Saint Seiya Lost Canvas: les immortels

Chapitre Neuf: L'éveil

Le lendemain soir, Doko arriva chez Asmita avec un bouquet de fleurs et des chocolats. Asmita ne l'avait pas convié, mais Doko se disait que la surprise lui plairait certainement. Après tout, il était son amant. Il n'y avait aucun mal à ce qu'ils se voient régulièrement, non? Devant la porte, Doko se dandinait sur un pied. Il avait de plus en plus de doutes. Apparavant, Doko s'était rendu chez lui. Il avait pris une douche, manger un sandwich et s'était vêtu. Ensuite, il avait filé chez Asmita avec la ferme intention de le gâter. Il ne comprenait pas pourquoi, par contre. Habillé d'un pantalon en molleton gris et d'un polo noir, Doko frappa deux coups à la porte et attendit, impatient. Quelques minutes plus tard, Asmita vint ouvrir. Il portait un jeans troué aux genoux et un t-shirt noir. Sa chevelure blonde luxuriante s'étalait sur son dos, ses épaules et son torse. Les yeux d'Asmita semblaient apathiques. Doko lui tendit ses présents. Asmita le remerçia du bout des lèvres en les acceptant. Asmita invita Doko à entrer. Celui-ci s'avança. Asmita referma la porte et se dirigea vers la salle à manger. Sur le seuil, Doko ôta ses souliers de course et suivit Asmita. Celui-ci annonça honnêtement en posant les chocolats sur la table:

- Nous n'avions pas rendez-vous...

Un sourire espiègle sur les lèvres, Doko marivauda:

- Je voulais te faire une surprise, Asmita.

Installé au petit bar adjacent à la cuisine, Doko regardait Asmita pendant qu'il s'activait. Raide de nervosité, Asmita plaçait inconsciemment les fleurs dans le vase rempli d'eau. Une fois cette tâche accomplie, Asmita inspecta son réfrigérateur à la recherche d'ingrédients pour le souper. Fatigué du silence d'Asmita, Doko l'interrogea avec finesse:

- Ai-je fait quelque chose qui te contrarie?

- Non...enfin...je ne sais pas, admit Asmita en sortant le pichet de limonade rose. Tu veux de la limonade? S'enquit-il en saisissant deux verres dans l'armoire. Doko se dressa et se rapprocha d'Asmita pour l'examiner, aimant. Appuyé contre le comptoir, Doko insista doucement:

- Que se passe-t-il? N'aie pas peur, je ne te jugerais pas...

- Je ne peux pas me contenter de sexe, Doko, lâcha, abruptement, Asmita en se mordillant les lèvres nerveusement.

Tendu, Doko rit. Il balbutia en détournant les yeux.

- C'est pour cela que je t'ai acheté des présents, non? Pour te romancer...

Asmita gronda provoquant un sursaut chez Doko. Asmita se servit un verre de limonade. Il le but d'un trait comme si cela allait lui apporter un quelconque courage. Il maugréa en fronçant les sourcils de colère:

- Shion est toujours entre nous...

- Mais non, Shion est avec Albafica. Il est très amoureux, tu l'as vu, non? Fit Doko, soucieux.

- L'ombre de Shion, Doko. (Asmita toucha la poitrine de Doko. Son coeur palpitait doucement.) Shion est là. Et tu ne peux pas l'oublier.

- C'est faux, Asmita, s'obstina Doko, buté.

Les larmes montèrent aux yeux d'Asmita.

- Non. Tu le sais. Je t'aime, Doko, sanglota Asmita en lui caressant distraitement le torse.

Doko recula comme s'il s'était brûlé. Épouvanté, il fixa Asmita. Une réalité qui effrayait tellement Doko qu'il n'arrivait pas à raisonner. Sous le choc, Doko trébucha en s'enfuyant. Il remit ses souliers en quatrième vitesse. Doko fila comme un coup de vent. Asmita ne le retint même pas. Il savait que cela ne servait à rien. Asmita inspira profondément. La tête contre le réfrigérateur, il respira fortement. Asmita allait se faire une crise d'hyperventillation si cela continuait. Asmita se laissa choir au sol. Après avoir calmé sa respiration, il signala le numéro de Sysiphos. Faites qu'il réponde, pria Asmita entre deux halètements affolés.

