablement sur le siège du bus lorsque je sens son regard figé sur moi devenir de plus en plus intense alors qu'elle ne décroche aucun mot, elle est simplement assise là à m'observer avec ce sourire que je peux deviner être présent sans même y jeter un œil, mais qui surtout me fait tant craquer. Déstabilisé par sa proximité, mon crayon, guidé par mes doigts, cesse tout mouvement, me faisant stopper mon dessin et mes joues prendre une teinte, considérablement lorsque son bras frôle le mien me provoquant instantanément la chair de poule.

Sans que je ne comprenne ce qu'il se passe, elle prend délicatement ma main, dépose mon crayon entre nous, sur le siège puis récupère le carnet qu'elle m'avait rendue lors de notre deuxième rencontre, qu'elle examine sur tous les angles. Tous ses petits croquis formant des courbes humaines dévêtues assorties à des phrases les recouvrants de peu par les lettres ou positionnées de différentes façons.

- Souille mes pensées de ton désir. Lit-elle, le doigt frôlant les traits de mon petit dessin en haut à gauche.

J'aperçois un petit rictus lorsque son doigt se glisse sur celui au milieu, pas totalement, mordant sur la droite, légèrement plus grand que les autres, plus particulièrement sur la phrase.

- Il y a ce quelque chose entre nous. Elle commence alors que mes joues chauffent et mon cœur sprint de peur qu'elle ne comprenne. Cette électricité dans l'air doit s'abattre en coup de foudre. Elle prend une pause, me regarde, plongeant ses yeux dans les miens alors dans un murmure luxueux et chaud, je vois le bout de sa langue toucher légèrement ses dents de devant. Foudroie-moi encore.

Je peux ressentir et entendre mon cœur prendre un rythme anormalement vite cognant contre ma cage thoracique, mes mains deviennent moites à une vitesse phénoménale. Toujours hypnotisée devant ce vert d'eau, essayant de ne pas dévier mon regard vers ses lèvres rosées aussi tentantes que la douceur de sa peau qu'elle semble posséder, ma main s'essuie plusieurs fois sur la jupe noire que je porte tandis que ma jambe sautille hâtivement de nervosité.

- Tu manipules aussi bien les mots que les coups de crayon.

Un sourire fissure ses lèvres en déposant mon carnet sur mes cuisses puis, elle dépose sa main sur la séparation du siège, effleurant la mienne posé également dessus, de mon côté, de ses longs doigts. Ma jambe toujours en mouvement ne cesse de s'agiter, mon corps se raidit aussitôt sa main maintenant sur la mienne pose sur la séparation de nos sièges qui a pour effet de non seulement immobiliser ma jambe tremblante, mais de rater plusieurs battements à mon cœur. Le bleu de mes iris voyage entre les siens et nos mains liées, lorsqu'ils restent paralysés, soudainement un rire nerveux me prend. Je relève la tête brusquement, les yeux aussi rond qu'une soucoupe, une de mes mains se rue sur ma bouche pour calmer se rire sous le mince sourire d'Alexandria. Alors que je retire ma main étant certaine que ça ne se répète plus, le rire nerveux qui sort d'entre mes lèvres reprend de plus belle m'obligeant à remettre ma main dessus. Elle m'offre un sourire des plus charmants avant de se lever du siège, tenant la barre métallique pour ne pas tomber en arrière.

- Ce soir, il y a la soirée du premier week-end de mai. Dit-elle.
- Un gars a distribué des prospectus ce matin, au lycée. J'indique pour signifier que je suis déjà informée. Si tu m'annonces ça, je, ça veut donc dire que tu y vas. Je tâte en espérant que la réponse soit positive.
- Je te verrai là-bas. Elle s'informe sans me répondre.

Jouant avec mes doigts, le regard fixé sur la brune un certain moment, ne sachant que dire et étant énormément angoissée à l'idée de possiblement passer la soirée avec celle qui me fait de plus en plus craquer. Après quelques réflexions rapides dans ma tête, je finis par acquiescer de la tête n'étant pas certaine de la fiabilité de ma voix.

- Alors. Commence celle que je surnomme la fille du bus en se penchant vers moi après avoir regardé à la fenêtre du bus en arrêt. J'imagine avoir, maintenant, une bonne raison d'aller à cette soirée. Ses douces et chaudes lèvres se posent délicatement sur ma joue brûlante puis glissent à mon oreille. On se dit à ce soir Clarke.

