Saint Seiya Lost Canvas: Les immortels

Chapitre Quatre: Désirs

Albafica serrait convulsivement la boîte de chocolats. L'idée de voir Asmita de la Vierge le traumatisait. La dernière fois, il l'avait frappé. Asmita ne lui réservait sûrement pas un acceuil chaleureux. Après deux coups à la porte, Asmita vint ouvrit, un verre de limonade à la main. Très peu surpris de le voir là, Asmita resplendissait de beauté dans son polo jaune et son pantalon chic bleu indigo. Sa chevelure d'or trainait sur ses épaules carrées et descendait sur sa poitrine svelte en torsade. Ses yeux bleus clairs parcourirent Albafica comme s'il lui appliquait le jugement dernier. Sans ciller, Albafica le subit. Il savait qu'Asmita serait en colère. Cela ne l'étonnait pas qu'il le traite ainsi. Albafica lui tendit la boîte de chocolats. Perplexe, Asmita l'observa en silence. Albafica résista à l'envie de prendre la fuite. Au moment où Albafica pensa à tourner les talons, Asmita s'écarta pour le laisser entrer. Albafica pénétra dans l'antre du dragon. Doucement, Asmita ferma la porte. Il lui prit la boîte des mains. Nu-pieds, il se dirigea vers le salon. Albafica s'empressa d'enlever ses bottes et son manteau. Émerveillé par ce qu'il voyait, il suivit Asmita. Spacieux et décoré avec goût, le condo d'Asmita donnait envie d'y demeurer. Le mobilier en bois d'acajou assombrissait l'appartement et procurait une touche d'élégance avec les murs se laissa choir sur un divan moelleux en cuir. Il croisa ses longues jambes et invita Albafica à en faire de même. Dehors, le vent se déchaînait et les arbres faisaient un boucan d'enfer. Le froid n'inflitrait pas le condo luxueux d'Asmita de la Vierge. Asmita détailla Albafica du regard. Splendide dans un chandail à capuchon noir et un vieux jeans élimé mais propre. Asmita revint sur terre quand il vit qu'Albafica se mordillait les lèvres nerveusement. Un geste extrêmement sensuel et aussi très révélateur de la personnalité anxieuse d'Albafica. Asmita murmura d'une voix calme et posé comme s'il s'adressait à un enfant effrayé désireux de s'enfuir:

- Veux-tu quelque chose à boire?

Albafica hocha négativement la tête, la gorge nouée.

- Non, je suis venu pour mettre les choses au clair.

Cynique, Asmita rit.

- Ah bon? Quoi donc? Ironisa-t-il en buvant une gorgée de sa limonade.

- Shion et Doko doivent être ensemble à tout prix, c'est leur destin, plaida Albafica d'une voix ferme.

Asmita lui jeta un regard dédaigneux.

- Tu te moques de moi? S'emporta-t-il, froidement.

Le ton glacé comme un iceberg n'intimida pas Albafica qui continua sur sa lancée:

- Tu n'es pas digne de Shion puisque tu me désires!

Les yeux écarquillés, Asmita l'observait, éberlué.

- Es-tu tombé sur la tête?

- Je le sais, persista Albafica par pure provocation.

C'était stupide et enfantin, mais bizarrement, il ne savait pas comment résister. Tout dans la nature d'Asmita lui donnait envie de le provoquer. Jusqu'à le voir réagir avec impact. Cela marcha à merveille, Asmita bondit sur ses pieds, hors de lui et rugit:

- Va-t-en!

En riant, Albafica se redressa et chuchota en s'avançant dangeureusement:

- Testons-le!

- Hein? Fit Asmita, interloqué.

Il n'eût pas le temps de réagir qu'Albafica, déchaîné, s'empara de sa bouche avec voracité. Asmita poussa un cri d'effroi et entrouvit les lèvres. Cela suffit amplement à Albafica. Malgré son manque d'expérience sexuelle, il savait tout de même embrasser. Grâce à Doko. Sa bouche exigeante dévora celle ourlée d'Asmita. La langue d'Albafica traversa ses remparts dentaires et s'emmêla à la sienne. Asmita gémit de désir. Albafica s'enroula autour de lui comme une liane. Son bassin se plaqua langoureusement contre le sien. Lentement, Asmita abandonna la partie. Il laissa tomber son armure et ses armes aux pieds de celui qui le submergeait. Leur baiser s'intensifia leur faisant oublier qu'il se détestaient. Perdus dans le désir et la passion, leur incompréhension mutuelle s'évanouit complètement. Enfin, ils se rejoignaient et semblaient en paix ensemble.

Le soleil pénétra dans la chambre d'Asmita. Automatiquement, il s'éveilla. Tel un chat repu, il s'étira, ensommeillé, et heurta Albafica qui grogna de mécontement. Asmita ouvrit grand les yeux, stupéfait. Abasoudi, il dévisagea Albafica. Qu'est-ce qu'il fout dans mon lit? Songea Asmita en fixant le corps nu d'Albafica et sa chevelure en bataille. Les yeux merveilleux d'Albafica brillaient de malice. Il chuchota d'une voix rauque de sommeil:

- J'avais raison. Ce qui fait que Shion et toi, c'est terminé ou attends-toi à ce que je lui dise tout dans les moindre détails.