Sysiphos roula dans le lit. Langoureusement, il se lova contre le corps d'El Cid. Sysiphos déposa une myriade de baisers sur son dos musclé. Il mordilla la chair de l'épaule d'El Cid. Il lui fit un suçon. El Cid gémit dans son sommeil. Il tendit le bras vers Sysiphos pour le caresser à son tour. Leurs lèvres se soudèrent avec fougue. Aux commandes, Sysiphos grimpa sur lui. Il continua de butiner la bouche d'El Cid telle une abeille avec une douce fleur. Sysiphos plongea sa langue à l'intérieur, la mêla à la sienne et la taquina avec légèreté. Ce fut la sonnerie du cellulaire de Sysiphos qui les tira de leur instant de félicité. De mauvaise humeur, El Cid grogna:

- Qui peut bien te solliciter à cette heure, bon sang?

Sysiphos haussa nonchalemment les épaules. Intrigué, il décréta:

- Je n'en ai aucune idée...

Il roula sur le dos dans le lit. Sysiphos attrapa son cellulaire. Pendant qu'El Cid le ramenait possessivement contre son flanc, Sysiphos répondit simplement:

- Bonjour.

- Sysiphos, murmura Asmita d'une voix hachée.

Soucieux, Sysiphos se redressa dans le lit en demandant:

- Seigneur Dieu, que se passe-t-il?

- C'est Doko.

El Cid alluma la lumière. Inquiet, il fixa Sysiphos. Celui-ci extrêment raide paraissait aux abois. Sysiphos s'enquit d'un ton ferme et urgent:

- Explique-moi tout!

- Il s'est enfui après que je lui ai ouvert mon coeur...

- Bon sang! (Sysiphos n'hésita pas un moment.): Je m'habille et j'arrive directement. El Cid va m'accompagner et je vais tout arranger, tu vas voir, lui promit Sysiphos avec un tremblement dans la voix.

- Merci, chuchota Asmita en raccrochant.

Sysiphos laissa tomber son cellulaire sur le lit. Il se prit la tête entre les mains en gémissant:

- C'est pas possible, quel imbécile!

- Qui ça?

- Cet idiot de Doko! S'écria Furieusement Sysiphos en bondissant hors du lit. (El Cid le fixait toujours incertain. Gentiment, Sysiphos l'aida.) Asmita lui a déclaré sa flamme et il l'a planté là...

Dégoûté, El Cid grimaça.

- WOW, ça, c'est dégueulasse! ( Sysiphos saisissant ses vêtements et les jetait sur le lit. El Cid ne put s'empêcher de lui dire avec un sourire coquin.): Tu devrais prendre une douche avant de te rendre chez Asmita...

- Nous devrions en prendre une tous les deux. Après tout, nous n'avons passé l'après-midi et toute la soirée à faire l'amour...

- D'accord.

El Cid se leva. Il s'enroula dans son peignoir. Sysiphos se dirigea vers la salle de bain. El Cid le suivit. Merde, Doko, songea El Cid, frustré. Asmita était un type bien. El Cid était persuadé qu'il ne méritait pas cela. Pas du tout même. Et à cent pour cent sûr. El Cid serra Sysiphos. Il se perdit dans son étreinte pour éviter de penser à l'état psychologique d'Asmita en ce moment.

