Saint Seiya Lost Canvas Les immortels
Chapitre Huit: Découvertes troisième partie
À vingt-deux heures, Shion ferma le gaz bar. Il monta l'escalier, vidé. Shion se demandait s'il aurait la force de se faire un repas ne fut-ce qu'une omelette. Shion débuterait par un bain moussant odorant à la lavande où il se laisserait flotter inlassablement. Comblé par cette perspective réjouissante, il grimpa la dernière marche. Shion tomba nez à nez avec Albafica qui resplendissait. Sa chevelure bleutée traînait sur son torse, ses épaules et son dos avec majestuosité. Sa beauté transcendait telle une étoile filante totalement inaccessible. Ce visage parfait hantait Shion même éveillé. Shion désirait absorber Albafica. Ne faire qu'un avec lui malgré le fait qu'il l'ait détruit. La fureur de ce souvenir lui fit serrer les poings. Albafica le remarqua. Debout, Albafica le salua d'un mouvement fluide de la tête. Vêtu d'un polo noir qui faisait ressortir sa peau laiteuse, Albafica paraissait encore plus iréel. De ses yeux bleus, il fixait Shion avec appréhension. Les lèvres rosées et ourlées d'Albafica esquissèrent un tendre sourire d'excuse quand il tendit ses roses blanches. Froidement, Shion le contourna comme s'il avait rien vu. Il déverrouilla la porte et entra. Albafica voulut le suivre. Décidé, Shion lui bloqua le passage. Albafica lui brandit les fleurs sous le nez en signe de paix. Shion leva les yeux au ciel et s'écarta docilement. En silence, ils ôtèrent leurs souliers et marchèrent jusqu'à la salle à manger. Shion trouva un vase, saisit les fleurs blanches et les trempa dans l'eau. Déterminé à faire fuir Albafica, Shion déposa le vase sur la table et croisa les bras. Galamment, Albafica proposa:
- Tu as envie que je te cuisine ton souper? (Shion fronça les sourcils.) Tu parais vidé. Tu pourrais prendre un bain et te détendre lentement. Ce serait bien, non?
- Effectivement, je suis trop fatigué pour discuter. Fais ce que tu veux. Le réfrigérateur est plein. J'ai fait les courses, hier, largua Shion en gagnant la salle de bain dont il ferma sèchement la porte.
Satisfait, Albafica soupira. Cela n'avait pas fonctionné à la perfection, mais il s'en était bien tiré. Du réfrigérateur, il extirpa des légumes et un reste de poulet. Celui-ci accompagnerait son riz frit. Albafica découvrit des crevettes congelées, enchanté. Il en rajouterait quelques unes. Shion serait au comble du bonheur. Il ne manquait plus que du vin blanc. Un délicieux vin blanc. Albafica fouilla de nouveau et découvrit une bouteille à peine entamée. Habille, Albafica termina sa préparation de repas en criant lapin. Fébrilement, Albafica mit la table et appela Shion. Enroulé dans son peignoir en coton, Shion sortit de la salle de bain. Il paraissait encore moins enclin à le voir. Albafica lui dédia son plus beau sourire. Shion ne put s'empêcher de lui rendre, mais avec beaucoup de réticence. Albafica lui désigna la table, Shion s'installa. Albafica l'imita quelques minutes plus tard. Il fit le service. Albafica versa du vin blanc dans deux coupes. Albafica et Shion trinquèrent puis burent. Albafica s'exprima d'une voix claire:
- Je suis désolé pour mon comportement et je te demande de me pardonner.
- Je ne peux pas, répondit Shion, crispé.
- S'il te plaît, Shion. Je ferais ce que tu voudras, le supplia Albafica dévasté à l'idée de perdre Shion.
Subitement intéressé, Shion leva un sourcil.
- Vraiment?
- Oui, promit Albafica, solennel.
- Donne-moi ce qu tu as offert à Asmita sur un plateau d'argent. (Shion le toisa avec force.) Si nous faisons l'amour, je te donnerais une deuxième chance. Alors?