Les yeux d'Asmita devinrent deux fentes et foncèrent drastiquement. Il lâcha d'une voix glaciale:

- Tu me menaces?

Albafica rit mélodieusement en sortant du lit, exposant son corps nu. Pendant qu'il se rhabillait, il toisa durement Asmita en prenant une moue boudeuse:

- Cela pourrait m'échapper, c'est tout.

- Tu as couché avec moi pour me faire chanter! Explosa Asmita, hors de lui.

Une fois habillé, Albafica lui envoya un baiser et répondit à sa réelle question:

- Tu n'es pas assez important pour moi pour que j'aie fait cela pour rien, Asmita. Bye Bye.

Sur ce, Albafica partit sans un regard derrière lui. Le désespoir jaillit dans le coeur d'Asmita lorsque la porte se referma.

Albafica marchait d'un pas calme pourtant il était loin de l'être. Son coeur tambourinait dans sa poitrine. Il résonnait dans ses oreilles. La culpabilité le rongeait de l'intérieur. Qu'est-ce qui lui avait pris d'agir aussi bêtement? Pensa-t-il en tournant le coin de la rue, rapidment. Son cellulaire vibra, mais il ne fit que l'extirper de sa poche. Distraitement, il y jeta un coup d'oeil. Il vit le numéro de Doko. Sous le choc, il ferma les yeux quelques secondes. Il le remit téléphone dans sa poche. Quelle mauvaise journée! Maugréa-t-il en repensant au visage d'Asmita lorsuqu'il lui avait largué sa bombe. Hanté par son expression faciale, Albafica se demandait s'il n'avait pas mal calculé son coup. Est-ce que Asmita voulait plus? Est-ce qu'il avait pensé que c'était son cas? Albafica se sentait souillé, terriblement souillé. Il s'était comporté comme une putain. Il n'en était pas fier. Faire l'amour avec Asmita l'avait transformé. Il lui avait donné sa virginité, après tout. Il aurait tellement aimé que le détenteur soit Doko. Son désir de voir Doko et Shion ensemble l'avait emporté sur le reste. Il revit Asmita, couché près de lui. En silence, Albafica l'avait observé toute la nuit. Il avait remarqué à quel point, il était beau et avait des traits élégants. Albafica avait touché les mèches blondes collées sur son front. Lentement, il avait tracé le contour de ses lèvres pulpeuses douces comme la soie avec son index. Albafica s'arrêta devant la porte qu'il le menait chez lui. Il inspira profondément deux bons coups avant de la déverrouiller. Ses pensées pour Asmita s'évanouirent au moment où il rentra dans son logement.

Un peu plus loin, dans cette ville en éveil, un autre chevalier du zodiaque se réveilla. Aldebaran du taureau se redressa dans son lit, seul, perdu et désemparé. Il savait ce qui clochait avec l'amour de sa vie. Sysiphos avait connu un autre homme dans son dos, El Cid du Capricorne. Déçu et triste, Aldebaran se leva prêt à en découdre avec Sysiphos. Aldebaran desecendit à la cuisine, enroulé dans son peignoir. L'odeur des muffins aux morceaux de chocolats, des roulés aux pommes et cannelle et des croissants frais lui montait aux narines. Il serra les pans de son peignoir et se dirigea vers Sysiphos. Vêtu d'un jeans et d'un polo noir, Sysiphos cuisinait. Aldebaran s'appuya contre le mur. Il s'imprégna de la vision de celui qui était à la fois l'amour de sa vie et son plus grand chagrin. Sysiphos pivota sur lui-même pour préparer une nouvelle portion de roulés. Il aperçut Aldebaran. Immobiles, ils s'obsèrent aux aguets. Doucement, Aldebaran s'approcha et lui vola un long baiser impétueux. Leurs langues se cherchèrent et se trouvèrent avec félicité. Sysiphos gémit en renversant la tête. Il s'accrocha aux épaules carrées d'Aldebaran. Il geind de frustration lorsque Aldebaran s'écarta brusquement. Aldebaran posa sa paume sur sa joue baignée de larmes. Il chuchota d'une voix brisée:

- Je sais que tu as vu El Cid et que tu t'es donné à lui.

Sysiphos échappa un sanglot et tenta d'étouffer les autres avec sa main. Après avoir inspiré profondément, Aldebaran lâcha tout d'un bloc:

- Je te quitte, Sysiphos. (Il tourna le dos et rajouta en se dirigean vers leur chambre.) Fais ce que tu veux, cela me concerne plus.

Sysiphos tomba à genoux et pleura toutes les larmes de son corps. Le désespoir l'envahissait et il n'arrivait même plus à respirer. Recroquevillé en boule sur le plancher, il laissa court à sa peine. Le chagrin dévasta et il ne reste plus qu'une coquille vide.

Doko se rasa avec habileté et s'essuya le visage. La chevelure ordonnée, il boutonna sa chemise bleue ciel délavée. Hors de la salle de bain, il entreprit de vêtir son blouson en cuir marron comme tous les vendredis. Subitement, la sonnette de la porte d'entrée le tira de sa routine. Il se dirigea vers la porte avec nochalance. Qui pouvait bien débarquer à huit heures du matin? Il s'arrêta devant la porte, regarda par l'oeil et sursauta. Il ouvrit la porte à la volée et découvrit Aldebaran sur le palier, avec son sac de voyage. Élégant dans son polo gris et son jeans, Aldebaran paraissait soucieux. Sa chevelure grise tirée vers l'arrière le rendait encore plus étourdissant. Aldebaran lui demanda d'un ton gêné:

- Ta chambre d'ami est encore libre?