Sysiphos avait enfilé ses vêtements à l'aveuglette comme un automate. El Cid avait décidé qu'il était hors de question que Sysiphos prenne le volant. Il faudrait que quelqu'un lui passe sur le corps pour que Sysiphos bénificie du droit de conduire ne fusse qu'un mètre. Ils auraient un accident à coup sûr. El Cid saisit les clés de son auto la moins luxueuse au cas où lui aussi ne serait pas tout à son affaire. Il enfila son blouson et empoigna son amoureux par le bras. Sysiphos se laissa guider comme un enfant perdu. Niché contre le flanc d'El Cid, Sysiphos traversa le rideau de pluie dû à un orage extrêmement violent. Doko a choisi son moment, songea El Cid de mauvaise humeur. Tout cela était entièrement sa faute. El Cid ne pouvait s'empêcher de penser qu'il aurait pu être sous couette au chaud avec Sysiphos. Ils auraient terminé tendrement ce qu'ils avaient entamés. Du sexe délicieux. À la place, il était sous la pluie à traîner un Sysiphos, anxieux et anéanti. El Cid déverouilla la porte du côté passager. Il aida Sysiphos à s'installer confortablement. El Cid boucla même la ceinture de Sysiphos. El Cid contourna l'auto en maugréant. Il ouvrit sa portière et se glissa à l'intérieur de l'habitacle. Il faisait un froid de canard. El Cid alluma le chauffage en se frictionnant les mains. Il tourna la tête vers Sysiphos qui repoussait des mèches blondes trempés sur son front. Leurs regards se rencontrèrent. Timidement, ils se sourirent. El Cid démarra et s'engagea dans l'allée. La tête posée sur le siège, Sysiphos chuchota:

- Je crois que je vais dormir...

- Ne te gêne pas, murmura El Cid avec douceur.

À peine avait-il dit cela que Sysiphos sombrait dans le sommeil réparateur. El Cid mt un peu de musique classique en conduisant paisiblement Il vida son esprit pour se concentrer sur la route trempée et dangereuse.

Sysiphos courut jusqu'au condo d'Asmita. Il frappa deux coups forts. Asmita vint répondre. Sysiphos l'enlaça sans hésitation. Désespéré, Asmita s'accrocha à lui comme à une bouée de sauvetage. Pendant que la souffrance l'envahissait, les jambes d'Asmita cédèrent. Les digues s'ouvrirent, les larmes jaillirent de ses yeux. Asmita pleura comme jamais. La douleur l'irradiait. Sa respiration lui brûlait les poumons. Asmita avait l'impression de s'enfoncer dans un trou noir. Sysiphos le maintint le plus qu'il put. Il le guida vers le divan où ils s'effondrèrent. Asmita nicha sa tête contre le torse svelte de Sysiphos. Le loyal et doux Sysiphos le serra pour chasser son mal. Il savait que tout ce que 'il faisait lui apportait seulement du réconfort. El Cid rentra et ôta ses souliers trempés. Il remarqua que Sysiphos ne l'avait pas fait. Silencieusement, El Cid s'approcha. Il les lui enleva. Sysiphos le remercia du regard El Cid lui répondit d'un sourire. El Cid déposa les chaussures de son amant dans l'entrée. Il se dirigea vers la cuisine où il fit bouillir de l'eau pour le thé. El Cid chercha la bouteille d'alcool fort. Il la trouva dans l'armoire du bas. Rapidement, El Cid extirpa des tasses dans celle du haut. Il prépara les décoctions et vida de l'alcool dans les tasses d'Asmita et Sysiphos. Pas dans la sienne, il conduisait. El Cid enleva son blouson. Il le déposa sur l'une des chaises. Il saisit les tasses et les posa su la peitte table basse. El Cid déclara avec douceur:

- Buvez, cela vous fera du bien.

Asmita s'écarta de Sysiphos en s'essuyant les yeux. Sysiphos se débarassa de son veston trempé. El Cid s'en empara. Il le plaça sur chaise pour qu'il sèche. El Cid revint et vit Asmita qui buvait tranqilement pendant que Sysiphos lui pressait la main. Asmita se tourna vers lui et et avoua tristement:

- Je n'aurais pas dû t'appeler...

Sysiphos ne cacha pas sa surprise. Il répliqua sans comprendre:

- Mais pourquoi?

- Parce que nous nous sommes disputés...