- D'accord, décida Albafica, sans hésiter.
Munis de leurs verres de vin blanc, Albafica et Shion se dirigèrent vers la chambre. Pour tamiser la lumière de la pièce, Shion alluma des chandelles. Dehors, le soleil se coucha. Albafica déposa sa coupe sur un petit bureau en bois. Shion l'imita avec la table de chevet. Au bord du lit, Albafica hésitait. Devait-il se dévêtir ou rester immobile? Shion portait toujours son peignoir. Son épaisse crinière blonde parcouraient son dos svelte et traînait négligement sur le lit. Albafica remarqua que quelques mèches cendrées ondulaient dû à l'humidité de la douche qu'il avait pris plus tôt. La bouche de Shion s'incurva dans un doux sourire invitant en contemplant Albafica, visiblement paralysé. Shion demanda avec amusement:
- Doutes-tu?
- Non, s'empressa de le rassurer Albafica en retirant, précipitemment ses vêtements.
Cependant, une fois rendu à son caleçon en coton, il perdit sa superbe. Shion rit tendrement en traversant le lit à genoux pour se rendre à ses côtés. Shion l'attira dans ses bras et captura ses lèvres ourlées. Leur baiser s'éternisa longuement pendant que Shion le renversait dans le lit. Habile, il passa par dessus Albafica et lui retira son caleçon. Shion le contempla, le regard enflammé de désir. Un corps de rêve tout en minceur et en élégance. Les bras fins, le torse svelte et les longues jambes féminines. Shion soupesa ses mollets souples. Il effleura ses chevilles et se rendit jusqu'à la plante du pied qu'il taquina avec facilité. Chatouilleux, Albafica se tordit. Shion se pencha et reprit ses lèvres tentatrices. Ferveusement, il les mordilla. Albafica gémit en se pressant langoureusement contre le corps de Shion. Avide de le découvrir à son tour, Albafica ouvrit les pans de son peignoir pour parcourir son corps. Il lui arracha et le jeta hors du lit. Albafica enroula ses jambes longéliles autour des hanches étroites de Shion. Celui-ci échappa le contrôle de leur danse. Albafica saisit les rênes à bras levés. Il glissa une main entre leurs deux corps et empoigna la hampe de Shion. Albafica le guida fébrilement en lui. Le plaisir affubla en eux. Pendant que Shion s'enfonçait jusqu'à la garde, Albafica geignit. Shion lui caressa la mâchoire pendant qu'il commençait à le prendre lentement. Albafica appuya chacune de ses pousées avec vigueur. La tête renversée sur l'oreiller et les yeux mi-clos, Albafica était l'image même de la félicité. Shion lui attrapa le bassin et renforça ses coups de reins. Il les mena avec ardiesse vers l'extase. Albafica hurla en se cambrant douloureusement. Shion s'arcbouta et jouit en lui en poussant un long feulement. Shion faillit s'écrouler sur Albafica de fatigue, mais il parvint à rouler sur le dos. Épuisé, Albafica se mit sur le flanc, présentant son dos à Shion. Il sombra dans le sommeil. Naturellement, Shion se plaça en cuillère derrière lui. Il caressa sa chevelure bleutée partagé entre la joie et les remords. La culpabilité le rongeait. Après tout, il lui avait posé un ultimatum ce qui n'était franchement pas correcte de sa part. Vidé par sa nuit d'amour, Shion finit tout de même par s'endormir.
