Saint Seiya Lost Canvas Les immortels
Chapitre Onze: Préparation des mariages(Deuxième partie)
Manigoldo sortit de la douche. Rapidement, il s'essuya et accrocha sa serviette derrière la porte. Manigoldo brossa son épaisse chevelure. Nu, il se dirigea vers la chambre à coucher qu'il partageait avec Aldebaran. Installé dans le lit tel un pacha, Aldebaran buvait une bière, torse nu. Lorsque Manigoldo fut près du bord du lit, Aldebaran posa sa bière. Il attira Manigoldo dans ses bras forts. Manigoldo s'y lova amoureusement. Confortablement, Manigoldo se coucha dans le lit, contre les oreillers. Aldebaran lui tendit la bouteille de bière. Manigoldo la saisit. Il but en silence. Serein, Aldebaran lui demanda en regardant distraitement la télé:
- Quel genre de bague veux-tu?
- Deux anneaux identiques, un pour toi et un pour moi, répondit simplement Manigoldo en savourant quelques gorgées de bière avant de la remettre à Aldebaran qui la reprit.
Enchanté, Aldebaran s'exclama:
- J'irais les acheter dès que j'aurais une minute de libre. Le nouveau chantier de Doko occupe tout mon temps et je cours partout...
Manigoldo s'étendit sur le dos. Aldebaran ne put s'empêcher de lorgner son corps musclé et longélile. Il le désirait sans cesse. Aldebaran se demandait s'il se calmerait un jour. Il avait l'impression d'être en feu éternellement. Il se consummait littéralement pour Manigoldo. Quand Manigoldo lâcha sa bombe, Aldebaran savourait sa bière en le fixant à la dérobée:
- Je vais inviter Sysiphos et El Cid.
Aldebaran manqua de recracher sa boisson. Il la déposa sur la table de chevet. Manigoldo l'attira contre lui. Aldebaran maugréa en toisant Manigoldo:
- C'est une mauvaise idée...
- Tout ira bien, Aldebaran, chuchota Manigoldo tendrement.
Dans l'allée d'El Cid, Manigoldo gara sa moto. Il y a deux autos dans l'entrée, se réjouit Manigoldo. Une appartenait à El Cid, il la reconnaissait, l'autre devait être à Sysiphos. D'une moins, il l'espérait fortement. C'était parfait, Manigoldo rêvait de confronter Sysiphos depuis longtemps. Dorénavant, Manigoldo tenait le bout du bâton. C'était avec lui qu'Aldebaran allait se marier. Tout ce que Sysiphos avait tant désiré. L'amusement se lisait sur les traits canailles de Manigoldo. Il descendit de sa moto et rangea son casque. De son pas chaloupé, Manigoldo se dirigea vers la porte. Il frappa deux coups. Patiemment, Manigoldo attendit. Après tout, la vengeance est un plat qui se mange froid, songea Manigoldo, radieux. El Cid lui ouvrit. Un lent sourire comblé s'épanouit sur ses lèvres. El Cid décrèta avec douceur et sincérité en penchant la tête sur le côté:
- Quelle magnifique surprise! Rentre, je me préparais un café. (L'air coupable, il largua): Je m'excuse pour le coup que je t'ai donné...
- Ça va, ne t'inquiète pas, l'excusa Manigoldo, magnanime, en entrant dans la maison d'El Cid.
Derrière lui, El Cid verrouilla la porte. Manigoldo ôta ses souliers de courses. Il suivit El Cid dans le hall. Ils marchèrent jusqu'à la salle à manger. El Cid poursuivit seul vers la cafétière. Nochalemment, Manigoldo s'assit sur la chaise. Il croisa ses longues jambes musclées. El Cid lui servit du café noir comme il l'aimait. El Cid déposa la crème et le sucre près de la tasse. Poli, Manigoldo attendit qu'El Cid soit installé pour mélanger ses ingrédients au café de torréfaction foncée. Manigoldo savoura sa gorgée avec délice. Réveiller de bonne heure, Manigoldo n'avait pas voulu déranger Aldebaran dans son sommeil en démarrant la cafétière. El Cid poussa le panier à biscuits vers lui. Les sourcils froncés, Manigoldo reconnut automatiquement la recette des pâtisseries aux amandes de Sysiphos. L'enfer va geler avant que je bouffe cela, gronda intérieurement Manigoldo avec un sourire innocent. El Cid lui demanda en jouant avec le contour de sa tasse:
- Que me vaut le plaisir de ta visite?
- Putain de merde! Lâcha Sisyphos dans le hall d'entrée, rageur.