- Oui, pourquoi? S'enquit Doko, soucieux.

- J'ai quitté Sysiphos, lâcha-t-il sans respirer.

- Quoi? Aboya Doko, interloqué.

Alebaran croisa les bras sur son torse puissant et soupira:

- Laisse-moi entrer, je t'expliquerais tout.

Doko éclata d'un rire nerveux.

- Bien entendu! Pardon, je suis simplement un peu estomaqué, c'est tout, avoua-t-il en s'écartant pour le laisser passer.

Aldebaran, en souriant, entra soulagé. Doko ferna la porte derrìère lui. Bruyamment, il expira en se massant l'arrête du nez. Sysiphos et Aldebaran séparés? En voilà, une mauvais nouvelle! Seigneur, s'il n'était pas huit heures, il boirait cul sec un scotch. Peut-être même deux. Il fallait qu'il cause avec Sysiphos. Doko demanda d'une voix un peu sèche:

- Que s'est-il passé?

Aldebaran se laissa choir dans la chaise attenante au bar. Il attacha sa longue chevelure argentée en queue de cheval. Quelques mèches rebelles s'en échappèrent. Mélancoliquement, il murmura:

- Sysiphos m'a trahi avec El Cid.

- En es-tu sûr? Douta largement Doko.

- Bien entendu! Tu crois que je l'aurais quitté sinon? Je l'aime plus que ma propre vie.( Il se prit la tête entre les mains,) Je n'arrive pas à croire qu'il est fait cela...

- Il t'aime, tu sais?

- Il a une drôle de façon de le montrer! Explosa Aldebaran en fronçant les sourcils.

- C'est difficile pour lui. El Cid et lui, cela remonte à très longtemps, c'est un peu comme Albafica et Shion, lui expliqua gentiment Doko avec beaucoup de patience. Si je te disais que j'étais désolé cela ne t'aiderait pas...Va dormir un peu et aie foi en Sysiphos.

- Comme tu voudras, marmonna Aldebaran, très peu convaincu.

Doko lui indiqua la chambre d'ami. Aldebaran le quitta sans un mot supplémentaire. Doko jura dans sa barbe et enfila son manteau. Il fila au bureau. En plus de tout cela, il allait être en retard.

Asmita décida de prendre un bain. Ensuite, il irait chez Sysiphos. Ils n'avaient pas eu de tête à tête depuis longtemps. Après avoir ôté tous ses vêtements, il plongea dans le bain chaud moussant. Il releva ses cheveux en chignon et mit une épingle pour les mèches qui tombaient. Nerveusement, Asmita se mordilla la lèvre inférieure. Il se massa la nuque avec délicatesse. Il percevait le goût rosé d'Albafica sur sa bouche. Il l'avait enivré et intoxiqué. Asmita n'avait jamais cru être de nature passionnée et enflammée. Il était terre à terre et raisonnable. Visiblement, il se trompait et de beaucoup. Désirer le type que vous comprenez le moins sur la planète! C'était insensé et absurde, il s'immergea en fermant les yeux. Quand il ressortit, il jura en riant:

- Merde, mes cheveux!

Voilà ce qui arrivait quand on avait la tête ailleurs. Il défit son chignon. Exaspéré, Asmita saisit sa bouteille de shampoing pour laver sa chevelure blonde en soupirant.

Étant traiteur, Sysiphos passait sa vie à cuisiner. Deux coups furent frappés à la porte. Il laissa sa préparation de menu de fruits de mer en plan. Il se leva, s'étira et se dirigea vers la porte en rouspètant. C'était un moment inopportun. Aldebaran l'avait quitté et il était totalement déboussolé. Certes, c'était sa faute. Tout de même, il s'était attendu à ce qu'Aldebaran se batte pour lui, pas qu'il s'enfuit la queue entre les jambes. C'était si ridicule! Ils auraient pu discuter comme des gens civilisés. Sysiphos ouvrit la porte en jurant. Il tomba nez à nez avec Asmita, celui-ci paraissait renfrongné. Heureux de voir son ami, Sysiphos sourit et l'invita à entrer. Asmita s'avança en lui tendant une bouteille de vin. Sysiphos s'en empara. Doucement, il referma la porte derrière lui. Asmita retira son manteau et l'accrocha dans la penderie. Rapidement, il pivota vers Sysiphos et s'enquit:

- Je te dérange?

- Non, je faisais un menu...Fit Sysiphos distraitement en détaillant Asmita du regard. Tu vas bien?

- Pas tellement, avoua douloureusement Asmita et toi?

- Pas tellement, non plus. Tu veux que nous en parlions autour d'une tasse de café.

- Avec plaisir, répondit Asmita en suivant Sysiphos à la cuisine. Où est Aldebaran?

Sysipho se raidit perceptiblement. La voix tremblotante, il murmura:

- Je ne sais pas.

- COMMENT CELA? S'écria Asmita, abasourdi.