Shion se leva en premier, il avait terriblement faim. Il enfila rapidement son peignoir. Après avoir jeté un dernier coup d'oeil au corps alangui d'Albafica, Shion sortit de la pièce. Les souvenirs lui revinrent et il les chassa, terriblement, mal à l'aise. Lentement, Shion se dirigea vers la cuisine et démarra la cafétière qui émit un bruit de protestation. Il sourit, amusé. Avant d'avoir une surprise, il devrait magasiner une nouvelle cafétière. Shion dévora deux croissants, appuyé contre le comptoir, . Il les savoura ave un appétit manifeste. Shion faillit céder à l'envie d'en manger un troisième, mais il résista. Avant d'aller s'installer dans le salon, il se versa du café dans une tasse avec anse, y mélangea sucre et lait. Confortablement, il s'enfonça dans le divan et croisa les chevilles sur le petit meuble à ses pieds. Shion repensa à sa nuit avec Albafica pendant qu'il buvait son café brûlant, exactement comme il l'aimait. Pourquoi avait-il posé cet ignoble ultimatum à Albafica? Et pourquoi avait-il accepté, bonté divine? Distraitement, Shion caressait le velour de son peignoir. Il s'était comporté comme un abruti fini. Honteux, il fixa le soleil qui se levait et éclairait la pièce. Le seul côté positif s'il en avait un, c'était qu'il avait vraiment apprécié faire l'amour avec Albafica. Il aurait volontiers recommencé toutes les nuits mais il doutait qu'Albafica soit dans les mêmes dispositions. Albafica devait le haïr en ce moment. Shion renversa la tête et ferma les yeux résolu à oublier son idiotie, il fit un exercice de pleine conscience et le temps fila littéralement.
Dans le lit moelleux de Shion, Albafica s'étira. L'odeur de Shion parfumait les draps et Albafica s'y roula joyeusement. Il huma la taie d'oreiller de Shion, il sourit rêveur. Shion était de loin le meilleur amant qu'il avait eu. Il faillait dire qu'il n'en avait eu que deux, il n'y avait pas grand comparatif à faire. N'empêche que Shion est sensationnel! Songea Albafica, comblé, en sortant du lit. Albafica enfila son caleçon en coton et le t-shirt blanc qu'il portait sous son polo. Pour commencer cette journée en force, Albafica était décidé à prendre un bon jus d'orange plein de vitamine. Shion en avait toujours dans son réfrigérateur ainsi que du jus de pomme. Albafica n'en raffolait pas, par contre. Déterminé, il se dirigea vers la salle à manger. Albafica rendit ses pas silencieux en s'apercevant que Shion semblait méditer dans le salon. Albafica bifurqua vers le réfrigérateur et ouvrit la porte. Il saisit le carton de jus d'orange et en vida une rasia dans un verre. Albafica en but quelques gorgées avant de rejoindre Shion qui inspirait profondément. Il s'assit à ses côtés et Shion tourna son beau visage vers lui. Tendrement, Albafica lui sourit. Shion fronça les sourcils. Ce qui produisit une ride entre eux. Albafica la frotta du bout de l'index en disant:
- Tu te sens moins en colère maintenant?
- Je me sens lamentable et je tiens à m'excuser à propos de mon comportement. J'ai vraiment été pathétique et tu n'aurais pas dû m'encourager dans mon délire...
Doucement, Albafica rit en terminant son verre. Il se lova contre le dos du sofa et mit ses pieds tout près de ceux de Shion amoureusement. Taquin, il avoua:
- Et rater ma chance de coucher avec toi? Certainement pas! C'était extra et je ne regrette rien du tout. (Il redevint sérieux.) Tu comptes me pardonner un jour?
- Oui, avoua doucement Shion en s'étirant langoureusement.
Albafica hésita puis se lança sans parachute:
- Tu as envie que nous nous voyons ce soir?
- Oui, ce serait plaisant, lui répondit Shion en souriant grandement.
Avachi sur son lit, El Cid buvait une bière en visionnant la télé avec très peu d'intérêt. Il ruminait cruellement sa discussion avec Sysiphos. Tout ce qui avait résulté de leur dispute était une semaine à bouder. C'était risible! El Cid entendit la sonnette de la porte d'entrée. Il fronça les sourcils et s'extirpa du lit. Péniblement, il se rendit dans le hall. Il vit Sysiphos à travers l'oeil magique et lui ouvrit. Automatiquement, Sysiphos lui brandit sous les yeux une bouteille de Jack Daniels. C'était sa boisson alcoolisée préfrérée. La voix emplie de culpabilité et de remords, Sysiphos murmura:
- Je tiens à m'excuser pour mon comportement...