- Tu avais totalement raison, tu sais. Il m'a rembarré et je n'ai rien à me reprocher. J'aime deux hommes diamétralement opposés. Il n'y a acun mal à cela. Mon seul défaut est que je ne m'en suis pas apperçu, avoua-t-il, simplement. Je ne t'en veux pas de m'avoir prévenu qu'Aldebaran ne voudrait pas de moi. Je suis heureux malgré cela...

- Je n'aurais pas dû m'en mêler...

- Peut-être, peut-être pas, fit simplement Sysiphos pendant qu'EL Cid s'intalla dans son dos.

El Cid prit la main libre de Sysiphos. Asmita le taquina gentiment.

- Je comprends maintenant pourquoi tu ne retournes pas mes messages...

Sysiphos rougit jusqu'à la moelle de ses cheveux.

- Tu m'as appelé?

- Ouais, pour m'excuser, dit Asmita en terminant sa tasse de thé.

- Tu es pardonné.

- Je vais partir quelques temps au chalet, murmura Asmita en fixant ses deux amis.

Sysiphos soupira en lui pressant la main:

- Si tu crois que cela peut t'aider, d'accord.

Tendrement, Asmita sourit. El Cid les contempla, songeur. Est-ce vraiment la bonne solution? Pensa El Cid, nostalgique.

Aldebaran buvait sa bière pelotonné contre Manigoldo. Celui-ci feuilletait un magazine en écoutant distraitement la télévision. En silence, Manigoldo savourait sa bière pendant qu'Aldebaran fulminait littéralement. Manigoldo n'était pas sot, il percevait le bouillonement de son bien-aimé. Manigoldo trouvait simplement plus raisonnable de ne pas le provoquer. Il savait qu'Aldebaran finirait par verbaliser son mécontentement. Cela serait certainement un peu maladroit, mais il s'exprimerait. Par contre, la patience n'était pas la première qualité de Manigoldo. Celui-ci était à deux doigts de lui dire de cracher le morceau quand Aldebaran se manifesta enfin:

- Cet imbécile de Doko a planté sa relation avec Asmita. Il mériterait que je lui coupe les couilles...

La tête renversée, Manigoldo hurla de rire. Il crut qu'il allait pleurer tellement il riait. Cela lui valut un coup de poing sur le bras de la part d'Aldebaran. Celui-ci l'apostropha d'un ton cassant:

- Comment peux-tu te moquer? C'est de Doko et Asmita dont on parle! Doko est en train de bousiller la chance de sa vie et...

Manigoldo empoigna son visage entre ses mains. Il défia Aldebaran du regard. Déterminé et confiant, Manigoldo décréta fermement:

- Il va se reprendre! Tu connais Doko! Il a le don de se mettre les pieds dans les plats. Il est impulsif, mais il s'en tire toujours.

Aldebran renversa Manigoldo dans le lit. Possessivement, Aldebaran captura ses lèvres. Il déboutonna sa chemise tandis que Manigoldo lui ôtait son polo. Dénudés jusqu'à la ceinture, Manigoldo et Aldebaran échangèrent un baiser passionné et intense. Les mains d'Aldebaran s'emparèrent du postérieur musclé de Manigoldo. Aldebaran pressa sa protubérance contre celle de Manigoldo qui gronda de désir. Aldebara chuchota entre deux étreintes torrides:

- Tu as des nouvelles d'El Cid?

Les yeux écarquillés, Manigoldo le scruta. Il réussit à articuler en reprenant son souffle:

- Pourquoi me poses-tu une telle question?

Mal à l'aise, Aldebaran happa sa lèvre inférieure. Il la mordilla avec application pour dissimuler sa nervosité. Il goûtait sa bouche cependant il s'écarta à regret. Agenouillé, il resplendissait dans les faibles rayons du coucher de soleil. Émerveillé et fasciné, Manigoldo contemplait la crinière argenté d'Aldebaran qui semblait flotter entre eux. Manigoldo se redressa. Il guettait sa réponse avec crainte. Aldebaran maugréa en repoussant sa chevelure pour le jeter sur son dos:

- Je suis tellement jaloux de lui...