- Finalement, j'ai besoin de mettre de l'alcool dans mon café, dit-il en se dirigeant vers une armoire.

Il en extirpa une bouteille de boisson forte et démarra la cafétière. Une fois, les deux tasses remplies, il versa une rasia de cognac dans la sienne. Asmita s'exclama simplement:

- Moi aussi.

- Qu'as-tu fait qui le mérite?

- J'ai fait l'amour avec Albafica.

- Aïe, tu en as besoin, toi aussi, approuva-t-il en réservant le même traitement à sa tasse.

Sysiphos revint et s'installa à la table. Asmita se mit à boire. Absorbé dans ses pensées, Sysiphos l'imita. Ils avaient tous les deux fait quelque chose qu'ils regrettaient.

- Et Albafica, il t'a dit quelque chose? Demanda Sysiphos simplement.

Asmita fronça les sourcils en savourant sa tasse du café. Lentement, il répondit:

- Il m'a menacé de tout dire à Shion.

- Outch. Tu ne t'attendais certainement pas à cela...

- Effectivement, fit Asmita, amer. Je croyais bêtement qu'il aimait ce que je lui faisais que nous prenions un plaisir mutuel, rajouta-t-il, malheureux.

- Tu ne t'es tout de même pas imaginé qu'il faisait cela par amour pour toi.( En voyant l'air renfrogné d'Asmita, il jura): Bonté divine, Asmita! Il est amoureux de Shion et de Doko, c'était sûr qu'il se servait de toi!

- C'est comme s'il m'avait trahi et abusé, il me dégoûte.

- L'idée de coucher avec Albafica était la pire que tu aies jamais eue. La prochaine fois, s'il y en a une, réffléchis avant de franchir le pas, le prévint Sysiphos avec force.

- Il s'est offert à moi, c'est pas comme si je l'avais forcé.

Cynique, Sysiphos rit.

- Tu n'as pas vu le piège tendu?

- Non, avoua tristement Asmita.

Il but quelques gorgées, pensif. Sysiphos marmonna en lui tendant le panier de muffins.

- Tu dois t'en remettre, tu n'étais pas vierge tout de même...

- Albafica l'était.

Bouche bée, les yeux ahuris, Sysiphos l'observait. Il déclara en lisant la nappe du bout des doigts:

- Albafica ne savait peut-être pas ce qu'il faisait non plus. Te donner sa virginité seulement pour te faire chanter. C'est plutôt absurde, je trouve, pas toi?

- Je ne le comprends pas, donc mon opinion est biaisé...

- Si vous discutiez tous les deux?

Sarcastique, Asmita rit.

- Je ne vois pas ce que nous aurons à nous dire de plus. Il a été très clair sur son point de vue. je ne compte pas pour lui. J'ai besoin de plus d'alcool.

Fortement, Doko frappa à la porte de Sysiphos. À moitié soûl, celui-ci vint lui ouvrir. Doko le dévisagea, les yeux écarquillés. Il ne s'attendait pas le voir dans cet état d'ébriété avancée en pleine après-midi. Indigné, Doko croisa les bras sur son torse musclé. Sysiphos déclara d'un ton froid:

- Si tu es là pour me faire des reproches, je n'en ai pas besoin.

Doko l'écarta pour entrer. Consterné, il découvrit Asmita, avaché sur le divan en train de boire une bouteille de vodka au goulot. Il jura en se frottant l'arrête du nez:

- Mais que faites-vous, bon sang?

- On noye nos problèmes, marmotta Sysiphos en haussant les épaules, découragé.

Doko rigola fixant Asmita:

- Il n'en a pas.

Asmita lâcha cyniqument:

- C'était avant que je ne couche avec Albafica des Poissons.

Doko vit rouge, bondit sur Asmita et le cogna. La bouteille de vodka vola dans les airs et se fracassa en mille morceaux contre le mur adjacent. Sysiphos se dirigea vers les deux pugilistes, chancelant à cause de son état d'ivresse. Il tenta de les séparer, mais Doko lui mit une droite percutante. Il tomba à la renverse et un moment avant de se resaisir. De nouveau sur ses pieds, il le vit asséner deux coups puissants à Asmita visiblement sonné. Sysiphos plaqua brutalement Doko au sol. Celui-ci resta saisi par cet assaut surprenante. Sysiphos s'écria, furieux:

- Sois tu te calmes, Sois tu pars.

- Enlève-toi! Grogna Doko, bouillant de colère.

- Excuse-toi, lui ordonna Sysiphos en le libérant de sa prise de lutte professionnelle.

Doko se remit debout et s'excusa platement:

- Je suis désolé de vous avoir cogné.

Asmita marmonna d'un ton bourru:

- J'accepte tes excuses...

- Et toi, Sysiphos? Demanda Doko en fixant Sysiphos qui essuyait sa lèvre ensanglantée.

- Ouais, grogna-t-il, mécontent.

Doko se tournan vers Asmita. Celui-ci observait l'horizon par la fenêtre distraitement. Il s'enquit d'un ton dur:

- Albafica t'a réellement donné sa virginité...

- Oui, avoua Asmita, lamentable.( Il toisa fièrement Doko.) Il ne l'a pas fait par amour pour moi. Il voulait me faire chanter et c'était le meilleur moyen d'après lui, rajouta-t-il, tristement.