Celle-ci marche à reculons, le regard plongé dans le mien, souriant à pleines dents, un air adorable placardé sur le minois puis se retourne et disparaît après avoir descendu les trois petits escaliers de notre bus.

04 Mai 2019. 18:59

Clarke.

- Prends-le. Raven tend un maillot rouge à Octavia. Je t'emprunte le blanc
- Je t'en pris Rae, fait comme bon te semble
- Cool, merci. Dit Rae, le sourire aux lèvres en enfilant le haut.

Alors que je fouille dans le tiroir où les maillots de bain d'Octavia sont rangés, un ricanement sort sans que je ne le veuille au comportement de mes deux meilleures amies, plus particulièrement de celui sans gêne de Raven. De mon côté, le choix de mes vêtements demeure confus et indécis, par-dessus le marché, mon état de stress s'agrandit au fil des minutes, mes pensées entièrement et complètement en vrac, m'empêchent de réfléchir correctement.

- Tu devrais mettre celui aux rayures blanches et bleu Clarky
- Celui-ci. Je demande.

Elle hoche la tête en signe d'affirmation. Je l'écoute donc, récupère un short noir, taille haute ainsi qu'un simple haut blanc noué pour laisser apparaître un bout de la peau de mon ventre puis me dirige vers la salle de bain afin de me changer dans le calme, loin du vacarme que provoquent mes deux meilleures amies.

Une fois changé et de retour dans la chambre de ma brune de meilleure amie, j'aperçois une notification sur mon portable, posé sur le lit. Un un sourcil se relève de lui-même à la découverte de ce numéro inconnu qui s'affiche dessus. Je n'ai pourtant échangé mes coordonnées avec personne ces mois-ci.

« Toi aussi, tu comptes les minutes en attendant avec impatience, parce que, moi, je le fais. »
« Ton numéro a malencontreusement atterri dans ma main sur un bout de serviette que Raven utilisait au bar. Signé : la fille du bus. »

Je peux sentir mon visage cramé à lecture du message et mes yeux s'ouvrir en comprenant le ne fais aucun commentaire sur le fait que mon amie lui est donnée mon numéro sans mon autorisation et continue à ma préparation avant d'être en retard.

04 Mai 2019. 19:45

Les orteils à peine en contact avec le sable fin et frais, rafraîchis par le vent qu'on peut déjà sentir cette atmosphère électrique flotter dans l'air, la musique qui résonne partout, grâce à un des pickups garés non loin, sur le sable qui bénéficie de deux énormes enceintes et l'ambiance chaleureuse des guirlandes lumineuses accrochées à certains endroits stratégiques. Il y avait des fûts de bière un peu partout, des verres de différentes couleurs déjà bien consommés. Des gens parlaient, dansaient, s'embrassaient, fumaient, certains s'adonnaient même à un doux bain de minuit dans l'eau rafraîchie par la température de la soirée, on pouvait ressentir l'énergie que dégageaient toutes les personnes présentes. Clarke et ses amies, Raven et Octavia venaient à peine d'arriver qu'elles ressentent déjà cette euphorie contagieuse et sans même le savoir, et même le vouloir, les trois jeunes filles cherchent du regard une personne en particulier. Soudain, la blonde l'aperçoit, là, au milieu de plusieurs corps se mouvant, elle-même, les hanches ondulantes, sa cascade de cheveux bruns volant grâce au vent et les yeux fermés pour mieux apprécier les paroles qui font écho dans l'air, cachant par la même occasion ses merveilleuses billes claires.

À ce moment, le temps semblait s'arrêter, il ne s'agissait que d'un instant qui paraissait une éternité. Elle n'a jamais eu la vision d'une personne aussi captivante que cette brune, encore plus lorsqu'elle danse comme si la vie ne se résumait qu'à ça, comme si la vie devrait n'être que ça, qu'on ne devait rien au monde, mais simplement vivre pleinement, danser, sauter, vivre à en perdre haleine, sans jamais se soucier de ce qui entoure le monde.

Sous ce soleil couchant, elle était là, la peau légèrement bronzée des rayons du soleil chaud de Los Angeles, dos aux trois amies, aux côtés des siens, Lincoln, Anya et Luna dans une euphorie similaire à tous les fêtards.