Consterné, Manigoldo s'écria:

- Es-tu devenu fou? Pourquoi?

Aldebaran rit nerveusement.

- Il a passé du temps avec toi. Beaucoup de temps. Parfois, j'ai l'impression de n'en avoir jamais assez...

- Je ne vais pas disparaître. Nous allons pulvériser son reccord, tu verras. ( Aldebaran l'enlaça et le ramena sur ses cuisses. Manigoldo nicha son nez dans son cou.) Je veux être avec toi. Seulement toi...

- Épouse-moi alors.

Manigoldo releva la tête. Il rencontra le visage sérieux d'Aldebaran. Les yeux de Manigoldo s'embuèrent de joie. Il l'embrassa avec tendresse ultime. Fidèlement, Manigoldo promit contre les lèvres d'Aldebaran:

- Oui, je le veux

Aldebaran rit de soulagement. Il plaqua sa bouche contre celle ourlée de Manigoldo. Pendant qu'ils s'effondraient dans le lit, Manigoldo l'embrassa avec ferveur. Il s'enroula autour de lui comme une liane. Ils se perdirent dans leur étreinte, oubliant leur tracas.

Deux semaines passèrent, ce fut lorsque la troisième débuta qu'El Cid céda à son envie d'appeler Doko. Il comptait lui avouer où Asmita se cachait et mettre fin à leur querelle ridicule. Ils bousillaient leur chance de bonheur. El Cid ne comptait pas rester à l'écart et les regarder faire. C'était si puérile de se disputer ainsi. Ils s'étaient réeincarnés et avaient, enfin, une chance d'être heureux. Pourquoi continuer de se débattre ainsi? El Cid prétexta à Sysiphos qu'il allait ranger sa remise. Il s'exila pour faire son appel. Le cellulaire à la main, il s'enferma dans la pièce. El Cid composa le numéro de Doko en se disant qu'il serait chanceux si celui-ci ne l'envoyait pas balader. Doko et El Cid n'était pas en bon terme depuis qu'il avait brisé le couple que formait Sysiphos et Aldebaran. El Cid comprenait parfaitement. Aldebaran et Doko étaient meilleurs amis. Doko ne pouvait que se ranger du côté d'Aldebaran dans de telle situation. Ce n'était pas compliqué à saisir. El Cid inspira et patienta. Deux sonneries retentirent puis Doko répondit d'une voix suave:

- Que veux-tu?

- T'aider.( Il se racla la gorge.) Je sais où est Asmita et je vais te le dire.

- Parle, je t'écoute, se contenta de marmonner, froidement, Doko.

Le mercredi de cette semaine-là, Doko se pointa au chalet d'Asmita. Celui-ci s'occupait de ses plantes sur son perron. Il avait coupé sa chevelure au carré. Doko ne l'aurait pas reconnu s'il n'avait pas vu ses yeux. Dès que leurs regards s'accrochèrent, Doko sentit la plénitude l'envahir. Il le ramènerait. Doko recollerait les morceaux avec Asmita. Ils oublieraient cette idiotie. Doko s'approcha. Il glissa les mains dans les poches de son blouson. Un vent froid souffla et des nuages obscurcirent le ciel. Doko remarqua la douleur sur les traits d'Asmita, ses yeux glacés sur lui et son visage fermé. Qu'est-ce que j'ai foutu? Songea Doko, pris de panique. Difficilement, il s'avança. À chaque pas qu'il faisait, il sentait la pression qu'Asmita mettait sur lui. Il lui envoyat tout sa rage seulement en le fixant. Tout son désapointement. Sa déception semblait concentré dans sa façon de le dévisager. De l'observer avec froideur et mécontement. C'était pire que de la haine, c'était du ressentiment à l'état pur. Doko s'arrêta devant les marches qui le menait à son but. Il pas les gravir. Non, il ne pouvait pas. Il lui fallait la permission d'Asmita. À ce moment-là, il le ferait. En haut des marches, Doko lui dirait qu'il aimait. Il avait pensé à cela tout le temps. Asmita n'était pas Shion. Celui-ci était le passé et Asmita l'avenir, voilà tout. Et Doko désirait cet avenir avec une force inconmensurable. Durement, Asmita l'apostropha:

- Que fais-tu ici, Doko?