Cynique, Doko répliqua:

- Tu crois à cette foutaise? Il était vierge, bon dieu! Il doit manifestement ressentir quelque chose pour toi. C'est simplement qu'il n'ose pas se l'avouer, c'est tout!

D'un coup, Asmita déssoûla. Maussade, il lâcha en se rendant à la porte:

- Je rentre chez moi.

Il partit et referma doucement la porte derrière lui. Doko pivota vers Sysiphos et le fustigea rageusement:

- Et toi, qu'as-tu fait? Aldebaran est fou de toi, bon sang!

- J'ai baisé avec El Cid, lâcha vulgairement Sysiphos.

- Eh bien, j'espère que la baise était bonne, ironisa froidement Doko. Parce que Aldebaran t'a raillé de son coeur pour une couple de décennies.

Il l'applaudit exagèrement. Sysiphos lui indiqua la sortie de la main en le foudroyant du regard. Doko se rendit sur le palier et largua d'un ton glacé:

- Aldebaran aurait donné sa vie pour toi et tu lui as bousillé le coeur, félicitations!

Sous le regard chagriné de Sysiphos, Doko s'en alla. Celui-ci referma la porte et éclata en sanglots. Appuyé contre la porte, il se laissa glisser au sol en pleurant comme un bébé. Sysiphos ne s'était jamais senti aussi misérable. Il avait bousillé la plus belle relation de sa vie pour des parties de jambes en l'air! Jamais Aldebaran ne surmonterait cela. Il ne passerait pas outre. Et de son côté, il n'arrivait pas à tirer un trait sur son passé. Tant qu'il n'aurait pas fait cela, il ne serait pas digne de lui et il n'irait pas le voir. Pourtant, il désirait tant le ramener à la maison.

Rageusment, Doko revint à son appartement. Il claqua si violement la porte que celle-ci réverba. Elle vibra et le miroir fixé au mur manqua de choir au sol. Aldebaran qui cuisinait pivota dans sa direction. Doko se départit de son blouson. Hors de lui, il jeta ses souliers boueux contre la porte. Il n'avait pas vu Doko autant en colère depuis longtemps. Aldebaran s'empressa décapsuler deux bières et de lui en amener une. Doko s'en saisit et la but cul sec. Les yeux écarquillés, Aldebaran le regarda faire. Il n'en revenait pas. Aldebaran demanda, inquiet:

- Est-ce que tout va bien?

- Non, marmonna Doko, furibond. (Il grogna en haussant les épaules avec lassitude.) Je suis allé visiter ton salaud de petit copain, je lui en ai mis une et cet idiot d'Asmita était là. Il m'a provoqué et cela a résulté que je l'ai frappé aussi...

L'éclat de rire puissant d'Aldebaran coupa court au monologue de Doko. Aldebaran n'avait pas rit ainsi depuis longtemps. Cela soulagea Doko en quelque sorte. Aldebaran essuya ses larmes de joie et demanda, une fois redevenu sérieux:

- Qu'est-ce qui t'a pris?

Doko soupira, mal à l'aise.

- Ce n'était pas voulu pour Sysiphos. Je cognais Asmita parce qu'il m'a dit qu'il a couché avec Albafica et Sysiphos s'est interposé. (Il fit une pause dans son explication et ajouta): Juste en passant, ton Sysiphos a tout une prise.

Aldebaran se rembrunit.

- Il n'est plus mon Sysiphos( Il toisa Doko droit dans les yeux.): Tu leur as fait une vraie crise de jalousie! Tu vas faire quoi maintenant que tu sais que tu es tombé amoureux de la rose empoisonnée?

- Je vais régler cela, marmotta Doko de mauvaise humeur.

- Comment? Répèta Aldebaran avec un sourire taquin.

Doko se contenta d'hausser les épaules. Il jeta sa bière dans le bac à rangement et partit en direction de sa chambre. D'un oeil avenant, Aldebaran le regarda faire, songeur.

Deux jours plus tard, Albafica se pointa chez Asmita avec la ferme intention de s'excuser de son comportement. Il allait sûrement s'humilier et se couvrir de ridicule, mais il le ferait quand même. Il s'était comporté comme un goujat. Il en était terriblement honteux. Asmita ne méritait pas qu'il transforme un moment aussi paisible en chantage odieux. Pour la première fois, il s'était entendu sur quleque chose et Albafica avait tout détruit. Vivement, il frappa et attendit, terriblement nerveux. Son coeur tambourinait dans sa poitrine et résonnait dans ses oreilles. Le feu de l'appréhension consumait ses entrailles. Il retint son souffle lorsque la porte s'entrouvit. Ses yeux s'écarquillèrent de stupéfaction. Torse nu, Asmita, vêtu seulement de son bas de pyjama avait le visage tuméfié. Visiblement quelqu'un s'était entraîné à la boxe sur lui. Son oeil gauche avait une vilaine couleur et sa lèvre inférieure enflée était aussi coupée. En plus, il n'avait pas l'air heureux de le voir là. C'était un euphémisme. Il semblait horripilé par sa présence. Ses yeux pâles lançaient des éclairs. Asmita s'écarta et le laissa entrer. Albafica lui demanda avec un rire nerveux:

- Quelqu'un s'est servi de toi comme d'un punching bag?