El Cid aperçut le sourire mauvais de Manigoldo en levant la tête. El Cid se maudit mentalement. Il venait de comprendre que Manigoldo venait venger Aldebaran. Quel imbécile, se morigéna El Cid en réfléchissant à la solution pour se soritr de ce bourbier. Dans lequel, il semblait irrévocablement englué. À grand pas, Sysiphos s'avançait, furibond. Ses narines fumaient presque. Son aura gonflait à vue d'oeil et ses yeux lançaient des éclairs. Le diable incarné. El Cid s'interposa entre eux, diplomate. La main sur le torse de Sysiphos, El Cid barrait le chemin de toute sa stature. Sysiphos apostropha Manigoldo avec dureté:
- Que veux-tu?
- Aldebaran et moi nous vous invitons à notre mariage! Susurra Manigoldo, narquois.
Sysiphos explosa sous le coup de la jalousie puis de la colère. Un mélange corrosif. À plein poumon, il aboya sous le regard sidéré d'El Cid:
- Fous le camp d'ici!
Manigoldo lui adressa un sourire radieux en se redressant. Récolter sa vendetta le rendait euphorique. Manigoldo pressa le bras d'El Cid avant de partir. Doucement, la porte se referma. EL Cid s'emporta, indigné.
- Qu'est-ce qui te prends? C'est mon meilleur ami!
Sysiphos lui jeta un regard de biais venimeux. Déchaîné, il vociféra:
- Dois-je te rappeler qu'il est aussi ton ex?
Immédiatement, El Cid se glaça. Son regard s'acéra et froidit. L'atmosphère évolua. Elle se métamorphosa d'estivale à hivernale. D'un ton terriblement assassin, il marmonna:
- Tu te contrôles ou je fais marche arrière...
- Marche arrière?
- Ouais, et notre relation sera terminée, précisa-t-il d'un ton cinglant en quitant la pièce d'une démarche déterminée sous le regard mortifié de Sysiphos.
Aldebaran n'en revenait pas. Manigoldo avait filé au petit connaissait très bien sa destination et ce que Manigoldo comptait y réaliser. Aldebaran arpentait la pièce comme un lion en cage. La porte d'entrée s'ouvrit, Aldebaran se rua à grande enjambée dans le hall. Aldebaran trébucha sur un petit meuble du salon. Il arriva en face de Manigoldo qui souriait comme un gamin, satisfait. Désespéré, Aldebaran jura:
- Qu'as-tu fait, bonté divine?
Manigoldo ressemblait à un chat qui venait de manger une souris. Lentement, il enleva son blouson. Manigoldo l'accrocha au porte-manteau avec nonchalance. Il se lécha la la lèvre supérieure du bout de la langue. Son sourire s'agrandit comme s'il n'arrivait pas à bouder son plaisir. Il défit ses lacets en claironnant:
- Je ne l'ai pas raté!
- Manigoldo! S'outragea Aldebaran, scandalisé.
Celui-ci redressa la tête en retirant ses souliers de courses. Il haussa les épaules avec insouciance en se dirigeant vers le réfrigérateur. Rapidement, il saisit son reste de limonade rose. Manigoldo le but d'un trait, sous le regard ahuri d'Aldebaran. Aimable, Manigoldo abrégea ses souffrances:
- Je l'ai invité à notre mariage. En fait, c'était El Cid que je désirais inviter. Sauf qu'ils étaient ensemble, j'ai dû modifier mon invitation.
- Il n'a pas dû aimer...
Manigoldo ricana comme un damné. Un doux sourire se dessina sur le visage d'Aldebaran. Son fiancé était machiavélique. Manigoldo s'essuya le coin des yeux. Comblé, il chuchota:
- Il a grimpé jusqu'au toit et je ne suis sûr qu'il n'en est pas encore redescendu!
Aldebaran rit nerveusement en se massant les tempes. Manigoldo tint à mettre les choses au clair. D'un ton posé, il déclara avec fermeté:
- Je ne regrette pas ce que j'ai fait. Je suis comme cela. Je suis de nature rancunière et vengeresse. Et il l'a sérieusement mérité. Il t'a brisé en mille morceaux et j'ai eu dû mal à te recoller. Donc, j'ai amplement le droit de me pavaner devant lui en t'exhibant avec fierté comme mon trophée. Sysiphos devait savoir que tu as tourné la page au point de te marier. Je ne vais pas m'excuser. Ne compte pas sur moi pour me repentir ou changer. J'espère que c'est compris!
- Oui, tout à fait, murmura Aldebaran en venant l'enlacer.
Manigoldo répondit en se lovant contre son torse musclé. Il nicha son nez dans le creux de cou d'Aldebaran, les doigts enfouis dans sa chevelure argenté. Aldebaran chuchota d'une voix rauque:
- C'est la première que quelqu'un s'occupe aussi bien de moi.