Celui-ci sursauta, figé. Même la voix d'Asmita avait changée. Aucune douceur ou trace de leur amour lorsqu'il avait prononcé son prénom. Seulement une profonde amertume. Doko eût envie de se terrer dans un trou et mourir. C'était tout ce qu'il méritait pour avoir fait cela. Doko serra les poings douloureusement. Abruptement, il lâcha:

- Je suis venu réparer...

Asmita rit, cynique. Scandalisé, Doko le contempla. Asmita ne riait jamais ainsi. Il toisa Doko glacialement en déclarant:

- C'est terminé, Doko...

- C'est faux! S'emporta Doko en le toisant à son tour, lui faisant front. Je t'aime et je vais me battre pour te récupérer...

- Bats-toi tout seul, alors, chuchota Asmita en se détournant de Doko.

Celui-ci fit quelque chose qu'il ne se serait jamais cru capable. Il gravit les marches et empoigna Asmita. De force, il tenta de le traîner jusqu'à sa moto. Asmita lui administra des coups et rua comme un dément. Ils chutèrent au sol. Doko vit les larmes dans les yeux d'Asmita. De sa paume calleuse, il les essuya, un peu gauche. Doko voulait aimer Asmita sans fin. Il captura ses lèvres avec fougue. Doko dévora sa bouche tendre, mordilla ses lèvres gercées et dansa avec sa langue. Asmita répondit à son étreinte. Essoufflés, ils se contemplèrent en tentant de comprendre leur comportement. Doko se jeta à l'eau n'ayant rien à perdre:

- Je t'aime.

- Moi aussi.

Doko le souleva dans ses bras et le porta jusqu'au chalet. Asmita sanglota contre son épaule tout en le serrant convulsivement comme s'il voulait s'assurer qu'il était bien là.

Shion était en train de savourer une part de mousse au chocolat quand Albafica apparut. Splendide dans son peignoir et les cheveux en bataille, Albafica marcha jusqu'à lui en se déhanchant sensuellement comme à son habitude. Shion en échappa sa fourchette et Albafica sourit grandement. Il embarassa sa bouche avec avidité en écartant les pans de son peignoir. Albafica poussa un grondement de contentement. Shion baissa son pantalon en molleton et prit Albafica. Celui-ci poussa un cri de stupeur, mélangé à un pur plaisir. Ses yeux se voilèrent pendant que Shion remuait frénétiquement en lui. Albafica se retenait à ses cheveux en hurlant son nom. Albafica atteignit le septième ciel et s'affaisa sur le corps de Shion pendant que celui-ci le labourait avec force. Albafica sourit en jouant sa dernière carte. Les bras noués autour du cou de Shion et les lèvres près de son oreilles, Albafica chuchota d'une voix rauque à cause de la passion:

- Épouse-moi.

Les yeux écarquillés, Shion poussa un long râle et jouit tout son soûl en lui. Shion dut se plaquer contre Albafica pour les maintenir tous les deux debout. Shion s'écarta et remit son pantalon en jurant:

- Qu'est-ce qui t'a pris?

- Tu n'en as pas envie? Fit Albafica en rajustant son peignoir.

Shion eût un doux sourire en contemplant Albafica. Il murmura en lui caressant la joue:

- T'aimer et te faire l'amour durant toute une éternité? Bien entendu.

- Donc, nous nous marions?

- Oui.(Albafaica bondit dans ses bras.) Je vais inviter Asmita...

- Et moi, Doko, fit Albafica en lui volant un long baiser.

L'idée de vivre cela éternellement combla le coeur de Shion et le remplit de bonheur. C'est merveilleux, songea Shion en étreignant Albafica avec tendresse.

FIN CHAPITRE NEUF