- Ouais( Il fit une pause en soupirant exaspéré et continua): Doko de la Balance et il est toujours aussi léthal.

- Doko, chuchota Albafica, livide en pivotant vers lui. Tu n'as pas fait cela...

Asmita eût un sourire narquois qui glaça Albafica jusqu'aux os. Albafica balbutia, la voix tremblante:

- Pourquoi?

Durement, Asmita ricana et largua:

- Pour me venger. Je t'ai fait l'amour parce que je croyais que tu le désirais comme moi. (Albafica le regarda avec effroi.) Pour me rendre compte que tout cela n'était qu'un stratagème pour me faire chanter. Imagine la déception! Tu as abusé de ma confiance et tu m'as trahi de la pire des manières...

- J'étais venu m'excuser pour cela, mais finalement, je m'aperçois que tu ne le mérites pas. Doko a bien fait de t'arranger le portrait, cria Albafica entre deux sanglots.

- FOUS LE CAMP DE CHEZ MOI! Hurla Asmita en pointant la porte.

Albafica s'enfuit prestement sans demander son reste. Asmita saisit sa bouteille de vodka et la lança contre le mur en jurant.

Vers deux heures du matin, Shion du Bélier se réveilla en sursaut à cause des sanglots étouffés d'Albafica. Il passa un t-shirt noir et un bas de pyjama assorti en jurant. Sa nuit était irrévocablement gâché. Il allait errer le reste de la nuit et cela le fit grogner. Avidement, il but une gorgée d'eau et se rendit à la chambre d'Albafica. Lentement, il frappa deux coups. Il entendit la voix faible d'Albafica lui dire qu'il pouvait rentrer. Il obéit et trouva Albafica, roulé en boule dans son lit, habillé, pleurant toutes les larmes de son corps. Il était secoué de soubresauts. Cela attristait Shion. Il vint pour enlacer Albafica, mais celui-ci s'écarta brutalement comme s'il l'avait brûlé. Shion s'exclama, anxieux:

- Qu'as-tu?

- J'ai commis une erreur, Shion...

Shion plaisanta doucement:

- Cela arrive au meilleur d'entre nous.

- J'ai couché avec Asmita, murmura Albafica, honteux.

Shion sentit son coeur se briser en mille morceaux. Asmita et Albafica ensemble? Blême, il s'appuya contre le mur et toucha sa poitrine. Il n'avait jamais eu aussi mal. Il murmura faiblement, nauséeux:

- Pourquoi as-tu fait cela?

Albafica rit, cynique:

- Au début, je pensais le faire pour l'écarter de Doko et de toi.( Il inspira bruyamment): Maintentant, je doute que ce soit la raison. Je ne sais plus où j'en suis...

- J'espère que cela en valait la peine, largua glacialement Shion. Tu viens de me réduire le coeur en miette et celui de Doko aussi sûrement...

- Eh bien, je n'ai jamais prétendu être en amour avec aucun de vous deux! S'écria durement Albafica.

Shion eût un rire de dérison.

- Toujours aussi sans coeur, chère rose empoisonnée, lui jeta Shion au visage avant de partir rageusement.

Il claqua violement la porte, laissant Albafica à son désespoir. Albafica enfouit son visage dans l'oreiller et continua à pleurer jusqu'au sommeil.

Albafica se réveilla vidé et congestionné. Il prit une douche chaude, s'habilla et sauta son petit déjeûner pour ne pas croiser Shion. Il s'empressa de se rendre au gaz sans regarder derrière lui. Il avait la tête à l'envers et le coeur en lambeaux. Le regard dévasté de Shion le hantait et il ne le supportait pas. Il crut entendre Shion sangloter lorsqu'il sortit de l'appartement. Il redressa les épaules et dévala l'escalier rapidement.

Enroulé dans son peignoir, Shion se préparait une omelette. Il était furieux après Albafica parce qu'il n'avait pas osé l'affronter. S'il avait honte, c'était légitime, mais le fuir ainsi? Il croyait qu'il comptait pour lui. Visiblment, il se trompait. Dans le fond, Albafica n'en avait rien à foutre de lui. Et surtout de ses sentiments. N'avait-il pas dit qu'il n'était pas amoureux d'eux? Il grogna et grignota d'un morceau de jambon. Deux coups furent frappés à la porte, il s'y rendit sans trop d'enthousiasme. Il l'entrouvit et découvrit Doko sur le palier vêtu de son blouson de cuir noir, d'une chemise blanche et d'un jeans bleu délavé. Sa chevelure acajou traînat sur ses épaules et il avait ce sourire charmeur extra craquant. Il lui tendit deux tasses de café brûlants en agrandissants sourire irrésistible. Il murmura en les passants sous le nez de Shion:

- Cela va te réconforter...

Shion rit doucement.

- Je fais une omelette, tu en veux? Fit Shion en s'écartant pour le laisser entrer.

- Oui, s'il te plaît, dit-il en le précédant dans l'appartement.

Au moment où Doko se départit de son blouson, Shion remarqua qu'il était parsemé de gouttelettes d'eau. La chevelure acajou de Doko aussi. Il chuchota d'une voix calme:

- Tu veux une serviette?

- Ce serait formidable.

- Parfait. Occupe-toi de te mettre à l'aise, je vais te chercher cela, s'empressa de déclarer Shion en se dirigeant vers la salle de bain.