El Cid s'écarta. Sysiphos rentra. Il ôta ses souliers et suivit. El Cid dans sa chambre. Il retourna dans son lit. Sans gêne, Sysiphos commença à se dévêtir sous le regard froid d'El Cid. Il maugréa d'un ton glacé:
- Tu es venu pour le sexe?
- Tu en as envie, toi aussi, précisa Sysiphos, nu, les yeux voilés de désir.
El Cid repoussa les draps en éteignant la télé, Sysiphos se glissa dans le lit. El Cid bondit sur lui. Dans leur étreinte fougueuse, ils oublièrent vite leur grief. Plusieurs heures plus tard lorsque Sysiphos fut assoupi, El Cid s'installa au salon pour dormir. Il contempla la lune, nostalgique et mélancolique.
Repu, Sysiphos s'éveilla. Il chercha, de la main, son compagnon, El Cid. Ses yeux s'écarquillèrent lorsqu'il ne toucha qu'une taie d'oreiller. Songeur, il la caressa. Où était passé El Cid? Ils avaient fait l'amour puis Sysiphos s'était endormi. Est-ce que j'ai fait quelque chose de mal? Pensa Sysiphos en se redressant, inquiet et soucieux. Il frémit en écartant les draps d'un geste brusque. Les mains tremblantes, il remit ses vêtements. D'accord, ce n'était pas ce qu'il espérait. Sysiphos croyait qu'ils allaient se réconcilier pas qu'El Cid prendrait ses jambes à son cou et l'abandonnerait comme s'il avait la lèpre! Il fallait qu'il inspire par les narines. Il devait réfléchir. Où El Cid avait bien pu aller? Et il allait devoir s'expliquer et presto! C'était quoi ça? Le planter au petit matin? Sysiphos devait admettre qu'il l'avait peut-être légèrement mérité. Il s'était comporté comme un imbécile sans coeur par dessus le marché. Sysiphos fit des exercices de respirations en se frottant l'arrête du nez. Il compta jusqu'à dix. Une fois le calme revenu, Sysiphos sortit de la pièce. Dès qu'il fut dans le hall d'entrée, Sysiphos remarqua qu'El Cid avait bel et bien décampé. Une rage immense l'envahit. Celle-ci s'évapora quand il vit la taie d'oreiller et la couverture sur le divan. Malheureux, Sysiphos se demanda ce qui se passait pour que toutes ses relations tournent au vinaigre ainsi. La porte s'ouvrit, vêtu d'un pantalon en molleton et d'un polo, El Cid entre avec ses provisions. El Cid referma la porte et la verrouilla. Rapidement, il se départit de ses chaussures. El Cid ne prêta pas atention à Sysiphos car il ne l'avait pas vu. Les poings serrés, Sysiphos l'apostropha durement:
- Où étais-tu?
Sur le ton agressif de Sysiphos, El Cid sursauta. Froidement, El Cid le toisa et lui brandit son sac rempli sous le nez avec un sourire arrogant. El Cid largua avec ironie:
- D'après toi, bel au bois dormant? (Excédé, il soupira.) Il ne restait plus d'oeufs et de lait, je suis sorti en chercher, cela te va comme réponse? Continua-t-il en marchant vers la cuisine.
- Tu as bien dormi cette nuit?
- Oui, pourquoi? Demanda-t-il en lui dédiant un sourire d'une fausseté outrageante.
Sysiphos explosa come un volcan en éruption. Sa lave se déversa dans un flot de paroles qu'il ne contrôlait pas du tout:
- Ah bon? Je ne savais pas qu'on dormait bien sur un futon! Et tu veux me dire ce que tu foutais sur ce foutu futon, merde! Tu as un lit KING SIZE! Il y avait de la place pour toi, moi et au moins trois personnes...
- Tu exagères...
- Que faisais-tu sur ce putain de futon? Aboya Sysiphos au bord de la crise de nerfs.