Doucement, Manigoldo rit. Il marmotta avec paisibilité:
- C'est pour cela que tu m'épouses, gros nigaud!
Asmita triait les listes pour le double mariage. Il avait déniché cinq fleuristes dont celui où travaillait Albafica. L'idée d'employer celui-là l'embêtait un peu. S'il fallait qu'Albafica découvre son bouquet de fleurs. D'un autre côté, c'était l'un des meilleurs fleuristes de la ville. Doko prépara des tasses de cafés. Il disposa des assortissement de pâtisseries dans un panier. Doko vint à la table et posa les tasses. Délicatement, il poussa les gourmandises vers Asmita. Doko s'assit en face de lui. Il croisa ses longues jambes bâties en savourant son café. Doko devait gérer des listes, lui aussi. Traiteur, pâtissier, salles à louer et couturier. Albafica et Aldebaran voulaient des complets faits sur mesure. Doko s'aperçut qu'Asmita semblait pris dans ses pensées, il lui demanda avec douceur:
- Qu'y a-t-il?
- Je ne sais pas à quel fleuriste m'adresser...
- Prends celui d'Albafica, je lui dirais de ne pas regarder les commandes pendant un moment. Il s'occupe surtout des plantes, il n'y a pas grand chose à craindre. Au pire, il sera prévenu.
- Bon, d'accord, abdiqua Asmita en cochant le nom du fleuriste où travaillait Albafica.(Il observa Doko curieusement. Asmita s'enquit avec tendresse): Tu n'es pas un peu jaloux?
- De? Le questionna Doko en grignotant un biscuit aux amandes qu'avait fait Aldebaran.
- Albafica épouse Shion. Je veux dire ce n'est pas ce que tu voulais pour toi.
Doko fixa Asmita en souriant, amusé.
- Albafica allait gagner la partie avec facilité. Shion l'a toujours désiré seulement, il ne pouvait pas être avec lui puisqu'il était empoisonné. Maintenant, ils sont libres de s'aimer. Je ne vois pas comment ils auraient pu résister à la tentation. J'allais perdre Shion, je le savais depuis qu'il m'a dit qu'il n'avait plus de souvenirs de nous, avoua Doko légèrement mélancolique en reprenant un biscuit.
Asmita le mit en garde d'une voix taquine:
- Fais attention aux calories.
- T'en fais pas, je travaille suffisamment à l'extérieur pour perdre mon surplus de calories.
- Tu es sûr que tu ne le regrettes pas...Je veux dire être avec Shion...
- Je passe mes nuits à te faire l'amour et tu doutes toujours? Seigneur, Asmita!
Ce dernier rougit jusqu'à la moelle de ses cheveux blonds.
- Mais vous deux cela date depuis la nuit des temps, bredouilla-t-il, timidement.
- Eh bien, fais-toi à l'idée que je ne peux pas être dans deux lits en même temps, c'est trop fatigant. Je ne peux pas construire une nouvelle vie avec toi si tu doutes constamment de ma dévotion, Asmita, le réprimanda durement Doko.
Asmita le regarda droit dans les yeux sans ciller en l'apostrophant avec fermeté:
- Je n'en doute pas.
- Parfait, fit Doko en lui volant un long baiser au-dessus de la table qui souffla tous les doutes d'Asmita.
Épuisé, El Cid rentra chez lui. Il avait eu toutes sortes de problèmes au garage. Parfois, il se demandait pourquoi il était devenu garagiste. Il marcha jusqu'à la cuisine guidé par les odeurs de nourriture. Sysiphos brassait sa sauce à spaghetti, vêtu d'un pantalon en molleton gris assorti. Sa chevelure en bataille ondulait autour de son beau visage aux joues rougies. El Cid croyait qu'il s'approchait silencieusement, mais Sysiphos pivota vers lui avec un doux sourire. Doucement, il déclara:
- Je prépare une sauce à spaghetti(Il se mordilla les lèvres en rougissant.) Je veux me faire pardonner et aussi t'annoncer que nous allons au mariage d'Aldebaran. Je n'ai pas à avoir honte de notre union. En plus, je suis content pour lui...
- En es-tu vraiment sûr?
- Oui.
El Cid répliqua d'une voix sans appel:
- N'oublie pas qu'Aldebaran est la victime et que nous sommes ceux qui l'ont meurtrie.
Sur ce, il tourna les talons et se dirigea vers sa chambre. El Cid s'y enferma sans un mot de plus sous le regard chagriné de Sysiphos.
FIN CHAPITRE ONZE: PRÉPARATION DES MARIAGES
(DEUXIÈME PARTIE)