Il fouilla dans l'armoire et prit la première serviette qui lui tombait sous la main. Il se dépêcha de la ramener à Doko. Celui-ci le remercia et entreprit de sécher sa chevelure. Shion retourna à la préparation de son repas du matin. Une fois l'omelette prête, il la servit entre deux tranches de son pain frais et en coupa deux parts. Il en donna une à Doko et s'installa avec celle qui lui revenait. Doko décrèta doucement:

- Bon appétit!

Doko but quelques gorgées de café et décida de parler d'une voix ferme et continue:

- Je sais pour Albafica et Asmita.

Cynique, Shion rit.

- Le beau salaud, marmonna Shion, le coeur brisé.

- Shion...

- Il savait ce que je ressentais pour lui et il m'a bousillé...

- Albafica a crut qu'il nous rendait service...

- NOUS RENDRE SERVICE? Aboya Shion, hors de lui.

Doko sursauta et manqua de reverser sa tasse de café sur sa chemise blanche immaculée. Shion ne se contenait plus. La douleur irradiait son visage d'adonis. Ses traits marqués ne reflétaient qu'une profonde déception. Doko se dit qu'il devait faire quelque chose pour le soulager. Ce n'était pas sain de souffrir ainsi. Même si Shion ne voyait plus en lui l'amour de sa vie, il demeurait son ami. Jamais, il ne pourrait oublier ce que signifait Shion pour lui. Il murmura avec douceur et dévotion:

- Tu veux venir au cinéma avec moi et Aldebaran?

- Aldebaran?

- Ouais, je veux lui changer le idées.( Il fit une pause, inspira longuement et reprit.) Sysiphos l'a triché avec El Cid alors Aldebaran l'a plaqué...

- Il a QUOI?

- Je sais, c'est fou! Admit Doko, pensif.

- J'espère qu'Aldebaran va lui pardonner...

- Tu le ferais pour Albafica? Demanda-t-il, dubitatif.

Nerveux, Shion se mordilla les lèvres. Sa poitrine irradiait de désespoir. Il chuchota d'une voix faible, inaudible:

- Il a dit qu'il ne m'aimait pas...

- Eh bien, je ne le crois pas. S'il t'aimait, tu le ferais oui ou non?

- Oui, sûrement, avoua-t-il en souriant, tristement.

- Souhaitons que cet imbécile retrouve son jugement et te demande pardon parce qu'il a toute une chance. Tu l'aimes comme tu m'as jadis aimé...

- Je viens de te briser le coeur par la même occasion...

- C'est des choses qui arrivent. Tu es le pivot central de ma vie même si ton coeur ne m'appartient plus, dit-il solennel.

- Doko, je suis tellement désolé...

- Ne le sois pas. Albafica était ton premier amour simplement, tu ne pouvais pas y accéder. Maintenant, tu peux, lui dit-il d'un ton convaincu. Tu peux enfin vivre avec cet amour, saisis ta chance. Albafica est perdu, mais pas toi. Prouve-lui que tu es l'élu de son coeur. Gagne son amour, rajouta-t-il avec un sourire tentdre.

- Et toi?

- Moi, je vais rester pour te voir heureux. Et je vais essayer de faire la paix avec Asmita. Je n'aurais jamais dû le frapper ainsi, c'était injuste et plutôt mal. Je le regrette terriblement...

- Il n'est sûrement pas trop tard pour t'excuser, lui confia Shion simplement en savourant son café brûlant.

- S'il m'ouvre la porte...

Shion éclata franchement de rire.

- Effectivement.( Shion rit et reprit avec sérieux.) Il rentre à 18h la semaine, tu pourrais l'attendre à la porte avec un présent. Il ne réussira pas à te résister, lui annonça Shion, triomphant.

- D'accord, mais qu'est-ce que j'achète?

- Pourquoi pas un truc avec du chocolat et du bon café? Je suis sûr qu'il va apprécier le geste, précisa-t-il avec un clin d'oeil complice.

Doko le taquina gentiment:

- Espèce d'entremetteur!

- Hé, je veux seulement t'aider dans ta réconciliation, s'exclama-t-il, tendrement.

Sysiphos courut presque dans les rues pour se rendre à l'appartement d'El Cid. Il frappa frénétiquement à la porte. Il n'arrivait pas à calmer les battements effrenés de son coeur. Le départ d'Aldebaran le hantait surnoisement. Il voulait désespérement le retrouver, mais avant il devait savoir ce qu'il ressentait pour El Cid, son passé. Sans cela, il ne pourrait pas tourner la page. Le problème, c'était lui, Sysiphos du Sagitaire. Pas Aldebaran du Taureau ou El Cid du Capricorne. Il devait absolument se resaisir. El Cid vint ouvrir en bas de pyjama. Torse nu, il paraissait encore plus viril. Ses cheveux foncés et humides dégoûtaient sur ses épaules. Un sourire carnassier se dessina sur ses lèvres lorsqu'il aperçut celui qu'il considérait comme l'amour de sa vie. Rapidement, Il l'enlaça et lui administra un baiser sauvage et très pue dosé. Sysiphos se plaqua amoureusement contre lui. Il oublia toutes ses bonnes résolutions. El Cid le tira possessivement à l'intérieur. El Cid ferma la porte d'un coup de pied et elle claqua durement.