- Je ne vais pas te répondre tant que tu vas continuer cette crise ridicule.( Sysiphos ferma les yeux. Doucement, El Cid rit.) Je t'aime et je ne me suis jamais caché, non? (Il soupira, exaspéré.) Et toi, tu me demandes de seulement te satisfaire sexuellement et cela me tue à petit feu. J'avais besoin de réfléchir...
- Je t'ai choisi...
- Non, Aldebaran t'a plaqué quand il a su pour nous...
- J'ai couché avec toi la première fois parce que je n'ai jamais cessé de t'aimer et tu le sais. (Nerveusement, Sysiphos se mordilla les lèvres.) Je ne croyais pas que tu t'étais réincarné. Je savais qu'il y avait une possibilité, mais aucune certitude. Aldebaran était bon avec moi alors j'ai cédé à son amour. Le résultat, tu l'as devant toi. Je l'aimes toujours et je culpabilise. Et je t'aime toi depuis une éternité et je culpabilise aussi de ne pas t'être totalement dévoué...
- Cela a le mérite d'être clair, le consola El Cid en déposant ses provisions sur le comptoir.
Il vint enlacer Sysiphos. Celui-ci posa sa tête sur son torse en respirant profondément. Sysiphos se lova amoureusement contre lui. El Cid lui caressa le dos en gestes appaissants.
- Que veux-tu faire maintenant, Sysiphos?
- T'aimer de tout mon coeur et te combler le plus que je pourrais, chuchota Sysiphos en levant la tête.
Les lèvres d'El Cid esquissèrent un doux sourire avant de s'emparer de celle de Sysiphos pour sceller leur accord.
À l'aube, Albafica se réveilla contre le corps chaud et humide de Shion. Albafica lui mordilla l'épaule. Il lécha sa peau salée. Albafica fit courir ses longs doigts sur le torse de Shion. Il descendit jusqu'à son ventre puis entre ses cuisses. Fébrilement, Albafica le caressa dans son sommeil, Shion gémit et se tendit. Albafica raffina son jeu tout en lui baisant le cou. Il goba son mamelon et le savoura. Shion rendit les armes en se cambrant. Albafica en profita pour l'embrasser longuement. Il dévora la bouche de Shion avec dévotion. Leurs langues se cherchèrent avidement. Possessivement, Shion ramena Albafica contre lui. Shion murmura entre deux baisers langoureux et lascifs:
- Tu as faim?
Mutin, Albafica susurra:
- De toi seulement. Nourris-moi, lui ordonna Albafica en reprenant ses lèvres pendant que Shion lui obéissait avec docilité.
À dix heures, Albafica, douché et vêtu, faisait des gaufres en fredonnant les chansons qui jouaient de son MP3. Il se dandinait sur un pied en souriant comme un gamin. Albafica avait fait l'amour toute la nuit. Shion dormait du sommeil du juste. Ce qui était normal puisque qu'il faisait tout le travail. Albafica avait pu le surprendre ce matin seulement parce que Shion sommeillait. Un sourire rêver aux lèvres, il déposa les gaufres garnies de fruits frais dans une assiette. Fier et extrêmement satisfait, il se décida à partir la cafétière pour préparer la décotion de Shion. Albafica se contenterait de thé vert. Shion veillait toujours à lui en acheter dans ses courses. C'était une magnifique attention qi ravissait Albafica. Il vivait un parfait bonheur, réalisa-t-il, enchanté. N'était-ce pas ce qu'il avait tojours voulu? Être en paix avec lui-même? Ici, auprès de Shion, il l'était. Albafica se sentait comblé comme jamais auparavant. Est-ce qu'il pourrait retourner à son ancienne vie? Il en doutait fortement. Albafica était bien avec Shion. Paisible et posé. C'était comme si Shion faisait un barrage protecteur entre lui et les tracas de la vie. Albafica pouvait s'appuyer sur Shion en toute confiance. Cela comptait énormément pour lui. Albafica but quelques gorgées de jus d'orange. Il versa de l'eau chaude dans sa tasse pour infuser le thé. La sonnettte de la porte d'entrée retentit, Albafica se rua pour répondre. Il ne voulait en aucun cas réveiller Shion. Albafica regarda à travers le judas. Il sourit en apercevant Doko et Asmita. Rapidement, Albafica leur ouvrit en déclarant:
- Il n'est pas encore levé...
- Tu veux que nous repassons?
- Non.( Albafica parut, songeur.) Vous pourriez manger avec nous si vous le désirez. Il y a assez de nourriture pour quatre, j'ai eu les yeux plus gros que le ventre, avoua Albafica, amusé.
Doucement, Doko rit. Vêtu élégamment d'un pantalon chic noir et d'une sompteuse chemise blanche, il était renversant. Asmita, lui, portait, un chandail bleu ciel et un jeans assorti. Sa chevelure blonde paraissait luxuriante. Tendrement, il lui sourit. Albafica lui rendit un peu timidement. Il ne s'était pas bien comporter la dernière fois. Albafica se détourna et se rendit à la cuisine. À ce moment-là, Shion sortit de sa chambre en peignoir superbe. Ses cheveux touffus et abondants étaient attachés au niveau de sa nuque gracile. Rebellle, sa chevelure traînait dans son dos. Exactement comme Doko l'avait fait pour Asmita, Albafica accourut pour servir du café à Shion sous les regards taquins du jeune couple. Asmita et Doko s'installèrent à la table pendant que Shion avalait sa première tasse de café. Essentiel pour son amabilité. Shion était haïssable sans son café du matin. Il but avidement et daigna, enfin, leur accorder son attention. Souriant, Shion les salua avec délicatesse comme un pacha devant sa cour en adoration. Après tout, tous ces hommes avaient été amoureux de lui à un moment donné. Doko dans le passé, Asmita, il n'y avait pas si longtemps, maintnant et Shion l'espèrait dans l'avenir aussi: Albafica. Celui-ci lui demanda tranquillement en le dévisageant avec tendresse:
- Tu veux un jus de pomme avec ton petit-déjeûner?
Un doux sourire apparut sur les lèvres de Shion Il décrèta en l'embrassant sur la joue tel un effleurrement à peine perceptible:
- Tu en as assez fait, je suis un grand garçon. Assieds-toi et commence à te servir.(Shion lui versa du thé dans une tasse vide. Il déposa la sienne à sa place et se dirigea vers le réfrigérateur. ) Quelqu'un veut du jus?
- Je ne dirais pas non à du jus d'oange, avoua Doko en remplissant son assiette de gaufres et de fruits.
- Moi, j'irais pour pomme comme toi, dit simplement Asmita en arrosant ses gaufres.
Shion fit le service. Albafica vit apparaître un verre de jus d'orange à côté de lui comme par enchantement. Il ne put s'empêcher de rire doucement. Au passage, Shion lui toucha la joue. Doko remarqua le papilonnement des cils d'Albafica sous la douceur de la caresse. Shion s'assit et se servit. Gentiment, il remercia Albafica. Celui-ci rosit de plaisir. Pendant que tous mangeaient et le complimentaient avec enthousiasme, Albafica savourait son thé. Albafica ne prit qu'une gaufre, mais il la couvrit de fraises juteuses et l'aspergea de sirop d'érable. Doko demanda d'une voix douce à Shion:
- Tu es en congé, j'espère?
- Oui. Par contre, Albafica travaille cet après-midi.
Un sourire canaille aux lèvres, Doko titilla Shion:
- Donc, nous sommes de trop...
Une moue boudeuse s'esquissa sur la bouche ourlée de Shion. Albafica hurla de rire. Il dut même s'essuyer le coin des yeux. Innocemment, Shion répliqua:
- J'avais des plans, mais ils ont été interrompus par mon propre centre d'intérêt...