Endoloris et échevelé, Sysiphos se réveilla le premier. Par contre, il n'avait plus la tête embrumée. Il se leva et s'assit sur le bord de la fenêtre. Le soleil brillait de mille feux et indiquait qu'il était midi. Le front appuyé contre la vitre, il inspira profondément. Les yeux fermés, il repensa au visage doux d'Aldebaran après l'amour. Son sourire lorsqu'il cuisinait ses repas préférés. Ses yeux pétillaient de malice lorsqu'ils plaisantaient ensemble. Sysiphos ne voulait pas renoncer à cela. Il ne voulait pas laisser partir Aldebaran. Il ne le pouvait pas. Même si pour le garder, il devrait piétiner son orgeuil et s'humilier. Il le ferait sans hésiter. Il n'y aurait aucun compromis. Il récupérait Aldebaran même s'il devait l'enchaîner à lui. La voix d'El Cid lui parvint très lointaine:

- Tu sembles amoureux de quelqu'un d'autre...

- Tu n'as pas tort. Moi, je l'aime, mais lui, il m'a rayé de sa vie.

- Nous deux, ce n'est que du sexe et des souvenirs du passé. Dis à Aldebaran que tu ne m'aimes plus et il reviendra en rampant, se moqua El Cid, un sourire ironique aux lèvres.

Il s'étendit sur le dos, appuyé confortablement contre les oreillers. Le drap glissa sur ses hanches sveltes. Il se gratta le nombril avec indolence en lançant un regard de biais à Sysiphos. Celui-ci haussa les épaules avec un air froid.

- Tu ne le considères même pas...

- Je ne suis pas un saint tout de même! Je suis amoureux de toi et tu te pâmes devant cet imbécile premier qui ne te mérite pas de surcoît! Cria-t-il en frapant le matelat du poing.

- Sur quoi te bases-tu pour affirmer qu'il ne te mérite pas?

Mauvais, El Cid ricana. Il répliqua avec cynisme:

- Est-ce qu'il s'est battu pour toi?

Sysiphos se mordit la lèvre pour ne pas hurler de douleur face à ce constat. El Cid jura de frustration. Il lâcha abruptement.

- Il ne te vaut pas. Et ce ne sera jamais le cas à mes yeux, rajouta-t-il en toisant fièrement Sysiphos.

- Je l'aime, s'obstina Sysiphos en sanglotant.

- Ça, je le vois bien, ne t'en fais pas(Il inspira profondément pour se calmer.) Viens dans mes bras, dit-il en lui tendant la main.

Sysiphos obéit en chuchotant d'une petite voix:

- C'est la dernière foix.

- Malheureusement, avoua El Cid, peiné, en l'attirant dans l'étau de ses bras forts.

Deux semaines plus tard, Sysiphos se resaisit et déboula chez Doko. Il savait qu'Aldebaran serait seul. Doko travaillait encore au chantier à cette heure. Sysiphos frotta ses mains moites sur son jeans. Il frappa à la porte. Aldebaran vint ouvrir. Ses sourcils froncèrent en le découvrant sur le palier. Habillé d'une façon décontractée avec son jeans et sa chemise en flanelle, Sysiphos resplendissait. Les yeux de Sysiphos détaillèrent Aldebaran avec avidité. Élégamment vêtu d'un pantalon en garbadine foncée et d'un polo bleu marine, Aldebaran lui coupait le souffle.

La longue chevelure grise d'Aldebaran surelevée par une queue de cheval se balançait dans son dos. Glacés et durs, ses yeux gris ne lâchaient pas Sysiphos. Aldebaran fit frémir Sysiphos d'appréhension. Sysiphos murmura en serrant ses mains l'une contre l'autre:

- S'il te plaît, laisse-moi entrer.

Un sourire figé aux lèvres, Aldebaran s'écarta. Sysiphos rentra, timidement, en baissant la tête. Séchement, Aldebaran claqua la porte derrière lui. Sysiphos sursauta en pivotant brusquement vers lui. Abruptement, il lâcha:

- Je ne suis pas amoureux d'El Cid, mais de toi.

- Menteur! Cria Aldebaran en tentant de le mettre dehors.

Sysiphos résista. Fortement, il le repoussa. Face à face, ils se toisaient comme deux guerriers dans l'arène, prêt à l'affrontement.

- El Cid et moi, c'est fini. Je t'ai choisi...

Aldebaran ricana. Il hurla, cynique:

- C'était le concours du meilleur baiseur?

Sysiphos vit rouge. Il lui mit un uppercut digne d'un boxeur professionnel. Aldebaran se retrouva au plancher. Difficilement, il se releva et chargea. Aldebaran fit basculer Sysiphos. Ils roulèrent au sol. Sysiphos se retrouva au dessus. Leurs regards s'accrochèrent. La rage d'Aldebaran s'évanouit. Elle mua en une profonde tristesse. Malheureux, il jura:

- Et puis merde!

Sysiphos comprit son appel de détresse. Il l'embrassa avec dévotion. Ils firent l'amour avec une passion dévorante. Des heures plus tard, Aldebaran s'endormit et Sysiphos le contempla avec amour.

FIN CHAPITRE QUATRE