Albafica rougit jusqu'à la moelle de ses cheveux. Il se plongea dans la contemplation de son assiette. Shion lui pressa la cuisse. Albafica noua ses doigts aux siens. Ils laissèrent leurs mains jointes sur la jambe d'Albafica. Le plaisir de sentir le contact de Shion contre lui valait énormément. Doucement, Shion délara:
- C'est délicieux. Merci, Albafica...
- De rien, j'aime cuisiner. Le faire pour d'autre, c'est plaisant, répondit-il simplement.
Ils se sourirent et entamèrent une conversation sur l'emploi de fleuriste d'Albafica. Celui-ci parla à bâtons rompus et les ravit de tout son savoir floral, fascinés par son élocution facile et sa passion débordante.
Doko et Asmita les quittèrent à dix heures pour leur permettre de ranger, se préparer et se séparer. Albafica sirotait sa tasse de thé avec délice. Il resservit du café à Shion qui le but lentement en savourant son yaourt aux fraises. Albafica le taquina en lui caressant la joue doucement:
- Tu as un appétit d'orgre...
- Malheureusement, fit-il en souriant jusqu'aux oreilles. (Shion déposa son pot et sa cuillère pour prendre le visage d'Albafica entre ses mains.) Tu es superbe, tu sais?
Coquin, Albafica haussa les épaules. Il se moqua en baisant délicatement la bouche de Shion:
- On me le dit tous les jours!
Shion lui mordilla les lèvres avec douceur. Renversé contre la chaise, Albafica geignit. Il se cambra langoureusement pendant que Shion le soulevait. Shion porta Albafica jusqu'à la chambre où ils firent follement l'amour.
Vers onze heures, Albafica dut s'extraire des bras acceuillants de Shion pour prendre une douche et s'habiller. Albafica commençait à midi trente minutes. Il devait marcher jusqu'à son travail. Albafica mettait au moins vingt minutes à se rendre. Nu, il se dirigea vers la salle de bain. Rapidement, Albafica se glissa dans la douche et tourna les robinets. Un jet d'eau brûlant l'aspergea. Il gémit de bonheur. Activement, Albafica se frictionna. Il se lava les cheveux et le corps avec force. Faire l'amour l'avait trop détendu à son goût. Albafica avait l'impression d'être apathique. D'un côté, c'était une facette du sexe qu'il adorait, mais de l'autre, pour aller travailler, ce n'était pas l'idéal. Albafica sortit de la douche et se sécha vivement. Une fois dans la chambre, il fouilla la commode que Shion lui avait octroyé pour trouver quelques vêtements propres. C'était parfait pour les jours où il devait aller à son emploi sans retourner chez lui. Shion lui avait libéré beaucoup de place. Ce qui était vraiment une bonne chose puisqu'il passait pratiquement toutes ses nuits avec lui. Six jours sur sept étaient consacrés au fleuriste qui l'employait. Il s'étira et se vêtit le plus silencieusement possible. Subitement, il perçut un bruit de froissement de draps. Albafica tourna la tête et observa tendrement Shion. Étendu sur le dos, le visage vers lui, Shion le contemplait franchement. Ses yeux doux le fixaient amoureusement. Albafica le mit en garde:
- Si tu continues à me contempler ainsi, je vais être obligé de prendre congé...
- Pardon, avoua Shion, penaud. J'avais oublié que je t'enflammais d'un simple regard, le taquina Shion en riant.
- Oh, tais-toi, maugréa Albafica, un sourire tendre aux lèvres. (Il saisit son sac à dos.) Je dois y aller. (Albafica embrassa longuement Shion. ) Nous nous voyons ce soir?
- Oui,. Viens directement à la fin de ta journée, je t'attendrais, lui promit Shion avant d'échanger avec lui un interminable baiser.
Lorsque Shion le relâcha, Albafica lui dédia un dernier sourire avant de filer. Shion poussa un long râle de frustration et rit nerveusement. Albafica lui manquait déjà terriblement. Je l'ai dans la peau, songea Shion à la fois amusé et désespéré.
FIN CHAPITRE HUIT
